jeudi 13 juin 2019

La fin de la civilisation humaine en 2050? Les 10 prochaines années sont cruciales


Le Soir 

Selon des scientifiques australiens, il pourrait nous rester que très peu d’années à vivre. Le Giec relativise.
La conclusion d’un rapport écrit par des scientifiques australiens, du «  Breakthrough National Centre for Climate Restoration », est angoissante.
En effet, selon ces chercheurs, il pourrait nous rester finalement que très peu d’années à vivre. Trente ans au plus. Les chercheurs ont fait des estimations en fonction du non-respect des recommandations faites durant les Accords de Paris. Les températures devraient continuer d’augmenter et atteindre minimum 3 degrés supplémentaires. Ce qui provoquerait, à court et moyen terme, une destruction des écosystèmes de l’Arctique et de l’Amazonie. Ce dérèglement climatique entraînera alors beaucoup de sécheresse, de la famine et un sérieux trouble de l’ordre international. Plus de la moitié de la population mondiale serait soumise à vingt jours par an de « chaleur létale ».
BIODIVERSITÉ: DERNIER RAPPEL AVANT LIQUIDATION?
« La planète et l’humanité auront atteint un point de non-retour à la moitié du siècle (…) sans une action radicale immédiate, nos perspectives sont faibles », affirment Ian Dunlop, l’ancien président de l’Australian Coal Association et ancien dirigeant de l’industrie du pétrole, du gaz et du charbon et David Spratt, directeur de Breakthrough National Centre, dans un rapport de dix pages qui fait office d’alerte.
LES 10 PROCHAINES ANNÉES SONT CRUCIALES
Les scientifiques du Giec, eux, relativisent la fin de l’espèce humaine mais s’accordent en revanche pour dire que les dix prochaines années sont cruciales.
Le mathématicien et ancien ministre de l’Environnement français rejoint l’avis des chercheurs australiens : « Il y a une hypothèse selon laquelle l’humanité n’existera plus en tant qu’espèce en 2050 », expliquait-il au Parisien. « Selon les instituts de recherche, jusqu’à 24 paramètres peuvent entrer en jeu, comme la qualité et la quantité de l’eau potable, les cycles du phosphore et de l’azote, les émissions de méthane dues à la fonte du pergélisol (NDLR : des terres normalement gelées toute l’année)… Il pourrait y avoir, autour de 2026-2028, une hausse brutale de la température de 1 ºC en seulement deux ans, alors qu’elle a augmenté de 1,2 ºC depuis 1750 et la révolution industrielle.  » 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"TOUS LES MAUX DÉCOULENT DU FAIT QUE NOUS SOMMES TROP NOMBREUX SUR LA TERRE." (CHRISTIAN DE DUVE) 

Ceci est l'avertissement le plus cinglant qu'il m'ait été donné de lire.
Comment y réagir, sinon en mobilisant toutes les ressources de notre esprit critique?
Que faire concrètement pour éviter ce suicide? Nous sommes tous concernés sans exception aucune.
L'appel solennel de Christian de Duve dans son ultime livre. "Génétique du péché originel, le poids du passé sur l'avenir de la vie" (2009) doit nous inciter à réagir.
Il y explique l'origine de la vie sur terre, son évolution et l'arrivée de l'homme. Fruit du hasard, chance incroyable, peut-être "conjonction unique entre un accident génétique improbable et des conditions environnementales qui se sont trouvées par hasard", la vie s'est développée lentement et puis de manière explosive, avec, comme moteur, la sélection naturelle, ce mécanisme génial trouvé par Charles Darwin il y a 150 ans. C'est au nom de la sélection naturelle que les espèces les plus appropriées à leur milieu ont pris le pas sur les autres. La suite de cette réflexion est inspirée par un très bel article de Guy Duplat dans la livre que je soumets à votre réflexion et surtout à votre méditation. Lisez le, relisez le, mémorisez le et diffusez le autour de vous.  "Génétique du péché originel" recèle des vérités irréfutables et indépassables révélées par un des plus  prodigieux donneurs d'alarme de notre temps. Nous serions , selon lui, "victimes d'une bizarrerie génétique qui nous a donné suffisamment d'intelligence et d'adresse pour conquérir le monde, mais pas assez de sagesse pour gérer le fruit de nos victoires".
MG 


"LA SÉLECTION NATURELLE FUT À L'ORIGINE DU SUCCÈS DE L'HOMME"
"FINALEMENT, LE SCÉNARIO LE PLUS EFFICACE EST DE CONTRER SÉRIEUSEMENT ET FORTEMENT L'EXPANSION DE LA POPULATION. "
"POUR INVERSER LES CHOSES, JE COMPTE D'ABORD SUR LES FEMMES" (Christian de Duve prix Nobel de Médecine)
(...) Et dans ce jeu, l'homme, avec son cerveau en croissance exponentielle, limité seulement par les capacités crâniennes et la taille du bassin des femmes (limitant le volume crânien des bébés) s'est imposé, colonisant la terre et mettant en coupes réglées ses ressources, jusqu'à mettre en péril la poursuite de l'homme même.
Pour le prix Nobel, la sélection naturelle fut à l'origine du succès de l'homme (De Duve réfute énergiquement les thèses créationnistes ou du "dessein intelligent", estimant qu'il s'agit d'une dangereuse défaite de l'esprit scientifique). Mais pour lui, la sélection naturelle est le "péché originel" car c'est ce mécanisme qui a amené à tous les dérapages.
"La sélection naturelle, ce moteur éminemment puissant de l'évolution, a privilégié dans nos gènes, des traits qui étaient immédiatement favorables à la survie et à la prolifération de nos ancêtres, dans les conditions qui existaient en leur temps et lieu, sans égard pour les conséquences ultérieures. C'est là une propriété intrinsèque de la sélection naturelle. Elle ne voit que l'immédiat. Elle ne prévoit pas l'avenir." Ces traits, poursuit l'auteur, sont l'inventivité, la dextérité, le pouvoir de communiquer, mais aussi l'égoïsme, la cupidité, la ruse, l'agressivité. "La crise financière mondiale illustre dramatiquement la persistance de tels traits." Le prix du "succès" de l'homme est très lourd : prolifération des hommes "au-delà de toute mesure", exploitation à leur profit des richesses de la terre, etc. Et ce qui a fait le succès de l'homme peut faire bientôt sa perte car le système explosera de lui-même. Mais Christian de Duve, bien que très sombre dans sa vision du futur, précise que l'homme, s'il le veut vraiment, peut encore réagir.
Le scientifique donne sept scénarios, dont plusieurs peuvent se cumuler. Le pire, le premier, est "ne rien faire". Il signifierait l'extinction probable de l'humanité "par la poursuite effrénée du bénéfice immédiat". Nous serions "victimes d'une bizarrerie génétique qui nous a donné suffisamment d'intelligence et d'adresse pour conquérir le monde, mais pas assez de sagesse pour gérer le fruit de nos victoires".
Le prix Nobel aborde l'espoir frankensteinien de modifier nos propres gènes par clonages pour y supprimer ces traits mortifères. Mais le danger d'une telle méthode et sa lenteur ne sont pas des solutions. Par contre, il insiste sur la protection de l'environnement qui doit être, bien davantage encore, prise en compte et pour laquelle, dit-il, on ne peut exclure le nucléaire et les OGM sous certaines conditions. Mais l'essentiel pour lui est à faire au niveau de l'esprit humain, le cerveau n'étant pas uniquement génétique mais essentiellement câblé pendant l'enfance (et ensuite) par l'éducation. Pour inverser les choses, il compte d'abord sur les femmes qui sont moins affectées que les hommes par les tares de la sélection naturelle. Il propose aussi d'utiliser la force de frappe des grandes religions qui possèdent des capacités pour diffuser largement un message de sauvegarde de l'humanité. Mais il faudrait d'abord que celles-ci changent, aient un vrai dialogue avec les sciences, acceptent les faits scientifiques, donnent leur vraie place aux femmes. Il n'est cependant pas optimiste : "L'Église catholique par exemple, que je connais mieux, reste dominée par une hiérarchie cléricale rigide, souvent plus préoccupée par des points subtils de dogme ou des détails secondaires de comportement sexuel que par les véritables problèmes de l'humanité, plus attentive à la foi qu'aux faits".
Finalement, le scénario le plus efficace pour le scientifique de l'UCL est de contrer sérieusement et fortement l'expansion de la population. "Tous les maux découlent du fait que nous sommes trop nombreux sur la terre." Malthus avait raison. Il propose de limiter les allocations familiales au seul premier enfant et de taxer les enfants à partir du troisième, d'encourager la contraception et l'avortement précoce, etc. Soit le contraire de l'attitude, par exemple, de Benoît XVI : "on aurait aimé voir le chef spirituel de plus d'un milliard d'êtres humains prendre l'initiative dans une circonstance aussi critique pour déclarer moralement justifié, sinon recommandable et même obligatoire de s'opposer à l'augmentation de la population par tous les moyens raisonnables compatibles avec la santé et la dignité humaines".
Ne rien faire serait s'abandonner aux conséquences désastreuses de la sélection naturelle et vivre une adaptation catastrophique de la population humaine par des désastres, des guerres, voire un Holocauste nucléaire.
Génétique du péché originel, le poids du passé sur l'avenir de la vie Christian de DuveOdile Jacob 273 pp., env.: 24 €
© La Libre Belgique 2009
Guy Duplat (La Libre Belgique 2009)

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