samedi 8 août 2020

Chronique de 72 heures de violence ordinaire en France: le document choc


EXCLUSIF - Le Figaro s’est procuré un édifiant état des lieux dressé par les services de police et de gendarmerie. Clinique, il détaille la chronique de trois jours de haine au cœur de l’été.
Par Christophe Cornevin
Théâtre d’un déferlement de violence quotidienne, la France semble au bord de l’implosion. Les indicibles bouffées qui s’emparent du pays s’enchaînent à un rythme devenu vertigineux. Témoins ou victimes de scènes insupportables empoisonnant leur quotidien et allant parfois jusqu’à la barbarie, nos concitoyens, livrés à eux-mêmes, sont au bord de l’asphyxie. Loin de vouloir euphémiser une situation qui vire au tragique, comme l’ont jadis fait certains de ses prédécesseurs à la Place Beauvau, Gérald Darmanin dégaine un discours cash et sans fard.
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N’hésitant pas à nommer les choses au risque de provoquer la polémique, le nouveau ministre de l’Intérieur, dans un entretien au Figaro , s’est inquiété dès le 24 juillet dernier de «l’ensauvagement d’une partie de la société». Levée de boucliers et bronca dans la classe politique. Devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, le nouveau locataire de Beauvau a enfoncé le clou cinq jours plus tard: «La France est malade de son insécurité. On ne peut pas toujours trouver des excuses à tout.» Le Figaro s’est procuré un édifiant état de lieux dressé par les services de police et de gendarmerie. Clinique, il détaille la chronique de 72 heures de haine ordinaire au cœur de l’été.
● Lundi 27 juillet, une demandeuse d’asile ukrainienne tente de décimer une association humanitaire et un maire est roué de coups.
La litanie commence dès 1 h 40 du matin: alors qu’un cambrioleur s’attaquant au domicile d’un retraité de 86 ans avec deux complices n’hésite pas à ouvrir le feu sur une patrouille de police à Avermes (Allier), des incendiaires livrent aux flammes trois véhicules de gendarmerie et endommagent un bâtiment de la compagnie départementale de Pornic (Loire-Atlantique). À 10 heures, à Lingolsheim (Bas-Rhin), la police intercepte une femme de 22 ans qui vient de poignarder quatre personnes, dont l’une se trouve dans un état grave, au sein d’une association d’entraide humanitaire. L’agresseuse, une demandeuse d’asile ukrainienne de 22 ans, souffrirait de «troubles psychiatriques».
Sur le front du banditisme, Toulon enregistre son septième règlement de comptes depuis le début de l’année 2020 quand, à la nuit tombée, la police retrouve le corps d’un garçon de 18 ans, tué en pleine rue de quatre balles dans le dos et plusieurs dans la tête. À Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), berceau de violences urbaines endémiques, une quarantaine d’inconnus tendent une embuscade aux forces de l’ordre en leur jetant une pluie de bouteilles de verre et de pavés. Lors du guet-apens, un garçonnet de 2 ans, qui passait non loin avec sa mère, est blessé à l’œil par un des projectiles sans que personne ne puisse être interpellé. Alors que la Place Beauvau apprend que le cimetière communal de Lézignan-Corbières (Aude) est profané et pillé pour la troisième fois depuis le 14 juillet. Vers 21 heures, la sauvage agression du maire de Miribel-les-Echelles (Isère) provoque un émoi national: pour avoir osé demander à un groupe de jeunes de cesser leurs tirs de mortiers sur la place du village, l’élu est roué de coups de poing au visage et brûlé à la main par un engin incendiaire. Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, condamne alors sur Twitter «avec fermeté des violences inacceptables» avant de prévenir, une fois de plus: «agresser un maire, c’est s’attaquer à la République».
À Bordeaux, un différend lié à la drogue tourne à la barbarie : appliquant la méthode de la « charia  », deux « caïds  » originaires du Maghreb tranchent la main d’un petit dealer, à la machette
● Mardi 28 juillet, un gendarme est traîné par une voiture et un dealer se fait couper une main à la machette.
Encore endeuillées par la mort de Mélanie Lemée, gendarme de 25 ans fauchée près d’Agen (Lot-et-Garonne) lors d’un contrôle routier par un voyou roulant sans permis et transportant de la cocaïne, les forces de l’ordre sont sous le choc en apprenant qu’un autre gendarme a été traîné sur plusieurs mètres par un conducteur qui roulait dans une voiture volée avant de prendre la fuite, à Saint-Paul, sur l’île de La Réunion. Le militaire, hospitalisé pour de graves abrasions aux bras et aux jambes, s’en est tiré par miracle. En métropole, la journée commence à peine et la tension est déjà à son comble. À Vaison-la-Romaine, au sortir de la messe de 9 h 30, les fidèles découvrent stupéfaits les murs de la cathédrale Notre-Dame-de-Nazareth souil-lés par des inscriptions appelant à la «sorcellerie» tandis que des bâtiments voisins sont tagués par des slogans anarchistes qui scandent «feu aux prisons» et «Acab», pour «All cops are bastards».
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À Bordeaux, en pleine journée, un différend lié à la drogue tourne à la barbarie dans le quartier de la gare: appliquant la méthode de la «charia», deux «caïds» originaires du Maghreb tranchent la main d’un petit dealer, à la machette. L’expédition punitive s’est déroulée au beau milieu de la rue, tout comme l’assassinat d’une femme de 37 ans à La Mulatière, dans le Rhône. Vers 21 h 30, des cris éclatent de son logement. À l’intérieur, les policiers vont retrouver la victime lardée de coups de couteau. Après l’avoir frappée à l’arme blanche dehors, son ex-compagnon, pourtant condamné à rester à distance, l’a traînée à l’abri des regards pour l’égorger.
À la tombée du jour, la préfecture de police de Paris recense, pour sa part, des épisodes de violences urbaines sur 14 communes ou arrondissements parisiens, dont huit perpétrés dans la marmite du «9-3». «La routine», grince, fataliste, un gradé de la BAC. Côté gendarmes, deux militaires sont blessés par des projectiles, l’un à Villefontaine dans le quartier de reconquête républicaine (QRR) situé en Isère et l’autre à Ouistreham, pourtant pas connue pour figurer parmi les communes plus criminogènes de France.
Des membres du groupe de sécurité de proximité territorialisée (GSPT) patrouillent dans la cité des Merisiers de Trappes (Yvelines), quartier de reconquête républicaine (en haut à gauche). Le 27 juillet, Toulon enregistre son septième règlement de comptes depuis le début de l’année (ci-dessus en bas à droite, un impact de balle). Le 29 juillet, des véhicules de l’Administration pénitentiaire sont incendiés (ci-dessus) à Séquedin (Nord). Au même moment, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), un couple est découvert dénudé et tué par balles (en haut à droite). 
● Mercredi 29 juillet, les policiers rispostent à plus de 110 reprises pour se tirer d’un guêpier, et Orange mécanique se rejoue dans un village des Deux-Sèvres.
Dès 3 h 30 du matin, une note électrise les états-majors. À Séquedin (Nord), une main criminelle a incendié pas moins de sept voitures sur le parking de la maison d’arrêt, six appartenant à l’Administration pénitentiaire et une à l’un de ses agents. Peu avant, pour raison indéterminée, une déferlante de violences visant une fois encore les forces de l’ordre éclate simultanément dans des quartiers à Nice, Mulhouse, Mantes-la-Jolie et à Rillieux-la-Pape (Rhône), où la veille déjà, les policiers, pris à partie pendant près de deux heures par une trentaine de casseurs, avaient été obligés de riposter à 114 reprises pour sortir du véritable guêpier dans lequel ils se sont retrouvés.
À Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), la brigade criminelle est saisie d’une énigme, après la macabre découverte d’un couple dénudé et tué par balles au domicile de la jeune femme. C’est la mère de la victime qui a alerté après avoir été avertie de son absence un peu plus tôt par son employeur. Quasiment au même instant, un délinquant de 28 ans blessé à la jambe sur la voie publique est déposé aux urgences hospitalières de Nantes (Loire-Atlantique) par deux inconnus qui prennent la fuite tandis que, à 400 kilomètres de là, à Vert-Saint-Denis (Seine-et-Marne), un homme est blessé par balle lors d’une rixe impliquant une dizaine d’individus.
« Il y a une perte des repères, une perte des valeurs »
Éric Dupond-Moretti
À 22 heures, à Fomperron, village de 270 âmes dans les Deux-Sèvres, un quinquagénaire a vécu quant à lui une agression à domicile digne d’Orange mécanique: quatre malfrats armés et encagoulés ont surgi chez lui à 22 heures avant de tuer l’un de ses chiens et de le molester jusqu’à ce qu’il révèle sa cache de bijoux et de numéraires. Le même jour, devant la commission des lois, Gérald Darmanin prévient que «les Français ne vivent pas toujours dans le monde d’Alice au pays des merveilles», avant de brandir le risque de voir la «population se protéger par communauté, c’est-à-dire en dehors des lois de la République». Voire tomber dans les affres de l’«autodéfense». Sans reprendre le vocable d’«ensauvagement», le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a, quant à lui, renchéri: «Quand j’étais gamin, il y a longtemps, (…) on se levait quand l’instituteur rentrait en classe, on laissait sa place aux dames, on n’insultait pas le policier, le chauffeur de bus ou le juge. Il y a une perte des repères, une perte des valeurs.»
L’un des derniers faits en date remonte à mercredi soir, à L’Étang-la-Ville (Yvelines). Vers 22 h 30, un individu d’origine roumaine, défavorablement connu des services de police, s’est jeté en pleine rue sur une quinquagénaire avant de la frapper puis de la faire chuter dans des bosquets pour la violer. La victime, qui s’est débattue et dont les vêtements ont été arrachés, n’a dû son salut qu’à l’intervention de riverains. À travers le pays, tous les voyants ont viré au rouge et la mise en place de la police de sécurité du quotidien, qu’Emmanuel Macron a appelée de ses vœux, tarde encore à donner ses fruits.
LES CHIFFRES DES 12 DERNIERS MOIS
● 959 homicides
● 265.416 faits de coups et blessures volontaires
● 7196 vols avec armes (armes à feu, armes blanches ou par destination)
● 68.657 vols violents sans arme
● 539.372 destructions et dégradations volontaires


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LA FRANCE AU BORD DE L’IMPLOSION : D’ INDICIBLES BOUFFEES DE VIOLENCE  S’ENCHAINENT A UN RYTHME VERTIGINEUX »

Macron reviens, ta France va mal, pas la peine de faire diversion au Liban c’est en République qu’il te faut faire le ménage. 
Darmanin : «Ce ne sont pas des incivilités, mais le symptôme d’un ensauvagement» Drague lourde, agressions: des femmes racontent leurs trajets en VTC ou en taxi. Plus de 120 agressions à l’arme blanche ont lieu chaque jour en France. Ce sont des symptômes alarmants. C’est  du lourd ! « À travers le pays, tous les voyants ont viré au rouge et la mise en place de la police de sécurité du quotidien, qu’Emmanuel Macron a appelée de ses vœux, tarde encore à porter ses fruits. » 
Le premier flic France, harcelé  par les harpies  contestatrices  fait-il vraiment le poids ? Le joker du président fait plutôt penser au valet noir. 
« Il y a une perte des repères, une perte des valeurs »
Éric Dupond-Moretti. Dors tranquille, toi la Marine, le lepénisme doucement gangrène les esprits.  
 Et chez nous les petits Belges, qu’en est-il ?
MG


jeudi 6 août 2020

Le Japon se recueille pour les 75 ans de la première bombe atomique à Hiroshima


La bombe « Little Boy » a fait environ 140.000 morts à Hiroshima.

par AFP

Le Japon a commémoré jeudi la première attaque nucléaire de l’histoire, survenue il y a 75 ans le 6 août 1945 à Hiroshima, dans le contexte particulier de la pandémie de coronavirus qui a contraint à limiter cette année les hommages aux victimes.
D’autres événements ont été complètement annulés, dont la cérémonie des lanternes flottantes de Hiroshima, déposées à la tombée de la nuit chaque 6 août en mémoire des victimes.
Une prière silencieuse s’est tenue à 8H15 pile heure locale (mercredi 23H15 GMT), marquant l’instant précis où la bombe atomique a explosé dans le ciel de Hiroshima, il y a 75 ans.
« Nous ne devons jamais permettre que ce passé douloureux se répète », a déclaré dans un discours le maire de la ville, Kazumi Matsui, appelant la société civile à rejeter le « repli sur soi » des nationalismes.
140.000 morts
La bombe « Little Boy » a fait environ 140.000 morts à Hiroshima. De nombreuses victimes ont été tuées sur le coup, et beaucoup d’autres sont aussi décédées des suites de leurs blessures ou des radiations dans les semaines et les mois suivants.
Trois jours plus tard, une deuxième bombe A américaine était larguée sur Nagasaki (sud-ouest), causant 74.000 morts supplémentaires.
Ces deux bombes d’une puissance destructrice inédite à l’époque ont achevé de mettre le Japon à genoux : le 15 août 1945, l’empereur Hirohito annonçait à ses sujets la capitulation face aux Alliés, signant ainsi la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les historiens continuent cependant de débattre sur la question de savoir si cette double attaque nucléaire a réellement permis d’épargner davantage de vies en précipitant la fin du conflit.
Beaucoup considèrent comme des crimes de guerre les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, de par l’ampleur sans précédent de leurs dévastations et leur grand nombre de victimes civiles.
Aucune excuse officielle
Les Etats-Unis ne se sont jamais officiellement excusés. Mais en 2016, Barack Obama est devenu le premier président américain en exercice à se rendre à Hiroshima, où il avait rendu hommage aux victimes et appelé à un monde sans armes nucléaires.
Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a regretté dans un message vidéo diffusé jeudi que l’objectif d’éliminer les armes atomiques, formulé par l’ONU dès ses débuts, soit toujours inachevé. « Aujourd’hui, un monde sans armes nucléaires semble de plus en plus lointain », a-t-il estimé.
En dépit de ces initiatives, beaucoup redoutent une perte d’intérêt pour leur héritage quand ils ne seront plus là, et ce bien que la menace nucléaire reste toujours d’actualité.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« UN ORDRE QUI DOIT MONTER DES PEUPLES VERS LES GOUVERNEMENTS, L'ORDRE DE CHOISIR DEFINITIVEMENT ENTRE L'ENFER ET LA RAISON. » (A ; Camus, 8 août 1945)

Hiroshima est oublié depuis  des générations mais Beyrouth est en ruine suite à une double explosion. Auschwitz n’est plus qu’un épouvantail triste brandi par les derniers survivants de la Shoah tandis qu’on souffle sur les braises de l’antisémitisme jusque dans les plus petits villages de l’ancienne RDA
Est-ce que ce monde est sérieux? chantait Francis Cabrel.
Le Covid circule joyeusement, le Corona Circus affiche complet.
Camus écrivit le jour de l’explosion atomique : «. La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie » Et il ajoutait
Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. » Avant de conclure : « Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison »
Et pourtant il voulait qu’on imaginât Sisyphe heureux. « Ce n'est plus une prière, c’est un ordre. »
Est-ce que ce monde est sérieux ? 
La Meuse est plate comme une crêpe molle, le silence accablant n’est déchiré que par un convoi de marchandises qui fait vibrer la voie ferrée, un biker fou fait hurler sa mécanique, un jet ski s’étouffe dans sa gerbe d’eau. Du mécanique, rien que du mécanique : moteurs à explosion ; civilisation en implosion.

MG

ALBERT CAMUS SUR HIROSHIMA. L'ÉDITORIAL DE COMBAT DU 8 AOÛT 1945

Par Albert Camus dans Combat
 Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.
On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.
Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.
Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.
Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.
Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison.


«Je ne suis pas morte à Hiroshima. Pourquoi?»
Pourquoi?»
Keiko Ogura avait huit ans le 6 août 1945. Elle n’était qu’à deux kilomètres du point d’impact de la bombe atomique. Elle a néanmoins survécu, ce qui l’a très longtemps culpabilisée. Témoignage.

Par Bernard Delattre Le Soir

Le matin du 6 août 1945, Keiko Ogura, huit ans, était en train de rentrer chez elle, fatiguée. Avec ses frères et ses parents, elle venait de passer la nuit dans un abri anti-aérien, les raids de l’aviation américaine n’ayant pas cessé depuis la veille au soir. A l’aube, son père l’avait réveillée en lui disant : « Keiko, je préfère que tu n’ailles pas à l’école aujourd’hui. Ce n’est pas prudent. J’ai un mauvais pressentiment. »
Keiko Ogura, qui a 83 ans aujourd’hui, se souvient parfaitement de ce qu’il s’est passé à 8 h 15 précises ce matin-là. « Un éclair immense et blanchâtre – métallique – a traversé le ciel. Il y a eu une explosion gigantesque, si forte que la terre s’est mise à trembler. Puis, un souffle terrible m’a projetée à terre. Ma tête a heurté un rocher. Je me suis évanouie. »
Un silence de mort, une ville dévastée
L’enfant se trouvait à 2,4 km du point d’impact de la bombe atomique. Quand elle a repris connaissance, elle a constaté qu’autour d’elle, tout était dévasté. « Des maisons en bois s’étaient écroulées. Des arbres étaient déracinés. Cela commençait à brûler un peu partout. Surtout, on n’entendait pas un bruit, comme si la vie s’était arrêtée. Il faisait très sombre, aussi, alors qu’on était en plein jour. J’étais hébétée, incapable de me relever. »
Un peu plus tard, Keiko a entendu des cris : « Maman ! Maman ! » C’était son grand frère qui revenait à la maison, complètement affolé. « Ce matin-là, avec d’autres collégiens, il était affecté à la récolte des pommes de terre dans un champ pas loin de chez nous. Il m’a raconté avoir entendu un bombardier B29 approcher puis l’avoir vu larguer une bombe. Il s’est jeté à terre sans attendre qu’elle explose. Ce réflexe lui a sauvé la vie : il a été gravement brûlé, mais dans le dos uniquement. Il a réussi à se relever et à revenir chez nous. En chemin, m’a-t-il dit, il a vu un nuage horrible, en forme de champignon, s’élever très haut dans le ciel. Puis, fondant en larmes, il a crié : “Keiko, toute la ville brûle ! Hiroshima est dévastée !” J’étais complètement terrifiée. »
Les heures qui ont suivi, les habitants du centre-ville, par dizaines de milliers, ont pris la fuite, beaucoup se dirigeant vers le quartier où habitait la famille Ogura, situé au pied d’une colline. « La plupart des gens avaient des blessures et des brûlures terribles. Leur peau était en lambeaux. C’était atroce à voir. Ils fuyaient en silence : on n’entendait que leurs gémissements et juste ces mots : “De l’eau ! De l’eau !” Je suis allée en chercher au puits de la maison. Deux de ces blessés sont morts sous mes yeux alors qu’ils buvaient l’eau que je venais de leur apporter. En fait, il ne faut jamais donner de l’eau à des grands brûlés : cela peut leur être fatal. Mais je ne l’ai appris que bien plus tard. A l’époque, je l’ignorais : je n’étais qu’une enfant ! En croyant bien faire, j’ai donc tué ces deux hommes que j’essayais d’aider. J’en ai fait des cauchemars pendant des années. »
« Un constat terrifiant et désespérant »
Les survivants du bombardement ont alors commencé à procéder à la crémation des défunts. « Une épaisse fumée noire et âcre a envahi la ville tellement il y avait de dépouilles à brûler et de bûchers funéraires érigés un peu partout. Rien qu’en deux jours, dans le petit square à côté de chez nous, mon père et des voisins ont dit adieu à 700 habitants du quartier que la bombe atomique avait tués. »
Au total, le bombardement de Hiroshima puis celui de Nagasaki, trois jours plus tard, ont coûté la vie à 214.000 personnes – très majoritairement des civils. Keiko Ogura elle-même a perdu beaucoup de gens qu’elle aimait le 6 août 1945 ou plus tard : tous ses proches qui ont fini par succomber à leurs blessures ou, des années plus tard, à des maladies dues aux radiations atomiques. Parmi ces êtres chers qui ne sont plus là, son frère aîné qu’elle aimait tant.
Mais elle, en tout cas, a eu la vie sauve. « Pourquoi ne suis-je pas morte à Hiroshima, ce jour-là ? Et pourquoi n’ai-je réussi à sauver personne ? Ces deux questions me hantent », confie la vieille dame. Qui dit avoir très longtemps ressenti « un immense sentiment de culpabilité d’avoir survécu à la bombe atomique ».
Plus de sept décennies plus tard, les armes nucléaires n’ont toujours pas été abolies. « Cela me terrifie et me désespère », réagit Keiko Ogura. « Et que mon propre pays, le seul à avoir été dévasté par le feu atomique, s’oppose à ce traité, cela me met hors de moi. »
Seuls 5 % des survivants des 6 et 9 août 1945 croient que les armes atomiques seront interdites de leur vivant. Pour 33 %, ce n’est qu’une perspective à long terme. Encore davantage (39 %) doutent qu’une telle interdiction intervienne un jour. Et 5 % de ces rescapés sont persuadés que ces armes ne seront jamais abolies.
Une cérémonie sous double tension: sanitaire et politique
(…) Selon un récent sondage, l’absence de progrès dans le dossier de l’interdiction mondiale des armes nucléaires rend amers 91 % de ces rescapés. Etant donné leur âge, ils sont aussi 78 % à craindre de ne plus pouvoir encore longtemps témoigner de ce qu’ils ont vécu en juin 45. A terme, donc, une menace pèse sur la transmission aux jeunes générations à la fois du souvenir de ces deux journées historiques et de la nécessité de s’opposer aux armes nucléaires.
Interrogés dernièrement, 70 % des étudiants des universités de Hiroshima et de Nagasaki ont déclaré condamner la décision des Américains de bombarder leurs villes, il y a 75 ans. Mais pour 29 % de leurs condisciples, c’était la seule façon de mettre fin à conflit mondial extrêmement meurtrier. Et, de manière plus générale, 41 % de ces jeunes universitaires nippons pensent que la possession d’un arsenal nucléaire peut avoir un caractère utilement dissuasif pour éviter des guerres.



L'effet de Flynn

L'effet de Flynn du nom de son concepteur, a prévalu jusque dans les année 1960. Son principe est que le Quotient Intellectuel (QI) moyen ne cesse d’augmenter dans la population. 

Or depuis les années 1980, les chercheurs en sciences cognitives semblent partager le constat d’une inversion de l’effet Flynn, et d’une baisse du QI moyen.

La thèse est encore discutée et de nombreuses études sont en cours depuis près de quarante
ans sans parvenir à apaiser le débat. Il semble bien que le niveau d’intelligence mesuré par les tests de QI diminue dans les pays les plus développés, et qu’une multitude de facteurs puissent en être la cause.

A cette baisse même contestée du niveau moyen d’intelligence s’ajoute l’appauvrissement du langage. Les études sont nombreuses qui démontrent le rétrécissement du champ lexical et un appauvrissement de la langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé, mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler une pensée complexe.

La disparition progressive des temps (subjonctif, passé simple, imparfait, formes composées du futur, participe passé…) donne lieu à une pensée au présent, limitée à l’instant, incapable de projections dans le temps. La généralisation du tutoiement, la disparition des majuscules et de la ponctuation sont autant de coups mortels portés à la subtilité de l’expression. Supprimer le mot «mademoiselle» est non seulement renoncer à l’esthétique d’un mot, mais également promouvoir l’idée qu’entre une petite fille et une femme il n’y a rien.

Moins de mots et moins de verbes conjugués c’est moins de capacités à exprimer les émotions et moins de possibilité d’élaborer une pensée.

Des études ont montré qu’une partie de la violence dans la sphère publique et privée provient directement de l’incapacité à mettre des mots sur les émotions.

Sans mots pour construire un raisonnement la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe.

L’histoire est riche d’exemples et les écrits sont nombreux de Georges Orwell dans 1984 à Ray Bradbury dans Fahrenheit 451 qui ont relaté comment les dictatures de toutes obédiences entravaient la pensée en réduisant et tordant le nombre et le sens des mots. Il n’y a pas de pensée critique sans pensée. Et il n’y a pas de pensée sans mots. Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu? Si un cri de ralliement devait se faire entendre aujourd’hui, ce serait celui, adressé aux parents et aux enseignants: faites parler, lire et écrire vos enfants, vos élèves, vos étudiants.

Enseignez et pratiquez la langue dans ses formes les plus variées, même si elle semble compliquée, surtout si elle est compliquée. Parce que dans cet effort se trouve la liberté. Ceux qui expliquent à longueur de temps qu’il faut simplifier l’orthographe, purger la langue de ses «défauts», abolir les genres, les temps, les nuances, tout ce qui crée de la complexité sont les fossoyeurs de l’esprit humain. Il n’est pas de liberté sans exigences. Il n’est pas de beauté sans la pensée de la beauté.

Christophe Clavé.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUAND LA LANGUE FOUT LE CAMP, TOUT  FOUT LE CAMP.
L’Europe serait elle en train de se déciviliser ?

« Sans mots pour construire un raisonnement la pensée complexe chère à Edgar Morin est entravée, rendue impossible. Plus le langage est pauvre, moins la pensée existe. »

« Et il n’y a pas de pensée sans mots. Comment construire une pensée hypothético-déductive sans maîtrise du conditionnel? Comment envisager l’avenir sans conjugaison au futur? Comment appréhender une temporalité, une succession d’éléments dans le temps, qu’ils soient passés ou à venir, ainsi que leur durée relative, sans une langue qui fait la différence entre ce qui aurait pu être, ce qui a été, ce qui est, ce qui pourrait advenir, et ce qui sera après que ce qui pourrait advenir soit advenu? »
La langue de l’école s’enseigne de plus en plus souvent comme une langue étrangère qui n’est guère parlée à la maison, ni à la cour de récréation, ce qui est pire ;  seulement en classe et par les enseignants.
« Les études sont nombreuses qui démontrent le rétrécissement du champ lexical des élèves et un appauvrissement de la langue. Il ne s’agit pas seulement de la diminution du vocabulaire utilisé, mais aussi des subtilités de la langue qui permettent d’élaborer et de formuler une pensée complexe. »
Être français c’est d’abord parler correctement la langue de Voltaire ; être belge c’est maîtriser le français ou le néerlandais, à la rigueur l’allemand dans les cantons rédimés.

Quand la langue fout le camp il ne reste que les barbarismes, c’est à dire l’expression la moins délétère de la barbarie. Je suis en effet ce que je dis, comment je le dis.
Il serait temps qu’on en prenne conscience et que l’on investisse davantage pour améliorer la maîtrise de la langue de l’école si on veut éviter de se déciviliser.
C’est sans doute la priorité des priorités si nous voulons assurer un avenir à notre modèle démocratique.
MG 
 

mardi 4 août 2020

Confinement : une histoire, des questions


Carte blanche

Bruxelles, 12 mars 2020. Les universités l'ont décidé : elles basculent sur l'enseignement à distance, entraînant dans leur sillage d'autres secteurs de la société, dont les écoles, avant que le confinement général soit imposé quelques jours plus tard. Elles l'ont fait parce qu'elles le jugeaient nécessaire, et parce qu'elles s'en estimaient capables.
En étaient-elles capables ? L'enseignement à distance, s'il est bien pensé, préparé, dosé, peut avoir une place, même durable, aux côtés de l'enseignement présentiel, clé de voûte de la transmission des connaissances. Ces heures passées à discourir devant un écran silencieux n'étaient pas une partie de plaisir, mais nous nous y sommes pliés au nom de l'intérêt général. Tout en creusant les inégalités entre étudiants, elles ont néanmoins permis d'assurer une forme de continuité. Par ailleurs, nous avons fait partie des privilégiés qui ont eu la chance de poursuivre leur activité professionnelle et d'être payés en conséquence.
En avril, malgré les réticences exprimées en interne, les universités francophones ont opté pour les évaluations à distance, contrairement aux universités flamandes qui ont loué des salles, halls d'exposition, chapiteaux. Début juillet, après une session qui nous aura laissés sur les genoux, le constat est amer. Certes, on a sauvé les apparences ; il y a eu peu d'incidents graves ; mais malgré la télésurveillance et/ou le contrat de confiance passé avec les étudiants, malgré l'adaptation, voire l'individualisation des questions d'examen, les cas de fraude ont été légion : deuxième écran, téléphone portable, groupes Facebook, Messenger ou WhatsApp, quand ce n'est pas carrément l'examen passé par un tiers. Après des semaines consacrées à préparer et calibrer mes examens, j'estime pour la première fois de ma carrière que les notes que j'ai pourtant moi-même attribuées ne sont pas fiables. On peut se rassurer en affirmant que l'impact de cette session se diluera dans l'ensemble du cursus et de la formation. Mais il ne serait pas opportun de parler d'un succès.
Était-ce nécessaire ? Début avril, au moment où se nouent ces mini-drames au sein des universités, commencent à surgir les premières critiques du confinement. On sait déjà que comme la plupart des maladies respiratoires, le virus, sauf exception, ne tue pas les plus jeunes. Outre l'âge avancé, les catégories à risque sont identifiées : patients souffrant de maladies cardiovasculaires, hypertension, diabète, etc. Alors qu'on n'a pas encore atteint le pic de l'épidémie, se pose une question douloureuse : n'aurait-il pas été plus judicieux de (mieux) protéger les plus vulnérables, et de laisser les autres s'occuper de l'activité du pays - tout en répandant le virus pour contribuer à fabriquer ce bouclier collectif dont on aurait tant besoin aujourd'hui ? Aujourd'hui, précisément, où toutes ces hypothèses sont confirmées : 80 % des personnes décédées des suites du virus avaient au moins 75 ans, la moitié d'entre elles viennent des maisons de repos, et près de trois quarts des patients admis à l'hôpital pour l'infection souffraient d'au moins un problème de santé préexistant (comorbidité) [réf : Sciensano].
L'argument brandi pour justifier le confinement était d'éviter l'engorgement des hôpitaux et la saturation de notre système de soins de santé, capable de prendre la pathologie en charge, mais pas pour tout le monde en même temps. "Il faut aplatir la courbe", nous répétait-on doctement. Avait-on vraiment besoin, pour ce faire, de confiner les écoliers, les étudiants et même les travailleurs ? Pendant le confinement, les personnes âgées de moins de 20 ans n'ont occupé que 2 % des lits d'hôpitaux étiquetés Covid ; il faut compter 2 % de plus pour les 20-30 ans, 4 % supplémentaires pour les 30-40 ans, et encore 8 % pour les 40-50 ans ; c'est-à-dire un total de 16 % pour les moins de 50 ans. Les chiffres pour les admissions en unité de soins intensifs sont encore plus bas, avec 0,6 % pour les moins de 20 ans et 5 % cumulés pour les moins de 40 ans [réf : Sciensano]. Pour le dire autrement : ce ne sont pas nos jeunes qui risquaient de saturer les capacités hospitalières.
La fermeture des écoles et des universités était un non-sens. Car en plus des dégâts causés sur l'apprentissage, la formation voire la santé mentale et, indirectement, l'économie, elle a retardé le développement d'une immunité collective susceptible d'enrayer la propagation du virus et, ainsi, de protéger les plus vulnérables, de façon beaucoup plus rapide, efficace, économique et naturelle qu'un hypothétique vaccin à venir.
Bien entendu, chaque mort est un mort de trop. Vieux ou jeune. Rappelons que notre pays enregistre tous les ans plus de six cents décès causés par des accidents de la route, et six fois plus de blessés graves avec probablement des séquelles lourdes [réf : Statbel]. Nous n'arrêtons pourtant pas de rouler en voiture. Il y a même des gens qui rigolent dans leur véhicule et d'autres qui font de la publicité pour des marques de voiture - un peu comme si on placardait cet été de grandes affiches pour inciter les gens à se serrer la main dans le train ou dans la rue, alors qu'on dénombre encore plusieurs décès par semaine causés par l'épidémie.
Certes, il aurait fallu songer à des aménagements pour les familles où les plus jeunes étaient susceptibles de contaminer une personne à risque une fois rentrés chez eux. Ainsi que pour les enseignants plus âgés. Mais ces aménagements, pour lesquels des aides publiques auraient pu être prévues, auraient été certainement moins coûteux pour la collectivité que le confinement massif et aveugle que nous avons subi. De surcroît, ils ne seraient sans doute plus qu'un mauvais souvenir aujourd'hui : en tant qu'étudiant ou écolier, la meilleure garantie pour pouvoir "prendre soin" de ses parents ou grands-parents ne paraît-elle pas, à ce jour, d'être soi-même immunisé ?
Lorsque j'entends certains virologues et épidémiologistes traiter du confinement, je ne peux m'empêcher de penser à un modélisateur qui ajuste ses paramètres pour vérifier, avec la disparition du virus, l'efficacité de son modèle. Mais nous ne sommes pas des paramètres. Le virus ne disparaîtra pas. La médecine - dont j'admire l'art - n'est pas une science exacte ; elle ne l'a jamais été et ne le sera jamais. N'oublions pas que pendant des siècles, tous les médecins d'Europe recommandaient la saignée en réponse à la plupart des maladies. Aujourd'hui, un apprenti sorcier de l'Imperial College a sorti un modèle à rebonds, et on ne jure plus que par le confinement, la quarantaine et les masques - dont nos autorités semblent enivrées par la soudaine profusion.
En science, il est indispensable de confronter les prédictions d'un modèle avec la réalité. Les chiffres de la mortalité liée au virus sont difficiles à exploiter puisqu'ils sont extraits selon des critères propres à chaque pays. Par contre, les chiffres de surmortalité devraient nous fournir une base de travail digne de confiance. Or que constate-t-on lorsqu'on compare la surmortalité dans différents pays européens ? D'abord, pour la plupart d'entre eux, aucune surmortalité n'est observée. D'autre part, les pays où le confinement a été le plus strict ont connu la surmortalité la plus importante [réf : Euromomo].
On a souvent montré du doigt la Suède comme exemple de ce qu'il ne fallait pas faire ; la surmortalité suédoise est en réalité beaucoup plus faible que la belge. Quant aux autres pays nordiques, ils ont fait le choix, avec succès, de fermer leur frontière à l'épidémie. Si cette stratégie est certainement efficace à court terme, on peut s'interroger sur sa viabilité à long terme dans le monde globalisé qui est le nôtre. On peut aussi citer l'exemple du Japon qui a longtemps gardé ses frontières ouvertes et n'a jamais imposé de confinement à sa population et qui compte un nombre de décès par million d'habitants environ 100 fois plus petit que celui de la Belgique [réf : Worldmeters].
Évidemment, il ne faut pas en déduire, a priori, que le confinement est la cause de la surmortalité importante dans les pays qui ont le plus confiné ; mais, plutôt, qu'une comparaison froide et raisonnée serait bénéfique à l'amélioration des modèles et donc des politiques destinées à contrôler l'épidémie. Quelles sont les raisons de la surmortalité ? Ne faut-il pas aussi chercher du côté de tous ces gens qui souffraient d'une autre pathologie et sont restés confinés au lieu de se rendre à l'hôpital ? En science, il faut toujours se méfier des explications de bon sens. Les partisans de la saignée avaient certainement des arguments de bon sens à faire valoir : si le corps malade ne parvient pas à évacuer ses humeurs, aidons-le en le purgeant de son sang. On peut sans peine imaginer le nombre de décès qu'a provoqués ce traitement à travers les siècles.
Nous sommes en plein été. Les nombres d'hospitalisations et de décès causés par le virus sont au plus bas. Et pourtant, port de masque, quarantaine et même confinement reviennent à l'agenda. Pourrait-on nous expliquer comment on "aplatit une courbe" correspondant à un bruit de fond ? Imaginerait-on ne plus nous annoncer l'apocalypse à la moindre fluctuation statistique ? Accepterait-on de nous informer des circonstances dans lesquelles nous serons autorisés à reprendre le cours de nos vies ? Oserait-on remettre en question les grandes décisions de ce printemps 2020, indépendamment du risque politique - et scientifique - que courent ceux qui ont dû les prendre dans des circonstances difficiles ?
Au lieu d'être la première institution à fermer ses portes, l'université n'aurait-elle pas dû être la dernière à rester debout ?
Malgré les conséquences désastreuses pour l'économie et pour des centaines de milliers, voire des millions de personnes, nous sommes nombreux à penser qu'il y a toutefois des choses positives à relever dans ce qui nous est arrivé. D'une part, la crise sanitaire et le confinement ont mis en lumière l'ultra-dépendance de notre pays vis-à-vis d'acteurs externes - européens ou pas - et les dangers qui menacent la santé publique, la souveraineté alimentaire et la continuité de la production industrielle. En outre, par sa seule existence, le confinement tel que nous l'avons vécu prouve que les politiques ont encore du pouvoir ; et le peuple, un sens de l'intérêt général - doublé d'une discipline remarquable.
Si nous pouvions profiter de ces enseignements pour nous mettre au travail et placer l'essentiel de notre énergie à la relocalisation de la production, agricole, bien sûr, mais aussi industrielle, technologique, médicale et autre, ne s'agirait-il pas de la meilleure conclusion que nous pourrions imaginer à cette crise ? Il reste des savoir-faire en Belgique, des structures publiques, des outils industriels, un patrimoine agricole, des universités, un peuple en attente, et tant de chantiers à ouvrir : une compagnie aérienne à renationaliser, un chemin de fer à redéployer, une agriculture locale et diversifiée à encourager, des phases à chaud et à froid à ranimer, des industries de l'armement à convertir, des commerces de proximité à ressusciter, un mode de vie à réinventer.
Puissions-nous nous projeter dans cet avenir, plutôt que de passer les prochains mois de notre vie avec un bout de textile sur la bouche, à suivre du papier collant au sol en guettant le moindre faux pas chez notre prochain, après avoir passé la journée à nous parler par écran interposé en pyjama dans nos salons.
Martin Buysse, physicien, romancier


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« UN MODE DE VIE A REINVENTER ? »

Le vif persiste et signe en publiant une seconde carte blanche qui juge avec sévérité les mesures de confinement que nous ont imposé nos gouvernants pour des raisons de prophylaxie sanitaire. DiverCity la reprend en complément des réflexions du Dr Rodenstein. 
Je retiens sa conclusion tonique : « Il reste des savoir-faire en Belgique, des structures publiques, des outils industriels, un patrimoine agricole, des universités, un peuple en attente, et tant de chantiers à ouvrir : une compagnie aérienne à renationaliser, un chemin de fer à redéployer, une agriculture locale et diversifiée à encourager, des phases à chaud et à froid à ranimer, des industries de l'armement à convertir, des commerces de proximité à ressusciter, un mode de vie à réinventer.
Puissions-nous nous projeter dans cet avenir, plutôt que de passer les prochains mois de notre vie avec un bout de textile sur la bouche, à suivre du papier collant au sol en guettant le moindre faux pas chez notre prochain, après avoir passé la journée à nous parler par écran interposé en pyjama dans nos salons. »
Fallait-il confiner tout le monde dans le seul dessein d’aplatir les courbes ? Chacun jugera en conscience et avec esprit critique les réflexions amères de Martin Buysse, physicien, romancier.
Il nous faudra méditer «  l'exemple du Japon qui a longtemps gardé ses frontières ouvertes et n'a jamais imposé de confinement à sa population et qui compte un nombre de décès par million d'habitants environ 100 fois plus petit que celui de la Belgique »
Il est évidemment facile de critiquer après coup des décisions politiques prises dans l’urgence. Il me semble que la responsabilité du comité des experts  dont s’est entouré l’exécutif est largement engagée. Je songe à l’arrogance de certains qui se sont autoproclamés censeurs des comportements de tous. Inquiétant.
Nous demeurons sonnés et pantelant face aux conséquences de la gestion chaotique de la pandémie et surtout avec l’obligation collective d’un « mode de vie à réinventer. »
En cela la crise du Covid aura été un coup de semonce pour l’humanité qui a pris conscience brutalement des menaces apocalyptiques qui la menacent dans un XXIème siècle qui sera pour la race humaine celui de tous les dangers.
MG


Covid-19 : que se passe-t-il en Belgique ?

Le pays est en proie à une recrudescence des contaminations dans les quartiers «densément peuplés». Le gouvernement prend des mesures drastiques et s'inquiète des conséquences.
Par Le Figaro et AFP agence

La Belgique va-t-elle être le premier pays à affronter une «deuxième vague» d'infections au coronavirus ? Si jusqu'à présent, le phénomène n'a pas été observé dans les pays européens, il semble bien que la situation sanitaire se raidisse chez nos voisins d'outre-Quiévrain.
• Une augmentation rapide des infections au coronavirus, principalement dans les quartiers pauvres
Ce mardi 4 août à l'occasion de la mise à jour des données de son tableau de bord, l'Institut de santé publique Sciensano a indiqué que le nombre moyen d'infections au coronavirus est passé à 517,1 par jour entre le 25 et le 31 juillet. Une augmentation de 60 % par rapport à la semaine précédente. Encore plus tôt en juillet, entre le 17 et le 23, le nombre moyen de nouveau cas était de 278,9 par jour et représentait déjà une hausse de 71 % par rapport à la semaine précédente. Le quotidien Le Soir , tempère toutefois ces données en ajoutant que sur la semaine dernière, le nombre de tests réalisés a augmenté de 52%, ce qui diminue d'autant la croissance réelle des infections.
Toutefois, de manière concrète, le nombre d'admissions à l'hôpital atteint désormais 25 par jour, un chiffre en progression de 31 % par rapport à la semaine précédente.
Les autorités belges sont préoccupées par une multiplication des foyers de contagion dans le pays, principalement dans les quartiers pauvres. «Le virus circule intensivement sur notre territoire. Les chiffres continuent à monter», a souligné lundi Frédérique Jacobs, une porte-parole du centre de crise, citée par La Libre Belgique . «Le nombre de personnes admises aux soins intensifs a doublé depuis le début du mois de juillet. Cette augmentation est constatée dans tout le pays, et pas seulement à Anvers. Nous constatons des augmentations à plusieurs endroits, dans presque toutes les provinces, principalement dans les quartiers densément peuplés, à faible statut économique», ajoutait la responsable.
Le gouvernement tente de juguler les contaminations avec des mesures drastiques
Mesure principale la plus forte prise par le gouvernement, la «bulle de contact», c'est-à-dire le cercle de personnes avec lesquelles il n'est pas nécessaire d'observer une distanciation, a été ramenée de quinze à cinq personnes par foyer.
La première ministre belge Sophie Wilmès avait annoncé dès le 23 juillet un renforcement des mesures, en rendant notamment obligatoire le port du masque dans «tout endroit à forte fréquentation», comme les marchés, brocantes, rues commerçantes et tous les bâtiments publics. Le port du masque était déjà obligatoire depuis le 11 juillet dans les magasins, les cinémas, les lieux de culte, les musées et bibliothèques.
• Les déplacements internationaux strictement réglementés
Pour éviter d'importer le virus et de créer de nouveaux foyers d'infection, la Belgique a également revu sa politique de déplacement à l'étranger. Le gouvernement a interdit samedi les «voyages non essentiels» vers les régions espagnoles de Navarre, Aragon, Barcelone et Lérida en Catalogne, la région lémanique en Suisse (Vaud, Valais, Genève) et le département français de la Mayenne, en raison de leur situation épidémiologique. Le ministère belge des Affaires étrangères a aussi inclus sur cette liste «rouge» les régions bulgares de Severoiztochen et Yugozapaden, plusieurs zones de Roumanie (centre, sud-est, Sud-Munténie et Sud-ouest Olténie), ainsi que la ville de Leicester (Royaume-Uni). Quarantaine et dépistage sont obligatoires pour les voyageurs en provenance de ces zones qui reviennent en Belgique.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DECONFINEMENT RATE ?
La Belgique aurait-elle raté son dé confinement par excès de laxisme ?
Beaucoup se posent la question sans oser y répondre 




dimanche 2 août 2020

"On confond pandémie avec menace mortelle" (carte blanche)

Source : Le Vif
Carte blanche
Psychose : Etat de panique collective provoqué par un événement ou un fléau vécu comme une menace permanente (Petit Larousse illustré 2007).

Chaque année environ 110.000 personnes meurent en Belgique. Chaque mois, 9.100 morts. Chaque jour, 300 morts. Un peu plus en hiver ou un peu moins en été, le chiffre tourne autour de 300 morts par jour en moyenne.
En 2020, pendant quelques jours du 15 mars au 15 mai, il en est mort un peu plus. Le jour le plus noir, le 10 avril, il y eut 613 morts, soit 151 de plus que le jour le plus noir de 2018, le 7 mars 2018 par exemple. Si on regarde l'année 2020 dans son ensemble, il est probable qu'au lieu de 110.000 morts nous aurons entre 110.000 et 115.000 décès. Et comme chaque année, la majorité des morts de 2020 seront âgés de plus de 64 ans. Et comme chaque année, la plupart des morts seront pleurés et chaque famille où il y eut un mort devra faire son deuil.
Si on regarde ces faits pour ce qu'ils sont, il n'y a là rien, mais vraiment rien, qui puisse expliquer la psychose qui s'est abattue sur la Belgique, qui l'a submergée, paralysée, bouleversée. La vie a été éteinte, suffoquée par un vent de panique où chacun est devenu brutalement une menace mortelle pour son voisin, son prochain, son ami, son aimé et surtout son ainé. Menace dont il fallait se protéger en s'éloignant de tous, en s'enfermant, en évitant de respirer les miasmes mortifères que les humains répandaient autour d'eux. Car on nous a dit et redit jusqu'à satiété que la maladie était extrêmement contagieuse et extrêmement mortelle.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) était prête. Un document tout entier dédié à la pandémie dévastatrice tant attendue venait de sortir en septembre 2019 (1). Il prévoyait une répétition augmentée de la grippe espagnole. Les morts se compteraient par millions, de 100 à 400 millions de morts et plus, aucun pays, aucune personne ne serait épargnée. L'OMS nous enjoignait : abandonnez travail, famille, amis ; courez vous enfermer si vous voulez avoir une chance de survivre. Sacrifiez famille, carrière, travail. Eloignez-vous des autres, ne les touchez pas, couvrez votre haleine. Oubliez la vie si vous voulez avoir la vie sauve.
Les dirigeants, paralysés d'effroi, se sont remis aux experts, qui ont fait écho à l'OMS. Comme d'autres fois (2), on a confondu pandémie (maladie, quelle qu'elle soit et quelle que soit sa gravité, qui affecte plusieurs pays de plusieurs régions du monde) avec menace mortelle. En nommant l'une, on a convoqué l'autre. Si on relit maintenant les premiers paragraphes de ce texte, il est clair que le Covid-19 n'a pas beaucoup changé les chiffres de mortalité en Belgique, alors que la Belgique est la championne toutes catégories, et de loin, avec le plus de morts par million d'habitants (846), seule dépassée par San Marino (3).
Le Covid-19 n'aura pas non plus beaucoup changé les chiffres dans le monde, où il meurt chaque année, en gros, 57.000.000 d'humains. Le Covid-19 a tué jusqu'ici, en gros, 600.000 personnes. A peine 1% des morts d'une année quelconque !
Un autre élément mérite d'être souligné. La mortalité journalière attribuée à la maladie est assez stable depuis plusieurs semaines dans le monde (autour de 5.000 par jour), alors que le nombre de cas diagnostiqués par jour continue d'augmenter (3). La maladie semble donc de moins en moins mortelle. Cependant, lorsqu'on annonce des chiffres on omet de les expliquer. On nous signale le nombre de cas confirmés, mais on ne nous dit pas si ces gens sont malades ou s'ils se portent comme un charme. On entretient un climat d'anxiété, de peur, alors qu'en Belgique les hospitalisations et les décès continuent de diminuer, même si les cas confirmés augmentent. Et si les chiffres belges ne sont pas assez anxiogènes, on nous parle des Etats Unis où il y a beaucoup de morts (138.000), mais on ne fait pas remarquer qu'il y en a nettement moins par million d'habitants qu'en Belgique (415).
On mélange, et on entretient une confusion entre cas confirmés, maladie bénigne, malades hospitalisés, soins intensifs. En sachant que seule une minorité des patients hospitalisés (12%) a besoin de soins intensifs, et que la plupart des cas confirmés s'en sortiront sans mal. On nous menace d'une deuxième vague en taisant que cette deuxième vague, si elle survient un jour, sera probablement bien moins grave. L'âge des nouveaux cas est inférieur à l'âge de la première vague, il y aura donc moins de cas graves et moins de morts.

Voilà pour le premier plateau de la balance. Que trouve-t-on dans le deuxième plateau ?
Un million de chômeurs temporaires. Dont un nombre incertain le resteront longtemps. Avec des revenus tout d'un coup inadaptés à la façon de vivre et qu'il faut donc brutalement restreindre en sacrifiant ce qu'on peut et parfois ce qu'on ne devrait pas.
L'arrêt de l'éducation. On peut avoir l'opinion qu'on veut de l'éducation que nos écoles et universités sont censées offrir, et des effets de leur fréquentation. Que l'absence d'école puisse améliorer non seulement les cotes des examens, mais les résultats de l'éducation est fort improbable.
L'arrêt de la vie culturelle au sens large. Terrible nouvelle pour ceux qui en vivent. Non moins forte pour ceux qui s'en nourrissent.
L'enfermement carcéral et inhumain de la totalité des vieux vivant en maison de repos, ou plutôt survivant à peine, pendant des semaines sans fin, peut-être justement les dernières semaines de leur vie avec ou sans Covid-19 (car de toute façon environ un quart des pensionnaires des maisons de repos y meurent chaque année).
L'enfermement des enfants et adolescents en pleine étape de socialisation, enfermement qui pour certains, dont l'exiguïté de l'habitat est le lot, transforme leur habitation en prison.
La culpabilisation abusive et généralisée de la population rendue à tort responsable d'une épouvantable peste imaginaire muant les enfants fréquentant les grands-parents en assassins potentiels.
La disparition du sourire. La disparition de la confiance. La disparition des manifestations de l'empathie, de la solidarité, de l'amitié, de l'amour. La disparition de la communication autre que par l'ersatz sans substance des écrans. Qu'on peut apprécier, mais seulement (comme tout ersatz) faute de mieux.
La disparition de l'insouciance qui se nourrit de la confiance de nous savoir chez nous dans notre ville (ou village) et qui explique des magasins à moitié vides, le désespoir des commerçants, des entrepreneurs, des chômeurs.
Que tirer comme bilan ? Il est clair à mes yeux sans le moindre doute que les mesures prises pour combattre cette maladie sont complètement disproportionnées par rapport à la gravité réelle de la maladie. Que la façon de présenter cette maladie (certes nouvelle et à laquelle les médecins ne comprenaient pas grand-chose au début et pas beaucoup plus maintenant, 4) est déformante, anxiogène, exagérée, injustifiée.
On pourrait prétendre que si le Covid-19 n'est pas si grave c'est précisément grâce aux mesures prises qui ne seraient alors ni injustifiées, ni exagérées, ni inappropriées. La Suède, qui n'a pas confiné (ou des pays pauvres où le confinement est simplement impossible) devrait être alors la championne de la mortalité. Si l'on regarde par rapport à la population de chaque pays (par million d'habitants), la Suède est loin derrière la Belgique, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie, qui ont, eux, confiné. De fait, il n'y a pas de rapport clair entre un confinement plus ou moins strictement respecté et les conséquences de la pandémie d'après les chiffres de l'OMS à ce jour. Ni en Europe ni dans le monde (3).
Le coronavirus SARS-CoV-2 accusé de tous les maux de la terre n'aura rien à voir avec les pires conséquences de cette pandémie. Ce sont les mesures et décisions prises à l'encontre de cette maladie (mais qui en réalité étaient préparées pour une maladie vraiment mortelle, ce que celle-ci n'est pas) qui engendrent et engendreront les désastreuses conséquences dont nous tous serons les témoins.
Daniel Rodenstein - Médecin retraité


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LES MESURES PRISES POUR COMBATTRE CETTE MALADIE SONT COMPLETEMENT DISPROPORTIONNEES PAR RAPPORT A LA GRAVITE REELLE DE LA MALADIE. » Daniel Rodenstein

De toute évidence Daniel Rodenstein - médecin retraité est loin d’être le seul à tenir ce raisonnement qui interpelle. Il n'y aurait pas, selon lui, de « rapport clair entre un confinement plus ou moins strictement respecté et les conséquences de la pandémie d'après les chiffres de l'OMS à ce jour. Ni en Europe ni dans le monde » 
C’est une affirmation d’une gravité inouïe : « il n'y a là rien, mais vraiment rien, qui puisse expliquer la psychose qui s'est abattue sur la Belgique, qui l'a submergée, paralysée, bouleversée. La vie a été éteinte, suffoquée par un vent de panique où chacun est devenu brutalement une menace mortelle pour son voisin, son prochain, son ami, son aimé et surtout son ainé. »
« Le coronavirus SARS-CoV-2 accusé de tous les maux de la terre n'aura rien à voir avec les pires conséquences de cette pandémie. »
 « Ce sont les mesures et décisions prises à l'encontre de cette maladie (mais qui en réalité étaient préparées pour une maladie vraiment mortelle, ce que celle-ci n'est pas) qui engendrent et engendreront les désastreuses conséquences dont nous tous serons les témoins. »
Qu’un médecin affirme cela avec un tel applomb,  qu’il le proclame dans une carte blanche et que le Vif prenne le risque de publier ce point de vue est troublant. La panique, la psychose fut notamment déclenchée par le fait qu’en Italie, les hôpitaux furent d’emblée submergés par un afflux soudain de malades atteints du Covid et un manque de respirateurs, de lits et de personnel sanitaire pour faire face à cette situation d’urgence non maîtrisée. Il fallut trier les cas comme en temps de guerre et sacrifier certains patients au bénéfice de malades plus jeunes et moins atteints. On craignit une évolution similaire en France et chez nous. On décréta par conséquent pour la prévenir le confinement général pour aplatir-avec succès- les courbes statistiques. C’était, pensait-on de bonne guerre et la meilleure chose à faire. A-t-on surréagi au risque de déstabiliser dangereusement l’activité économique mondiale ?
Il est sans doute trop tôt pour répondre à cette question cruciale mais, ce qui est sûr c’est que, les conséquences de cette stratégie remise ici en question auront, in fine, miné la confiance générale dans nos systèmes démocratiques. Les synergies entre décideurs politiques et experts sanitaires, virologues et « pandémologues » ont généré la cacophonie et le trouble.
Constatons que les présidents autoritaires du Brésil et des Etats Unis ont fait pire encore en banalisant l’impact du Covid.
Quoi qu’il en soit, il va falloir, dans les mois et les années qui viennent, faire face aux conséquences de ces égarements de la raison et du bon sens. « Le coronavirus SARS-CoV-2 accusé de tous les maux de la terre n'aura rien à voir avec les pires conséquences de cette pandémie. Ce sont les mesures et décisions prises à l'encontre de cette maladie (mais qui en réalité étaient préparées pour une maladie vraiment mortelle, ce que celle-ci n'est pas) qui engendrent et engendreront les désastreuses conséquences dont nous tous serons les témoins. »
Voici venir le temps de la réflexion critique et de la prise de conscience des drames sanitaires  collectifs qui s’annoncent et qui, assurément en accompagneront d’autres : réchauffement climatique dramatique résultant de la pollution par l’emballement de l’activité économique, explosion démographique et immigration massive notamment à partir d’un Subsahara chaotique et surpeuplé, crise de confiance résultant des déficits de nos démocraties…
Ce qui est sûr, c’est que la crise sanitaire, ensuite économique et sociale, enfin le traumatisme psychologique  du Covid ont rendu l’humanité consciente des ses fragilités face aux périls de plus en plus nombreux qui la menacent.
MG



samedi 1 août 2020

Négociations fédérales: "La balle est à présent dans le camp de la famille libérale"


Belga. La libre Belgique

La balle est à présent dans le camp de la famille libérale, a-t-on estimé vendredi au sein de plusieurs formations engagées dans les échanges entourant la mission de préformation de Paul Magnette (PS et Bert De Wever (N-VA), après la présentation par ceux-ci d'un premier rapport au roi Philippe. "Le MR boxe au delà de son poids", a ainsi commenté un des principaux négociateurs.

Les présidents des deux formations sorties en tête du scrutin du 26 mai de l'année dernière ont été chargés par le Roi, à la veille du 21 juillet, de constituer une large majorité au parlement. Ils se sont donné cinquante jours pour y parvenir. Vendredi, ils ont présenté au Souverain un premier rapport intermédiaire. 
"La balle est à présent dans le camp des libéraux", a-t-on entendu vendredi soir auprès d'un des partis flamands engagés dans les discussions. "Et en particulier, un des deux: l'Open Vld", a-t-on ajouté. 
Après de récentes interviews du président du MR Georges-Louis Bouchez, certains attendent des libéraux flamands qu'ils prennent leurs distances avec leurs homologues francophones. "J'en ai assez du MR", a affirmé un autre négociateur flamand. 
La note des libéraux transmise jeudi aux préformateurs comptait plus de cinquante points. Plusieurs de ceux-ci ne constituent pas, d'après ce négociateur, une base sérieuse de négociation. "Leurs propositions concernent la refédéralisation, l'affaiblissement d'éléments sociaux, la fiscalité... J'ai surtout le sentiment que Bouchez ne veut pas que Magnette réussisse. Ce parti va devoir réaliser qu'il a significativement moins d'électeurs que le PS". 
Du côté de l'Open Vld, on confirmait que les partis libéraux ne faisaient qu'un dans la négociation. 
Dans le camp socialiste francophone, on a souligné vendredi soir que cinq partis, à savoir le PS, le sp.a, la N-VA, le CD&V, membre du gouvernement actuel, et le cdH "considèrent qu'il y a une base de discussion possible", "qu'il est possible d'avancer". En tout, ces formations représentent 70 sièges. Le Roi demande d'élargir ce socle, pour avoir une assise plus large, a-t-on fait observer, sans fixer d'exclusive sur l'élargissement des échanges avec d'autres formations démocratiques. Jusqu'ici la mission a en tout cas permis d'avancer vers une première étape, a-t-on résumé.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HARO SUR LE MR DE BOUCHEZ « QUI NE VEUT PAS QUE MAGNETTE REUSSISSE »

Bart De Wever a de la suite dans les idées….Après avoir sabordé la suédoise qui avait fait la part belle au MR (sept ministres fédéraux) suite à son refus de signer le pacte de Marakech, voici qu’il jette l’anathème sur ce même MR, (son ancien allié)  et surtout son encombrant président. Reste à savoir si le VLD va maintenir son pacte  d’union avec le MR. C’est, semble-t-il, assez peu probable, Egbert Lachaert, son président, ayant quelque inclination en faveur de la NVA. Le pré formateur Bart De Wever se dit persuadé à 99,9 % que la « bulle de cinq partis » reprenant PS, SP.A, CD&V, cdH, et N-VA peut former un gouvernement d’ici deux à trois semaines, mais cette bulle ne représente que 70 sièges et en a besoin de cinq de plus pour constituer une majorité. Le VLD en compte 12 : le compte serait bon. "Le MR boxerait au delà de son poids",…buiten ! Constatons que tout ce mercato se joue à l’échelle des présidents de partis dans un régime plus « particratique » que jamais.
Sophie Wilmès peut, semble-t-il, se préparer à prendre de longues vacances. Elle les a bien méritées. Reste à savoir qui sera numero uno du gouvernement fédéral en devenir. De Wever ou Magnette ?
On voit mal Jambon quitter son gouvernement flamand ni Di Rupo sa chère Elysette.
MG


BART DE WEVER: «PLUS PERSONNE NE VEUT ENCORE DU MR DANS LE GOUVERNEMENT»

En s’exprimant de la sorte, M. De Wever confirme le constat, fait auparavant dans le camp socialiste francophone, de l’existence d’un socle de cinq partis.

Le préformateur Bart De Wever se dit persuadé à 99,9 % que la « bulle de cinq partis » reprenant PS, SP.A, CD&V, cdH, et N-VA peut former un gouvernement d’ici deux à trois semaines, mais cette bulle ne représente que 70 sièges et en a besoin de cinq de plus pour constituer une majorité.
À cet effet, il ne regarde en tout cas pas en direction du MR car « personne n’est encore partisan du MR au gouvernement », a-t-il affirmé vendredi soir, interrogé par VTM.
Le MR pas volontaire pour les négociations ?
En s’exprimant de la sorte, M. De Wever confirme le constat, fait auparavant dans le camp socialiste francophone, de l’existence d’un socle de cinq partis, mais il va plus loin en excluant d’emblée le MR des formules d’élargissement.
Pour le président de la N-VA, le MR se sent bien au gouvernement actuel où il compte sept ministres. Il ne veut encore venir à la table des négociations que pour les faire échouer.

Lui-même et son homologue socialiste Paul Magnette ont, d’après lui trouvé un équilibre dans tous les thèmes : social, économique, fiscal et institutionnel. Cinq partis se sont déclarés d’accord pour en discuter. « Ils sont critiques, mais ils veulent participer », a-t-il commenté.
Les libéraux sont venus avec leur propre note, « leur programme électoral, une fable destinée à l’échec », a-t-il décrit.
Pour le président de la N-VA, il serait « criminellement irresponsable » de faire échouer les négociations. M. De Wever a lancé un appel à tout un chacun à se comporter de manière responsable

vendredi 31 juillet 2020

Le chercheur Geert Molenberghs appelle au réalisme: «Arrêtez de faire des projets»Pour le scientifique, nous allons vivre longtemps avec les bulles sociales.


Le professeur biostatisticien de la KU Leuven Geert Molenberghs a précisé dans les pages de Het Laatste Nieuws la meilleure approche face à une recrudescence de cas : ramener la courbe d’infections vers le bas et fermer les frontières. Et il constate : « « Il est temps d’être un peu plus réaliste. À moins que nous n’allions au fond des choses cette fois-ci et que nous ne fermions les frontières. »
« Vivez plus au jour le jour. Et si vous faites encore des projets, ou devez en faire, vous feriez mieux d’être prudent. Je ne vais pas me faire des amis dans le domaine des voyages avec ce que je dis maintenant. J’aime voyager, normalement plusieurs fois par an, mais je n’ai rien de plus prévu. Ce sera en effet un peu au jour le jour » répond le scientifique.
Geert Molenberghs appelle à prendre consicence de la gravité de la situation sans vaccin. « Nous allons devoir vivre longtemps avec les bulles sociales que nous avons en ce moment. Quand cette vague sera terminée, nous pourrons nous détendre, bien sûr. Mais pas au niveau et dans le sens du 1er juillet. En juin et début juillet, tout le monde, sauf nous, pensait : ‘C’est fini, nous pouvons retourner à une vie presque normale avec seulement ici et là un secteur qui n’est pas encore est ouvert. »
 « Non, ce ne sera pas le cas. Nous allons pouvoir faire un certain nombre de choses si nous arrivons à casser la courbe à un niveau plus profond qu’en juin. Vous pourrez alors peut-être faire un match de football avec un public à l’automne. Mais ne pensez pas à des stades pleins. Ce n’est possible qu’avec un vaccin »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVEZ PLUS AU JOUR LE JOUR
« PRENEZ CONSCIENCE DE LA GRAVITE DE LA SITUATION SANS VACCIN. »

« Vivez plus au jour le jour. Et si vous faites encore des projets, ou devez en faire, vous feriez mieux d’être prudent. »
Nous l’avons presque tous compris, pas vraiment tous et pas vraiment  tout compris.
Il paraît de plus en plus évident que rien ne sera plus comme avant.
Non pas à cause des mesures de confinement qui nous accablent mais surtout à cause de leurs conséquences : une crise économique sans précédent, un bain de sang social et une catastrophe psychologique collective.
« Prendre conscience de la gravité de la situation sans vaccin »est une manière de nous prévenir qu’il n’y aura peut-être pas de vaccin en tous cas pas tout de suite et sans doute pas pour tout le monde, un peu  comme les canots de sauvetage sur le Titanic. Il suffit de nous replonger dans nos classiques du secondaire - le decameron de Boccace ou la Peste de Camus- pour comprendre que, sans vaccin, on risque de se retrouver en enfer « avec » tous  les autres.
Vivre donc au jour le jour ? Mais n’est ce pas précisément ce que nous reprochons-à juste titre- à ces jeunes qui se défoulent en groupe au mépris de toutes les règles de prudence sanitaire?
Anvers est en état d’alerte urgente  et son bourgmestre ne prend pas  les mesures draconiennes  qui s’imposent. Plus déterminé, le bourgmestre Close se met à plat ventre devant les forains qui a tout prix veulent imposer leur foire du midi à Bruxelles. A tout prix ! C’est bien là le problème. Personne n’est disposé à payer le prix.
Olivier Willocx patron des patrons bruxellois (il est est le CEO de Beci, la fédération patronale bruxelloise qui représente des milliers d’entreprises à Bruxelles) dénonce une situation  “catastrophique” pour certains secteurs dans la capitale. “Neuf chambres d’hôtel sur dix sont vides” et  selon lui, Bruxelles risque également de louper le virage digital. La belle affaire !
Voilà pour le politico économique et le social. Quid de la santé mentale des Belges ? On fabriquerait des patients psychiatriques à la chaine. « Ce qu'on a redouté est arrivé. Laissés seuls face à leur souffrance et à leurs symptômes, les patients, qui avaient retrouvé un certain équilibre grâce aux prises en charge, ont vu leur santé mentale se détériorer. Depuis le mois de mai, ce sont les plus fragiles qui en subissent les conséquences. Et ce sont les hospitalisations sous contrainte qui ont explosé. » » « Des situations parfois désespérées, parfois désespérantes et des familles découragées. Les patients cumulent les pathologies, les difficultés sociales »
Notre société va mal et par ricochet, la démocratie se fragilise de semaine en semaine en Belgique, en France, et on ne parle même pas des Etats Unis, de la  Russie, de la  Pologne, de la  Turquie… Partout ou presque, lé démocratie est mise en quarantaine.
Je me suis retrouvé dans mon jardin de confinement avec deux potes de ma génération. Tous les trois nous sommes  en relative bonne santé mais consternés  par une mise en quarantaine virtuelle, c'est-à-dire parqués dans une réserve de peaux rouges conscients de s’éteindre à petit feu.  Le présent est devenu accablant ; l’avenir rétrécit son horizon. Il ne nous resta qu’une  maigre consolation : évoquer notre passé d’anciens combattants de vaines causes chimériques.
Apprenons donc à vivre au jour le jour, si possible ; à la minute minute.
MG 


"HOSPITALISATIONS PSYCHIATRIQUES SOUS CONTRAINTE : LA SITUATION DEVIENT INCONTROLABLE" (carte blanche)

Carte blanche Le Vif
Depuis la crise sanitaire, les mises en observation explosent et les services d'urgence croulent sous les demandes d'expertise.
La crise sanitaire du Covid-19 a bouleversé la pratique des soins en santé mentale, à l'extérieur de l'hôpital. A l'intérieur aussi.
Depuis le mois de mars, les hôpitaux généraux se sont réorganisés. Certains ont ralenti leur activité psychiatrique. D'autres ont tenté d'apporter des solutions spécifiques aux patients présentant un trouble mental et atteints du Covid-19. Du côté des hôpitaux psychiatriques, on a limité les admissions et accéléré certaines sorties, afin de limiter le risque de foyers épidémiques. Soutenue par les consignes fédérales, la psychiatrie hospitalière s'est, en quelque sorte, confinée dans l'attente de jours meilleurs.
Le secteur ambulatoire a assuré sa fonction, dans des conditions pénibles, assumant des visites au domicile et en intensifiant les contacts par téléphone ou par visio-conférence. Il n'empêche : des patients ont été perdus de vue. Nos voisins français les estiment à 10%.
Et ce qu'on a redouté est arrivé. Laissés seuls face à leur souffrance et à leurs symptômes, les patients, qui avaient retrouvé un certain équilibre grâce aux prises en charge, ont vu leur santé mentale se détériorer. Depuis le mois de mai, ce sont les plus fragiles qui en subissent les conséquences. Et ce sont les hospitalisations sous contrainte qui ont explosé. » « Des situations parfois désespérées, parfois désespérantes, des familles découragées. Les patients cumulent les pathologies, les difficultés sociales »
En Belgique, la prise en charge psychiatrique sous contrainte concerne deux situations. La première est l'internement. Elle concerne les personnes qui ont commis un fait qualifié délit ou crime et qui, du fait d'un trouble mental, ne peuvent être condamnées. Elles sont dès lors "internées" et soignées dans les annexes psychiatriques des prisons, dans des centres de psychiatrie légale et dans des hôpitaux psychiatriques sécurisés.
Et puis, il y a les "mises en observation". Elles concernent toute personne qui, présentant un trouble mental, met gravement en péril sa santé et sa sécurité ou constitue une menace grave pour la vie ou l'intégrité d'autrui. Cette mesure, qui dépend de la loi du 26 juin 1990 relative à la protection de la personne des malades mentaux, est prise, en urgence, par le procureur du Roi, à défaut de tout autre traitement approprié. La personne concernée par une mesure de mise en observation se retrouve donc hospitalisée sous contrainte dans un service agréé en hôpital général ou psychiatrique.
Travailler dans un service d'hospitalisation sous contrainte est à la fois difficile et passionnant. On y rencontre le plus beau et le plus délaissé de notre humanité : la folie, celle qui se soigne mais ne se guérit pas, celle qui interpelle et fait peur, celle qui est violente, celle qui ne se reconnaît pas comme telle.
Des situations parfois désespérées, parfois désespérantes, des familles découragées, mais aussi, beaucoup de potentiel : de créativité, de rémission, de solutions originales ou individualisées. Les patients cumulent les pathologies, les difficultés sociales, l'isolement, la dangerosité et la non demande de soins. Ils sont en crise, agités et réclament une attention médicale, infirmière et sociale intensive.
Initiatives du terrain
Depuis de nombreuses années, le secteur de la mise en observation alerte les pouvoirs publics sur l'augmentation progressive des hospitalisations sous contrainte. Sans réponse jusqu'à présent. Pourtant, les initiatives du terrain ont déjà tenté de stabiliser la situation. A Bruxelles, une procédure spécifique existe. C'est la "Ligne Nixon" qui repose sur une concertation et un travail de réseau entre les institutions hospitalières, le parquet et les services de police au sein de la Plate-forme de Concertation pour la Santé Mentale en Région de Bruxelles-Capitale. Seuls les services d'urgence des cliniques universitaires St-Luc, du CHU St-Pierre, du CHU Brugmann et d'Erasme sont habilités à effectuer les évaluations psychiatriques qui forgeront la décision du procureur du Roi. Cette fonction, peu valorisée et parfois dangereuse, limite autant les abus que les engorgements dans les hôpitaux psychiatriques. C'est aussi aux urgences que les soignants peuvent éviter la mise en observation par la mise en place d'un trajet de soin volontaire.
Hopitaux saturés
Nous avons tenu bon, à flux tendu, jusqu'à présent. Pourtant, le financement des services de mise en observation ne bénéficie d'aucun moyen supplémentaire. Nous disposons exactement du même nombre d'infirmiers, de médecins et d'assistants sociaux que dans n'importe quel autre service d'hospitalisation psychiatrique volontaire.
Cela, c'était avant le Covid-19. Depuis la crise, les mises en observation explosent. Les services d'urgence croulent sous les demandes d'expertise. Sur le seul mois de juin à Bruxelles, ce sont 193 expertises qui ont été pratiquées. Du jamais vu, et de loin !
Un malheur n'arrivant jamais seul, un hôpital agréé a pris la décision de suspendre, on l'espère momentanément, les évaluations et les hospitalisations sous contrainte.
Les hôpitaux agréés sont donc saturés. Et, malgré une bonne collaboration avec le parquet, lorsque les hôpitaux sont pleins, ils se voient imposés par le procureur du Roi de prendre le patient, qu'il y ait de la place ou pas. C'est la loi et nous la respectons. En tout cas jusqu'à présent...
Depuis le mois de janvier, le nombre d'impositions a doublé dans les trois services agréés bruxellois qui accueillent les mises en observation. C'est ainsi près de 300 patients qui ont été imposés, depuis janvier 2020, au Centre Hospitalier Jean Titeca, à l'Hôpital d'Accueil Spécialisé Fond'Roy et au CHU Brugmann. Et ces chiffres explosent depuis le mois de juin. Désormais, plus de la moitié des mises en observation urgentes sont imposées !
Une imposition requiert de la créativité. Le patient imposé arrive dans un service plein. De ce fait, il augmente le risque d'actes violents. Il faut donc "faire de la place". Une imposition, c'est donc souvent une fin prématurée d'hospitalisation pour un autre patient, avec les conséquences tant pour lui qu'en terme de sécurité publique. C'est aussi une décision qui engage notre responsabilité médicale.
Selon un psychologue, "on fabrique des patients psychiatriques à la chaîne"
Patients libérés trop tôt faute de place
A ce jour, la situation devient incontrôlable. Nous craignons que ces patients, parce que libérés trop tôt, passent à l'acte. Nous le rappelons depuis longtemps, la majorité des internés ont été hospitalisés en psychiatrie et une grande partie d'entre eux ont été mis en observation.
Des décisions urgentes sont nécessaires.
Une revalorisation du secteur de la mise en observation est indispensable, associant un soutien aux soignants et des mesures permettant un accueil de meilleure qualité pour les patients dans des lieux équipés et adaptés à leur problématique extrêmement lourde.
Depuis plusieurs années, la réforme des soins en santé mentale modifie nos pratiques. Le secteur de la mise en observation, comme celui de l'internement depuis peu, doit s'y inscrire, en associant les différentes fonctions de la réforme dite "107".
Si on peut attendre un bénéfice de la crise actuelle, c'est que nos craintes et nos propositions soient enfin entendues. S'il est de notre responsabilité, en tant que médecins et soignants, de prendre en charge les plus fragiles de nos contemporains, il est de la responsabilité de tous, et de ceux qui les représentent, de nous en donner les moyens nécessaires.



jeudi 30 juillet 2020

Subir un nouveau lockdown, faute de testing massif n'est pas acceptable (édito)


Anne-Sophie Bailly
Rédactrice en chef. Le Vif


De chaque crise, si dure soit-elle à vivre, on peut tirer des leçons et apprendre. Celle du coronavirus ne fait pas exception. Et ces leçons sont comprises, parfois rapidement, parfois moins. Même si elles sont souvent impérieuses.

On a ainsi eu la leçon n°1, celle de la survie européenne. Absente des radars au début de la crise, l'Union européenne a compris qu'il était minuit moins une. Qu'il n'y aura pas de possibilité de repêchage. Elle a donc mobilisé ses forces vives pour agir rapidement, d'abord en prenant des mesures d'urgence, ensuite en lançant un plan de relance ambitieux et richement doté. Ce plan a bien entendu fait l'objet de discussions, concessions et compromis mais a finalement été adopté quatre jours et quatre nuits plus tard par tous, y compris ceux qui y étaient le moins favorables. La leçon de survie s'est doublée d'un apprentissage de la solidarité.
Il aura fallu par contre passer par la case "révision" pour que le gouvernement de Sophie Wilmès comprenne bien la leçon n°2 : écouter et/ou jusqu'où suivre les experts. La première version des mesures rendue à l'issue d'un Conseil national de sécurité a été recalée par ces derniers, tellement les moyens déployés semblaient loin de l'objectif à atteindre. La deuxième version a en revanche obtenu un satisfecit général. Par les experts - normal, on était proche du copier-coller attendu. Par la population aussi, qui accorde un capital confiance nettement plus important aux spécialistes qu'aux politiques depuis le début de la crise.
La leçon n°2 est devenue : parler d'une seule voix est plus efficace.
Quant à nous, tout heureux de nos libertés retrouvées, nous venons d'apprendre brutalement la leçon n°3. Sans respect strict des consignes sanitaires et des gestes barrières, l'épidémie reflambe illico. A retenir : la responsabilité est collective, la solution le sera tout autant.
La prochaine leçon répétée depuis longtemps déjà mais qui semble difficile à faire passer, c'est la n°4: le testing, arme de déconfinement.
L'hypothèse de départ. En l'absence de vaccins et de remèdes, le déconfinement ne pourra qu'être accompagné d'un testing massif pour casser les chaînes de transmission. La communauté scientifique recommande unanimement des tests plus nombreux - notamment dans les clusters -, plus accessibles et plus rapides.
Les données. Selon Philippe De Backer, en charge de la gestion du matériel médical, la Belgique a la capacité de réaliser 30 000 tests par jour et pourrait rapidement monter à 45 000. Pour le moment, 15 000 tests maximum sont réalisés chaque jour.
L'inconnue. Pourquoi le testing massif n'est-il pas organisé ?
Eléments de réponse. Par manque de ressources, des critères stricts pour accéder aux tests ont été définis au début de l'épidémie. Est-ce toujours le cas ? La lasagne institutionnelle joue-t-elle un rôle quand on sait que prévention et prise en charge des collectivités sont du ressort des Régions et que la capacité matérielle de déployer des campagnes de tests est du ressort du fédéral ?
Réponse non acceptable à la leçon n°4 : subir un nouveau lockdown faute de testing massif et suffisant. A vos copies, vous avez deux heures. Le temps presse.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OBEISSANCE ET DESOBEISSANCE CIVILE

Il nous faut, c’est clair, obéir aux injonctions que nous impose l’autorité politique pour des motifs sanitaires. Ce qui est beaucoup moins clair, c’est la nature légitime du gouvernement Wilmès. Au début on n’a pas manqué de faire l’éloge de Sophie Wilmès mais c’était au début. Si le capital de sympathie de cette femme grande et austère demeure à peu près intact en revanche la confiance dans son gouvernement de bras cassés et de seconds couteaux est au plus bas. C’est un truisme d’affirmer que la Belgique a besoin de toute urgence d’un gouvernement de plein exercice pour affronter la crise la plus brutale et la plus profonde qui se soit abattue sur le monde dit libre depuis la grande dépression de 1929.
Beaucoup, surtout parmi les plus jeunes, pratiquent par nonchalance et négligence une forme très particulière de désobéissance civile : ils font de moins en moins de cas de la distance sociale et du port du masque.  Ils font la fête quand ça leur plaît, où ça leur convient et de préférence en groupes Et ce ne sont ni les conférences de presse répétitives de la grande Sophie, ni les harangues du roi Philippe qui les feront changer d’attitude. Le roi, précisément a compris que s’il voulait préserver l’intégrité du territoire de son Royaume- c’est la formule du serment constitutionnel- il devait mettre la pression sur le duo De Wever-Magnette pour qu’ils se décident enfin à gouverner ensemble. On ne tardera pas à savoir si cette tentative de la dernière chance a des chances d’aboutir. Ce n’est pas d’un régime autoritaire qu’on a besoin-le ciel nous en préserve- mais d’un gouvernement légitime incarnant l’autorité légitime des gouvernants.
Il n’est pas trop tard mais il est grand temps d’atterrir et de conclure.
MG

mardi 28 juillet 2020

Formation fédérale: Il ne faut jamais dire "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau !"


Jules Gheude
Essayiste politique in Le Vif

A la veille des élections législatives du 25 mai 2014, tous les présidents de parti francophones s'étaient résolument engagés à ne pas gouverner avec la N-VA. Et le MR a finalement cédé. Aujourd'hui, c'est au tour du PS de rompre l'exclusive jetée sur le parti nationaliste flamand.
Depuis les élections du 26 mai 2019, nombreux sont les informateurs royaux à s'être cassé les dents sur la quadrature du cercle : le duo Johan Vande Lanotte (SP.A)/Didier Reynders (MR), le duo Geert Bourgeois (N-VA/Rudy Demotte (PS), Paul Magnette (PS), le duo Joachim Koens (CD&V)/ Georges-Louis Bouchez (MR), Koen Geens (CD&V).
Profitant de la crise du coronvirus, le duo Patrick Dewael (Open VLD)/ Sabine Laruelle (MR) est parvenu à transformer le gouvernement minoritaire en affaires courantes de Sophie Wilmès en un gouvernement de plein exercice, grâce au soutien circonstanciel de certains partis d'opposition.
On a vu ensuite les présidents du PS et du SP.A, Paul Magnette et Conner Rousseau, prendre d'autorité l'initiative de relancer les négociations, en arguant du fait qu'ils représentaient ensemble la première famille politique du pays. Leur tentative visant à mettre sur pied une coalition tripartite classique s'est soldée par l'échec que l'on sait.
Ce fut alors au trio Egbert Lachaert (Open VLD)/Joachim Coens (CD&V)/Georges-Louis Bouchez (MR) de reprendre la main. Le CD&V ne souhaitant pas lâcher la N-VA, on s'oriente à présent vers une coalition dite "Arizona", qui permettrait à la N-VA, au CDH et au SP.A de rejoindre le gouvernement actuel.
La perspective, pour le premier parti wallon, de rester dans l'opposition explique sans doute le revirement actuel du président du PS, d'autant que la N-VA ne cesse de lui tendre la main.
Lors de la Fête de la Communauté flamande, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) s'est même voulu particulièrement rassurant : Nous sommes prêts à négocier un mécanisme financier de transition de dix ans ou plus. Je ne dis pas cela seulement par amour pour la Wallonie, mais également par rapport à notre propre intérêt. Si nous coupons les transferts du jour au lendemain, la paupérisation, en Wallonie, sera gigantesque.
Au CDH aussi, le président Maxime Prévot a changé son fusil d'épaule. Après avoir déclaré que, par humilité vis-à-vis du faible score électoral de son parti, il choisissait de demeurer dans l'opposition, le voici désormais prêt à prendre ses responsabilités.
Ne nous leurrons toutefois pas. Ce n'est pas le souci de sortir le pays de l'ornière qui explique ces changements de stratégie, mais bien l'appétit du pouvoir.
Il y a un gouffre entre les visions socio-économiques défendues au Nord et au Sud. Vision de droite vs vision de gauche.
Constatant que la dépense publique de la Wallonie représentera quelque 70% de son PIB en 2021 et 2022, Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque Nationale, n'hésite pas à écrire : On sera plus proche d'un régime communiste que d'un régime néolibéral que d'aucuns décrivent.
Le ministre-président wallon Elio Di Rupo a beau s'insurger contre de tels propos, il n'empêche que, selon ses propres dires, la Wallonie se dirige vers une situation budgétaire inédite et abyssale.
Pour le député flamand indépendant Jean-Marie Dedecker, la Belgique ne peut plus tenir dans de telles conditions : "Avant la crise corona, la montagne de dettes s'élevait à 21,7 milliards d'euros en Wallonie, soit 140% de ses revenus. Aujourd'hui, elle est tout à fait hors de contrôle", écrit-il dans une opinion publiée sur le site de Knack. Et de conclure : "Il est préférable que nous divorcions, frères wallons. Ce pays est rongé jusqu'à l'os. Organisons donc des élections le 5 novembre et signons l'armistice le 11 novembre. Nous partageons les meubles, comme la Tchéquie et la Slovaquie l'ont fait et nous nous nous séparons en paix. Profiter, voilà comment mon grand-père voyait la solidarité à sens unique, non réciproque. Selon lui, mordre la main qui vous nourrit revenait à parasiter. Un homme sage mon grand-père".
Le démantèlement de la Belgique semble, en tout cas, être appelé à se poursuivre, inexorablement. Et le fait que la Flandre se soit érigée en nation rend, à terme, la survie du royaume impossible
Du côté wallon, d'aucuns s'empressent de rappeler que, durant plus de cent ans, une Flandre pauvre a pu compter sur la solidarité d'une Wallonie prospère.
Sauf que la Belgique était alors gérée de manière unitaire par une bourgeoisie qui était francophone, au Nord comme au Sud. Et que l'on oublie l'exode massif qui a amené quantité de Flamands à venir travailler en Wallonie, dans des conditions difficiles et précaires, rétorque-t-on du côté flamand...
Avec les années 60, le balancier de la prospérité économique a changé de camp. Les Wallons comptaient sur la régionalisation pour relancer leur région. Cette régionalisation est devenue effective en 1980 et, depuis, n'a cessé de s'amplifier au gré des diverses réformes institutionnelles. Quarante ans plus tard, le constat demeure cependant inquiétant. La Wallonie n'a toujours pas décollé, reconnaît Philippe Destatte, le directeur de l'Institut Jules Destrée.
Il ne suffit pas de disposer des bons outils. Encore faut-il s'en servir habilement. Et ici, Jean-Marie Dedecker constate que ce ne fut pas le cas : Malgré cinq plans Marshall, un flux de subsides européens et la manne flamande (les transferts annuels sont de 7 à 11 milliards selon les sources), les paradis socialistes, où Magnette et Di Rupo dominent, de Charleroi à Mons, poursuivent leur déclin subsidié depuis trois quarts de siècle.
Le discours du bourgmestre de Middelkerke est largement partagé en Flandre. Lancée au début des années 90 par le ministre-président flamand CVP Luc Van den Brande, l'idée confédéraliste est aujourd'hui au coeur du débat. Elle revient à dépiauter l'échelon central belge au profit des Etats flamand et wallon, lesquels doivent assumer l'entière responsabilité financière de leurs choix politiques.
On a vu, avec l'affaire des Fourons, la régionalisation de la loi communale et provinciale, celle des allocations familiales, la scission de BHV, les responsables francophones avaler des choses qu'ils jugeaient inacceptables. En sera-t-il encore de même aujourd'hui ?
Le démantèlement de la Belgique semble, en tout cas, être appelé à se poursuivre, inexorablement. Et le fait que la Flandre se soit érigée en nation rend, à terme, la survie du royaume impossible.
(1) Dernier livre paru : La Wallonie, demain - La solution de survie à l'incurable mal belge, Editions Mols, 2019.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE FAIT QUE LA FLANDRE SE SOIT ERIGEE EN NATION REND, A TERME, LA SURVIE DU ROYAUME IMPOSSIBLE

« Le démantèlement de la Belgique semble, en tout cas, être appelé à se poursuivre, inexorablement. Et le fait que la Flandre se soit érigée en nation rend, à terme, la survie du royaume impossible. »
Jules Gheude a beaucoup de mal à cacher sa joie. 
Le démembrement de la Belgique, il en rêve depuis des décennies sous l’ombre tutélaire de son mentor François Perin.
Leur fantasme à tous les deux ? Le rattachement à la France !
Je ne sache pas que le gouvernement Castex ou le Président Macron, qui ont pas mal de fers au feu, aient manifesté la moindre velléité à donner chair à ce fantasme qui équivaudrait à peu près à  l’absorption par la république fédérale allemande de l’ancienne république démocratique  sous tutelle soviétique.
La réunification tant désirée par les Allemands et concrétisée après la chute du mur de Berlin en 1989 s’est révélée un jeu de transferts sans fond qui a coûté à Bonn et continuer à lui coûter des centaines de milliards pour un bénéfice mitigé. La nostalgie DDR des Allemands de l’ex RDA les incite à bouder le modèle que veut leur imposer Berlin. C’est précisément dans ces nouveaux Länder comme les appellent les Allemands que se développe l’influence néo nazie de l’AFD (Alternativ Für Deutschand) qui monte, qui monte.
On se demande vraiment qui succédera à la chancelière Merkel qui a annoncé son départ pour bientôt. Une poussée de fièvre anti démocratique n’est pas à exclure. 
Emmanuel Macron dont le centre de gravité se situe de plus en plus à droite n’a aucun intérêt à lorgner sur le dernier bastion rouge de l’Union Européenne, à moins bien sûr que Bruxelles fasse partie de la dot de la mariée francophone de Belgique. 
Il y a fort à parier que Paul Magnette va tenter d’obtenir des concessions financières substantielles  auprès des Flamands pour re stabiliser la sécu wallonne. Mais avec quelles contreparties politiques ? C’est toute la question qui ne va pas se résoudre en un tournemain.
Il me semble que Gheude accorde beaucoup d’importance aux écrits de Jean Marie De Decker, cet éternel outsider autrefois exclu du VLD à cause de ses extravagances. Nous avons publié sa carte blanche outrancière sur ce blog un peu par dérision. Se référer à lui comme étant la vox Flandriae est saugrenu. JDD est incontestablement le roi des provocateurs et ses articles habilement tournés sont souvent en tête du hit parade du Knack. 
Pour le reste il est le sparadrap dont l’habile  De Wever a toujours su se débarrasser. De Wever n’est pas  le capitaine Haddock. 
Mais qui donc est De Wever ? On le saura très bientôt.
MG




lundi 27 juillet 2020

Incendie de la cathédrale de Nantes : le bénévole du diocèse mis en examen et écroué

Incendie 
Ce Rwandais de 39 ans, qui a reconnu les faits, est poursuivi pour pour «destructions et dégradations par incendie».
Rebondissement dans l'enquête ouverte après l'incendie de la cathédrale de Nantes, survenu dans la matinée du 18 juillet. Dans un communiqué diffusé ce samedi 25 juillet dans la soirée, le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès a fait savoir que le bénévole qui avait été placé en garde à vue les 18 et 19 juillet derniers a de nouveau été arrêté ce samedi matin 6h15.
Dans la soirée, il a été présenté au parquet de Nantes, «qui a ouvert une information judiciaire des chefs de dégradations, détériorations ou destruction du bien d'autrui par incendie et requis la saisine du juge des libertés et de la détention aux fins de placement de l'intéressé en détention provisoire». Cet homme de 39 ans a ensuite été mis en examen et placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. Il encourt pour cette infraction «une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende», a ajouté le procureur. «Mon client a coopéré», a affirmé au quotidien Presse-Océan l'avocat du mis en examen, Me Quentin Chabert. «Il regrette amèrement les faits et évoquer cela a été pour lui une libération. Mon client est aujourd'hui rongé par le remords et dépassé par l'ampleur qu'ont pris les événements», assure-t-il. Il a reconnu, lors de l'interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction, avoir allumé les trois feux dans la cathédrale : sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique«, a précisé le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès au quotidien.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« RONGE PAR LE REMORDS ET DEPASSE PAR L'AMPLEUR QU'ONT PRIS LES EVENEMENTS »

Pourquoi nos cathédrales, joyaux de l’art gothique, brûlent-elles ?
C’est la question que nous nous posions le jour du désastre.
Et nous répondions candidement : « Une réponse s’impose parmi diverses hypothèses : par indifférence ! Par les négligences de nos contemporains qui font de moins en moins de cas  de l’héritage culturel et spirituel que nous ont transmis les anciens.
D’autres accuseront les zélés iconoclastes pris d’une rage politiquement correcte à taguer et à déboulonner les statues des représentants de l’arrogance blanche, male, hétéro... D’autres encore y verront la main invisible des islamistes radicalisés…
A chacun sa vérité. Ce qui est sûr c’est que ceux qui ont allumé la mèche sont des barbares. De manière générale, la barbarie s’acharne sur la civilisation européenne déclinante avec une radicalité, une violence et un acharnement de caractère préoccupant. »
Attention ! Maintenant que le coupable est en aveux- réjouissons nous que ce ne soit ni un.e iconoclaste ni un.e islamiste radical- mais oserons nous encore suggérer qu’il s’agit d’un « acte barbare » sans risquer l’anathème des moralisteurs.trices du politiquement correct ?
Ils me diront qu’il n’y a pas mort d’homme et ils n’auront pas tort. Seulement quelques mètres cubes de vieux chêne et quelques centaines de tuyaux de zinc réduits en fine cendrée. Pas de quoi en faire un plat de lentilles.
Certes  la destruction du grand orgue : 4 siècles d’une histoire riche et mouvementée au service de la liturgie et de l’art musical européen a fait pleurer l’organiste titulaire et sans doute sincèrement affecté une poignée de mélomanes aux cheveux blancs…
Dominant majestueusement la nef depuis sa haute tribune érigée en 1620, le grand orgue anéanti, était l’œuvre du « facteur » Girardet.
De l’instrument de Girardet, doté à l’origine, en 1621, de 27 jeux  à l’instrument détruit aujourd’hui, fort de 74 jeux, grâce à une succession de 5 restaurations. En 1784, le grand « facteur du Roy » François- Henri Cliquot (1732-1790) à la réputation considérable, achevait une restauration- extension significative portant l’instrument à 49 jeux répartis sur 5 claviers manuels et un pédalier : c’est cette « empreinte Cliquot » qui a donné au grand orgue l’ « esthétique classique» que l’on reconnaît aujourd’hui dès lors que sont interprétées à ses claviers les œuvres des « Grand–maitres » de l’ « Ecole d’Orgue française ».
En 1970, eut lieu la seconde restauration-extension décisive quant à la « définition esthétique » de l’instrument telle que nous pouvions l’appréhender aujourd’hui.
Œuvre du facteur Joseph Beuchet, cette restauration-extension s’inscrivait dans le cadre d’un projet devant porter le grand orgue à 89 jeux  ce qui en aurait fait un « frère jumeau » de l’orgue de Saint-Etienne-du-Mont, à Paris.
Ses 5500 tuyaux ont cessé de chanter la « beauté » avec conviction, mais non sans nuance, en un harmonieux dialogue alternant douceur mystique des pleins jeux et puissance « impressionnante » du « tutti ».
Moins de 5 ans après la réception des travaux effectués par François-Henri Cliquot, la révolution française éclate, avec son cortège d’ « exactions » ! A Nantes même, déjà, certaines orgues sont détruites et la cathédrale transformée en « Temple de la raison » : l’orgue est en grand danger et sera sauvé par…l’organiste de l’époque, Denis Joubert qui en y interprétant la Marseillaise, sut convaincre le Comité révolutionnaire de tout l’intérêt qu’il y aurait à conserver l’instrument pour animer les nombreuses « fêtes révolutionnaires » qui se déroulaient dans la cathédrale : pari gagné !
Une dizaine d’années plus tard, c’était l’explosion de la tour des Espagnols, poudrière du Château-des-Ducs, qui détruisait tous les vitraux et les chapelles de la nef collatérale sud, sans toutefois causer de dommage à l’orgue.
Quelques 150 ans après, ce fut autour des bombardements de menacer le transept sud de l’édifice et le « mobilier » de la cathédrale.
Enfin, dans la nuit du terrible incendie du 28 Janvier 1972, seuls le courage et l’abnégation des compagnons de la « Manufacture Beuchet-Debierre », rappelés de nuit, Joseph Beuchet fils à leur tête, et de l’abbé Félix Moreau, lui aussi présent, agissant en concertation avec les pompiers, permirent de sauver le grand orgue, inauguré deux mois auparavant, après 10 ans de silence.
Tout cela est parti en fumée.
 « Notre société est-elle à ce point tétanisée et dépressive qu’elle se soit accoutumée à cela? »
Le bénévole qui était chargé de fermer la cathédrale la veille de l'incendie est passé aux aveux. Il s'agit d'un "Rwandais, venu se réfugier en France il y a quelques années", avait expliqué la semaine dernière à l'AFP le recteur de la cathédrale de Nantes, le père Hubert Champenois. Selon le recteur, le bénévole est "servant d'autel" et il le connaissait "depuis quatre ou cinq ans". "J'ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs", avait-il expliqué à l'AFP.
Il encourt pour cette infraction "une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende", a ajouté le procureur. Cela représente un nombre gigantesque de quêtes dominicales pour le recteur de la cathédrale s’il veut venir en aide à son petit protégé assurément insolvable. Question : l’accusé « rongé par le remords et dépassé par l'ampleur qu'ont pris les événements »
 sortira-l contrit, miséricordieux et mieux intentionné après un séjour de plusieurs années (moins de dix à l’évidence) dans les cachots de la République ?
Faut-il jeter la pierre au recteur de la cathédrale pour avoir fait confiance à quelqu’un qui à l’évidence ne le méritait pas ?
Jésus répondrait sans hésiter : « que celui qui n’a jamais fauté jette la première Pierre. » De fait mais Jésus c’est Jésus.
MG


MEURTRE DE PHILIPPE MONGUILLOT: «JUSQU’A QUAND ALLONS-NOUS TOLERER L’INTOLERABLE?»
FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Barbara Lefebvre, co-auteure des «Territoires perdus de la République», l’agression mortelle du chauffeur de bus de Bayonne témoigne de la passivité de nos dirigeants face à une barbarie devenue ordinaire.
Par Barbara Lefebvre

Barbara Lefebvre, enseignante et essayiste, est l’auteur de Génération j’ai le droit (éd. Albin Michel 2018).
Il s’appelait Philippe Monguillot. Pour les Français, le «chauffeur de bus de Bayonne» a désormais un nom et un visage, celui d’un époux et d’un père de famille «sans histoire». Sans doute, sa famille, ses amis, ses collègues auraient souhaité que cela continue ainsi: une vie tranquille, une retraite paisible. Comme le souhaitent toutes les familles de France qui vivent sans être «défavorablement connus des services de police», sans troubler l’ordre public, sans violenter qui que ce soit pour un regard de travers, sans agresser en meute de lâches un homme ou une femme, seuls. Nous aspirons à vivre tranquillement parce que nous respectons la loi, parce que nous croyons que le respect de l’ordre public est le pilier d’une société civilisée. Mais, chacun de nous sait que cette tranquillité n’existe pas, parce que nous avons tous été témoins ou victimes d’une «violence gratuite» comme la nomenclature désigne cette forme de décivilisation, de sauvagerie qui consiste à agresser autrui sans autre motif que décharger contre lui sa haine recuite, sa frustration minable. Beaucoup d’entre nous ont décidé d’apprendre à leur enfant à baisser les yeux, à ne pas répondre à l’insulte qui fuse. Se soumettre dans l’espace public à la terreur d’une minorité (qu’on identifie généralement sans avoir recours à un sociologue), c’est déjà abandonner sa part de citoyenneté autant que d’humanité. Nous y sommes hélas tous accoutumés parce que nous voulons rentrer chez nous sains et saufs, et continuer à vivre «nos vies sans histoire». C’est légitime. C’est humain. Mais cette tolérance vis-à-vis de l’intolérable nous dévore en tant que corps social, en tant que nation.
Il est des pedigrees qu’il convient de révéler à l’opinion publique illico presto.
Avant Philippe Monguillot, combien d’autres «faits divers» de cette nature? Combien de vies brisées sous les coups de couteaux, de pieds, de béquilles, de barres de fer infligés par des individus dont on s’assure le plus souvent à protéger l’anonymat. C’est le cas des quatre mis en cause à Bayonne que la bien-pensance médiatico-politique a tenté de faire passer pour des «punks à chiens» alors qu’il s’agit de délinquants récidivistes d’une cité voisine connus des services de police. Pour eux, la protection de l’anonymat serait donc requise? On se souviendra que l’homme de 84 ans (mort en détention depuis) qui avait tenté d’incendier la mosquée de Bayonne et blessé deux personnes en octobre 2019 avait vu son identité et son adresse dévoilées dans la presse. Il est des pedigrees qu’il convient de révéler à l’opinion publique illico presto: ainsi cet octogénaire, souffrant d’une altération partielle de son discernement selon les enquêteurs, avait été candidat aux départementales pour le Front National en 2015, information sans rapport direct avec les faits puisqu’il disait vouloir «venger la destruction de Notre Dame de Paris». Pour les quatre mis en cause dans le meurtre de Philippe Monguillot, on préfère préserver probablement leurs proches en ne les nommant pas, mais pourquoi ne pas indiquer seulement leurs prénoms? On nous dira sans doute que ce n’est pas là de la «saine information» pour l’opinion publique qu’il ne faut pas échauffer inutilement.
Avant la visite du fraîchement nommé ministre de l’Intérieur à Bayonne ce samedi, combien de visites de ministres de l’Intérieur et autres préfets venus présenter leurs condoléances et assurer que la «justice sera exemplaire pour punir ce crime odieux» ? Combien de bavardages, de coups de menton, de promesses de Karcher et autres «QRR» pour Quartiers de reconquête républicaine? On peut se demander quelle est la dose maximum de verbiage inconsistant que l’opinion peut encore supporter sur ces sujets? Si l’on prend la peine de lire les différentes enquêtes conduites, on peut constater qu’elle ne le supporte plus, mais dans la Vème République post-démocratique, l’opinion publique n’a plus aucun moyen de manifester son exaspération sinon par la défiance à l’égard du politique et l’abstention. Deux comportements qui indiffèrent en réalité nos dirigeants puisqu’ils ne les empêchent pas d’être élus ou réélus malgré des socles de votants toujours plus misérables. L’impuissance politique n’est jamais sanctionnée dans les urnes, au contraire elle est encouragée par des simulacres d’élections sans réelle valeur démocratique.
Certaines communes sont des zones où règne la loi du caïdat, où les édiles locaux doivent pactiser avec la mafia locale pour qu’elle les laisse gérer le reste de la commune.
Nos élus, nos ministres s’écoutent-ils parler quand ils nous servent leurs discours creux sur «la République qui ne laissera plus rien passer et poursuivra sans relâche les auteurs de ces actes inqualifiables»? Sont-ils à ce point amnésiques ou narcissiques qu’ils ne s’entendent pas répéter comme des ventriloques les mêmes mots que leurs prédécesseurs? On nous resservira bien un petit verre de «vivre ensemble» et une tranche «d’égalité des chances» avant de rentrer au ministère à Paris? Pendant qu’ils bavardent avec la presse, consultent des experts, se font rédiger des rapports par des hauts fonctionnaires, d’incivilités en violences la société est entrée dans une mécanique où l’on s’habitue à cohabiter avec les acteurs d’une forme de banalité du mal. Mais un mal dont la description sociale, culturelle, idéologique, effraie certains esprits bien-pensants. Notre société est-elle à ce point tétanisée et dépressive qu’elle se soit accoutumée à cela? Notre société est-elle si déphasée qu’elle préfère se donner bonne conscience en traquant «les discours de haine» - c’est-à-dire en légalisant la police de la pensée - plutôt qu’en combattant avec la dernière vigueur républicaine et la plus grande sévérité judiciaire, les actes concrets de haine d’une minorité d’individus qui pourrissent la vie de la majorité.
Plus de vingt ans que des pans entiers de certaines communes ont fait pire qu’une sécession: ce sont des zones où règne la loi du caïdat, où les édiles locaux doivent pactiser avec la mafia locale pour qu’elle les laisse gérer le reste de la commune (par exemple, cette petite zone pavillonnaire où se concentre la minorité des votants permettant d’être réélu). Sur ce fond de délinquance, de trafics de drogue et de criminalité, on sait que l’islamisme trouve l’écosystème propice pour se développer. À un fléau est venu s’en ajouter un autre, au grand dam de nombreux habitants de ces quartiers qui n’ont pas tous les moyens de fuir. Et depuis vingt ans, rien n’est fait pour éradiquer l’un et l’autre. Au contraire, ils ne se sont jamais aussi bien portés! Nous autres, auteurs des «Territoires perdus de la République» publié en 2002, avons longtemps été méprisés voire traités de racistes pour décrire le réel de ces quartiers, puis après une longue décennie de déni, après 2015, ce fut «le grand réveil» des éditorialistes, journalistes, politiques. Presque tout le monde y est allé de ses analyses en les croyant originales, les grands discours sur l’entrisme islamiste et le séparatisme. Mais derrière tout ce verbiage, quels actes? Aucun qui permette de dire que la peur a changé de camp. La réponse n’est même plus dans le déploiement ponctuel d’une compagnie de CRS ou l’arrivée de trois policiers supplémentaires au commissariat délabré du coin, dans le renouveau de l’équipement de notre police ou la confiance du ministre envers les forces des l’ordre. Tout ceci est indispensable mais pas suffisant.
Rien n’est possible sans un sursaut moral, et donc politique au sens noble du terme, de tous les citoyens, seuls détenteurs de la souveraineté démocratique dans la République. C’est à eux, partout, de se mobiliser pour exiger leur droit à la sécurité. Ce droit est non négociable et aucune situation de crise ne peut justifier de surseoir à son exécution. Maintenant. Cette sécurité nous est due par l’État parce que nous nous acquittons de nos devoirs. Nous la payons en acceptant que notre liberté s’arrête là où commence celle d’autrui, en travaillant légalement et payant nos impôts, en éduquant nos enfants dans le respect d’autrui, en respectant la loi de la République quand bien même, à titre personnel, elle nous indispose.
Pour Philippe Monguillot qui respectait paisiblement la loi et voulait la faire respecter jusque dans son bus, et pour tous ceux qui ont été blessés ou assassinés par ces barbares, nous citoyens devons exiger de nos dirigeants (locaux, régionaux, nationaux) des actes pour assurer notre sécurité. Celle de nos aînés ou nos enfants est encore plus urgente, eux que leur fragilité expose davantage à la violence de ces sauvages qui agissent en groupe, puisque leur lâcheté et leur bassesse morale les rendent incapables de soutenir un face à face à la loyale. En plus d’une éducation généralement défaillante, l’impunité acquise souvent dès les premiers délits d’adolescence les a rendus indifférents à celui qui n’est pas de leur clan, de leur quartier, celui-là n’est plus pour eux un frère humain. Quant à nous, hommes et femmes «à la vie tranquille», sommes-nous définitivement acquis à cette morale d’esclave que décrivait Nietzsche pour continuer à tolérer, parmi nous, ces ennemis du genre humain?


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FACE A UNE « BARBARIE DEVENUE ORDINAIRE »
« RIEN DE POSSIBLE SANS UN SURSAUT MORAL »

On me hurlera : « surtout pas d’amalgames ! »
Pour Barbara Lefebvre, l’agression mortelle du chauffeur de bus de Bayonne témoigne de la passivité de nos dirigeants face à une barbarie devenue ordinaire. Je souligne avec force l’expression : « une barbarie devenue ordinaire »
« On peut se demander quelle est la dose maximum de verbiage inconsistant que l’opinion peut encore supporter sur ces sujets? »
La question est forte, elle mérite qu’on s’y arrête et tente d’y répondre, chacun pour soi dans notre fore intérieur.
«  Si l’on prend la peine de lire les différentes enquêtes conduites, on peut constater qu’elle ne le supporte plus, mais dans la Vème République post-démocratique, l’opinion publique n’a plus aucun moyen de manifester son exaspération sinon par la défiance à l’égard du politique et l’abstention. »  
République post démocratique ? La formule est assassine mais terriblement interpellante.  
« Certaines communes sont des zones où règne la loi du caïdat, où les édiles locaux doivent pactiser avec la mafia locale pour qu’elle les laisse gérer le reste de la commune. »
N’est ce pas un peu ce qui se passe chez nous,  à Molenbeek où le Collège envisage jusqu’à renoncer à la neutralité exigée par la Constitution ?
« Nos élus, nos ministres s’écoutent-ils parler quand ils nous servent leurs discours creux sur «la République qui ne laissera plus rien passer et poursuivra sans relâche les auteurs de ces actes inqualifiables»? 
Difficile de réfuter ce propos amer et désabusé… 
« Notre société est-elle à ce point tétanisée et dépressive qu’elle se soit accoutumée à cela? » 
(…) »Plus de vingt ans que des pans entiers de certaines communes ont fait pire qu’une sécession: ce sont des zones où règne la loi du caïdat, où les édiles locaux doivent pactiser avec la mafia locale pour qu’elle les laisse gérer le reste de la commune. » 
« Sur ce fond de délinquance, de trafics de drogue et de criminalité, on sait que l’islamisme trouve l’écosystème propice pour se développer. » 
« Nous autres, auteurs des «Territoires perdus de la République» publié en 2002, avons longtemps été méprisés voire traités de racistes pour décrire le réel de ces quartiers, puis après une longue décennie de déni, après 2015, ce fut «le grand réveil» des éditorialistes, journalistes, politiques. » 
« Rien n’est possible sans un sursaut moral »
« Cette sécurité nous est due par l’État parce que nous nous acquittons de nos devoirs. Nous la payons en acceptant que notre liberté s’arrête là où commence celle d’autrui, en travaillant légalement et payant nos impôts, en éduquant nos enfants dans le respect d’autrui, en respectant la loi de la République. »
« Pour Philippe Monguillot et pour tous ceux qui ont été blessés ou assassinés par ces barbares, nous citoyens devons exiger de nos dirigeants (locaux, régionaux, nationaux) des actes pour assurer notre sécurité. » 
« En plus d’une éducation généralement défaillante, l’impunité acquise souvent dès les premiers délits d’adolescence les a rendus indifférents à celui qui n’est pas de leur clan, de leur quartier, celui-là n’est plus pour eux un frère humain. »
Autrement dit celui qui n’appartient pas à ma communauté est regardé comme mon ennemi. Un tel raisonnement caractérise la dynamique communautariste qui progresse et pour qui tout ce qui ne participe pas des règles et des valeurs de ma communauté mérite d’être  combattu voire détruit, y compris le discours dispensé par l’école de la République. C’est précisément  l’inverse du dialogue inter et transculturel qui est la meilleure mais aussi la réponse la plus radicale et la plus exigeante contre une résistible (pour combien de temsp encore ?)montée du communautarisme .
« Quant à nous, hommes et femmes à la vie tranquille, sommes-nous définitivement acquis à cette morale d’esclave que décrivait Nietzsche pour continuer à tolérer, parmi nous, ces ennemis du genre humain? »
Cette  question abrupte mérite d’être posée par tous les démocrates avant que les non démocrates n’y répondent par l’imposition d’un régime fort et dictatorial qui aura vite fait de confisquer les libertés démocratiques pour imposer un ordre nouveau, brutal et non pluraliste.
Alors à quand le sursaut moral, Monsieur le Président jupitérien de la Vème  République ?
MG