samedi 9 novembre 2019

Magnette suscite la "suspicion", mais il ne faut pas le "sous-estimer" : revue de presse des journaux flamands


Jonas Legge La Libre Belgique

Les annonces faites, ce jeudi, par l'informateur royal Paul Magnette ont été scrutées et commentées dans les journaux flamands. Voici une revue de presse du nord du pays.

Même si Paul Magnette a évalué ses chances de réussite à deux sur dix, l'éditorialiste du Laatste Nieuws enjoint ses lecteurs à ne pas "sous-estimer" le socialiste. "Avec une présence et une aisance dont tout autre politicien belge est secrètement jaloux, il s'est lancé hier comme informateur", écrit Jan Segers, qui vante le "néerlandais excellent" du Carolo.
L’éditorialiste prévient tout de même : "Il devra se débarrasser de sa peau de président polarisant et polémique du Parti socialiste au profit de celle d'informateur. Ce n'est pas facile, car Paul Magnette suscite surtout la suspicion en Flandre, pas la confiance (...) Il va maintenant devoir charmer les partis flamands, pas les alarmer."
Dans le Nieuwsblad, Pieter Lesaffer estime que la tentative de former une coalition alliant PS et N-VA était "une voie sans issue". "Dans une telle situation, la seule solution est d'essayer une autre rue, même si cela s'avère temporaire."
Lui aussi insiste sur l'aspect personnel : "Du côté flamand, Magnette est beaucoup mieux perçu qu'Elio Di Rupo, même s'il est au moins aussi à gauche et encore plus dogmatique que son prédécesseur". Pieter Lesaffer prévient qu'il y a encore "beaucoup d'embûches".
Bart Haeck, dans De Tijd, souligne que, même si le socialiste a annoncé un changement d'approche (d'abord discuter du contenu d'un accord avant d'envisager quels partis formeront une majorité), il n'en est rien, ou presque. "Tout cela sonne bien, mais si vous lisez les mots, vous verrez à quel point peu de choses ont changé."
"Au début de cette semaine, on s'attendait à ce que le roi gagne du temps en recevant tous les présidents de parti. La surprise qu'il ait nommé Magnette à titre d'informateur n'en est pas une, à bien y réfléchir. Le roi gagne simplement du temps, d'une manière différente", estime le quotidien économique.
Dans un article intitulé "Magnette invite à nouveau dix personnes au café", De Standaard juge lui aussi que "la méthode que Magnette préconise est la même que celle des informateurs précédents, Johan Vande Lanotte (SP.A) et Didier Reynders (MR)". Le quotidien ajoute toutefois que "contrairement à Vande Lanotte, Magnette n'est pas une éminence grise sans intérêts majeurs dans la formation ; c'est un président de parti qui peut jouer une partie de poker avec engagement. Il fait la même chose avec un style et une urgence différents"


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE ENTREE EN FAFANRE : LE MAGNETISME DE MAGNETTE

La conférence de presse de Paul Magnette fut un grand moment théâtral.  Monsieur le professeur Magnette a montré qu’il savait y faire dans les deux langues et même s’il n’a en aucune manière changé le cap, il a réussi l’exploit de s’imposer d’emblée comme l’homme fort wallon, l’anti Michel mais aussi l’anti Di Rupo face à un Bart De Wever qui doucement chancelle de son piédestal. Sur le fond ce n’est pas une révolution, sur la forme c’est un coup de tonnerre dans le landerneau politique belge. Cet homme coiffé d’une double casquette d’informateur et de président du PS a montré d’emblée qu’il avait du style et mieux encore du caractère. 
Koen  Geens (CD&V) qui se rêve premier ministre et il en a la statutre-  continue à préférer l’option violet-jaune (PS-NVA). Il redoute en effet de devoir faire le grand écart entre un gouvernement flamand très à droite auquel il participe et une coalition fédérale très à gauche. 
Le veto de principe contre pourpre-vert n’ a donc pas  été levé  car le parti de Geens continue à  privilégier l’ association  avec la  N-VA et PS comme axe central.
Geens : "Nous allons écouter M. Magnette demain, parce que nous sommes ouverts au dialogue. Nous lui dirons nous-mêmes ce que nous avons toujours dit : « jaune pourpre est à nos yeux la seule option".
Pourtant vendredi en début de journée, Mathias De Clercq, bourgmestre VLD de Gand a lancé un ballon d’essai en faveur de la coalition arc en ciel préconisée par Magnette avec un pronostic de succès de 20%.
En politique, disait André Cools, c’est souvent l’imprévisible qui se produit. Le prévisible c’est de nouvelles élections mais personne n'en veut rien entendre sauf le PTB et le Belang et possiblement Bart De Wever…
MG



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