jeudi 4 juillet 2019

Le ticket von der Leyen-Lagarde, proposé lundi soir par Macron à la chancelière allemande, permet à la France et à l’Allemagne d’obtenir chacune un poste européen d’envergure.


Le Figaro 

La droite européenne, arrivée en tête des élections, va conserver la présidence de la Commission qui, en vertu d’un accord adopté avant le scrutin, devait revenir au Spitzenkandidat du PPE Manfred Weber. Emmanuel Macron «tue» bel et bien la procédure du Spitzenkandidat et pose des jalons pour de futures listes transnationales. En permettant à deux femmes d’accéder pour la première fois à ces responsabilités européennes de premier plan, c’est un message de modernité qui est adressé aux citoyens européens. Le président français, qui avait fait de la parité une condition préalable à ces nominations, enregistre sur ce point une victoire nette et sans appel. «C’est quelque chose qui est très important pour lui», répétait-on côté français ces derniers jours. «C’est la première femme» à la tête de la Commission et «la première fois depuis 52 ans que l’Allemagne» occupe la présidence de la Commission, s’est réjoui la chancelière.
Le «paquet» de nominations, avalisé par les dirigeants européens, est complété par deux hommes. Charles Michel, le premier ministre belge, étiqueté libéral, est nommé à la présidence du Conseil européen pour succéder à Donald Tusk. Le social-démocrate Josep Borrell, actuel ministre espagnol des Affaires étrangères, prendra la suite de l’Italienne Federica Mogherini au poste de haut représentant. L’attelage «fort et expérimenté», selon Emmanuel Macron, souffre toutefois de quelques imperfections. «Tout le monde ne pourra pas avoir ce qu’il demande», avait prévenu lundi après-midi Angela Merkel, s’adressant aux leaders du PPE et de RE, qui n’en finissaient pas de faire monter les enchères.
Les autres nominations ou postes promis permettent d’arrondir les angles et d’arriver à de meilleurs équilibres politique et géographique. Les sociaux-démocrates pourraient ainsi prétendre à la présidence du Parlement européen avec le président, bulgare, du Parti socialiste européen (PSE), Sergueï Stanishev, pour la première partie du mandat, la seconde revenant à un PPE. Le choix de Stanishev permet de donner un poste à un pays de l’est de l’Europe. Les eurodéputés voteront ce mercredi matin.
Également pourvus, deux autres postes à la Commission, représentant des portefeuilles importants qu’il reste à définir, tentent de parer à d’éventuelles amertumes. Ils reviennent à deux anciens Spitzenkandidaten: l’ex-premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans et la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager. Un troisième gros poste pourrait être attribué au Slovaque Maros Sefcovic. Cette dernière nomination permettrait d’envoyer un signal de plus à l’Est du continent. Mais, pour l’heure, ce n’est pas confirmé.

Mardi, l’objectif des Vingt-Huit était de sortir de l’impasse pour éviter de nourrir le procès d’une Europe incapable de choisir. Après le désastre de dimanche et lundi, ils étaient condamnés à réussir. Mais les choses n’ont pas été si simples que cela à faire aboutir. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MACRON TIRE ET MARQUE 
 
C'est une victoire pour le jeune président français qui s'est mouillé jusqu'au cou dans cette bataille pour le renouvellement de la Commission. D'abord parce qu'il impose deux femmes dont une française aux postes clés  de l'Europe ensuite parce qu'il relance de la sorte le moteur franco allemands une perspective post Merkel. Enfin parce qu'il met en selle son ami et allié Charles Michel, lequel est trop content d'échapper par le haut à l'imbroglio belgo belge qu'il a contribué à installer. Dommage pour Verhofstadt, le plus européen des députés plus dépité que jamais et aussi, dommage pour le brillant Timmermans.
Il reste des postes à pourvoir...
MG 

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