mercredi 10 juillet 2019

Vincent de Coorebyter: "En Belgique, les médias et les politiques utilisent de manière excessive la notion de crise"


RTBF.be

Les négociations qui se déroulent actuellement pour mettre en place des coalitions à différents niveaux de pouvoir sont caractéristiques du système proportionnel que nous connaissons en Belgique, explique le politologue Vincent de Coorebyter interrogé sur La Première : "Depuis 1958, on doit traditionnellement mettre en place des gouvernements de coalitions qui vont associer des perdants mais qui sont restés premiers ou deuxièmes, et des gagnants au sens des partis qui ont le plus progressé. C'est le moment frustrant pour les électeurs qui ont souverainement choisi, et qui voient les partis mener totalement librement les négociations, et éventuellement tenter des coalitions qui sont plus ou moins heureuses ou plus ou moins choquantes pour une partie de l'électorat".
Le fait que la société civile soit consultée dans le cadre des négociations pour la formation de gouvernements en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, "c'est d'abord nécessité fait loi"souligne Vincent de Coorebyter, "Si le PS et Ecolo voulaient gouverner ensemble parce qu'ils estiment avoir un maximum de convergences, qu'ils ne trouveraient pas avec d'autres partenaires disponibles, ils n'ont pas la majorité. Certains rêvent d'un gouvernement minoritaire qui, grâce à un appui de la société civile, gagnerait une certaine légitimité démocratique complémentaire. Cela ne règle pas le problème arithmétique d'une majorité parlementaire stable, qui est toujours préférable".
Si l'hypothèse de gouvernements minoritaires est envisagée c'est avant tout parce que les trois grands courants politiques traditionnels reculent en Belgique: "Libéraux, socialistes et catholiques sont passés à la Chambre à moins de 45% des voix, alors qu'il y a un demi-siècle ils étaient aux alentours de 80%. De plus, certains partis refusent de participer à des exécutifs, comme le cdH ou le PTB. Et enfin il y a les exclusives : le fait que tel parti ne veut pas gouverner avec tel autre. On cumule ces trois facteurs", poursuit le politologue.
HYPERBOLE
"Je suis confiant parce que je pense qu'on a toujours pratiqué l'hyperbole dans le commentaire politique et médiatique, et qu'on utilisait de manière excessive la notion de crise. En 2010-2011 quand il a fallu 541 jours pour mettre un gouvernement en place, il n'y avait pas de crise. Il y avait une méga-négociation institutionnelle préalable à la mise en place d'un gouvernement. Tous les partis ont pris part à la négociation. Il y avait simplement un programme infernal, qui était une réforme de l'Etat considérable. Cela s'est décanté quand la N-VA a quitté la table, et le processus s'est accéléré" dit-il encore.
"Il y aura une crise s'il y a une vacance du pouvoir parce que des partis ne parviennent pas à s'associer, à coup d'exclusives plus ou moins réciproques" selon lui.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CRISE DE CONFIANCE MAJEURE

"Il y aura une crise s'il y a une vacance du pouvoir parce que des partis ne parviennent pas à s'associer, à coup d'exclusives plus ou moins réciproques."Certes mais on ne saurait nier qu'il règne en Europe une crise profonde de confiance à l'égard du politique et des medias en général. Cela se traduit généralement dans une fuite dans les extrêmes. En Flandre les votes cumulés des extrêmes frisent les 50 ans. Dès lors , il est légitime de parler de crise majeure du système démocratique à deux tours. Le premier a pour but de déterminer les résultats du scrutin, le second permet à la particratie de construire des coalitions dans lesquels l'électeur se retrouve rarement  ce qui induit frustration et crise de confiance majeure. 


"DES MILLIARDS DE GENS NE VEULENT PAS LA DÉMOCRATIE"
•Source : De Morgen Vif
Muriel Lefevre

Dave Eggers (49 ans), écrivain américain, a peur. "Nous supposons que chacun est un démocrate, mais ce n'est pas le cas. 40% de la population mondiale souhaite juste un homme fort aux manettes. Nous sommes en réalité dans l'ère chinoise où c'est eux qui décident tout."
Dans son nouveau roman The Parade, Dave Eggers, raconte l'histoire de deux hommes qui reçoivent l'ordre de construire une route dans un pays indéterminé qui vient de sortir d'une guerre civile. Elle devra relier le nord urbain au sud rural et apporter ainsi la prospérité économique à tous, mais les choses ne se déroulent pas comme prévu. "Au cours de la dernière décennie, je suis allé plusieurs fois en Afrique et j'ai vu de telles choses à maintes reprises. Ces choses je les ai aussi vues ailleurs, sur d'autres continents ", dit Eggers dans une longue interview accordée au De Morgen.

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