mardi 18 juin 2019

Huit milliards d’euros: la dette de la Communauté française explose

Le Soir

De 3 milliards en 1999 à près de 12 milliards dans cinq ans : les chiffres montrent une situation délicate.
Trois milliards en 1999. Huit milliards aujourd’hui. Près de douze milliards dans cinq ans… Ces chiffres qui donnent le tournis détaillent les fluctuations passées et l’évolution (très) probable de la dette de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est le Cerpe – le Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l’UNamur – qui, dans une publication récente (1), met au jour les perspectives budgétaires de la Communauté française.
Pour assurer un avenir budgétaire serein, il est logique que la croissance des dépenses doit suivre celle des recettes. Premier constat : les perspectives mettent en évidence une hausse des recettes de 886 millions d’ici à 2024. Quant aux dépenses, elles devraient évoluer largement au-dessus des recettes, à 1.459 millions d’euros. La faute au Pacte d’excellence et la réforme de la formation initiale des enseignants.

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HALLUCINNANT 

"Les perspectives mettent en évidence une hausse des recettes de 886 millions d’ici à 2024. Quant aux dépenses, elles devraient évoluer largement au-dessus des recettes, à 1.459 millions d’euros. La faute au Pacte d’excellence et la réforme de la formation initiale des enseignants." Ah bon? Alors pourquoi la faire cette réforme bancale portée par un CDH qui a pratiquement cessé d'exister et qui, en aucun cas, ne se retrouvera dans les exécutifs? Sage décision, au demeurant.
La Communauté française, c'est le budget de l'enseignement et de la culture cumulés. La culture c'est en gros la RTBF. La RTBF est dirigée par Philippot qui prétend avoir réussi à rétablir l'équilibre dans ce qui était un gouffre financier. Philippot est socialiste mais diplômé de l'Institut Solvay. Nobody is perfect. Il a fourni un travail de titan.
André Flahaut, ministre sortant du Budget de la Communauté française, se veut toutefois rassurant dans Le Soir: "Nous avons fait analyser récemment l'état de notre dette. Très honnêtement, les conclusions sont favorables, rassurantes. La situation est sous contrôle. Nous pensons qu'elle va s'améliorer d'année en année".
Guy Mathot, biologiste de formation pensait, lui aussi, que le déficit se résorberait comme il était apparu c'est à dire par enchantement...
Au vrai ceci n'a absolument rien de rassurant et constitue , bien au contraire, un sujet d'inquiétude effrayant. Wallobrux fonce à tombeau ouvert vers le désastre financier. En découvrant ces chiffres, on comprend mieux pourquoi les Flamands exigent le confédéralisme c'est à dire une stricte indépendance fiscale quand les Francophones ne rêvent que de dépendance via les transferts flamands pudiquement baptisés "solidarités" par leurs excellences progressistes.
Que faire? Regrouper tous les réseaux scolaires  en un réseau unique comme en Finlande?   Notre enseignement francophone n'est pas sous-financé, au contraire c'est l'un des mieux financés d'Europe mais il se révèle inégalitaire et inefficace. La précédente législature était déterminée  à le réformer en profondeur. Ainsi naquit le pacte d'excellence qui n'est ni un pacte pour mettre fin à la concurrence des réseaux, ni surtout une garantie d'excellence. Le pacte est un foutoir et un gouffre à milliards.
On espère que c'est à cela que va s'attaquer la prochaine législature mais franchement, j'ai des doutes...
Di Rupo a parfaitement compris qu'une coalition PTB/ECOLO/PS conduirait les Wallons à la ruine budgétaire. Il lui reste à négocier une tripartite PS/Ecolo/MR. Mais écolo freine des quatre fers. Evidemement. Imaginons un instant Nollet à la tête de notre enseignement...
Alors pourquoi pas le rattachisme à la France?
Ne rêvons pas. La France est elle-même très endettée et l'exemple de l'annexion des Länder de RDA-un gouffre à milliards- doit l'inciter à la plus grande prudence.
On comprend que Di Rupo aie voulu  éloigner le PTB du pouvoir et qu'il essayera, au contraire, de mouiller les libéraux qui piaffent d'impatience afin de tempérer les enthousiasmes des écolos. On parle ici uniquement du déficit de la Communauté française et non pas de la Région wallonne. La situation est grave. Elle n'est toutefois pas désespérée. Il se pourrait pourtant qu'elle le  devienne. Il y aura toujours un André Flahaut pour dire que ce n'est pas si grave...
MG 


DE 3 À 8 MILLIARDS EN 20 ANS: LA DETTE DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE EST EN TRAIN D'EXPLOSER
Le Vif
La dette de la Communauté française explose, passant de 3 milliards en 1999 à 8 milliards en 2019, et devrait atteindre près de 12 milliards dans cinq ans, selon les chiffres du Centre de recherches en économie régionale et politique économique de l'UNamur publiés dans Le Soir mardi.
La Communauté française investit beaucoup dans l'éducation, mais creuse de plus en plus son déficit et explose sa dette, si bien que l'UNamur tire le signal d'alarme.
Le déficit prévu de 192 millions d'euros en 2019, explosera à 614 millions en 2020, 674 en 2021, 728 en 2022, 780 en 2023 et 855 en 2024, est-il évalué.
"A décision inchangée et sur la base des paramètres actuels, nos perspectives mettent en évidence une importante détérioration du solde de financement "solde de financement SEC"(NDLR: le déficit) et une explosion de la dette de la Communauté française qui ne cesse d'ailleurs d'augmenter en part du PIB. La situation est d'autant plus délicate que la Communauté française, n'ayant pas de capacité fiscale, a très peu de pouvoir sur l'évolution de ses recettes", estime la chercheuse Élodie Lecuivre.
André Flahaut, ministre sortant du Budget de la Communauté française, se veut toutefois rassurant dans Le Soir: "Nous avons fait analyser récemment l'état de notre dette. Très honnêtement, les conclusions sont favorables, rassurantes. La situation est sous contrôle. Nous pensons qu'elle va s'améliorer d'année en année".


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