samedi 8 juin 2019

Le Front populaire comme réponse à la haine

Le Vif
Carte blanche

Les élections du 26 mai 2019 ont frappé d'effroi les électeur-trice-s de gauche. Deux partis ayant fait de la haine leur fonds de commerce ont chacun récolté 27,8 et 20,4% des voix en Flandre. Ces résultats sont le fruit de cinq années de banalisation de la haine par le gouvernement de Charles Michel, ainsi que des dizaines d'années de stigmatisation de la Wallonie par les partis traditionnels de Flandre.
En tant que militant-e-s socialistes, nous souhaitons poursuivre la ligne politique qui s'est révélée la plus efficace face à l'extrême-droite : la solidarité, la démocratie et l'émancipation pour tou-te-s.
Notre région fait figure d'exception dans le paysage européen rongé par la montée de cette peste brune. Alors que l'extrême-droite progresse partout, celle-ci n'a guère dépassé les 4% en Wallonie. Ce résultat ne peut uniquement s'expliquer par la formule selon laquelle nous avons l'extrême-droite la plus bête du monde. Cette inexistence de l'extrême-droite en Wallonie est notamment le fruit d'une politique de proximité associative, syndicale et politique. Qu'il s'agisse du travail de terrain socialiste, écologiste, communiste, ou encore humaniste.
Cette figure d'exception de la Wallonie ne reste néanmoins pas garantie. Les votes blancs et nuls représentaient le 26 mai dernier 8,36% de suffrages exprimés, pire, 13,36% des inscrit-e-s ne se sont pas déplacé-e-s. Actuellement, environ 20% des wallon-ne-s ne se sentent représenté-e-s par aucun parti. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2014 et témoignent de la fragilité de la démocratie dans notre région.
Le combat que nous devons mener face à la haine ne pourra pas se réaliser sans une rupture avec ces dernières années de gouvernance. Ces dernières années n'ont pas seulement connu une restriction de l'accès aux services publics et de la sécurité sociale, mais leur sabotage pur et simple.
La généralisation de ce qu'on appelle l'État social actif a développé une culture de la défiance au sein même des institutions chargées d'aider les personnes dans le besoin. Le travail des assistant-e-s sociaux-ales s'est peu à peu orienté d'un rôle de soutien à un rôle de contrôle et de culpabilisation. Les réformes initiées au sein du travail social sont devenues telles que les travailleur-euses souhaitant exercer leur travail, avec éthique professionnelle, doivent désormais exercer de manière déviante en scindant le travail prescrit et le travail réel.
On ne peut espérer que l'ensemble de la population exprime un discours de tolérance et de compassion, valeurs fondamentales de la démocratie, si les pouvoirs publics entretiennent une culture de la défiance et de la culpabilisation à l'égard des personnes dans le besoin. Lutter contre l'extrême-droite et la haine ne peut qu'échouer si elle se limite à quelques discours d'après scrutin. En tant que jeunes socialistes, nous combattons la haine par la pratique de l'empathie, de la solidarité et le développement de l'émancipation de toutes et tous. Et c'est cette pratique que nous voulons voir exercer par l'ensemble des composantes de l'État.
Notre modèle n'est ni la défaite du Parti socialiste français de 2002 ni la collaboration d'Henri de Man en 1940. Notre modèle, c'est le Front populaire de Léon Blum, ayant rassemblé communistes, socialistes et radicaux. Notre modèle, c'est le progrès social et la préservation environnementale. Nous ne voulons pas voir notre jeunesse salie par 5 nouvelles années de repli sur soi et de rejet. Nous souhaitons pouvoir contribuer à une politique qui met l'humain et son environnement au centre des préoccupations politiques.
Aujourd'hui, ce Front populaire est rendu possible grâce à la convergence du Parti socialiste aux côtés d'Ecolo et du PTB. Ne cédons pas aux exigences des fascistes qui rêvent de nous voir divisés ; concentrons-nous sur les lignes communes de la gauche.
Julien Scharpé, militant aux jeunes socialistes du Brabant-Wallon
Sania Decelle, militante aux jeunes socialistes du Brabant-Wallon
Robin Perpète, conseiller communal à Villers-la-Ville
Tiffany Fevery, conseillère communale de Genappe
Kabir Reda , conseiller CPAS à Genappe
Audrey Job, militante aux jeunes socialistes du Brabant-WallonMohamed Youssouf Ali, conseiller communal à Tubize
Yéléna Matuziak, militante aux jeunes socialistes du Brabant-Wallon
Kilian Bourgeois, militant aux jeunes socialistes du Brabant-Wallon
Alexandre Nicaise, militant aux jeunes socialistes du Brabant-Wallon
Julien Vertenueil, militant aux jeunes socialistes du Brabant-Wallon.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAIS CE SERAIT QUOI AU JUSTE LE, PIRE? 

"Environ 20% des wallon-ne-s ne se sentent représenté-e-s par aucun parti. Ces chiffres sont en hausse par rapport à 2014 et témoignent de la fragilité de la démocratie dans notre région."
Elio di Rupo est une homme d'expérience. Il a dirigé la Wallonie en qualité de ministre président et aussi le fédéral au poste de premier ministre et il est issu de l'immigration. Elio di Rupo a la main en Wallonie et à Bruxelles. Il est plus conscient que personne  qu'en Wallonie c'est le syndicat  FGTB qui volontiers joue le rôle de faiseur de roi. La FGTB  de plus en plus noyautée par le PTB, exige une coalition PS/Ecolo/PTB. Il sait que la NVA n'attend qu'une chose: qu'un front populaire se crée en Wallonie pour que De Wever fasse le forcing pour imposer un brexit dur, pardon un confédéralisme dur sous prétexte que la Belgique serait devenue ingouvernable. "Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant Le confédéralisme  ! Le confédéralisme! Le confédéralisme!... mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien".
Sachant cela et étant prudent de nature et point téméraire, on peut imaginer qu'il inclinerait non pas  pour la coalition du coeur rouge sang mais celle de la raison qui inclut le MR et rejette le PTB dans l'opposition.  Au niveau fédéral, le PTB est d'ores et déjà out et il semble bien qu'à Bruxelles les nouveaux alliés PS écolo qui ont dit niet au PTB hésitent dans leur choix du troisième partenaire: MR ou Défi. La tentation est grand d'opter pour Défi avec qui la coalition sortante a fait de l'excellent boulot et Clerfayt ferait un excellent ministre. Alors pourquoi choisir le MR et ses bras cassés? C'est sans doute le noeud de toute l'affaire. Si le MR entre dans la coalition il est sûr d'entrer dans la coalition wallonne. Et après? Mais c'est bien sûr: il suffit d'exiger du parti de Charles Michel qu'il renonce à s'unir au fédéral à la NVA mais participe à une coalition de tous contre la NVA.   Bigre mais que tout cela est compliqué! D'autant plus  qu'une telle coalition serait minoritaire en Flandre ce qui déjà fait hurler Bart de Wever.  Pourtant c'est le seul moyen d'éviter que l'on soit forcé de revoter au fédéral avec le risque de voir le Belang triompher en Flandre et avaler la NVA comme le boa constrictor avale la mangouste imprudente.
Mais attention, comme disait feu André Cools: en politique c'est toujours le pire qui se produit. Mais ce serait quoi au juste le, pire?
MG 


PS et le MR
Le Vif 

"Nous avons eu une rencontre très professionnelle et sereine au cours de laquelle nous avons pu échanger nos points de vue sur des sujets tels que l'emploi, la formation et l'avenir des jeunes", a déclaré le Premier ministre Charles Michel à l'issue du 2e round de consultation entre les libéraux et les socialistes, organisé ce vendredi au parlement wallon, en vue de la formation du prochain gouvernement régional.
"Thème par thème, nous avons pu préciser nos propositions et les défendre. Cet espace consacré aux projets, au programme, c'est la bonne méthode de travail", a-t-il poursuivi sans en dire davantage sur le contenu de discussions qui auront finalement duré deux bonnes heures.
"On voit les objectifs partagés et on débat sur le chemin à prendre pour y arriver. Il est actuellement prématuré de dire si ça peut fonctionner", a-t-il expliqué. On n'en saura pas plus, ni sur le fond des discussions, ni sur la coalition qui a la préférence des libéraux, violette avec le PS ou arc en ciel en y ajoutant les Ecolo.
"Les électeurs nous ont envoyé un message. Pour garder notre démocratie vivante, nous devons aujourd'hui leur apporter des réponses", a néanmoins souligné Charles Michel en estimant que l'heure est dès lors venue de "travailler dans un esprit de solution" pour que la Belgique soit gouvernée.
"Nous sommes venus avec beaucoup d'humilité, en étant contents que le MR soit une force politique importante en Wallonie", a enfin indiqué le Premier ministre.
"La question, ce vendredi, était de voir si on peut partager certains points de nos programmes, notamment en ce qui concerne l'emploi des jeunes, les investissements, la lutte contre la pauvreté et le climat", a de son côté résumé le président du PS, Elio Di Rupo.
"On discute encore avec tous les partis, à l'exception du cdH qui s'est retiré. Il n'y a, à ce stade, aucune prise de position" sur les coalitions possibles, a-t-il ajouté. Les socialistes, à la manoeuvre en Wallonie pour former le prochain gouvernement régional, évalueront la situation au terme de leurs rencontres avec Ecolo et le PTB, prévues mardi et mercredi prochains. "On verra alors si nous devons organiser un 3e tour de consultations ou si on peut avancer", a assuré M. Di Rupo.
Vendredi après-midi, les deux hommes forts du PS rencontreront des représentants de l'IWEPS, l'Institut Wallon de l'Evaluation, de la Prospective et de la Statistique. Une rencontre est ensuite prévue mardi avec Ecolo et mercredi avec le PTB.
Après la décision du cdH de siéger dans l'opposition, tant au fédéral que dans les entités fédérées, à la suite de ses mauvais résultats électoraux, seules 3 coalitions sont possibles en Wallonie: une bipartite violette PS-MR; un arc-en-ciel PS-MR-Ecolo qui a déjà présidé à la destinée de la Wallonie entre 1999 et 2004 et une inédite coalition de gauche PS-Ecolo-PTB.

" A poursuivre sur cette voie-là, les urnes même pas toutes retournées dans leurs caves, le verdict des prochaines élections, anticipées ou dans cinq ans, ne fait déjà pas un pli. Encore plus d'extrême droite d'un côté, encore plus d'extrême gauche de l'autre. Et ce sera évidemment la faute aux réseaux sociaux." Thierry Fiorilli 


REYNDERS, VANDE LANOTTE, SYMBOLES DE LA SURDITÉ DU SYSTÈME POLITIQUE BELGE

Thierry Fiorilli
Rédacteur en chef du Vif/L'Express
Bart De Wever l'a évoqué. Alain Destexhe et Mischaël Modrikamen l'ont fait. Le cdH a choisi l'opposition à tous les niveaux de pouvoir. Le 26 mai, trois écuries politiques ont gagné des élections. Le Vlaams Belang, Ecolo/Groen et le PTB/PVDA. Toutes les autres, défaites. Mais hors Destexhe (Listes du même nom) et Modrikamen (PP), et hors Olivier Maingain (DéFI), qui n'a pas attendu le scrutin pour faire savoir qu'il passerait la main, quel que soit le résultat, personne n'a démissionné
En 2019, en Belgique, en règle générale, quand on est président de parti, on reste même après la défaite. Même après un vote antisystème. Même après un appel massif au renouvellement des cadres, des pratiques et des priorités. Une exigence plutôt qu'un appel, à vrai dire.
De la même façon, en Belgique, en 2019, après ces signaux, très clairs, la première décision prise par le Palais, c'est de désigner deux informateurs. Deux hauts dignitaires de formations qui ont été sanctionnées trois jours plus tôt, l'un ayant fait partie de tous les gouvernements depuis vingt ans (et siégeant comme député fédéral depuis 1992), l'autre ayant été ministre en 1994 (et étant entré au Parlement il y a vingt-huit ans). On a entendu des observateurs politiques expliquer que c'était pour gagner du temps, que c'est parce que tant Didier Reynders - par ailleurs toujours ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes, de la Défense, chargé de Beliris et des Institutions culturelles fédérales d'un exécutif en affaires courantes) - que Johan Vande Lanotte sont respectés par tous les interlocuteurs indispensables (du Nord comme du Sud) des futures négociations. Un éminent confrère a quand même confessé qu'il était surpris : lui, il aurait plutôt désigné Herman Van Rompuy. secrétaire d'Etat déjà en 1988. Le Premier ministre était alors Wilfried Martens, pour la huitième fois. Le roi, c'était Baudouin.
Ce n'est pas qu'il faut considérer que, passé un certain âge, on a atteint une date de péremption, ou qu'il n'y a désormais rien de plus recommandable que la chair fraîche, partout et pour tout, mais en matière de " message bien reçu, cinq sur cinq, on vous a compris ", il y avait plus clair. Parce que, pour un peu, encore vivants, Jean-Luc Dehaene et Philippe Moureaux auraient pu être sollicités. Mais donc, il faut bien constater que les succès électoraux du Vlaams Belang, du PTB et d'Ecolo ont débouché sur l'envoi au front, en première ligne, de bons vieux sherpas. Issus de bonnes vieilles brigades. Spécialistes de bonnes vieilles méthodes. Emblèmes du bon vieux système que le scrutin, trois jours avant leur nomination, avait remis en cause avec émoi et fracas.
Les avertissements ont décidément du mal à être perçus, en haut lieu, chez nous. Pas une femme désignée pour débroussailler. Pas un jeune pour faire équipe avec un vétéran. Pas un symbole des enjeux climatiques pour épauler une figure des enjeux socio-économiques. Mais Reynders et Vande Lanotte. Avant de passer le relais pour former un gouvernement à De Wever ou Di Rupo. Qui ont déclaré depuis des mois leur objectif de diriger les niveaux fédéral et régional.
A poursuivre sur cette voie-là, les urnes même pas toutes retournées dans leurs caves, le verdict des prochaines élections, anticipées ou dans cinq ans, ne fait déjà pas un pli. Encore plus d'extrême droite d'un côté, encore plus d'extrême gauche de l'autre. Et ce sera évidemment la faute aux réseaux sociaux.









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