dimanche 2 juin 2019

Elections 2019: Theo Francken (N-VA) veut voir ce que le Vlaams Belang a à proposer

Le Soir

L’ancien secrétaire d’Etat fédéral veut ainsi voir dans quelle mesure le programme du parti d’extrême droite correspond « à notre programme et notre idéologie ».
Theo Francken (N-VA) veut discuter avec le Vlaams Belang de ses propositions, confie-t-il samedi dans une interview au Nieuwsblad. « Disons au Vlaams Belang : voici le ballon, lancez-vous vers le but au lieu de simplement crier depuis la tribune », illustre-t-il. L’ancien secrétaire d’Etat fédéral veut ainsi voir dans quelle mesure le programme du parti d’extrême droite correspond « à notre programme et notre idéologie ».
« Le plus stupide que nous puissions faire maintenant est d’exclure immédiatement le Vlaams Belang. Le Roi a finalement aussi compris ce message », analyse Theo Francken. « Ecoutons d’abord très attentivement leurs propositions et vérifions-les d’un point de vue juridique. Un arrêt de la migration, une sortie de la zone Schengen… Tout ça, c’est pour faire du bruit mais, maintenant, ils doivent devenir plus concrets », estime le nationaliste flamand.
S’il y a suffisamment de similitudes, le processus pourra passer à l’étape suivante. « Si ce n’est pas le cas, il vaut alors mieux ne pas gouverner ensemble », reconnaît-il.
L’ancien secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration défend à nouveau la voie du confédéralisme. Pour lui, il n’est pas question d’une scission du pays mais d’« une plus grande autonomie des Etats fédérés ». « Vous ne pouvez adopter une approche socio-économique que si vous bénéficiez d’une plus grande autonomie fiscale. »
Theo Francken ne se risque pas à des prédictions sur les formations gouvernementales. « Il faut surtout travailler dur car les défis sont grands. Je ne veux pas me fixer un timing mais le 11 juillet est toujours le plus beau jour pour avoir un nouveau gouvernement flamand. ». Le 11 juillet étant la fête de la Communauté Flamande.
Le nationaliste ne sait pas encore s’il se verrait bien attribuer un rôle dans une nouvelle coalition au nord du pays, par exemple comme ministre de l’Enseignement. « J’aurai une conversation avec mon président (de parti) », dit-il. La compétence de l’Asile et la Migration reste toutefois sa préférence « mais tout est très difficile au niveau fédéral ».
Il semble en tous les cas que Theo Francken et Jan Jambon mèneront les négociations gouvernementales au fédéral pour leur formation politique, même si les équipes n’ont pas encore été officiellement formées. Le parti n’aurait d’ailleurs pas encore convenu d’un rendez-vous concret avec les informateurs Vande Lanotte et Reynders. « En fonction de l’agenda, nous verrons comment nous composerons les équipes », glisse-t-on dans les coulisses de la N-VA.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TEMPS DES DUETTISTES

Après le duo Reynders-Vande Lanotte, les duettistes  Khattabi-Nollet voici le binôme Fracken-Jambon. Qui des deux est le Don Quichotte qui le Sancho, qui Ulenspiegel, qui Lamme Goedzak, qui Tintin qui Hadock, qui Stan Laurel, qui Olivier Hardy?
Tout est-il bon dans le Jambon? L'homme est solide et pragmatique, il a la stature d'un premier ministre mais il ne le deviendra sans doute jamais. Francken c'est tout autre chose. Sa dégaine et sa parole drue me font penser à une version soft de Mussolini. Il est clair que ce gros poisson ("vette vis")  nage volontiers dans les eaux troubles du Belang. Ce licencié en sciences pédagogiques de la Katholieke Universiteit Leuven  "se verrait bien attribuer un rôle dans une nouvelle coalition au nord du pays, le cas échéant en coalition avec le Belang , par exemple comme ministre de l’Enseignement." Marion Le Pen Maréchal caresse un rêve semblable et Steve Bannon essaye d'ouvrir une académie d'enseignement de la vulgate populiste dans une chartreuse italienne pour y former les cadres de l'Europe nationale-populiste de demain.
Cet intérêt singulier et insistant des nationaux -populistes pour l'enseignement est tout à fait intéressant. Ils sont à l'évidence soucieux de former la jeunesse européenne de demain.
Francken est la face sombre de la NVA, celle qui penche le plus hardiment et le plus volontiers vers le Belang, tandis que Jambon se veut plus rond, plus rassurant. On parle de Francken, pas de Jambon comme successeur possible de DeWever à la tête de la NVA si De Wever devait coiffer la couronne de Ministre Président des Flandres.
Nous allons vivre des semaines dangereuses mais passionnantes.
Il va falloir suivre de près les initiatives qui vont se prendre au niveau régional. Le gouvernement en région germanique est d'ores et déjà formé. Mais quid de la Région Bruxelles Capitale, de la Région wallonne et surtout de la Vlaamse Gemeenschap?
On est dans le flou et dans le mou. Il faut pratiquement être  observateur à temps plein pour comprendre quelque chose. Qu'on ne s'étonne donc pas que le citoyen se désintéresse de ce spectacle.
Pour la première fois dans l'histoire de la Belgique, les familles traditionnelles chrétiennes-démocrates, socialistes et libérales ne sont plus majoritaires. Les vieilles certitudes s'évaporent à une vitesse qui sidère un observateur aussi avisé que Luc Huyse. "J'ai peur d'un scénario Brexit. ‘We hebben de boel altijd kunnen lijmen. Misschien lukt het nu niet meer’
Oui, il est en effet fort possible que cette fois on aille droit vers la séparation:  Nous avons toujours été capables de recoller les morceaux ensemble. Il est possible  que ça ne marchera pas cette fois ci. C'est aussi ce que je crains.
MG






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