mardi 23 juillet 2019

"Démocratie interne absente" au PS

"Démocratie interne absente", "je vise Onkelinx": Nadia El Yousfi brise le silence après avoir quitté le groupe PS au parlement bruxellois
La Libre Belgique

Après avoir décidé de claquer la porte du groupe socialiste au parlement bruxellois jeudi, en marge de sa prestation de serment en tant que députée, Nadia El Yousfi a finalement tenu à commenter son acte.


"Mon départ était mûrement réfléchi, bien avant les élections régionales", lance d'emblée Nadia El Yousfi à la RTBF. La députée bruxelloise, ancienne travailleuse sociale, avant de se lancer dans une carrière politique au Parti socialiste, a décidé jeudi de quitter le groupe PS au Parlement bruxellois. Elle siège comme indépendante depuis lors. De ce fait, seuls 16 députés socialistes siègent à ce jour au Parlement, contre 15 pour Ecolo.
Quelles sont les raisons qui ont poussé Nadia El Yousfi à se mettre en marge du PS? "C’est un long processus, une observation qui date. (...) Quand nous observons une contradiction entre des paroles et des actes, cela n’est plus acceptable. Quand on constate une opacité croissante, de la confection de la liste pour les dernières élections régionales à aujourd’hui, quand on observe une démocratie interne absente et flagrante sans échange ni dialogue sur des débats importants de société, quand on constate l’absence de débats entre les élus et les militants, cela n’est plus acceptable…", rétorque-t-elle. "Quand des décisions sont prises, parfois la veille, par un petit groupe et puis que nous devons juste appuyer sur un bouton pour valider, cela ne va pas", complète la femme politique.
Qui vise-t-elle? "Je vise la direction de cette fédération. Madame Onkelinx notamment mais aussi les personnes autour d’elle", précise-t-elle, ajoutant que c'est Laurette Onkelinx qui porte la parole du parti en région bruxelloise.
Au cours de cette interview, la députée originaire de Forest balaye d'un revers de la main une des raisons de son départ, évoquée précédemment, à savoir son souhait d'occuper le poste de secrétaire de l'assemblée de la Cocof. Quant à la nomination surprise de Nawal Ben Hamou au poste de secrétaire d'Etat régional, au détriment de Fadila Laanan, elle s'explique: "Personnellement, je n’ai jamais été demandeuse d’un poste de secrétaire d'Etat : c’est clair et net ! Mais le citoyen a opéré des choix de personnes comme Rudi Vervoort, Fadila Laanan, Rachid Madrane… Avant d'ajouter: "Aller chercher d’autres personnes (Nawal Ben Hamou) c’est un dysfonctionnement qui met à mal ces mêmes personnes qui n’ont rien demandé."
Nadia El Yousfi précise que son choix n'est pas forcément définitif: "Je n'ai pas encore envoyé de lettre au parti...Aujourd’hui, je veux que mon départ serve d’électrochoc. J’attends des promesses de la part de la future direction de la Fédération bruxelloise du PS. Je laisse la porte ouverte. Mais je veux connaître ses propositions concrètes afin que le dialogue puisse revenir au sein de cette formation politique."
L.DC 


 COMMENTAIRE DE DIVERCITY
 LAURETTE S'EN VA? FINIE L'ÈRE ONKELINX 

C'est Rudy Vervoordt qui va être content d'être débarrassé de la belle mère socialiste qui faisait le beau temps et surtout la pluie dans le paysage bruxellois. Sa volonté de fer s'est heurtée à celle du bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt qui l'insupporte depuis son double échec électoral à Schaerbeek. Clerfayt dont elle ne voulait pas comme négociateur sera ministre avec les belles attributions de Didier Gosuin.   Des trois challengers qui visent sa succession à la tête du PS bruxellois,  Ahmed Laaouej est assurément le poulain d'Elio Di Rupo et à l'évidence le plus avisé. Le bruit avait couru qu'il visait à son tour le maïorat schaerbekois mais, prudent et rusé , il a préféré ceindre l'écharpe maïorale de la petite commune de Koekelberg. Une sage décision.
C'est l'homme qui monte au PS et qui fera tôt ou tard bouger les lignes.
MG


PLUSIEURS CANDIDATS POUR SUCCÉDER À LAURETTE ONKELINX AU PS BRUXELLOIS
Le Vif
Comme d'autres partis, le PS renouvellera ses instances après la formation des gouvernements, un rendez-vous attendu à l'automne. Ce renouvellement concerne la présidence du parti mais également les fédérations. A Bruxelles, plusieurs candidats sont pressentis et le journal 'Le Soir' faisait état samedi de la volonté des instances de trouver une personnalité rassembleuse pour succéder à Laurette Onkelinx au sein d'une fédération en proie aux divisions.

Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte: garder le contact des votes populaires que menace de prendre le PTB au nord de Bruxelles, retrouver certains votes perdus au sud de la capitale au profit d'Ecolo, afficher les valeurs du parti et notamment la laïcité, ne pas se couper de certaines communautés avec une laïcité qui serait jugée trop agressive, être performant électoralement. Plusieurs candidats sont régulièrement cités: le député-bourgmestre de Koekelberg, Ahmed Laaouej, et le bourgmestre de la ville de Bruxelles, Philippe Close. 'Le Soir' ajoutait la candidature de la bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux. A eux s'ajoute le président du parlement bruxellois, Rachid Madrane.
Proche d'Elio Di Rupo, Ahmed Laaouej a eu une carrière fulgurante qui l'a vu propulsé à la tête du groupe PS à la Chambre en remplacement de Laurette Onkelinx. Il y a incarné l'opposition au gouvernement Michel. Comme Catherine Moureaux, fille de l'ancien président de la fédération Philippe Moureaux, il est attentif à ce que les valeurs de laïcité incarnées par le parti ne se retournent pas contre certaines communautés.
D'autres cercles au sein du PS bruxellois, rejetant les velléités communautaires, souhaiteraient que le parti affiche à nouveau une laïcité plus affirmée. Fervent partisan de la laïcité, Philippe Close est la personnalité émergente. Rassembleur, très populaire à la ville, il prend une ampleur régionale qui, selon 'Le Soir', en fait un candidat à terme à la succession de Rudi Vervoort au gouvernement.
Enfin, le dernier candidat potentiel à la présidence de la fédération, Rachid Madrane, dispose de plusieurs atouts dans son sac: expérimenté, populaire, il a réalisé le deuxième score chez les socialistes bruxellois, l'augmentant de 40% - mieux que les têtes de liste à la Région et à la Chambre. Rassembleur, élu d'Etterbeek, il est un représentant d'une commune du sud de Bruxelles qu'entend reconquérir le PS. 

   




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