dimanche 23 juin 2019

Christine Defraigne appelle à refonder le MR sur le libéralisme progressiste

Le Vif

Le Mouvement réformateur doit saisir les cinq années qui viennent pour refonder son projet sur les bases du libéralisme progressiste, affirme samedi l'ex-présidente du Sénat, Christine Defraigne, dans le journal 'La Libre Belgique'.
Christine Defraigne, présidente du Sénat (MR) © belga
"Il faut réaffirmer le libéralisme progressiste du MR. Nous sommes une frange de militants, de mandataires qui se parlent. Nous avons même peut-être atteint aujourd'hui une taille critique au MR", soutient l'échevine liégeoise. Mme Defraigne constate que les partis traditionnels ont été "grandement secoués" par les élections. Elle qui gouverne à Liège en alliance avec le PS voit en outre son parti tenu par le PS à l'écart des négociations gouvernementales en Wallonie, à Bruxelles et à la Fédération. "Qui sommes-nous? Quelles sont les aventures dans lesquelles nous ne voulons plus être embarqués", questionne-t-elle en allusion à la coalition "suédoise", dont elle avait combattu le projet de visites domiciliaires jugé attentatoire aux droits fondamentaux.
Mme Defraigne cite l'évolution sociologique dans les grandes villes, l'avenir des bassins industriels ou encore l'intelligence artificielle comme autant de préoccupations insuffisamment présentes au MR. La libérale souligne aussi la nécessité d'un encadrement de la liberté économique, l'importance de la répartition des richesses et les préoccupations environnementales. "Réaffirmer tout cela via un manifeste ou une charte des valeurs libérales est essentiel. Le futur président ou la future présidente du MR devra mener une refondation du parti", exhorte Mme Defraigne. La présidence du parti est actuellement aux mains du Premier ministre démissionnaire Charles Michel, qui l'avait reprise en février dernier à Olivier Chastel avec pour mission de l'assumer jusqu'à l'issue du processus électoral et des négociations gouvernementales. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FRONDE LIBERALE

Christine Defraigne défend la sensibilité sociale du MR, celle incarnée autrefois par Louis Michel, père de Charles le Renégat, qui renia l'héritage paternel pour se rapprocher des ultra conservateurs de la NVA. Il s'en suivit une crise identitaire au sein du mouvement, de toute évidence à Liège où la franche Christine rue dans les brancards mais aussi à Bruxelles où gronde la fronde autour de Georges Verzin.  Le sigle MR à fait perdre les élections communales  au  bouillant challenger schaerbeekois quand son programme "coup de pied de l'âne" annonçait un vrai printemps libéral en symbiose avec la société civile, une sorte de coquelicot bleu avant la lettre. A l'évidence le sigle MR a donné de l'urticaire aux bobos comme aux Schaebeekois issus de l'immigration. Dommage mais il y a fort à parier que les ruades de la belle Liégeoise  et du vaillant schaerbeekois vont lui rallier le soutien des nombreux libéraux déçus par l'absence de vision de Didier Reynders, chef de groupe du MR de Bruxelles, plus préoccupé de polir son blason personnel en vue de la présidence du conseil de l'Europe que de promouvoir le libéralisme social dans la capitale.  "Le futur président ou la future présidente du MR devra mener une refondation du parti", exhorte Mme Defraigne."
Est-ce à dire qu'elle est candidate à la présidence pour succéder à Charles Michel? C'est tout le bien qu'on lui souhaite.
Il se pourrait que notre premier ministre devienne commissaire européen ou carrément président de la commission européenne comme le voudrait son ami Emmanuel Macron. Qu'il aille vivement à l'Europe et permette à son parti esquinté par le dernier scrutin de se régénérer. Et pourquoi pas envisager former un courant nouveau qui engloberait les libéraux progressistes, le CDh et quelques écolos, voire même des sociaux-démocrates mal à l'aise au boulevard de l'Empereur. Vaste projet plus excitant que la dissidence droitière d'Alain Destexhe qui a fait pschittt.
Qui vivra verra.
MG

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