samedi 14 décembre 2019

David Clarinval (MR): "Ce sera l’arc-en-ciel avec le CD&V ou les élections"


Frédéric Chardon et Antoine Clevers


Le MR a tranché. Les libéraux abandonnent l’idée d’un gouvernement fédéral autour du PS et de la N-VA pour privilégier un arc-en-ciel (socialistes, libéraux et écologistes) élargi au CD&V."Ça va faire un an que le gouvernement Michel est tombé. Il est temps de prendre le taureau par les cornes", commence David Clarinval, le nouveau vice-Premier ministre MR.


PAUL DE GRAUWE, ECONOMISTE: «DANS LE CONFEDERALISME DE LA N-VA, LA WALLONIE FINIRAIT AUSSI ENDETTEE QUE LA GRECE»

Au menu du Grand Oral de l’économiste : les élections au Royaume-Uni, le Green Deal européen et la situation de l’Etat fédéral belge.
par Maxime Dumoulin Le Soir

Économiste à la London School of Economics, Paul De Grauwe, est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 14 décembre sur La Première et ce dimanche 15 décembre sur La Trois. Au menu : les élections au Royaume-Uni, le Green Deal européen et la situation de l’Etat fédéral belge.
C’est d’ailleurs au cœur de ce dernier point que nous abordons un sujet bien étudié par Paul De Grauwe : le confédéralisme voulu par les nationalistes flamands de la N-VA. Un projet qui serait loin de profiter à la Région wallonne. Il explique : « La dette fédérale serait transmise pendant 25 ans aux deux régions. Tous les revenus TVA seront employés pour diminuer la dette au niveau fédéral. Mais comme aujourd’hui, cette TVA est transférée en fonction de la population, la Wallonie y perdrait énormément ».
Tant et si bien, selon l’économiste, que la Wallonie tomberait dans une précarité très préoccupante. « Je n’ai pas encore fait le calcul, mais je vois que le problème sera énorme pour la Wallonie. Sa dette par rapport au PIB prendrait des proportions telles qu’on les a vues en Grèce ».

« LE CAPITALISME SERA SAUVE PAR DE L’INVESTISSEMENT PUBLIC PRODUCTIF »
Vient ensuite la situation économique et l’absurdité apparente de certaines démarches à l’échelon européen : rachat massif de dettes, taux zéro, etc. Paul De Grauwe le concède, ça parait anormal. « Mais pourquoi en sommes-nous là ? », interroge-t-il. « A cause du manque de confiance en l’avenir. Quand il n’y a pas de confiance, les consommateurs épargnent et dans nos pays, cela fait longtemps qu’il y a un grand décalage entre l’épargne et les investissements. Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont même à 0 %. La BCE ne peut plus rien faire ».
Pour sortir de ce cercle vicieux, Paul De Grauw promeut l’investissement public. « Le Green deal va en ce sens. Maintenant, l’Union européenne et la commission doivent permettre aux gouvernements de s’endetter pour investir. D’une certaine manière, cela signifie que le capitalisme sera sauvé par de l’investissement public productif. C’est comme cela qu’on s’enrichit ».
Paul De Grauw était interrogé par Bertrand Henne, Jean-Pierre Jacqmin et Béatrice Delvaux.

FORMATION : LA LUTTE DES PREMIERS DE CLASSE
Nicolas De Decker Le Vif

Un spectre hante la Belgique. Le spectre du magnettisme. Toutes les puissances de la nouvelle Belgique se sont unies pour traquer ce spectre : l'Eglise et le Palais, De Wever et Bouchez, les confédéraux de Flandre et les libéraux de Wallonie, Sophie Wilmès, Première ministre, qui dit le lundi 9 décembre que les textes de l'informateur carolorégien sont " encore trop à gauche ", et Hans Maertens, administrateur général du Voka, qui dit ce jour-là aussi qu'ils sont " pas suffisants, pas acceptables, imbuvables". Ainsi du penchant gauchisant des notes de négociation de Paul Magnette. Il remplit les mêmes fonctions qu'un spectre. Les deux manifestent des parties communes : ils effraient spontanément, mais rien ne prouve qu'ils existent. Ils n'ont même aucune base matérielle.
Le parti de Paul Magnette en effet s'appelle socialiste parce qu'il a un programme plutôt de gauche. Quand il mène une campagne électorale, il dit qu'il veut ramener l'âge légal de la pension à 65 ans. Quand il donne des interviews, il dit qu'il veut hausser le salaire minimum à 14 euros de l'heure. Quand il conclut des meetings, il dit qu'il veut introduire un impôt sur la fortune. Mais il ne gagne pas les élections parce que les électeurs n'y croient pas trop. Ils ne trouvent pas ça trop peu à gauche parce que c'est socialiste, mais parce que c'est Paul Magnette, tandis que quand on a un programme plutôt de droite, comme l'Eglise et le Palais, comme De Wever et Bouchez, comme les confédéraux de Flandre et les libéraux de Wallonie, comme Sophie Wilmès et Hans Maertens, on trouve ça trop à gauche et c'est normal parce qu'on n'est pas socialiste.
Mais les notes de Paul Magnette en effet s'appelaient notes d'information parce qu'elles n'avaient rien de socialiste. Quand il y parle des pensions, il dit que leur âge légal doit rester à 67 ans. Quand il y évoque le salaire minimum, il ne l'augmente pas à 14 euros de l'heure. Quand il parle d'impôts, il en met un petit sur les billets d'avion et pas sur les grosses fortunes. Mais il ne gagne pas l'information parce que ses interlocuteurs n'y croient pas trop. Ceux qui ont un programme plutôt de droite, comme l'Eglise et le Palais, comme De Wever et Bouchez, comme les confédéraux de Flandre et les libéraux de Wallonie, Sophie Wilmès et Hans Maertens ne trouvent pas ça trop à gauche parce que c'est socialiste, mais parce que c'est Paul Magnette, que c'est un spectre et qu'il leur fait peur.
Il leur fait si peur qu'il casse les chaînes de leur temps, car quand il n'était pas encore là, le spectre, ils disaient qu'il y avait urgence, que le déficit y obligeait et que la perspective du Brexit l'imposait. Le 2 novembre dernier, dans La Libre, Sophie Wilmès disait que " l'urgence première est le soutien à l'économie et au pouvoir d'achat ", et qu'il ne fallait pas " laisser s'installer un sentiment d'immobilisme ". Le 9 décembre, sur Bel RTL, Sophie Wilmès disait qu'il était " trop tôt ", et le même matin sur le service public, Hans Maertens disait qu'il n'était pas " nécessaire d'avoir un gouvernement à très court terme ". Parce que cette histoire de temps qui bouge et de spectre qui hante, cette histoire de notes de gauche et de classes qui luttent est en fait surtout une histoire d'épouvantail.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA CRISE DEVIENT NOUVEAU PAROXYSTIQUE.

Coens /Bouchez auront beaucoup de mal sortir le pays de l'ornière et imposer des compromis. Pour réussir, les présidents du CD&V et du MR devront fermer une porte,celle de l’arc en ciel et tenter d'en ouvrir une autre :un rapprochement avec la NVA)
Du côté flamand, Open VLD et CD&V prendraient un risque énorme en entrant dans une majorité "kamikaze", minoritaire dans leur groupe linguistique, sans avoir au moins donné la possibilité aux nationalistes de jouer cartes sur table. 
Une première étape viserait à forcer ce dialogue PS - N-VA qui n'a pas (encore) eu lieu. Quitte à constater que la N-VA ne voit d'autre issue que le confédéralisme, une option jugée inacceptable côté francophone.
Une fois cette porte refermée, prolonger le travail entamé par Paul Magnette et "bleuir" sa note. 
Les présidents du MR et du CD&V peuvent réorienter la rédaction de ce récit commun. Le retour vers la N-VA serait une façon intelligente ou machiavélique - c'est selon... - de forcer de nouvelles concessions du PS. Les deux informateurs népphytes pourront-ils faire le pari de l'audace, de la créativité et de l'ambition pour négocier un programme gouvernemental susceptible d'affronter les défis de notre temps - socio-économiques, climatiques, identitaires, démocratiques ? 
Le grand Grand Baromètre Le Soir-RTL- Het Laatste Nieuws-VTM Ipsos nous apprend que  le Vlaams Belang s’envole en Flandre avec 27,3% des intentions de vote ; la N-VA se tasse,  à 22,1. Derrière, avec 11,4% des intentions de vote, le CD&V fait 2,8% de moins qu'aux élections de mai dernier. L'Open Vld recueille quant à lui 9,9% des intentions de vote (3,6% de moins que lors des élections de mai) et passe sous la barre symbolique des 10%. Il est devancé par Groen, pointé à 10,7%. Le sp.a obtient 8,9% des intentions de vote, le PVDA (le PTB au nord du pays) 8,4%.
Côté francophone, pas de grands changements. Le PS se tasse, face à une progression d'Ecolo et du PTB.en progression par rapport à son score de septembre dernier, alors qu'en Wallonie

En Wallonie, le PS perd, selon ce sondage, 2,3 points par rapport à son résultat lors du scrutin régional du 26 mai dernier. Le MR réussit un parfait statu quo en obtenant 20,5% des intentions de vote - il avait décroché 20,5% des voix en mai.
Ecolo est donné en progression, avec 17,2% des intentions de vote, soit 2,3 points de mieux qu'aux élections de mai, où il avait capté 14,9% des voix. Le PTB recueille 16,5% des intentions de vote, soit de 2,7 points de plus par rapport aux dernières élections, quand le parti de gauche radicale avait obtenu 13,8% des voix.

Le cdH perdrait, avec 8,8% des intentions de vote, 2,9 points par 
A Bruxelles, Ecolo domine toujours le paysage politique, avec 19,7% des intentions de vote mais en connaissant un fléchissement par rapport aux élections (21,6%) et par rapport au sondage de septembre (21,4%).
Le PS ne profite pas de ce recul pour dépasser son partenaire de gouvernement régional. Il engrange 18,9% des suffrages, en très légère baisse. Le MR, dans l'opposition, se maintient, autour des 16%. Plus loin dans le classement, le PTB conserve, comme en Wallonie, sa place de quatrième parti dans la capitale.

l. 
WAT ZIJN DE STERKTES, ZWAKTES, KANSEN EN DE BEDREIGINGEN VAN PAARS-GROEN?'

Knack

Herman Matthijs (UGent, VUB)
Hoogleraar Openbare Financiën aan de UGent en de VUB en lid van de Hoge Raad Financiën
Professor Herman Matthijs maakt een SWOT-analyse van een eventuele paars-groene federale regering, gevormd door socialisten, liberalen en groenen.
Toute la discussion politique autour de la formation du gouvernement fédéral semble tourner autour des  querelles d’egos des politiques, de leurs plans de carrière, de pots-de-vin, et du prix à payer pour siéger au 16 de la  la rue de la Loi. Il y a aussi la fameuse note Magnette, dont on ne sait pas quelle version est la bonne et quel est son statut. Les observateurs sont plutôt déconcertés par son contenu. Il est tout à fait logique qu'elle soit de gauche compte tenu des résultats des élections du 26 mai à Bruxelles et en Wallonie. Le PS n’a-t-il pas perdu trois sièges et le MR  six, quant au CDH il s'est carrément effondré. Les grands  gagnants sont les partis de gauche : PTB et Ecolo.
Quelles sont les forces, les faiblesses, les possibilités et les menaces qui pèseraient sur un éventuel gouvernement fédéral vert pourpre, composé de des socialistes, de libéraux et des verts ?
POINTS FORTS
Une combinaison pourpre-vert refléterait la couleur des gouvernements actuels de la région  Bruxelles capitale , de la Wallonie et de la Communauté française. Une coalition pourpre-vert, est caractérisée,par définition, par une prédominance francophone. De plus, pourpre-vert compterait une majorité de 76 sièges  sur 150 à la Chambre. Cette combinaison a été  au pouvoir au niveau fédéral pendant huit ans au début du siècle. Il n'y a actuellement aucune majorité parlementaire qui souhaiterait rappeler les électeurs aux urnes
de Vlaamse regering
. OPPORTUNITÉS
Sur le plan éthique, ensemble ces partis ouvrent une fenêtre d'opportunité  pour libéraliser davantage les dossiers sur  l'avortement et l'euthanasie.
En ce qui concerne le marché du travail, à partir de 2021, nous nous retrouverons dans une situation unique où l'offre d'emplois sera supérieure à la main-d'œuvre disponible. Si une politique moderne du marché du travail est mise en place, elle peut donner d’excellents résulatats., beaucoup peut être fait.
Quelles sont les forces, les faiblesses, les opportunités  et les menaces de pourpre-vert ?
Le CD&V n'est vraiment pas  un parti d'opposition et a très mal vécu sa cure d’opposition en ce début siècle. Si le CD&V devait rejoindre pourpre-vert, deux partis du gouvernement flamand participeraient la coalition fédérale. La N-VA aurait alors de sérieux  problèmes à la direction du gouvernement flamand.
LA PRINCIPALE  FAIBLESSE du violet-vert est qu'elle  n'a qu'une majorité d'un siège. Et cela avec six partis, qui oscillent  idéologiquement de la gauche vers le centre-droit. En fait, il faudrait au moins un septième parti supplémentaire. Le CDH et/ou Défi francophone renforcerait la majorité à 81 ou 83 sièges.
Le fait que seulement 29 sièges flamands à la Chambre soutiendraient ce gouvernement constitue plus qu'un souci politique. Existe-t-il un pays fédéral où un gouvernement s’inscrirait en faux  contre la volonté de l'État fédéré le plus puissant ? En fait, le CD&V doit impérativement rejoindre  violet-vert, la question qui demeure c’est qui héritera du 16 de la rue de la  ? Ce dernier cadeau ne peut être offert qu'à une seule personne : un membre du CD&V ou de l’ Open VLD ? Les libéraux flamands sont mieux placés pour l’obtenir.
Une coalition  Arc en Ciel  avec pas moins de huit partis est-elle franchement viable ? D’autant qu’un nombre maximum de 15 postes ministériels ne pourront être répartis qu'entre huit partis. Plusieurs partis obtiendront un minimum de postes ministériels. Et ils ne feront vraiment pas bonne impression sur la population en créant une armée de secrétaires d'État.
MENACES
Une coalition pourpre-vert n’est pas sans présenter diverses menaces. Tout d'abord, il y a une vive  résistance au sein du MR et surtout de l'Open VLD. C'est pourquoi un gouvernement à six doit être élargi à d’autres formations.
De nombreuses questions doivent être clarifiées : qui va payer pour tous les milliards de promesses à financer,  notamment l’augmentation des pensions ? Quid de l'évolution de la dette publique ; qui paiera les impôts nouveaux?
Quid de la  question  la plus délicate aux yeux  la population,  celle de la migration, à laquelle il sera difficile de faire face avec une combinaison pourpre-vert.
Ecolo et Green verront-ils voudront-ils maintenir certaines centrales nucléaires ouvertes après 2025 ?
RÉFORME DE L'ÉTAT
Le système politique actuel ne fonctionne pas, comme en témoignent la formation impossible  d'un gouvernement, la loi spéciale de financement chaotique, les ensembles hétérogènes de pouvoirs, etc. Les résultats électoraux tout à fait opposés dans la partie néerlandophone par rapport à la partie francophone de ce pays ne facilitent pas non plus la gouvernance.
Un système de protection sociale socio-économique ne peut fonctionner correctement que si le système politique institutionnel est viable. Sans une nouvelle  réforme de l'État, nous serons bientôt à nouveau bloqués dans les nombreux dossiers communautaires.
minder goed smaken.
CONCLUSION
La version actuelle de la note Magnette est trop à gauchisante  et trop wallonne aux yeux de  la Flandre. Nous n'allons certainement pas nous rapprocher des pays du Nord, mais plutôt rejoindre la partie sud de l'Europe, ce qui n'est certainement pas bénéfique  pour la prospérité de ce pays fédéral ingouvernable. 
Ce texte devra être sérieusement réécrit pour qu'il soit considéré comme  "buvable" en Flandre. Un (in)formateur nouveau ou permanent sera également confronté à un sondage d'opinion qui est sur le point d'avoir lieu. Si le résultat est le même qu'en septembre de cette année, la dinde aura moins bon goût aux yeux de nombreux chefs de parti en cette période de Noël.

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