jeudi 22 août 2019

Négociations fédérales: la pression sur les épaules des socialistes s'accentue


M.R. La Libre Belgique

LE CD&V A, À SON TOUR, APPELÉ LE PARTI D'ELIO DI RUPO À DISCUTER AVEC LES NATIONALISTES FLAMANDS.

Par la voix du président des jeunes du CD&V, Sammy Mahdi, le parti de Wouter Beke a demandé au PS d'accepter de s'assoir à la table des négociations avec la N-VA. Alors que Theo Francken a réitéré ce week-end son souhait de dialogue avec les socialistes, le parti d'Elio Di Rupo se montrait toujours réticent à cette idée, affichant une certaine division. Laurette Onkelinx avait fait savoir que c'était un "niet absolu", tout comme Paul Magnette, alors que le président socialiste laissait quant à lui planer le doute.
"Elio Di Rupo pourrait au moins débloquer l'idée reçue en Flandre comme quoi, du côté francophone, il y a cette arrogance de refuser de discuter avec le plus grand parti de Flandre", a expliqué Sammy Mahdi.
Le chrétien-humaniste se dit inquiet de la montée en Flandre et en Belgique de façon générale du ras-le-bol politique qui s'illustre par le succès du Vlaams Belang et du PTB aux élections de mai."Cela m'inquiète, et pas seulement au niveau flamand, mais au niveau belge, détaille Sammy Mahdi. Je pense que les résultats ont prouvé que beaucoup de Belges sont tristes et ne croient plus en la politique. Quand on vote pour le Vlaams Belang, je pense que, pour une grosse partie, ce ne sont pas seulement des gens qui sont xénophobes".
Mais pour le président des jeunes du CD&V, "on est tous responsables" des résultats des élections fédérales et régionales "parce qu'on ne fait que se disputer pendant 5 ans". "Les gens en ont ras-le-bol et votent pour un parti extrême, pas seulement pour les idées qu'il propage. Il faut essayer de faire attention à ce qu'on fait parce que l'histoire nous a déjà prévenu quelque fois que ça peut parfois aller dans le mauvais sens", conclut-il. 


LE SCÉNARIO QUI CIRCULE POUR LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL: UN RETOUR AUX URNES EN JANVIER-FÉVRIER 2020
  
Un scénario a été évoqué dans une conversation à haut niveau : les résultats des élections du 26 mai sont ingérables. Il faut se préparer à une « élection vérité » au fédéral. On cite janvier-février 2020. Ambiance. (Le Soir) 


"REFUSER LE DIALOGUE AVEC LA N-VA, C'EST ENTERRER LA BELGIQUE"
• Source : Le Vif
Claude Demelenne
essayiste, auteur de plusieurs ouvrages sur la gauche 

Pour Laurette Onkelinx, il "ne sert à rien" de dialoguer avec la N-VA. Les programmes sont "incompatibles". Exact mais dramatique : refuser le compromis avec la N.VA, c'est précipiter la Belgique dans la tombe.
Le compromis est l'essence de la démocratie. Mais pas n'importe quel compromis. En Belgique francophone, la quasi totalité des forces de gauche partagent un cruel constat : avec la N-VA autonomiste, anti-pauvres et anti-immigrés, toute alliance est impossible. De plus en plus sous l'influence du Vlaams Belang, la N-VA est en train de se rendre infréquentable également pour une part non négligeable du MR.
La droite dure à la mode De Wever-Francken insupporte beaucoup de libéraux francophones.
N-VA PARTI REPOUSSOIR
Depuis son rejet du Pacte de Marrakech, la N-VA s'est encore radicalisée. Ce parti est largement détesté dans l'opinion francophone. Lors du récent scrutin, en Wallonie et à Bruxelles, les partis se déclarant proches de la N-VA - les Listes Destexhe et le Parti Populaire - ont été balayés. Ils n'ont obtenu aucun élu. Pour les francophones, la N-VA est un parti repoussoir.
Laurette Onkelinx, présidente du PS bruxellois, a dit tout haut ce que presque tout le monde pense tout bas, en Belgique francophone : avec cette N-VA là, il n'y a pas de compromis possible. Mise sous pression par un Vlaams Belang survitaminé, la formation de Bart De Wever a choisi le camp de la droite dure. Fort appréciée par l'électorat du Nord du pays, cette droite dure est inaudible en Wallonie et à Bruxelles.
PLUMER LA VOLAILLE FRANCOPHONE
Théo Francken adresse au PS des appels à dialoguer, mais personne n'est dupe. L'objectif premier de la N-VA n'a pas changé : il veut plumer la volaille francophone, saccager la sécurité sociale, transformer la Belgique en une coquille vide, conserver la "marque" Bruxelles, capitale de la Flandre, indispensable à son rayonnement international.
Le nationalisme de riches, incarné par la N-VA et le Vlaams Belang, a de beaux jours devant lui. Lors des prochaines élections, il pourrait devenir majoritaire en Flandre. Le CD&V, l'Open VLD et le SP.A sont devenus des petits partis à la dérive. En crise profonde, il ne pèsent presque plus sur la scène politique flamande. Les francophones manquent d'interlocuteurs flamands modérés.
LE PS VA-T-IL SE DÉSHABILLER ?
Que pourrait négocier le PS avec cette N-VA vindicative ? Au mieux, le rythme plus ou moins soutenu selon lequel il se déshabillera face aux revendications flamingantes. Le PS a tout à perdre d'un compagnonnage avec la N-VA, incapable de mettre sur les rails la moindre réforme progressiste. Ce compagnonnage serait probablement de courte durée. Avec des partenaires se regardant comme chien et chat, un gouvernement associant PS et N-VA ne durerait que quelques mois, tout au plus, une demi-législature.
Fin stratège, Bart De Wever a compris que s'il réussit à "mouiller" le PS dans un gouvernement fédéral tripotant peu ou prou la Sécu, il fera coup double. D'une part, il s'imposera toujours plus comme le mâle dominant en Flandre. D'autre part, il portera un coup fatal au PS, qui sera accusé par Ecolo et le PTB d'avoir trahi ses valeurs. Si les socialistes plongent sous les 20% en Wallonie, la N-VA deviendra le seul "grand" parti sur l'échiquier politique belge, en duo avec le Vlaams Belang . Du pain béni pour Bart De Wever.
UN DIAGNOSTIC DRAMATIQUE
"N'essayons pas le compromis avec la N-VA, cela ne sert à rien" : sur le fond, Laurette Onkelinx a raison. Mais son diagnostic est dramatique. Refuser le compromis avec la N-VA, c'est enterrer la Belgique. C'est reconnaître l'ingouvernabilité d'un pays ou coexistent, selon l'expression de Bart De Wever, deux démocraties, de plus en plus étrangères l'une à l'autre. C'est enfin ouvrir les yeux sur une réalité qui dérange les belgicains francophones : il n'existe plus de "désir de Belgique". Au sein du ménage belge, le compromis est mort et enterré.
BELGIQUE REQUIEM
En 1980, dans un livre qui fit sensation - "Belgique requiem" (éditions Julliard) - l'avocat René Swennen écrit : "La Belgique est en train de mourir et chacun sait que la description de la mort a toujours été un sujet magnifique... Sur le cadavre, il faut se pencher avec considération. Les Belges ne s'aiment plus ! Que voulez-vous faire ? Peut-on maintenir unis des époux qui ne se supportent pas ? Ou continuer de faire vivre ensemble des associés qui rêvent de se dépouiller mutuellement ? C'est impossible".
Belgique requiem, nous y voilà. Un miracle est-il possible ? Oui, si les deux plus grandes formations, le PS et la N-VA, font un pas l'un vers l'autre. C'est plutôt mal parti. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA GRANDE IMPASSE? 

Les analyses se suivent et se ressemblent au nord comme au sud du pays. On voit de moins en moins bien comme on va sortir de cette crise majeure, la plus aigue de l'après guerre.
Le palais a désigné les explorateurs de la dernière chance: ils pataugent. L'avenir de la Belgique repose sur les larges épaules d'Elio di Rupo, garant de la sécu unitaire, donc du financement de la sécu wallonne. La gauche dans son ensemble et jusqu'ai sein de son parti ll'incitent pour le moment à ne pas négocier avec la NVA. IL se drape dans le silence et attend son heure.
Trump est prêt à racheter le Groenland qui ne veut pas de cette arrogante transaction.
De Wever est-il prêt à acheter son autonomie, prélude à son indépendance? Di Rupo est ils disposé à céder contre monnaie sonante et trébuchante? 
Nous somme dans l'impasse. mais comme dit la sagesse orientale: là où  il y a impasse il y a issue.
Quelle serait l'issue?
Jules Gheude nous rappellera qu'un rattachement de la Wallonie  à la France est envisageable. La France voudra-t-elle de ce cadeau empoisonné? Et quid De Bruxelles dans une telle transaction?
Deuxième solution: le confédéralisme et la question: que sommes nous prêts à partager encore et à vivre ensemble?
La question se pose avec un acuité qui grandit au fil des jours.
Troisième solution: de nouvelles élections?
C'est un jeu aussi dangereux que la roulette russe. En bonne logique, cela devrait renforcer davantage le Belang en Flandre et le PTB en Wallonie. Ce n'est pas du goût de Di Rupo et qu'en pense De Wever dans son for intérieur? Personne ne le sait mais il a compris une chose: désormais le Belang et la NVA ne sont plus des vases communicants mais ils tendent à croître ensemble. C'est dire qu'un nouveau scrutin pourrait très bien donner une majorité Belang/NVA en Flandre ce qui entraînerait ipso facto un pas gigantesque vers le confédéralisme , voire l'indépendance de la nation flamande.
On imagine que Elio di Rupo l'a parfaitement compris et qu'il agira en connaissance de cause. Reste à savoir comment.
MG


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