jeudi 18 juillet 2019

Bruxelles, drôle de phare dans la nuit belge


Le Vif

Olivier Mouton
Journaliste politique au Vif/L'Express 

Le gouvernement bruxellois voit le jour alors que l'on patine dans les autres Régions et que le flou reste total au fédéral. Un laboratoire de cohabitation. Qui oublie son rôle de capitale.

Dans les prochaines heures, la Région bruxelloise sera la deuxième entité du pays, après la Communauté germanophone, à composer officiellement son gouvernement, un bon mois et demi après les élections du 26 mai dernier. Socialistes, écologistes, DéFi et libéraux flamands composent un attelage asymétrique, au sein duquel les verts ont tout simplement pris la place occupée par les humanistes lors de la précédente législature. Leur projet renforce celui des cinq années écoulées, avec la volonté affirmée d'approfondir l'identité bruxelloise et de mettre la priorité sur les habitants face aux navetteurs. Cet idéal urbain et écologique veut continuer à panser les vieilles plaies d'une ville trop longtemps laissée entre les mains des promoteurs et de responsables qui ne l'aimaient pas.
Cette démonstration d'autonomie est évidemment légitime. Rudi Vervoort (PS) peut être fier de présider son gouvernement troisième du nom. Tous ses partenaires, Bernard Clerfayt (DéFi) en tête, s'accordent sur l'importance de défendre la spécificité bruxelloise dans cette Belgique de plus en plus complexe. La Région est un laboratoire de cohabitation entre communautés, qui montre la capacité à s'entendre au sein d'une Belgique trop souvent paralysée. Délaissée, devenue Région à part entière en 1989, près de dix ans après les autres, Bruxelles est devenue une entité politiquement mâture et montre désormais l'exemple aux autres entités fédérées. Chapeau bas. Pendant ce temps, ailleurs, on patine. En Flandre, la N-VA prend trop de temps à mettre fin à la parenthèse - très contestable, bien que rendue incontournable par les résultats électoraux - des discussions avec le Vlaams Belang. En Wallonie, socialistes et écologistes entament à reculons leur pré-dialogue avec le MR. Au fédéral, rien de neuf sous le soleil : les informateurs Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) occupent le terrain jusqu'au 29 juillet en attendant l'improbable moment où N-VA et PS se mettront à table. A Bruxelles, au moins, on se prépare à gouverner - c'est ce que l'on attend des politiques !
Il y a finalement quelque chose d'éminemment symbolique à ce que les deux niveaux de pouvoir les plus menacés par une éventuelle évolution confédérale façon N-VA, au sein de laquelle germanophones et Bruxellois seraient marginalisés, soient les deux premiers à disposer d'un nouvel exécutif. Ces deux petits Poucets confirment que l'évolution institutionnelle du pays devra tenir compte de ce fait majeur : ces deux entités sont celles qui ont le plus progressé, dans l'adversité, sur la nécessité de mettre en place un projet fort et autonome. En Flandre, on perd du terrain. En Wallonie, on ne cesse de tergiverser alors que les urgences sont pourtant gigantesques. A contrario, Bruxelles semble revivre.
Champagne dans la capitale, donc. La Région est devenue un phare dans la nuit belge. Mais un drôle de phare, tout de même, révélateur du malaise belge. Et tend à négliger son rôle de capitale.
Laurette Onkelinx (PS), négociatrice en chef du PS dans la capitale, a certes raison de rappeler que la Région est autonome et qu'elle ne doit pas subir les diktats venus de l'extérieur. Mais cette ville doit aussi songer à sa responsabilité pour le pays. Ce laboratoire de cohabitation doit être un moteur pour les deux principales communautés du pays. Or, par moments, on a l'impression que ses responsables politiques l'oublient, obnubilés par leur combat pour défendre leur citadelle assiégée et/ou par leur volonté idéologique d'exclure les libéraux francophones - le fruit d'une législature marquée par une polarisation exacerbée, sans doute, mais ce fut déjà le cas en 2014. Bien sûr, la logique de majorités asymétriques d'un niveau de pouvoir à l'autre est inévitable et saine dans un Etat pleinement fédéral. Mais des voix se sont élevées ces derniers jours en Wallonie, en faveur de la recherche d'un large consensus et d'une vision à long terme - y compris au sein d'Ecolo et du PS : au vu de la complexité de la situation actuelle, cela eut été opportun de les prendre en considération.
Dans la dernière ligne droite, Charles Michel et Didier Reynders ont exercé une forte pression sur leurs homologues flamands de l'Open VLD pour tenter de rentrer quand bien même dans la majorité, retardant l'avènement du gouvernement. Baroud d'honneur, logique partisane ou raison d'Etat ? Cela démontre en tout état de cause que la dynamique asymétrique génère des effets pervers.
Lorsque l'on évoque les futures politiques régionales, il convient de la même manière de saluer les efforts entrepris pour améliorer la qualité de vie en ville. La généralisation de la zone 30 sur le territoire régional va dans ce sens. Bruxelles veut progressivement s'imposer comme une cité modèle en matière environnementale, c'est une priorité incontestable au vu du retard accumulé et les autres villes européennes ayant le vent en poupe ont toutes fait un choix similaire. Mais là encore, si la mobilité est bien l'urgence numéro un, les négociateurs semblent oublier l'indispensable coopération avec les autres Régions pour résoudre cette question.
On ne peut s'empêcher de cultiver le sentiment que Bruxelles reste une capitale mal aimée qui a tendance à se replier sur elle-même. La faute initiale revient à la Flandre, à la Wallonie et au fédéral, qui ne sont parvenus à percevoir pleinement cette ville pour ce qu'elle est, un poumon économique et un aimant d'attractivité. Mais la capitale, blessée dans son orgueil, est aussi devenu l'instrument de sa propre marginalisation- la triste saga du Stade national l'a démontré ces dernières années.
Il n'est pas trop tard pour que les choses changent. La démonstration de maturité de la Région bruxelloise, en se dotant d'un gouvernement avant les deux autres Régions, est - aussi - un appel à se faire respecter par les deux autres Régions. Peut-être suffirait-il d'une déclaration d'amour en retour pour que Bruxelles redevienne le phare belge qu'elle devrait être, sans réserve. Le risque est toutefois réel que la naissance d'un Vervoort III soit - malheureusement - une nouvelle pierre dans un jardin belge devenu, plus souvent qu'à son tour, une zone d'affrontements et de blocages


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES CAPITALE MAL AIMÉE ET REPLIÉE SUR ELLE-MÊME

Excellente analyse certes mais commentaire aigre -doux sur une forme de mal être bruxellois: "Bruxelles, drôle de phare, révélateur du malaise belge. Bruxelles tend à négliger son rôle de capitale veut progressivement s'imposer comme une cité modèle en matière environnementale." C'est dire que les automobilistes, condamnés au 30 à l'heure ne seront pas à la fête. Tous en trottinette ou à bicyclette!
Fumée blanche, arc en ciel avec un gros panache rouge, du vert , de l'amarante mais point de bleu, à la grande colère de Gwendolyn Rutten, patronne du VLD qui a boudé son ministre Zven Gatz.
Bernard Clerfayt sera nommé ministre, laissant Schaerbeek à un(e) bourgmestre faisant fonction, en bonne logique,? Cécile Jodogne. Celle-ci cédera son siège de député régional à un échevin Défi lequel devra être remplacé par...
MG

  

QUI SERA MINISTRE? AVEC QUELLES COMPÉTENCES? DÉCOUVREZ LE CASTING COMPLET DU NOUVEAU GOUVERNEMENT BRUXELLOIS
La Libre Belgique

Le nouveau gouvernement bruxellois se renouvelle fortement : six nouvelles têtes.
Mercredi soir, les six partis de la nouvelle coalition bruxelloise ont voté en faveur de la déclaration de politique générale présentée plus tôt dans l’après-midi. Place désormais au casting et la répartition des matières pour chaque parti.
On le sait depuis le début : le socialiste Rudi Vervoort sera ministre-Président. C’est son troisième mandat, dont un repris à mi-mandat. Il prêtera serment ce jeudi à 13 h 30 devant le Roi. Ses compétences : la prévention et la sécurité, le tourisme, les institutions biculturelles, le logement, la rénovation urbaine, le développement territorial, le transport rémunéré de personnes, la politique en faveur des personnes handicapées et les transports scolaires.
L’autre heureuse élue socialiste francophone se nomme Nawal Ben Hamou. C’est la surprise de ce nouveau gouvernement. Fadila Laanan mise au ban suite aux critiques relatives à sa gestion de l’Agence Bruxelles-Propreté, les paris grimpaient sur le nom de Caroline Désir, placée depuis des années, toujours pas gagnante. C’est Nawal Ben Hamou, non élue au Parlement fédéral, qui sera secrétaire d’État. Elle s’occupera de l’égalité des chances et des cultes. Elle sera aussi ministre francophone de la cohésion sociale, de l’enseignement, de la culture et des sports au sein de l’exécutif de la Cocof.
Rachid Madrane devient quant à lui président du parlement bruxellois.
Numéro 2 du gouvernement, Elke Van den Brandt (Groen) s’occuperait quant à elle de la mobilité et des travaux publics.
Chez Écolo, Alain Maron est nommé ministre de l'environnement. Le parti hérite également de l'économie, de la propreté et de l’énergie. Barbara Trachte a été désignée secrétaire d'Etat à la transition économique et ministre présidente de la Cocof, et Magali Plovie présidente de la Cocof.
Bernard Clerfayt (Défi) sera lui aussi ministre. Il a hérité des matières portées, entre autres, par son prédécesseur au gouvernement bruxellois Didier Gosuin : l’emploi, la formation mais aussi le bien-être animal, la transition numérique et les pouvoirs locaux. À la Cocom, il aura le budget, les allocations familiales et la fonction publique. À la Cocof, il s’occupera de la formation et des relations internationales. À Schaerbeek, il sera remplacé par Cécile Jodogne.
Sven Gatz (Open-VLD) récupère le portefeuille de Guy Vanhengel, à savoir le budget et les finances.
Quant à Pascal Smet (SP.A), il devrait recevoir le commerce extérieur, l’urbanisme et le Siamu.
Rédaction (avec M.L.)


DE BAND TUSSEN OPEN VLD BRUSSEL EN DE PARTIJTOP IS DOORGEKNIPT, NU DE EIGENGEREIDE AFDELING DEELNEEMT AAN EEN ‘LINKSE’ REGERING ZÓNDER DE MR.
Rutten trekt handen af van Brusselse liberalen
De Standaard
BRUSSELOpen VLD-voorzitster Gwendolyn Rutten zal Sven Gatz op het partijbestuur niet voordragen als nieuwe Brusselse Open VLD-minister. Gisteravond stuurde ze ook haar kat naar het congres over het Brusselse regeerakkoord, waar Gatz de 120 pagina’s tellende tekst verdedigde – al deelde hij de tekst zelf niet uit, tot ongenoegen van verschillende aanwezigen. Na een lange discussie werd het regeer¬akkoord rond 22.15 uur toch goedgekeurd door de Brusselse liberalen. Binnen de afdeling genieten Gatz en zijn voorganger Guy Vanhengel immers veel steun. 


BRUSSELSE REGERING VULT POSTEN IN, NA WAT LAAT DRAMA BIJ ECOLO
Knack
Nadat de partijen hun fiat gegeven hadden aan het regeerakkoord, werden de ministerposten ingevuld. Op het laatste moment bleek Ecolo problemen te hebben.
Die vertraging van Ecolo was de voornaamste verrassing. Nadat Open VLD tijdens de formatie voor oponthoud zorgde met de herhaalde vraag om MR mee in de Brusselse regering op te nemen, zorgt Ecolo voor vertraging wegens problemen bij het aanduiden van een staatssecretaris waarop de Franstalige groenen recht hebben.
De Algemene Vergadering van de Brusselse Ecolo verwierp rond 1 uur donderdagochtend de kandidatuur van Isabelle Pauthier, die meer dan 20 jaar directrice was van de Brusselse Franstalige stadsbeweging Arau en wier kandidatuur werd ondersteund door de co-voorzitters van Ecolo. Maar de leden van de Algemene Vergadering hadden problemen met haar visie op de ontwikkkeling van Brussel, of vonden dat ze als nieuwverkozene over de hoofden sprong van kandidaten met grotere ancienniteit. In het holst van de nacht, en tijdens een klaarblijkelijk emotionele zitting, kwam men op een vervanger uit: Barbara Trachte, die bevoegd wordt voor Economische Transitie en Onderzoek. Trachte zetelt al 10 jaar als verkozene van Ecolo.


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