dimanche 30 juin 2019

Le Sea-Watch accoste à Lampedusa, la capitaine arrêtée


La bateau Sea-Watch est entré dans le port de Lampedusa et sa capitaine Carola Rackete, qui avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes, a été arrêtée, a indiqué l'ONG samedi à l'AFP.
"Elle vient juste d'être arrêtée", a expliqué Ruben Neugebauer, porte-parole de Sea-Watch, dans la nuit de vendredi à samedi, vers 1H00 GMT.
Il a précisé que les 40 migrants transportés étaient restés à bord après que le navire eut accosté.
"Nous attendons encore et toujours une solution qui ne se dessine malheureusement pas. C'est pourquoi j'ai maintenant moi-même décidé d'accoster dans le port", a déclaré la capitaine du navire dans une vidéo relayéepar Sea-Watch sur Twitter.
"Nous sommes fiers de notre capitaine: elle a exactement fait ce qu'il fallait, elle a insisté sur le droit de la mer et a mis les gens en sécurité", a écrit sur Twitter le président de l'ONG allemande, Johannes Bayer.
Carola Rackete, la jeune capitaine allemande du navire battant pavillon néerlandais, avait forcé mercredi le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite).
M. Salvini a donc réclamé l'arrestation de l'équipage pour aide à l'immigration clandestine et le placement sous séquestre du navire.
La police avait obligé le bateau à s'arrêter à un mille nautique du port.
Vendredi en début d'après-midi, le ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero avait annoncé sur Twitter, en les remerciant, que cinq pays (la France, l'Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et la Finlande) étaient disposés à accueillir ces migrants.
M. Salvini refuse que les migrants débarquent avant d'avoir l'assurance qu'ils seront immédiatement transférés aux Pays-Bas, en Allemagne ou dans d'autres pays européens.
Deux migrants, un jeune de 19 ans souffrant de fortes douleurs et son petit frère qui voyageait avec lui, ont déjà été évacués dans le nuit de jeudi à vendredi.
Le parquet d'Agrigente (Sicile) a ouvert une enquête jeudi contre Carola Rackete pour aide à l'immigration clandestine et non-respect de l'ordre d'un navire militaire italien de ne pas pénétrer dans les eaux territoriales italiennes.
AFP 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"WENN UNS NICHT DIE GERICHTE FREISPRECHEN, DANN DIE GESCHICHTSBÜCHER. ICH BIN BEREIT, DIE KONSEQUENZEN BIS DAHIN ZU TRAGEN.
" SI CE NE SONT PAS LES TRIBUNAUX QUI NOUS ACQUITTENT, CE SERONT LES LIVRES D'HISTOIRE. JE SUIS PRÊTE À EN SUPPORTER LES CONSÉQUENCES.
ELLE FORCE LE RESPECT elle a fait valloir le droit de la mer et a mis ces gens en sécurité. "
Qui a sauvé une vie a sauvé l'humanité" proclame le Coran en reprenant une célèbre citation de la Thora.
Reste à savoir comment réagira l'opinion publique européenne à cet acte de bravoure et de désobéissance civile.
C'est un test majeur pour mesurer le niveau éthique de nos contemporains.
Si par malheur, l'Europe devait s'incliner devant la morgue mussollinienne de Salvini, s'EN est serait franchement fini de l'éthique démocratique sur le vieux continent assoupi dans le cocon de son confort matériel. C'est que les commentaires de forumeurs  sont loin de faire l'unanimité en faveur de la capitane téméraire.
Cela va du très favorable  "Bravo à cette femme qui fait honneur au métier de marin. Ce capitaine avait, selon le droit maritime, obligation de sauver ses passagers et son équipage.
Si elle est jugée, elle sera acquittée. Quelle que soit la peine qui sera prononcée au final, elle a gagné ce combat qui rentrera dans l'histoire demain. Et pour aujourd'hui, si elle se retrouve en prison, elle sera l'image du héros sur lequel un plus grand nombre de gens encore vont s'identifier pour trouver le courage de résister contre l'abject."
Au très, très hostile: L'Afrique à la croissance démographique galopante ne peut pas se déverser dans une Europe privatisée par les ONG non élus. Déjà Thomas Malthus craignaient les effets dévastateurs du développement exponentiel de la population humaine. Malthus a tiré une loi : la population tend à croître plus rapidement que ses ressources, jusqu'à ce qu'interviennent des freins ou des limites à cette croissance. Les préoccupations écologiques renouvellent aujourd'hui la problématique malthusienne. Certains, voient dans l'excessive population humaine la destruction des espèces animales et végétales. Tous ces "bien pensants" qui approuvent l'acte de cette capitaine, comment voyez-vous l'Europe et les Européens de demain?
Comment pouvez-vous accepter tout ce cirque sans vouloir protéger vos enfants et petits enfants?
Comment peut-on accepter de se laisser envahir par une population non éduquée, non assimilable, trop souvent violente et méprisante à l'égard de notre culture au point d'imposer la leur.
Ce n'est pas tenable!"

J'en passe et des pires...
La téméraire Carola, comme la vaillante Antigone, fille d'Œdipe, roi de Thèbes, et de la reine Jocaste n'a pas froid aux yeux. Elle n'hésite pas à à braver la colère non pas du souverain Créon mais du très Mussolinien Salvini ce qui est pareil
Cette femme de 31 ans dont la presse allemande fait peu de cas est une héroïne de notre temps à même titre que le donneur d'alerte Assange ou le lieutenant Colonel Arnaud Beltrame.
Les petites Anuna et Greta semblent faites du même bois. Qu'on approuve ou non son combat son acte de courage héroïque force le respect.
MG 


MIGRANTS EN MÉDITERRANÉE : LE « SEA-WATCH 3 » ACCOSTE À LAMPEDUSA MALGRÉ LE REFUS DU GOUVERNEMENT, SA CAPITAINE ARRÊTÉE
La capitaine, Carola Rackete, a pris les devants et décidé d’accoster, dans la nuit de vendredi à samedi. Elle a été arrêtée pour aide à l’immigration clandestine.
Le Monde avec AFP 
Soixante heures après avoir déclaré l’état d’urgence, le bateau humanitaire Sea-Watch 3 est entré dans le port de Lampedusa et sa capitaine, Carola Rackete, qui avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes, a été arrêtée samedi 29 juin, a rapporté Ruben Neugebauer, le porte-parole de l’ONG à l’Agence France-Presse (AFP).
« Nous attendons encore et toujours une solution qui ne se dessine malheureusement pas. C’est pourquoi j’ai maintenant moi-même décidé d’accoster dans le port », a expliqué la capitaine du navire dans une vidéo relayée par Sea Watch sur Twitter. Elle a alors forcé le passage au beau milieu de la nuit, malgré la vedette de police chargée de l’en empêcher.
Un peu avant 3 heures, la police est montée à bord pour arrêter la jeune femme. La capitaine, qui risque jusqu’à dix ans de prison, selon les médias italiens, est descendue du navire encadré par des agents, sans menottes, avant d’être emmenée en voiture.
« Nous sommes fiers de notre capitaine : elle a fait exactement ce qu’il fallait, elle a insisté sur le droit de la mer et a mis les gens en sécurité », a écrit sur Twitter le président de l’ONG allemande, Johannes Bayer.


“We are proud of our captain, she did exactly the right thing. She upheld the law of the sea and brought people to safety." – #SeaWatch chairman Johannes Bayer
Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité
« Mission accomplie », s’est réjoui de son côté le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini. « Capitaine hors la loi arrêtée, navire pirate séquestré, maxi-amende à l’ONG étrangère », a-t-il twitté en exprimant sa « honte face au silence du gouvernement des Pays-Bas », pays dont le Sea-Watch bat pavillon.
900 000 EUROS D’AMENDE
Le navire, sous pavillon néerlandais, était bloqué dans les eaux internationales depuis plus de deux semaines après avoir récupéré 53 migrants au large des côtes libyennes. Onze migrants avaient été remis aux gardes-côtes italiens pour des raisons médicales. Les 42 migrants encore présents à bord du navire ont commencé à débarquer peu après 5 h 30, certains tout sourire, d’autres en larmes, alors que le jour se levait, pour être conduit dans le centre d’accueil de l’île.
Malgré la fermeté affichée par M. Salvini, ce centre n’est jamais vide : Lampedusa a vu débarquer plus de 200 migrants pendant les deux semaines où le Sea-Watch est resté bloqué au large de l’île. Et plusieurs embarcations de fortune ont été signalées dans la nuit au large. Juste après, le Sea-Watch, conduit par les gardes-côtes, est reparti pour s’ancrer au large.
Dans le même temps, le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms patrouillait au large de la Libye, malgré la menace d’une amende de 200 000 à 900 000 euros brandie par les autorités espagnoles. « Si je dois payer par la prison ou par une amende le fait de sauver les vies de quelques personnes, je le ferai », a assuré Oscar Camps, fondateur de l’ONG.
UNE ENQUÊTE OUVERTE CONTRE CAROLA RACKETE
Carola Rackete, la jeune capitaine allemande du navire, avait forcé mercredi le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite). M. Salvini a donc réclamé l’arrestation de l’équipage et le placement sous séquestre du navire. La police avait obligé le bateau à s’arrêter à un mille nautique (1,852 km) du port, où il restait bloqué.
Le parquet d’Agrigente (Sicile) a ouvert une enquête jeudi contre Carola Rackete pour aide à l’immigration clandestine et non-respect de l’ordre d’un navire militaire italien de ne pas pénétrer dans les eaux territoriales italiennes.
M. Salvini refuse que les migrants débarquent avant d’avoir l’assurance qu’ils seront immédiatement transférés aux Pays-Bas, en Allemagne ou dans d’autres pays européens. Vendredi en début d’après-midi, le ministre des affaires étrangères italien, Enzo Moavero, avait annoncé sur Twitter, en les remerciant, que cinq pays (la France, l’Allemagne, le Portugal, le Luxembourg et la Finlande) étaient disposés à accueillir ces migrants.
La Commission européenne exigeait que les migrants soient à terre avant d’organiser la répartition, tandis que M. Salvini refusait de les laisser descendre avant d’avoir l’assurance qu’ils seraient immédiatement transférés aux Pays-Bas, en Allemagne ou dans d’autres pays européens. 


SPIEGEL ONLINE: FRAU RACKETE, WIE IST DIE SITUATION AUF IHREM SCHIFF?
Rackete: Wir kommen langsam an unsere Grenzen: Damit meine ich nicht so Kleinigkeiten wie Abwassertanks, die sich langsam füllen. Die psychische Situation unserer Gäste macht mir große Sorgen.
SPIEGEL ONLINE: Inwiefern?
Rackete: Die Menschen kommen aus libyschen Lagern, einige wurden gefoltert. Sie haben zum Teil damit gedroht, von Bord zu springen.
SPIEGEL ONLINE: Wie fühlen Sie sich?
Rackete: Ich bin wütend und enttäuscht. Europa hat uns im Stich gelassen. Seit zwei Wochen sind weder die EU-Kommission noch die Nationalstaaten bereit, Verantwortung zu übernehmen. Alles muss man selbst machen.
SPIEGEL ONLINE: Wenn Sie in den Hafen von Lampedusa einlaufen, droht eine Strafe von bis zu 50.000 Euro. Das Schiff könnte beschlagnahmt werden. Haben Sie sich schon entschieden, was sie tun wollen?
Rackete: Ja. Wir fahren nach Lampedusa, heute Nachmittag sind wir in italienische Hoheitsgewässer eingelaufen. Gerade kontrollieren italienische Beamte das Schiff. Ich kann die Risiken für die psychische und physische Gesundheit der Menschen an Bord nicht weiter verantworten. Die Menschen haben Grundrechte, derer sie lange genug beraubt wurden.
Twitter Ads Info und Datenschutz
SPIEGEL ONLINE: Allerdings ist selbst der Europäische Gerichtshof für Menschenrechte der Meinung, dass sie nicht in Lampedusa anlegen müssen, weil es keine unmittelbare Gefahr für die Menschen auf dem Schiff gebe.
Rackete: Das Gericht hat vor allem entschieden, dass wir uns nicht unter italienischer Jurisdiktion befinden und die Leute deshalb nicht an Land dürfen. Er hat nicht in Zweifel gezogen, dass Lampedusa der nächste sichere Hafen ist. Es bleibt mir also gar nichts anderes übrig, als in italienische Hoheitsgewässer einzufahren.
SPIEGEL ONLINE: Auch anderen deutschen Seenotretter drohen Haftstrafen. Claus-Peter-Reisch, Kapitän der Lifeline, musste 10.000 Euro Geldstrafe zahlen. Haben Sie keine Angst, verurteilt zu werden?
Rackete: Wenn uns nicht die Gerichte freisprechen, dann die Geschichtsbücher. Ich bin bereit, die Konsequenzen bis dahin zu tragen. Der Bürgermeister von Palermo hat dafür ein Wort gefunden: constitutional obedience, also in etwa verfassungsmäßiger Gehorsam.
SPIEGEL ONLINE: Kann sich Sea-Watch die womöglich anstehenden Anwaltskosten überhaupt leisten?
Rackete: Wir haben einen Rechtshilfefonds eingerichtet. Der ist noch nicht so gut gefüllt - aber wir sind zuversichtlich. Vielleicht wird auch unser Schiff beschlagnahmt, das würde uns noch viel mehr zu schaffen machen.
SPIEGEL ONLINE: Salvini will sie in die Niederlande schicken, weil sie unter der niederländischen Flagge fahren. Warum machen Sie das nicht?
Rackete: Der Vorschlag ist menschenverachtend, wieso sollte ich die Menschen dem Risiko einer so langen Reise aussetzen? Es gibt ja Angebote, die Leute auf verschiedene EU-Staaten zu verteilen. Der Bürgermeister von Rottenburg hat zum Beispiel angeboten, alle mit einem Bus abzuholen, so könnte man das machen. Aber zunächst müssen die Leute so schnell wie möglich an Land.

samedi 29 juin 2019

Record de température en France avec 45,9ºc: nombreux départs de feux, des maisons brûlées


Le record absolu de température en France a été relevé dans le Gard.
AFP
Le niveau de 45,9ºC relevé vendredi après-midi dans le Gard, constitue le nouveau record de chaleur jamais enregistré dans l’Hexagone, a indiqué Météo France, alors que les températures commencent à refluer après une journée marquée par de nombreux records sur le pourtour méditerranéen.
>> Nos prévisions météo pays par pays
Ce record, qui efface les 44,1ºC d’août 2003 dans le même département, a été enregistré à 16h20 à Gallargues-le-Montueux, souligne l’institut météorologique, comparant ce niveau à celui « que l’on atteint lors d’une journée d’août normale dans la Vallée de la Mort » en Californie.
À 19h40, les pompiers, qui ont pu intervenir simultanément sur quelque 25 départs de feu liés à la canicule, déploraient trois blessés légers, dont deux parmi leurs rangs, neuf habitations brûlées, et deux chevaux tués dans divers incendies dans le département.
Quelque 50 hectares ont été brûlés à Garons, de « nombreuses habitations » sont menacées à Montfrin, et 35 hectares ont été brûlés à Vauvert, ont-ils précisé dans un communiqué. Dans cette dernière localité, vingt habitations ont été évacuées par précaution.
L’A54 coupé en deux entre Nîmes et Arles
L’A54 a été coupée dans les deux sens entre Nîmes et Arles (Bouches-du-Rhône), en raison d’un incendie, a par ailleurs rapporté Vinci Autoroutes, qui demande aux automobilistes d’éviter le secteur pour faciliter le travail des pompiers.
Cet incendie cause d’importants embouteillages dans un département toujours accablé par la chaleur en soirée, d’autant qu’une route nationale proche, la N113, est également coupée.
En visite en milieu d’après-midi au centre zonal opérationnel de crise de Marseille, où est coordonnée l’action publique pour tout le sud de la France frappé par la canicule, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait notamment passé en revue les moyens mis en alerte contre les feux de forêt, dont la saison de plus haut risque commençait vendredi, avec plusieurs semaines d’avance cette année.
Au total, près de 300 sapeurs-pompiers du Gard et 150 gendarmes sont à pied d’œuvre dans le département, et des renforts sont attendus des départements voisins. Au niveau des moyens aériens, six canadairs, un dash et un tracker sont engagés, avec de très fréquents largages d’eau.


COMPMENTAIRE DE DIVERCITY
"CA VA BOUILLIR"

Qui se souvient de Zappy Max, le jeudi soir sur Radio Luxembourg
Ça va bouillir ! est le nom d'un feuilleton radiophonique de Radio Luxembourg animé vers 12 heures 50 par le fantaisiste Zappy Max dans les années 1950.
Aujourd'hui (2005), l'expression « Ça va bouillir ! » est passée dans le langage courant et s'est juxtaposée au plus classique « ça va chauffer. » C'est nous qui allons bouillir bouillir si ça continue de la sorte.
En vérité on est en train de devenir cette petite grenouille dans un seau qui est chauffée à feu très doux mais à température en croissante augmentation. La petite grenouille finit par suffoquer dans l'eau qui bout. Il va falloir agir très vite et très fort. Mon thermomètre extérieur est bloqué sur cinquante degrés au soleil, il ne peut pas monter plus haut...A l'ombre il descend à 37.
Mais nos politiques qui n'en ont cure prennent tout leur temps pour tenter de former des gouvernements.
MG
AU-DELÀ DE 45°C, LE SUD-EST DE LA FRANCE ÉCRASÉ DE CHALEUR
Le Vif
Rues désertes, terrasses vides, distributions d'eau et appels à la vigilance, sur fond de pollution à l'ozone: avec un record absolu au-delà de 45°C enregistré dans le Gard, le sud-est de la France était écrasé de chaleur vendredi.
"C'est une première en France depuis que l'on fait des mesures de températures", au début du XXe siècle, a commenté Météo-France à propos du record de 45,1°C enregistré à 14H59 à Villevieille (Gard). Quelques dizaines de minutes avant, Carpentras (Vaucluse) avait déjà battu un record, avec 44,3°C. Avant vendredi, le record de 44,1° à Saint-Christol-lès-Alès et Conqueyrac, dans le Gard, datait d'août 2003 lorsque la canicule avait fait 15.000 morts en France.
"TRÈS INQUIÉTANT"
Dans la petite cité médiévale voisine de Sommières, le thermomètre d'une pharmacie affiche 52°C au soleil. Aux alentours, les autres commerçants regardent le chiffre, médusés, et le prennent en photo. Les rues, terrasses et places, habituellement très touristiques, sont quasi désertes. Sur les bords du Vidourle, Vincent est assis, torse nu, en sueur. "Ca a quand même des airs d'apocalypse", lâche-t-il. "Moi je n'ai plus de domicile, je vis dans un camping-car non climatisé, c'est intenable".
"C'est très inquiétant quand même", commente Maryvonne Bret, pharmacienne à Carpentras. "Heureusement qu'on à la climatisation sinon on ne pourrait tout simplement pas tenir la saison...".
"Professionnellement parlant, ça nous porte préjudice. Entre les alertes, les médias, l'alerte canicule a tellement été martelée que les gens ne sortent plus. C'est sûr, mieux vaut être raisonnable mais installé à une terrasse de café à l'ombre, je pense pas qu'on risque grand-chose", ajoute Christina Bial, gérante d'un café de la ville qui a -très temporairement- été la plus chaude de toute l'histoire de France.
Selon Météo-France, qui a maintenu vendredi après-midi en vigilance rouge canicule le Gard, l'Hérault, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, et en vigilance orange 75 autres départements, de nombreux records de température ont déjà été battus ces derniers jours, de jour comme de nuit.
Face à ces circonstances exceptionnelles, les autorités ont multiplié les messages de prudence: à Nîmes la ministre de la Santé Agnès Buzyn a visité le CHU où le centre d'appels répondait à de nombreuses personnes inquiètes de "douleurs dans la poitrine" et de "problèmes respiratoires" de parents âgés. "Tout le monde est à risque en période de canicule", a martelé la ministre, appelant à éviter "tout effort inutile".
Avec le réchauffement climatique, les scientifiques anticipent des vagues de chaleur deux à trois fois plus nombreuses d'ici au milieu du siècle.

Transport aérien: le grand voyageur est-il l’ennemi durable du climat?


TRIBUNE Figaro - Né en Suède sur les réseaux sociaux, le Flygskam -«la honte de prendre l’avion»- pousse progressivement des dizaines de milliers de voyageurs à arrêter de voler pour ne pas polluer. Feu de paille ou vraie tendance, s’interroge Gilles Delafon, président du cabinet de communication Lord Jim Consulting.
Un avenir en bleu azur semble promis au secteur de l’aérien. Le trafic mondial doit doubler d’ici à 2037 pour atteindre 8.2 milliards de voyageurs. Il faudra 30.000 à 40.000 appareils supplémentaires pour les transporter. De quoi réjouir tout l’écosystème industriel. Mais à la veille du 11 septembre 2001 aussi le secteur se voyait tracer de belles lignes blanches dans le ciel. On connaît la suite. Cinq années de purgatoire pour retrouver la profitabilité.
D’ailleurs, qui aurait pu prévoir il y a quelques mois qu’une flotte entière de jets dernier cri se retrouveraient clouée au sol après deux crashs meurtriers, que des enquêtes pour corruption imposeraient une révision générale des méthodes commerciales chez un avionneur, que des hackers commenceraient à s’attaquer à des transporteurs et qu’un mouvement inédit enjoindrait aux voyageurs de bonne volonté de ne plus prendre l’avion pour sauver la planète?


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SUS EU KÉROSÈNE 

Doucement mais sûrement on y vient: dénoncer enfin un facteur polluant majeur: l'avion. "Le trafic mondial doit doubler d’ici à 2037 pour atteindre 8.2 milliards de voyageurs. Il faudra 30.000 à 40.000 appareils supplémentaires pour les transporter. De quoi réjouir tout l’écosystème industriel."
Et on nous culpabilise avec notre diesel polluant et notre bifteck anti environnement!
D'accord pour manger des légumes et rouler à l'électricité (est ce vraiment moins polluant) mais sus aux vols low cost forcément moins "sécures"  et tellement polluants.
Faudrait pas prendre les enfants du bon dieu pour des  canards sauvages.
MG


vendredi 28 juin 2019

Carola Rackete, la capitaine du Sea-Watch qui défie Matteo Salvini


Par   Alexandre LOC'H  Figaro

Après deux semaines bloqué dans le canal de Sicile, le Sea-Watch 3 a débarqué sur les côtes italiennes.
Mercredi 26 juin, le Sea-Watch 3 décide de forcer le blocus des autorités maritimes. À son bord, 42 migrants secourus dans les eaux internationales deux semaines auparavant, et la nouvelle ennemie du gouvernement italien, Carola Rackete. Le navire n’a pas hésité à faire route vers Lapedusa, en désobéissant aux consignes d’une vedette de la guardia di finanzia (police douanière et financière) lui signifiant d’arrêter sa course. Elle a justifié son acte par l’état de santé des migrants reccueillis tout en souligant que «leurs vies sont plus importantes que les jeux politiques».
UNE FEMME ENGAGÉE
Depuis 2016, la commandante de 31 ans parcourt les mers avec l’ONG. À l’époque, ses différentes missions étaient appréciées par les navires militaires italiens et européens considérant le navire comme un soutien. Désormais, les politiques migratoires se sont durcies, notamment en Italie où Matteo Salvini en a fait son premier argument de campagne.
La commandante n’a pourtant pas toujours été engagée dans des missions humanitaires. Née à Kiel, au bord de la Baltique dans le nord de l’Allemagne, celle dont les longues dreadlocks ne passent pas inaperçues a d’abord été largement engagée dans la cause environnementale. Elle a principalement navigué pour la recherche polaire en Arctique et en Antarctique, après des études en sciences nautiques et en protection de l’environnement en Allemagne puis en Angleterre. «J’ai toujours vraiment aimé les zones polaires, parce qu’elles sont très belles et inspirantes. Mais travailler là est parfois triste parce qu’on y voit directement ce que les humains font à la planète», raconte-t-elle dans une vidéo tournée par l’ONG.
POSSIBLE PEINE DE PRISON
Son engagement humanitaire prend désormais une tournure politique qu’elle assume pleinement: «Nous les Européens avons permis à nos gouvernements de construire un mur en mer. Il y a une société civile qui se bat contre cela et j’en fais partie», affirme-t-elle.

Un combat qui pourrait lui coûter cher. Outre une amende de 50 000 euros et la saisie du bateau, c’est surtout de quelques années de prison qu’elle pourrait écoper si elle est reconnue coupable d’avoir favorisé l’immigration clandestine (passible de cinq à quinze ans de prison) et d’avoir résisté à un navire de guerre (dix années de prison). Des conséquences qui ne lui font pas peur: «Je suis prête à aller en prison pour cela et à me défendre devant les tribunaux s’il le faut parce que ce que nous faisons est juste».
Un point de vue évidemment pas partagé par Matteo Salvini qui s’est emporté sur les réseaux sociaux: «Ceux qui se foutent des règles doivent en répondre, je le dis aussi à cette emmerdeuse de capitaine du Sea-Watch qui fait de la politique sur la peau des immigrés, payée par on ne sait qui». En retour, de nombreux internautes saluent le courage de Carola Rackete et n’hésitent pas à l’appeler «Ô capitaine, mon capitaine». Capitaine, le surnom d’un certain… Matteo Salvini.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CAPITAINE COURAGEUSE 


Bigre, que cette femme a du cran! Elle se bat pour ses idées et n'hésite pas à se mettre en porte à faux avec la légalité. Bel exemple de désobéissance civile au service de l'éthique humanitaire.

If our captain Carola follows the law of the sea, that asks her to bring the rescued people on the #SeaWatch3 to a safe port, she might face heavy sentences in Italy.
Help Caro to defend human rights, share this post & donate for her legal defense.

jeudi 27 juin 2019

"Une Flandre où l'on parle moins français est incontestablement une Flandre plus pauvre"


VIF Source : Knack

Pierre Schoentjes
Professeur de littérature française à l'Université de Gand

"Regarder le monde à travers un prisme différent ne peut jamais faire de mal, et le prisme français ne peut qu'élargir notre perspective", écrit le professeur Pierre Schoentjes (Université de Gand). Il souhaite, ainsi qu'un groupe de confrères, attirer l'attention sur l'état du français et de l'enseignement des langues en Flandre.

Le Plaidoyer pour un plan d'action flamand sur les langues (Pleidooi voor een Vlaams Actieplan Talen) des départements de langues, littérature et linguistique des universités flamandes préconise, à juste titre, une réévaluation de l'alphabétisation et du plurilinguisme. Les auteurs constatent une tendance générale : une pénurie d'enseignants dans toutes les langues, y compris pour la langue maternelle (NDLT : le néerlandais), et plus généralement, une pénurie qui risque à long terme de se manifester dans tous les domaines d'études linguistiques et culturels. Bien que le texte mentionne incidemment que la profession d'enseignant de français est devenue un métier en pénurie et que la connaissance du français parmi les plus jeunes générations d'étudiants diminue considérablement, ce plaidoyer propose les mêmes solutions pour le néerlandais et toutes les langues étrangères. Cet appel ne tient cependant pas compte de la situation particulière du français.
Dans le paysage éducatif actuel, le coeur du problème reste que la connaissance du français en Flandre laisse beaucoup à désirer et qu'il est devenu pratiquement impossible de recruter des professeurs de français. En témoigne le récit d'un directeur d'école d'Audenarde, qui n'a eu d'autre choix que d'annuler l'examen de français parce que ses élèves n'avaient reçu aucun cours de français depuis Pâques. De telles situations problématiques ne se présentent pas pour les autres langues.
Le plaidoyer est motivé en partie par la diminution structurelle du nombre d'étudiants dans les orientations de langues et demande une analyse plus approfondie. Les auteurs du plaidoyer sont responsables de formations dans les universités, tandis que de nombreux enseignants sont formés dans une école supérieure. Les hautes écoles spécialisées n'auraient-elles pas dû être associées à cet appel dès le début, a fortiori maintenant qu'un nouveau programme d'études pour les futurs enseignants est en cours ? En outre, de plus en plus d'étudiants ont recours à des programmes de transition entre l'école supérieure et l'université, dont beaucoup possèdent de solides compétences linguistiques et didactiques. Il ne fait aucun doute que les normes de connaissances doivent être élevées et que les exigences en matière de compétences linguistiques doivent également être surveillées.
La situation du français est préoccupante depuis des années et la pénurie d'enseignants en français est très ancienne, mais fait depuis des années l'objet d'un silence assourdissant. Le déclin de la connaissance du français n'a pas, non plus, suscité beaucoup d'émotions, bien que le bilinguisme soit traditionnellement considéré comme un grand atout pour les Flamands. On avance les arguments les plus contradictoires pour justifier les connaissances déclinantes du français : d'une part on dit que la France a perdu son prestige, et d'autre part on invoque le caractère prétendument élitiste de la culture française. Ces mêmes sophismes trouvent un terreau fertile auprès de la nouvelle génération de Flamands qui préfèrent négliger le français au fur et à mesure que leur connaissance de celui-ci se détériore. De plus, les jeunes jugent le français comme une langue peu attrayante avec laquelle ils ont peu ou pas d'affinités. Pour des raisons historiques et politiques, la Flandre a trop facilement pris pour acquise cette indifférence à l'égard du français. Mais à présent qu'un point critique a été atteint, il faut agir.
Il va sans dire que le français n'occupe plus la même place en Flandre qu'il y a cinquante ans. Mais est-il donc justifié de sonner sur-le-champ le glas du français ? Dans un pays trilingue comme la Belgique, le multilinguisme est indéniablement un atout et le français reste extrêmement important dans ce contexte.
Après tout, une langue est plus qu'un moyen de communication : le multilinguisme signifie que nous voyons le monde (aussi) par un prisme différent. Dans la société multiculturelle d'aujourd'hui, il est important d'observer notre société à travers un maximum de paradigmes linguistiques et culturels. À cet égard, le néerlandais et l'anglais sont évidemment privilégiés en Flandre.
Cependant, le français nous offre aussi une perspective différente, qui est beaucoup plus large que les idées qui vivent en France. Sur les cinq continents, on parle, on écrit et on réfléchit en français. Le français nous permet d'interpréter le monde à la lumière des valeurs universelles des Lumières telles qu'elles ont pris forme dans des dizaines de pays et de formuler une alternative au modèle de société anglo-saxon, de plus en plus répandu en Europe. Certes, il serait trop naïf de penser que Montaigne, Rousseau, Maeterlinck, Senghor ou Camus - en humanités, il y a longtemps qu'on n'aborde ces auteurs que de très loin- pourraient nous protéger des excès de l'Amérique de Trump ou de l'Angleterre du Brexit. Mais la langue de ces auteurs dégage un certain esprit qui nous offre un cadre conceptuel pour redéfinir les défis de demain. Regarder le monde à travers un prisme différent ne peut jamais faire de mal, et le prisme français ne peut qu'ouvrir notre perspective.
Que faire ? La réponse à cette question arrivera après une vaste consultation entre toutes les parties concernées : politiciens, enseignants et responsables de formations dans les hautes écoles et les universités. Le fait que les enseignants de français, contrairement à leurs homologues de mathématiques ou de latin, ne soient plus en mesure d'évaluer aussi rigoureusement les élèves lorsqu'ils constatent qu'ils maîtrisent mal leur matière joue un rôle clé à cet égard. On attend d'eux qu'ils fournissent de gros efforts pour rendre leur matière attrayante, mais on leur prive d'une tâche au moins aussi importante qui est celle de gardien de la qualité. Ils jouent un rôle central dans la transmission de la langue et de la culture, mais leur fonction est systématiquement minée et a perdu une grande partie de son prestige et de son attrait, notamment en raison de la charge administrative qui ne cesse de croître (dernièrement, le journal De Standaard relayait l'histoire d'une enseignante de français ayant abandonné son emploi permanent pour une carrière d'hôtesse de l'air). La profession mérite plus d'appréciation, y compris sur le plan financier, particulièrement au niveau des salaires les plus bas.
Ou le français doit-il devenir une matière facultative ? Ou doit-il occuper une place comparable à l'allemand, une langue habituellement choisie par de bons élèves qui s'investissent? Un tel choix priverait la Flandre d'une langue importante, dont la connaissance approfondie serait, malheureusement, le privilège d'un petit groupe.
Quoi qu'on en pense : tout doit être mis en oeuvre pour améliorer la connaissance du français, car une Flandre où l'on parle moins français est incontestablement une Flandre plus pauvre.
Pierre Schoentjes (Université de Gand); ce texte a été cosigné par Paul Assenmaker (administrateur-linguiste au Conseil de l'EU), Valeria Catalano (Haute École PXL), Isabelle Cloquet (unité d'enseignement du français OSO, Arteveldehogeschool), Annemie Demol (Haute École de Gand), Jacques Eichperger (ancien coordinateur général ASBL Vakantiecursussen Roeland), Pascale Hadermann (Université de Gand), Iris Haentjens (présidente de PROFFF, association de professeurs de français en Flandre), Katrien Lievois (Université d'Anvers), Griet Theeten (Université de Gand), Luc Van Kerchove (président Alliance Française Flandre-Orientale), Barbara Vanassche (Haute École de Gand).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NE RÊVONS PAS

Désormais le français est aussi boudé en Flandre que le "flamand" à Bruxelles ou en Wallonie. Cela fait partie du divorce belge qui certes n'est pas prononcé par les tribunaux mais est effectif depuis longtemps et le fossé en les deux communautés ne cesse de se creuser.
Il reste une piste , peut être pour pallier la pénurie: envoyer des romanistes francophone (ou des historiens, des psy surnuméraires, ,etc ) enseigner en Flandre avec une prime de déplacement  et pareil dans l'autre sens envoyer des profs néerlandophones dans les écoles de Wallobrux. Il faudrait pour cela une volonté politique qui semble terriblement manquer. Assurément le désir d'ouvrir des écoles bilingues existe. Il est franchement souhaité par le recteur de l'ULB et la rectrice de la VUB à Bruxelles va dans ce sens mais elle se heurte à beaucoup d'obstacles.
Envoyer des profs francophones en Flandre et inversement des enseignants flamands à Wallobrux pourrait constituer une solution de type "confédéraliste." Une autre solution plus confédéraliste encore serait de privilégier partout l'anglais come seconde langue mais cela aussi nécessite de sérieux accommodements constitutionnels. Et surtout, où trouverons nous tous les profs anglophones nécessaires à cette révolution.
MG

Theo Francken a raison...

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express

En refusant de parler avec la N-VA au fédéral et en relançant une dynamique exclusive en Wallonie, le PS risque d'approfondir encore le fossé belgo-belge.
Theo Francken et Bart De Wever
"Ne me parlez pas d'hommes d'Etat. Ceux qui disent tant l'aimer le conduisent à la tombe." Cinglant, le tweet de l'ancien secrétaire d'Etat N-VA Theo Francken, ce mardi matin à la pointe de l'aube. Il dénonce - non sans jubiler, évidemment - la volonté qu'aurait exprimée le PS aux informateurs de ne pas discuter avec le parti nationaliste flamand au niveau fédéral. Ce faisant, le parti d'Elio Di Rupo est certes fidèle à sa parole : il prône une grande alliance des quatre grandes familles du pays (socialistes, libéraux, sociaux-chrétiens et écologistes... CD&V, Groen et Open VLD ont déjà refusé), sans la N-VA - et ce après qu'Elio Di Rupo ait rapidement fermé la porte timidement entr'ouverte un matin à la radio. Mais il risque de faire pire que bien pour la survie de l'Etat belge.
Une fois n'est pas coutume, Theo Francken a raison. Comme en 2014, le PS s'engage une nouvelle fois dans un chemin propre à la Belgique francophone, en égocentrique qui fait fi de toute considération fédérale. Il y a cinq ans, les socialistes s'étaient rapidement associés aux humanistes (et à DéFi) au niveau régional et communautaire, coupant l'herbe sous le pied de toute tentative au niveau fédéral et rejetant le MR pourtant en progression. Cette fois, ils s'engagent de la même manière avec les écologistes, refusant d'élargir la discussion aux libéraux alors qu'ils ne disposent pas de majorité en Wallonie. L'exercice de tenter une coalition PS-Ecolo-société civile minoritaire au parlement wallon est à la fois peu crédible et provocatrice. Elle ne répond pas aux urgences du redressement wallon.
Bien sûr, il est cohérent que le PS tente de former la coalition "la plus progressiste possible" promise aux électeurs, mais la donne a quelque peu changé depuis que CDH et PTB ont jeté le gant. Bien sûr, il y a une logique fédérale à ce que chaque entité compose ses propres majorités, quitte à ce que cela crée un paysage complètement asymétrique. Mais il convient d'éviter le chaos. Bien sûr, la N-VA joue exactement la même carte de la provocation en Flandre en négociant avec le Vlaams Belang, brisant le cordon sanitaire au passage sans que personne ne s'indigne vraiment - c'est proprement inacceptable ! Mais en refusant le dialogue, le PS offre un argument en or aux nationalistes flamands qui ne demandaient que ça. Theo Francken jubile d'ailleurs (bis) en affirmant que le PS "reconnait sa défaite intellectuelle". Et nonobstant ces arguments, le refus du PS de parler - ne fut-ce que... parler - ouvre la voie à une nouvelle radicalisation de la Flandre en renforçant les arguments des nationalistes.
La situation n'est évidemment pas facile à gérer. Dès le lendemain du scrutin, le 27 mai dernier, les politologues consultés par Le Vif/L'Express avaient d'ailleurs affirmé que toute coalition fédérale nécessiterait un renoncement majeur de la part d'une formation politique. Ce faisant, ils ajoutaient que la formation d'un gouvernement fédéral prendrait du temps, beaucoup de temps. Cela se confirme. Le jeu de poker a commencé. Certains académiques ont déjà évoqué la possibilité d'un retour prématuré aux urnes pour le fédéral. Ce sera peut-être nécessaire. Mais en attendant, il faut baliser le terrain. Paul Magnette (PS) a avancé l'idée d'un gouvernement transitoire d'un an pour régler les affaires urgentes et envisager la suite des opérations. Cette piste a été un peu trop vite balayée. Oui, il serait judicieux d'avoir une équipe pour régler le budget, prendre des mesures sociales et climatiques, tout en ouvrant une voie pour d'éventuelles discussions communautaires - ne faisons pas l'autruche, on y arrivera rapidement.
Tôt ou tard, que ce soit pour envisager une évolution confédérale ou acter l'impossibilité de s'entendre, la N-VA et le PS devront se parler. Sans doute pas de gaieté de coeur, on l'imagine, ni avec la volonté de faire un projet positif pour le pays. Mais les deux partis principaux du pays doivent au moins crever l'abcès dans un paysage politique laminé qui fait songer à la république de Weimar - qui avait rendu l'Allemagne ingouvernable dans les années 1930. Si Bart De Wever et Elio Di Rupo veulent se comporter en hommes d'Etat, ils doivent accepter le caractère inéluctable d'une telle discussion. Avec la nécessité de dire la vérité aux électeurs, en toute transparence. Arrêtons ces simagrées régionales (N-VA - Belang et PS-Ecolo) qui se moquent du monde et ne servent en réalité qu'à renforcer les positions de négociation des uns et des autres. L'heure est à la responsabilité.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'HEURE EST À LA RESPONSABILITÉ.

"En refusant le dialogue, le PS offre un argument en or aux nationalistes flamands qui ne demandaient que ça."
"Certains académiques ont déjà évoqué la possibilité d'un retour prématuré aux urnes pour le fédéral."
"Paul Magnette (PS) a avancé l'idée d'un gouvernement transitoire d'un an pour régler les affaires urgentes et envisager la suite des opérations. Cette piste a été un peu trop vite balayée."
"Tôt ou tard, que ce soit pour envisager une évolution confédérale ou acter l'impossibilité de s'entendre, la N-VA et le PS devront se parler."
"Mais les deux partis principaux du pays doivent au moins crever l'abcès dans un paysage politique laminé qui fait songer à la république de Weimar - qui avait rendu l'Allemagne ingouvernable dans les années 1930. "

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE PRINCIPE D'INCERTITUDE

La France a opté pour le système majoritaire à deux tours. Chez nous ce système serait totalement impraticable. Pourtant nous avons deux tours également: les tour des électeurs et celui de Présidents de partis qui sont les hommes et les femmes les plus puissants du pays. Puissants maus très affaiblis  par leurs défaites électorales. Seuls le PTB, le Balang et les Verts bombent le torse, beaucoup comme les patrons du PPa et du VLD sont sur siège éjectable.
Plus rien n'est sûr au Royaume de Belgique se dit le roi.
Nous vivons politiquement sous le règne du principe d'incertitude et cela peut durer longtemps mais point éternellement.
MG

mercredi 26 juin 2019

Pour Siegfried Bracke, il existe une solution au blocage des négociations fédérales


M.R.
La Libre

Le nationaliste a plaidé à nouveau pour des discussions franches avec le Vlaams Belang.
Siegfried Bracke l'avait affirmé ce week-end: il faut pactiser avec le parti de Tom Van Grieken. L'homme fort de la N-VA qui a récemment décidé d'arrêter la politique a cependant nuancé ses propos au micro de la Première ce mercredi matin. "On ne peut pas faire un gouvernement avec le Vlaams Belang au sein de la coalition, car les différences de programme seront trop larges", a-t-il expliqué. Mais l'ancien président de la Chambre ne conçoit cependant pas qu'un gouvernement flamand soit formé sans le soutien du parti d'extrême droite. "Il faut tenir compte du fait que plusieurs enquêtes ont démontré que la grande majorité des électeurs flamands jugent injuste le fait qu'on exclut le Vlaams Belang", a déclaré Siegfried Bracke plaidant pour un gouvernement minoritaire bénéficiant de l'appui de la formation de Tom Van Grieken.
"Moi je n'aime pas le Vlaams Belang, mais c'est une raison en plus pour ne pas faire de cadeau. D'un point de vue stratégique, faire le martyr, ça marche toujours. Il ne faut donc pas les laisser adopter cette tactique et obliger le parti à prendre ses responsabilités", a détaillé le nationaliste flamand.
"Du point de vue juridique, les élus du Vlaams Belang sont les mêmes que les autres élus", a-t-il encore ajouté.
Pas un fervent supporter du cordon sanitaire
Siegfried Bracke l'a déjà affirmé à plusieurs reprises: il n'a jamais été un grand fan du cordon sanitaire qui entoure l'extrême-droite. "Je l'ai toujours pensé: il faut traiter le Vlaams Belang comme les autres partis sinon on lui fait un cadeau", a-t-il expliqué à Thomas Gadisseux.
Pour le nationaliste flamand, la montée du Belang s'explique facilement. "Il y a un problème au niveau de la migration et il y a un problème social (...). Les gens ont dit 'tampis' et ont voté en protestation pour le Vlaams Belang à cause de ces problèmes. Il faut un gouvernement maintenant avec une politique prononcée et qui est le travail de tout parti concerné", a jugé Siegfried Bracke.
LE CONFÉDÉRALISME, INÉVITABLE?
Face à l'embourbement des négociations fédérales, l'ancien président de la Chambre ne voit qu'une solution possible: le confédéralisme. "C'est une solution pour la Belgique, pas que pour la Flandre. À mon avis, le confédéralisme viendra sans aucun doute, parce qu'il n'y aura pas d'autre choix à la fin. Cela se voit déjà maintenant, le blocage est total", a-t-il estimé.
"Il faut constater que les six partis traditionnels n'ont plus une majorité à la Chambre. Il faut faire quelque chose, il faut une réforme avec un bloc de la gauche et un bloc de la droite", a conclu Siegfried Bracke.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA VOIX D'UN TRÈS GRAND JOURNALISTE

Siegfried (on ne porte pas  par hasard un prénom wagnérien quand on est né belge) Bracke quitte la vie politique. C'est dire qu'il retrouve sa liberté de parole qui est celle de l'ancien journaliste star de la VRT , le De Vadder qu'il était, c'est à dire un observateur ultra averti et lucide de la politique  du royaume de Belgique. C'est dire qu'il ne parle pas pour rien dire ni pour être le porte parole de la NVA qui l'a , à mon sens profondément déçu. C'est lui qui a induit le virage de  2014 vers une NVA  moins communautaire et plus conservatrice. La Suédoise c'est son oeuvre et rien que cela donne à son discours une grande crédibilité. Que nous dit-il aujourd'hui? Deux choses : que le cordon sanitaire n'est plus tenable avec un Belang à 25% et que la situation est bloquée comme jamais. Il ajoute que le confédéralisme est la seule solution. Di Rupo qui cherche à gagner du temps ne veut pas en entendre parler et il se drape dans la toge de Joëlle Milquet: madame non. Di Rupo alias Monieur NON  n'a qu'une idée en tête , tel le Saint George de la ducasse montoise il veut donner le coup de grâce au MR et en particulier à Charles Michel, son président. Il y parviendra, soyez en sûr mais il mettra en même temps la Wallonie et Bruxelles définitivement sur les genoux.
MG 


mardi 25 juin 2019



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEUX DESSINS, TOUT COMPRIS 

Kroll maîtrise comme personne l'art de la synthèse féroce.
En deux dessins bien enlevés, il résume avec talent et de manière sarcastique l'état de la question belge.
Dubus n'est pas mauvais non plus, plus ressemblant mais moins percutant.
Quand  Kroll prends congé, l'été pour donner des vacances à son esprit sarcastique, le Soir n'est plus rout à fait le soir. Certes il y a des remplaçants mais Kroll est carrément irremplaçable. Il participe du processus démocratique car il nous fait réfléchir. Le New York Times n'est plus le premier des quotidiens depuis qu'il a décidé de renoncer aux caricatures. "Une caricature est un portrait peint, dessiné ou sculpté qui amplifie certains traits caractéristiques du sujet. Souvent humoristique, la caricature est un type de satire graphique quand elle charge des aspects ridicules ou déplaisants"
Le mot « caricature » est la francisation de l'italien « caricatura », littéralement « charge d'une façon exagérée » (du verbe italien caricare, venu du latin carricare : charger, lester un char de poids), par extension « en rajouter ».
En rajouter certes mais sans jamais en faire trop et ça , ça frise le génie.
MG


dimanche 23 juin 2019

Christine Defraigne appelle à refonder le MR sur le libéralisme progressiste

Le Vif

Le Mouvement réformateur doit saisir les cinq années qui viennent pour refonder son projet sur les bases du libéralisme progressiste, affirme samedi l'ex-présidente du Sénat, Christine Defraigne, dans le journal 'La Libre Belgique'.
Christine Defraigne, présidente du Sénat (MR) © belga
"Il faut réaffirmer le libéralisme progressiste du MR. Nous sommes une frange de militants, de mandataires qui se parlent. Nous avons même peut-être atteint aujourd'hui une taille critique au MR", soutient l'échevine liégeoise. Mme Defraigne constate que les partis traditionnels ont été "grandement secoués" par les élections. Elle qui gouverne à Liège en alliance avec le PS voit en outre son parti tenu par le PS à l'écart des négociations gouvernementales en Wallonie, à Bruxelles et à la Fédération. "Qui sommes-nous? Quelles sont les aventures dans lesquelles nous ne voulons plus être embarqués", questionne-t-elle en allusion à la coalition "suédoise", dont elle avait combattu le projet de visites domiciliaires jugé attentatoire aux droits fondamentaux.
Mme Defraigne cite l'évolution sociologique dans les grandes villes, l'avenir des bassins industriels ou encore l'intelligence artificielle comme autant de préoccupations insuffisamment présentes au MR. La libérale souligne aussi la nécessité d'un encadrement de la liberté économique, l'importance de la répartition des richesses et les préoccupations environnementales. "Réaffirmer tout cela via un manifeste ou une charte des valeurs libérales est essentiel. Le futur président ou la future présidente du MR devra mener une refondation du parti", exhorte Mme Defraigne. La présidence du parti est actuellement aux mains du Premier ministre démissionnaire Charles Michel, qui l'avait reprise en février dernier à Olivier Chastel avec pour mission de l'assumer jusqu'à l'issue du processus électoral et des négociations gouvernementales. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FRONDE LIBERALE

Christine Defraigne défend la sensibilité sociale du MR, celle incarnée autrefois par Louis Michel, père de Charles le Renégat, qui renia l'héritage paternel pour se rapprocher des ultra conservateurs de la NVA. Il s'en suivit une crise identitaire au sein du mouvement, de toute évidence à Liège où la franche Christine rue dans les brancards mais aussi à Bruxelles où gronde la fronde autour de Georges Verzin.  Le sigle MR à fait perdre les élections communales  au  bouillant challenger schaerbeekois quand son programme "coup de pied de l'âne" annonçait un vrai printemps libéral en symbiose avec la société civile, une sorte de coquelicot bleu avant la lettre. A l'évidence le sigle MR a donné de l'urticaire aux bobos comme aux Schaebeekois issus de l'immigration. Dommage mais il y a fort à parier que les ruades de la belle Liégeoise  et du vaillant schaerbeekois vont lui rallier le soutien des nombreux libéraux déçus par l'absence de vision de Didier Reynders, chef de groupe du MR de Bruxelles, plus préoccupé de polir son blason personnel en vue de la présidence du conseil de l'Europe que de promouvoir le libéralisme social dans la capitale.  "Le futur président ou la future présidente du MR devra mener une refondation du parti", exhorte Mme Defraigne."
Est-ce à dire qu'elle est candidate à la présidence pour succéder à Charles Michel? C'est tout le bien qu'on lui souhaite.
Il se pourrait que notre premier ministre devienne commissaire européen ou carrément président de la commission européenne comme le voudrait son ami Emmanuel Macron. Qu'il aille vivement à l'Europe et permette à son parti esquinté par le dernier scrutin de se régénérer. Et pourquoi pas envisager former un courant nouveau qui engloberait les libéraux progressistes, le CDh et quelques écolos, voire même des sociaux-démocrates mal à l'aise au boulevard de l'Empereur. Vaste projet plus excitant que la dissidence droitière d'Alain Destexhe qui a fait pschittt.
Qui vivra verra.
MG

samedi 22 juin 2019

Le CSA réagit aux propos racistes visant Salima Belabbas

La Libre

Salima Belabbas a fait ses premiers pas à la présentation du journal télévisé mardi, pour l'édition de 13h00 du RTL Info.
Son apparition a suscité des commentaires élogieux sur les réseaux sociaux mais aussi de nombreux propos racistes. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) salue jeudi la réactivité de RTL Belgium, qui a rapidement modéré ces messages haineux, et assure de son soutien au secteur dans sa représentation de la diversité. Certains téléspectateurs n'ont visiblement pas apprécié l'apparition de Mme Belabbas, uniquement en raison de leur perception de l'origine de la jeune femme. L'un d'eux demande ainsi d'avoir "une Belge pour présenter la télévision en Belgique".
Ces commentaires racistes ont rapidement été supprimés des réseaux sociaux de RTL, une réactivité saluée par le CSA. Le patron du groupe RTL Belgium, Philippe Delusinne, est "scandalisé", selon des propos publiés jeudi dans la Dernière Heure. Le groupe pourrait porter plainte auprès d'organismes de lutte contre les discriminations comme le Mrax ou Unia, ajoute la DH.
Le CSA, lui, "encourage les éditeurs à poursuivre dans la voie de la meilleure représentation des genres et de la diversité dans leurs programmes, reflétant ainsi les diverses composantes de notre société".
Les différentes origines composant la société belge sont en effet peu représentées sur le petit écran. Selon le Baromètre de la diversité et de l'égalité du CSA, seuls 3,78% des journalistes/animateurs sont issus de la diversité. "Les personnes issues de la diversité sont plus présentes dans des rôles de figurants (notamment sportif), de vox populi ou de candidat à un jeu."
En septembre dernier, la déferlante de messages racistes dont était victime la présentatrice météo de la RTBF Cécile Djunga avait suscité l'indignation. Unia avait ouvert un dossier par autosaisine (de sa propre initiative). Les messages à caractère raciste peuvent également être signalés par tout un chacun auprès du centre pour l'égalité des chances. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE FOND DE L'AIR EST RANCE 

Somme nous en crise au point de voir tous nos repères se brouiller. Non, nous sommes en  pleine mutation et le vieux fond mauvais de l'âme humaine refait surface après avoir été refoulé par 70  ans de cordon sanitaire inspiré par la pensée résistante incarnée par la gauche intellectuelle. Cette fois cela ne fait plus de doute, le cordon sanitaire à cédé.  Le Trumpisme, appelons le ainsi faute de mieux, triomphe partout, au café du commerce, sur les ronds points mobilisés par les gilets jaunes et surtout, surtout sur les réseaux sociaux et les forums de quotidiens, y compris les titres dits de qualité. On assiste impuissants au retour massif du refoulé.
L'affaire de la non prestation de serment au perchoir de Dries Van Langenhove, élu à titre indépendant sur les listes du Vlaams Belang et récemment inculpé pour ses activités de Schild & Vrienden,  brillamment désamorcée par le libéral flamand, président de la séance plénière de rentrée parlementaire, a subtilement empêché un show de l'extrême droite. Sans un mot, en restant à sa place. Que de palabres depuis des jours jusqu'à ce dénouement heureux et tellement original.
"Sans un cri, sans une image forte, le sage du libéralisme a donné au temple de la démocratie ce qu'il lui fallait en ce jour de rentrée : la plus grande sérénité possible. Chapeau bas."
L'intelligence est sans doute la méthode la plus efficace pour désamorcer le peste brune.
MG

vendredi 21 juin 2019

Patrick Dewael a laissé le Vlaams Belang à sa place


ANTOINE CLEVERS (La Libre Belgique)

On ne la lui fait pas, à Patrick Dewael, vieux routier de la politique belge.
Le libéral flamand a présidé, jeudi, la séance plénière inaugurale de la Chambre, pour cette législature 2019-2024, en sa qualité de membre le plus expérimenté. Ses adjoints devaient être les deux plus jeunes, Mélissa Hanus (PS) et Dries Van Langenhove (VB), le leader du groupuscule ultra-conservateur Schild&Vrienden. La polémique enflait, ces derniers jours, autour de l’élu d’extrême droite, inculpé lundi pour racisme et négationnisme.
Les francophones ne voulaient pas le voir monter à la tribune présidentielle à l’occasion de cette séance à haute valeur symbolique dédiée à la prestation de serment des députés. Mais Patrick Dewael a trouvé la parade…
LES ÉLUS DU BELANG N’ONT PAS BRONCHÉ
“Je [présiderai la séance] depuis ma place, à mon banc, sur mon siège. C’est la seule place que l’électeur m’attribuée.” Et d’ajouter : “C’est la même chose pour nous tous”, donc aussi pour Dries Van Langenhove. M. Dewael n’a même pas pris la peine de citer ses deux adjoints, pourtant automatiquement désignés par le règlement de la Chambre.
Son geste a été largement salué par ses collègues parlementaires sur les réseaux sociaux. Les membres du VB n’ont, eux, pas bronché.
Le président a ensuite commencé l’ordre du jour. D’abord pour constater que Mathias De Clercq (Open VLD), Julie Fernandez Fernandez (PS), Laura Crapanzano (PS) et le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V) ont renoncé à leur siège de parlementaire.
MISSION SUIVANTE : LA VÉRIFICATION DES ÉLECTIONS.
Le travail a été réparti en six commissions de sept députés tirés au sort. Acclamations sur les bancs du PTB lorsque M. Dewael, la main innocente du jour, pêche le nom de Raoul Hedebouw, le porte-parole du parti. Le hasard a voulu que le PTB soit bien représenté dans ces commissions de vérification des élections. Cinq de ses députés (sur douze) ont été mis à contribution.
L’ANCIENNE MINISTRE “ILIANE TILLEUL”
Parmi les autres noms tirés au sort, pointons celui, écorché, d’“Iliane Tilleul” – pour Éliane Tillieux (PS), l’ancienne ministre wallonne – ou de Mélissa Hanus (PS), la victime collatérale de la mise à l’écart de Dries Van Langenhove.
Le travail de vérification a duré une bonne heure. Reprise de la plénière vers 15 h 45. En présence, cette fois, du Premier ministre Charles Michel (MR), qui s’était éclipsé quelques instants du sommet européen pour venir prêter serment.
“J’en profite pour le féliciter", a dit le président de la Chambre, "parce qu’il est à nouveau devenu papa. […] Mais où trouve-t-il ce temps ?” Applaudissements nourris.
Début de la longue séquence des prestations de serment des 150 députés. Et cette phrase : “Je jure d’observer la Constitution.” La première à y passer était Anneleen Van Bossuyt (N-VA). Le dernier, Thierry Warmoes (PTB).
Entre les deux, quelques ratés, situations cocasses ou plus choquantes.
Le ministre des Finances Alexander De Croo (Open VLD) a été le premier à prononcer le serment de député en néerlandais et en français. Les élus du Vlaams Belang ont alors plusieurs fois parasité les prestations de serment des Flamands qui s’exprimaient dans les deux langues. Ils applaudissaient bruyamment après la prestation en néerlandais afin que celle en français soit inaudible. Les députés d’extrême droite n’ont, eux, été applaudis que par la N-VA et le CD&V, et non, comme de coutume, par l’ensemble de l’hémicycle.
(...)LEVÉE DE SÉANCE.
Rendez-vous jeudi prochain pour l’élection du président de la Chambre. En attendant, Patrick Dewael poursuit l’intérim. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRILLANT! PATRICK DEWAEL A REMIS LE VLAAMS BELANG À SA PLACE 

Grâce à une pirouette de vieux briscard, Patrick Dewael a remis le Vlaams Belang à sa place. Fallait y penser et surtout, fallait le faire. Il l'a fait avec élégance, esprit et efficacité. La pirouette est simple, brillante, imparable. Elle éteint subtilement une polémique grotesque qui n'a cessé d'enfler au fil des jours. Le nouveau président-on parle d'une présidente- a intérêt à faire preuve d'une grande autorité naturelle pour ramener à la raison et à l'ordre les encombrants députés du Belang et du PTB entrés en nombre à la Chambre des représentants. Ambiance en perspective!
MG 


L'INTELLIGENCE DE PATRICK DEWAEL
Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express
Le libéral flamand, président de la séance plénière de rentrée parlementaire, a subtilement empêché un show de l'extrême droite. Sans un mot, en restant à sa place.
Patrick Dewael est un vieux renard de la politique belge. Un libéral convaincu et l'un des principaux adversaires de la montée des pensées liberticides au nord du pays. Ce jeudi après-midi, c'est à lui que revenait l'honneur de présider la séance de rentrée de la Chambre, après les élections du 26 mai.
Le moment risquait d'être sensible, avec l'arrivée de nombreux parlementaires, dont pas moins de dix-huit représentants du Vlaams Belang. En outre, à ses côtés à la tribune, l'un des jeunes premiers aurait dû être Dries Van Langenhove, élu à titre indépendant sur les listes du Vlaams Belang et récemment inculpé pour ses activités de Schild & Vrienden. Que de palabres depuis des jours à cette perspective, entre volonté personnelle de ne pas prêter serment (la coprésidente Ecolo Zakia Khattabi) ou de manifester de façon symbolique sa désapprobation (à peu près tous, en arborant le triangle rouge des Territoires de la mémoire, contre l'extrême droite). Un incident était à craindre.
On connaît Patrick Dewael pour sa verve, son verbe haut et ses longues tirades pour défendre la liberté. Cette fois, pourtant, il a, au contraire, fait dans la sobriété. Comme le lui permet le règlement, il a tout simplement ouvert la séance... depuis son siège ("là où j'ai été élu"), sans monter à la tribune, et donc sans appeler son collègue d'extrême droite. C'est le geste de résistance le plus sobre que l'on pouvait imaginer, une astuce d'une intelligence redoutable, applaudie par tout l'hémicycle, sauf par le Vlaams Belang.
Sans un cri, sans une image forte, le sage du libéralisme a donné au temple de la démocratie ce qu'il lui fallait en ce jour de rentrée : la plus grande sérénité possible. Chapeau bas.







jeudi 20 juin 2019


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRAVO L'ARTISTE 

Un quotidien sans caricature, fût-il le prestigieux New-York Times, n'est pas un journal de qualité. Le Monde sans Plantu ne serait plus le Monde. En Belgique francophone nous avons Dubus et l'indépassable Kroll qui donne ici un des ses meilleurs dessins. Comment dire autant de choses sur si peu d'espace.
Bravo l'artiste, tu es vraiment un très grand journaliste.
MG

mercredi 19 juin 2019

Un nombre record de Bruxellois ont déménagé en Flandre en 2018


Le Vif
Pas moins de 21.700 Bruxellois ont déménagé en Flandre en 2018, ce qui constitue un record et 2,5 fois plus que le nombre de personnes ayant fait le chemin en sens inverse (8.611), rapporte mercredi Het Belang van Limburg sur base de chiffres analysés par le SPF Intérieur.

Outre les Bruxellois, 8.848 Wallons sont allés vivre au nord du pays en 2018. La Flandre a donc accueilli un total de 30.548 personnes, soit près de deux fois plus qu'elle n'en a perdues au profit d'une autre région (16.153). Il y a dix ans, le solde entre départs et arrivées n'atteignait que 6.617.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le phénomène, selon la confédération des professions immobilières CIB Vlaanderen. Les habitants de communes huppées comme Woluwe, Watermael-Boitsfort ou Auderghem trouvent ainsi en périphérie bruxelloise flamande un terrain avantageux financièrement et efficacement relié à la capitale.
La concurrence fiscale entre régions pourrait également jouer un rôle. Mais il est peu probable que le recul, depuis le 1er juin 2018, des droits d'enregistrement d'une maison familiale à 7% en Flandre ait déjà eu un impact, selon CIB Vlaanderen. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES NE CESSE DE S'APPAUVRIR 

Cela fait près d'un demi siècle que la classe moyenne  bruxelloise migre vers la périphérie ce qui provoque un appauvrissement croissant et inquiétant de la Région Bruxelles capitale. Pas sûr que la coalition PS/Ecoli/Défi sera capable de renverser la vapeur.

mardi 18 juin 2019

Huit milliards d’euros: la dette de la Communauté française explose

Le Soir

De 3 milliards en 1999 à près de 12 milliards dans cinq ans : les chiffres montrent une situation délicate.
Trois milliards en 1999. Huit milliards aujourd’hui. Près de douze milliards dans cinq ans… Ces chiffres qui donnent le tournis détaillent les fluctuations passées et l’évolution (très) probable de la dette de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est le Cerpe – le Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l’UNamur – qui, dans une publication récente (1), met au jour les perspectives budgétaires de la Communauté française.
Pour assurer un avenir budgétaire serein, il est logique que la croissance des dépenses doit suivre celle des recettes. Premier constat : les perspectives mettent en évidence une hausse des recettes de 886 millions d’ici à 2024. Quant aux dépenses, elles devraient évoluer largement au-dessus des recettes, à 1.459 millions d’euros. La faute au Pacte d’excellence et la réforme de la formation initiale des enseignants.

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HALLUCINNANT 

"Les perspectives mettent en évidence une hausse des recettes de 886 millions d’ici à 2024. Quant aux dépenses, elles devraient évoluer largement au-dessus des recettes, à 1.459 millions d’euros. La faute au Pacte d’excellence et la réforme de la formation initiale des enseignants." Ah bon? Alors pourquoi la faire cette réforme bancale portée par un CDH qui a pratiquement cessé d'exister et qui, en aucun cas, ne se retrouvera dans les exécutifs? Sage décision, au demeurant.
La Communauté française, c'est le budget de l'enseignement et de la culture cumulés. La culture c'est en gros la RTBF. La RTBF est dirigée par Philippot qui prétend avoir réussi à rétablir l'équilibre dans ce qui était un gouffre financier. Philippot est socialiste mais diplômé de l'Institut Solvay. Nobody is perfect. Il a fourni un travail de titan.
André Flahaut, ministre sortant du Budget de la Communauté française, se veut toutefois rassurant dans Le Soir: "Nous avons fait analyser récemment l'état de notre dette. Très honnêtement, les conclusions sont favorables, rassurantes. La situation est sous contrôle. Nous pensons qu'elle va s'améliorer d'année en année".
Guy Mathot, biologiste de formation pensait, lui aussi, que le déficit se résorberait comme il était apparu c'est à dire par enchantement...
Au vrai ceci n'a absolument rien de rassurant et constitue , bien au contraire, un sujet d'inquiétude effrayant. Wallobrux fonce à tombeau ouvert vers le désastre financier. En découvrant ces chiffres, on comprend mieux pourquoi les Flamands exigent le confédéralisme c'est à dire une stricte indépendance fiscale quand les Francophones ne rêvent que de dépendance via les transferts flamands pudiquement baptisés "solidarités" par leurs excellences progressistes.
Que faire? Regrouper tous les réseaux scolaires  en un réseau unique comme en Finlande?   Notre enseignement francophone n'est pas sous-financé, au contraire c'est l'un des mieux financés d'Europe mais il se révèle inégalitaire et inefficace. La précédente législature était déterminée  à le réformer en profondeur. Ainsi naquit le pacte d'excellence qui n'est ni un pacte pour mettre fin à la concurrence des réseaux, ni surtout une garantie d'excellence. Le pacte est un foutoir et un gouffre à milliards.
On espère que c'est à cela que va s'attaquer la prochaine législature mais franchement, j'ai des doutes...
Di Rupo a parfaitement compris qu'une coalition PTB/ECOLO/PS conduirait les Wallons à la ruine budgétaire. Il lui reste à négocier une tripartite PS/Ecolo/MR. Mais écolo freine des quatre fers. Evidemement. Imaginons un instant Nollet à la tête de notre enseignement...
Alors pourquoi pas le rattachisme à la France?
Ne rêvons pas. La France est elle-même très endettée et l'exemple de l'annexion des Länder de RDA-un gouffre à milliards- doit l'inciter à la plus grande prudence.
On comprend que Di Rupo aie voulu  éloigner le PTB du pouvoir et qu'il essayera, au contraire, de mouiller les libéraux qui piaffent d'impatience afin de tempérer les enthousiasmes des écolos. On parle ici uniquement du déficit de la Communauté française et non pas de la Région wallonne. La situation est grave. Elle n'est toutefois pas désespérée. Il se pourrait pourtant qu'elle le  devienne. Il y aura toujours un André Flahaut pour dire que ce n'est pas si grave...
MG 


DE 3 À 8 MILLIARDS EN 20 ANS: LA DETTE DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE EST EN TRAIN D'EXPLOSER
Le Vif
La dette de la Communauté française explose, passant de 3 milliards en 1999 à 8 milliards en 2019, et devrait atteindre près de 12 milliards dans cinq ans, selon les chiffres du Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l'UNamur publiés dans Le Soir mardi.
La Communauté française investit beaucoup dans l'éducation, mais creuse de plus en plus son déficit et explose sa dette, si bien que l'UNamur tire le signal d'alarme.
Le déficit prévu de 192 millions d'euros en 2019, explosera à 614 millions en 2020, 674 en 2021, 728 en 2022, 780 en 2023 et 855 en 2024, est-il évalué.
"A décision inchangée et sur la base des paramètres actuels, nos perspectives mettent en évidence une importante détérioration du solde de financement "solde de financement SEC"(NDLR: le déficit) et une explosion de la dette de la Communauté française qui ne cesse d'ailleurs d'augmenter en part du PIB. La situation est d'autant plus délicate que la Communauté française, n'ayant pas de capacité fiscale, a très peu de pouvoir sur l'évolution de ses recettes", estime la chercheuse Élodie Lecuivre.
André Flahaut, ministre sortant du Budget de la Communauté française, se veut toutefois rassurant dans Le Soir: "Nous avons fait analyser récemment l'état de notre dette. Très honnêtement, les conclusions sont favorables, rassurantes. La situation est sous contrôle. Nous pensons qu'elle va s'améliorer d'année en année".


lundi 17 juin 2019

Face aux défis climatiques et sociétaux : l’amorce d’une "Renaissance sauvage"


Guillaume Logé (Marianne) 
Chercheur associé à la Sorbonne et conseiller artistique, docteur en esthétique, histoire et théorie des arts (École normale supérieure, Paris) et en sciences de l’environnement (Université de Lausanne). Il est l'auteur de Renaissance sauvage : l'art de l'anthropocène. 

Afin d'enrayer la crise environnementale, Guillaume Logé propose une "Renaissance sauvage".
Voici, dans l’ordre, une fin et un début.
La fin, d’abord, d’un système. Les marches pour le climat se multiplient à travers le monde. Le vert s’impose à tous les partis politiques et les écologistes ont réalisé un score historiquement haut aux élections européennes (Europe Ecologie-Les Verts est même arrivé en tête du scrutin devant le Rassemblement national et LREM chez les électeurs de 18 à 34 ans). La population soutient massivement "l’Affaire du Siècle" (procès intenté contre l’Etat français pour inaction contre le dérèglement climatique). Les consommateurs s’exaspèrent de l’usage d’engrais, de pesticides et autres perturbateurs aux conséquences dramatiques sur la santé. Le 6 mai dernier, ce sont les scientifiques, de nouveau, qui ont tiré la sonnette d’alarme. Le rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) estime notamment qu’environ un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction et que "nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier".
Il s’agit d’une rupture de civilisation et il convient de la qualifier de Renaissance, dans un sens historique et philosophique.
LA FIN DU MYTHE DU "PROGRÈS"
La logique de notre capitalisme tardif, seule jusqu’aujourd’hui à occuper l’espace, touche aux extrémités de ses paradoxes. Les crises, plurielles, s’accroissent. Elles partagent les mêmes racines que l’Anthropocène : l’activité humaine est devenue le premier facteur de transformation de la Terre. Les effets se font déjà sentir et ne vont faire qu’augmenter.
Nous le découvrons dans la douleur : le mythe du "progrès" tel qu’il a été préempté par l’économie n’a pas pour finalité l’homme. Il s’associe une logique d’accumulation infinie. Il s’associe une logique économique d’accumulation infinie et inégale de richesses à travers une augmentation sans fin des capacités de production et du volume de consommation. Pour cela, il capte toujours plus les ressources d’une planète finie et se détache de toute responsabilité quant à la préservation d’un équilibre vital pour l’homme.
Voici alors un début. Les problèmes ont atteint un niveau tel que les consciences amorcent un basculement massif. Il s’agit d’une rupture de civilisation et il convient de la qualifier de Renaissance, dans un sens historique et philosophique. Souvenons-nous qu’en Italie, au XVe siècle, l’homme affirmait une vision renouvelée de lui-même et du monde.

Des siècles d’interprétation de l’idéal platonicien nous ont conduits à croire que nous nous réalisons en nous coupant de notre être animal et de notre milieu naturel. A présent, une redéfinition de notre rapport à la nature se propose comme fondation d’une civilisation nouvelle. En ce sens, cette Renaissance vient combler l’absence de Grand Récit qui immobilise nos sociétés occidentales depuis la fin des années 1960. Nous nommons "sauvage" cette invention d’un nouvel être au monde. Elle se présente comme un "grand référent" à même de rassembler au-delà des différences, d’articuler un projet commun et d’engager l’Histoire dans la cohérence d’un nouveau moment fondateur. 

PRINCIPES DE LA RENAISSANCE SAUVAGE
Comme pour toute Renaissance, l’art et la philosophie, à la pointe du mouvement, convergent et s’élargissent à toute la société. De plus en plus d’artistes, de designers, d’architectes, de penseurs définissent des modes de collaboration avec la nature en rupture avec le paradigme d’un homme maître et possesseur absolu du monde qui l’entoure. A travers l’idée d’une "perspective symbiotique" propre à cette Renaissance sauvage, nous désignons une tendance qui agrège des engagements militants en faveur de l’écologie, des modes de créations collectives où ce n’est plus un seul point de vue qui domine, des stratégies pour intégrer l’action des "autres que soi" (humains ou non-humains), des œuvres de toute nature qui ouvre à une conscience interrelationnelle du réel et à une nouvelle forme d’être "sauvage".
ET QUAND BIEN MÊME, "L’EFFET REBOND" RÉPERCUTE TOUJOURS UNE ÉCONOMIE D’ÉNERGIE EN UNE CONSOMMATION FACILITÉE ET DONC EN UN ACCROISSEMENT DU PRÉLÈVEMENT DES RESSOURCES PLANÉTAIRES ET DE LA POLLUTION.
De façon très concrète, par exemple, l’artiste Tomás Saraceno s’associe à la capacité créatrice des araignées, Neri Oxman et l’équipe du MIT Media Lab sollicitent des vers à soie dans la création d’un pavillon, l’architecte Marcos Cruz intègre plantes et micro-organismes à des structures pour le bâtiment, les designers du Studio Formafantasma créent des objets à partir de produits naturels (farine, déchets agricoles, calcaire), le mycologue Phil Ross met au point des briques générées par des champignons, le philosophe Baptiste Morizot définit une diplomatie avec les animaux, le jardinier Gilles Clément trouve dans l’idée de "jardin en mouvement" un principe d’organisation, etc.
Un même élan et des fondations similaires animent les méthodes agricoles holistiques, telles que l’agriculture biodynamique ou la permaculture, dénuées de produits phytosanitaires, le travail des urbanistes tirant parti des forces en présence dans la reconfiguration de territoires, comme dans la région de la Ruhr en Allemagne, ou celui des chercheurs qui font travailler ensemble plusieurs disciplines sur un même sujet.
La Renaissance sauvage rompt avec les illusions de la géo-ingénierie et du transhumanisme, héritiers ultimes, et donc les plus furieux, du mythe progressiste qui cherche, aujourd’hui, à en faire les fondements d’un renouveau du capitalisme. Soyons clair : la technique ne règlera pas les problèmes actuels. Il n’existe pas de machines régulatrices magiques, pas plus d’énergie alternative "propre" à espérer à court-terme. Et quand bien même, "l’effet rebond" répercute toujours une économie d’énergie en une consommation facilitée et donc en un accroissement du prélèvement des ressources planétaires et de la pollution.
Si cette Renaissance sauvage se présente comme une réponse de joie et d’optimisme, c’est parce qu’elle sort de l’angoisse née du vide de sens qui ronge nos sociétés et scelle une alliance renouvelée de l’homme avec lui-même et avec la Terre. Elle n’en est pas moins extrêmement lucide. La période anthropocène dans laquelle nous sommes entrés va inévitablement durer. L’enjeu qui se pose est le suivant : allons-nous changer au plus vite de modèles afin de nous donner une chance de limiter le niveau des effets de l’Anthropocène ou allons-nous faire face à une Terre à ce point inhabitable, qu’il sera impossible de nous adapter, avec tout ce que cela signifie en termes de conflits et de chaos ?
Ne l’oublions pas : la Renaissance en Italie, à ses débuts, était le fait d’une minorité.
La Renaissance sauvage s’offre à chacun : tout citoyen peut devenir un "créateur sauvage", concourant à un monde non seulement durable mais passionnant à vivre, à la condition de nourrir honnêtement sa conscience, de changer ses aspirations en conséquence et d’avoir le courage, à son niveau, de le traduire en actes, autant dans son mode de vie que dans sa participation politique.
Ne l’oublions pas : la Renaissance en Italie, à ses débuts, était le fait d’une minorité. Elle a construit l’Histoire. Ne sous-estimons pas la puissance de changement des voix qui réclament un tournant écologique. Les tenants de l’ancien monde s’empêtrent dans les contradictions, l’ignorance ou le mensonge. Aujourd’hui, les mouvements peuvent s’amplifier avec une grande rapidité. Nul ne peut prophétiser le succès ou la défaite de cette Renaissance sauvage. Ce qui est sûr, c’est qu’elle est là, amorcée. Et qu’il appartient à une époque, la nôtre, de lui faire réorienter l’Histoire. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OPTIMISME DU DÉSESPOIR? OUI ET NON! 

Les années de décadence sont des années de bonheur, disait  feu Henri Plard, mon professeur, dans son portrait flamboyant de la Vienne Jugendstil  inspiré du "Monde d'hier" de Stéphane Zweig. J'ai relu récemment ce texte prophétique et nous y voici à notre tour, pauvres Européens incapables de s'entendre sur l'essentiel et notamment la question du climat.
Ce texte bienvenu de Guillaume Logé contient, enfin, une bonne nouvelle, celle d'une possible renaissance à laquelle nous pourrions, tous participer moyennement un sursaut éthique téméraire.
Optimisme du désespoir? Oui et non! 
Allons-nous changer au plus vite de modèles afin de nous donner une chance de limiter le niveau des effets de l’Anthropocène ou allons-nous faire face à une Terre à ce point inhabitable, qu’il sera impossible de nous adapter, avec tout ce que cela signifie en termes de conflits et de chaos ?
Ne l’oublions pas : la Renaissance en Italie, à ses débuts, était le fait d’une minorité
Si cette Renaissance sauvage se présente comme une réponse de joie et d’optimisme, c’est parce qu’elle sort de l’angoisse née du vide de sens qui ronge nos sociétés et scelle une alliance renouvelée de l’homme avec lui-même et avec la Terre
A quoi bon évoquer avec la régularité de l'horloge la montée des périls qui nous menacent si nous restons les bras ballants.
Je m'étonne que nous autres Européens ne jetions pas nos dernières forces et nos ressources d'intelligence collective et tout le potentiel de notre créativité dans un grand sursaut éthique au secours d'une démocratie de plus en plus remise en question par trop de frustrés radicalisés et d'une planète en grand péril.
L'heure est grave, plus inquiétante encore qu'en cette année 1938 où s'enclenchait la drôle de guerre et où les plus lucides, Churchill en tête sonnèrent l'alarme.  On se moque volontiers de la petite Greta Thumberg qui sonne l'alarme et s'engage sans compter contre le réchauffement qui menace. "Ces jeunes qui m’entourent"  écrit une maman en colère(je ne peux témoigner que de ceux-là), "comme sans doute tant d’autres, même et surtout ceux qui, par manque d’information, n’ont pas conscience qu’une transition écologique est urgente et indispensable, sont néanmoins tous prêts au changement. Et ils se heurtent, ces nouveaux résistants, au silence de nos confortables pantoufles…"
Sa carte blanche interpellante mérite d'être lue et méditée.
MG 


ENTRE DÉSARROI PROFOND ET RÉVOLTE, LA RÉACTION DES JEUNES FACE AU CLIMAT
La Libre Belgique
OPINIONS
Une opinion de Françoise Laurent, maman de quatre enfants inquiets pour la planète.

Toujours l’aube revient, avec les infatigables appels des oiseaux, couvrant encore (quand ce sont des oiseaux de mauvais augure) le brouhaha sourd de la ville qui s’éveille, au loin. Mais c’est la nuit qui retient nos enfants, petits et grands, dans ses recoins les plus sombres : au creux des lits, à l’abri des couettes, ils se débattent dans des mondes silencieux, sans trilles de merles ni bourdonnements d’insectes. Juste le bruit des machines, la grisaille des fumées et le clapotis de flots gris.
Sur la table du petit déjeuner, à peine sortis de leurs cauchemars, ils trouveront dans le journal du jour de nouvelles annonces de catastrophes à venir. Pas faim. À l’école, au collège, à l’université, on leur parlera encore de changements climatiques, des quelques années de répit avant que cette terre, la leur, celle sur laquelle on les a lancés sans garde-fou, ne devienne un grand cimetière. Il leur faudra pourtant avancer, apprendre, étudier ; s’accrochant à l’idée qu’ils ou elles pourront peut-être changer le cours de cette nauséabonde histoire. Certains vont manifester, les plus âgés ont voté et ne comprennent pas, au lendemain du 26 mai, ces discussions qui butent sur des frontières alors que les vents mauvais, eux, n’en connaissent pas. Pour la plupart, Occidentaux privilégiés, ils ont reçu depuis leur naissance tout ce dont ils avaient besoin et même beaucoup plus : inclus dans le bel héritage, une bombe à retardement. Quand ils en prennent conscience, ils s’encouragent les uns les autres à vivre autrement, plus simplement, à se passer de ce qui hier encore paraissait indispensable. Ils nous interrogent, nous les parents, nous bousculent, nous poussent dans nos retranchements et nos contradictions. Rêveurs, ils nous rappellent qu’il y a plus de bonheur et de vie dans le vol d’un oiseau que dans celui d’un avion, même s’ils ont parfois utilisé ce moyen de transport-là pour partir à la découverte du monde et de ses habitants, et que cela a forgé aussi leur détermination car il y a, là-bas, des gens qu’ils ont appris à connaître et à aimer. Juste des terriens, comme eux, parfois premières victimes des cataclysmes.
DÉPRIME ET RÉVOLTE
Mais quelquefois la force leur manque et, découragés, nos jeunes de lointaine insouciance sombrent dans la déprime. Ou laissent tomber études et formations et choisissent une autre voie. Comment rester dans les rails quand l’avenir qu’on leur a promis s’ils étaient bien sages, s’ils respectaient la sacro-sainte trinité travail-famille-patrie, ce futur n’est en réalité que mirage et désolation ? Ne reste alors que la révolte, le chemin de la désobéissance civile : à 18, 19 ou 20 ans, quelques-uns s’installent sur des ZAD (zones à défendre) et, calmes, pacifiques mais déterminés, occupent des territoires promis à la construction d’autoroutes ou de centre de loisirs. S’engagent dans un combat teinté de désespoir. Car ils savent la hausse déjà irréversible des températures, les îles de plastique, la chute de la biodiversité (entre autres réjouissances), et ne peuvent assister sans réagir à la construction d’un énième parc d’attractions. Ou d’un ruban de bitume de plus, pour permettre l’acheminement rapide de marchandises…indispensables. Les autorités, les "sachants", ceux qui leur demandent de retourner gentiment dans le système pour travailler à l’infinie croissance et puis consommer, surtout, ne savent-ils donc pas où on va ? Visiblement, non, car ils continuent à endormir leurs administrés en leur offrant, ce n’est pas nouveau, du pain et des jeux. Sédatifs potentiellement mortels.
Ces jeunes qui m’entourent (je ne peux témoigner que de ceux-là), comme sans doute tant d’autres, même et surtout ceux qui, par manque d’information, n’ont pas conscience qu’une transition écologique est urgente et indispensable, sont néanmoins tous prêts au changement. Et ils se heurtent, ces nouveaux résistants, au silence de nos confortables pantoufles…


Le duo Reynders-Vande Lanotte rempile ce lundi. La situation au fédéral dépend des avancées dans les Régions.


"La situation est bloquée. Je ne vois pas d’issue possible", selon un insider haut placé. La météo politique est à l’orage, ce lundi, alors que les informateurs, Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A), sont attendus au Palais pour remettre au Roi leur deuxième rapport sur l’état d’avancement de la formation d’un gouvernement fédéral. Toutes nos sources convergent pour dire que le chef de l’État devrait à nouveau prolonger leur mission, débutée le 30 mai et prolongée une première fois le 6 juin.
Ce jour-là, le binôme constatait, lors d’une conférence de presse, que deux partis étaient hors-jeu : le Vlaams Belang (18 sièges sur 150 à la Chambre) et le PTB (12), c’est-à-dire l’extrême droite et l’extrême gauche. Quant au CDH (5), il s’est résolu à une cure d’opposition à tous les niveaux de pouvoir. Les possibilités de former une majorité fédérale sont dès lors très réduites.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ON EST DANS LE MUR 

La bagnole Belgique à quitté la route et s'est incarcérée dans le mur.
On ne voit vraiment pas comment en sortir cette fois puisque Di Rupo se drape définitivement dans la toge de monsieur non et que pour De Wever c'est le confédéralisme ou rien.
Tout ça avec un gouvernement d'affaires courantes très minoritaire.

samedi 15 juin 2019

50.8 °C en Inde : quand la chaleur rend fou

AFP
Le Vif
Rixes entre singes, tigres dans des villages... en Inde, face à la sécheresse et aux températures extrêmes, les animaux multiplient les comportements inhabituels.

Quelques 15 singes sont décédés, probablement d'une insolation, après s'être battus pour l'accès à une source d'eau dans le massif forestier de Joshi Baba, a indiqué un garde forestier à un média indien, P. N. Mishra. Cette rixe est un comportement "rare et étrange pour des herbivores", a-t-il affirmé.
Selon des médias, des tigres auraient également quitté les réserves forestières qu'ils habitent pour aller chercher de l'eau dans des villages, semant la panique.
Les températures ont atteint la semaine dernière 50,3 degrés Celsius dans la ville de Churu, au Rajasthan, juste en deçà du record national de 51 degrés.
Un homme tué pour de l'eau
La chaleur a également provoqué des comportements violents chez les humains. Dans l'État de Jharkhand, un homme a poignardé six autres personnes après avoir été empêché de remplir des barils d'eau supplémentaires dans un réservoir public, ont rapporté les médias samedi. Vendredi, un homme de 33 ans est mort après un combat similaire dans l'État du Tamil Nadu.
Dans le nord du pays, l'Etat d'Uttar Pradesh a connu également ces derniers jours, outre la chaleur, des tempêtes de sable dont les vents violents ont rasé des maisons et abattu arbres ou poteaux, faisant 24 morts.
Et les services météorologiques en prévoient d'autres pour les deux jours qui viennent. L'an dernier, dans ce même Etat, une série de tempêtes de sable de ce type avaient fait 150 morts et d'innombrables destructions.
La mousson annuelle, qui amène des pluies bienvenues sur le sous-continent indien, a plus d'une semaine de retard sur son calendrier habituel, mais devrait arriver dans les jours qui viennent, selon les services météorologiques.
Quatre morts dans un train
Quatre passagers d'un train ont succombé à la chaleur extrême dans le nord du pays. Les passagers avaient embarqué à Agra (nord), ville de l'emblématique Taj Mahal, et étaient en route pour Coimbatore, dans le Sud. Ils voyageaient dans des wagons sans air conditionné, les classes les moins chères.
"Lorsque le train approchait de Jhansi (à 200 kilomètres au sud d'Agra, ndlr), nous avons reçu un appel de l'équipe à bord comme quoi l'un des passagers avait perdu conscience", a déclaré à l'AFP Ajit Kumar Singh, un porte-parole de la compagnie des chemins de fer. "Nous avons dépêché une équipe médicale à la station mais ils ont découvert que trois des passagers étaient déjà morts", a-t-il ajouté. Une quatrième victime a succombé à l'hôpital.
"La chaleur semble avoir été un facteur", a dit M. Singh. Au pic de la journée, le thermomètre affichait autour de 47°C lundi dans cette région. Un passager qui faisait partie du groupe de voyageurs a déclaré à la presse locale que le climat avait transformé le wagon en four.
"Peu après que nous avons quitté Agra, la chaleur est devenue insupportable et des gens ont commencé à se plaindre de problèmes de respiration et à se sentir mal", a indiqué ce passager cité par la chaîne de télévision News18. "Avant même que nous ayons pu obtenir de l'aide, ils se sont effondrés."
Les passagers morts étaient tous âgés d'environ 70-80 ans, d'après la chaîne de télévision.
Considérés comme l'été dans le sous-continent, les mois de mai et juin sont les plus étouffants de l'année en Inde.
Une chaleur sèche et un soleil de plomb accablent le nord du pays de 1,3 milliard d'habitants durant cette période. Le mercure grimpe alors à des niveaux invivables, jusqu'à 50,8°C cette année dans une ville du Rajasthan.
L'arrivée progressive de la mousson, début juin sur le sud et fin juin sur le nord, permet ensuite de rafraîchir les températures et d'irriguer les cultures agricoles.
Le ballet des camions-citernes d'eau
Gajanand Dukre a tout juste garé son camion-citerne dans un village indien frappé par la sécheresse que des dizaines de locaux accourent avec bidons, seaux et pots en fer blanc pour recueillir sa précieuse eau.
Au cours des deux heures suivantes, cet employé du gouvernement déverse dans ces réceptacles son réservoir de 12.000 litres de ce liquide vital dans la chaleur implacable de l'été du géant d'Asie du Sud, qui connaît l'une de ses pires sécheresses depuis des années.
"Nous travaillons sans arrêt", explique Gajanand, 41 ans, qui effectue quatre tournées de livraison d'eau par jour dans des localités autour de Shahapur (Maharashtra, ouest). Il est l'un des 37 conducteurs de camions-citernes des autorités à opérer dans cette zone à une soixantaine de kilomètres de la capitale économique Bombay.
Les camions-citernes d'eau y opèrent sept jours par semaine de mars à juin, saison la plus chaude et sèche en Inde où l'eau vient à se faire rare dans de nombreuses régions.
L'été s'est montré particulièrement rude cette année, avec des températures dépassant même les 50°C dans l'État du Rajasthan (nord).
Plus de la moitié du territoire indien, partie où vivent plus de 500 millions de personnes, fait face à des conditions de sécheresse en raison de précipitations pré-mousson insuffisantes cette année, selon les services météorologiques indiens.
Dans le village de Shakar Pada, les niveaux des puits sont dangereusement bas, ce qui fait que l'arrivée du camion de Gajanand est vue comme un soulagement. Sitôt arrêté, il branche un tuyau et remplit les récipients amenés par les habitants, généralement des femmes en sari.
"Il y a un manque d'eau depuis un mois", explique à l'AFP Pramila Shewale en transportant sur sa tête un pot tout juste rempli d'eau.
"S'il n'y avait pas les camions-citernes, nous devrions dépendre du puits, ce qui serait très difficile", ajoute la jeune femme de 25 ans.
La centaine de familles de ce village vit de l'agriculture, principalement du riz et des légumes qu'elles vendent sur les marchés des villes voisines. Durant la sécheresse, il n'y a pas d'eau pour les cultures ou le bétail.
La baisse des nappes phréatiques et un système d'irrigation insuffisant font que ces populations sont extrêmement dépendantes de la mousson, qui dure de juin à septembre et donne à l'Inde le gros de ses précipitations annuelles.
Or trois des cinq dernières moussons ont été en-dessous de la moyenne. Et bien que les prévisions annoncent une mousson normale cette année, celle-ci est déjà en retard d'une semaine sur le calendrier habituel, ce qui inquiète les agriculteurs.
"Chaque année la sécheresse empire. Je prie Dieu qu'il y ait assez d'eau" cette année, dit à l'AFP Naresh Rera, un agriculteur de 32 ans.
Gajanand Dukre continuera ses tournées de livraison d'eau jusqu'à ce que la mousson ait atteint sa pleine puissance au Maharashtra, normalement à la fin du mois de juin.
Chaque nuit, lui et ses collègues dorment dans leur véhicule sur un terrain vague où les camions sont alignés à côté d'une rivière.
Ils se réveillent 03H00 du matin, remplissent leur réservoir avec de l'eau de la rivière venant d'un barrage non loin. Ils y ajoutent ensuite du chlore pour l'assainir puis se mettent en route pour les villages assoiffés.
Une fois vides, ils reviennent et font le plein d'eau à nouveau. Gajanand ne finit pas ses tournées avant 19H30.
"C'est un travail dur mais mon coeur se sent bien car j'aide les gens", dit-il. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VOICI QUI EST EXTRÊMEMENT PRÉOCCUPANT. 

La pollution va-t-elle tous nous tuer?
La qualité de l’air est devenue une vaste inquiétude relayée au niveau mondial. L’OMS parlait dernièrement d’«impact dévastateur». Y a-t-il des raisons de désespérer se demande Le Figaro qui nous rappelle "qu'à Londres, le vendredi 5 décembre 1952. Il fait froid et un anticyclone s’est installé sur la capitale britannique. Pas de vent. Le Great Smog dont l’usage du charbon est la principale cause s’installe. Il va durer cinq jours avant qu’une brise salutaire libère Londres de son brouillard délétère. Les rapports médicaux qui tombent dans les semaines qui suivent sont dramatiques: 4000 personnes mortes des suites directes du smog et près de 100.000 personnes malades. Great Smog est le pire épisode de pollution atmosphérique de l’histoire du Royaume-Uni. Il a entraîné la signature en 1956 d’une des premières lois environnementales européennes, le Clean Air Act (loi pour nettoyer l’air). Elle a imposé dans le pays pionnier de la révolution industrielle des réformes drastiques pour purifier l’air. C’était il y a à peine 65 ans.
Depuis, l’atmosphère des villes occidentales n’a fait que s’assainir.
Mais voici que la température monte, monte jusqu'à des hauteurs délétères."
Devons nous nous en inquiéter? Poser la question c'est y répondre.
Ne sommes-nous pas tous concernés?
MG




vendredi 14 juin 2019

Paul Magnette referme la porte à la N-VA: "Nous n'avons rien en commun"

La Libre

Le PS ne négociera pas avec la N-VA. Il n'ira pas avec la N-VA, a affirmé jeudi soir, sur le plateau de "Jeudi en prime" (RTBF), le chef de file wallon du PS, Paul Magnette qui co-gère les consultations organisées par le PS en Wallonie, avec le président du parti Elio Di Rupo.
Pour M. Magnette, la N-VA n'est pas incontournable. Il est possible de partir du gouvernement fédéral existant (NDLR: associant les libéraux et les sociaux-chrétiens) pour l'élargir aux socialistes et aux écologistes et s'attaquer aux problèmes climatiques et sociaux urgents durant un an. Selon M. Magnette, ce type de gouvernement permettrait d'avoir "pratiquement une majorité dans le camp flamand". "Si le CD&V et l'Open Vld ne veulent pas d'un gouvernement minoritaire dans le camp flamand, ils devront assumer les conséquences de la crise", a-t-il ajouté.
"On a une position très claire. C'est soit la N-VA, sans le PS; soit, c'est le PS sans la N-VA. Nous ne négocierons pas avec la N-VA car la N-VA veut le confédéralisme et nous ne parlerons pas de confédéralisme. On veut parler de choses urgentes. Nous n'avons rien en commun. La N-VA n'est pas incontournable. On peut faire des majorités sans la N-VA. Il ne faut pas que l'on s'enlise dans la crise", a également soutenu M. Magnette, quelques heures après une porte d'abord entrouverte par Elio Di Rupo et ensuite refermée par celui-ci.
En ce qui concerne les négociations en Wallonie, M. Magnette a répété que la porte des discussions était toujours ouverte au PTB dont il a souhaité le retour autour de la table.
Il n'a par ailleurs pas exclu non plus l'option d'un gouvernement minoritaire au sud du pays -à laquelle il manquerait trois sièges-, associant les socialistes et les écologistes, appuyé de l'extérieur (notamment?) par le cdH.
"Il y a plus de points de divergence que de convergence avec le MR", a-t-il affirmé par ailleurs. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES PORTES CLAQUENT 

La particratie belge se montre sous son plus mauvais visage, celui de la tergiversation et des exclusives. L'électeur lambda qui veut des résultats va se désintéresser de plus en plus au jeu politique qui ne débouche sur  rien.
Et puisque la démocratie ne résout rien, il se laissera tenter par autre chose: quelque chose entre Marine, Donald et Salvino.
Pas fameux tout ça. Sire "Donnez moi cent jours pour former un gouvernement" dit autrefois Dehaene. Il ne le dirait plus aujourd'hui!
L'idée du gouvernement provisoire soutenu par Di Rupo est bien la preuve qu'ils ne voient pas comment en sortir. 541 jours, c'est le record à battre.
MG 


DI RUPO ZET DEUR OP EEN KIER VOOR REGERING MET N-VA, MAAR SLAAT ZE METEEN WEER DICHT 

Laat N-VA institutionele eisen vallen, dan betreden we een nieuw universum, zei Elio Di Rupo deze ochtend op de RTBF. Toch wil hij niet met N-VA regeren.
De PS leek deze ochtend even niet langer de deur te sluiten voor federale gesprekken met de N-VA als deze kunnen leiden tot een verhoging van de koopkracht en een versterking van de sociale bescherming, aldus Elio Di Rupo donderdag op Matin Première (RTBF).
Worden er pogingen ondernomen om een federale regering te vormen 'zonder dat er institutionele kwesties moeten behandeld worden, dan betreden we een heel nieuw universum', zei hij.
'Ik neem akte van de politieke realiteit sinds de verkiezingen. Ik stel geen exclusieven', zei Di Rupo donderdag op de radio.
Maar even later zette Di Rupo de puntjes op de i in een tweet. De PS
wil niet regeren met N-VA. 

QUE CE SOIT CLAIR : LE PS NE SOUHAITE PAS GOUVERNER AVEC LA N-VA.

Tijdens de verkiezingscampagne sloot zowel de PS als de N-VA uit dat de twee partijen met elkaar zouden gaan regeren. Na 26 mei bleven de twee elk de grootste formatie in hun landsgedeelte: de N-VA in Vlaanderen, de PS in Franstalig België.
OOK PVDA SLAAT MET DEUREN
De PS-voorzitter werd ook op Bel-RTL geïnterviewd, waar hem gevraagd werd naar de gesprekken over de vorming van een Waalse regering. Daar gaan die verder zonder de PVDA, die deze week de deur dichtsloeg. Toch blijft die deur volgens Di Rupo open staan. Hij was scherp voor de 'Hedebouw show' van Kamerlid Raoul Hedebouw, die ervoor gezorgd heeft dat het 'Politburo' van de PVDA, met voorzitter Peter Mertens, een beslissing genomen heeft die de kiezers van de partij, en misschien zelfs ook haar nieuwe verkozenen, niet wilden.
'JE KRIJGT DE INDRUK DAT JE TERUG IN DE TIJD VAN STALIN BENT AANBELAND', HEKELDE DI RUPO.
Welke partijen zouden kunnen toetreden tot de nieuwe Waalse regering, zei hij niet. Di Rupo wees wel op de sterke convergenties tussen de twintig voorstellen die Ecolo tijdens de gesprekken op tafel heeft gelegd en het partijprogramma van de PS. Maar die twee partijen beschikken samen niet over een meerderheid in het Waals Parlement en zouden dus minstens één extra partij aan boord moeten hijsen om een regering te vormen. Na het njet van zowel het CDH en de PVDA blijft enkel de MR over.
Tenzij PS en Ecolo een minderheidsregering vormen en daarvoor de nodige steun zouden zoeken in het parlement. Di Rupo wil naar eigen zeggen voor geen enkele democratische partij de deur dichtslaan. Hij herhaalde dat hij hoe dan ook een 'zo progressief mogelijk' regeerprogramma wil uitvoeren, maar dat er bij 'linkse mensen' een 'zeer grote rancune ten aanzien van de MR' bestaat. De reden? Onder het bestuur van de liberalen is het sociaal evenwicht in de samenleving verstoord geraakt, aldus Di Rupo.
Zijn partij is ook in Brussel aan zet. Daar lijkt de PS met Ecolo en DéFI in zee te zullen gaan en de komende uren kunnen de gesprekken een versnelling hoger schakelen. 'De Brusselaars kunnen zeker vooruitgang boeken', aldus de PS-voorzitter, die eraan herinnerde dat elke entiteit in België over de autonomie beschikt om een regering te vormen.