mercredi 18 septembre 2019

PS et Défi proposent de rendre l’école obligatoire dès l’âge de trois ans


Alors qu’une nouvelle loi abaisse à 5 ans l’âge de l’obligation scolaire, deux nouvelles propositions de texte visent désormais 3 ans. On se rapproche ainsi des objectifs du Pacte.
Le Soir
La vie politique a parfois des allures d’éternel recommencement… Quelques mois à peine après avoir voté un texte révisant à la baisse l’âge de l’obligation scolaire – c’était au printemps dernier –, des partis politiques francophones reviennent à la charge. Début septembre, à quelques jours d’intervalle, le PS d’abord, Défi ensuite ont remis à l’ordre du jour de la Chambre des propositions de loi visant à porter à 3 ans l’âge légal auquel un enfant doit fréquenter l’école maternelle.
Pour comprendre d’où l’on vient, il faut se souvenir que l’obligation scolaire est réglée par une importante loi de 1983 : à l’époque, elle avait modifié les antiques règles en vigueur (école pour tous de 6 ans à 14 ans) pour étendre le principe de fréquentation d’un établissement jusqu’à 18 ans. L’école maternelle reste par contre facultative. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUID DU NOUVEAU  PROJET EDUCATIF DE LA FEDERATION WALLONIE BRUXELLES, 

Caroline Désir qui succède à une méchante série de calotines bornées inspire la confiance pour mener cette tâche à bonne fins. Il était temps d’en finir avec la saga des Marie Dominique, Marie Martine et autre Joëlle aux ordres du Cegec arrogant et dominateur.
Il faudra être attentif à veiller à la stricte mise en œuvre de ce qui n’est encore qu’une  longue liste de déclarations d’intentions sorte de catalogue à la  Prévert émanant des trois formations qui constituent la majorité politique, en l’absence, notons le bien, du principal allié de l’école catholique, le CDH.
Voilà qui devrait permettre des avancées audacieuses de l’école publique qui en a fichtrement besoin
Ce texte ne se lit pas précisément comme un nouveau projet pédagogique mais il répond toutefois –de façon théorique-à la plupart des manquements que nous dénonçons depuis des années
Reste à envisager un audit permanent de leur mise en œuvre effective. Qui va se charger de cette mission ?
Concrètement , le texte relève que :
« l’HEURE EST A L’AFFIRMATION D’UNE AMBITION NOUVELLE » »
« L’enseignement demeurera la priorité absolue même dans un contexte budgétaire défavorable.
Les élèves recevront des apprentissages et des savoirs à la hauteur des défis qui les attendent
Tous seront tirés vers le haut dans un esprit d’émancipation jamais pris en défaut et une volonté farouche de n’abandonner personne sur le bord du chemin.
Permettre aux jeunes issus des milieux de s’affranchir et de vaincre les déterminismes de tous ordres.

• Préparer aux enjeux et aux opportunités de l’avenir de tous les jeunes aux enjeux et opportunités de l’avenir (défis technologiques, climatiques et démocratiques)
• Emanciper et préparer au monde de demain
• Repenser nos modes de vie et de consommation
• Développer le sens de l’initiative
• Encourager à devenir autonomes et responsables
• Accomplir des efforts et prendre part pleinement à la société
• Réduire les inégalités
• Encourager la participation des enfants, des jeunes et des familles «
Il s’agira d’agiter la sonnette d’alarme pour relever si nécessaire des manquements gouvernementaux au fil des ans, singulièrement en ce qui concerne les points suivants :
• Evaluation régulière des acquis du Pacte d’Excellence
• Développer le numérique au sein des écoles
• Veiller à une meilleure transition entre les niveaux d’enseignement
• Renforcer quantitativement et qualitativement l’apprentissage  des langues (création d’écoles bilingues  en Wallonie et à Bruxelles
• Soutenir et amplifier les projets novateurs
• Améliorer les dispositifs du suivi des élèves
• Evaluer l’organisation de la réforme de la formation initiale des enseignants  (postposée d’un an) et la budgéter
• Considérer français langue étrangère comme une compétence transversale
• Renforcer les apprentissages de base (lire écrire, comprendre ( !?!) communiquer, compter et calculer)
• Rompre avec le retard PISA) par un processus d’accompagnement personnalisé.
• Généraliser la remédiation immédiate personnalisée. (deux périodes d’accompagnement personnalisé hebdo  et une heure d’étude dirigée
• Développement d’activités der soutien scolaire de qualité et écoles de devoirs au sein ou à proximité de l’école.
• Prévoir un encadrement adéquat dans l’enseignement maternel
• Lutter contre de décrochage scolaire notamment par le sensibilisation des parents
• Accompagner les enfants qui connaissent des troubles d’apprentissage
• Réformer les dispositifs d’accueil  et de scolarisation des primo arrivants (élèves qui ne maîtrisent pas la langue d’apprentissage.
• Engagement d’un nombre plus élevé de puéricultrices
• Ancrer les connaissances numériques comme savoir à part entière
• Revaloriser les STEM (sciences , technologies, engineering and mathematics)
• Trop peu d’élèves se dirigent vers les STEMS qui doivent permettre de relever les défis majeurs de l’avenir (changements climatiques, défis énergétiques et technologiques. )
• Monitoring régulier des filières stem
• Favoriser les échanges entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur
• Proposer des activités extrascolaires  diversifiées à haute valeur pédagogique accessibles à tous les enfants
• Nécessité d’avoir des enseignants bien formés dans les classes alors que la pénurie s’aggrave
• L’amélioration de notre système éducatif et la lutte contre la pénurie passe par une plus grande reconnaissance du travail des équipes pédagogiques.
• Le gouvernement  s’engage à mener une réflexion globale  sur l’attractivité de la carrière d’enseignant (conditions de travail, barème, tutorat, etc)
• Diversifier les carrières (fonction de tutorat ou de coaching des jeunes enseignants ; aménagement des fins de carrière en réduisant le temps passé devant la classe)
• Valoriser les meilleures pratiques
• Soutenir et aiguiller les nouveaux  enseignants
• Elaborer des programmes de simplification administrative
• Assurer l’attractivité des fonctions  de direction. (barèmes en fonction des responsabilités.
• Créer des équipes mobiles  d’enseignants qui pourront suppléer les enseignants absents.
• Ne plus regarder l’enseignement qualifiant comme une filière de relégation.
• Actualisation du décret inscription
• Au lieu des concurrences stériles entre établissements, le gouvernement propose d’organiser l’offre scolaire non plus sur un mode  concurrentiel mais en établissant des coopérations. (partage d’infrastructures, de matériel ; collaborations inter réseaux …)
Intéressant, est-ce à dire que ce gouvernement pourrait s’orienter vers une sorte de réseau unique : précarité financière obligeant ? Lisons entre les lignes. Le CEGEC doit découvrir ceci avec inquiétude.
• Garantir  le caractère totalement public de l’enseignement organisé par la Fédération Wallonie Bruxelles.
• Soutenir les directions  et renforcer leur autonomie.
• Alléger et simplifier la charge administrative des écoles
Il s’agit d’un point fondamental qu’il faudra surveiller de très près.
• Encourager la mise en place de pools technico administratifs entre plusieurs écoles
• Renforcer la démocratie scolaire dès le plus jeune âge
• Plafonner le coût des sorties et voyages scolaires afin de faire des élèves des citoyen  à part entière dès leur plus jeune âge.
• L’école doit être un lieu ouvert et participatif.
• Examiner l’extension  à deux heures  de l’éducation à la philosophie et à la citoyenneté pour l’ensemble des élèves de l’enseignement obligatoire.
• Lutter contre le harcèlement et garantir à chaque enfant un cadre scolaire bienveillant
• Développer une véritable pédagogie de la neutralité.

J’ai zappé volontairement mais à tort les chapitres sur le supérieur et la Promotion sociale. Il faudra y revenir. Mais répétons une fois encore que rien ne réussira si on ne parvient pas à remotiver les mal aimés de l’enseignement qui en sont pourtant la cheville ouvrière : les professeurs. Puisse ce gouvernement de bonne volonté comprendre que sans une réforme profonde de la formation initiale et continuée des enseignants  il ne réussira pas à réformer l’école. La pénurie actuelle de profs « s'explique notamment par le fait que la majorité des enseignants ne se sentent pas considérés, soutenus ou reconnus par l'institution scolaire, la société ou les politiques. »
Soyons lucides : sans une école efficace la fédération Wallonie Bruxelles n’a aucun avenir.
MG 


ECOLE : LA PENURIE, UN PLAT QUI SE MANGE FROID
La pénurie s'aggrave et tartine les pages des journaux. Or, la recette proposée par les politiques pour redonner aux professeurs le goût de l'école doit encore mijoter.
La pénurie des professeurs infuse surtout dans l'enseignement secondaire et pour certaines matières comme les langues première et seconde, les mathématiques, les sciences ou la géographie. Elle gélifie aussi principalement dans les grands centres urbains et dans les écoles réputées "difficiles" où les conditions de travail sont considérées comme pénibles. Et à l'instar d'un nappage qui s'étale, celle-ci se répand et touche de plus en plus d'établissements. Hélas, la problématique ne va pas en s'améliorant. Alors que beaucoup de jeunes professeurs partent endéans les cinq ans, les étudiants délaissent les formations au métier de l'éducation.
Face à cette pénurie, des parents se tournent vers les cours particuliers, certains établissements scolaires font même appel à des sociétés privées. D'une part, cette solution réservée au gratin coûte cher et invalide l'idéal de gratuité de l'enseignement ; d'autre part, ces coachs achetés sous cellophane n'ont pas été formés pour donner les cours qu'ils dispensent.
Des remèdes sont alors maladroitement apportés... En effet, il est possible d'octroyer des titres de pénurie à des candidats bleus cuits sur le gril. Mais si ces candidats excellent dans leur domaine, qu'en est-il de leur formation pédagogique ? Il est également envisagé de faciliter le retour au métier pour des personnes qui ont précédemment quitté la profession. Mais si ces dernières sont parties, qu'en est-il de leur enthousiasme à remettre le couvert ? Il est enfin prévu d'encourager les enseignants à prester des heures supplémentaires avec avantages fiscaux. Mais si l'idée est appétissante, qu'en est-il de la quantité et de la qualité de travail ? Ces solutions à l'emporte-pièce ne donnent pas naissance à des profs excellents comme le scande l'élève sur la vignette, mais plutôt à des enseignants fort peu dans leur assiette qui jettent rapidement l'éponge.
Cette pénurie s'explique notamment par le fait que la majorité des enseignants ne se sentent pas considérés, soutenus ou reconnus par l'institution scolaire, la société ou les politiques. Ils sont pris dans le donut vicieux du nombre d'élèves par classe qui augmente, car il n'y a pas assez de professeurs et des professeurs qui partent, car il y a trop d'élèves. Ils sont souvent perçus comme des barmans faisant avaler aux élèves la lie du savoir à coup de photocopies, ou pire, comme des budgétivores profitant des deux délicieuses garnitures que sont juillet et aout. Ils ont perdu la position sacralisée du "maitre d'école", leur charge de travail est sous-estimée et le constat est amer.
Les politiques en sont conscients et une réflexion pour rendre la profession plus alléchante est mise sur le feu. La réforme à la formation initiale des enseignants en herbe, postposée d'un an, est une bonne initiative. Cependant celle-ci valorise les études et donc les détenteurs du diplôme et non le métier, la fonction en tant que telle. L'idée de permettre aux enseignants expérimentés d'aménager leur fin de carrière en mettant leur expérience au profit de leur école tout en réduisant leur temps de travail face à la classe est à nouveau une piste intéressante. Néanmoins, à court terme, loin de régler le problème de la pénurie, elle risque de l'accentuer.
Il semble donc que ces réponses sorties trop tôt des fourneaux ne sont pas assez gonflées pour faire monter le soufflé et que le Pacte d'Excellence doit encore étuver avant de devenir un plat chaud prêt à servir.
Fédération des Etudiants Libéraux



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