dimanche 17 novembre 2019

Jean-Claude Marcourt sur le dossier Nethys

Jean-Claude Marcourt sur le dossier Nethys: "On ne peut qu'être effaré devant des sommes pareilles, spécialement en ce qui concerne Stéphane Moreau"
Belga La Libre Belgique

Jusqu'ici silencieux dans le dossier Nethys/Publifin, l'homme fort du PS liégeois, Jean-Claude Marcourt, prend la parole dans les colonnes de Sudpresse, vendredi. "On ne peut qu'être effaré devant des sommes pareilles, spécialement en ce qui concerne Stéphane Moreau. Il pète tous les plafonds!", s'offusque celui dont la responsabilité dans l'affaire a parfois été pointée du doigt.
Le Soir a révélé mercredi soir que quatre managers de Nethys se sont partagé plus de 18,6 millions d'indemnités et bonus, donc 11 millions pour Stéphane Moreau.
"On demande à tout le monde de faire des efforts, dans tous les domaines. Et là, on a ces montants exorbitants! Cela montre bien qu'il y a une dérive totale, qu'on n'y avait plus aucun sens commun", réagit Jean-Claude Marcourt.
A plusieurs reprises pourtant, le nom de l'actuel président du Parlement wallon a été cité comme incarnant une "main invisible" et étant au courant des décisions stratégiques chez Nethys. Mi-octobre, le directeur des mutualités socialistes Jean-Pascal Labille avait encore à demi-mot pointé sa responsabilité ainsi que cette de Daniel Bacquelaine (MR).
"C'est un fantasme évoqué par certains pour faire porter la responsabilité à d'autres", rétorque M. Marcourt. "Je n'étais au courant de rien par rapport à cela. On n'a été sollicité par personne de chez Nethys et on ne nous a demandé notre avis sur rien".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
STEPHANE MOREAU A SIGNE L’ARRET DE MORT DU PS

Bart de Wever n’a aucune raison de craindre des élections anticipées. Si on devait voter demain, en Wallonie et à Bruxelles, le Parti socialiste serait lourdement pénalisé- Marcourt est aux abois- pour le scandale des 18 millions « la cagnotte du peuple » (Claude Demelenne) par l’électorat indigné au bénéfice du PTB ; en Flandre, le Belang poursuivrait sa résistible ascension au détriment de la NVA certes mais au bénéfice du camp nationaliste, confédéraliste autrement dit indépendantiste. Il y aura moyen alors  de « s’arranger » au fédéral avec le MR de Bouchez pour former l’ultime coalition fédérale pour une législature constituante chargée d’organiser la liquidation du pays sur le thème « que voulons nous encore faire ensemble ? »
C’est dire combien il serait souhaitable que se crée très vite sous la houlette de la brillante et téméraire Christine Defraigne un mouvement centriste progressiste, réunissant tous les déçus de la social démocratie et du libéralisme social y compris au sein du CDH moribond. C’est maintenant ou jamais. Il faut voir ou revoir « le grand oral » (RTBF) de la sémillante Christine Defraigne pour comprendre qu’elle est la femme de la situation. Il s’ouvre en effet, à Wallobrux, un boulevard entre les parvenus du PS et les Laurel et Hardy du MR, ces arrivistes aux dents longues qui ne rêvent que de pouvoir et n’ont pas de vrais projet pour Wallobrux si ce n’est d’y infléchir une dynamique à la Francken avec un programme populiste à la Destexhe.
Christine Dafraigne, vous avez rendez-vous avec l’histoire. Ne le manquez pas.
MG

LA LETTRE DE CLAUDE DEMELENNE A STEPHANE MOREAU: «TES MILLIONS, C’EST LA CAGNOTTE DU PEUPLE!»
     
 PAR CLAUDE DEMELENNE, ESSAYISTE LE VIF

Militant de gauche, ardent défenseur de la social-démocratie, Claude Demelenne confesse toute sa révolte à l’adresse de son ancien « camarade », ex-CEO de Nethys, qui a perçu plus de 11 millions d’euros d’indemnités.


Salut Stéphane,
Tu permets que je te tutoie. En souvenir de nos combats communs. Car nous sommes des ex-camarades. Nous ne nous sommes croisés qu’une fois. Mais je m’en souviens comme si c’était hier. C’était il y a un peu moins de dix ans, lors d’une réception de Nouvel An du PS liégeois. Tu en étais, à l’époque, l’un des piliers. Journaliste « de gauche », je n’ai jamais mis mon drapeau en poche. Ni ma proximité idéologique avec la social-démocratie. Bref, nous appartenions à la même famille.
« LE PS LIEGEOIS ? DES PLEUTRES ! »
Lors de notre brève rencontre, je t’ai trouvé rayonnant. Tu avais quelques raisons d’être fier de toi. Tu étais le patron de Tecteo, « la plus grande intercommunale du monde ». Ce n’est pas rien. Tu étais la preuve que l’ascenseur social fonctionne encore. Tu viens d’un milieu populaire ; tu es devenu un capitaliste rouge, sans complexe ni tabou. Bravo l’artiste !
Cher Stéphane, cette réception du Nouvel An était très réussie. Je t’ai trouvé très à l’aise. Les petits fours étaient excellents. Le champagne coulait à flot. Tu étais tout sourire aux côtés de ton pote Jean-Claude Marcourt. Un vrai camarade, celui-là. Pas comme ces pleutres du PS liégeois qui t’ont laissé tomber au premier froncement de sourcils du Boulevard de l’Empereur. Pas comme Laurette Onkelinx, qui a trouvé ton salaire «indécent». Toi aussi, comme Laurette, tu viens du peuple, tu as connu les fins de mois difficiles. Elle ne peut pas te reprocher d’économiser pour tes vieux jours.
« ELIO EST UN GAGNE-PETIT »
Mais je repense à Jean-Claude Marcourt. Je me rappelle, il était furieux contre Laurette, qui avait eu des mots méchants à ton égard. « Il n’y a pas de problème Moreau », a déclaré solennellement Jean-Claude. Sa disgrâce a commencé ce jour-là. Elio était fou de rage contre Jean-Claude. Au fond, Elio est un gagne-petit. Cher Stéphane, tu n’as jamais compris comment un fils de prolo comme Elio, a pu, tout au long de sa brillante carrière, se contenter d’un modeste salaire de député, ou de ministre.
Ces dernières années, je t’ai un peu perdu de vue. Mais j’ai suivi de près, dans la presse, ta fulgurante trajectoire. Surtout financière. J’étais fasciné. Enfin, un capitaliste rouge qui s’assume. Enfin un camarade qui est copain comme cochon avec les plus grands capitaines d’industrie. C’est important, d’avoir des copains. Surtout quand on a des soucis. Et des soucis, cher Stéphane, tu en as eu, et pas des moindres, depuis notre furtive poignée de mains. Comme disait Chirac, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille ».
 « IL FAUT DEFENDRE TES ACQUIS SOCIAUX »
A propos d’emmerdes, l’une des pires fut l’odieuse remise en cause de tes acquis sociaux. En gros, tu gagnais un petit million d’euros par an. Pas mal, mais pas de quoi plastronner parmi ta bande de copains, Francois Fornieri, Pol Heyse et les autres. Des vrais ambitieux, ceux-là. Prêts à tout pour gagner des millions. Tes modèles. Pas Jaurès, faut pas rigoler. Fornieri ! Encore un fils du peuple – petit-fils de mineur – qui a pris sa revanche. Fier de rouler en Ferrari. Sa société, Mithra, tourne autour d’une valorisation boursière d’un milliard. Là, cela devient sérieux. Et toi, Stéphane, tu as des étoiles plein les yeux.
Mais reparlons de tes acquis sociaux. Tes anciens camarades ont fait voter un décret qui rabote ton salaire. Des jaloux ! Tu gagnais un petit million par an, plouf, tu devras te contenter d’un ridicule 245.000 euros. Une misère. J’étais triste pour toi. Et même un peu révolté. Je n’ai pas entendu la FGTB protester contre cette agression caractérisée contre le monde du travail. Les syndicats ne sont plus ce qu’ils étaient. Tous vendus au Boulevard de l’Empereur.
« BIEN DODU, TON LAPIN ! »
L’autre jour, je t’ai regardé à l’émission dominicale de Pascal Vrebos, sur le plateau de RTL-TVI. Tu t’es présenté en victime, et tu as eu raison. Quel honnête travailleur accepterait sans chialer qu’on divise par quatre le montant de son salaire  ? J’étais effondré. L’espace de quelques secondes, tu m’as fait pitié. Licencié sans indemnité, ont même réclamé certains. Quelle indécence ! Mais j’ai vite vu dans ton regard que tu ne céderais pas aux chiens, ni aux envieux. J’en étais certain, tu allais sortir un lapin de ton chapeau.
Bien dodu, le lapin. Le Soir l’a révélé, tu es parti avec la caisse. Enfin, une partie de la caisse : 11,6 millions. Beau pied-de-nez aux médiocres qui doutaient de ton esprit visionnaire pour Liège et accessoirement pour ta modeste personne.
 « L’HOMME LE PLUS HAÏ DE BELGIQUE »
Evidemment, les journalistes, les donneurs de leçons et tes ex-camarades – qui t’ont même exclu du Parti – ont excité le petit peuple contre toi. Tu es devenu l’homme le plus haï de Belgique. Le gouvernement wallon, noyauté par les gauchistes et les syndicalistes, a déposé des plaintes en justice. La justice de classe va encore frapper, je le crains. Les juges vont s’acharner contre toi, parce que tu es un enfant de la classe ouvrière. Le nouveau président du PS, ce Magnette que tu n’as jamais pu piffer, trop intello, trop doctrinaire, ne sera pas le dernier à dresser les potences.
Ils vont tous te laisser tomber. Même Jean-Claude Marcourt, qui n’a pas encore pris le temps de te téléphoner entre deux séances du parlement wallon. Dans la presse, il se dit «choqué» par tes millions. Sans doute vise-t-il un poste dans le futur gouvernement fédéral. Pour ma part, cher Stéphane, je reste solidaire. Tu peux compter sur moi. Dès aujourd’hui, je mobilise mes amis de gauche et même d’extrême gauche, toujours prêts à pétitionner pour défendre la veuve et l’orphelin. J’ai trouvé un titre sympa pour notre pétition : « Il faut sauver le soldat Moreau ». Ou si tu préfères : « Pas touche aux millions de Moreau ». Les vrais socialistes vont enfin se compter. Tes millions, cher Stéphane, c’est la cagnotte du peuple, je sais qu’ils sont chez toi en lieu sûr. Continue le combat, cher Stéphane. Venceremos !

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
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