samedi 28 décembre 2019

Jan Jambon veut que le Parlement flamand se prépare à une réforme de l'État


BELGA Libre Belgique

Le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) estime vendredi, dans un entretien au quotidien De Tijd, que le Parlement flamand doit se mettre rapidement en ordre de marche en vue d'éventuelles négociations sur une nouvelle réforme de l'État, vu le risque d'élections anticipées.
"Les cartes semblent tout doucement s'aligner pour que nous mettions notre demande ultime de confédéralisme sur la table", affirme le chef de l'exécutif flamand.
Par confédéralisme, la N-VA entend le transfert de la plupart des compétences aux entités fédérées pour ne laisser au Fédéral que quelques-unes comme la défense, la sécurité et les affaires étrangères, expose De Tijd.

"Quand on voit à quel point il est difficile, pour la quatrième fois d'affilée, de former un gouvernement (fédéral), n'est-il pas doucement temps dans ce pays de se regarder vraiment dans les yeux ? ", se demande Jan Jambon.
L'accord du gouvernement flamand (N-VA, CD&V, Open Vld) prévoit déjà que le parlement flamand se penche sur le communautaire ces cinq prochaines années. Mais pour Jan Jambon, le blocage actuel au niveau fédéral nécessite d'accélérer le tempo, car des élections anticipées pourraient advenir.
"Et à ce moment-là, le Parlement fédéral pourrait ouvrir à révision l'article 195 de la Constitution", anti-chambre d'une profonde réforme de l'État. "C'est pourquoi les préparatifs nécessaires au sein du parlement flamand pourraient s'avérer plus urgents que nous ne le pensions il y a quelques mois", selon M. Jambon.
Le nationaliste souhaite qu'une commission adéquate soit installée rapidement dans l'hémicycle flamand, afin de déterminer à quoi devrait ressembler une nouvelle réforme de l'État. Ce travail formerait une base pour aller négocier un nouveau round institutionnel au niveau fédéral.
La question est de savoir à quel point les partenaires CD&V et Open Vld de la N-VA seraient prêts à accélérer le tempo, alors que le président du CD&V Joachim Coens mène actuellement une délicate mission royale avec le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez. En outre, la plupart des partis flamands ainsi que les partis francophones ne semblent actuellement pas disposés à se lancer dans une nouvelle réforme de l'État.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA VOIX DE SON MAÎTRE

« On a toute raison d’imaginer que Bart De Wever parle par la bouche du Ministre président flamand. » 
« Des élections anticipées pourraient advenir. Et à ce moment-là, le Parlement fédéral pourrait ouvrir à révision l'article 195 de la Constitution", anti-chambre d'une profonde réforme de l'État. » C’est aussi ce que semble penser Jules Gheude dans un article que nous avons largement commenté sur ce blog il y a quelques jours. La NVA veut mettre en place une structure confédérale : « Par confédéralisme, la N-VA entend le transfert de la plupart des compétences aux entités fédérées pour ne laisser au Fédéral que quelques-unes comme la défense, la sécurité et les affaires étrangères, expose De Tijd. »
Les plus anciens se souviennent du long débat sur l’indépendance du Congo. Le plan Van Bilsen commença par envisager un plan de 30 ans. 
Nos hommes politiques pensaient que les noirs n’étaient pas mûrs pour l’indépendance. Puis tout s’accéléra et en moins de cinq ans, le Congo devenait indépendant. Il pourrait fort bien que ce schéma se répète pour la prise d’indépendance de la Flandre.
MG


LE PLAN DE TRENTE ANS DE JEF VAN BILSEN

L'universitaire belge Jef Van Bilsen publia en 1956 un texte intitulé « Un plan de trente ans pour l’émancipation de l’Afrique belge » qui avait vocation, par la suite, à devenir un manifeste de la décolonisation belge.
Avec ce plan, Jef Van Bilsen émettait l'hypothèse qu'une période de trente ans serait nécessaire pour préparer l’élite congolaise avant d’accéder à l’indépendance1. Le plan Van Bilsen préconisait à la Belgique d’admettre de manière définitive une politique d’émancipation nette pour sa colonie du Congo et des territoires sous tutelle du Ruanda-Urundi permettant une décolonisation progressive en l’espace d’une génération.
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, les Congolais désiraient l'instauration de l’égalité et du principe d’autodétermination. Ce sont sur ces droits que Jef Van Bilsen a voulu insister puisqu'il désirait une égalité entre les citoyens, « Blancs » et « Noirs », au Congo belge. Il condamne « les régimes de multiracialisme » qui se mettaient en place en Afrique et dans lesquels seule une partie de la population disposait de privilèges.
Les Belges voulaient mettre en place une politique d’émancipation. Premièrement pour permettre au Congo de devenir un État, le mieux développé possible avec des structures solides et doté de cadres adéquats, d’une population industrieuse et d’une opinion publique avertie. Deuxièmement dans l'objectif d'éviter aux Congolais de devoir choisir entre la domination des Belges et l’anarchie qui pourrait voir le jour s’ils bénéficiaient d’une autonomie totale. Avec cette politique d’émancipation, ils auront donc plus de droits mais continueront à coopérer avec la Belgique.
Selon Jef Van Bilsen, il fallait prévoir un plan d’émancipation afin de ne pas être pris au dépourvu par différents contingents : créer et préparer une élite, des cadres qui pourront éluder les divers obstacles avec sagesse et patience. C’est pourquoi la Belgique va essayer de tout mettre en œuvre pour qu’ils acquièrent une certaine maturité politique et des cadres techniques acceptables au moment de l’émancipation. Elle voulait leur offrir une éducation et des institutions démocratiques mais également pourvoir au développement des masses et à l’enseignement des élites. De plus, ce plan serait un instrument diplomatique efficace afin d’acquérir une meilleure compréhension de la politique congolaise des Belges par l’opinion anticolonialiste mondiale. Ce plan de trente ans pour l’émancipation politique de l'Afrique belge permettrait de s’extraire d’une situation qui se voulait défensive face à l'opinion mondiale et ainsi obtenir sa confiance.
Une des volontés de tous, après l’émancipation, était de créer une fédération belgo-congolaise dans le souci de garder des institutions politiques communes avec les Congolais. Ceci permettant de rester unis et associés par des liens durables.
Par ailleurs, les conservateurs affirmaient que pour avoir la certitude que les Congolais gardent des liens politiques avec la Belgique, il fallait leur refuser le droit de sécession en les considérant tous comme « belgo-congolais ». Mais, selon les progressistes, le choix final reviendrait aux Congolais. Cette fédération belgo-congolaise ne peut leur être imposée s’ils ne la veulent pas et désirent par exemple avoir une indépendance politique totale. Afin que cette union belgo-congolaise puisse être possible, il faut qu’elle soit le fruit de réelles négociations entre des partenaires libres et égaux, qui ne seront possibles qu’au moment de l’émancipation. Il faut reconnaître la libre disposition du Congo et du Ruanda-Urundi et également tout faire pour qu’entre ces deux pays africains et la Belgique, voit le jour une véritable communauté d’intérêts inébranlable, dans une atmosphère d’amitié et de confiance.
Il était nécessaire de prévoir un plan vu le caractère complexe du projet d’émancipation mais surtout un plan avec un timing strict pour éviter que cette émancipation ait de graves conséquences sur le pays. Cette durée déterminée rendra donc plus facile cette période de transition car il permettra de maintenir la confiance et la patience des élites et des mouvements africains ainsi qu’il aidera à surmonter les incontournables révoltes et les obstacles imprévisibles.
Au Congo et au Ruanda-Urundi, la formation des élites était en retard d’une génération en comparaison avec les territoires coloniaux britanniques et français de la même région. Les enfants nés d'ici 1960 ayant fini leurs études universitaires, auraient constitué la couche active de la population. 

Ce plan de trente ans ne fut pas bien accueilli du côté des conservateurs ainsi qu’à Léopoldville. Par contre, celui-ci fut perçu très favorablement par l’ensemble des Belges. Ce fut également le cas pour les hommes engagés du côté catholique qui ont bien accepté celui-ci car il prenait position face au phénomène qui consistait à assimiler l’élite congolaise à la population blanche.
Le plan de Jef Van Bilsen va promouvoir une montée du nationalisme congolais. Peu après la publication du plan de trente ans, les premiers manifestes politiques comme « Conscience africaine » ou celui de l’Alliance des Bakongo (Abako) paraissent. De plus, en août 1958, Charles de Gaulle, alors président de la Ve République proclama à Brazzaville le droit à l’indépendance des peuples d’outre-mer ce qui eut une grande répercussion en Afrique mais surtout au Congo belge. En décembre 1957, peu après la création du Mouvement national congolais, se tient au Ghana, à Accra, une conférence pan-africaine à laquelle participe Patrice Lumumba. Des émeutes ont lieu en janvier 1959 à Léopoldville et dans les communes surpeuplées à forte densité de chômage afin de revendiquer l'indépendance.
Wikipedia


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