vendredi 28 juin 2019

Carola Rackete, la capitaine du Sea-Watch qui défie Matteo Salvini


Par   Alexandre LOC'H  Figaro

Après deux semaines bloqué dans le canal de Sicile, le Sea-Watch 3 a débarqué sur les côtes italiennes.
Mercredi 26 juin, le Sea-Watch 3 décide de forcer le blocus des autorités maritimes. À son bord, 42 migrants secourus dans les eaux internationales deux semaines auparavant, et la nouvelle ennemie du gouvernement italien, Carola Rackete. Le navire n’a pas hésité à faire route vers Lapedusa, en désobéissant aux consignes d’une vedette de la guardia di finanzia (police douanière et financière) lui signifiant d’arrêter sa course. Elle a justifié son acte par l’état de santé des migrants reccueillis tout en souligant que «leurs vies sont plus importantes que les jeux politiques».
UNE FEMME ENGAGÉE
Depuis 2016, la commandante de 31 ans parcourt les mers avec l’ONG. À l’époque, ses différentes missions étaient appréciées par les navires militaires italiens et européens considérant le navire comme un soutien. Désormais, les politiques migratoires se sont durcies, notamment en Italie où Matteo Salvini en a fait son premier argument de campagne.
La commandante n’a pourtant pas toujours été engagée dans des missions humanitaires. Née à Kiel, au bord de la Baltique dans le nord de l’Allemagne, celle dont les longues dreadlocks ne passent pas inaperçues a d’abord été largement engagée dans la cause environnementale. Elle a principalement navigué pour la recherche polaire en Arctique et en Antarctique, après des études en sciences nautiques et en protection de l’environnement en Allemagne puis en Angleterre. «J’ai toujours vraiment aimé les zones polaires, parce qu’elles sont très belles et inspirantes. Mais travailler là est parfois triste parce qu’on y voit directement ce que les humains font à la planète», raconte-t-elle dans une vidéo tournée par l’ONG.
POSSIBLE PEINE DE PRISON
Son engagement humanitaire prend désormais une tournure politique qu’elle assume pleinement: «Nous les Européens avons permis à nos gouvernements de construire un mur en mer. Il y a une société civile qui se bat contre cela et j’en fais partie», affirme-t-elle.

Un combat qui pourrait lui coûter cher. Outre une amende de 50 000 euros et la saisie du bateau, c’est surtout de quelques années de prison qu’elle pourrait écoper si elle est reconnue coupable d’avoir favorisé l’immigration clandestine (passible de cinq à quinze ans de prison) et d’avoir résisté à un navire de guerre (dix années de prison). Des conséquences qui ne lui font pas peur: «Je suis prête à aller en prison pour cela et à me défendre devant les tribunaux s’il le faut parce que ce que nous faisons est juste».
Un point de vue évidemment pas partagé par Matteo Salvini qui s’est emporté sur les réseaux sociaux: «Ceux qui se foutent des règles doivent en répondre, je le dis aussi à cette emmerdeuse de capitaine du Sea-Watch qui fait de la politique sur la peau des immigrés, payée par on ne sait qui». En retour, de nombreux internautes saluent le courage de Carola Rackete et n’hésitent pas à l’appeler «Ô capitaine, mon capitaine». Capitaine, le surnom d’un certain… Matteo Salvini.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CAPITAINE COURAGEUSE 


Bigre, que cette femme a du cran! Elle se bat pour ses idées et n'hésite pas à se mettre en porte à faux avec la légalité. Bel exemple de désobéissance civile au service de l'éthique humanitaire.

If our captain Carola follows the law of the sea, that asks her to bring the rescued people on the #SeaWatch3 to a safe port, she might face heavy sentences in Italy.
Help Caro to defend human rights, share this post & donate for her legal defense.

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