mercredi 3 juillet 2019

Il y a 500 ans, Charles Quint était élu empereur


Il y a tout juste 500 ans, Charles Quint est élu empereur du Saint Empire romain germanique. Il succède ainsi à son grand-père, Maximilien Ier de Habsbourg. Cette élection apporte plus de prestige que de pouvoir politique. Elle reste néanmoins très convoitée par les princes européens.
Charles de Habsbourg naît le 24 février 1500 à Gand. Il est le fils aîné du duc de Bourgogne, Philippe le Beau et de l'infante d'Espagne, Jeanne la Folle. Orphelin de son père à seulement 6 ans, il hérite des Pays-Bas. Il grandit dans les Flandres, dans une cour presque exclusivement francophone. De santé fragile et de nature mélancolique, il se révèle pourtant être un vrai bourreau de travail.
Lorsque son grand-père maternel, Ferdinand d'Aragon, meurt en 1516, Charles obtient la couronne espagnole. Outre ses possessions du Nord, le jeune homme domine désormais sur la péninsule ibérique, le royaume des Deux-Siciles et les nouvelles colonies d'Amérique. C'est la première fois qu'il se rend en Espagne. Il ne parle pas la langue du pays et n'en connait pas les coutumes. De plus, il emporte avec lui tous ses conseillers flamands et dénigre dans un premier temps les notables espagnols. Cette situation ne l'aide pas dans ses projets politiques.
L'appétit territorial du roi d'Espagne ne s'arrête pas là : lorsque son grand-père paternel, Maximilien Ier, décède en janvier 1519, il laisse le siège d'empereur du Saint Empire vacant. Charles propose sa candidature. Il n'est cependant pas le seul à s'intéresser à ce poste. Henri VIII, roi d'Angleterre, et surtout François Ier de France ambitionnent également cette couronne. Elle permet à celui qui la détient de se placer en défenseur de la chrétienté.
Au bout du compte, l'affrontement se fait entre le roi de France et le roi d'Espagne. C'est une fois de plus l'occasion pour les deux monarques de se faire la guerre. Ici, le gagnant ne sera pas celui qui aura la meilleure force militaire, mais celui qui versera les plus gros pots-de-vin aux électeurs. Charles emprunte notamment aux Fugger, une famille de marchands et de banquiers d'Augsbourg, pour parvenir à ses fins. Il demande également des subsides supplémentaires à la Castille, royaume qui intéresse particulièrement le souverain pour ses multiples ressources financières. Suite à cela, la ville de Tolède se rebelle : elle reconnait Charles en tant que roi d'Espagne, mais pas en tant qu'empereur. La population estime donc qu'elle n'a pas à payer pour cette élection. Quatorze autres villes de Castille suivent le mouvement.
Malgré toutes ces embûches, Charles est élu empereur le 28 juin 1519. Il devient alors Charles V ou, plus communément, Charles Quint. Il a pour ambition de rétablir l'ancien empire de Charlemagne. Rêve utopique : les princes européens ne peuvent permettre une telle domination de la maison habsbourgeoise. Tout au long de son règne, Charles Quint doit faire face à de nombreux conflits militaires, principalement contre François Ier en Italie.
Les guerres incessantes et les conflits diplomatiques finissent par avoir raison du monarque. Vieux, malade et fatigué, Charles Quint abdique à Bruxelles en 1555 en faveur de son fils, Philippe II. Le roi se retire alors dans le monastère de Yuste en Espagne pour finir ses jours dans la solitude et le dépouillement. Il décède de la malaria en 1558. Grâce à toutes ses possessions, il peut toutefois se féliciter d'avoir constitué un empire "où le soleil ne se couche jamais". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUI SERA LE PROCHAIN EMPEREUR D'EUROPE? 

On se croirait revenu au temps de l'Ommegang. Charles Michel sera-t-il le prochain Charles Quint européen. Certains le pensent. Toujours est-il que les grands électeurs peinent à se mettre d'accord pour désigner l'équipe qui présidera aux destinées de l'Europe. En attendant, les députés européen
du Parti du Brexit britannique tournent le dos à leurs collègues pendant l'hymne européen, lors de la séance inaugurale du Parlement européen, le 2 juillet 2019 à Strasbourg.
Ils n'étaient pas censés revenir, mais le report du Brexit a changé la donne : les troupes britanniques de l'europhobe Nigel Farage ont fait une entrée tapageuse dans le nouveau Parlement européen mardi, disant espérer "être sans emploi" fin octobre.
"Les députés du Brexit sont arrivés à Strasbourg pour se montrer joyeusement provocateurs", a twitté à son arrivée à Strasbourg le turbulent M. Farage à la tête du Brexit Party, arrivé en tête aux élections européennes de fin mai au Royaume-Uni.
La provocation n'a pas tardé : quand l'Ode à la joie de Beethoven, hymne européen, a commencé à résonner dans l'hémicycle strasbourgeois pour marquer le lancement de la nouvelle législature, les députés du Brexit Party se sont levés et ont tourné le dos en signe de protestation.
A 29, les élus du Brexit Party sont la plus importante délégation d'un parti national dans le nouveau Parlement européen, alors même qu'ils clament haut et fort ne pas avoir envie d'être à Strasbourg.

"Nous ne devrions pas être là !", a aussi exulté, devant le siège du Parlement, Nigel Farage, cravate violette et costume clair. "J'espère être au chômage dans quatre mois, ça m'irait vraiment bien", a dit de son côté Henrik Overgaard-Nielsen, député européen du Brexit Party.


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