mardi 24 septembre 2019

Pour les élus locaux, le MR a besoin d'un projet progressiste


Le Vif

Une quarantaine d'élus locaux du MR réclament un "nouveau projet progressiste" pour leur parti. Ils appellent notamment à un réinvestissement des libéraux francophones dans les villes.
Le 1er novembre, le vice-Premier ministre et ex-président du parti, Didier Reynders, rejoindra la Commission européenne. Le 1er décembre, ce sera au tour du Premier ministre et actuel président, Charles Michel, de prendre la présidence du Conseil européen. Au mois de novembre, le MR élira un nouveau président.
Plusieurs noms de candidats sont cités: le ministre des Indépendants, Denis Ducarme, le délégué général du parti, Georges-Louis Bouchez, ou encore le député-bourgmestre de Crisnée, Philippe Goffin. "Notre parti doit prendre de la hauteur et se doter de nouvelles fondations. Le départ de plusieurs de nos leaders pour de hautes fonctions européennes et l'élection à venir du nouveau président appellent notre formation à prendre le temps de la réflexion", disent ces élus locaux, parmi lesquels on retrouve Georges Verzin (Schaerbeek) et Louis Maraite (Liège), dans une tribune libre publiée par La Libre. "Nous attendons des différents candidats et des instances du parti l'organisation d'un vrai débat d'idées en lieu et place de questions de personnes".
Ces élus mettent en avant les axes qui doivent à leurs yeux structurer le projet des Réformateurs: défense de la liberté d'expression et d'entreprendre, dépénalisation de l'IVG, réduction des inégalités, investissements en matière de recyclage et lutte contre le gaspillage, impartialité de l'Etat et primauté du droit sur la foi ou encore un programme social qui prenne en compte la cohésion sociale des grandes villes. La plupart de ces élus sont issus de grandes agglomérations, des endroits où les libéraux sont souvent à la peine si l'on examine les résultats des dernières élections. "Les villes abriteront bientôt 80% de la population. Le MR doit s'y réinvestir et prendre en compte tous les enjeux liés à leur diversité, l'exode des classes moyennes vers les périphéries, sous peine de ne plus être qu'une expression politique marginale", disent-ils avant d'insister sur "l'urgence à redéfinir (...) un nouveau projet politique progressiste".
LE SCORE DE L’EXTREME DROITE PARTOUT EN EUROPE SONNE COMME UN SIGNAL D’ALARME QUI DOIT POUSSER TOUS LES LIBERAUX AU COMBAT.
Opinions
L'aile progressiste du MR sort du bois: "Si le parti rate ce tournant, il ne convaincra plus que ses électeurs les plus conservateurs"
Contribution externe La Libre Belgique
Décidément, la perspective des élections internes au MR suscite beaucoup de réflexion chez les libéraux. Alors que le nouveau président des "bleus" doit être connu pour la mi-novembre et que plusieurs candidats putatifs apparaissent (Denis Ducarme, Georges-Louis Bouchez, etc.), une quarantaine d’élus locaux ont pris leur plume pour réclamer un tournant progressiste du MR (lire ci-dessous).
Ils réclament une refondation du MR sur cette base: " Nous soutenons l’affirmation d’un projet politique fort , résolument progressiste et moderne ", écrivent-ils. Sans changement dans le message porté par le MR, ils craignent que leur parti ne séduise plus que les électeurs les plus conservateurs. À leurs yeux, le Mouvement réformateur doit insister sur des thèmes tels que l’émancipation sociale, l’égalité entre hommes et femmes ou encore l’environnement. Au passage, notons qu’ils réclament la dépénalisation de l’IVG.


VOICI L'OPINION D'UN COLLECTIF DE SIGNATAIRES ISSUS DU MR:

Le score de l’extrême droite partout en Europe sonne comme un signal d’alarme qui doit pousser tous les libéraux au combat.
Notre monde actuel fait face à des changements profonds : résurgence des discours de peur et de haine, urgence climatique, difficultés institutionnelles, perte de confiance des citoyens, incapacité des partis classiques à mobiliser autour d’un projet de vivre-ensemble clair et à long terme, révolution numérique, mutations à venir en termes de mobilité et de mode de vie, besoin de repenser nos villes, etc.
Pour y répondre, complémentairement à son action dans les futurs gouvernements, notre parti doit prendre de la hauteur et se doter de nouvelles fondations.
Le départ de plusieurs de nos leaders pour de hautes fonctions européennes et l’élection à venir du nouveau président appellent notre formation à prendre le temps de la réflexion, à définir une ligne politique claire pour répondre aux attentes et besoins de notre temps.
Nous attendons des différents candidats et des instances du parti l’organisation d’un vrai débat d’idées en lieu et place de questions de personnes.
UN PROJET POLITIQUE FORT
Si le Mouvement réformateur a vocation à rassembler ce qui est épars, nous soutenons l’affirmation d’un projet politique fort, résolument progressiste et moderne, qui en constitue le socle commun auquel adhèrent militants et mandataires.
LES AXES FORTS DOIVENT EN EFFET ETRE :
• Défendre avec acharnement la liberté d’expression et la liberté d’entreprendre, sans lesquelles il n’y a pas d’avenir pour l’humanité. Mais aussi travailler à la réduction des inégalités, briser la reproduction sociale empêchant les nouvelles générations d’échapper au milieu défavorisé d’origine, faire disparaître les inégalités hommes-femmes, dépénaliser l’IVG, assurer l’égalité de tous les humains en regard de leurs choix de vie, de leurs origines, de leurs religions, de leurs préférences sexuelles.
Nous affirmons haut et fort que nous voulons promouvoir l’individu sans l’individualisme parce qu’il y a urgence à retrouver le goût d’être ensemble, à construire des projets communs, à retrouver la volonté d’agir, à cultiver le sens de l’engagement. Il n’y a pas de société si l’on réduit celle-ci à la simple juxtaposition des individus, à la satisfaction égocentrée des désirs individuels de chacun.
• La transformation du climat et la préservation de nos milieux de vie sont des enjeux fondamentaux pour la société, qui nécessitent des réponses politiques fortes et transversales aux différents domaines de l’action publique. Les politiques se doivent de promouvoir la voie de la durabilité par des choix cohérents, en guidant les citoyens et les organisations. Cela passera notamment par une incitation dans les investissements en matière de recyclage et une lutte drastique contre le gaspillage des ressources.
• Déployer un projet social qui prend en compte les questions de pauvreté et de cohésion sociale des grandes villes. L’avenir passe par le redéploiement économique à partir des zones urbaines et la transformation de nos villes pour qu’elles puissent répondre aux besoins de leurs habitants actuels et à venir, et offrir une qualité de vie, une sécurité et une ouverture sur le monde. Nos villes doivent être rayonnantes.
• Réaffirmer le principe d’impartialité de l’État, de la séparation entre les religions et l’État. Chacun a le droit de croire ou de ne pas croire, de pratiquer la religion ou la philosophie de son choix, mais dans sa sphère privée. Le droit prime sur la foi. Rejetant le repli sur soi communautaire, œuvrer à la mise en place d’une société interculturelle reposant sur les valeurs communes de tolérance et d’égalité. C’est particulièrement urgent à Bruxelles et dans les villes !
• Promouvoir la citoyenneté par son apprentissage tôt à l’école, et en associant ensuite le citoyen à la prise des décisions qui le concernent. Les libertés démocratiques s’estompent si on ne les entretient pas.
• Réinvestir dans notre enseignement, et redéfinir un projet éducatif émancipateur quelle que soit l’origine sociale des parents, par la mise en place de formations réellement qualifiantes dans les métiers d’avenir comme l’intelligence artificielle ou les biotechnologies, former à l’esprit critique indispensable à l’utilisation des nouveaux outils technologiques et à l’éthique.
• Travailler à un nouveau modèle économique, moderne, durable et plus proche ; un projet économique plaçant la Wallonie et Bruxelles enfin sur le chemin de la croissance pour s’assumer sans perfusion de l’État fédéral.
Si le MR ratait ce tournant, il se condamnerait à ne plus convaincre que ses électeurs les plus conservateurs.
IL Y A URGENCE
Les villes abriteront bientôt 80 % de la population. Le MR doit s’y réinvestir et prendre en compte tous les enjeux liés à leur diversité, à leur paupérisation croissante et à l’exode des classes moyennes vers les périphéries, sous peine de ne plus être qu’une expression politique marginale.
Oui, nous l’affirmons haut et clair : il y a urgence à redéfinir dans notre parti un nouveau projet politique progressiste à l’écoute des évolutions sociétales, en phase avec les urgences climatiques et les enjeux technologiques, en lien direct avec tous ceux qui sont lassés de la politique et qui attendent de nous un nouvel élan, un réel espoir autour d’un projet de société qui rassemble et fait grandir. Nous voulons travailler avec force, chacun mais ensemble, à rendre notre monde plus beau et plus harmonieux.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POUR UN LIBERALISME A VISAGE HUMAIN

« It takes three things to succeed ; a vision to see, the vigor to act and the heart to care ? »
Il est clair que le MR est devenu un parti sans vision, sans volonté et sans empathie depuis que Louis Michel, le père fondateur du libéralisme social  a quitté la présidence du parti. Il semble donc  urgent et prioritaire que les bleus, considérablement  affaiblis par cinq ans de coalition fédérale avec la NVA, retrouvent de la couleur et de la vigueur, surtout à Bruxelles où ils ont été laminés.  Avec le départ annoncé de Charles Michel et Didier Reynders le MR est comme un poulet sans tête courant dans toutes les directions, hormis la bonne.  La lutte pour conquérir la Présidence a des allures de course à l’échalote entre des candidats sans programme et sans projet. Ils ne veulent qu’une seule chose, le pouvoir, mais le pouvoir pour faire quoi?
Aucun des challengeurs annoncés ne se mobilise « autour d’un projet de vivre-ensemble clair et à long terme, de révolution numérique, de mutations à venir en termes de mobilité et de mode de vie, besoin de repenser nos villes, etc. »
Il est clair que le MR est assez mal perçu en région bruxelloise  dans les communautés issues de la diversité où il manque cruellement de  conseillers et de députés  de couleur. Pourtant d’innombrables petits entrepreneurs qui oeuvrent dans le bâtiment, l’horeca et le commerce de proximité sont issus de la diversité.  Ils constituent un gigantesque vivier de voix libérales  qui échappent totalement  au MR.
« Pour y répondre, complémentairement à son action dans les futurs gouvernements »,  le MR doit se doit de » prendre de la hauteur et se doter de nouvelles fondations. » C’est en effet d’une refondation en profondeur que le parti a besoin, sous  la houlette d’un homme ou d’une femme qui incarne de façon crédible ce libéralisme social auquel plus personne ne croit hormis Défi qui en a fait sa feuille de route.
Quels sont les mandataires  libéraux capables de définir et surtout d’incarner «  une ligne politique claire pour répondre aux attentes et besoins de notre temps ? »
Les signataires de cette carte blanche exigent « des différents candidats et des instances du parti l’organisation d’un vrai débat d’idées en lieu et place de questions de personnes. »
Ils plaident  « pour un projet politique fort, résolument progressiste et moderne, qui en constitue le socle commun auquel adhèrent militants et mandataires. »
Faut-il y voir un appel du pied au CDH qui se cherche en se ressoursant dans l’opposition, à l’aile sociale démocrate du PS et aux plus modérés de chez écolo ? A terme on peut l’imaginer mais en attendant il est essentiel que sorte du bois une personnalité forte capable d’impulser un souffle nouveau à un parti en plein désarroi. Qui ? Christine Defraigne ?
Christine Defraigne ne manque jamais  une occasion de rappeler qu’ «Il faut réaffirmer le libéralisme progressiste du MR»
L’échevine liégeoise, ex-présidente du Sénat, appelle carrément  à une refondation du MR. « Le Mouvement réformateur doit saisir les cinq années qui viennent pour refonder son projet sur les bases du libéralisme progressiste », a-t-elle  déclaré  à « La Libre ».
« Il faut réaffirmer le libéralisme progressiste du MR. Nous sommes une frange de militants, de mandataires qui se parlent. Nous avons même peut-être atteint aujourd’hui une taille critique au MR », ajoutait l’échevine liégeoise. Elle constate avec raison que les partis traditionnels ont été « grandement secoués » par les élections.
Mme Defraigne n’est pas indifférente à «  l’évolution sociologique dans les grandes villes, singulièrement Bruxelles et Liège,  l’avenir des bassins industriels ou encore l’intelligence artificielle comme autant de préoccupations insuffisamment présentes au MR. »
La libérale souligne aussi la nécessité d’un encadrement de la liberté économique, l’importance de la répartition des richesses et les préoccupations environnementales. « Réaffirmer tout cela via un manifeste ou une charte des valeurs libérales est essentiel. Le futur président ou la future présidente du MR devra mener une refondation du parti », exhorte Mme Defraigne.
En cela elle devançait en l’annonçant indirectement le manifeste des contestataires constructifs qui entendent bien :  
  « défendre avec acharnement la liberté d’expression et la liberté d’entreprendre,»
«  travailler à la réduction des inégalités, briser la reproduction sociale empêchant les nouvelles générations d’échapper au milieu défavorisé d’origine »,
«  faire disparaître les inégalités hommes-femmes »,
« assurer l’égalité de tous les humains en regard de leurs choix de vie, de leurs origines, de leurs religions, de leurs préférences sexuelles. »
« déployer un projet social qui prend en compte les questions de pauvreté et de cohésion sociale des grandes villes. L’avenir passe par le redéploiement économique à partir des zones urbaines et la transformation de nos villes pour qu’elles puissent répondre aux besoins de leurs habitants actuels et à venir, et offrir une qualité de vie, une sécurité et une ouverture sur le monde. Nos villes doivent être rayonnantes.
Veiller à ce que toujours  le droit prime sur la foi. Rejetant le repli sur soi communautaire,
’œuvrer à la mise en place d’une société interculturelle reposant sur les valeurs communes de tolérance et d’égalité. C’est particulièrement urgent à Bruxelles et dans les villes !
Promouvoir la citoyenneté par son apprentissage tôt à l’école, et en associant ensuite le citoyen à la prise des décisions qui le concernent. Les libertés démocratiques s’estompent si on ne les entretient pas.
• Réinvestir dans notre enseignement, et redéfinir un projet éducatif émancipateur quelle que soit l’origine sociale des parents, par la mise en place de formations réellement qualifiantes dans les métiers d’avenir comme l’intelligence artificielle ou les biotechnologies, former à l’esprit critique indispensable à l’utilisation des nouveaux outils technologiques et à l’éthique.
Si le MR ratait ce tournant, il se condamnerait à ne plus convaincre que ses électeurs les plus conservateurs.
La promotion d’un dialogue  interculturel et d’une dynamique inter générationnel sont également des jokers dont le  MR de Charles Michel a fait très peu de cas. Il n’ a pas su ou  pas voulu assurer au parti une relève de jeunes talents capables  de séduire la jeunesse  très sensible aux inégalités sociales et à la  problématique environnementale .  Ce n’est certainement pas en se radicalisant à droite et en jouant les Francken bruxellois , comme fut tenté de le faire  le flamboyant Alain Destexhe,  que le MR relèvera les défis qui attendent Bruxelles et la Région wallonne.   
MG

Aucun commentaire: