lundi 24 février 2020

Malgré la polémique, des chars caricaturant les juifs sont de sortie à Alost: "On ne se laisse pas faire"

DH

Un char de la société "Lossendeirdeveirdeirdeir" présentant des juifs avec de longs orteils, en référence à une expression selon laquelle cette particularité serait signe de susceptibilité, a rallié dimanche le cortège du carnaval d'Alost. Ce groupe a choisi comme thème "le tribunal d'Alost", avec des juges amenés à rendre des décisions en matière d'humour.
Les observateurs qui imaginaient que les carnavaliers alostois allaient faire profil bas après la polémique de l'an dernier en sont pour leurs frais. Au contraire, les "Lossendeirdeveirdeirdeir" ont choisi de dénoncer la "susceptibilité" de ceux qui avaient critiqué le char controversé.
"Nous sommes les juges de l'humour. Juifs, prêtres, musulmans... A Alost, nous nous moquons de tout et de tout le monde. C'est inscrit dans le Code alostois de l'humour", ont justifié les carnavaliers.
Outre les chars, les participants massés le long de la route ont eux aussi décidé de rire de la polémique. Nombre d'entre eux arborent des stéréotypes de la religion juive tels que des nez crochus et des mèches bouclées.
Le cortège s'est élancé à 14h00, une heure plus tard que prévu, en raison des risques de tempête. Des mesures de sécurité ont été mises en place par les pompiers, ce qui a perturbé le rassemblement. La hauteur de ces derniers a été limitée à quatre mètres, et les fêtards ne peuvent se tenir sur ceux de plus de deux mètres de haut.
Une entrée de cortège très politique...

La société "De Zwiejtollekes" a ressorti dimanche les poupées représentant des juifs qui avaient suscité la controverse l'an dernier au carnaval d'Alost. Celles-ci sont cette fois associées à des caricatures visant d'autres religions au sein d'une sorte de stand de tir. "Rire de tout et de tout le monde est propre au carnaval. Jamais pour blesser mais pour le plaisir", justifient les Zwiejtollekes. "Nous montrons que nous pouvons nous en prendre à tout le monde et qu'on ne se laisse pas faire. Les cibles sur nos costumes sont une manière de nous mettre nous-mêmes dans le viseur."
La décision de l'Unesco de retirer l'évènement de sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité ne semble pas avoir refroidi les ardeurs des Alostois, bien au contraire. Des carnavaliers défilent ainsi en uniformes nazis avec la mention "Unestapo" dans leur dos et de nombreux chars font référence aux juifs, qui sont entre autres caricaturés en insectes.
La famille royale avec Delphine Boël, Greta Thunberg, les musulmans, les catholiques, la communauté LGBT, le coronavirus chinois ou encore le retour de Kim Clijsters à la compétition ont également inspiré les carnavaliers.


"ALOST SE PRESENTE A LA FACE DU MONDE COMME UN NID DE L'ANTISEMITISME": LES ASSOCIATIONS JUIVES REAGISSENT AUX NOUVELLES CARICATURES
La Libre

Le carnaval d'Alost persiste et signe: malgré la polémique liée à des caricatures jugées antisémites l'an dernier, les carnavaliers ont présenté de nouvelles poupées moquant les juifs orthodoxes. Plusieurs voix émanant de la communauté juive se sont indignées.
La coupole d'associations se réjouit cependant des nombreuses réactions de rejet qui sont arrivées de l'étranger. Elle espère que la société se mobilisera pour parvenir à une solution. "Ce sont les juifs qui souffrent de l'antisémitisme, mais cela ne les concerne pas uniquement. Toute la société en pâtit."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« UNE ENTREE DE CORTEGE TRES POLITIQUE.. ».

Vous avez dit politique ? J’ai regardé toutes les photos des chars sur le site du Vif : hideux, répugnant, infâme ! J’ai vu des caricature antisémite, xénophobe, anti chrétienne et islamophobe, la famille royale tournée en dérision, tous nos politiques ridiculisés. Tous sauf deux : Bart De Wever et Tom Van Grieken épargnés comme par miracle. Comme c’est intéressant. Si c’est ça le canon flamand, vivement le carnaval de Binche et la Zinneke parade. 
Soyons clair : la Flandre donne ici la pire image de soi : grimaçante et rance. C’est hallucinant.  Ces chars qui sont à gerber ne sont pas destinés à faire rire comme l’affirment les sociétés de carnaval mais à humilier, à blesser et à mépriser.
Qui sème la haine récoltera forcément le mépris, l’isolement et le séparatisme. C’est clairement prémédité.
MG


LE CARNAVAL :  CONFUSION SOCIALE , SATURNALES, LICENCE EROTIQUE, ORGIES, REGRESSION DU COSMOS DANS LE CHAOS ».

Carnaval  est un type de fête relativement répandu en Europe et en Amérique. Il consiste généralement en une période où les habitants de la ville sortent déguisés (voire masqués ou bien maquillés) et se retrouvent pour chanter, danser, faire de la musique dans les rues, jeter des confettis et serpentins, défiler, éventuellement autour d’une parade.
Ils sont traditionnellement associés au calendrier chrétien et se déroulent entre l'Épiphanie, soit le 6 janvier, et le Mardi gras, une fête mobile entre le 3 février et le 9 mars.
Jusqu'au XIXe siècle, le mot « carême-prenant » a été utilisé en français à égalité avec « carnaval ». De « carême-prenant », on a dérivé deux expressions. L'une : « tout est de carême-prenant », pour parler de certaines libertés, en particulier dans le domaine des mœurs, qui se prennent ou prenaient traditionnellement pendant le carnaval. L'autre, pour désigner une personne costumée en carnaval, ou en général quelqu'un d'habillé de façon ridicule. 
Les Lupercales des Romains et les fêtes dionysiaques en Grèce sont des précédents historiques du carnaval.
Dans l’essai Le Sacré et le Profane Mircea Eliade écrit : « L'abolition du temps profane écoulé s’effectuait au moyen des rites qui signifiaient une sorte de « fin du monde »entraînant  la confusion sociale du type des saturnales, la licence érotique, les orgies, etc. symbolisaient la régression du cosmos dans le chaos ».
Dans les jours précédant le Carême, il y aurait lieu de consommer tous les aliments et boissons riches en graisse, en sucre ou aux œufs. La tradition de cette consommation importante d'aliments avant le début du Carême serait censée être à l'origine du carnaval.

CARICATURES DOULOUREUSES
Les caricatures visant les juifs au carnaval d'Alost sont "encore plus douloureuses" que celles qui avaient suscité la polémique l'an dernier, réagit dimanche le Forum des organisations juives. "On pouvait alors penser que l'objectif n'était pas de dénigrer, mais cela a été encore un cran plus loin cette fois", estime le porte-parole de la coupole, Hans Knoop. Après analyse des images, le Forum est consterné. "Il est choquant qu'une fête dégénère à ce point dans un pays comme le nôtre, au coeur de l'Europe. Alost se présente à la face du monde comme un nid de l'antisémitisme. Je ne dis pas que c'est le cas, mais quiconque visionne ces images depuis l'étranger ne peut tirer d'autre conclusion", déplore M. Knoop.
Pour le Forum, l'analogie avec les représentations des années trente est inévitable. "Les juifs sont comparés à des insectes, après les rats et les souris de l'an dernier", se désole le porte-parole.
Plus d’un juif en vient à se demander s’il est encore en sécurité dans cette Flandre qui a Alost montre d’elle-même un visage vindicatif et  grimaçant.


JUIFS EUROPEENS : FAUT-IL RESTER OU PARTIR ?
Nicolas de Pape
Senior writer au Journal du médecin in Le Vif

Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères, s'inquiète de la résurgence de l'antisémitisme dans son pays et constate dans Der Spiegel (26 janvier 2020) : "Nous devons prendre des mesures d'urgence pour éviter un départ massif des Juifs d'Allemagne." Comment en est-on arrivé là ? Dans mon dernier essai : "Sur la nouvelle question juive" (Texquis edition), je tente d'y répondre.
Après des siècles de pogroms, de migrations et après l'anéantissement, les Juifs européens auront connu à partir de 1970 une petite embellie. C'est le temps où les revenants d'Auschwitz peuvent enfin en parler. Essais, romans et films se succèdent pour rappeler ce crime contre l'humanité. Jusque-là, les rescapés avaient eu beaucoup de mal à témoigner et il n'y avait pas tellement d'oreilles pour les entendre. À la Libération, leur calvaire gâchait la grande réconciliation. Comme dans les comédies de Gérard Oury, tout le monde était résistant...
La parenthèse enchantée se referme rapidement.
Le vendredi 3 octobre 1980, vers 18 h 30, une bombe de forte puissance explose devant la synagogue de la rue Copernic à Paris, dans le 16e arrondissement. Après la piste d'extrême droite, les enquêteurs se dirigent vers la piste palestinienne. Après des décennies d'enquête, en 2018 la Justice ordonne le non-lieu à l'encontre d'un Libano-Canadien, Hassan Diab...
20 ans plus tard, en 2001, le grand rabbin Guigui est agressé à Bruxelles. Les années suivantes témoignent de la recrudescence des actes antisémites et des faits-divers ou attentats touchant des Juifs en raison de leur origine : la séquestration et le meurtre d'Ilan Halimi (2006), les attentats perpétrés par Mohammed Merah (trois enfants assassinés dans une école juive de Toulouse en 2012), l'attentat du Musée Juif de Bruxelles de la main de Mehdi Nemmouche (2014), les attentats terroristes contre l'Hyper-casher à Paris (5 morts en 2015) lors du massacre de l'équipe de Charlie-Hebdo, la défenestration de Sarah Halimi (2017)...
Pour les commentateurs, il est difficile d'admettre que cette violence vient de ceux-là mêmes qui subissent le racisme : des arabo-musulmans radicalisés.
Au fil du temps, l'islamofascisme perd son "monopole" anti-juif. En 2020, le Juif est désormais coincé entre la peste d'extrême droite et le choléra de l'islamo-gauchisme. Des hommes politiques jouent avec le feu comme Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise) qui attribue la défaite de Jeremy Corbyn au rabbin de Londres ou des membres de l'AFD qui veulent revisiter l'histoire mémorielle de l'Allemagne.
Les Juifs doivent aussi faire le tri entre les populistes. Ils ne sont pas tous antisémites, loin s'en faut. Mais certains de ceux-ci apprécient Israël uniquement parce que l'État juif tient en respect le monde arabe. Au sein même de certaines formations politiques, les deux profils cohabitent, citons l'ambiguïté de l'AFD et du Vlaams Belang à cet égard.
L'Europe devient chaque jour plus hostile aux communautés juives. Les tombes juives profanées alimentent de façon récurrente les dépêches d'agence de presse.
Certains songent au départ ou sont déjà partis : États-Unis, Canada, Israël... L'herbe y est-elle plus verte ? Le multiculturalisme exacerbé et les suprémacistes blancs (cf. attentat contre la synagogue de Pittsburgh) ne font pas des États-Unis la destination forcément idéale, Israël est un pays en guerre larvée...
Les Juifs qui disposent de moyens plus limités et qui ne peuvent envisager l'émigration ou qui sont trop âgés migrent, comme beaucoup de "chrétiens", autour des métropoles vers des quartiers "Jews friendly", loin des cités dites sensibles où islamisme et trafics de drogue se partagent les restes de territoires en lambeaux.
Les Juifs les plus pauvres sont condamnés à y demeurer, dans leur trois-pièces, et camoufler leur kippa sous une casquette Nike.
Les lieux culturels et cultuels juifs sont calfeutrés derrière des portes blindées et, le plus souvent, lors des offices, protégés par l'armée et/ou la police.
S'il n'est plus possible de vivre son judaïsme sinon derrière d'épais rideaux ou des volets (comme les Sépharades d'Espagne, faussement convertis après 1492), certains de nos territoires seront de facto bientôt judenfrei. C'est la thèse pessimiste développée par Alain Finkielkraut.
Aucun État européen, malgré des déclarations très à l'emporte-pièce ("La Belgique sans les Juifs n'est pas la Belgique" - Charles Michel : "La France sans les Juifs n'est pas la France" - Emmanuel Macron), n'est en mesure de protéger réellement ses Juifs individuellement. Ceux-ci n'intéressent d'ailleurs plus les politiques qui, dans de nombreuses communes et métropoles ont d'autres chats à fouetter. Le clientélisme électoral fait le reste comme dans certaines communes de Bruxelles ou en Seine-Saint-Denis où l'élu local a vite fait ses comptes face à un électorat juif lilliputien.
Lorsqu'en 2015, le commando islamiste a abattu les journalistes de Charlie-Hebdo en même temps que Coulibaly assassinait les clients de la supérette casher parce qu'ils étaient juifs, les réactions furent vives. Mais si le commando s'était concentré uniquement sur les clients juifs et avait épargné les satiristes, personne n'aurait manifesté au cri de "Je suis juif". Absolument personne. Au lieu qu'ils furent des centaines de milliers à arborer "Je suis Charlie".
Si cela continue, dans deux générations, on ira peut-être visiter, comme à Rhodes ou Budapest, des synagogues presque vides dans d'anciens quartiers juifs appartenant à l'histoire. C'est dans une certaine indifférence que notre continent refermera tout doucement l'histoire riche et tragique du judaïsme européen.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE CANARI DANS LA MINE

Les juifs sont un peu le canari dans la mine. Si le canari se sent mal et défaille c’est que le grisou, est présent et l’explosion ne tardera pas à se produire. S’en prendre aux juifs comme cible privilégiée c’est tuer le canari délibérément. On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. Rire dans l’intention de blesser est une limite à ne pas franchir car dans ce cas le rire des uns génère la souffrance des autres, qu’ils soient juifs, musulmans ou simplement différents.  Il s’agit de souffrances morales, psychologiques et ceci ne concerne pas seulement le carnaval d’Alost, loin s’en faut.
MG

dimanche 23 février 2020

Coronavirus: l'épidémie accélère hors de Chine, à une vitesse qui inquiéte l'OMS


Afp et La Libre
L'épidémie de pneumonie virale a connu samedi une soudaine accélération hors de Chine, en particulier en Corée du Sud où la situation est jugée "grave", et en Iran où elle a déjà fait cinq morts, soit le plus grand nombre de décès enregistrés dans un pays hors Extrême-Orient.
L'Iran a aussi enregistré 10 nouveaux cas, portant à 28 le nombre total de personnes contaminées en République islamique.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'inquiète de la vitesse à laquelle le virus s'est propagé en Iran et des risques pour d'autres pays comme le Liban.
"Nous avons vu une augmentation très rapide (des cas) en quelques jours", constate Sylvie Briand, directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l'OMS. Elle souligne le "risque potentiel de plus de cas exportés dans les jours à venir".
L'OMS redoute aussi "le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires", a averti son directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.
C'est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l'épidémie. Pour l'instant sur le continent, seule l'Egypte a enregistré un cas confirmé de contamination.
NOMBRE SOUS-ESTIME
Certains experts estiment que le nombre de cas pourrait être sous estimé: une étude publiée vendredi par le centre des maladies infectieuses de l'Imperial college de Londres "estime qu'environ les deux-tiers des cas de Covid-19 sortis de Chine sont restés indetectés au niveau mondial, avec pour résultat potentiel des chaines multiples non détectées de transmission humaine hors de Chine".
D'autant que malgré toutes les précautions (quarantaine, confinement, prise régulière de température..) certains peuvent passer au travers du filet. Le Japon a reconnu samedi que 23 passagers du Diamond Princess avaient pu quitter ce navire de croisière mis en quarantaine à Yokohama sans passer tous les contrôles médicaux requis.
Alors que la maladie a déjà touché quelque 77.000 personnes dans le monde, l'Italie est le premier pays européen à enregistrer des cas mortels parmi ses ressortissants: une femme de 75 ans et un retraité de 78 ans, sur plus de 50 cas de contamination dans le nord du pays. Ecoles, églises, salles de sport, bibliothèques et autres lieux publics ont été fermés dans une dizaine de villes.
En dehors de la Chine continentale (sans Hong Kong et Macao), plus de 1.300 contaminations ont jusqu'à présent été recensées -- principalement en Corée du Sud et sur le Diamond Princess au Japon.
FERMETURE D'UNE USINE SAMSUNG
En Corée du Sud, un deuxième décès a été annoncé samedi et le nombre d'infections a fortement augmenté avec 229 nouveaux cas, sur un total de 433 cas rapportés, selon les autorités sanitaires.
L'épidémie est entrée dans une "phase grave et le gouvernement fait tout pour prévenir la propagation", a déclaré le Premier ministre Chung Sye-kyun dans une allocution samedi soir.
L'un des deux principaux foyers d'infection du pays est l'hôpital de Cheongdo: 95 des derniers cas sont "liés" à des patients ou du personnel de cet hôpital, où les deux personnes décédées avaient séjourné.
L'autre foyer est l'Eglise de Shincheonji de Jésus, une secte chrétienne de la ville de Daegu, non loin de Cheongdo. Au total, plus de 200 membres de cette secte chrétienne ont été contaminées.
Par ailleurs, un employé d'une usine Samsung Electronics à Gumi, à 200 kilomètres de Séoul, a été infecté, amenant le géant technologique à suspendre les activités sur ce site jusqu'à lundi.
BENEVOLES DES JO D'ETE
Au Japon, une centaine de croisiéristes qui étaient en contact étroit avec des personnes infectées présentes sur le Diamond Princess ont commencé samedi à débarquer, selon des médias locaux.
En tout cette semaine quelque 970 personnes ont pu quitter le navire après des tests apparemment négatifs.
Mais parmi ces personnes lâchées dans la nature, deux Australiens, une Israélienne et une Japonaise ont été déclarés porteurs du virus un fois rentrés dans leur pays.
Le Diamond Princess reste le plus important foyer de contagion hors de Chine. Sur 3.711 personnes se trouvant initialement à bord, plus de 630 ont contracté le coronavirus.
Toujours au Japon, le comité d'organisation des Jeux Olympiques 2020 de Tokyo a annoncé samedi qu'il allait retarder la formation des bénévoles qui encadreront l'événement, par mesure de précaution, tout en assurant que les JO (prévus du 24 juillet au 9 août) ne sont pas remis en cause.
RALENTISSEMENT EN CHINE
En Chine continentale en revanche, la tendance est au ralentissement: 109 nouveaux décès annoncé samedi, contre 118 la veille, pour un total national de 2.345.
Le chiffre quotidien des nouveaux cas de contamination au coronavirus est en plus forte baisse encore, avec quelque 400 nouveaux cas contre près de 900 vendredi. Le nombre de contaminations dépasse désormais les 76.000.
Dans une lettre de remerciements à la fondation Bill et Melinda Gates pour son soutien financier contre l'épidémie, le président chinois Xi Jinping a souligné que son pays se trouvait désormais à "un moment critique", selon l'agence Chine nouvelle.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

 « Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre. »

Le nombre de contaminations dépasse désormais les 76.000. La peste a frappé l’humanité à différentes époques déjà provoquant  des millions de morts. Faut-il redouter une nouvelle irruption de l’imprévisible dans l’univers des vivants ?
On envisage avec inquiétude le "risque potentiel de plus de cas exportés dans les jours à venir".
L'OMS craint surtout "le potentiel de dissémination du Covid-19 dans les pays dont les systèmes de santé sont plus précaires". C'est le cas de nombreux pays africains dont les infrastructures sanitaires et le personnel médical sont mal préparés pour affronter l'épidémie. Pour l'instant sur le continent, seule l'Egypte a enregistré un cas confirmé de contamination. On sait que les Chinois sont très présents sur le continent noir ce qui rend très probable le risque que s’y déclare  un foyer d’infection. Mais ce qui risque de créer un mouvement de panique c’est la découverte d’un foyer d’infection en Italie, au sein même de l’Union européenne.
Laquelle des deux pestes est elle la plus redoutable du virus corona ou de la peste brune qui menace de plus en plus nos démocraties, y compris désormais en Allemagne?
MG 



samedi 22 février 2020

Une pause institutionnelle pour faire fonctionner au mieux l'Etat belge


François De Smet
président de DéFI in Le Vif

François De Smet, président de DéFI, réitère son voeu d'une commission spéciale pour réformer l'Etat avec un seul maître-mot: l'efficacité.

Le Vif/L'Express a demandé à des personnalités du monde politique, économique, associatif, académique, culturel... de proposer une idée pour sortir la Belgique du marasme. Que ce soit une suggestion immédiate ou une réforme plus profonde du système.
Depuis des décennies, la Belgique va de réforme de l'État en réforme de l'État sans que le citoyen ne semble trouver son compte dans ces évolutions institutionnelles successives qui n'ont obéi, dans le meilleur des cas, qu'à des impératifs politiques, et dans le pire des cas, qu'à des revendications identitaires et nationalistes.
Il faut en finir avec cette spirale infinie et infernale.
Au quotidien, ces réformes aboutissent dans un certain nombre de cas à de véritables paralysies et à des aberrations, lesquelles permettent, effet pervers supplémentaire, à la droite nationaliste flamande de démontrer le caractère ingouvernable de ce pays. Est-il vraiment besoin d'avoir 9 ministres de la Santé pour 11 millions d'habitants ? Est-il cohérent que chaque Région ait sa propre politique climatique alors que, par définition, les enjeux liés à l'environnement et au climat ne s'arrêtent pas aux frontières ? Est-il efficace que certaines matières fondamentales, comme l'aide aux personnes handicapées par exemple, soient saucissonnées entre le Fédéral, les Régions, les Communautés et les communes avec pour conséquence que plus personne ne prenne de mesures de peur de déborder sur les compétences d'un autre niveau de pouvoir ?
Il est probable que l'avenir nous réserve une nouvelle - une septième - réforme de l'État, tous les partis francophones en sont d'accord. Mais il est temps que ces réformes prennent un tour rationnel, serein, responsable et soucieux d'efficacité au service du citoyen. C'est pourquoi nous proposons une pause institutionnelle tout au long de la législature actuelle. Une pause institutionnelle dont l'objectif n'est pas de "bloquer" les choses, de perdre du temps, de refuser les revendications des uns et des autres, mais, au contraire, d'avancer concrètement. Nous sommes fédéralistes et donc convaincus de la nécessité d'un fédéralisme de coopération, d'objectifs, d'efficacité.
Nous ne pensons pas, par principe, qu'il faut refédéraliser des compétences. Nous pensons juste qu'il faut prendre le temps de l'évaluation sereine et rationnelle des effets des six réformes de l'État passées et d'en tirer des conclusions. A l'écoute de la société civile et des acteurs de terrain concernés par les différentes matières, il apparaîtra probablement que, dans l'intérêt de chaque citoyen et de chaque niveau de pouvoir, certaines matières doivent, pour être pleinement efficaces, être refédéralisées tandis que d'autres, dans le même souci, devraient faire l'objet d'une régionalisation plus poussée voire complète. La question de l'absence d'une hiérarchie des normes, en Belgique, devra aussi être posée.
Un gouvernement doit être constitué dès que possible, et sa formation doit être dissociée des enjeux institutionnels. Le blocage actuel au niveau fédéral rend encore plus indispensable l'organisation d'un débat institutionnel serein.
Notre idée, dite "Nova Carta", consiste à inverser enfin la logique des réformes de l'État : au lieu d'échanger perpétuellement des compétences contre de l'argent, d'aller à chaque fois vers une division accrue et une complexification sans fin du pays, il s'agirait de remettre de la raison, et de s'atteler à une réforme de l'État, en 2024, sur base citoyenne et rationnelle - et non plus sur base nationaliste et identitaire.
Cette "Nova Carta" aboutirait à un rafraîchissement vivifiant de la Constitution avec l'appui du citoyen. Elle consisterait en un débat impliquant profondément la société civile et lui permettant de faire part au monde politique des effets, tant positifs que négatifs, des réformes successives de l'État belge afin de voir comment le faire mieux fonctionner et dans l'intérêt de ses citoyens.
Cela pourrait passer par la constitution d'une commission parlementaire spéciale composée de la même façon que les autres commissions parlementaires. Elle aurait la liberté d'entendre les experts du monde académique, du monde socio-économique ou de la société civile. La population serait, elle, consultée par le biais d'un guichet numérique où elle pourrait formuler ses propositions d'amélioration de l'État.
Au bout de trois ans, la commission établirait un projet de réforme de l'État en vue d'améliorer le fonctionnement du pays, en tenant compte du seul critère de l'efficacité. Cette réforme pourrait être validée par l'électeur en 2024 afin de retrouver l'esprit de la Constitution et redonner légitimité et efficacité à l'État Belgique.
La réforme ainsi envisagée, enfin, contiendrait une clause générationnelle : toutes les parties conviendront que cette réforme de l'Etat sera la dernière pour une génération, et qu'il n'y aura plus d'autre réforme de l'Etat durant 25 ans. Car les citoyens ont besoin d'efficacité et de stabilité, pas de vivre sous la menace permanente des appétits nationalistes.
François De Smet, président de DéFI


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN VRAI DEFI EN EFFET

Enfin quelqu’un qui prend de la hauteur pour réfléchir à l’avenir du Royaume de Belgique.
François De Smet n’est pas philosophe pour rien, il entend à ce titre « penser » la Belgique d’une manière radicalement nouvelle. Il est singulier que cette requête émane de la part du président de l’ancien « Front des Francophones » quand curieusement Bart de Wever en appelle à la création d’ un nouveau « Front des Flamands ». La réforme pour laquelle il plaide « pourrait être validée par l'électeur en 2024 afin de retrouver l'esprit de la Constitution et redonner légitimité et efficacité à l'État Belgique. »
Espérons que François Desmet qui se proclame l’héritier du libéralisme social -dont le MR Bouchez semble avoir fait son deuil- ne sera pas la voix qui clame dans le désert.
MG


vendredi 21 février 2020

Laruelle (MR) et Dewael (Open VLD) pour un gouvernement de plein exercice


Le Vif
Le roi a chargé mercredi soir Patrick Dewael (Open Vld) et Sabine Laruelle (MR), respectivement président de la Chambre et du Sénat, de "prendre les contacts politiques nécessaires" en vue de former un gouvernement. Ils feront rapport au roi le 9 mars au plus tard.
Dans un communiqué, le Palais confirme que le roi Philippe a reçu en audience mercredi soir les deux présidents d'assemblées fédérales. "Le roi leur a demandé de prendre les contacts politiques nécessaires permettant la mise en place d'un gouvernement de plein exercice. Ils ont accepté cette mission. Ils feront rapport au roi au plus tard le 9 mars", selon le communiqué du Palais.
M. Dewael et Mme Laruelle sont les sixièmes chargés de mission royale depuis les élections du 26 mai dernier. Celles-ci avaient commencé dès l'été avec le tandem Didier Reynders (MR) - Johan Vande Lanotte (sp.a), suivi du duo Rudy Demotte (PS) - Geert Bourgeois (N-VA). Ceux-ci avaient passé la main à l'automne à Paul Magnette (PS), suivi par après par le couple Georges-Louis Bouchez (MR) - Joachim Coens (CD&V). Ces derniers furent relevés par Koen Geens (CD&V) qui a donné sa démission vendredi dernier.
Par voie de communiqué, le MR a salué le fait que Sabine Laruelle soit la première femme à qui le roi confie une mission dans un processus de formation de gouvernement en Belgique.
Par le biais de son président, Georges-Louis Bouchez, le Mouvement Réformateur rappelle sa volonté de travailler à une solution stable et forte pour le Pays. "Notre volonté première est de maintenir la Belgique sur les voies de la modernité et de la prospérité pour tous. C'est pourquoi j'appelle à la prise de responsabilité de chacune et chacun afin de pouvoir entamer au plus vite des négociations pour la formation d'un gouvernement de plein exercice " explique le président du MR. "Pour cela, il convient de restaurer la confiance entre les partenaires. Son parcours, ses qualités personnelles, sa franchise et la confiance qu'elle inspire font de Sabine Laruelle la personne adéquate pour cette mission qui pourra également s'appuyer sur l'expérience et tout le poids politique de Patrick Dewael", ajoute-t-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Nous écrivions il y a tois jours sur ce blog :
« Philippe va-t-l exfiltrer le tonitruant Verhofstadt de son parlement Européen ou rappeler Mark Eyskens de sa retraite zoutoise ; arracher  Xavier de Donnéa à sa chaumière ardennaise ? Ou, qui sait, inviter au palais l’ancien journaliste vedette de la VRT Siegfried Bracke, ancien président de la Chambre qui eut longtemps l’oreille de De Wever et fut son porte voix ? Ou de façon plus classique, le roi va-t-il mobiliser l’actuel président de la chambre le fringant VLD Patrick Dewael avec ou sans la brillante présidente du Sénat Sabine Laruelle. Une femme pour enfin changer et quelle femme ! L’dée est franchement séduisante. Reste à poser au prochain ou à la prochaine kamikaze : « Aimez vous Vivaldi ? » 
Pour une fois on ne s’est pas trompé.
MG


DEWAEL - LARUELLE: POUR CALMER LES ESPRITS ET TENTER DE CREER UN NOUVEAU POSSIBLE
Olivier Mouton
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

Le palais confie une mission de déminage aux présidents de la Chambre (Open VLD) et du Sénat (MR). Deux libéraux pour gagner du temps ou ouvrir le jeu.
Le palais a décidé mercredi soir de confier une mission à Patrick Dewael (Open VLD) et Sabine Laruelle (MR), la première femme à entrer en piste. En partie surprenante, cette idée revient en fait aux fondamentaux : confier aux présidents de la Chambre et du Sénat le soin d'apaiser les institutions. Pour préparer de nouveaux possibles, imaginer un gouvernement transitoire ou pour mener la transition vers des élections ?
La première mission des nouveaux missionnaires royaux consistera en tout cas à pacifier un paysage politique au bord de la crise de nerfs. Les sorties de Paul Magnette, président du PS, exaspéré par ses discussions stériles avec la N-VA, avaient mis brutalement un terme à la mission de Koen Geens (CD&V). Ce faisant, elles ont aussi fortement endommagé les relations entre deux partis, pourtant cruciales en vue de trouver une solution si l'on veut une majorité dans chaque groupe linguistique. Joachim Coens, président du CD&V, a réitéré ce souhait et affirmé à sa sortie du palais que "la confiance est en péril avec le PS". Et qu'un "geste" des socialistes francophones serait le bienvenu.
Mais ce ne sont pas les seules fractures nées au fil de ces mois de blocage. Il y a bien sûr la fracture béante entre la N-VA et le PS, qui ne pourrait être recousue que via une amorce de discussions communautaires. Il y a l'exaspération réciproque entre le "monsieur-je-sais-tout" du MR Georges-Louis Bouchez et les socialistes, avec en retour une incompréhension libérale à l'égard de l'entêtement dogmatique des socialistes. Il y a, l'air de rien, la rivalité entre PS et Ecolo, le premier estimant qu'il fait le sale boulot francophone tout seul.
Du côté flamand, ce n'est guère mieux, y compris au sein de la suédoise qui gère le gouvernement flamand. Les relations entre N-VA et Open VLD se sont tendues quand la présidente libérale avait esquissé sa préférence pour une Vivaldi. Les rapports CD&V - Open VLD ne sont pas nécessairement au beau fixe en raison du raidissement social-chrétien sur les questions éthiques, singulièrement l'avortement. D'aucuns rappellent d'ailleurs que la suédoise est tombée en raison des frictions incessantes entre partis flamands.
Bref, il y a de sérieux fils à retisser, des relations à renouer, des confiances à rétablir.
Outre son sens du tact, les nouveaux missionnaires royaux devront faire preuve de créativité - mais aussi de ténacité - pour inventer de nouvelles formules susceptibles de sortir le pays de l'ornière. Ou à tout le moins, pour mettre en place les conditions possibles à une hypothétique préformation.
Un gouvernement d'urgence, avec en marge une discussion sur l'avenir de l'Etat ? C'est la solution en faveur de laquelle plaident des académiques depuis des mois, mais ce serait évidemment une façon de dévaloriser l'Etat fédéral (qui est bloqué, il est vrai) ou de relancer un carrousel communautaire dont les francophones ne voulaient plus. Un gouvernement transitoire qui ne serait pas de plein exercice est de toute façon exclu par le palais.
Une coalition sans le PS ou une coalition sans la N-VA (diverses formules existent) ? L'idée d'une "77 alternative) liant la N-VA et les partis flamands au MR et au CDH reste improbable, fragile, mais le rêve nourri par certains s'enrichit des maladresses du PS. Se pourrait-il que l'on reproduise une énorme surprise comme ce fut le cas en 2014. La Vivaldi sans la N-VA, elle, était plébiscitée du côté francophone, mais elle se heurte à la volonté flamande d'avoir une majorité dans le groupe linguistique néerlandophone et au "shadow cartel" (dixit le PS) entre N-VA et CD&V.
Une formule miracle pourrait-elle naître de cette dramatisation à outrance en vue de mettre quand même en place un gouvernement avec majorité dans les deux groupes linguistiques ? La coalition miroir (les majorités des deux Régions) a été incendiée en quelques heures. Les probabilités d'une négociation "à l'autrichienne" mêlant nationalistes et écologistes sont proches de zéro. A vrai dire, plus grand-monde ne voit clair sur ce qui reste possible sans avoir au préalable mener l'opération d'apaisement entre les uns et les autres.
La Belgique en l'an 2020 a besoin d'un psychiatre à son chevet comme c'est désormais le cas à répétition. En 2007-2008 quand on s'arrachait les cheveux sur BHV à coups de "non". En 2010-11 lorsque 541 jours ont été nécessaires pour se décider à réformer l'Etat une sixième fois. Cette fois, politologues (Vincent de Coorebyter), constitutionnaliste (Marc Uyttendaele) ou historiens (Vincent Dujardin) n'hésitent pas à dire qu'il s'agit de la crise la plus grave jamais traversée par notre pays.
Il se peut, dès lors, que cette nouvelle mission des deux présidents d'assemblée ne soit qu'une façon de gagner encore du temps, histoire de laisser retomber le soufflé. Ce pourrait aussi être un tremplin vers des élections que tous disent vouloir éviter, tout en les préparant fébrilement en coulisses.
Pourquoi les libéraux flamands détiennent la clé du pays


Olivier Mouton
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

En 2014, c'est Gwendolyn Rutten, président de l'Open VLD, qui avait jeté les bases de la Suédoise. Cette fois encore, son parti pourrait jouer un rôle décisif.

Le roi termine sa tournée des présidents de parti ce mercredi après-midi par la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten. Il devrait ensuite prendre une initiative pour tenter de pacifier un paysage politique dégradé - si cela était possible qu'il le soit davantage - par la fin de mission précipitée de Koen Geens (CD&V).
Les libéraux flamands figurent parmi les favoris pour une nouvelle mission royale, maintenant que le CD&V a tout donné : son président Joachim Coens et le favori du palais Koen Geens. On a cité, ces derniers jours, les noms de Gwendolyn Rutten elle-même, du vice-Premier Alexander De Croo ou du président de la Chambre et sage de la politique belge, Patrick Dewael. La ou l'heureux élu(e) pourrait éventuellement être accompagné(e) d'un francophone - on évoquait en coulisses un CDH ou un Ecolo. Si l'Open VLD a été cité de la sorte, ce n'est pas un hasard. Les libéraux flamands - au même titre que leurs homologues francophones - ont réussi à s'imposer au fil des années comme une charnière de notre paysage politique. Et ce, même si leur poids électoral n'a cessé de diminuer.
Guy Verhofstadt n'a-t-il pas été Premier ministre à deux reprises dans la première décennie du siècle, avec les socialistes et les écologistes ? Le "numero uno" est ensuite revenu pour une mission provisoire, une forme de gouvernement d'urgence au moment où le CD&V Yves Leterme se cassait les dents sur BHV, la fameuse scission de l'arrondissement électorale et judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Cet épisode résonne étrangement à l'heure où l'on évoque à nouveau la poste d'un gouvernement transitoire pour prendre les mesures d'urgences qui s'imposent.
Mais un autre moment mérite d'être rappelé pour signifier le rôle important joué par ce parti. Nous sommes pendant l'été 2014. Charles Michel, président du MR, s'étrangle d'apprendre que le PS a choisi de s'associer dans les Régions au CDH, rejetant son parti dans l'opposition. "Je constate que le PS opte pour une coalition des perdants", grince-t-il devant la presse (tiens, c'est la façon dont le PS présente aujourd'hui la suédoise). Des coups de fil s'échangent. Le premier contact est avec Wouter Beke, président du CD&V, avec qui Michel a noué de très bons contacts. Mais c'est le second appel, avec Gwendolyn Rutten, qui s'avère décisif. La présidente de l'Open VLD lui glisse que cela peut lui permettre de mettre en place une coalition que tout le monde croit impossible. C'est en réalité elle la véritable mère de la Suédoise.
Près de six ans plus tard, le contexte n'est pas tout à fait le même, quoique. Aux côtés du CD&V, l'Open VLD participe au gouvernement flamand. Le parti libéral flamand peut jouer un rôle majeur pour faire basculer la formation d'une majorité fédérale dans un sens ou dans un autre, que ce soit en direction d'une Vivaldi sans la N-VA ou d'une coalition "77 alternative" sans le PS. Probabilité mince, certes. Mais ce parti qui ne recueille plus que 12% des suffrages en Flandre est, potentiellement, un autre faiseur de roi.

mercredi 19 février 2020

De Wever doit plus craindre de nouvelles élections que le PS, selon Louis Tobback


Le Vif

L'ancienne figure du sp.a Louis Tobback estime que Bart De Wever à plus à craindre d'éventuelles nouvelles élections fédérales que le PS de Paul Magnette.
"Il très vraisemblable que De Wever ne soit alors plus dans la même position de pouvoir qu'aujourd'hui", a commenté lundi M. Tobback lors d'une conférence dans sa ville de Louvain. L'ancien ministre de l'Intérieur s'appuie sur les derniers sondages, "qui doivent être confirmés", montrant que le Vlaams Belang remporterait les prochaines élections fédérales en Flandre. "C'est De Wever qui en sera la première victime. Il a déjà perdu lors des élections de mai 280.000 électeurs et cela va vraisemblablement se reproduire. Le sp.a, le CD&V et l'Open Vld ont, eux, 'déjà donné' et n'ont donc plus grand chose à perdre", a-t-il jugé.
A ses yeux, les conséquences pour les nationalistes flamands de nouvelles élections seront importantes. A l'heure actuelle, la N-VA est mathématiquement 'incontournable' pour une majorité flamande, mais reste à voir si cela restera encore le cas après, glisse-t-il. "J'ai toujours pensé que la N-VA et le PS parviendraient à un accord. Ce n'est pas encore exclu, mais cela sera très difficile". Pour Louis Tobback, le risque est plus grand aujourd'hui qu'on retourne prochain aux urnes que l'inverse. "Cela dépendra entièrement des derniers sondages internes que certains partis vont organiser".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GENERATION DEHAENE

Dehaene et lui étaient cul et chemise !  Toback est un visionnaire et il dit vrai. De Wever aurait beaucoup à perdre en cas d’élection. Mais il aurait aussi beaucoup à perdre à rejoindre une majorité fédérale. C’est que l’homme fort d’Anvers est en perte de vitesse. Il a perdu sa baraka légendaire. La stratégie du coup de pied de l’âne de Magnette pourrait très bien s’avérer payante.  Il s’agit rien moins que d’écrire une cinquième saison selon Vivaldi.
MG

mardi 18 février 2020

1,2 milliard d'euros nécessaires pour rénover les écoles


Le Vif
Il faudrait plus d'un milliard d'euros pour remettre à niveau les bâtiments scolaires de la Communauté française et rattraper deux décennies de sous-investissements chroniques, rapporte Le Soir lundi, citant un état des lieux mené par le ministre Frédéric Daerden qui assure la tutelle sur Wallonie-Bruxelles Enseignement.
Chaque année, il faudrait 110 millions d'euros pour garder le parc immobilier que constituent les bâtiments scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles (maintenance courante, gros entretiens et rénovation).
Or pour l'heure, il n'y a que 50 millions affectés à ce poste. Cela veut dire qu'il y a un sous-investissement annuel de 60 millions. Le ministre Frédéric Daerden estime que cela fait 20 ans que le phénomène se produit. Dès lors, si on voulait d'un coup rattraper ces deux décennies de sous-investissements chroniques, il faudrait grosso modo débourser la somme de 1,2 milliard.
Frédéric Daerden explique que dans le parc actuel, la grande majorité des bâtiments datent d'avant 1965 et moins de 16 % des bâtiments sont postérieurs à 1985. Après 25 années de sous-investissement, on fait face à une usure accélérée, sans compter les exigences croissantes des organes de prévention et de contrôle en regard de normes plus contraignantes. Le ministre présente le couperet : "sans réaction musclée, il y a risque de fermeture de plus ou moins 40 % du parc dans les cinq à dix ans. Or, 40 %, cela représente 75.000 places, rien que pour le réseau officiel".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA RUINE DE L’ECOLE FRANCOPHONE ?

Le poisson, c’est bien connu pourrit par la tête. Négliger son enseignement c’est sacrifier les cerveaux de demain à l’incurie d’aujourd’hui. Quel mouche pique « le fils de papa » d’emboucher maintenant le clairon qui sonne l’alarme. Elle ira les cherchez où la Communauté française les 1,2 milliards d’euro pour remettre son parc scolaire en bon  Etat de fonctionnement  en sachant que plus de 90% de son budget couvre des charges générée par le traitement des enseignants ?
Pourquoi cette info maintenant au milieu d’une crise politique majeure qui flaire bon la crise de régime ? S’agit-il de la somme que la Wallonie réclamerait, le cas échéant réclamer à la Flandre pour prix de son indépendance ?
Daerden, fils de Papa, est socialiste et donc aux ordres de Magnette, l’homme le plus puissant de la Wallonie malade.
On nous avait promis une législature consacrée prioritairement à une réforme copernicienne de l’enseignement public. La patate chaude fut confiée à Joëlle Milquet qui nous fit miroiter un leurre appelé pacte d’excellence. On se moque de nos élèves et les générations montantes  paieront cela très cher : bien plus que 1,2 milliards.
MG 

lundi 17 février 2020

Négociations fédérales: Bart De Wever appelle à former «un front flamand»


Le président de la N-VA incite également les partis flamands « à ne pas s’incliner devant les oekazes du PS. »

Le député N-VA Theo Francken a appelé lundi matin sur les ondes de la VRT (Radio 1) à l’unité des partis flamands dans les discussions en vue de la formation d’un gouvernement fédéral. « Les francophones, et surtout le PS, doivent voir qu’ils ne peuvent pas semer la zizanie entre nous. C’est une question d’amour-propre », a lancé l’ancien secrétaire d’Etat, alors que le Roi se remet lundi à consulter les présidents de parti après avoir accepté la démission de Koen Geens (CD&V).
Bart De Wever, a émis un même appel quelques heures plus tard, avant un bureau de parti. Le président de la N-VA, a appelé les partis flamands « à ne pas s’incliner devant les oekazes du PS et à former un front flamand. »
La piste d’une association des nationalistes flamands et du PS parait bien épuisée, Koen Geens ayant constaté l’impossibilité de creuser cette voie après des déclarations très tranchées de Paul Magnette, le président du PS.
« DES COUPS DE SABOTS A KOEN GEENS ET A LA N-VA »
Sans surprise, Theo Francken estime que c’est le PS qui a fait capoter les tentatives successives de mettre en place cet attelage improbable. « Les 100 premiers jours après les élections, le PS ne voulait pas se mettre à table avec la N-VA, et une fois qu’il l’a quand même fait, ce n’était que pour du faux et pour donner des coups de sabots à Koen Geens et à la N-VA », estime-t-il.
Il est temps pour les partis flamands de faire front, ajoute-t-il encore : « si les Flamands ne freinent pas des quatre fers, on aura un gouvernement sans majorité en Flandre ». Un gouvernement sans la N-VA, et a fortiori sans le Vlaams Belang, n’aura pas de majorité dans le groupe linguistique flamand à la Chambre avec ou sans la Présidente du Sénat Sabine Laruelle (MR) ? Oui c’est bien sûr, une femme et quelle femme ?

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AIMEZ VOUS VIVALDI ?
Un front flamand ou un blok flamand ?
Que signifie exactement ce Vlaamse Front dans l’esprit complexe de Bart De Wever ? Cela évoque immédiatement Vlaams Belang et plus encore Vlaamse Blok deux concepts semblent s’aimanter de plus en plus dans le champ sémantique flamand ?
 De Standaard analyse : « Le président de la N-VA, Bart De Wever, appelle les partis flamands à ne pas s'incliner devant les oekazes du PS et à former un front flamand. Selon lui, le PS "a donné pour mot d’ordre de former un gouvernement avec minorité du côté flamand et de mener une politique de gauche, tandis que la Flandre sera invitée à continuer à payer les factures.
En même temps, il a exprimé son appréciation pour le CD&V parce que ce parti a gardé le dos droit.  Il serait donc irresponsable d'entrer dans un gouvernement de gauche, a-t-il déclaré. 
Il faut être plus ou moins aveugle pour ne pas voir que ce pays est ingouvernable.  Je ne peux donc qu'espérer qu'il n'y aura pas de gouvernement vivaldien . Un gouvernement sans majorité flamande est un mauvais gouvernement, puisque les Flamands paient 70 % des factures.
"Nous restons donc prêts à assumer notre responsabilité", a poursuivi M. Francken. Si le PS est prêt à faire des concessions substantielles, il me sera encore possible... Si ça ne marche pas, je n'ai pas peur de nouvelles élections. 
Et surtout que va faire maintenant le roi ? 
On se le demande avec un début d’angoisse dans ce qui est en train de devenir une crise de régime majeure. Si la N-VA a affirmé avoir tendu plusieurs fois la main au PS, ce dernier a toujours maintenu que la N-VA n’avait pas fait de réels compromis en son sens et gardait son agenda confédéraliste. Theo Francken affirme cependant que la N-VA reste constructive et prête à prendre ses responsabilités. Maar wie gelooft er die man nog?
Philippe va-t-l exfiltrer le tonitruant Verhofstadt de son parlement Européen ou rappeler Mark Eyskens de sa retraite zoutoise ; arracher  Xavier de Donnéa à sa chaumière ardennaise ? Ou, qui sait, inviter au palais l’ancien journaliste vedette de la VRT Siegfried Bracke, ancien président de la Chambre qui eut longtemps l’oreille de De Wever et fut son porte voix ? Ou de façon plus classique, le roi va-t-il mobiliser l’actuel président de la chambre le fringant VLD Patrick Dewael avec ou sans la brillante présidente du Sénat Sabine Laruelle. Une femme pour enfin changer et quelle femme ! L’dée est franchement séduisante. Reste à poser au prochain ou à la prochaine kamikaze : « Aimez vous Vivaldi ? »
MG
UN ROI PROTOCOLAIRE OU UN SOUVERAIN TEMERAIRE ?
« Alors que certains rêvent d'une monarchie purement protocolaire, il est pourtant singulier de voir combien le roi Philippe repousse, l'air de rien, les limites de son rôle. Depuis sept ans sur le trône, l'homme a acquis de l'expérience et s'est forgé une forme de sagesse - alors que l'on craignait à l'époque son caractère impulsif ou son manque de discernement. Mais il se construit un chemin singulier.
La situation délicate dans laquelle se trouve notre pays, sans gouvernement de plein exercice depuis plus d'un an et sans solution depuis les élections du 26 mai 2019, contraint le roi à repousser les limites de son rôle. » 
Le constitutionnaliste Marc Uyttendaele (ULB) jugeant qu'il avait outrepassé son rôle. Il reste bel et bien au roi la prérogative de donner des impulsions pour former un gouvernement fédéral. Il incarne même une stabilité institutionnelle vitale pour le pays. Mais l'incertitude actuelle le contraint à prendre des risques. Son action est outre fragilisée parce qu'elle n'est couverte que par un gouvernement... minoritaire et en affaires courantes - du jamais vu.
Alors que tout le monde pense que la monarchie n'a plus grand-chose à dire, nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises. Pour l'instant, la classe politique - y compris les nationalistes et les républicains - reste globalement bienveillante à son égard. Mais si la crise venait à s'aggraver, le ton pourrait changer. Et la monarchie risquerait alors de devenir une cible. (Olivier Mouton in Le Vif)

COMMENT LES RELATIONS ENTRE PS ET N-VA STRUCTURENT LA VIE POLITIQUE DEPUIS 10 ANS
Vincent Rocour  La Libre Belgique
Abonnés Ce lundi, après un bureau de parti auquel tous les députés ont été conviés, le PS devrait confirmer ce que leur président a dit vendredi : il faut arrêter de vouloir le marier avec la N-VA. Le premier parti de Wallonie et de Bruxelles ne rentrera pas dans un gouvernement fédéral avec le premier parti de Flandre.
En Flandre, c’est la consternation. On y voit, sinon de l’arrogance, à tout le moins un abandon de poste, une fuite devant les difficultés qui s’amoncellent.
Mais comment s’étonner du refus du PS ? Le bras de fer auquel se livrent à distance les socialistes francophones et les nationalistes flamands structure la politique belge depuis plus de 10 ans. Beaucoup pensent même qu’ils alimentent volontairement cette opposition, car elle leur permet de renforcer à peu de frais leur leadership électoral dans leur communauté respective.
L’EFFET PAPILLON
Difficile de relever toutes les passes d’armes entre les deux partis depuis 2001, l’année de naissance de la N-VA. Mais certaines d’entre elles sont très spectaculaires. On pointera la campagne menée par les nationalistes flamands début 2007, à quelques semaines du scrutin législatif du 10 juin. La N-VA est alors encore en cartel avec le CD&V. Mais elle veut faire entendre sa voix encore bien fluette. Le slogan de la campagne est subtil. Mais terriblement porteur. "Laat Vlaanderen niet verstikken" veut dire littéralement "Ne laissons pas la Flandre étouffer". Mais les nationalistes ont glissé un "r" entre le "t" et le "i" de "verstikken". Ils font ainsi apparaître le mot "strik (je)", qui signifie nœud papillon. Tout le monde aura compris que c’est d’Elio Di Rupo qu’il s’agit, donc du PS et par extension des Wallons - autant de dangers potentiels dont la N-VA veut prémunir la Flandre.
Trois ans plus tard, à la faveur des élections de juin 2010, la N-VA décroche la première place du podium en Flandre tandis que le PS reprend la sienne au sud du pays. Les deux champions sont tout naturellement désignés pour former l’ossature du futur gouvernement fédéral malgré leurs différences. Ils conviennent de se voir tout un week-end au début du mois de juillet dans un lieu tenu secret, la villa Hellebosch à Vollezele. Le samedi, les discussions portent sur les dossiers socio-économiques ; le dimanche, sur le communautaire. Le climat à l’intérieur de la propriété est relativement serein. Mais les points de convergence se révèlent extrêmement rares. Quelques semaines plus tard, et après de terribles coups de gueule dont celui de la vice-Première Laurette Onkelinx, la N-VA quitte d’ailleurs la table des négociations, se destinant de facto à l’opposition et ouvrant la voie du 16 rue de la Loi à Elio Di Rupo, l’homme au nœud papillon. Durant 4 ans, le Montois sera la cible privilégiée des nationalistes.
LE BRUIT DES BOTTES
L’opposition entre les deux partis devient la matrice de la vie politique belge. Un signe : à deux semaines du scrutin de mai 2014, RTL et VTM diffusent un "débat national" entre Paul Magnette (déjà) et Bart De Wever. Ce sera la seule confrontation entre personnalités des deux bords linguistiques.
Après le scrutin de 2014, les rôles sont inversés : la N-VA rentre dans le gouvernement fédéral et le PS regagne les bancs de l’opposition. Dès le départ, les socialistes francophones mitraillent les nationalistes. Parlant du secrétaire d’État Theo Francken, Laurette Onkelinx évoque le "bruit de bottes" qui "résonne dans le gouvernement du pays".
Depuis lors, les deux partis sont entrés dans une sorte de guerre froide. Avant les élections de mai 2019, Paul Magnette a refusé de débattre une nouvelle fois avec Bart De Wever devant les caméras de télévision. Depuis ce vendredi, on sait aussi qu’il refuse de le côtoyer au gouvernement fédéral.
BART DE WEVER ROEPT OP TOT VORMING 'VLAAMS FRONT' TEGEN PS
De Standaard
N-VA-voorzitter Bart De Wever roept de Vlaamse partijen op om 'niet te plooien voor de oekazes van de PS en een Vlaams front te vormen'. Dat zei hij maandagochtend voor de start van het partijbureau in het Vlaams Parlement. Eerder op de ochtend had partijgenoot Theo Francken al een gelijkaardige boodschap verspreid in gesprek met Radio 1.
De Wever zei maandag dat de PS volgens hem 'het dictaat heeft uitgevaardigd dat de regering een minderheid moet hebben aan Vlaamse kant en een links beleid moet voeren', terwijl Vlaanderen 'wel kan worden gevraagd om de rekeningen te blijven betalen'.
‘Het kan niet dat een kleine partij als de PS haar wil oplegt’, vond de N-VA-voorzitter. Hij wees erop dat Open VLD al in december ‘geplooid’ was en dat de druk op CD&V ‘extreem groot’ zal worden om dat ook te doen. Hij sprak tegelijkertijd zijn waardering uit voor CD&V omdat die partij de rug recht heeft gehouden.
 ‘Ik lanceer een oproep om dat niet te doen’, zei De Wever, die vervolgde dat de Vlaamse kiezer niet gekozen heeft voor een linkse regering. ‘Het is dan ook onverantwoord om in een linkse regering te stappen’, luidde het. 'Het zou moeilijk te begrijpen zijn mochten Open VLD en CD&V verloochenen wat ze in het Vlaams regeerakkoord hebben afgesproken’.
De Wever: ‘Het federalisme is aan de doodsstrijd bezig, maar de PS en de andere Franstalige partijen willen dat niet onder ogen zien. Bij de Franstalige kopstukken is dat besef er wel, maar ze durven het niet toe te geven.'
'Je moet ongeveer stekeblind zijn om niet te zien dat dit land onbestuurbaar is. We hebben intussen tien jaar achter de rug  zonder regering of met een regering zonder meerderheid in Vlaanderen of in Wallonië. Dan is het gewoon op.'
EZELSSTAMP
Eerder op de dag had Theo Francken in de studio van Radio 1 al een schot voor de boeg gegeven. ‘De vraag is hoelang het kan blijven duren dat de PS met dictaten haar wil blijft opleggen. Eerst wilde die partij niet rond de tafel zitten met de N-VA, nu ze dat toch heeft gedaan, blijkt het allemaal maar voor de schijn te zijn geweest’, zei Francken er. ‘Koen Geens noemde het terecht een ezelsstamp. Die was niet alleen gericht aan hem, maar ook aan ons.’
De N-VA’er riep daarop alle Vlaamse partijen op de gelederen de sluiten. ‘Alle Vlaamse partijen moeten nu eendrachtig zijn. Zien de Franstaligen dat ze tussen ons geen wig kunnen drijven, dan zullen ze wel tot inkeer komen. Dan zullen ze wel zien dat ze ons moeten respecteren en ons geen dictaat kunnen opleggen.’
Francken: ‘De PS komt uit dat gedeelte van het land dat al jarenlang niet al te best presteert, en waarvoor wij een groot deel van de facturen betalen. Wel, zij kunnen nu niet de hakken in het zand zetten om zo een federale regering zonder Vlaamse meerderheid in het zadel te krijgen.’
BIER EN CHOCOLADE
Verder maakte Francken duidelijk dat de N-VA blijft inzetten op een staatshervorming richting het confederalisme. ‘Het land is gewoon op, er is een fundamentele hervorming van het federale staatsbestel nodig’, zo verwoordde hij het. ‘Er is een meerderheid nodig die dat voor elkaar wil krijgen. Ik kan daarom maar hopen dat er geen vivaldi-regering komt (paars-groen aangevuld met CD&V, red.). Een regering zonder Vlaamse meerderheid is een slechte regering, aangezien de Vlaming 70 procent van de facturen betaalt.’
‘We blijven daarom bereid onze verantwoordelijkheid op te nemen’, vervolgde Francken. ‘Als de PS bereid is tot forse toegevingen, blijft het voor mij nog altijd mogelijk (samen een regering te vormen, red.). Daarom zijn we ook steeds discreet, verantwoordelijk en respectvol geweest. Als je een structurele hervorming wenst, moet je vroeg of laat altijd met de PS om tafel. Wij vragen bovendien niet om het einde van het land. Onder het confederalisme zullen de Rode Duivels blijven bestaan, net als ons bier en onze chocolade. Ook de koning zal blijven bestaan, voorlopig toch. Maar iedereen zal wel zijn eigen factuur betalen.’
NIEUWE VERKIEZINGEN?
Francken: ‘Mocht het allemaal niet lukken, dan ben ik niet bang voor nieuwe verkiezingen. Dat zeg ik al maanden en dat meen ik ook. Maar nu proberen we nog steeds een akkoord te maken. Lukt dat niet, dan zien we wel weer. We sturen niet aan op verkiezingen, maar komen die er toch, dan nemen we de handschoen op en gaan we de uitdaging aan.’

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
N-VA-voorzitter Bart De Wever roept de Vlaamse partijen op om 'niet te plooien voor de oekazes van de PS en een Vlaams front te vormen'
De Wever zei maandag dat de PS volgens hem 'het dictaat heeft uitgevaardigd dat de regering een minderheid moet hebben aan Vlaamse kant en een links beleid moet voeren', terwijl Vlaanderen 'wel kan worden gevraagd om de rekeningen te blijven betalen'.
Hij sprak tegelijkertijd zijn waardering uit voor CD&V omdat die partij de rug recht heeft gehouden.
 ‘Het is dan ook onverantwoord om in een linkse regering te stappen’, luidde het. 
'Je moet ongeveer stekeblind zijn om niet te zien dat dit land onbestuurbaar is. 
Ik kan daarom maar hopen dat er geen vivaldi-regering komt (paars-groen aangevuld met CD&V, red.). Een regering zonder Vlaamse meerderheid is een slechte regering, aangezien de Vlaming 70 procent van de facturen betaalt.’
‘We blijven daarom bereid onze verantwoordelijkheid op te nemen’, vervolgde Francken. ‘Als de PS bereid is tot forse toegevingen, blijft het voor mij nog altijd mogelijk 
 ‘Mocht het allemaal niet lukken, dan ben ik niet bang voor nieuwe verkiezingen. 

dimanche 16 février 2020

Si le CD&V lâche la N-VA, il se suicide politiquement

Jules Gheude
Essayiste politique

"Il faut sauver la Belgique!", répètent à l'envi les responsables francophones. Mais ils ne disent jamais de quoi il faut la sauver...
Yves Leterme, dans une interview à ""Libération", qualifia la Belgique d'"accident de l'Histoire".
Dès sa création en 1830, la Belgique portait en soi les germes de la crise. Mettre ensemble deux collectivités humaines que tout oppose en leur disant : "Et maintenant, tâchez de vous entendre !", ne pouvait que mener au désastre. Une nation ne peut se forger au départ de deux philosophies inconciliables.
La Flandre dut attendre 1878 pour qu'une loi prévoie l'utilisation du néerlandais, en matière administrative, dans certains cas, à Bruxelles et dans les provinces du Nord. Sans oublier le contexte économique et politique désavantageux auquel elle fut longtemps confrontée.
Les luttes du Mouvement populaire flamand pour permettre à la Flandre d'obtenir enfin sa pleine reconnaissance sur l'échiquier belge ont engendré ce sentiment d'appartenance collective qu'on appelle nation.
Oui, une nation s'est créée. Elle n'est pas belge, mais flamande ! Et cette réalité est aujourd'hui cause de l'impossibilité de la Belgique à survivre. Lors de la crise de 2010-2011, un rapport de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée législative française a conclu que la division de la Belgique en deux groupes linguistiques de plus en plus cohérents et dissemblables rendait son existence de moins en moins probable. Les résultats des élections du 26 mai dernier n'ont fait que conforter ce constat.
En diabolisant la N-VA, les responsables francophones affichent en fait leur profonde méconnaissance de la Flandre.
A partir des années 1960, c'est le parti démocrate-chrétien flamand qui a veillé à faire de la Flandre ce qu'elle est aujourd'hui. C'est "l'Etat-CVP" que l'on trouve à l'origine des mesures et initiatives qui ont contribué à effriter le ciment belge et à affirmer l'identité flamande : la fixation de la frontière linguistique en 1962, avec le Premier ministre Théo Lefèvre ; le "Walen buiten" de l'Université de Louvain en 1968, sous l'impulsion de Jan Verroken, avec pour conséquence immédiate la scission du parti catholique en deux ailes linguistiques ; la mise en oeuvre, dès 1972, de l'autonomie culturelle, avec le fameux "décret de septembre" obligeant les employeurs flamands, avec sanction à la clé, à utiliser le néerlandais dans leurs relations avec les employés ; le torpillage du pacte d'Egmont par le Premier ministre Léo Tindemans en 1978 ; la loi de financement élaborée par les "Toshiba boys" du Premier ministre Jean-Luc Dehaene et destinée à asphyxier la Communauté française ; l'idée confédéraliste lancée dès le début des années 90 par le ministre-président flamand Luc Van den Brande; la mise sur pied par Yves Leterme en 2004 du cartel CD&V/N-VA... Le même Yves Leterme qui, dans une interview à "Libération" qualifia la Belgique d'"accident de l'Histoire".
En fait, il faut sauver la Belgique d'avoir été un accident de l'Histoire. Mission impossible !
Le processus du démantèlement de l'Etat belge est enclenché de manière irréversible. Le projet confédéraliste de Bart De Wever s'inscrit dans la suite logique des cinq résolutions que le Parlement flamand a adoptées en 1999. Ce n'est pas Bart De Wever, mais Wouter Beke, l'ex-président du CD&V aujourd'hui membre du gouvernement flamand, qui a déclaré, en 2007, au journal québécois "Le Devoir" : Nous voulons une véritable confédération où chacun pourra agir comme il l'entend. (...) Le problème, c'est qu'il y a une forte identité flamande mais pas vraiment d'identité wallonne. Les Wallons ne tiennent à la Belgique que pour l'argent. (...) A force de se frapper à un mur, les Flamands se sont radicalisés. (...) Ils (les francophones) ne le savent peut-être pas, mais ils jouent avec une bombe atomique institutionnelle. (...) Si les francophones n'acceptent pas de lâcher du lest, nous n'aurons pas d'autre choix que l'indépendance.
Nul ne peut contester aujourd'hui l'existence de la Nation flamande. Une nation qui, tôt ou tard, finira pas se constituer en Etat souverain. Selon un dernier sondage, la N-VA et le Vlaams Belang sont aujourd'hui crédités ensemble de 49,3% des intentions de vote. Ils disposeraient de la majorité au sein du groupe néerlandophone de la Chambre.
Certains ont beau répéter que la mouvance séparatiste ne représente en réalité qu'une minorité en Flandre.
En Flandre, le CD&V a fait le choix de s'allier à l'Open VLD et à la N-VA pour constituer un gouvernement aux forts accents identitaires. S'il devait entrer dans une coalition fédérale sans la N-VA, il est assuré d'une sanction sévère aux prochaines élections. Il apparaîtrait en effet comme ayant rompu cette relation entre le nationalisme et la démocratie chrétienne dont l'ancien ministre CD&V Stefaan De Clercq a rappelé fort justement qu'elle était profondément ancrée dans l'ADN flamand.
Jules Gheude, essayiste politique 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LE PROCESSUS DU DEMANTELEMENT DE L'ETAT BELGE EST ENCLENCHE DE MANIERE IRREVERSIBLE.»

Comme l'a un jour écrit Pierre Bouillon du "Soir" : Que fait un séparatiste, s'il bénéficie d'une légitimité démocratique ? Ben, il sépare. Ça t'étonne, Yvonne ?
“Als er nieuwe verkiezingen komen, is kans groot dat we ons eigen wereldrecord regeringsvormen breken”
De politieke impasse is compleet sinds Koen Geens (CD&V) gisterenavond zijn opdracht terug gaf aan koning Filip. Hoeveel erger is de huidige situatie dan tijdens de regeringsvorming in 2010 en 2011, toen we het wereldrecord regeringsvormen braken? 
"S'il y a de nouvelles élections, il y a de fortes chances que nous battions notre propre record mondial de formation  gouvernementale."
L'impasse politique est totale depuis que Koen Geens (CD&V) a rendu son tablier au roi Philippe hier soir. La situation actuelle paraît  bien pire que celle qui prévalait lorsque nous avons battu le record mondial de gouvernement en 2010 et 2011.
Ali Daddy m’écrit : 
Très bonne analyse mais quid de « l’épine » PTB ? 

(COMMENTAIRE DE DIVERCITYQUAND PAUL MAGNETTE COURT-CIRCUITE KOEN GEENS ET DESTABILISE LE ROI)
REPONSE :  
Le PTB est un soufflé qui retombera pourvu que le PS donne un coup de barre franc à gauche. Je ne crois pas au potentiel de ce parti baudruche et populiste qu'incarne cette grande gueule de Raoul.  
Le PS ne va pas s'effondrer tout de suite. Il est au plus bas, il ne peut que remonter. Paul Magnette joue son va tout. 
Magnette est aussi intelligent et froid calculateur que feu Guy Spitaels. Il a raison de se méfier de De Wever qui est fourbe et aux abois.
Son dauphin, Ahmed Laaouej a tranché dans l’affaire Kir contre le communautarisme et donc forcément en faveur de son contraire, le dialogue interculturel. C’est courageux, c’est audacieux même mais ça risque d’être payant.
 Ce sera un vrai test majeur pour le PS : l'interculturel ou le suicide...
MG


samedi 15 février 2020

Recherche d'urgence homme d'Etat au PS


Olivier Mouton
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

Exaspéré par les discussions improductives avec la N-VA, Paul Magnette menace de se retirer du jeu. Avec des accents populistes dangereux pour l'avenir du pays.
Le PS a des principes. Pas question de négocier des heures durant - parfois jusqu'à une heure du matin, vous imaginez ? - avec un parti nationaliste flamand dont il ne partage aucun élément de programme et qui ne serait prêt à aucune concession. C'est ce qu'il dit haut et fort ce matin au Soir et à LN24, visiblement au bord de la crise de nerfs : "cela devient un vrai supplice". Lundi, en bureau de parti, les socialistes francophones devraient siffler la fin de la récréation : plus question de participer à cette mascarade.
Tant pis s'ils portent le chapeau, visiblement. Koen Geens et le palais royal savent désormais à quoi s'en tenir. A moins que l'acharnement thérapeutique ne se poursuive : c'est en effet la énième fois que le PS réaffirme son refus de gouverner avec la N-VA. Précision utile : Paul Magnette ne ferme toutefois pas définitivement la porte à cette alliance contre-nature, il pourrait la soumettre à un congrès du parti si des élections sont la seule alternative.
Nous sommes d'accord avec le président du PS : dans ce jeu de dupes, Ecolo a le beau rôle en ne venant même pas à la table. Mais si le président du PS campe sur ses positions, n'est-ce pas parce qu'il est convaincu que son parti restera le refuge providentiel de francophones apeurés, alors que tant Ecolo que le PTB n'ont pas réussi à concrétiser leur victoire électorale?
Le PS a des principes forts, donc, et opte définitivement pour l'ancrage dans ses Régions, le regard fixé vers des élections anticipées qui deviennent de plus en plus probables. D'ailleurs, en se drapant de vertu et en défiant le PTB sur son terrain, il ne devrait pas trop les craindre. Le parti de Paul Magnette a su adopter un populisme protecteur, rassurant, avec la défense de la sécurité sociale pour axe majeur. Cela lui a permis de rester le premier parti de Bruxelles et de Wallonie jusqu'ici, contrairement à la plupart des partis socialistes qui dévissent en Europe. Et tant pis si l'on ne dit pas toujours la vérité aux gens, notamment au sujet de la situation préoccupante de la Wallonie ou des efforts à fournir pour rétablir les finances publiques.
Franchement, peut-on se permettre cette séquence marquée par le déni des réalités et un repli autocentré ? Alors que le déficit budgétaire s'envole, que des mesures socio-économiques ou climatiques sont vivement nécessaires, voilà ce à quoi nous assistons. On recherche d'urgence des hommes d'Etat, singulièrement dans les rangs socialistes. Oh, le PS n'est pas le seul responsable, c'est vrai. Il existe une alternative sous la forme d'une coalition sans la N-VA, qu'elle s'appelle Vivaldi ou autre. Mais pour cela, encore faudrait-il convaincre le CD&V et l'Open VLD (en pleine campagne électorale interne) de changer leur fusil d'épaule : nous verrons lundi si la stratégie du PS permet d'agir en ce sens, mais l'attitude moralisatrice de son président ne risque guère de convaincre.
Cela dit, et Paul Magnette ne l'esquive même pas dans ses interviews, il existe une autre alternative : une majorité... sans le PS. Elle allierait la N-VA avec le CD&V, l'Open VLD, le SP.A, le MR et le CDH. Improbable, disposant d'une majorité très courte, cet attelage serait-il un dernier recours ? Le président du PS prend-il le risque de revivre la situation de 2014, quand la suédoise avait pris tout le monde de court après la décision du PS - déjà... de se replier sur ses Régions ? Les réactions du MR Georges-Louis Bouchez ("pourquoi remettre sa tête sur une affiche si on n’est pas capable de prendre ses responsabilités et de conclure des accords ?") et du CDH Maxime Prévot ("menacer d'un retour aux urnes sur l'air de 'retenez-moi ou je fais un malheur' n'est pas responsable) valent plus qu'un long discours.
En fuyant ses responsabilités, parce que c'est de cela dont il s'agirait, le PS laisserait tomber une population qu'il prétend défendre. Il fermerait les yeux sur le paysage électoral dessiné par les électeurs en mai 2019 - qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas. Et il prendrait le risque - visiblement calculé - de mettre l'existence même de la Belgique au centre d'une campagne électorale âpre et violente dont on devine trop qu'elle ressemblerait à celle du Brexit, avec les extrémistes pour principaux bénéficiaires.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUAND PAUL MAGNETTE COURT-CIRCUITE  KOEN GEENS ET DESTABILISE LE ROI 

Le président du PS a mis définitivement fin, vendredi, au scénario PS/N-VA.. « Dans toute situation compliquée en politique belge, il y a une phase de dramatisation. En général, elle sert à forcer les protagonistes à quitter des positions figées pour aboutir à quelque chose. Une nouvelle étape ou un compromis. C’est très exactement ce que vient de faire Paul Magnette, le président du PS, dans plusieurs journaux et en radio. » (Le Soir)
Résultat ? Koen Geens (CD&V) donnait, dans la soirée de vendredi sa démission au Roi, qui promptement l’acceptait. 
Le président du PS met ainsi la pression sur le Roi et son entourage ultra catho, c’est finement joué !  Ils vont devoir trouver une nouvelle solution. Je ne sais si la couronne est découverte mais elle est fameusement de travers. 
Magnette veut mettre le CD&V face à ses responsabilités, l’obligeant à dire très vite si, oui ou non, ce parti est capable  de se résoudre à participer à une coalition Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et sociaux-chrétiens flamands).
Pieter De Crem (CD&V) est formel, il n’en veut pas : "croire que le CD&V allait finir par plier" était "irréel". Coens, le nouveau président au manteau à carreau semble complètement largué.
Irait-on tout droit aux élections ? Cela en a tout l’air.
Magnette ne semble pas/plus les craindre ! En revanche De  Wever les redoute comme la peste "Les élections, c’est l’acte suprême en démocratie. Il n’y a rien de plus beau que de demander au peuple de trancher.Quitte à ce que, si certains veulent en faire l’élection existentielle, on pose vraiment la question et qu’on en fasse le cœur de la campagne : voulez-vous qu’on organise la fin de la Belgique ou pas ?" (Magnette)
C’est un superbe coup se poker. Reste à savoir qui en profitera ?
Il n’est pas impossible que ceci provoque l’implosion de la NVA où les néo conservateurs s’opposent aux nationalistes tendance Francken qui pourraient être tentés de rejoindre le Belang qui pourrait devenir le premier parti belge mais se voir opposer un cordon sanitaire par tous les autres partis. Le jeu est extrêmement dangereux et fait penser aux efforts de Mitterrand pour faire monter le score du FN et le mettre hors jeu. Certes il l’a mis échec et mat mais désormais il est une vraie menace pour Macron au prochaines présidentielles…
MG

vendredi 14 février 2020

La mer est la principale menace pour la Belgique.



 Le changement climatique en cours va s’aggraver. L’Europe n’est pas à l’abri. L’Agence européenne pour l’environnement a cartographié les impacts.


Par Michel De Muelenaere Le Soir

A l’occasion du passage de la tempête Ciara, sur notre pays, l’IRM a émis, pour ce lundi après-midi, une alerte jaune aux fortes marées à la Côte, mais aussi pour les provinces de Flandre orientale et d’Anvers. Dans les décennies à venir, ce genre d’avertissement devrait devenir monnaie courante, voire s’aggraver. Les dérèglements climatiques vont s’intensifier et ils ne concerneront pas que des contrées lointaines, l’Europe sera affectée. Ce lundi, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) publie des cartes des impacts climatiques sur notre continent. Un exercice inédit, basé sur les meilleures données scientifiques et d’une résolution très fine – des mailles d’un kilomètre carré –, sur lequel Le Soir a pu se pencher.

Aggravation et multiplication des sécheresses et des vagues de chaleur, augmentation du risque de feux de forêt, élévation du niveau de la mer causant l’érosion et des inondations côtières, précipitations anormalement fortes… les principales conséquences des dérèglements du climat sont connues. L’Agence européenne qui en cartographie certains avertit : il faut travailler sur deux plans. Un : réduire les émissions de gaz à effet de serre pour éviter les plus graves conséquences. Deux : se préserver des impacts actuels et de ceux qu’on ne pourra pas éviter à l’avenir.

REDUIRE ET S’ADAPTER

Entre des émissions importantes et une forte réduction de celles-ci, il y a un monde de différences, montrent les cartes établies par la très sérieuse Agence, qui pointe particulièrement l’Europe centrale, la péninsule ibérique, la Scandinavie, la Bretagne et Venise. Mais n’importe quel lieu en Europe peut être visualisé. Sans être épargnée par d’autres effets, la Belgique est particulièrement concernée par l’élévation du niveau de la mer. Comme toutes les régions côtières, on y constate une montée des eaux au cours des dernières décennies.

Ce phénomène va continuer à s’accélérer au cours de ce siècle, prédisent les experts. Selon le Giec (le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), la mer pourrait monter de 1,10 mètre d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre restent aussi élevées qu’aujourd’hui. « Mais des valeurs plus élevées ne sont pas exclues, relève l’AEE. Plusieurs études, de même que des rapports nationaux, suggèrent que l’élévation des mers au niveau mondial pourrait se situer entre 1,5 et 2,5 mètres ». Et si les émissions ne diminuent pas, la montée des eaux atteindrait 5,4 mètres en 2300.

En cas de montée des eaux d’un mètre – ce qui n’est pas improbable –, la quasi-totalité de l’arrière-pays côtier en Belgique de même qu’une partie de la vallée de l’Escaut et du port d’Anvers, ce qui concerne 256.000 personnes environ, se retrouveraient sous le niveau de la mer et devraient s’en remettre aux coûteuses protections que l’on érige actuellement sur le front de mer et le long du fleuve. On estime qu’une élévation de la mer de 1 mètre peut se traduire par un niveau maximum de 8 mètres en cas de tempête millénaire. Selon une étude de l’administration flamande du littoral, un tiers de nos 67 km de côte n’est pas suffisamment protégé contre les super-tempêtes. Les cartes européennes montrent également que si l’élévation devait atteindre 4 voire 5 mètres, les villes de Bruges et Gand se retrouveront en zone à risque.

MOINS COUTEUX QUE LES DEGATS POTENTIELS

Cela peut sembler peu de chose comparé aux près de 7 millions de Néerlandais qui se trouveront sous le niveau du mètre. Mais l’élévation de la mer s’accompagnera d’une augmentation des inondations côtières, indique l’Agence européenne pour l’environnement. Pas banal chez nous, où la côte est très urbanisée et où trois ports commerciaux sont directement exposés. « Les inondations exceptionnelles aujourd’hui pourraient devenir la norme d’ici à la fin du siècle à certains endroits. La fréquence des inondations devrait être multipliée par 10 dans beaucoup d’endroits et par 100 voire 1.000 dans d’autres, selon le scénario d’émissions de gaz à effet de serre ».

Les politiques d’adaptation aux effets du réchauffement sont indispensables, insiste l’AEE. Elles doivent être soigneusement adaptées aux circonstances locales. Coûteuses ? Bien moins que de laisser filer les émissions et de ne pas se protéger. Sans travaux supplémentaires de protection des côtes, a calculé l’Agence, les pertes annuelles dues aux inondations côtières dans 17 villes européennes pourraient passer de 1 à 31 milliards d’euros en 2100. Et c’est sans compter les impacts des autres dérèglements climatiques sur la santé, sur l’agriculture, sur les forêts, sur l’énergie, sur les infrastructures…
L’eurodéputé avertit : « Plus on attend, plus ça coûtera cher. » Et de citer l’exemple de Venise.

Les impacts du changement climatique rendent l’adaptation cruciale », juge l’Agence européenne pour l’environnement. Président de la commission parlementaire compétente, l’eurodéputé Pascal Canfin (Renew – libéral) ne pense pas autrement. « Les données objectives, non politisées, de l’Agence montrent que très peu de territoires européens sont épargnés par les impacts du dérèglement climatique ». Pour lui, le message est clair : « Partout en Europe, il faut qu’on arrête de faire la politique de l’autruche et qu’on regarde la réalité en face. Même si on réalise les objectifs de Paris de maintenir la hausse de la température globale sous 2ºC, certains de nos territoires seront impactés. Or, le dépassement de 2ºC va très probablement se produire : on a déjà pris une hausse de 1ºC. Mais si on ne respecte pas l’accord de Paris, qu’on ne fait rien, qu’on n’atteint pas la neutralité carbone, on sera dans un scénario d’augmentation de 4ºC. Et plus seulement 1 mètre mais jusqu’à 3-4 mètres d’élévation de la mer ».

Les cartes de l’Agence européenne montrent « un risque systémique », poursuit Canfin. « Et comme dans le cas de la crise financière de 2008, l’Europe n’est clairement pas outillée pour y faire face ».

Le Green Deal, vaste plan transversal d’actions climatiques présenté il y a quelques semaines par la présidente de la Commission, comporte un chapitre sur l’adaptation aux dérèglements. Il faut approfondir, dit Canfin. « La proposition de loi climat européenne qui doit être présentée dans un petit mois doit faire obligation aux Etats membres de présenter des plans d’action concrets, détaillés, d’adaptation des territoires aux impacts climatiques. Aujourd’hui, certains pays n’ont pas de stratégie. D’autres n’ont pas de plan. La deuxième mesure concrète est l’obligation de soumettre toute nouvelle construction se trouvant dans la zone “bleu ciel” des cartes sur l’élévation de la mer [sous un mètre] à un test de “résistance climat”. Qu’on arrête de faire des routes côtières, des campings, des maisons, des infrastructures, dans des zones potentiellement largement inondables sans en tenir compte ! Cela ne veut pas dire ne pas construire du tout : on peut imaginer des pilotis, des infrastructures démontables… Mais à certains endroits, on peut aussi rendre des territoires à la nature. Aujourd’hui, cela n’est pas pris en compte ».

« Nous avons un problème commun. Mettons tout le monde autour de la table et prenons des mesures, sans préjugé, sans a priori idéologique », plaide le député. Le coût des mesures à prendre ? « Plus on attend, plus ça coûtera cher. On décide de ne pas agir tant que la catastrophe n’est pas arrivée. C’est ce qui a mené à la situation dans laquelle se trouve Venise. Aucune préparation, plus de 85 % de la ville inondée en novembre 2019, plus d’un milliard d’euros à payer maintenant. »

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FLANDRE LES PIEDS DANS L’EAU ?

La nouvelle arrogance flamande va se heurter très bientôt à deux défis majeurs : d’abord le vieillissement des Flamandes et des Flamands (verzilvering) qui va obérer les finances régionales et communautaires en mettant à mal les caisses pension  et ensuite et surtout la montée irréversible des eaux qui va exiger des investissements gigantesques pour engager des travaux de digues cyclopéens. Ce n’est pas un mur que la Flandre devra construire mais elle devra élever ses digues pour contenir l’irrésistible montée des eaux. Les jeunes Flamands sont dès à présent de plus en plus nombreux à s’installer définitivement dans la vallée mosane. Un signe qui ne trompe pas.
MG



jeudi 13 février 2020

Le séisme politique allemand, péril pour l’Europe



Annnegret Kramp-Karrenbauer, pourtant dauphine adoubée par Angela Merkel, ne sera pas la nouvelle présidente du Parti chrétien-démocrate, ni la future chancelière. Elle se retire de la course.

Par Béatrice Delvaux Le Soir

Contrairement à ce qui s’est beaucoup dit et écrit, le péril pour l’Union européenne ne viendra pas du Brexit, mais de l’Allemagne.

La démocratie allemande fait ainsi face à sa plus grande épreuve depuis la fin de la guerre. Le retrait d’Annegret Kramp-Karrenbauer de la présidence du Parti chrétien-démocrate (CDU) et de la candidature à la succession d’Angela Merkel au poste de chancelière en 2021, a tout d’un séisme politique. Cette démission au milieu d’un mandat stratégique signe en effet le grand désarroi du parti qui tient les rênes du pays depuis des années. « La situation est extrêmement grave, il y va de notre avenir » déclarait lundi un proche de la Chancelière actuelle. Mais ce qui est en jeu va bien au-delà : cela touche à l’essence même de la démocratie en Allemagne où l’on constate, médusé, le retour des vieux démons et l’attraction qu’ils exercent à nouveau sur les électeurs et l’élite politique. L’avancée toujours plus forte de l’Afd dans l’ex-Allemagne de l’Est n’est en effet pas « seulement » la marque de la popularité des extrémistes de droite comme dans d’autres pays européens, mais de leaders et de discours qui s’inspirent ouvertement du nazisme.

La gravité de la situation allemande se mesure doublement : par la force du parti fasciste mais aussi par la faiblesse des partis démocratiques – hormis les écologistes – et particulièrement de la CDU dont une partie des dirigeants s’éloigne du centre « à la Merkel » pour se rapprocher idéologiquement de l’extrême droite qui leur a pris un million d’électeurs en 2017.

Le bras de fer et les graves déchirements au sein de la CDU se sont incarnés de façon spectaculaire la semaine dernière lors des élections en Thuringe. Comme le soulignaient les analystes, « en s’affranchissant des consignes de leur direction nationale, les élus CDU locaux ont brisé un tabou politique dans l’Allemagne d’après-guerre : le refus de toute coopération avec la droite radicale de la part des autres partis traditionnels. » Un choc pour qui se souvient qu’en 1930, la Thuringe fut la première à élire un gouvernement de coalition entre la bourgeoisie conservatrice et le parti d’Adolf Hitler. Cette région figure à ce titre dans les livres d’histoire comme le symbole de la faillite historique de l’élite allemande face à la montée du nazisme.

La CDU n’est pas seule en crise : nombre de partis centristes en chute en Europe sont aujourd’hui déchirés et tentés par les alliances avec les nationalistes, les ultra-conservateurs ou les extrémistes. Mais que cette fracture touche l’Allemagne est un grave péril pour l’Europe. Depuis la création de l’Union en effet, le doute n’a jamais existé : l’Allemagne d’après guerre, post Hilter, est « le » centre de gravité d’une construction européenne basée sur la protection de nos démocraties contre le retour des fascismes.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DEMOCRATIE EN PERIL ?

Il est incontestable que nous assistons béats à une nouvelle montée des périls en Europe et dans le monde. Tous les indicateurs sont dans le rouge : corona virus, explosions de violence, inégalités, démographie galopante, immigration, réchauffement climatique, épuisement des ressources, crise de la culture et crise d’autorité, crise de l’éthique et pour couronner le tout : crise de la démocratie. Faut-il s’en alarmer ? Difficile de raison garder et surtout de conserver son sang froid quand l’ouragan s’abat sur l’humanité avec une violence inouïe.  Le drame c’est que medias et réseaux sociaux servent de caisse de résonnance qui amplifient encore l’angoisse des terriens comme le montre l’article du Guardian publié en annexe.
« The physical impact of the climate crisis is impossible to ignore, but experts are becoming increasingly concerned about another, less obvious consequence of the escalating emergency – the strain it is putting on people’s mental wellbeing, especially the young.
Psychologists warn that the impact can be debilitating for the growing number of people overwhelmed by the scientific reality of ecological breakdown » (The Guardian)
Ces récits apocalyptiques provoquent ce que Couloubaritis appelle dans son maître livre « la violence narrative » des souffrances psychiques et morales, surtout chez les plus jeunes. Celles-ci sont de nature à traumatiser la génération de Greta Thunberg et doivent être prises très au sérieux.
MG 

‘OVERWHELMING AND TERRIFYING’: THE RISE OF CLIMATE ANXIETY
Experts concerned young people’s mental health particularly hit by reality of the climate crisis
Matthew Taylor and Jessica Murray The Guardian

 Clover Hogan grew up in Australia and said she was heartbroken when she heard about the number of animals killed by recent bushfires. Photograph: Jill Mead/The Guardian
Over the past few weeks Clover Hogan has found herself crying during the day and waking up at night gripped by panic. The 20-year-old, who now lives in London, grew up in Queensland, Australia, cheekbyjowl with the country’s wildlife, fishing frogs out of the toilet and dodging snakes hanging from the ceiling.
The bushfires ravaging her homeland over the past few weeks have taken their toll. “I’ve found myself bursting into tears … just seeing the absolutely harrowing images of what’s happening in Australia – it is overwhelming and terrifying.”
Hogan said her lowest point came when she heard about the death of half a billion animals incinerated as the fires swept through the bush. “That was the moment where I felt my heart cleave into two pieces. I felt absolutely distraught.”
The physical impact of the climate crisis is impossible to ignore, but experts are becoming increasingly concerned about another, less obvious consequence of the escalating emergency – the strain it is putting on people’s mental wellbeing, especially the young.
Psychologists warn that the impact can be debilitating for the growing number of people overwhelmed by the scientific reality of ecological breakdown and for those who have lived through traumatic climate events, often on the climate frontline in the global south..
Until two years ago Dr Patrick Kennedy-Williams, a clinical psychologist from Oxford, had spent his career treating common mental health difficulties including anxiety, depression and trauma. Then something new started to happen. Climate scientists and researchers working in Oxford began to approach him asking for help.
“These were people who were essentially facing a barrage of negative information and downward trends in their work … and the more they engaged with the issue, the more they realised what needed to be done – and the more they felt that was bigger than their capacity to enact meaningful change,” he said. “The consequences of this can be pretty dire – anxiety, burnout and a sort of professional paralysis.”
Kennedy-Williams began to research the topic and realised it was not just scientists and researchers who were suffering. “There is a huge need among parents, for instance, who are asking for support on how to talk to their kids about this.”
When Kennedy-Williams began focusing on young people he assumed most would be older teenagers or at least have started secondary school. But he soon discovered worrying levels of environment-related stress and anxiety in much younger children.
“What I was most surprised by is how young the awareness and anxiety starts. My own daughter was just six when she came to me and said: ‘Daddy, are we winning the war against climate change?’ and I was just flummoxed by that question in the moment. It really showed me the importance as a parent of being prepared for the conversation, so we can respond in a helpful way.”
He says there is no way to completely shield young people from the reality of the climate crisis, and argues that would be counterproductive even if it were possible. Rather, parents should talk to their children about their concerns and help them feel empowered to take action – however small – that can make a difference.
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A key moment for Kennedy-Williams came with the realisation that tackling “climate anxiety” and tackling the climate crisis were intrinsically linked.
“The positive thing from our perspective as psychologists is that we soon realised the cure to climate anxiety is the same as the cure for climate change – action. It is about getting out and doing something that helps.
“Record and celebrate the changes you make. Nobody is too small. Make connections with other people and at the same time realise that you are not going to cure this problem on your own. This isn’t all on you and it’s not sustainable to be working on solving climate change 24/7.”
This certainly resonates with Hogan, who has set up Force of Nature, an initiative aimed at helping young people realise their potential to create change.
Hogan’s group aims to target people aged 11-24 with a crash course in the climate crisis that helps them navigate their anxiety and realise their potential to get involved, take action and make a stand.
“This is only the beginning,” said Hogan. “We’re going to see massive, massive widespread climate crisis in every country around the world, so it’s about developing the emotional resilience to carry on, but in a way that ignites really dramatic individual initiative.”
Beyond climate anxiety – the fear that the current system is pushing the Earth beyond its ecological limits – experts are also warning of a sharp rise in trauma caused by the experience of climate-related disasters.
In the global south, increasingly intense storms, wildfires, droughts and heatwaves have left their mark not just physically but also on the mental wellbeing of millions of people.
For Elizabeth Wathuti, a climate activist from Kenya, her experience of climate anxiety is not so much about the future but what is happening now. “People in African countries experience eco-anxiety differently because climate change for us is about the impacts that we are already experiencing now and the possibilities of the situation getting worse,” she said.


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 Elizabeth Wathuti, a climate activist from Kenya, says a common worry she hears among students is, ‘We won’t die of old age, we’ll die from climate change’. Photograph: Aitor Baez
She works with young people through the Green Generation Initiative she founded and sees the effects of eco-anxiety first-hand. A common worry she hears among students is: “We won’t die of old age, we’ll die from climate change.”
Extreme climate events can create poverty, which exacerbates mental health problems, and Wathuti says she has seen stress, depression and alcohol and drug abuse as some of the side-effects of climate anxiety and trauma in her country.
Even in the UK, a recent study by the Environment Agency found that people who experience extreme weather such as storms or flooding are 50% more likely to suffer from mental health problems, including stress and depression, for years afterwards.
More than 1,000 clinical psychologists have signed an open letter highlighting the impact of the crisis on people’s wellbeing and predicting “acute trauma on a global scale in response to extreme weather events, forced migration and conflict”.
Kaaren Knight, a clinical psychologist who coordinated the letter, said: “The physical impacts related to extreme weather, food shortages and conflict are intertwined with the additional burden of mental health impacts and it is these psychologists are particularly concerned about.”
She added that fear and trauma “significantly reduced psychological wellbeing”, particularly in children. “This is of huge concern to us and needs to be part of the conversation when we talk about climate breakdown.”
One of the high-profile signatories of the letter, Prof Mike Wang, the chair of the Association of Clinical Psychologists UK, said: “Inaction and complacency are the privileges of yesterday … Psychologists are ready and willing to help countries protect the health and wellbeing of their citizens given the inevitable social and psychological consequences of climate change.”
This rallying of the psychological profession around the climate crisis has led to experts around the world forming groups to research and treat the growing number of people caught up in the unfolding crisis, attempting to help them move from fear and paralysis towards action.
But even for those who are following this advice, the scale of the emergency is taking its toll. Kennedy Williams – who has set up his own group, Climate Psychologists, specialising in climate anxiety – said he and his colleagues were not immune from the psychological impacts of the crisis.
“This is such a universal thing that [we] have all been through our own set of climate-related grief and despair, and we talk about riding the wave between hope and despair … it is absolutely as real for us as it is for anyone else.”
ADVICE FOR PARENTS
Remember that you do not need to be a climate expert It’s OK to explore learning together. If your child asks a question you can’t answer immediately, respond by saying: “What a great question. Let me look into that so I can answer it properly.”
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Try to validate, rather than minimise, children’s emotions If children express anxiety, it’s much better to say: “It’s OK to feel worried. Here is what we can do about it,” than to say: “Don’t worry. It’s all fine.” But always try to support this emotion with suggestions for positive action.
Negative information hits harder Bad or threatening facts tend to resonate more strongly – and therefore stick in the mind. So try to balance one piece of negative news with three pieces of positive news. Have some examples of good climate-related news ready – for example, successful conservation projects.
For younger children, keep it local and tangible Suggest litter picks and school events. For teenagers, encourage them to stay connected at a wider level – help them write to their MP, take part in protests and join local communities and campaigns.
Set practical goals as a family and follow through Record and celebrate your climate successes together (even a piece of paper on the fridge door). Reinforce the message that small actions can make a big difference.