mardi 12 novembre 2019

Six arrestations pour financement du terrorisme en Belgique et aux Pays-Bas


Plus de 130.000 euros en auraient été retirés en espèces et apportés en Syrie par les suspects.

Six hommes ont été arrêtés en Belgique et aux Pays-Bas dans le cadre d’une enquête internationale pour financement du terrorisme. D’après le parquet néerlandais, en 2013 et 2014, ces individus auraient transmis de l’argent à des combattants de l’organisation terroriste Etat islamique ou à des personnes qui leur étaient liées en Turquie ou en Syrie.
L’argent aurait été collecté par une fondation dans le but de «fournir une assistance aux victimes de la guerre». La justice soupçonne qu’au moins 200.000 euros ont été réunis de la sorte aux Pays-Bas. Plus de 130.000 euros en auraient été retirés en espèces et apportés en Syrie par les suspects.
Le reste de l’argent aurait servi à financer les voyages et l’un des individus aurait versé une partie de l’argent à une autre de ses fondations. Il est dès lors également soupçonné de détournement de fonds.
Mardi dernier, trois hommes ont été arrêtés dans le centre des Pays-Bas et deux autres l’ont été en Belgique. Un sixième suspect a été appréhendé mercredi, toujours dans la région centrale des Pays-Bas. Le parquet néerlandais ne précise pas d’où viennent les suspects.
Des disques durs et divers documents et archives ont été saisis lors de perquisitions en onze endroits du centre des Pays-Bas et en Belgique.
Cette enquête a débuté à la suite de la publication d’un rapport officiel des services secrets néerlandais AIVD au printemps 2018.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET VOICI QU’ON RECLAME LE RETOUR DES COMBATTANTS AU PAYS

Voilà qui est bien singulier. Ils sont partis, financés par des coreligionnaires -j’ai failli écrire « co-légionnaires »- belges et hollandais, ils ont été vaincus et voici qu’il convient, aux yeux de certains,  de les rapatrier impérativement ainsi que leurs compagnes et leur progéniture. La belle affaire.
Il serait temps qu’on comprenne que l’islamisme-je n’ai pas dit l’islam-est l’ennemi juré et radicalisé de la démocratie et de la laïcité.
Reste à déterminer quelle est la différence entre l’islamisme- volontiers de caractère salafiste, çad intégriste- et l’islam. Vaste question aurait dit le général. Aussi vaste que la différence entre le socialisme et le national socialisme ou entre le marxisme et le stalinisme et j’ajouterais volontiers entre les défenseurs acharnés de la nature et les partis écologistes.
L’islamisme est, à n’en point douter, le troisième totalitarisme après le nazisme et le stalinisme.  Les islamistes rêvent d’un califat totalitaire d’au moins  mille ans où règnerait la sharia en maîtresse absolue. Dit autrement, ils veulent la guerre totale contre le système politique qui régit le monde libre depuis près de deux siècles. L’islamisme est une instrumentalisation politique et totalitaire de l’islam et de son texte fondateur le Coran. Beaucoup s’y réfèrent, peu nombreux sont ceux qui l’ont lu et moins encore ceux qui en saisissent le sens profond qui est de nature profondément éthique comme les deux premiers testaments dont il s’inspire du reste très largement puisqu’il se regarde comme « le rappel ». Allez expliquer à un Eichmann qu’il était au service d’une idéologie national-socialiste donc au fond socialiste. Eichmann, disait Hannah Arendt, était un bouffon pathétique. Pourquoi ? Parce qu’il était incapable de penser par lui-même et par conséquent d’exercer le moindre jugement critique. 
C’est pareil pour les islamistes radicalisés que seule, selon nous,  une lecture éthique et critique du Coran serait capable de dé radicaliser.
La tâche est  aussi difficile que de tenter de « dénazifier » un fanatique hitlérien.
Feu Mohammed Arkoun, le grand islamologue qui enseigna longtemps à la Sorbonne posa la question essentielle.
« ASSISTERONS-NOUS A LA MODERNISATION DE L’ISLAM OU A L’ISLAMISATION DE LA MODERNITE ? » C’est clair les islamistes djihadistes ou simples militants ne vivent que pour islamiser la modernité. Qui donc, à part quelques illuminés de DiverCity et d’ailleurs rêve encore de moderniser l’islam, c'est-à-dire de remplacer l’islam en Europe par un islam d’Europe dispensé par des imams formés au libre examen des écritures (un invention protestante) dans nos universités belges.
Visiblement le politique refuse, à tort, de soutenir et de financer une telle démarche. Le monde politique fait l’autruche et refuse de s’intéresser à qui prêche dans nos mosquées européennes, à savoir le plus souvent des imams importés de pays où domine soit le salafisme soit la pensée des frères musulmans, ces crypto islamistes à la Taricq Ramadan. 
Ils étaient 13. 500 à défiler dans les rues de Paris contre l’islamophobie. Qu’est-ce à dire ? 
MG


 PLUS DE 13 000 PERSONNES MARCHENT A PARIS CONTRE LA STIGMATISATION DES FRANÇAIS DE CONFESSION MUSULMANE
La manifestation de dimanche a dénoncé les actes antimusulmans, après avoir divisé la gauche et suscité les critiques du Rassemblement national.
Par Cécile Chambraud  Le Monde

 « L’islamophobie n’est pas une opinion, c’est un délit », pouvait-on lire sur l’une des pancartes de tête. Après avoir divisé la gauche et suscité de vives critiques de la part du Rassemblement national (RN) toute la semaine, un défilé contre l’islamophobie visant à dénoncer les actes antimusulmans a rassemblé dimanche 10 novembre quelque 13 500 personnes à Paris, selon les calculs du cabinet d’études indépendant Occurrence.
 « Vivre ensemble, c’est urgent », a clamé le cortège. « Oui à la critique de la religion, non à la haine du croyant », « stop à l’islamophobie », était-il inscrit sur des pancartes de manifestants réunis devant la gare du Nord, où de nombreux drapeaux français étaient brandis. « Solidarité avec les femmes voilées », ont scandé des participants.
 « STIGMATISEE AU QUOTIDIEN »
SONIA (son prénom a été changé à sa demande) a 26 ans et prépare le concours du barreau. Cette jeune femme élégante témoigne que, durant toute sa scolarité et ses études, elle n’a jamais été confrontée à des actes ou des remarques antimusulmans. En revanche, elle a commencé à en rencontrer depuis qu’elle est dans le monde du travail. Elle a perçu des réactions dictées, analyse-t-elle, par la « peur de l’islam » et s’est sentie « réduite à ça ». « On m’a aussi critiquée lors de dîners parce que je ne buvais pas d’alcool », dit cette future avocate venue sans voile.
FATOUMA, 21 ans, est venue de région parisienne avec deux copines, Nina, 17 ans, et Amina, 22 ans. Deux sont voilées, pas la troisième. Fatouma se sent « stigmatisée au quotidien par les regards » au travail, dans le métro, dans la rue. « C’est fatigant, on ne sait pas si c’est des interrogations ou de la peur. Quand il y a des attentats, les collègues ne veulent pas en parler devant nous, alors qu’on est aussi peinés que les autres. » Elle se sent aussi stigmatisée par « les journalistes ». « Ils parlent de nous et ne nous invitent même pas sur les plateaux pour nous donner la parole », accuse cette chargée de clientèle dans une entreprise de courses. Elle en veut aux médias d’avoir, assure-t-elle, « beaucoup moins parlé » de l’attaque de la mosquée de Bayonne que d’autres actes du même ordre.
HENRIETTE ZOUGHEBI arbore quant à elle un badge du Parti communiste français. Cette femme, dont la famille est juive, est venue manifester car elle ne « supporte pas qu’on puisse tirer sur des musulmans parce que musulmans ». « Il faut être intransigeant contre la haine raciste, car il y a un danger. De par l’histoire de ma famille, je sais où ça mène », affirme cette femme qui a adhéré au PCF « au moment de la guerre d’Algérie ». « Je ne cautionne pas certains mots d’ordre, mais il fallait qu’il y ait de la diversité » dans cette manifestation, ajoute cette fondatrice du salon du livre de jeunesse de Montreuil, ancienne conseillère régionale.
Le message initial de cette manifestation était de dire « STOP à l’islamophobie », à la « stigmatisation grandissante » des musulmans, victimes de « discriminations » et d’« agressions » dont « l’attentat contre la mosquée de Bayonne (…) est la manifestation la plus récente ». Mais depuis l’appel à manifester lancé le 1er novembre dans le quotidien Libération, quatre jours après l’attaque de Bayonne et sur fond de débat ravivé sur le port du voile et la laïcité, la classe politique se déchire autour de la participation à ce rassemblement, notamment en raison de l’identité de certains signataires de l’appel comme le Collectif contre l’islamophobie (CCIF), accusé de liens avec les Frères musulmans.
LAURENT QUENACH : « Le climat islamophobe est insupportable en France. Chacun a le droit de croire ou pas. Chaque individu a les mêmes droits. » 
FRANCE KEYSER POUR « LE MONDE »
En approche de la place de la République, Marwan Muhammad prend la parole, debout sur une camionnette. « Salam aleikoum. Ça veut dire que la paix soit sur vous, pas la peine d’envoyer la brigade antiradicalisation », explique-t-il, déclenchant les rires de la foule. Puis il fait répéter à plusieurs reprises aux manifestants « Allahou Akbar », car « on en a marre que les médias fassent passer cette expression pour une déclaration de guerre » – elle est notamment prononcée par les terroristes passant à l’action. « Nous sommes fiers d’être musulmans et fiers d’être citoyens français », lance-t-il encore.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EVITER LES AMALGAMES !

Attention nous dit-on à ne pas amalgamer islam et islamisme.
Et si c’était l’inverse, si c’étaient les islamistes qui tentent l’impossible pour se faire passer pour les seuls musulmans dignes de ce nom.  On le dit depuis des décennies, l’islam d’Europe aurait besoin d’un « aggiurnamento » comme celui qu’a été le protestantisme çad la réforme du christianisme et après lui  la réforme de la  religion catholique avec Vatican II. Mais on ne voit rien venir. Surtout on a de plus en plus l’impression que le salafisme contamine toujours plus de musulmans modérés dans nos banlieues, de même que l’évangélisme fanatique gangrène de plus en plus de chrétiens en Afrique et en Amérique latine.  Ce qui est certain c’est que bien plus que l’islam c’est ce salafisme intégriste qui génère l’islamophobie. « De par son double sens, son étymologie trompeuse et son instrumentalisation, le terme i »slamophobie » piège nos débats et l'on s'épuise à tenter de lever les malentendus que son emploi - abusif ou naïf - génère. » (Caroline Forest). Voyons cela de plus près.
MG


LE MOT "ISLAMOPHOBIE" TEND A FAIRE PASSER TOUTE CRITIQUE DE LA RELIGION POUR DU RACISME
Caroline Fourest in Marianne

Après chaque attentat, partout où il passe, un mot sème la confusion et la discorde. Celui d'« islamophobie ».
C'est un combat de chaque jour que de « bien nommer les choses » afin de ne pas ajouter « au malheur du monde », prophétisait Camus. La précision sémantique est devenue vitale depuis le 11 septembre 2001. Depuis que l'islamisme tue et que le racisme récolte. Après chaque attentat, partout où il passe, un mot sème la confusion et la discorde. Celui d'« islamophobie ».
A l'heure où nous entrons dans une phase d'attaques anti-musulmanes, après des années d'attentats islamistes, ce mot va pouvoir achever son œuvre de division. Nous aurions le plus grand besoin de nous ressouder et voilà qu'il surgit pour transformer chacune de nos brûlures en censure. De par son double sens, son étymologie trompeuse et son instrumentalisation, il piège nos débats et l'on s'épuise à tenter de lever les malentendus que son emploi - abusif ou naïf - génère.
Car les deux coexistent. Un usage abusif tend à faire passer toute critique de la religion ou de l'intégrisme pour du racisme. Un usage naïf pense sincèrement viser le racisme anti-musulman. Il est vite submergé par l'interprétation extensive et abusive. Car littéralement, étymologiquement, le mot « islamophobie » désigne ceux qui ont « peur de l'islam », et non ceux qui haïssent les musulmans.
L'IRAN ET LA FRANCE
Depuis des décennies, depuis les mollahs en Iran, depuis l'affaire Rushdie en Angleterre, le mot permet ainsi de mettre dans le même sac les haineux et les vigilants, même lorsqu'ils sont musulmans ou ex-musulmans. Le procès en « islamophobie », bien plus efficace que celui en apostasie, sert à les faire taire.
Pour éviter cette dérive, il suffirait d'être précis et de lancer des appels contre le racisme antimusulman ou la « musulmanophobie ». Ces deux expressions, plus précises, évitent l'amalgame et le fait de porter atteinte à la liberté d'expression. Mais, à notre époque, le plus bref gagne toujours. Or le mot « islamophobie » est plus court. Sa confusion mortelle gagne forcément. La précision, fédératrice, salvatrice, n'est d'ailleurs pas l'objectif des professionnels de la lutte contre l'« islamophobie ». Ceux-là veulent nous fractionner, nous intimider et nous censurer.
On ne les voit jamais à nos côtés pour enquêter sur l'extrême droite et la dénoncer. On les entend rarement manifester sous ce terme contre le sort, réellement raciste, subis par les Rohingyas ou les Ouïgours. Toute leur énergie tend à disqualifier les laïques, et plus encore les musulmans laïques. Entre leurs mains, sur leurs lèvres, le mot « islamophobie » ne souhaite pas protéger les victimes de racisme, mais bien la religion de la critique.
C'est au nom d'une vision abusive du mot « islamophobie » que toutes les campagnes d'intimidation visant à brider la critique de l'intégrisme ont été menées ces dernières années, justement celles au cours desquelles l'intégrisme frappait et tuait. Charb l'a écrit avant de mourir dans sa Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes.
ANOBLIR LA HAINE
Quand son livre posthume est paru, j'alertais depuis plus de douze ans, dans Tirs croisés (coécrit avec Fiammetta Venner), dans des tribunes et dans Charlie. Qui entendra ces nuances désormais ? Qui voudra bien croire que ces alertes ne sont en rien destinées à minimiser le danger du racisme antimusulman, mais à refuser le piège qu'il nous tend ? Menacer la liberté d'expression en l'amalgamant à de la haine. Anoblir la haine déguisée en liberté d'expression.
La valse des attentats islamistes et racistes nous précipite vers ce monde sans nuances. Il deviendra de plus en plus difficile d'exprimer un point de vue qui refuse à la fois le racisme et l'intégrisme. On va nous demander de choisir un camp. Résister aux attaques racistes en cédant au mot « islamophobie ». Ou passer pour des collabos du racisme qui tue.
Nous pouvons encore déjouer ce piège. En nous mobilisant sous les bons slogans et en bonne compagnie. En lançant des appels contre le « racisme antimusulman » ou la « musulmanophobie » aux côtés d'organisations antiracistes, et non intégristes. Manifester contre l'« islamophobie » aux côtés d'organisations de l'extrême droite musulmane revient à manifester contre la « christianophobie » aux côtés de l'extrême droite chrétienne. Personne n'y a songé, même lorsque des djihadistes égorgeaient des prêtres. Pourquoi alors le faire quand des racistes attaquent des mosquées ? Quel exotisme empêche de voir ce danger ? On peut manifester contre tout, mais pas avec n'importe qui.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C'EST UN COMBAT DE CHAQUE JOUR QUE DE « BIEN NOMMER LES CHOSES »

Il est vrai qu’au siècle des malheurs des chrétiens se sont fait la guerre entre catholiques et protestants se référant aux mêmes évangiles. Il est vrai que shiites et sunnites  s’entredéchirent volontiers. Il est vrai que des nazis le plus souvent  d’ascendance chrétienne ont voulu exterminer le peuple biblique par excellence.
Faut-il désespérer de l’humanité ? 
Il est tout de même sidérant que les hommes parviennent à se haïr en se fondant sur les trois grands textes du monothéisme qui en réalité se répondent,  se prolongent l’un l’autre et constituent une sorte de rappel de testament à testament. Le Nouveau Testament s’arqueboute sur la Thora tandis que le testament coranique puise abondamment dans les deux premiers –surtout dans la bible- dont il se prétend un rappel sublimé.  Chaque « descente » (révélation) y est  considérée comme un rappel de la précédente. Il est vrai que l’école n’enseigne pas ce genre d’évidence.  Dans l’enseignement de la Communauté française, on envisage de plus en plus sereinement de remplacer les deux heures de religion librement choisie (ou de morale) par un cours de citoyenneté avec une approche et un questionnement philosophique. Très bien mais ne faudra-t-il pas y ajouter une initiation aux trois religions monothéistes qui d’une certaine manière procèdent de la même démarche éthique  et au fond n’en font qu’une seule.  Cela est bel est beau mais qui sera capable de donner un tel cours et comment entend-on former les merles blancs chargés de le dispenser ?
MG


Aucun commentaire: