lundi 11 novembre 2019

Coalition fédérale: «Un gouvernement arc-en-ciel, l’alternative au chaos», selon Rudy Demotte


Belga Le Soir

Rudy Demotte « un gouvernement arc-en-ciel, c’est l’alternative au chaos » alors que le parti nationaliste a déposé des propositions institutionnelles imbuvables, confie-t-il. Quant à l’ancien Premier ministre Charles Michel (MR), « il a savonné la planche des négociations ».
 « Dans le contexte actuel, avec les propositions que la N-VA a mises sur la table, il n’y a pas de conciliation possible », 
Le parti nationaliste demandait des réformes qui modifient le « paradigme belge », explique Rudy Demotte. « Cela consistait à sortir la Belgique telle qu’elle est organisée sur base d’un État fédéral.  La N-VA mettait des éléments qui, pour nous, conduisaient inexorablement à une mise à zéro des mécanismes de solidarité en matière de sécurité sociale, qui conduisaient aussi l’État vers une forme plus ou moins aiguë de confédéralisme. »
En matière de soins de santé, la N-VA proposait de « prendre tous les mécanismes qui existent aujourd’hui au niveau de la solidarité interindividuelle pour en faire des mécanismes de solidarité interrégionale. C’est très différent. Cela impacte les recettes », détaille encore le socialiste.
 « On était dans le poste de pilotage, Geert et moi, et on avait l’impression que dans la salle des machines, on mettait de la substance explosive plutôt que du charbon dans la chaudière… », illustre-t-il.
Le génie de ceux qui arriveront à nouer les derniers fils, ce sera d’être capable de faire cohabiter des modèles de société très différents. Les verts, le PS, les libéraux n’ont pas la même vision de la société sur l’approche fiscale, sociale, économique, environnementale. Le socialiste a également déploré l’amertume que l’ancien Premier ministre semble avoir gardée à l’encontre de la N-VA après l’épisode du pacte de Marrakech et du PS pour son opposition


FORMATION FEDERALE : LA N-VA NE CROIT PLUS EN UNE COALITION AVEC LE PS
Le Vif

La N-VA ne croit plus en une coalition fédérale l'associant au PS. Entre les deux partis, sur le "plan socio-économique, il y a un grand canyon", admet ainsi Geert Bourgeois, dont la mission royale de préformation avec le socialiste Rudy Demotte a pris fin en début de semaine.
Pour illustrer le grand écart séparant les socialistes des nationalistes, Geert Bourgeois cite la façon d'atteindre l'objectif d'un taux d'emploi à 80%. "Le PS préfère doper l'emploi public et réduire le temps de travail avec maintien de salaire. Il ne veut pas d'une flexibilisation du marché du travail, ni d'une limitation dans le temps des allocations de chômage, ni de la suppression des prépensions. (...) Le PS veut augmenter les dépenses de 8 milliards d'euros et compenser cela par des augmentations d'impôts."
"Ça ne va pas. Nous soutenons le relèvement des pensions les plus basses, mais nous n'allons pas relever massivement toutes les allocations et faire payer la facture par le Flamand, qui assume déjà 70% des impôts dans ce pays", prétend l'ancien ministre-président flamand devenu député européen.
La Belgique existera-t-elle toujours dans cinq ans? "En 2024, je pense que oui", répond-il. Et après? "Nous verrons bien..."
La N-VA ne croit plus en une coalition avec le PS, affirme l’ex-préformateur Geert Bourgeois.

Geert Bourgeois cite la façon d’atteindre l’objectif d’un taux d’emploi à 80 %. « Le PS préfère doper l’emploi public et réduire le temps de travail avec maintien de salaire. Il ne veut pas d’une flexibilisation du marché du travail, ni d’une limitation dans le temps des allocations de chômage, ni de la suppression des prépensions. (…) Le PS veut augmenter les dépenses de 8 milliards d’euros et compenser cela par des augmentations d’impôts. »
 « Ça ne va pas. Nous soutenons le relèvement des pensions les plus basses, mais nous n’allons pas relever massivement toutes les allocations et faire payer la facture par le Flamand, qui assume déjà 70 % des impôts dans ce pays », prétend l’ancien ministre-président flamand devenu député européen.
A ses yeux, il n’y a pas qu’entre les socialistes et la N-VA que le fossé est profond. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BELGIQUE-ALLEMAGNE : DES  DESTINS CROISES ET LE GRAND ECART
« NUN WACHSE ZUSAMMEN, WAS ZUSAMMENGEHÖRE ». 
" QUE GRANDISSE MAINTENANT ENSEMBLE CE QUI EST FAIT POUR ÊTRE ENSEMBLE ". Aurait dit Willy Brandt quand le mur de Berlin tomba.
Le destin politique de l’Allemagne est l’exact contraire de celui de la Belgique. L’Allemagne traverse une phase de réunification lente et contrariée ; la Belgique est en voie d’évaporation accélérée.  Existera-t-elle toujours dans cinq ans ? « En 2024, je pense que oui », répond Bourgeois NVA ex co formateur et ancien ministre président de la future république des Flandres Unies . Et après ? « Nous verrons bien… »
L'image d'Épinal attachée à la réunification allemande a fait long feu : alors que, 30 ans après, le pays continue d'être divisé par les disparités économiques et sociales entre l'Est et l'Ouest, la percée fulgurante du parti d'extrême-droite Alternative für Deutschland (AfD) dans l'ex-RDA retentit comme un signal d'alarme. Le canari démocratique a succombé dans la mine asphyxié par les gaz dégagés par l’extrême droite renaissante. 

L’Allemagne fut très longtemps divisée, par une frontière idéologique et matérielle (1945-1989). Trente ans après la chute du mur et la réunification elle demeure séparée par de profondes différences de mentalités. Les nouveaux Länder issus de l’ancienne République Démocratique allemande votent massivement pour les partis de la droite extrême. Le troisième Reich devait durer  mille ans, il n’en a tenu que 12 avant d’être écrasé sous les bombes des alliés et voici que son spectre ressurgit dans les nouveaux Länder reconstruits.
La RDA a subi 66 années de totalitarisme entre 1933 et 1989 : 12 de nazisme ensuite 46 de stalinisme pur et dur.
  « NUN WACHSE ZUSAMMEN, WAS ZUSAMMENGEHÖRE » pensait Willy Brandt en 89 ; on n’est pas du tout qu’il l’ait vraiment dit. En rous cas, il se trompait…Les dizaines de milliards injectés par les Wessis (RFA) au bénéfice des Ossis (ancienne RDA) n’on t pas suffi à rapprocher durablement les mentalités. Nous les Belges on appelle ça des transferts. Ils n’ont servis à rien en Allemagne, ils ne tarderont pas à disparaître en Belgique, la NVA et le Belang en on fait la promesse à leur électorat. Y déroger serait perdre les prochaines élections qui risquent d’être anticipées, même très anticipées. 
Le royaume des Belges, à défaut d’être vraiment « uni » fut « unitaire » de 1830 à 1970. Elle accéda à l'indépendance en 1830 après diverses occupations : la romaine avec César, la germanique avec Charlemagne, la bourguignonne avec les Ducs installés à Bruges et Gand, l’espagnole avec Charles Quint et PhilippeII, l’autrichienne avec Marie Thérèse et Joseph II, la  française avec la Révolution et Napoléon et la hollandaise avec le bon roi Guillaume d’Orange.
Entre 1970 et 1993, le Royaume de Belgique a évolué vers une structure fédérale. Cinq réformes de l'État ont été nécessaires (en 1970, 1980, 1988-89, 1993 et 2001 pour y parvenir non sans peine et à la faveur d’une plomberie institutionnelle lourde dont très peu de citoyens belges comprennent le fonctionnement compliqué.  
Désormais l'article premier de la Constitution belge déclare : "La Belgique est un État fédéral qui se compose des communautés et des régions".
La sixième réforme donne à l’unité perdue le coup de grâce, le septième se prépare à disloquer le Royaume et à l réduire à l’état de confédération.
Aujourd’hui, le pouvoir de décision n'appartient déjà plus exclusivement au Gouvernement fédéral et au Parlement fédéral. L'administration du pays est maintenant assurée par diverses instances qui exercent de manière autonome leurs compétences dans les matières qui leur sont propres.
LES COMMUNAUTES
La répartition des compétences au travers des réformes successives de l'État a évolué selon deux axes principaux. Le premier se rattache à la langue et, de manière plus large, à la culture. Les Communautés en sont issues. Le concept de "Communauté" renvoie aux personnes qui la composent et aux liens qui les réunissent, à savoir la langue et la culture. Notre pays reconnaît trois langues officielles: le néerlandais, le français et l'allemand. La Belgique actuelle est donc composée de trois Communautés: la Communauté flamande, la Communauté française et la Communauté germanophone. Elles correspondent à des groupes de population que tout différencie et que pas mal de choses désormais opposent: des partis et des medias séparés et « séparants », l’enseignement, la culture et le parler quotidien. Une minorité de Belges est bilingue et une infime minorité ’s’avère trilingue, voire polyglotte et volontiers cosmopolite. 
 LES REGIONS
Le deuxième axe de la réforme de l'État trouve ses fondements dans l'histoire et, plus particulièrement, dans l'aspiration de certains à plus d'autonomie économique. Les Wallons ne furent pas les derniers à y aspirer, tandis que les Flamands visaient davantage l’indépendance culturelle. Les Régions sont le fruit de ces aspirations. La création de trois Régions en a été la conséquence: la Région flamande, la Région de Bruxelles-Capitale et la Région wallonne. Les Régions belges sont comparables, jusqu'à un certain point, aux États américains et surtout aux "Länder" allemands. Les Républiques américaine et allemandes forment une fédération et non pas une confédération d’Etats de plus en plus autonomes. L’Union européenne demeure une confédération avec des velléités centrifuges et nationalistes de plus en plus marquées et franchement affirmées, le brexit en étant la plus radicale.
Notre petit pays est également subdivisé en 10 provinces et 589 communes.
Ce que les politiciens indépendantistes refusent de voir c’est combien sont complexes et imbriqués les liens économiques et sociétaux résultant de myriades d’interactions quotidiennes.
L'ÉTAT FEDERAL, UNE COQUILLE QUI SE VIDE
L'État fédéral conserve des compétences résiduaires dans divers  domaines tels que les affaires étrangères, la défense nationale, la justice, les finances, la sécurité sociale, ainsi qu'une partie importante de la santé publique (la fameuse sécurité sociale) et des affaires intérieures, ... Les Communautés et les Régions sont cependant compétentes pour établir des relations avec l'étranger dans le cadre des matières qu'elles gèrent.
La NVA rêve d’autodétermination dans les domaines des finances (c’est chose faite et elle répugne de plus en plus à concéder plus longtemps des transferts vers la Wallonie et Bruxelles) de la la justice (La NVA exige une justice flamande), ainsi qu'une partie importante de la santé publique (la sécurité sociale est l’énorme pierre d’achoppement sur laquelle buttent tous les négociateurs,  la ligne rouge que le Parti socialiste wallon refusera obstinément de franchir, c’est le tabou auquel jamais il ne renoncera), et des affaires intérieures. Il ya déjà un ministre des affaires intérieures flamandes. C’est dire que les négociations ne sont pas du tout près d’aboutir. Geert Bourgois : «  Le PS veut augmenter les dépenses de 8 milliards d'euros et compenser cela par des augmentations d'impôts." "Ça ne va pas. Nous soutenons le relèvement des pensions les plus basses, mais nous n'allons pas relever massivement toutes les allocations et faire payer la facture par le Flamand, qui assume déjà 70% des impôts dans ce pays", a déclaré l'ancien ministre-président flamand devenu député européen.
La Belgique existera-t-elle toujours dans cinq ans? "En 2024, je pense que oui", répond-il. Et après? "Nous verrons bien..."
La N-VA ne croit plus en une coalition avec le PS, affirme l’ex-préformateur Geert Bourgeois ministre président de la Communauté flamande et fondateur de la NVA. C’est la raison pour laquelle Magnette se tourne désespérément vers un autre formule avec un pronostioque de réussite de 20%. « Le génie de ceux qui arriveront à nouer les derniers fils, ce sera d’être capable de faire cohabiter des modèles de société très différents. » Rudy Demotte
 C’est dire que nous allons tout droit vers des élections fédérales anticipées qui renforceront immanquablement le camp des autonomistes.
MG

BRUXELLES ET WALLONIE DEPENDENT FINANCIEREMENT DE LA FLANDRE ? C'EST UN PEU PLUS COMPLIQUE QUE ÇA
Eric Dor in La Libre Belgique (extraits)

Au cours de cet été, nous avons réalisé et publié de nouvelles estimations des flux de solidarité interpersonnelle entre les habitants des différentes régions de Belgique. Ces flux de solidarité interpersonnelle résultent essentiellement de la redistribution des revenus opérée par la fiscalité et la sécurité sociale. 
En moyenne, les habitants de Flandre sont contributeurs nets, à raison de 972 euros par personne et par an, en faveur des autres régions du pays. Les régions bénéficiaires sont la Wallonie et Bruxelles, avec des gains de 1437 euros et 953 euros par personne et par an, respectivement.
 Certains mouvements politiques autonomistes ont interprété ces résultats comme une nouvelle confirmation d’une dépendance excessive de la Wallonie au financement par la Flandre, qui nécessiterait une scission de la sécurité sociale et des avancées confédérales. 
Si les flux globaux de solidarité interpersonnelle vont de la Flandre vers les autres régions, c’est tout simplement parce que le revenu moyen y est supérieur à celui de la Wallonie et de Bruxelles. Heureusement, en Flandre, nombreux sont ceux qui sont conscients de tout cela, et s’opposent à l’exploitation politique des flux interrégionaux de solidarité interpersonnelle.
Pour être légitime, un mécanisme de solidarité de type assurantiel doit en effet être perçu comme potentiellement symétrique. Les contributeurs nets d’aujourd’hui doivent penser qu’il est possible que la situation se retourne un jour à leur avantage. Or, il y a une idée très répandue en Flandre d’après laquelle les habitants de Wallonie n’auraient jamais apporté de contribution nette à ceux de la Flandre. L’idée exactement inverse prédomine chez les francophones, prompts à affirmer que pendant longtemps, la prospérité industrielle de la Wallonie alimentait des flux vers la Flandre. Qui dit vrai ? Les travaux de Olivier Meunier, Michel Mignolet et Marie-Eve Leurquin, de l’Université de Namur, ont éclairé cette question. Ils montrent qu’entre 1830 et 1914, il n’y a que Bruxelles, avec l’ensemble du Brabant, qui fut structurellement contributeur net en faveur de la Flandre et de la Wallonie, sans mouvements financiers significatif entre celles-ci. Ils montrent aussi qu’entre 1918 et 1962, la fiscalité a dû induire une redistribution interpersonnelle de la part des habitants de Bruxelles, et dans une moindre mesure de Wallonie, en faveur de ceux de la Flandre. Entre 1955 et 1975, l’effet redistributif de l’assurance chômage a joué en faveur de la Flandre et fut financé surtout par Bruxelles, un peu par la Wallonie en début de période. On voit bien que la réalité scientifique diffère fortement des idées reçues.
Il convient en effet de se prémunir contre le danger que la solidarité interpersonnelle au niveau national soit remise en cause sous l’effet d’une propagande politique basée sur une argumentation irrationnelle et émotionnelle. Mais surtout, ces flux reflètent une moindre production moyenne de richesse par leurs habitants, qu’il convient de corriger dans leur intérêt.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET QUID DE L’EUROPE DESORMAIS A LA CROISEE DES CHEMINS  ?

L’Europe qui se réunifia à l’exemple de l’Allemagne dans les années nonante du siècle écoulé est traversée par une crise profonde centrifuge (qui tend à éloigner du centre) de caractère économique- la récession menace même l’Allemagne et socio culturelle, la crainte de l’immigration de masse symbolisée par le fameux « das schaffen wir » collé aux tailleurs d’Angela comme le Sparadrap à la barbe du capitaine Haddock. 
De même que  la Belgique, qui longtemps fur regardée comme son prototype et son modèle, la confédération européenne est en pleine crise. A l’occasion des célébrations du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Angela Merkel a exhorté samedi l’Europe à défendre «la liberté» et «la démocratie» de plus en plus « contestées ».
Donald Tusk sur la migration: «Pour sauver la démocratie libérale, il faut renoncer à l’approche naïve d’un humanitarisme total»
Mais qu’on n’aie crainte, Charles Michel  le super « spiderman » belge qui prend la place de Donald Task va y mettre très bientôt bon ordre.
Olivier Maingain a dénoncé le rôle « ambigu », selon lui, de l’ex-Premier ministre.« Charles Michel doit en finir avec cette idée de se préparer à une fonction européenne et continuer en même temps à jouer un rôle en politique intérieure, estime-t-il. Qu’il cesse de jouer dans les coulisses. »
Pour Olivier Maingain, Charles Michel « a placé sa garde rapprochée avec Sophie Wilmès pour continuer depuis le Conseil européen à jouer un rôle en Belgique. C’est ambigu, il doit choisir. Cet entre-deux qu’entretient Charles Michel est indigne de ses fonctions européennes. »
Pour le président de Défi les chances de Paul Magnette sont très faibles si certains partis continuent à considérer que la N-VA doit rester le maître du jeu. « La plupart des partis de pouvoir ont perdu, certes, mais cela ne justifie pas qu’on laisse à la N-VA les clés de la Belgique. »
Sale temps sur la Belgique, sur l’Allemagne et aussi sur l’ Europe.
MG

ANGELA MERKEL APPELLE L’EUROPE A DEFENDRE LA DEMOCRATIE
Le Soir
Samedi d’importantes célébrations ont eu lieu en Allemagne pour le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.
La chancelière allemande Angela Merkel a exhorté samedi l’Europe à défendre «la liberté» et «la démocratie» de plus en plus contestées, à l’occasion des célébrations du 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin. «Les valeurs qui fondent l’Europe, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit et la préservation des droits de l’Homme ne vont de soi» et «doivent toujours être défendues», a-t-elle assuré dans la chapelle de la Réconciliation, un des lieux de mémoire de la division de la ville du temps du Rideau de fer.
 «A l’avenir il convient de s’engager pour défendre les valeurs de l’Europe », a ajouté la chancelière.
«Le Mur de Berlin appartient à l’Histoire et nous enseigne qu’aucun mur qui exclut les gens et restreint la liberté n’est assez haut ou long qu’il ne puisse être franchi», a aussi souligné Angela Merkel, originaire elle-même de l’ancienne Allemagne de l’Est communiste, la RDA, et qui a entamé sa carrière politique dans le sillage de la chute du Mur de Berlin.
«Cela vaut pour nous tous, à l’Est comme à l’Ouest», a-t-elle jugé.
Merkel était accompagnée notamment des présidents de Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, des pays qui ont largement préparé le terrain à la chute du Mur le 9 novembre 1989 mais qui sont aujourd’hui aussi sous le feu de la critique, souvent accusés de ne pas pleinement respecter les règles de l’Etat de droit.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES MENACES QUI PLANENT ACTUELLEMENT SUR  NOS DEMOCRATIES.

A cette occasion solennelle, le président de la République Frank-Walter Steinmeier, a lui aussi ? insisté sur les menaces qui planent actuellement sur nos démocraties.
«La démocratie libérale est contestée et remise en question» trente ans après cet événement historique qui avait signé la fin de la Guerre froide, a-t-il déclaré. Il a prononcé un important discours en fin de journée à la Porte de Brandebourg, symbole de la division de la capitale allemande durant la Guerre froide dans lequel il il a exhorté les Etats-Unis de Donald Trump à faire preuve de "respect" à l'égard de leurs alliés et à tourner le dos à "l'égoïsme national".
Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle est honorifique mais qui est considéré comme l'autorité morale du pays, a mis les pieds dans le plat en soulignant à cette occasion la dégradation des relations translantiques ces dernières années.
"Nous, les Allemands, nous devons beaucoup à cette Amérique. A cette Amérique en tant que partenaire dans le respect mutuel, en tant que partenaire pour la démocratie et la liberté, contre l'égoïsme national. C'est ce que j'espère aussi à l'avenir", a asséné M. Steinmeier. Une allusion voilée, mais limpide, à l'administration actuelle à Washington.
Mais du contentieux au sujet des dépenses militaires à celui concernant le commerce, les relations entre l'Allemagne et les Etats-Unis n'ont jamais été aussi tendues dans la période d'après-guerre que depuis l'élection de Donald Trump. Au-delà, l'actuel chef de l'Etat américain a critiqué à plusieurs reprise l'Union européenne.
Le président français Emmanuel Macron s'est ainsi lui aussi cette semaine inquiété que "pour la première fois, nous avons un président américain (Donald Trump) qui ne partage pas l'idée du projet européen".
Steinmeier a déploré que "de nouveaux murs (aient) été construits dans tout le pays: des murs de frustration, des murs de colère et de haine".
L'Allemagne est en effet loin d'afficher le même optimisme qu'il y a 30 ans. La fracture politique et économique entre l'Est et l'Ouest du pays, plus riche, reste d'une brûlante actualité, en particulier avec le succès de l'extrême droite de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans l'ex-RDA communiste, où de nombreux habitants se sentent traités comme des citoyens de seconde classe.
De son côté le Président de la république française, Emmanuel Macron franchit le Rubicon…
MG


EMMANUEL MACRON JUGE L’EUROPE AU « BORD DU PRECIPICE » ET L’OTAN EN ETAT DE « MORT CEREBRALE »
Le Monde

Le chef de l’Etat français  s’alarme de son côté de la fragilité de l’Europe entre le désalignement de la politique américaine et l’émergence de la puissance chinoise, dans un entretien à « The Economist ». 
 Le Monde rapporte que le président français s’inquiète de la « fragilité extraordinaire de l’Europe », qui « disparaîtra » si elle ne « se pense pas comme puissance dans ce monde », 
 « Je ne crois pas dramatiser les choses, j’essaye d’être lucide », souligne Emmanuel Macron qui voit trois grands risques pour l’Europe : qu’elle ait « oublié qu’elle était une communauté , le « désalignement » de la politique américaine du projet européen, et l’émergence de la puissance chinoise « qui marginalise clairement l’Europe ».
« Depuis soixante-dix ans, on a réussi un petit miracle géopolitique, historique, civilisationnel : une équation politique sans hégémonie qui permet la paix. (...) Mais il y a aujourd’hui une série de phénomènes qui nous mettent dans une situation de bord du précipice », insiste M. Macron, qui voit aussi l’Union européenne « s’épuiser sur le Brexit ».
 « L’EUROPE A OUBLIE QU’ELLE ETAIT UNE COMMUNAUTE »
Le président français estime d’abord que « l’Europe a oublié qu’elle était une communauté, en se pensant progressivement comme un marché, avec une téléologie qui était l’expansion ». Selon le chef de l’Etat, il s’agit là d’une « faute profonde parce qu’elle a réduit la portée politique de son projet, à partir des années 1990 ».
Deuxième danger : les Etats-Unis qui restent « notre grand allié » mais « regardent ailleurs » vers « la Chine et le continent américain ». Ce basculement a été amorcé sous Barack Obama, estime le chef de l’Etat. « Mais pour la première fois, nous avons un président américain [Donald Trump] qui ne partage pas l’idée du projet européen, et la politique américaine se désaligne de ce projet », estime-t-il.
Citant la Turquie et la Russie,  il estime que si les Européens n’ont « pas un réveil, une prise de conscience de cette situation et une décision de s’en saisir, le risque est grand, à terme, que géopolitiquement nous disparaissions, ou en tous cas que nous ne soyons plus les maîtres de notre destin. Je le crois très profondément ».
Le président français a également estimé lors de ce même entretien que « ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN », l’expliquant par le désengagement américain vis-à-vis de ses alliés et de l’attitude d’Ankara, membre de l’Alliance. Il faut « clarifier maintenant quelles sont les finalités stratégique de l’OTAN », a affirmé le chef de l’Etat, en plaidant à nouveau pour « muscler » l’Europe de la défense, alors qu’un sommet de l’OTAN aura lieu à Londres début décembre.
« Vous n’avez aucune coordination de la décision stratégique des Etats-Unis avec les partenaires de l’OTAN et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’OTAN, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination », a-t-il souligné. « Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’OTAN. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TRIOMPHE DE LA DESUNION ?

La Belgique se désunit subrepticement sous nos yeux ébahis, l’Allemagne peine à s’unifier, l’Irlande  et l’Ecosse menacent de quitter le Royaume britannique bientôt désuni, l’Espagne redoute de perdre la Catalogne qui s’autonomise de plus en plus. L’Europe entière est en crise, Contestée par le groupe de Visgrad et travaillée par la montée des force centrifuges (le Rassemblement national (RN), la ligue de Salvini, l’Alternativ für Deutschalnd (AFD) ) Trente ans après la chuter du rideau de fer et les promesses de réunification et de fédération des Etats  l’’Europe peine à s’unifier, à se fédérer dans un monde de plus en plus brutal et de plus en plus incertain où elle ne parvient plus à faire entendre sa voix. Le trentième anniversaire de la chute du mur ne fut pas vraiment un jour de joie comme le sera demain le 11 novembre qui célébrera le presque centenaire de la fin de la pire des boucheries que connut l’humanité.  
MG 

SO UNTERSCHIEDLICH ENTWICKELT SICH DIE WIRTSCHAFT IN OST UND WEST
DER OSTEN HAT DEN WESTEN WIRTSCHAFTLICH NOCH LANGE NICHT EINGEHOLT. KANN ER AUCH GAR NICHT, SAGEN EXPERTEN. EIN ÜBERBLICK. 
CARLA NEUHAUS Tagesspiegel
Die Ambitionen waren groß: „Durch eine gemeinsame Anstrengung wird es uns gelingen, Mecklenburg-Vorpommern und Sachsen-Anhalt, Brandenburg, Sachsen und Thüringen schon bald wieder in blühende Landschaften zu verwandeln, in denen es sich zu leben und zu arbeiten lohnt.“
Das sagte der damalige Bundeskanzler Helmut Kohl (CDU) 1990 – und schürte damit Erwartungen, die er nie würde erfüllen können. Denn trotz jährlicher Milliarden aus dem Bund ist auch 30 Jahre nach dem Mauerfall die Kluft zwischen Ost und West noch immer groß.
Zwar haben sich die Regionen angenähert, wie der Blick auf die Zahlen zeigt. Trotzdem liegt Ostdeutschland auch 30 Jahre nach dem Mauerfall bei der Wirtschaftskraft lediglich auf 75 Prozent des Westniveaus. Mit anderen Worten: Auf den einzelnen Bürger heruntergebrochen erschaffen die Unternehmen im Westen weiterhin sehr viel mehr Waren und Dienstleistungen als im Osten.
Noch deutlich macht die Lage dieser Vergleich: Die ostdeutschen Bundesländer liegen bei der Wirtschaftskraft heute etwa dort, wo Westdeutschland in den 1980er Jahren stand. Beim verfügbaren Einkommen erreichen die Ostdeutschen den Stand, auf dem die Westdeutschen 1989 waren. Auch beim Geldvermögen sieht man noch eine Zweiteilung:
Doch so krass diese Zahlen klingen, so darf man daraus doch keine allgemeine Schwäche des Ostens ableiten. Das meint zumindest Joachim Ragnitz, stellvertretender Geschäftsführer der Niederlassung Dresden des Ifo Instituts. Womöglich, schreibt er, seien 30 Jahre doch „ein zu kurzer Zeitraum, um regionale Wirtschaftskraftunterschiede abzubauen.“
Zum einen lag die ostdeutsche Wirtschaft nach der Wende am Boden. Zum anderen hat Westdeutschland sich in den letzten 30 Jahren sich wirtschaftlich kräftig entwickelt. Um aufzuholen, hätte die Wirtschaft im Osten also sehr viel stärker wachsen müssen als im Westen. Ragnitz schreibt deshalb: „Es ist eher bemerkenswert, dass Ostdeutschland in den letzten Jahren überhaupt mit der Wirtschaftsentwicklung in Westdeutschland hat mithalten können und nicht weiter zurückgefallen ist.“
Zumal die ostdeutschen Bundesländer nach dem Mauerfall erst einmal den Umstieg von der Planwirtschaft auf die Marktwirtschaft stemmen mussten. Viele der volkseigenen DDR-Betriebe sind nach der Wende pleite gegangen oder zerschlagen worden. Allein die Treuhand hat bis 1994 rund 3500 Firmen abgewickelt. Entsprechend viele Menschen haben dadurch ihren Job verloren.
Arbeiteten vor dem Mauerfall noch über vier Millionen Menschen in den DDR-Betrieben, waren es bei der Auflösung der Treuhand 1994 nur noch 1,5 Millionen Menschen. Zwar sind im Osten durchaus auch neue Jobs entstanden, aber häufig in ganz anderen Bereichen. So sind zum Beispiel in der ostdeutschen Industrie lediglich 20 bis 25 Prozent der Arbeitsplätze in den 1990er Jahren erhalten geblieben. Und ausgleichen konnte das der wachsende Dienstleistungssektor kaum.
Erst in den letzten Jahren hat sich die Arbeitslosenquote in Ost und West angenähert:
Auch aufgrund des schwachen Arbeitsmarkts sind viele Menschen abgewandert. Allein 1989 und 1990 haben 800000 den Osten verlassen. Aber auch Anfang der 2000er Jahre gab es eine weitere Welle, als vor allem junge Menschen auf der Suche nach Jobs in westliche Bundesländer umzogen. Mittlerweile hat sich der Trend umgekehrt: 2017 sind erstmals mehr Menschen von West nach Ost gezogen als andersherum:
Ein Grund dafür ist das Studium, das in Städten wie Leipzig, Jena und Dresden beliebter geworden ist. Den über Jahrzehnte anhaltenden Bevölkerungsschwung kann das aber noch lange nicht ausgleichen. Dazu kommt, dass Prognosen zufolge aufgrund der Altersstruktur die Zahl der Erwerbsfähigen im Osten sehr viel stärker zurückgehen wird wie im Westen.
Deshalb glauben auch 30 Jahre nach dem Mauerfall viele Ökonomen nicht, dass Ostdeutschland den Westen wirtschaftlich so schnell wird einholen können. Einer Umfrage des Ifo-Instituts zufolge rechnen 69 Prozent der Experten damit, dass der Osten über Jahre, wenn nicht gar Jahrzehnte abgehängt bleibt. 
Par conséquent, même 30 ans après la chute du mur de Berlin, de nombreux économistes ne croient pas que l'Allemagne de l'Est pourra rattraper l'Ouest aussi rapidement sur le plan économique. Selon une enquête de l'Ifo Institute, 69 pour cent des experts s'attendent à ce que l'Est reste dépendant pendant des années, voire des décennies.
Ein Grund dafür ist die Wirtschaftsstruktur im Land. Denn die ist seit der Deindustrialisierung vor allem von kleinen Betrieben geprägt. So schafft es aktuell zum Beispiel kein ostdeutsches Unternehmen unter die 30 wichtigsten Börsenkonzerne, die im deutschen Leitindex Dax vertreten sind. Ein Nachteil ist das nicht nur, weil Großkonzerne viele Jobs schaffen. Sondern weil sich um sie herum auch meist eine Zulieferindustrie ansiedelt.
Dass das im Osten fehlt, liegt nach Ansicht des Institut für Wirtschaftsforschung in Halle auch an der Politik. So sind viele der Subventionen für Unternehmen im Osten an Arbeitsplätze geknüpft: Geld fließt nur, wenn dafür Jobs erhalten oder gar neue geschaffen werden. Was sozial sinnvoll klingt, kann nach Ansicht der Forscher dazu führen, dass Jobs entstehen, die es unter normalen Bedingungen gar nicht geben würde. Dem Osten hilft das nur kurzfristig. Langfristig verlieren die Unternehmen auf diese Weise Wettbewerbsfähigkeit. Blühende Landschaften entstehen so kaum.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
 LES LIMITES DE LA DYNAMIQUE DES TRANSFERTS

Selon l'Institut de recherche économique de Halle, cette situation est de la responsabilité du politique. « Une grande partie des subventions accordées aux entreprises de l'est (nous appelons cela  chez nous des transferts) sont liées à l'emploi : L'argent ne circule que lorsque des emplois sont créés ou même de nouveaux emplois sont créés artificiellment. Selon ces chercheurs, ce qui semble socialement raisonnable peut conduire à la création d'emplois qui n'existeraient pas dans des conditions normales. Cela n'aide l'Est qu'à court terme. À long terme, les entreprises perdent ainsi leur compétitivité. Les paysages florissants ne surgissent jamais de cette manière. » 
Il est clair que les seuls transferts ne permettront pas plus  à la Wallonie qu’à l’ancienne Allemagne de l’Est de rattraper de sitôt l’immense retard qu’elles accusent l’une par rapport à l’ancienne RFA , l’autre par rapport à la Flandre. Mais sans transferts (après 2025 ce sera terminé) cela risque d’être encore plus difficile. On imagine difficilement que, même en cas de succès des négociations arc en ciel (même Magnette n’y croit pas) , une coalition de ce type soit capable de relever un tel défi. C’est dire que la Belgique cette fois est à la croisée des chemins. Confédéralisme ? Rattachisme à la France ? Formation d’une Belgique résiduaire (La Wallonie plus Bruxelles ? 
Il se pourrait que des élections anticipées que beaucoup redoutent (mais pas le Belang et à mon sens pas la NVA) nous apportent un nouvel éclairage. En politique disait André Cools c’est presque toujours le pire qui se produit !
MG

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