jeudi 11 juillet 2019

Le président du Parlement flamand soupçonné d'avoir favorisé une prostituée qu'il fréquentait


F.C. Le Vif
POLITIQUE BELGE

En plein scandale, le président du Parlement flamand démissionne.
La N-VA pouvait rêver d’une fête de la Communauté flamande plus glorieuse et plus à son avantage… Alors que le nord du pays se remémorait la victoire terrible en 1302, près de Courtrai, des milices communales flamandes sur les armées du roi de France, le nouveau président du Parlement flamand, Kris Van Dijck (N-VA), a été contraint à la démission. Un article de P-Magazine, diffusé sur le web jeudi, révélait sa relation avec une prostituée et la façon dont il serait intervenu en sa faveur dans un dossier de faillite frauduleuse.
RÉVÉLATIONS SULFUREUSES
“Les récents événements font qu’il m’est devenu impossible d’agir en tant que président du Parlement flamand […] Je n’ai jamais rien fait qui aille à l’encontre de la loi. Ceux qui me connaissent un peu le savent. Les allégations de ce jour sont totalement incorrectes”,
a cependant affirmé jeudi après-midi Kris Van Dijck. Quelques heures plus tôt, suite à ces révélations sulfureuses, l’ex-président du Parlement flamand avait quitté l’hôtel de ville de Bruxelles précipitamment après le discours qu’il avait tenu à l’occasion de la Fête flamande…
La position du président du Parlement flamand, élu par ses pairs à cette fonction à la fin juin, était devenue intenable. En quelques jours, c’est la deuxième affaire dans laquelle il était visé personnellement. Il avait été mis en cause la semaine passée à la suite d’un accident de roulage survenu alors qu’il était ivre. Groen et le SP.A avaient déjà fait comprendre qu’il devait renoncer à ses fonctions. “ La semaine passée, si j’avais été lui, j’aurais déjà démissionné après cette histoire de conduite en état d’ivresse. Mais si cette nouvelle affaire est exacte, Kris Van Dijck est confronté à un vrai problème et sa position paraît intenable”, indiquait le chef de groupe écologiste au Parlement flamand, Bjorn Rzoska, un peu avant l’annonce de la démission.
Dans son discours à l’hôtel de ville, M. Van Dijck avait justement insisté sur l’importance d’un “contexte stable”. “Si cette affaire est exacte, on ne peut plus parler d’un contexte stable. En deux semaines, il apparaîtrait que Kris Van Dijck a enfreint deux fois la loi. Il faut un nouveau président”, avait souligné ensuite le chef de groupe SP.A, Conner Rousseau.
LE VLAAMS BELANG AU PERCHOIR…
Bref, la Fête flamande sacralisant la bataille des éperons d’or était gâchée… D’autant plus que la mécanique parlementaire impose Filip Dewinter (Vlaams Belang), le premier vice-président, comme successeur à Kris Van Dijck. Pour rappel, Herman De Croo (Open VLD), âgé de 81 ans, avait décidé de siéger provisoirement au Parlement flamand afin d’éviter que les nouveaux députés flamands prêtent serment entre les mains de Filip Dewinter. La tradition veut en effet que le député avec le plus d’ancienneté ait temporairement les honneurs de la présidence. Sans la présence d’Herman De Croo, c’est Filip Dewinter qui aurait dû occuper le perchoir. Finalement, suite à l’affaire Van Dijck, cette figure historique de l’extrême droite flamande se sera tout de même hissée à la présidence de l’assemblée.
UN “DÉSHONNEUR” POUR DEWINTER
Toutefois, Filip Dewinter ne s’est pas vraiment montré satisfait de la situation. Bien au contraire. Estimant “déshonorant” d’être élu de la sorte, le représentant du Vlaams Belang a déclaré qu’il aurait “préféré devenir président d’une autre manière”. Il a également annoncé qu’il convoquait le bureau du Parlement ce vendredi à 10 heures pour réfléchir à ce qu’il convient de faire désormais. “Je resterai président jusqu’à ce qu’il y ait un nouveau gouvernement, ou les autres partis pensent-ils qu’un nouveau président devrait être nommé sur une base intérimaire ?”, s’est interrogé Dewinter, entretenant le doute sur la durée de son intérim.
UN NOUVEAU PRÉSIDENT CE VENDREDI ?
Le chef du groupe de Groen a estimé que le Parlement flamand devrait nommer immédiatement un nouveau président. “Le Parlement doit maintenant agir rapidement”, a-t-il affirmé. Selon lui, la N-VA, en tant que groupe le plus important, doit pouvoir désigner un nouveau président. D’après VTM, la N-VA compte bien présenter un nouveau candidat ce vendredi matin.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FÊTE NATIONALE RANCE POUR LA NATION FLAMANDE.

1 "La présidence de la commission de l’Intérieur de la Chambre sera exercée au cours de la législature par un élu du Vlaams Belang. L’affaire n’est pas banale. Ce n’est pas la première fois que le Belang préside les débats d’une commission. Mais celle de l’Intérieur est par nature sensible. À la rentrée parlementaire, le président de la Chambre, Patrick Dewael avait développé des trésors d’habileté pour empêcher d’être assisté par un élu du Belang, Dries Van Langenhove, inculpé d’infractions aux lois sur le racisme et le négationnisme." (La Libre). On comprend difficilement que les partis démocratiques se soient laissés enfermer dans un piège aussi grossier sans le déjouer.  C'est gravissime pour notre crédibilité démocratique et pour l'image de la Belgique en Europe.
2 Par ailleurs, le président du Parlement flamand s'est vu contraint de démissionner dans un contexte scandaleux qui éclabousse le parti de Bart De Wever. La position du président du Parlement flamand, élu par ses pairs à cette fonction à la fin juin, était devenue intenable. En quelques jours, c’est la deuxième affaire dans laquelle il était visé personnellement.
3 la mécanique parlementaire impose Filip Dewinter (Vlaams Belang), le premier vice-président, comme successeur à Kris Van Dijck au perchoir. Un comble!
4 En Wallonie se dessine l'esquisse d'un accord de majorité PS/Ecolo/MR tandis qu'à la Région bruxelloise se conclut un accord pour former un gouvernement. Alors qu'en Flandre rien ne bouge et on fête un 11 juillet sans nouveau gouvernement: tout un symbole.
La N-VA pouvait rêver d’une fête de la Communauté flamande plus glorieuse et plus à son avantage. Pour le nationaliste Bart De Wever ce 11 juillet a tourné au cauchemar. Le bourgmestre d'Anvers a-t-il perdu sa légendaire baraka? Sa gestion municipale de la Métropole est pour le reste de plus en plus contestée par les Anversois très inquiets pour leur sécurité et largement déçus par l'inefficacité de sa gestion quotidienne dans la ville.
Serait-ce le début d'une fin de règne? La Flandre a pris l'habitude de brûler ceux qu'elle a un instant adulés: Tindemans (ancien CVP: un million de voix de préférence), Guy Verhofstadt (VLD), Steve Steevaert (SPa) et désormais Bart De Wever (NVA). Mais il serait malvenu de vendre la peau de l'ours anversois avant de l'avoir tué médiatiquement et surtout politiquement. Dossier à suivre de près  doncdans les semaines qui viennent. Elio di Rupo se frotte les mains et trémousse de joie en silence. Décidément le montois qu'on croyait fini n'a pas perdu la main. Il semble avoir mis son adversaire PTB hors jeu, du moins à court terme. Elio et Bart ont un point commun: ils se méfient comme la peste d'être acculés à de nouvelle élections  fédérales qui donneraient des ailes à leur challengers respectifs :le PTB en Wallonie  et le Belang en Flandre.
Pour l'historien Lode Wils, "la Belgique va s'écrouler"
Depuis le 26 mai, le mouvement flamand semble plus fort que jamais. Wils ne laisse pas de place au doute. "La Belgique doit être détruite parce que les Flamands veulent se venger." (Le Vif)
Lode Wils (90 ans) est non seulement l'historien le plus influent du Mouvement flamand, comme le dit son collègue gantois Bruno De Wever, mais aussi le plus productif. C'est dire si sa parole a valeur d'oracle.
MG

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