jeudi 25 juillet 2019

Le réchauffement actuel, une première en 2.000 ans


AFP
Au cours des 2.000 dernières années, les températures mondiales n'avaient jamais augmenté aussi rapidement que maintenant, selon des données publiées mercredi qui, selon les experts, devraient couper l'herbe sous le pied des climatosceptiques. Alors qu'une bonne partie de l'Europe subit son deuxième épisode de fortes chaleurs en un mois, deux études distinctes analysent 2.000 ans de tendances de l'histoire climatique récente de notre planète.
Les chercheurs ont utilisé des données de température compilées à partir de près de 700 indicateurs: des anneaux d'arbres, des carottes de glace, des sédiments lacustres et des coraux ainsi que des thermomètres modernes.
La première étude, publiée dans la revue Nature, met, par exemple, en évidence que lors du "petit âge glaciaire" (de 1300 à 1850) s'il a fait extraordinairement froid en Europe et aux Etats-Unis pendant plusieurs siècles, il n'a pas fait froid partout sur la planète.
"Lorsque nous retournons dans le passé, nous trouvons des phénomènes régionaux, mais aucun n'est mondial", explique Nathan Steiger de l'Université Columbia à New-York. "Alors qu'actuellement, le réchauffement est global. 98% du globe s'est réchauffé après la révolution industrielle", ajoute-t-il.
Un deuxième article, dans Nature Geoscience, examine la moyenne des variations de température sur de courtes périodes, de quelques décennies chacune.
Leurs conclusions sont claires: à aucun moment depuis le début de notre ère, les températures n'ont augmenté aussi rapidement et aussi régulièrement qu'à la fin du XXe siècle. Quand après-guerre, la production (alimentée par les combustibles fossiles) et la consommation ont atteint des niveaux sans précédent.
Ce résultat "souligne le caractère extraordinaire du changement climatique actuel", explique Raphael Neukom de l'Université de Berne en Suisse, coauteur de l'étude.
Ces études "devraient enfin stopper les climatosceptiques qui prétendent que le réchauffement climatique observé récemment s'inscrit dans un cycle climatique naturel", souligne Mark Maslin de l'University College de Londres, commentant les travaux.
AFP


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ON EST CUIT?  "CE QUI EST AUJOURD'HUI UN ÉTÉ EXTRÊME, ÇA SERA LA NORME DANS QUELQUES DIZAINES D'ANNÉES"

On peut effectivement le penser. J'écris ceci dans la fraîcheur de la nuit, sonné par l'une des journées le plus chaudes de ma vie et me préparant mentalement à en connaître ce jeudi une  plus chaude encore. Impossible d'être ou de demeurer indifférent à cette évolution qui nous conduit au désastre redouté par les plus lucides et les mieux informés d'entre nous. "Même si l'on parvient à aller vers la neutralité carbone et à maîtriser le réchauffement global, le niveau des mers va continuer de monter pendant très longtemps. Mais déjà aujourd'hui: on voit qu'on n'est pas prêts au climat que nous vivons et sa variabilité",
Ma génération bénie, celle des baby boomers, est une des rares à n'avoir point connu les désastres de la guerre. Mais voici qu'elle est confrontée- sur le tard- à bien pire: l'irréversible réchauffement de la planète terre. Je me souviens m'être arrêté un soir d'été pour faire le plein à une station service pas loin de Grenade. Le thermomètre marquait 40 degrés à l'ombre. Je n'en revenais pas.  C'est la température escomptée à Bruxelles ce jeudi. Mon prof de géographie nous avait mis en garde en évoquant le climat espagnol: "trois mois d'hiver, neuf mois d'enfer".
Depuis l'incident de Grenade j'au brûlé des milliers de litres d'essence et de diesel, contribuant ainsi à entretenir la catastrophe. J'ai mangé de la viande et ai négligé d'isoler correctement ma maison pour utiliser mon pouvoir d'achat à d'autres fins plus frivoles: vacances, voyage etc. Faut-il que ma génération demande pardon à celles qui viennent pour avoir abusé des faveurs de Gaia? "On peut s'interroger sur l'aménagement de nos modes de vie", recommande la climatologue. "Ce qui est aujourd'hui un été extrême, ça sera la norme dans quelques dizaines d'années"
Sincèrement je le crois. Il faut absolument changer quotidien, je le sais depuis que les écolos flamands se sont manifestés  à nous avec leur cigle AGALEV: Anders Gaan Leven: décider de vivre autrement.  Consommer autrement, manger autrement, penser autrement, devenir un autre, un mutant, un peu comme Pierre Rabhi qui montre une voie avec sa "sobriété heureuse". 
Non, ce ne sera vraiment pas facile mais avons-nous le choix?
MG


UNE EXPERTE L'AFFIRME: "ON VOIT QU'ON N'EST PAS PRÊTS AU CLIMAT QUE NOUS VIVONS AUJOURD'HUI"
BELGA La Libre Belgique
"Même pour un réchauffement de l'ordre de 1,5°C en 2040-2050, on s'attend à un doublement de la fréquence des canicules dans des régions comme la France ou la Belgique", explique jeudi dans L'Echo la climatologue française Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), coprésidente au Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec).
"Le fait d'avoir cet épisode très chaud, c'est une situation atmosphérique particulière, une forme de hasard. Mais dans un climat qui se réchauffe, ce type de phénomènes est appelé à devenir plus fréquent et plus intense: on en voit une des manifestations et il faut s'attendre à ce que ça se poursuive", assure la climatologue, alors qu'une température record de 39,9°C a été constatée pour la première fois depuis le début des observations en 1833.
"Même si l'on parvient à aller vers la neutralité carbone et à maîtriser le réchauffement global, le niveau des mers va continuer de monter pendant très longtemps. Mais déjà aujourd'hui: on voit qu'on n'est pas prêts au climat que nous vivons et sa variabilité", poursuit celle qui a été élue par la revue "Nature" comme l'une des dix personnalités de l'année 2018.
A l'heure actuelle, seuls des systèmes d'alerte sont mis en place face à des vagues de chaleur, pointe-t-elle, or "on peut s'interroger sur l'aménagement de nos modes de vie", recommande la climatologue. "Ce qui est aujourd'hui un été extrême, ça sera la norme dans quelques dizaines d'années", assure-t-elle encore.
"Pour contenir le réchauffement à 1,5°C, la fenêtre d'opportunité qui nous reste est minuscule (...) il n'y a pas un seuil qui permet d'éviter le risque climatique: on le voit aujourd'hui, des effets à 1°C. Plus le climat se réchauffe, plus il est possible qu'on ait des changements importants, parfois rapides, souvent irréversibles, mais le niveau de réchauffement auquel ces points de bascule peuvent se mettre en oeuvre reste très incertain", conclut-elle.

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