lundi 26 octobre 2020

Le cri d'alerte de Marius Gilbert après les nouvelles mesures: "Aidez-nous, il est minuit moins une !"

La libre Belgique

L'épidémiologiste demande aux influenceurs de se mobiliser pour sensibiliser tout le monde. "Nos hôpitaux sont au bord du gouffre", s'inquiète-t-il.

Marius Gilbert, l'épidémiologiste de l'ULB en appelle à la responsabilité de chacun. Mais il demande surtout aux influenceurs, ceux qui touchent un large public, de se mobiliser pour lutter contre le Covid. "Vous, qui avez 100, 1000, 10.000, 100.000 followers sur Facebook, Instagram ou par ici. Vous qui voyez du monde tous les jours, sur le terrain, aidez-nous, aidez-vous ! 
"Aidez-nous à dire la prudence, la mesure, cette marche sur un tapis d’œufs. Aidez-nous à dire que cette crasse nous concerne tous, que nous devons marcher en nous aidant les uns les autres. Aidez-nous à dire que le masque est la capote du corona. Un truc idiot, un truc pas cher, un truc pas beau, un truc qu'on a dans la poche et qu'on sort quand on aime ou respecte celui ou celle à qui on parle. Aidez-nous à faire comprendre que renoncer à une fête, ce n'est pas renoncer à la vie, à l'amitié ou à l'amour. Que c'est temporaire, ça passera, que c'est protéger les plus faibles en bout de chaîne, que c'est faire preuve de lien, d'humanité. 
Il est minuit moins une, c'est maintenant!"
La Belgique bientôt reconfinée ? "La situation va empirer et on va devoir revenir sur les décisions dans les prochains jours"
"La situation va empirer et on va devoir revenir sur les décisions dans les prochains jours"
Certes , le Comité de concertation n'a pas opté pour un reconfinement, le vendredi 23 octobre, optant pour des restrictions dans les secteurs culturel et sportif ne font pas l’unanimité. Pour plusieurs professionnels de la santé, cela ne sera malheureusement pas suffisant pour affronter la seconde vague de coronavirus qui touche violemment notre pays.
Emmanuel André : « On a l'impression qu'on sacrifie quelques secteurs qui vont du coup être fort impactés mais que ça ne va pas avoir l'impact général suffisant."
Marc Van Ranst soulignant la "dangerosité de la situation", le virologue plaide pour des mesures plus fortes.
L'épidémiologiste Yves Coppieters a appelé les Belges à un "confinement volontaire". 
Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc, a exprimé son désarroi face à l'absence de décisions fortes. "Je pense qu’on ne mesure pas l’ampleur et la réalité de ce qu’il est en train de se passer dans les hôpitaux, a-t-elle déploré. Ils sont en train de dépasser ce qu’on a vécu pendant la première vague." 
Les gouvernements wallon et francophone ont décidé de mesures complémentaires pour faire face à la situation dramatique au sud du pays. Ils ont voulu aller plus loin que la Flandre de la N-VA.
Le manque d'ambition des décisions fédérales, entendra-t-on rapidement, était due aux différences de sensibilités Nord-Sud, et aux réalités sanitaires différentes en Wallonie et à Bruxelles, où les hôpitaux risquent d'être saturés.
 "Aidez-nous, il est minuit moins une !" 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AU BORD DU GOUFFRE



 
Vous voulez mesurer la gravité de la situation ? Jetez un coup d’œil au dessin de Kroll qui comme toujours a tout compris en un seul dessin sarcastique : synthèse de la synthèse, commentaire du commentaire. Je comprends mal que le New York Times ait renoncé à publier la moindre caricature. La caricature nous force à réfléchir, à exercer notre esprit critique, à réagir, à sortir de notre apathie, à secouer notre inclination à la résignation... Si j’étais prof chargé du cours de citoyenneté je projetterais régulièrement du Kroll  sur le tableau interactif pour lancer le débat en classe. J’analyserais aussi en les commentant les commentaires de Béatrice Delvaux : « Bon sang c’est quoi ce pays où l’on balance au citoyen, déjà dans une situation anxiogène, des mesures différentes et successives sur une seule journée. »
« On devrait dire : chapeau, vous avez enfin compris la gravité de la situation » » Alors que la Wallonie est au top des régions les plus dangereuses d’Europe, que les chiffres de contaminations continuent à exploser, que les experts tirent à boulets rouges sur la faiblesse des mesures prises, que le système hospitalier est en train de craquer et que les Belges succombent sous le coup du virus, il fallait évidemment passer à ce reconfinement partiel, annoncé par le ministre-président wallon Elio Di Rupo. »
  « Sur le fond, oui, il a raison mais sur la forme est-ce responsable de créer une telle confusion sans nom dans l’esprit des citoyens ? » 
« Il s’agit d’imposer aux citoyens un corset qui les contraint comme jamais depuis la guerre, pour sauver leurs vies. »
« Les hôpitaux sont en train de s’effondrer. »
Il serait bon que chacune et chacun se répète cette phrase comme un mantra : « Les hôpitaux sont en train de s’effondrer », « Les hôpitaux sont en train de s’effondrer » 
"Il est minuit moins une !" 
MG

vendredi 23 octobre 2020

Débat élection présidentielle : Biden qualifie de «criminelle» la politique migratoire de Trump


 

Biden promet «décence, honneur et respect» aux Américains

«Ce qui ce joue dans les urnes, c'est le caractère de ce pays. La décence. L'honneur. Le respect. Traiter les gens avec dignité. S'assurer que tout le monde a une chance. Et je vais m'assurer que vous ayez cela. Vous ne l'avez pas eu ces quatre dernières année», a conclu Joe Biden en s'adressant aux électeurs américains.
Biden réaffirme son soutien aux énergies renouvelables

ÉLECTIONS AMERICAINES : UN DERNIER DEBAT SANS VAINQUEUR ENTRE DONALD TRUMP ET JOE BIDEN
Les deux candidats à la présidence américaine sont parvenus à adopter un ton plus posé pour leur dernier débat télévisé jeudi soir à Nashville, mais ils se sont vivement opposés sur tous les sujets. Dans une élection polarisée à l'extrême, aucun n'a pris l'ascendant sur son adversaire.
Le deuxième et dernier débat entre les deux candidats à l'élection présidentielle américaine s'est déroulé à Nashville jeudi soir 
Donald Trump a réussi à se contrôler, et Joe Biden à tenir la distance. Le deuxième et dernier débat entre les deux candidats à l'élection présidentielle américaine qui s'est déroulé à Nashville jeudi soir ressemblait presque à un échange normal dans une campagne normale.

D'un calme et d'une retenue inhabituelle, Trump a écouté Biden sans l'interrompre, comme il l'avait fait pendant le premier débat le mois dernier. Il y a sans doute été incité par le nouveau dispositif permettant au modérateur de couper le microphone en cas de dépassement du temps de parole. Le candidat démocrate s'est quant à lui montré plus offensif face à Trump, même si ses propos n'étaient pas toujours d'une grande clarté. Trump s'est la plupart du temps adressé à Biden, en l'appelant par son diminutif, « Joe ». Biden n'a pas prononcé le nom du président, s'adressant plutôt aux spectateurs « les amis ! » (Folks !), et parlant de Trump comme s'il n'était pas là « lui ».
Sur le fond, les échanges entre le président sortant et l'ancien vice-président d'Obama n'ont guère varié depuis leur précédente rencontre. Dès le début, Biden a attaqué Trump sur son bilan face à la pandémie de Covid-19. « 220.000 Américains sont morts et le responsable ne devrait pas être président des États-Unis », a asséné le candidat démocrate.
Fidèle à sa position depuis le début de l'épidémie, Trump a rétorqué que le bilan aurait pu être bien pire (« 2 millions de personnes auraient pu mourir »), qu'on avait « beaucoup appris » sur le virus, qu'un vaccin serait disponible « dans quelques semaines », que l'épidémie était de toute façon mondiale, et qu'elle allait finir par s'en aller. Presque fataliste, Trump a expliqué qu'on ne pouvait pas « fermer le pays », et le président « s'enfermer dans sa cave comme le fait Joe ». Biden lui a répliqué qu'au lieu d'apprendre à vivre avec le virus, « les gens meurent ! », et l'a accusé d'avoir sciemment menti aux Américains depuis le début de la pandémie. « Il savait que le virus était dangereux, mais il ne nous l'a pas dit ».
TRUMP ATTAQUE SUR SES IMPOTS, BIDEN SUR SON FILS
Dès la fin de cet échange, Trump a attaqué Biden en l'accusant, lui et sa famille, de corruption. Depuis la semaine dernière, le tabloïd conservateur New-York Post, affirme avoir découvert un ordinateur ayant appartenu à Hunter Biden, le fils du candidat, rempli de messages compromettants. « Son fils n'avait pas de boulot. Son père est élu Vice-Président et il obtient un siège au conseil d'administration de Burisma », a asséné le président sortant. C'était en faisant pression sur les autorités ukrainiennes pour qu'elles enquêtent sur les activités d'Hunter Biden au sein de cette société gazière que Trump avait fait l'objet l'an dernier d'une procédure de destitution par le Congrès. Joe Biden, qui a toujours refusé d'admettre que les activités de son fils dans diverses sociétés privées étrangères alors qu'il était vice-président d'Obama pouvaient constituer au minimum une source d'interrogations, n'a fait que nier la moindre irrégularité. « Celui qui a quelque chose à se reprocher en Ukraine c'est celui qui a fait pression sur le président ukrainien » a rétorqué Biden, sans se montrer très disert sur ce sujet.
Trump n'a pas fait mieux à propos de ses déclarations d'impôts, qu'il a promis de rendre publiques, comme il le fait depuis quatre ans. Accusé de n'avoir payé que 750 dollars d'impôts au cours des années écoulées, Trump a affirmé qu'il avait payé « en avance » des millions de dollars au trésor américain. Dès qu'il en a eu la possibilité au cours du débat, Trump est revenu à son rôle préféré : celui du candidat venu de la société civile pour dénoncer les politiciens professionnels, comme si l'on était toujours en 2016 et qu'il n'avait pas passé quatre années à la présidence. « Qu'as-tu fait pendant huit ans, Joe ? », a demandé Trump d'un ton doucereux à chaque déclaration du candidat démocrate. « Ces politiciens, que des mots et pas beaucoup d'action ! », a ironisé Trump. « Je me suis présenté à cause de toi, Joe », a aussi dit Trump ; « je ne me serais jamais présenté si Obama et toi avaient fait du bon boulot ».
« Vous savez qui je suis, et vous savez qui il est », a dit Biden en prenant les téléspectateurs à témoin, « c'est l'âme de notre pays qui est en jeu ». « Oh ne joue pas à l'enfant innocent » a ironisé Trump. « Tu es un politicien corrompu ! »
Moins vindicatif que lors du précédent débat, où il avait constamment coupé la parole de son adversaire, Trump a montré qu'il n'avait rien perdu de son mordant, tout en parvenant à se contrôler. Biden s'est révélé capable d'attaquer, mais n'a pas toujours paru très à l'aise dans ses réponses. Les commentateurs américains ont déjà commencé à discuter de qui avait remporté ce débat. Mais l'élection de 2020, qui se déroule dans un contexte inédit de crise sanitaire et économique, ne ressemble pas à un scrutin normal. Les courbes de popularité des deux candidats sont restées depuis des mois d'une stabilité inhabituelle. La plupart des électeurs ont déjà arrêté leur choix, et la prestation plus ou moins réussie de l'un ou l'autre des adversaires ne semble pas devoir changer de façon radicale l'issue du scrutin.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C'EST L'AME DE LA DEMOCRATIE  QUI EST EN JEU 
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« Vous savez qui je suis, et vous savez qui il est », a dit Biden en prenant les téléspectateurs à témoin, « c'est l'âme de notre pays qui est en jeu ». « Oh ne joue pas à l'enfant innocent » a ironisé Trump. « Tu es un politicien corrompu ! »
Et si, au fond, c’était l’âme de la démocratie américaine qui était en jeu ?
Le terne débat, style Muppet Show, entre deux vieillards acariâtres valait certes une nuit blanche. Si j’étais américain je serais catastrophé de constater que mon pays est au bord de l’apoplexie démocratique, sinon de la guerre civile. On se plaît à rêver en pensant aux pères fondateurs des States, ces intellectuels policés  imprégnés de l’esprit des Lumières.  Les Etats Unis sont désormais au mieux une ploutocratie, au pire une pré démocrature trumpienne.
On peut rêver en imaginant ce qui se serait passé si Hilary Clinton avait remporté le scrutin…En fait elle l’a remporté avec un avantage de trois millions de voix sur Trump mais elle fut déforcée par le système électoral  incompréhensible  pour un cerveau européen moyen.
Je n’ose pas imaginer ce qui va se passer après la proclamation des résultats dans un peu plus de dix jours. 
Nous aurions franchement  besoin d’un avatar d’ Alexis comte de Tocqueville ( 1805-1859),philosophe politique, précurseur de la sociologie et homme politique français pour comprendre la grande métamorphose actuelle de la démocratie américaine.
Mais attardons-nous un instant à ce visionnaire lucide en interrogeant wikiédia : Juriste de formation, il devient magistrat en 1827. En 1830, il obtient une mission du ministère pour aller étudier le système pénitentiaire américain, ce qui constitue son passeport pour aller découvrir les États-Unis et comprendre ce qu'il tient pour le meilleur exemple disponible de démocratie. De ce séjour de près d'un an, il tire « De la démocratie en Amérique », une analyse du système démocratique en général (de ses vertus, de ses risques et de sa dynamique) et de son illustration particulière américaine
Début septembre 1836, Alexis de Tocqueville effectue avec son épouse un voyage en Suisse . Ils arrivent à Berne au moment où se réunit la diète fédérale (24 juillet), ce qui lui permet de compléter ses observations sur le fédéralisme. Le 14 janvier 1852, il  adresse pas moins une lettre au « comte de Chambord », lui conseillant de devenir, face au césarisme renaissant, le champion des libertés.
Dans ses Souvenirs, il rappelle le discours qu’il tint devant les députés le 29 janvier 1848 afin de les alerter sur le climat délétère : « Est-ce que vous ne ressentez pas, par une sorte d'intuition instinctive qui ne peut pas s'analyser, mais qui est certaine, que le sol tremble de nouveau en Europe ? Est-ce que vous ne sentez pas... que dirais-je ?... un vent de révolution qui est dans l'air ? 
Bigre ! A la lumière du débat électoral américain ainsi qu’au regard de la dégradation du climat socio politique en France, j’ai moi aussi la conviction que « les mœurs publiques se dégradent ; c'est que la dégradation des mœurs publiques vous amènera dans un temps court, prochain peut-être, à des révolutions nouvelles. »
De toute évidence, la démocratie est dans une formidable impasse, aux States, en Europe, partout. Mais comme dit la sagesse orientale : là où il y a impasse, il y a issue. A nous de la trouver
MG


LA DEMOCRATIE AMERICAINE EN PERIL
ÉDITORIAL Le Monde

La hâte du président Donald Trump pour remplacer la juge Ruth Bader Ginsburg à six semaines de l’élection présidentielle est politiquement indécente et potentiellement dangereuse pour la Cour suprême elle-même.
Quelques jours avant de s’éteindre, vendredi 18 septembre, à l’âge de 87 ans, la juge Ruth Bader Ginsburg avait confié à sa famille que son souhait « le plus fervent » était de ne pas être remplacée à la Cour suprême avant que le futur président des Etats-Unis ait pris ses fonctions à la Maison Blanche, le 20 janvier.
Ce n’était, à vrai dire, un secret pour personne. Nommée par Bill Clinton en 1993, Ruth Bader Ginsburg, la plus progressiste des neuf magistrats de la plus haute juridiction américaine, s’accrochait désespérément à la vie, malgré le cancer du pancréas qui la rongeait, pour tenter de passer le cap de l’élection présidentielle du 3 novembre. Elle espérait, sans aucun doute, la victoire du candidat démocrate.
Mais surtout, en juriste qui avait inlassablement, et avec un immense talent, défendu le respect de la Constitution et l’égalité des droits, elle savait le risque que ferait peser sur les institutions sa disparition dans la période incertaine de la dernière longueur de la campagne électorale, puis de la transition, pendant laquelle, entre l’élection en novembre et l’investiture en janvier, l’administration sortante détient encore le pouvoir.
Donald Trump joue avec le feu
L’occasion, cependant, est trop belle pour Donald Trump. Le président n’a pas attendu vingt-quatre heures pour renier l’hommage à la juge disparue publié, en termes inhabituellement respectueux et modérés, en son nom par la Maison Blanche peu après l’annonce de la mort de cette icône de la gauche.
Alors que Joe Biden, son adversaire démocrate, lui demandait de surseoir à la nomination du successeur de Ruth Bader Ginsburg jusqu’à ce que le président élu et le Sénat partiellement renouvelé soient en place, M. Trump a tweeté que cette procédure devait, au contraire, être menée à bien « sans délai ».
Il ne s’est pas caché non plus de vouloir en faire un argument électoral : il choisira une femme, a-t-il annoncé, au moment où les intentions de vote de l’électorat féminin se portent majoritairement sur la candidature de Joe Biden. 
Le président joue avec le feu. Son empressement à remplacer la juge Bader Ginsburg n’est pas seulement politiquement indécent, puisque le sénateur Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, avait lui-même bloqué en 2016 la nomination d’un juge par le président Barack Obama, à huit mois de l’élection présidentielle, au motif que la proximité de l’échéance électorale ne le permettait pas. Il est aussi dangereux pour la légitimité de la Cour suprême, pilier de la démocratie aux Etats-Unis.
Une Cour suprême de plus en plus politisée
M. Trump a déjà nommé deux juges à la Cour suprême – dont l’un grâce à l’opération d’obstruction dirigée par le sénateur McConnell en 2016. Il a, parallèlement, très activement renouvelé l’appareil judiciaire en nommant dans les juridictions fédérales, notamment d’appel, des magistrats conservateurs. Tenter de passer en force pour faire confirmer par le Sénat actuel un troisième juge de son choix dans une Cour suprême de plus en plus politisée placerait celle-ci en porte-à-faux, si l’élection du 3 novembre se soldait par une victoire démocrate à la Maison Blanche et au Sénat.
Les juges de la Cour suprême ont, certes, su faire preuve de sagesse et d’indépendance par le passé, y compris à l’ère Trump. Mais, à la veille d’une élection qui s’annonce techniquement chaotique en raison de la pandémie, cette nouvelle secousse ne peut que fragiliser un peu plus la démocratie américaine.


jeudi 22 octobre 2020

Il faut aider les enseignants. Philippe MeirieuFrance Culture (extraits)


L'Education nationale tente de le faire à travers des documents, des séquences pédagogiques. Mais je crois que la formation initiale et la formation continue dans ce domaine restent extrêmement insuffisantes. L'éducation morale et civique qui est dans les programmes doit être accompagnée. Tous les professeurs doivent être accompagnés et surtout, tous les professeurs doivent se sentir concernés, pas seulement les professeurs d'histoire. Parce que dès l'école maternelle, dès l'école primaire, le travail sur le langage dans toutes les disciplines, en mathématiques, en français, mais aussi le travail en lycée professionnel, en mécanique ou autre chose, toutes les disciplines sont des occasions d'apprendre à parler juste, d'apprendre à balayer les préjugés, d'apprendre à être précis, rigoureux, respectueux aussi dans la prise de parole. Tout cela construit une ambiance et une citoyenneté. C'est long, c'est compliqué, c'est difficile. Mais je crois que c'est un chantier qui est devant nous et qui est éminemment nécessaire. 
Il est important de rappeler qu'il n'y a pas qu'en histoire-géo que l'on peut avoir de la contestation de la part de certains élèves. Cela existe aussi en sciences et vie de la Terre et cela existe en français. Il y a un certain nombre de collègues enseignant en français qui, quand ils proposent un poème de Baudelaire, se voient opposer des résistances et voient des parents venir à la charge.
L'école publique française est une école où les parents ne légifèrent pas sur l'enseignement. L'enseignement, c'est le bien commun, les finalités de la République. Et il faut aider les enseignants à être à la fois accueillants et fermes à l'égard des parents et en même temps à trouver, avec les élèves, les voies qui peuvent permettre de les convaincre sans les humilier. Parce que beaucoup d'enfants font une identification, c'est vrai. Beaucoup d'adolescents font une identification avec certaines théories islamistes radicales, certaines théories du complot et ils peuvent vivre certains enseignements comme les détruisant en quelque sorte, comme les niant. Il faut leur donner la possibilité d'entendre que des connaissances peuvent venir entrer en dialogue dialectique avec leurs convictions sans que cela les humilie. C'est une tâche pédagogique extrêmement complexe et à laquelle nous devons nous attacher pour aider tous les enseignants. 
Au delà de la formation, de l'accompagnement des enseignants, il existe aussi le phénomène d'autocensure. Beaucoup d'entre eux, notamment en zone d'éducation prioritaire parfois, ont peur. Ils préfèrent volontairement éviter certains aspects de l'enseignement civique parce que, justement, ils ont peur d'avoir des débats non contrôlés dans la classe. 
Il faut absolument éviter cette autocensure. Il faut que les enseignants acceptent d'introduire des documents qui peuvent, à certains moments, dégager un débat. Mais il faut qu'on les aide aussi à structurer un débat. Un débat n'est pas quelque chose qui s'improvise. Un débat se prépare, en donnant le sujet quelques jours à l'avance, en permettant aux élèves d'y réfléchir et d'en discuter, en organisant un tour de parole où chacun respecte l'autre. La technique du débat est quelque chose de complexe, nous le savons bien. Nos représentants du peuple le savent bien. Et on ne peut pas imaginer qu'un débat serein se passe dans une classe sans que cela ait été minutieusement préparé sur le plan pédagogique. Lancer comme cela une question et laisser parler des élèves sans régulation, c'est évidemment prendre tous les risques. C'est comme faire une opération à cœur ouvert dans un grenier poussiéreux. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« SAMUEL PATY EST DEVENU VENDREDI LE VISAGE DE LA REPUBLIQUE, DE NOTRE VOLONTE DE BRISER LES TERRORISTES.
NOUS DEFENDRONS LA LIBERTE QUE VOUS ENSEIGNEZ SI BIEN ET NOUS PORTERONS HAUT LA LAÏCITE. NOUS NE RENONCERONS PAS AUX CARICATURES, AUX DESSINS.
NOUS RAPPELLERONS QUE NOS LIBERTES NE TIENNENT QUE PAR LA FIN DE LA HAINE ET DE LA VIOLENCE, PAR LE RESPECT DE L'AUTRE. » 
« EN FRANCE, LES LUMIERES NE S’ETEIGNENT JAMAIS »E.M.

PHILIPPE MEIRIEU ECRIT ENCORE CECI :
 "Il faut dire clairement aux familles qu'elles n'ont pas de pouvoir sur les contenus et les méthodes.
Les contestations d'un cours de Samuel Paty sont au cœur de l'enquête sur ce qui a abouti à la décapitation de l'enseignant. 
Il y a des tensions dans un certain nombre d'établissements scolaires, des tensions entre des familles, des enseignants et l'institution scolaire. Et ces tensions sont répercutées assez massivement sur les réseaux sociaux qui servent de caisse de résonance et qui peuvent entraîner certains à des gestes aussi effroyables et barbares que celui auquel nous avons assisté.  
Ces tensions existent malheureusement encore plus en zone d'éducation prioritaire où, on le sait, certains sujets sont compliqués à aborder. 
Il faut les entendre, les accueillir, mais il faut être ferme. Et il faut être ferme sur le projet de l'école de la République et sur le fait que l'école de la République n'est pas au service des familles et a fortiori de l'idéologie des familles. »  « Dans l’école, nous devons donner les moyens aux enseignants en première ligne. Il faut arrêter de [les] livrer désarmés à des organisations déterminées et outillées pour attaquer la République.
JEAN-MICHEL BLANQUER, MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE DECLARE :
«l'islamo-gauchisme fait des ravages» et mène évidemment au pire .  Lundi à Toulouse, une élève a insulté et menacé une professeur alors que cette dernière évoquait la question du voile dans un cours d'éducation civique sur l'égalité entre les femmes et les hommes. «Ce n'est pas un fait isolé. Le système de signalement que nous avons mis sur pied nous a permis d'en recenser un peu plus de 900 de ce type sur la dernière année scolaire»
 «C'est un phénomène de société. L'institution scolaire doit avoir des réactions à la hauteur, ce qui se passe la plupart du temps mais pas toujours. C'est pour ça qu'on doit s'y attaquer»
BRIGITTE MACRON ECRIT
"Être prof, c’est transmettre et anticiper, préparer les cours avec une attention particulière parce que chaque leçon est importante […] c’est repérer une lueur que l’on a pu allumer dans les yeux des élèves […] c’est développer leur esprit critique pour les rendre libres. Tout cela, Samuel, vous le saviez, et mieux encore, vous l’incarniez."

EMMANUEL MACRON DECLARE DEVANT LA SORBONNE :
« Samuel Paty incarnait ce professeur dont rêvait Jaurès, Celui qui donne à voir ce qu’est la civilisation, celui qui s’était donné pour tâche de faire des républicains. » 
 « Nous avons tous, ancré dans nos cœurs, dans nos mémoires le souvenir d'un professeur qui a changé le cours de notre existence. Vous savez, cet instituteur qui nous a appris à lire, à compter, à nous faire confiance. Cet enseignant qui ne nous a pas seulement un savoir, mais nous a ouvert un chemin »
 « Samuel Paty était de ceux-là, de ses professeurs que l'on n'oublie pas, de ces passionnés capables de passer des nuits à apprendre l'histoire, un professeur qui se remettait mille fois en question, comme pour un cours sur la liberté d'expression et la liberté de conscience qu'il préparait depuis juillet
: « Samuel Paty incarnait au fond le professeur dont rêvait Jaurès : la fermeté unie à la tendresse, celui qui montre la grandeur de la pensée, enseigne le respect. »
« Samuel Paty aimait les livres, le savoir plus que tout. Son appartement était une bibliothèque. Ses plus beaux cadeaux étaient des livres pour apprendre. Il aimait les livres pour transmettre à ses élèves comme à ses proches la passion de la connaissance, le goût de la liberté. »

UN MUSULMAN ECLAIRE M’ECRIT :
« Quelles ont les différences fondamentales entre un musulman et un islamiste ?
Le musulman croit que Dieu le protège, l’islamiste croit que c’est lui qui protège Dieu.
Le musulman est préoccupé par sa foi, l’islamiste est préoccupé par la foi des autres.
Avant de prendre une décision, le musulman consulte son cœur, l’islamiste consulte son parti.
Le musulman veut être sûr d'aller au Paradis, l’islamiste veut être sûr que les autres iront en enfer.
Quand un musulman ne veut pas faire quelque chose, il ne le fait pas, quand l’islamiste ne veut pas faire quelque chose, il interdit aux autres de le faire. »

UN AUTRE MUSULMAN SURENCHERIT :
 « Les musulmans ne lisent pas le Coran, les enseignants ne lisent pas le Coran (il se dit que Samuel Paty l’aurait lu), aucun homme politique français ou européen n’a lu le Coran,( sauf peut-être Chevènement) ! Faisons lire le Coran à tout ce beau monde et on finira par se rendre compte qu’il est un défenseur, le Rappel éthique universel.
« Or ce n’est rien moins qu’un Rappel lancé aux univers. » (LXVIII, 52) Le Coran est mérite de figurer dans la bibliothèque de l’honnête homme ! » 

Quand se décidera-ton enfin à promouvoir un islam européen dans le respect des principes et des valeurs à la fois de la constitution belge, des droits humains et de l’éthique coranique !
Cette éthique se trouve résumée en deux versets coranique fondamentaux :
« Agis bellement. N'aspire pas à faire dégât sur la terre. Dieu n'aime pas les fauteurs de dégât » (XXVIII, 77)
« bel-agir trouverait-il récompense autre que bel-agir ? » (LV, 60)
À cette fin il conviendrait de  
S’efforcer de vivre en respectant la Constitution belge, et le pays d'origine en s’efforçant de concilier nos multiples identités.
Stimuler le dialogue interculturel, l’amour du Bien (bel-agir) et du prochain, générateur d’indulgence, de tolérance et de respect.
Promouvoir l’esprit critique en combattant les idées sournoises et la radicalisation des esprits.
Adapter l’Islam, religion qui a vocation universelle, aux conditions du monde contemporain.  
Promouvoir une lecture du Coran et un enseignement de celui-ci idéalement dans une traduction de qualité. Utiliser à cette fin celle de Jacques Berque qui est la meilleure en français. Quant à l’apprentissage de la langue arabe, il doit se faire par des enseignants diplômés et compétents.
« Lis », un impératif branché sur la conquête du savoir, est la première injonction du Coran ! 
Donner la priorité à des enseignants, des directeurs de mosquées et des imams compétents et formés de préférence en Belgique, dès que cela sera possible !  
Privilégier les prêches bilingues (arabe/français et arabe/néerlandais). 
Considérer que l’Islam qui est enseigné, ne peut être qu’un Islam contemporain, c’est-à-dire un Islam tourné vers son avenir et non pas continuellement rattaché à une forme de son passé selon le très beau hadith du Prophète : « Prends le Coran comme s’il t’était révélé à toi-même ! ».
Chercher des solutions adaptées à la société moderne selon le principe coranique de « choura » (la concertation mutuelle). 
L’Islam européen ne peut se concevoir qu’en tant que religion affranchie de toute servitude et tourné exclusivement vers l’éthique coranique de la Voie de Rectitude et de l’Agir bellement (ihsân). 
Le Coran est intransigeant avec l’éthique : « Dieu S’assigne à Lui-même la miséricorde », autrement dit, l’éthique (VI, 54) 
Considérer que l’Islam est une religion laïque de par son absence de clergé et qu’il prône l’altérité et la reconnaissance entre tous les humains selon le verset coranique : « Humains, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c'est en vue de votre connaissance mutuelle. (XLIX, 13)     
Promouvoir un Islam démocratique qui puisse offrir au plus grand nombre de jeunes garçons comme de jeunes filles un accès à une interprétation d’une grande acuité du texte coranique, d’où l’absolue nécessité pour les formateurs d’une formation coranique solide et d’une maîtrise parfaite du français, du néerlandais et de l’arabe coranique ! 
Proposer une lecture vivante et instruite du texte coranique. 
Combattre les lectures réductrices et intolérantes, à contre-Coran qu’on en fait trop souvent. 
Combattre toute forme de racisme, de haine religieuse et d’obscurantisme.
Jeter les bases d’une conception contemporaine, humaniste et universelle du Coran.
Combattre le phénomène de radicalisation par une lecture éthique du Coran, la seule qui soit authentique car revendiquée par le texte fondateur de l’Islam.
Détacher le texte fondateur de l’Islam des interprétations par trop dogmatiques en s’assignant prioritairement l’étude éclairée du Coran qui nécessite absolument une formation adéquate et de qualité avec, il faut y insister, la parfaite maîtrise des langues officielles belges, le français, le néerlandais sans oublier l’arabe coranique !  
La notion pivot permettant de comprendre la vision coranique des relations entre hommes et femmes est celle de la complémentarité. 
« Elles sont des vêtements pour vous et vous des vêtements pour elles » (II, 187) 
On évitera une lecture non contextualisée qui conduit à instaurer des inégalités entre les hommes et les femmes.
Tous les êtres humains, hommes et femmes, musulmans ou non, sont égaux devant Dieu par leurs qualités humaines. 
« Humains, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c'est en vue de votre connaissance mutuelle.» (XLIX, 13)     
Les notions d’égalité de droits entre les hommes et les femmes sont compatibles avec le Coran tout comme celle de l’Etat de droit.
L’acquisition du savoir est bien un devoir coranique. Le Prophète a dit : « La connaissance d’une chose, quelle qu’elle soit, est préférable à son ignorance », « Cherchez la science du berceau au tombeau, fût-ce jusqu’en Chine », « L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs », a fortiori infiniment préférable à la folie meurtrière des kamikazes terroristes ! Quant au Coran, il exhorte avant tout à réfléchir. "Mon édification se réduit à l’Unique : vous dire de vous redresser pour Dieu, avec autrui ou individuellement, et surtout de réfléchir" (XXXIV, 46). Surtout avant "d’agir en forcené sur la terre, plutôt qu’en conciliateur" (XXVIII, 19).
Il s’agit de condamner toute forme de violence et d’intimidation envers qui que ce soit et en particulier lorsque cette violence est commise au nom du Coran, lequel prône avec une très grande force l’Agir Bellement en faveur du Bien, de la Rectitude et condamne sans réserve ceux qui choisissent l’égarement par la violence.
MG 


JEAN-ÉRIC SCHOETTL: «TERRORISME, ISLAMISME, IMMIGRATION: UN DROIT HERMETIQUE A LA VOLONTE POPULAIRE?»

Figaro
L’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel décrit les obstacles juridiques qui affaiblissent, voire paralysent, la lutte contre l’islamisme.
Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, conseiller d’État honoraire. 
Chacun le sent: les déclarations générales ne suffisent plus. C’est à l’aune des actes, de leur caractère effectif ou avorté, que les Français porteront une appréciation sur le sérieux de la réponse des pouvoirs publics à l’assassinat sauvage de Samuel Paty et au grave danger mis en lumière par cet attentat. Ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, Jean-Éric Schoettl, conseiller d’État honoraire, explique avec clarté et précision le cadre juridique très strict qui limite la capacité d’agir de l’État et même, selon lui, la paralyse. Et il préconise des solutions à la hauteur du péril.

mercredi 21 octobre 2020

MORT DE SAMUEL PATY : NOUS N’AVONS PLUS LE DROIT DE NOUS COUCHER


ÉDITORIAL
PAR NATACHA POLONY Marianne 

"Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Il faut vraiment faire bloc. Enfin cesser de nous laisser intimider par ceux qui veulent nous imposer l’infamant stigmate du racisme ou de l’islamophobie. Affirmer fièrement que la France est cet unique pays où les religions n’imposent pas leur susceptibilité et que nous nous battrons pour préserver cet îlot de liberté qui sauve les non-croyants, mais aussi les croyants, de l’enfermement dans une communauté".
Arrêtons ! Arrêtons avec les « ils ne passeront pas », les « nous ferons bloc »… ! Arrêtons de nous payer de mots ! Voilà bientôt vingt ans qu’il n’y a plus de bloc et que l’obscurantisme, la bigoterie, la barbarie moyenâgeuse s’infiltrent par toutes les fissures. Les Territoires perdus de la République. Le livre a été publié en 2002. L’année de naissance de l’assassin de Samuel Paty. Et quand ce livre est sorti, ses auteurs ont été traités de racistes, accusés de monter en épingle des faits mineurs, sans importance… Et, ces dernières semaines encore, les accusations de racisme et d’islamophobie tentaient de réduire au silence ou d’assimiler à l’extrême droite identitaire ceux qui entendaient défendre notre conception française de la liberté de conscience.
 
Tout le problème est bien que, depuis vingt ans, nous ne faisons pas bloc. Un professeur fait un cours sur la liberté d’expression, il prend même, parce qu’il est tout sauf un provocateur, des précautions vis-à-vis des élèves qui pourraient être bousculés dans leurs convictions, et une part de sa hiérarchie considère en coulisse qu’il est « islamophobe » et préfère s’émouvoir de la plainte d’un pseudo-imam activiste fricotant avec l’extrême droite en même temps qu’avec les comités anti-islamophobie qu’affectionne l’extrême gauche. Voilà qui en dit long sur notre défaite. Samuel Paty n’est pas le seul. Combien d’autres ont subi le harcèlement de militants parfaitement organisés et se sont retrouvés isolés, montrés du doigt, menacés. Fallait-il cette horreur pour qu’enfin nous cessions de regarder ailleurs ?
RESPONSABILITÉS
Il y aura bien sûr l’enquête, qui doit déterminer comment s’enchaînent les faits, depuis la cabale contre ce professeur jusqu’à l’entrée en scène d’un jeune Tchétchène accueilli avec ses parents au titre du droit d’asile. Mais une chose est sûre : ceux qui ont orchestré cette chasse à l’homme à coups de vidéos sur YouTube savaient très bien ce qu’ils faisaient. Ils ne sont pas « séparatistes », ils ne cherchent pas à s’extraire des lois de la République. Ils entendent imposer leur loi à la République et à l’ensemble des citoyens de ce pays. Et ils ne peuvent s’y employer que parce que nous avons reculé devant chacune de leurs attaques.
"
Ce n’est pas un hasard si ces gens s’en sont pris à un professeur. Au départ, il y avait eu des dessinateurs, parce que la puissance transgressive du rire, le vrai, celui qui vise le sacré, fait peur à tous les bigots et à tous les adeptes du totalitarisme religieux. Désormais, ils s’en prennent à l’école, parce qu’elle est l’outil de l’émancipation, de cette autre puissance incommensurable qu’est le savoir. Ce que ces gens détestent, c’est le cœur même du projet républicain : des hommes libres, que les savoirs universels dispensés par l’école ont délivrés des superstitions et des déterminismes, et qui s’assemblent en une communauté politique pour décider de leur destin. Ces gens veulent la bêtise, la peur et la soumission, pour contrôler leur « communauté » et étendre leur emprise. Et tout renoncement à la raison, toute concession faite à l’obscurantisme, toute fragilisation de la transmission des savoirs par l’école fut un tapis déroulé sous leurs pieds, une arme généreusement mise entre leurs mains.
DÉNI DES UNS, LÂCHETÉ DES AUTRES
Car ces gens progressent grâce au déni des uns, à la lâcheté des autres, à l’isolement de ceux qui résistent. Ils progressent par l’inversion de la culpabilité. Ainsi de Samuel Paty. « Mais finalement, n’a-t-il pas eu tort de montrer ces caricatures ? » Toujours la rhétorique de l’huile sur le feu. Certains en ont inventé une variante en exhumant la « Lettre aux instituteurs » de Jules Ferry, datée de 1883, dans laquelle le ministre demandait aux hussards noirs de « ne rien dire qui puisse choquer un père de famille ». Il leur enjoignait d’être particulièrement prudents en matière de religion. Il avait raison. Pour ne pas détourner certains parents de l’école républicaine. Pour gagner leur confiance. Faut-il y voir une invitation, aujourd’hui, à ne surtout pas aborder les sujets qui fâchent ? À ménager les susceptibilités ? Mais jusqu’où ? La phrase de Jules Ferry est celle-ci : « Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. » Le père auteur de la vidéo a-t-il quoi que ce soit à voir avec un « honnête homme » ? Jules Ferry édictait ces préceptes à un moment où la religion catholique était en recul. Il savait que la République avait gagné. Cette phrase est celle du vainqueur magnanime qui veut apaiser la société. Nous en sommes aux antipodes. La raison perd chaque jour du terrain. Et ceux qui se sentent « froissés » par un cours sur la liberté d’expression se sentiront bientôt « froissés » par un cours de sciences sur le Système solaire.
Car nous sommes pris entre deux feux. D’un côté, une religion qui, partout dans le monde, se replie sur sa dimension la plus littérale et la plus archaïque, et, de l’autre, une globalisation culturelle qui impose contre notre histoire et notre organisation politique une organisation en communautés venue des États-Unis. Il n’est besoin que de lire la presse anglo-saxonne pour comprendre que la France est l’objet d’une déstabilisation volontaire. Le New York Times ou le Washington Post en les accusant de racisme dans des articles à la résonance internationale, met une cible dans le dos de ceux qui entendent faire perdurer la laïcité à la française.
"Et tous, islamistes cyniques et fanatiques ou gentils adeptes du racisme compassionnel et du « il faut comprendre, c’est leur culture », ont une alliée de poids : la bêtise crasse."
Les activistes et associations qui organisent depuis des années des campagnes de harcèlement juridique contre des journalistes ou contre des professeurs ont très bien compris comment utiliser notre État de droit pour détruire peu à peu nos libertés. Une stratégie, celle des Frères musulmans, dont l’attitude des parents d’élèves du collège de Samuel Paty est un exemple chimiquement pur. Mais cette stratégie ne peut marcher que parce que des gens bien intentionnés confondent volontairement musulmans et islamistes pour jouer les grandes consciences en lutte contre le racisme. Elle ne peut marcher que parce que depuis des années la laïcité est combattue à la fois par les bigots archaïques et par les anti-universalistes contemporains.
UNE ALLIÉE DE POIDS : LA BÊTISE CRASSE
Et tous, islamistes cyniques et fanatiques ou gentils adeptes du racisme compassionnel et du « il faut comprendre, c’est leur culture », ont une alliée de poids : la bêtise crasse. Or la bêtise progresse. Ce n’est pas un hasard si les adeptes des accommodements avec les religions sont les mêmes qui ont consciencieusement détruit toute possibilité pour l’école de transmettre des savoirs. Ce sont les mêmes qui ont fait de l’école ce lieu où l’on organise des « débats citoyens » dans lesquels la parole du professeur est une opinion parmi d’autres. Ce sont les mêmes qui ont aboli la structure et la progressivité des programmes et des méthodes qui permettaient à l’école de développer chez les élèves la logique et la rigueur. Aujourd’hui, une part croissante de la jeunesse ne comprend pas la différence entre la laïcité à la française et la tolérance anglo-saxonne, fondement des sociétés communautaristes. Aujourd’hui, la moitié des jeunes musulmans place les règles de l’islam au-dessus des lois de la République. Tel est le résultat d’une école qui n’apprend plus à distinguer croyance et vérité scientifique, opinion et savoir.
"Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Quoi, on va expulser des étrangers radicalisés ? Très bien. Pourquoi maintenant ? Étaient-ils moins dangereux il y a quinze jours ?"
Nous avons accueilli sur notre sol des gens dont les convictions et le mode de pensée sont aux antipodes de ceux que nous avons hérités de l’humanisme et des Lumières, tout en nous privant de l’outil qui nous permettait de transmettre à leurs enfants cet héritage. Pis, certains ont théorisé le fait que nous n’avions pas à transmettre cet héritage au motif qu’il ne serait pas le leur, que l’imposer serait colonialiste. Nous avons donc fait en sorte que des Français ne se sentent aucunement citoyens de la République française. Nous le payons aujourd’hui.
NOUS N’AVONS PLUS LE DROIT DE NOUS COUCHER
Nous n’avons plus le droit de nous coucher. Mais quelques annonces gouvernementales ne suffiront pas. Quoi, on va expulser des étrangers radicalisés ? Très bien. Pourquoi maintenant ? Étaient-ils moins dangereux il y a quinze jours ? L’enjeu, désormais, est de reprendre la main. D’abord, en n’ayant plus le moindre complexe à expulser de notre territoire les étrangers qui enfreindraient nos lois ou n’accepteraient pas nos principes. Ensuite, en utilisant réellement notre arsenal juridique pour réduire au silence les activistes qui répandent depuis des décennies leur idéologie auprès de nos concitoyens musulmans. Encore faut-il que les juges soient convaincus de leur rôle dans cette offensive. Tout comme il faut que chaque administration, en premier lieu celle de l’Éducation nationale, le soit. C’est un travail à long terme. Les professeurs lucides le disent : leurs pires censeurs sont dans les rectorats… ou parmi leurs collègues.
"RELEVONS-NOUS POUR QUE PLUS JAMAIS UN PROFESSEUR N’AIT PEUR D’ABORDER UN SUJET DANS SA CLASSE."
Nous réarmer, c’est aussi ne pas laisser aux religions le monopole du discours sur la religion. C’est imposer le savoir à côté de la croyance. L’année 2002 est aussi l’année du rapport de Régis Debray sur l’enseignement du fait religieux. Il y prônait une formation des professeurs. Elle est essentielle. Parce que enseigner la lente élaboration du texte du Coran, qui court sur deux siècles, est la meilleure manière d’expliquer aux élèves qu’ils peuvent le croire incréé mais savoir qu’il est une construction humaine.
RELEVONS-NOUS
Mais nous réarmer, c’est, en effet, faire bloc. Enfin faire bloc. Enfin cesser de nous laisser intimider par ceux qui veulent nous imposer l’infamant stigmate du racisme ou de l’islamophobie. Affirmer fièrement que la France est cet unique pays où les religions n’imposent pas leur susceptibilité et que nous nous battrons pour préserver cet îlot de liberté qui sauve les non-croyants, mais aussi les croyants, de l’enfermement dans une communauté.
Relevons-nous pour que plus jamais un professeur n’ait peur d’aborder un sujet dans sa classe, pour que plus jamais un jeune Français ne soit jeté dans les bras des intégristes et livré à l’ignorance, pour que plus jamais des gens qui détestent ce que nous sommes ne nous empêchent de transmettre l’humanisme, les Lumières, le rire désacralisant de Rabelais, la lucidité pleine de doute de Montaigne, la révolte de Voltaire contre le délire intégriste. De les transmettre à tous les futurs citoyens, quelles que soient leur origine et leur religion.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« DESORMAIS, ILS S’EN PRENNENT A L’ECOLE, PARCE QU’ELLE EST L’OUTIL DE L’EMANCIPATION, DE CETTE AUTRE PUISSANCE INCOMMENSURABLE QU’EST LE SAVOIR."

 « Relevons-nous pour que plus jamais un professeur n’ait peur d’aborder un sujet dans sa classe, pour que plus jamais un jeune Français ne soit jeté dans les bras des intégristes et livré à l’ignorance, pour que plus jamais des gens qui détestent ce que nous sommes ne nous empêchent de transmettre l’humanisme, les Lumières, le rire désacralisant de Rabelais, la lucidité pleine de doute de Montaigne, la révolte de Voltaire contre le délire intégriste. De les transmettre à tous les futurs citoyens, quelles que soient leur origine et leur religion. »
Je ne commenterai pas, par respect et par adhésion sans réserve.
 J’apprécie beaucoup Natacha Polony, et cette fois particulièrement: Samuel Paty est "mort d'avoir été laissé seul"
MG



GENERAL PIERRE DE VILLIERS: «C’EST UNE ATTAQUE A L’EXISTENCE MEME DE NOTRE NATION, DE NOTRE CIVILISATION»

FIGAROVOX/TRIBUNE - Après la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie de 47 ans, assassiné par un islamiste, le général Pierre de Villiers appelle le gouvernement à passer des déclarations aux actes. Il propose notamment de fermer les mosquées islamistes, d’expulser les imams radicaux et de reprendre le contrôle de nos frontières nationales.
Par Alexandre Devecchio
Figaro
Les faits sont têtus et la décapitation de ce professeur à Conflans Sainte Honorine constitue une étape de plus dans le délitement de notre pays. Qu’un professeur puisse être ainsi exécuté de sang-froid à la sortie de son collège, sur notre territoire, au titre de l’Islam n’est pas seulement un assassinat ; c’est une attaque à l’existence même de notre nation, de notre civilisation.
Permettez-moi d’abord de penser à sa famille, à ses proches, à ses collègues, à ses élèves, à toutes celles et ceux qui connaissaient et appréciaient ce professeur d’histoire géographie. La nouvelle est terrible et la peine inconsolable. Je sais par expérience combien il est difficile d’affronter la mort quand elle nous frappe aussi brutalement, aussi sauvagement.
Permettez-moi aussi d’encourager tous nos enseignants, où qu’ils soient. Ils portent en eux l’avenir de notre jeunesse, de notre pays. En aucun cas, nous ne devons céder à cette intimidation barbare. La peur est mauvaise conseillère.
Il est temps de fermer toutes les salles de prières islamistes. Nous savons très bien où elles se situent, pour l’essentiel dans des cités, où un accord tacite règne entre les salafistes et les caïds.
L’heure est venue de corréler les paroles et les actes. Combien de lois, de décrets, de déclarations ont été prononcées depuis le 7 janvier 2015, date de la tuerie à Charlie Hebdo. Combien de plans ont été annoncés à grand renfort d’éléments de langage et de phases de communication. Seule la force fait reculer la violence. Le combat sera long. Encore faut-il le mener en acte. L’urgence est à l’action et non plus aux déclarations.
Il est temps de fermer toutes les salles de prières islamistes non officielles et radicales. Je pèse mes mots: nous savons très bien où elles se situent, pour l’essentiel dans des cités, où un accord tacite règne entre les salafistes et les caïds. Mon expérience dans les banlieues me le confirme. Nous ne pouvons pas laisser tomber ceux qui continuent à se battre pour aider ces populations dans leur grande majorité de bonne volonté.
Il est temps de renvoyer dans leur pays d’origine sans délai les imams radicaux, qui prêchent chaque vendredi des propos inacceptables et provocateurs, haïssant la France et endoctrinant une partie de leurs fidèles. Jusqu’à quand va-t-on supporter cela plus longtemps, avant que la population française elle-même ne cherche à se faire justice? Le mouvement de reconduite de ces radicaux est engagé, trop timidement et partiellement. Il faut assumer les risques.
Il est temps d’aider la communauté musulmane de France à former les imams, comme cela se fait d’ailleurs dans certains pays. La Mauritanie est un exemple. Elle a réussi ainsi à contenir le terrorisme. Il faut accélérer les initiatives déjà prises en ce sens sur notre territoire.
L’Islam de France doit aussi prendre ses responsabilités face à ce fléau du terrorisme au nom de cette religion. Il appartient aux pouvoirs publics de le lui rappeler à temps et à contre temps. On ne peut pas continuer comme cela. Seule l’inaction est infamante.
Il est temps aussi de mettre notre politique étrangère en cohérence avec cette menace mondiale dont on voit bien qu’elle est soutenue, financée et organisée par certains Etats bienveillants à l’égard des mouvements terroristes, dans leur diversité à la fois géographique et idéologique.
 Cette guerre est mondiale et la France a une voix particulière à faire entendre, bien au-delà de ses seuls intérêts économiques ou financiers.
Il est temps aussi de comprendre que le premier devoir d’un Etat est de protéger ses concitoyens, en donnant à celles et ceux qui en ont la charge les moyens de leur mission. Je pense en particulier aux services de renseignements, aux forces de sécurité, à tous ceux qui de près ou de loin participent à l’éducation de notre jeunesse.
IL EST TEMPS ENFIN DE MAITRISER NOTRE DESTIN, FACE AUX PHENOMENES MONDIAUX DE MIGRATIONS MASSIVES AUXQUELS NOUS SOMMES CONFRONTES.
Il est temps enfin de maîtriser notre destin, face aux phénomènes mondiaux de migrations massives auxquels nous sommes confrontés. L’Europe a sûrement une responsabilité majeure à remplir. Mais nul n’est mieux protégé que par soi-même. Nous ne pouvons pas continuer à accueillir sur notre territoire «toute la misère du monde», première proie pour les islamistes radicaux. Nous devons revoir l’utilisation de nos frontières.
Pendant mes dix dernières années dans les armées, j’ai, à ma place, participer au combat contre le terrorisme islamiste, cette idéologie qui prône la barbarie, car cette dernière n’est pas un moyen mais une fin. Nos soldats, marins et aviateurs contribuent à cette défense de l’avant, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Ils méritent aussi d’en être remerciés. Cette guerre est mondiale. Elle vise la France prioritairement. Plus que jamais, nous devons retrouver notre unité et nous réconcilier, au-delà de nos diversités. L’amour de la France est notre espérance.


COMMENTAURE DE DIVERCITY
 «C’EST UNE ATTAQUE A L’EXISTENCE MEME DE NOTRE NATION, DE NOTRE CIVILISATION»

Il est singulier de se trouver soudain d’accord avec un général, aristocrate de surcroit et père de six enfants, donc hyper catho j’imagine. Voyons cela point par point.
«c’est une attaque a l’existence même de notre nation, de notre civilisation»
Huntington se marre dans sa tombe
« Il est temps de fermer toutes les salles de prières islamistes. Nous savons très bien où elles se situent, pour l’essentiel dans des cités, où un accord tacite règne entre les salafistes et les caïds. »
Cela aurait dû être fait depuis longtemps mais ne l’a pas été en raison de la crainte d’une levée de boucliers contre « l’islamophobie »
« L’heure est venue de corréler les paroles et les actes. »
Toute la classe politique le dit et l’opinion publique l’exige 
« Seule la force fait reculer la violence. Le combat sera long. Encore faut-il le mener en acte. L’urgence est à l’action et non plus aux déclarations. »
La force seule ne résoudra rien. L’école est une « arme » plus puissante que la force mais c’est précisément elle qui a été symboliquement décapitée par la main islamiste.
« Il est temps de renvoyer dans leur pays d’origine sans délai les imams radicaux, qui prêchent chaque vendredi des propos inacceptables et provocateurs, haïssant la France et endoctrinant une partie de leurs fidèles. »
Tout le monde est d’accord sur ce point sauf l’extrême gauche qui fait beaucoup de bruit à ce niveau dans les medias. Le mystère c’est pourquoi ces éjectables ne sont pas éjectés.

 « Jusqu’à quand va-t-on supporter cela plus longtemps, avant que la population française elle-même ne cherche à se faire justice? »
Attention ! Ceci est tendancieux et peut se lire comme un incitation à la désobéissance civile. Surprenant pour un général.  
« Il est temps d’aider la communauté musulmane de France à former les imams, comme cela se fait d’ailleurs dans certains pays.   
L’Islam de France doit aussi prendre ses responsabilités face à ce fléau du terrorisme au nom de cette religion. »
Ce n’est pas faux ; nous avons défendu cette thèse à maintes reprises.
 « Seule l’inaction est infamante. Il est temps aussi de comprendre que le premier devoir d’un Etat est de protéger ses concitoyens, en donnant à celles et ceux qui en ont la charge les moyens de leur mission. »
C’est un argument fort. L’Etat se doit de protéger ses citoyens avant toute autre chose pas à insuffler la peur : « la peur va changer de camp dit Macron » Parole malheureuse. Le Président de la République n’est pas là pour insuffler la peur mais pour protéger la population.
 « Il est temps enfin de maîtriser notre destin, face aux phénomènes mondiaux de migrations massives auxquels nous sommes confrontés. »
Nous ne pouvons pas continuer à accueillir sur notre territoire «toute la misère du monde, première proie pour les islamistes radicaux. Nous devons revoir l’utilisation de nos frontières. »
Marine Le Pen se pâme et Huntington sourit à nouveau dans sa tombe. C’est à mon sens un autre débat.
« Plus que jamais, nous devons retrouver notre unité et nous réconcilier, au-delà de nos diversités. L’amour de la France est notre espérance. »
Pain bénit pour le RN
 « Pendant mes dix dernières années dans les armées, j’ai, à ma place, participé au combat contre le terrorisme islamiste, cette idéologie  qui prône la barbarie, car cette dernière n’est pas un moyen mais une fin. Cette guerre est mondiale. Elle vise la France prioritairement. »
Que veut ce général : organiser une  guerre contre l’islamisme sur le territoire français ? C’est une option redoutablement dangereuse. 
Pour François Fillon qui va dans le même sens, il s'agit d'un «combat global » qui va bien au-delà de l'école mais qui touche toute la société alors qu'«une partie de la communauté musulmane refuse de s'intégrer, d'accepter les règles de la République et de la vie en commun. La situation à l'école n'est que la conséquence de cette situation générale». Raison pour laquelle, selon l'ancien premier ministre, «l'école et les enseignants ne peuvent pas, à eux seuls, lutter contre un phénomène qui se traduit par le basculement de quartiers entiers dans une forme de séparatisme, pour reprendre le mot du président de la République ».
 « Le séparatisme islamiste commence quand des musulmans veulent vivre selon leurs coutumes, leurs lois, leur organisation en marge de la République ; le totalitarisme islamique correspond à un projet global qui consiste à imposer au monde les règles, l'idéologie islamiste.

Pour François Fillon, il est urgent d'agir. «Le nombre de prédicateurs, de fidèles eux-mêmes qui désormais adhèrent à l'idée que les règles religieuses, s'imposent aux règles républicaines, aux lois de leur pays, a considérablement augmenté», s'inquiète-t-il dans L'Express. 
«Les signes sont de plus en plus nombreux. Parmi eux, le port du voile, l'intransigeance sur les sujets d'abattage rituel, la contestation permanente du calendrier, de l'Histoire même... »
«L'aggravation de la situation est évidente».
L'ancien premier ministre presse les Français de confession musulmane de réagir. 
Dans cette «guerre de longue durée» qui s'annonce, François Fillon invite à «nommer les choses» juge sévèrement «l'aveuglement d'une grande partie de la gauche sur l'islamisation» et «la responsabilité des organisations syndicales, majoritairement de gauche, qui ont longtemps considéré que tout discours critique à l'égard des musulmans était stigmatisant ou d'extrême droite». Face à l'ampleur de la tâche, pour François Fillon, «il est primordial qu'on décrète une forme de mobilisation générale et qu'on mette de côté les arrière-pensées politiques».



A PANTIN, LA FERMETURE DE LA MOSQUEE VECUE COMME UNE PUNITION PAR LES FIDELES
 
Des habitués et habitants musulmans du quartier ne comprennent pas que leur mosquée fasse les frais de la réplique gouvernementale contre l'islamisme radical, quelques jours après l'attentat de Conflans.
 
 A Pantin, la fermeture de la mosquée vécue comme une punition par les fidèles
Les rares passants s’arrêtent sur les trois feuilles fraîchement placardées à l’entrée. Devant la grande mosquée de Pantin ce mardi matin, le décret de la préfecture de Seine-Saint-Denis ordonne la fermeture du lieu dans les 48 heures et ce pour six mois. Ce sera donc chose faite mercredi soir, conformément à l'annonce de Gérald Darmanin, qui a dévoilé lundi soir une offensive tous azimuts contre les tenants de l'islam politique. 

Une réaction «pour absorber l’émotion, pour réagir», a expliqué avec flegme M’hammed Henniche, le responsable des lieux, à l’AFP.
Il est reproché à la grande mosquée de Pantin d’avoir relayé sur sa page Facebook une vidéo où le père d’une des élèves de Samuel Paty dénonçait le cours lors duquel le professeur avait montré en classe des caricatures de Mahomet. L’institution l’a reconnu et l’a immédiatement retirée après l’attentat, qu’elle a condamné. Parmi les griefs figure aussi la personnalité de l’imam principal, Ibrahim Abou Talha. Selon le texte, celui-ci serait «impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Ile-de-France». Le ministère de l’Intérieur pointe également le fait que trois de ses enfants soient scolarisés dans une école «clandestine» à Bobigny, dont la fermeture a aussi été ordonnée.
 «ON N’A PAS LE DROIT DE TUER, L’IMAM [LE] DIT TOUS LES VENDREDIS»
Dans le quartier, certains préfèrent raser les murs. D’autres ne cachent pas leur mécontentement. «Ils nous ont punis !» regrette Zhor Faraji, habitante du quartier depuis trente-six ans. Elle loge dans l’immeuble qui fait face à la mosquée et a appris la nouvelle dans la nuit, en allumant la télé. «Moi, ça me rend malade. Je ne suis pas motorisée, j’ai du mal à marcher, donc je prierai chez moi, c’est dommage.» Elle ajoute : «Les gens sont tranquilles ici, il n’y a pas de problème. L’imam est jeune, il a l’esprit ouvert, il parle français et l’arabe littéraire.» Elle reprend : «Ce garçon de 18 ans, pourquoi il a fait ça ? On n’a pas le droit de tuer, c’est ce que l’imam dit tous les vendredis !» Cette habituée de la mosquée est allée à la prière du matin vers 6 heures. Elles étaient trois femmes. Moins que d’habitude. Le Covid y est aussi pour quelque chose. «D’habitude, une association distribue de la nourriture devant la mosquée. Elle a dû entendre la nouvelle, ce matin elle n’est pas venue», ajoute-t-elle. Elle alpague les voisins pour parler santé et fermeture du lieu de culte, sans arriver à comprendre la décision de la préfecture. Pas intimidée par la présence de nombreux journalistes, Zhor Faraji continuera à aller à la mosquée, jusqu’à ce que les portes soient définitivement closes, mercredi soir.
Bouchra, du Pré-Saint-Gervais, une commune voisine, arrête sa poussette devant le portail de l’entrée. Elle ne fréquente pas le lieu mais se dit solidaire des fidèles qui y vont. «Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec la mosquée. Cela fait du mal à tous les musulmans, ça nous déchire entre nous, les différentes nationalités et confessions qui habitons ici», s’apitoie-t-elle. 
Alors que les jeunes musulmans se font rares devant le lieu de culte, Moussa, la trentaine, descend de son camion d’éboueur pour lire l’arrêté avec attention. «Si je ne connaissais pas l’imam, j’aurais peur en lisant ce qui lui est reproché», lâche-t-il. Il était au courant de la scolarisation problématique des enfants. Mais il tient à nuancer : «Ça fait trente ans que je prie là. Je trouve les prêches de l’imam très cohérents. A chaque attentat, il les dénonce et insiste bien sur le fait que cela ne correspond pas à notre religion.» Lui a vu la polémique monter sur les réseaux ce week-end. Samedi, le partage de la vidéo par la grande mosquée de Pantin était l’un des sujets les plus discutés sur Twitter. «Quand j’ai vu qu’on était dans la sauce, je me suis attendu à la fermeture. On est dans le collimateur depuis un petit moment», relève-t-il. Cette décision fait ressortir un malaise chez lui : «J’ai l’impression qu’être musulman aujourd’hui est dur à porter. Il faut se faire tout petit.» A l’approche de la prière de 13h36, les fidèles arrivent au compte-gouttes, discrets. 
Margaux Lacroux



lundi 19 octobre 2020

Le Conseil des mosquées du Rhône appelle à s'engager «dans la voie du vivre-ensemble»


À la suite d'une réunion, dimanche, le Conseil des mosquées du Rhône a appelé ses imams à «profiter des prêches du vendredi pour rappeler aux fidèles que la France est notre communauté de destin et les appeler à s'engager encore plus dans la voie du vivre-ensemble, respectueux et fraternel». «Nous sommes engagés à renforcer l'étude des fondements idéologiques de la pensée extrémiste et le combat contre ceux qui l'alimentent, la nourrissent et la financent», a assuré le Conseil dans un communiqué.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE SILENCE ASSOURDISSANT DES IMAMS EN FRANCE




 Certes on applaudira des deux mains le message de concorde du Conseil des mosquées de Lyon mais on ne peut que déplorer le silence assourdissant des imams en France, ce « clergé » exporté qui ne comprend rien à la complexité républicaine et de son attachement à la laïcité et qui, en vérité,  le défie. 
Il est donc grand temps, plus que temps d’enseigner, selon l’exemple allemand, dans les universités de France de Navarre et de l’Europe entière cet islam d’Europe que l’on dit volontiers éclairé.
A défaut le salafisme rampant nous promet des lendemains qui déchantent. 
Certes il est urgent de procéder à reconquête des quartiers et des territoires perdus de la République et de procéder à la fermeture des lieux de culte interlopes , comme la mosquée de Pantin, qui ont relayé l'appel contre le professeur assassiné.
A défaut, la France va  perdre la bataille contre l’islamisme qui certes participe de l’islam, instrumentalise le texte fondateur à des fins politiques mais et qui prêche  un islam dévoyé un peu comme le national socialisme est un socialisme dénaturé.
Il est impératif de promouvoir enfin un islam de France, de Belgique , d’Europe
MG


LE PRESIDENT DU GROUPE LR AU SENAT BRUNO RETAILLEAU COMMENTE DANS MARIANNE :
Quelques extraits
« Le meurtre odieux par décapitation d’un hussard noir de la république participe d’une volonté d’appliquer la « charia » sur le sol français. C’est un acte d’une  violence extrême. C’est aussi un acte qui a un sens : la terre de France doit se soumettre. » 
Qu’on se souvienne de l’attentat dans le cœur du cœur du service anti-terroriste de la préfecture de police de Paris.  Nous sommes confrontés à un combat global. 
Il y a des espaces physiques, des enclaves territoriales dans lesquelles l’islam politique peut soumettre les esprits et les territoires à la loi religieuse qui, dans ces endroits, est supérieure à la loi civile. Il y a aussi une colonisation intellectuelle, par exemple le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), qui utilise le concept d’islamophobie pour faire avancer la cause islamique sous couvert de défense des libertés. Et nous, nous ne luttons pas ! Nous ne nous rendons pas compte qu’aujourd’hui, si ce professeur n’a pas bénéficié d’une protection malgré les alertes, c’est parce que nous avons préféré le silence. Le même silence qu’à la préfecture de police de Paris. Ces silences coupables sont des silences criminels. »
"Emmanuel Macron lance : « ils ne passeront pas » mais ils sont déjà la !"  Il peut faire les meilleurs discours du monde, mais les mots sans les actes, c’est le mensonge, c’est la faiblesse.
Nous avons proposé d’ajouter à l’article premier de la Constitution cette phrase : « Nul individu, nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour se soustraire à la règle commune. » C’est la définition de la laïcité.
Le plus dur c’est la reconquête des esprits, il faut nommer les choses, refuser le piège de l’islamophobie. Ce qui est en jeu, c’est la défense de notre civilisation qui est attaquée dans ses fondements. Nos libertés et notre sécurité ne sont pas négociables et aucune religion n’est intouchable. »


UNE FRONTIERE DANS L’ABOMINABLE VIENT D’ETRE FRANCHIE. ON S’ATTAQUE AU BASTION LE PLUS SACRE DE LA REPUBLIQUE: L’ECOLE ET LA PERSONNE PHYSIQUE DES ENSEIGNANTS. "Pascal BRUCKNER.
extraits

 Un professeur est proprement décapité pour avoir montré les caricatures de Charlie Hebdo lors d’un cours sur la liberté d’expression. Des parents d’élèves l’auraient signalé. La victime aurait reçu des menaces de mort. Que vont faire les autres professeurs, hommes et femmes, lorsqu’ils devront aborder ces sujets délicats? Se taire au risque d’une décollation? Le boucher de Conflans-Saint-Honorine, c’est Daech à la maison: un message solennel en forme de cérémonie macabre, un avertissement pour tout le corps enseignant qui devra se taire ou périr. Ce n’est pas un acte de «séparatisme», c’est une déclaration de guerre qui doit être traitée en conséquence. 
«Nous avons perdu vingt ans» L’école n’est-elle désormais plus épargnée?
Dès 2004, le rapport Obin signalait des phénomènes inquiétants de radicalisation dans l’école de la République: impossible d’enseigner la Shoah, une affaire de Juifs ou Voltaire, qui avait raillé le prophète ou Madame Bovary, une femme adultère. Donner des cours va devenir désormais un métier aussi dangereux que celui des soldats sur le champ de bataille. Je comprendrais parfaitement que, à l’école, l’autocensure individuelle prime: quel homme, quelle femme, aurait envie de mourir de cette façon, sachant ce qu’il risque s’il parle de ces affaires à ses élèves? L’audace doit venir de la nation toute entière.
(…)Je comprendrais parfaitement que, à l’école, l’autocensure individuelle prime : quel homme, quelle femme, aurait envie de mourir de cette façon, sachant ce qu’il risque s’il parle de ces affaires à ses élèves ?
Cet attentat survient en plein procès Charlie Hebdo et quelques semaines après une attaque au couteau commise par un mineur isolé devant les anciens locaux du journal satirique. Cela signifie-t-il que, depuis cinq ans, nous n’avons pas progressé. Sommes-nous en train de perdre la bataille contre l’islamisme et pour la liberté d’expression?
Le procès Charlie réveille toutes les haines, toutes les ignominies. Il a une double et paradoxale vertu, vomitive et pédagogique. Chez les fanatiques, il ressuscite le besoin de punir, de réitérer comme une réplique de tremblement de terre le meurtre des douze en janvier 2015. Comme ils n’ont plus les moyens de monter un commando organisé, ils travaillent en solo avec des instruments rudimentaires tels des tueurs en série, semant la peur dans toute la nation. Mais le procès est aussi un élément positif, pour deux raisons: quiconque suit les témoignages des accusés constate cette banalité du mal. De pauvres types endoctrinés et souvent encouragés par leur famille ou leurs proches se croient investis d’une mission divine et doivent absolument égorger un infidèle pour gagner leur paradis et «venger le prophète».Le procès réveille les fous et révèle tout un monde parallèle qui non seulement ne vit pas sur le même fuseau horaire que nous mais ne partage en rien l’espace républicain.
Les attentats se succèdent et sont de plus en plus effrayants. Allons-nous nous habituer?
La nouveauté est que les représentants de l’islam de la République, avec une dignité et un courage remarquables, condamnent sans équivoque ces actes abjects. Nous ne sommes plus au temps de l’ancien recteur de la mosquée de Paris: le nouveau, Chems Eddine Hafiz, a eu des mots définitifs pour condamner la barbarie islamiste. C’est un progrès incontestable dans cet océan d’ignominie. Les caricatures de Charlie n’ont pas fini de faire couler le sang: combien d’années va-t-on compter les morts? 

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«C’EST UNE DECLARATION DE GUERRE QUI DOIT ETRE TRAITEE EN CONSEQUENCE»  

Banalité du mal ? Je ne partage pas cette affirmation de Bruckner.  C’est au contraire à un déferlement du mal « radical » à un « ensauvagement » des esprits radicalisés que l’on assiste en France. Hannah Arendt disait que seul le bien était radical ; le Coran au nom duquel sont commises ces atrocités par ces enragés  prône  l’Agir Bellement pour désigner ce bien radical, le choix de la rectitude de préférence  l’errance et l’égarement. « Celui qui tue un innocent sera considéré comme s’il avait tué toute l’humanité ; celui qui sauve un innocent sera considéré comme s’il avait sauvé toute l’humanité » Coran, sourate 5, verset 32.

Mais c’est d’une une véritable inversion des valeurs coraniques que participe cette vague de violence islamiste sauvage et barbare, expression du mal dans sa déclinaison extrême comme l’égorgement d’un prêtre disant sa messe, le lynchage collectif d’un chauffeur de bus, le meurtre de gardiens de la, paix ...
Après la décapitation d’un professeur à Conflans-Saint-Honorine , l’essayiste et écrivain estime qu’un seuil a été franchi dans l’ignominie. N’ayons pas peur des mots la France plus encore que les pays voisins a connu  et connait une vague d’ «ensauvagement » avec des épisodes particulièrement sanglants qui ont culminé avec la décapitation d’un enseignant zélé et bienveillant soucieux de transmettre les valeurs de la République, autrement dit de la démocratie. 
La première question que je me pose est de savoir si la confrontation tellement contestée des caricatures de Charlie Hebdo est prescrite par les programmes de l’éducation nationale. Je n’ai pas la réponse...
La seconde question qui ma taraude est de savoir si la France va connaître peu ou prou la même tragédie que l’Algérie gangrenée par le FIS ?
L’Algérie a connu dix années d’horreur avec la montée du Front islamique du salut (FIS) une formation politique militant pour la création d'un État islamique. 
Fondée en février 1989, elle est dissoute en mars 1992 par le tribunal administratif d'Alger..
D'abord cantonné à certains milieux universitaires, le mouvement islamiste élabore  ensuite une stratégie de  conquête du pouvoir en vue de l'instauration d'un État théocratique et totalitaire semblable à celui des mollahs en Iran et des talibans en Afghanistan. Pour cey parvenir, il eut recours à des actions de bienfaisance et de lutte contre la pauvreté dans le but de gagner la sympathie des masses populaires, exactement comme le font les mouvements salafistes dans les banlieues françaises. 
Le FIS  demanda au président de prendre en compte le Coran « comme source de la Constitution ». Au sein de ce parti islamique la branche salafiste fut d’emblée très importante. 
L'influence de la réflexion d'Hassan el-Banna, fondateur égyptien des Frères musulmans n'est pas négligeable.  Ses principaux objectifs étaient/sont la « concrétisation de la solution islamique » et la garantie de « l'unité du pays et de la nation par l'islam »   
Lors des élections locales du 12 juin 1990, premières élections libres en Algérie depuis son indépendance , le FIS remporte 54 % des suffrages exprimés.
Le  26 décembre 1991, au premier tour des élections, législatives. Le FIS obtient 188 sièges sur 231, soit près de 82 %. Cette victoire, loin de refléter l’adhésion du peuple algérien pour le programme du FIS, a été rendue possible  par la loi électorale. En effet, le scrutin uninominal à deux tours transforma une légère majorité de voix en une très grande majorité de sièges.  Prenant acte de la situation qui prévalait, et qui risquait de tourner à son désavantage, l'armée décida le 11 janvier 1992 de pousser le chef de l'État à la démission et d'interrompre le processus électoral. 
Le 11 janvier 1992, l'armée  pousse le président Chadli Bendjedid à la démission, et interrompt le processus électoral ; les communes détenues par le FIS sont dissoutes et ses militants emprisonnés. Le FIS s'engage alors dans de vastes actions terroristes contre l'État algérien et les civils qui le soutiennent, les intellectuels et les journalistes. 
Parti résolument non-démocratique, le FIS est clairement  un regroupement de courants islamistes ayant pour but d'instaurer une république islamique en Algérie. 
De très  nombreuses personnalités civiles (intellectuels, artistes, journalistes...) vont être assassinées. 
Il s’en suivit une décennie de massacres de civils pour faire pression sur le gouvernement. Plus de 200.000 Algériens  ont perdu la vie L'ombre de violences islamistes plane toujours sur l'Algérie.
Troisième question : que sont devenus les membres du  FIS dissout par le pouvoir en place ? Beaucoup auraient pris le chemin de l’exil et se seraient  installés partout en Europe, singulièrement en France où ils ont fait souche dans le terreau fertile des banlieues enfiévrées.  Il semble bien qu’ils ne soient pas étrangers à des actions de bienfaisance et de lutte contre la pauvreté dans le but de gagner la sympathie des communautés négligées par le pouvoir, singulièrement dans les territoires perdus de la République. 
Dernière question : la France va-t-elle être confrontée aux mêmes avanies que celles subies par l’Algérie ?
Avec son discours musclé contre le séparatisme islamiste, Emmanuel Macron a déterré la hache de guerre contre la mouvance salafiste. Reste à savoir quelle sera la nature et l’ampleur de cette guerre dont les premières batailles ont eu lieu dans l’enceinte des écoles de la République. Les responsables de l’Education Nationale  pratiquent depuis vingt ans la doctrine du « pas de vagues  ». En évitant les remous ils ont provoqué le raz de marée qui pourrait menacer aujourd’hui la République autrement dit la démocratie.
Relisons « Soumission », le roman angoissant et prémonitoire( ?) de Houellebecq  ainsi que  les romans de Sansal en particulier « 2084 ou la fin du monde ». Et méditons, chers lecteurs, méditons.
MG
  « Oui, l'Europe a peur de l'islamisme, elle est prête à tout lui céder. [...] La réalité en boucle n'a pas d'effet sur les gens, en apparence du moins. On l'a vu en Algérie durant la décennie noire : les gens qui, au début, s'émouvaient pour une victime du terrorisme ont fini après quelques mois de carnage par ne ressentir d'émotion que lorsque le nombre des victimes par jour dépassait la centaine, et encore devaient-elles avoir été tuées d'une manière particulièrement horrible. Terrible résultat : plus les islamistes gagnaient de terrain et redoublaient de cruauté, moins les gens réagissaient. L'info tue l'info, l'habitude est un sédatif puissant et la terreur, un paralysant violent» (Boualem Sansal)

JESUISPROF
Et ce n'est pas juste un hashtag. Je suis prof depuis près de quarante ans. J'ai eu ma période collège, une décennie, dans la banlieue nord de Paris. Je suis souvent rentré chez moi fatigué, découragé, excédé. 
Je n'ai jamais cessé d'aimer ces gosses. 
Et je n'ai jamais eu peur. 
Jamais. 

Même quand l'atmosphère était lourde ou tendue dans le collège ou alentour. 
Aujourd'hui, je le sais. Je sais que si je devais reprendre lundi matin le RER, Gare du Nord, pour rejoindre ma classe, j'aurais la peur au ventre.

Ceux qui nous disent, triomphants et obscènes, « On vous l'avait bien dit ! On vous avait prévenus ! », n'ont rien à proposer. Pas le moindre début de solution qui nous donnerait une chance de résister au courant puissant et terrifiant qui nous emporte tous. Rien à droite. Rien à gauche. Devant nous une seule perspective : la guerre de tous contre tous. Nous avons bien un ennemi. Mais cet ennemi n'a qu'un but : nous faire devenir ce qu'il est, tel qu'il est. C'est aussi à cela qu'il nous faut résister. Et nul ne sait comment. 

Je n'ai aucun diagnostic à poser, nul horizon à dessiner, je n'ai que des erreurs à confesser. Et des larmes à verser. Sur cette mort. Sur nous. Sur le monde où nous vivons. Sur celui qui s'annonce. Et nous en sommes tous là, tous. 

Il va falloir travailler pour nous sortir de là. 
Demain. 
Sans faute.

Pour aujourd'hui, je n'ai rien de plus à dire que ceci : pendant presque quarante ans, je n'ai eu à cœur d'enseigner que la joie d'apprendre, l'art de douter, l'ambition  de créer, il me reste désormais à enseigner à lutter contre la peur.

Jean Christophe Attias sur la toile


ABASOURDI,CHOQUE ET BOULEVERSE PAR LE MEURTRE SAUVAGE DE SAMUEL PATY PAR DECAPITATION. 
Sur Facebook
J'ai été Professeur d'histoire pendant 13 ans en banlieue parisienne de 2001 à 2013, principalement en ZEP et en lycée. Passionné par mon metier, j'ai pu faire découvrir à mes élèves des vers des grands poètes Omar Khayyam ou Abu Nawas chantant l'ivresse du vin, leur faire découvrir la pensée de Ibn Roshd/Averroes qui a tenté de concilier la foi et la raison, leur faire connaître toute la complexité et diversité de l'Islam comme le courant mutazilite ( partisan du Coran incréé qui permettait une interprétation plus ouverte des textes). On ne nous demandait pas d'aller aussi loin mais je ressentais ce besoin de les armer intellectuellement car ils avaient pour beaucoup des connaissances parcellaires d'un Islam fantasmé et nous étions déjà après le choc des attentats du World Trade Center qui je pense a été un véritable point de rupture. 

Aujourd'hui, le débat est polarisé par ceux qui instrumentalisent ces dérives identitaires et des revendications communautaristes. J'ai vraiment le sentiment que les racistes anti musulmans et ceux qui en font leur commerce et toutes ces personnes qui crient à l'Islamophobie à tout vent sont des alliés objectifs qui n'existeraient pas l'un sans l'autre. Qu'il est difficile de faire entendre une autre voix plus fragile, plus sensible sur ces questions. 

Enfant des années 80, on ne se posait même pas la question de nos croyances religieuses à l'école. Jamais il nous serait venu de demander des exceptions car musulman. En devenant professeur, j'ai pu observer à quel point l'identité musulmane était devenue centrale chez les élèves. Nous devrions nous interroger sur cela aussi. Je suis encore plus halluciné quand des français de culture musulmane hyper privilégiés jouent sur les souffrances réelles d'une partie des musulmans et vénèrent les théories simplistes et essentialistes des indigénistes. Ce 'Eux' et 'Nous' est devenu insupportable !!!
Je ne suis pas un racisé et je ne suis pas une diversité non plus. Quand bien même une certaine élite voudrait me réduire à mon identité première, m'essentialiser. J'ai toujours refusé d'intérioriser ce sentiment d'infériorité ou alors même si j'ai pu parfois le ressentir intimement ou plutôt je m'interrogeais sur la question de ma place, je suis allé m'allonger sur le divan ou alors j'ai tenté de sublimer cela par mes créations artistiques. 

Ce que je veux dire par là, c'est qu'on peut aimer la France et son pays d'origine. On peut concilier nos multiples identités sans se soustraire. Oui, il y a un impensé colonial et on en parle de plus en plus et tant mieux mais tous ces discours où on veut nous faire croire que nous vivons ce que les Juifs ont vécu dans les années 30 et où on veut nous faire passer pour les "indigènes de la République" ! Non, les musulmans ne sont pas opprimés en France ! Oui, il y a des salopards racistes islamophobes mais nous nous ne sommes pas obligés d'écouter les inepties de Pascal Praud ou les grosses têtes ! Et tous ces pseudos penseurs 

Aux hussards noirs de la République, à mes anciens collègues ! Continuez de transmettre, de distiller l'esprit critique et les idées subversives, d'interroger et de questionner notre monde avec vos élèves. De faire découvrir ces grands islamologues comme Mohamed Arkoun ( RIP)car les médias lui ont préféré la pensée low-cost à la Tarik Ramadan.  

Samuel, paix à ton âme, je pense à toi, à ton épouse et à tes proches et espérons que ta mort suscitera un véritable sursaut d'union pour combattre ensemble ces obscurantistes islamistes. 

Vive la France fraternelle et notre République métissée ! 

PS: les parents d'élèves qui ont publié des vidéos pour attaquer verbalement le professeur méritent d'être sévèrement condamnés car les mots peuvent tuer ou pousser au crime. Je remercie mon père qui donnait toujours raison aux professeurs.

Kamal Hachkar, cinéaste franco-marocain, Rabat, le 17 Octobre 

dimanche 18 octobre 2020

Procès Charlie Hebdo

 Trente-quatrième jour : l’horreur et la pensée YANNICK HAENEL · FRANÇOIS BOUCQ · Charlie Hebdo 34e jour. 

La décapitation d'un enseignant par un islamiste fait passer le procès au second plan. C’est très difficile d’écrire ce matin. Si j’assiste à ce procès, c’est parce que je crois que le mal ne doit pas être seulement dénoncé et combattu, mais pensé — c’est-à-dire expliqué. J’ai été professeur pendant plus de quinze ans en région parisienne, j’ai enseigné dans des collèges de banlieue où la violence sociale ne s’arrêtait jamais, et je sais combien s’efforcer chaque jour d’expliquer est fondamental. Expliquer n’est pas justifier, expliquer n’est pas provoquer. La parole de la justice dont nous faisons l’expérience à ce procès ne suffit pas ; aucune parole ne se suffit à elle-même, surtout pas celle de la répression. Penser la violence, penser le mal, penser le crime, penser la terreur politique, penser l’islamisme radical, penser les religions, penser la foi, penser le blasphème, aucune parole n’est de trop pour le faire : la pensée appelle la pensée, c’est-à-dire le dialogue. Penser, ça veut dire demander à quelqu’un ce qu’il pense. Les professeurs font ainsi avec leurs élèves. Penser avec les autres veut dire mettre en rapport des idées, les moduler, les nuancer, les faire avancer ou les faire reculer. Ça n’a jamais lieu tout seul : il faut, pour penser, plusieurs paroles. La mise en présence des paroles pour penser, c’est l’expérience à quoi nous prenons part ici, au Tribunal de Paris, depuis plus d’un mois ; et c’est l’expérience à quoi prennent part tous les enseignants et tous les élèves chaque jour, à l’école. Qu’on assassine un professeur parce qu’il essaie de penser avec ses élèves, qu’on le tue parce qu’il se tue à essayer d’expliquer, comme tous les enseignants, qu’on ne tue pas quelqu’un qui ne pense pas comme vous, c’est non seulement une abomination, mais c’est aussi un attentat contre l’école elle-même, contre l’idée même d’éducation, contre la pensée, contre le fait de se parler, contre le fait de demander à quelqu’un ce qu’il pense. C’est une tentative pour nier l’éducation. Car que font les professeurs, que faisait ce professeur d’histoire avant d’être mis à mort ? Il expliquait ce que signifie être libre en France. Cela s’appelle l’éducation civique, et c’est la chose la plus importante qui soit dans les écoles, celle qui s’avère la plus nécessaire : la société française est en proie à une attaque incessante contre ses valeurs, c’est pourquoi expliquer ces valeurs est devenu si urgent, c’est pourquoi penser est plus que jamais décisif. Ce professeur d’histoire était si scrupuleux qu’il a pris la précaution, avant de montrer des caricatures de Mahomet, de prévenir ses élèves que cela pouvait éventuellement les déranger. Sa pensée était si scrupuleuse qu’elle allait jusqu’à se mettre à la place des possibles offensés, et qu’elle devançait l’éventuelle offense pour expliquer que selon la loi et la raison, et aussi selon le bon sens, il n’y a pas d’offense, aucune volonté d’offenser, et aucune raison de se sentir offensé. L’intelligence comprend cela. Mais en plus de l’intelligence, qui s’apprend, notamment à l’école, il y a, en France, un droit et une liberté : celle de penser, de s’exprimer, de rire et de croire. Droit et liberté de croire en la religion qu’on aime, qu’elle soit musulmane, juive ou catholique, ou autre ; droit et liberté de ne croire en rien. Lorsque cet homme a pris soin de penser la possibilité de l’offense et a expliqué pourquoi il n’y avait pas offense, il a fait ce que font tous les enseignants : non pas imposer leur pensée, mais se mettre à la place de leurs élèves, et leur expliquer. Les enseignants, en France, vont-ils devoir arrêter d’expliquer ? Vont-ils devoir se censurer, et donc se taire ? L’école doit-elle s’arrêter ? La France n’en finit plus de découvrir que le crime est par nature obscurantiste, et que l’obscurantisme ne cherche qu’à tuer la lumière et à nier l’esprit. Nous sommes tous des enseignants : nous expliquons, nous pensons, nous parlons avec les autres. Cela s’appelle vivre et être libre. Une phrase de Nietzsche me revient, elle dit : « Un homme offensé est un homme qui ment ». Les tueurs qui se disent offensés par les caricatures de Mahomet mentent pour justifier leur volonté de tuer ; ils mentent sur l’Islam, ils mentent sur Mahomet. Un homme qui aime sa religion, un homme qui chérit sa foi, que celle- ci soit musulmane, juive, catholique ou autre, n’est jamais offensé, surtout pas par l’humour. Un homme qui aime sa religion pense et parle avec les autres : il parle de ce qu’il aime, il parle de sa religion. Parlons de religion, pensons les religions. Continuons à enseigner, à comprendre, à expliquer, à écouter toutes les paroles. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY « ENSEIGNER C’EST RESISTER » Philippe Meirieu « PENSER, ÇA VEUT DIRE DEMANDER A QUELQU’UN CE QU’IL PENSE » 

Lisez ce témoignage une fois, deux fois dix fois. Imprégnez-vous de chaque phrase, ne passez pas une ligne et méditez, s’il vous plait, la portée de ces paroles d’une totale lucidité. Si j’étais prof de citoyenneté, ce texte serait ma leçon d’aujourh’ui mon débat de ce jour et de tous les jours. Mon ancien préfet, Aristide Berré, disait que, selon lui, professeur de morale était un poste de combat en première ligne. Je mesure aujourd’hui à quel point il avait raison. C’est vrai aussi pour le professeur d’histoire. Ils ont égorgé un prêtre ; j’ai regardé ailleurs on t’aimait bien curé ! Ils ont assassiné un lieutenant colonel héroïque ; je me suis détourné n’étant point militariste. Ils ont descendu froidement des flics en service, j’ai invoqué les risques du métier. Ils ont décapité un prof d’histoire mais, diable, c’est moi qu’ils ont humilié ! Ils veulent nous intimider et nous imposer leur obscurantisme totalitaire, comme Mussolini, comme Staline, Hitler et tous les Poutine, Erdogan, Orban, Trumps et autres engeances totalitaires de la terre. Hannah Arendt avait une passion : comprendre ! Elle voulait nous enseigner à penser sans rails, sans garde-fous, c'est-à-dire sans entrave : « Denken ohne Geländer. » « Penser, ça veut dire demander à quelqu’un ce qu’il pense » C’est le devoir de tout citoyen démocrate. Et c’est le rôle de l’école de former les jeunes dans cet esprit critique et libertairepour leur inculquer le discernement. « Le salut ne viendra pas des esprits au garde à vous. »écrivait à sa mère le jeune résistant Burgers, la veille de son exécution par les nazis. Il disait aussi : « les têtes roulent mais les idées rebondissent. » « Enseigner c’est résister » écrit Meirieu dans son bel essai « ce que l’école peut encore pour la démocratie. » Un obscur professeur d’histoire d’un obscur collège de banlieue a payé son engagement de sa vie. C’est une tragédie au sens antique du terme : un récit héroïque pour notre époque tellement prosaïque et terre à terre. MG 


LA ROMANCIERE QUI VEUT SORTIR LES MUSULMANES DE « L'OPPRESSION DES HOMMES » Figaro 

D'origine kurde, Sara Omar fait sensation au Danemark. Ses romans relancent le débat sur le séparatisme et lui valent de vivre sous protection policière. Slim Allagui, correspondant au Danemark « C'est mon arme ! » Montrant sa plume, Sara Omar, 33 ans, la nouvelle découverte de la littérature danoise, s'érige humblement comme « la voix qui brise le silence des femmes et des enfants opprimés dans le monde au nom de l'islam ». Avec son regard angélique dans un corps frêle, elle assure avec une voix ferme qu'elle a une mission : « aider les femmes musulmanes à se libérer de l'oppression des hommes ». Romancière danoise originaire du Kurdistan irakien, elle suscite débats et controverses depuis la publication, le 30 novembre 2017, de son premier roman Dødevaskeren (« La Laveuse de morts »), un best-seller vendu à ce jour à plus de 100 000 exemplaires, un record pour une écrivaine novice dans un pays de 5,8 millions. Un ouvrage qui fera date dans le royaume scandinave, bouleversant, choquant et passionnant les médias et l'opinion publique, et qui sort le 14 octobre en librairie en France (Actes Sud). La critique danoise unanime évoque « une littérature qui peut changer notre société », « un livre courageux que vous n'oublierez jamais », « une lecture émouvante et cruelle » ou encore « un premier roman violent, dur, déchirant et passionnant qui frappe son lecteur comme un coup de poing ». Il raconte l'histoire d'une petite fille Frmesk (« larme » en kurde), née comme Sara Omar le 21 août 1986 à Souleimaniyé, en pleine guerre entre l'Irak et l'Iran. Indésirable pour son père, ayant le tort d'être une fille, elle est élevée par Darwésh, son grand-père maternel, et Gawhar, sa grand-mère, laveuse des corps des femmes dites impures, victimes d'un crime d'honneur, et qui risque sa vie en les enterrant avec dignité. Comme son héroïne, Sara Omar fuit la guerre avec sa famille à la fin de la décennie 1990, séjourne plusieurs années dans divers pays musulmans, où elle vit « la même manière oppressive de traiter les femmes et les filles, la même idéologie politique religieuse où les hommes utilisent le Coran comme une sorte d'arme de peur contre les femmes ». Réfugiée, elle débarque au Danemark en 2001 à l'âge de 15 ans, marquée par « les violences terribles vécues au Kurdistan et dans d'autres endroits envers les femmes et les fillettes ». Sur sa vie privée, elle se mure dans le silence, gardant son « jardin secret pour des raisons de sécurité », mais confie, dans un murmure, être « la mère d'une fille tuée », qui aurait été « en vie si elle avait été un garçon ». 

« LES AUTORITES DANOISES ET FRANÇAISES QUI FONT FACE A DES SOCIETES PARALLELES, OU LES LOIS RELIGIEUSES PRIMENT LES LOIS DE L'ÉTAT » Tant de souffrances et de traumatismes l'ont conduite à plusieurs tentatives de suicide. À la dernière, sur son lit d'un hôpital au Danemark, elle écrit les premières phrases de son roman, « une initiative qui m'a sauvé la vie ». Son livre a envoyé une onde de choc dans la communauté musulmane et libéré la parole des femmes. Des milliers d'entre elles ont témoigné sur les réseaux sociaux, sous des noms d'emprunt, des violences physiques et psychiques dans le foyer familial, des crimes d'honneur, des mariages forcés et du contrôle social dans des milieux musulmans conservateurs. Un séparatisme semblable à celui en débat en France, selon Sara Omar, et qui « constitue un défi pour les autorités danoises et françaises qui font face à des sociétés parallèles, où les lois religieuses priment les lois de l'État ». Dans La Laveuse de morts, elle « dévoile l'hypocrisie de la société patriarcale, fondamentaliste, et lave le linge sale en public », ce qui lui vaut des menaces de mort et une protection policière. « Je le fais, dit-elle, pour toutes les femmes silencieuses et muselées, qui sont systématiquement victimes de cette mentalité arriérée et pétrifiée, de cette idéologie religieuse et culturelle qui coûte à la fois la vie et la liberté. » Réconfortée par le succès de son début de romancière et par les nombreuses distinctions reçues, dont le prix de l'Institut danois des droits de l'homme, elle continue son combat avec son second livre Skyggedanseren (« La Danseuse de l'ombre ») sorti fin novembre 2019. Elle espère que « le Danemark et la France deviendront des pays pionniers de la défense des droits des femmes et des enfants musulmans et », car « ils ne pourront jamais intégrer les immigrés si nous n'osons pas parler ouvertement des problèmes dans la société musulmane et lutter pour les femmes et les enfants asservis partout dans le monde. » Avec ses livres, « mes écrits de bataille », elle « veut réformer la partie sombre d'une religion, l'islam, qui contribue à détruire la vie de nombreuses femmes et enfants ». « J'ai vu tant de femmes vivre une vie indigne. C'est pour elle que je me bats, contre cette culture patriarcale qui règne dans certains milieux musulmans. Je ne m'arrêterai pas. Je ne me tairai pas, quel qu'en soit le prix », assure-t-elle. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

Le salut ne viendra sûrement pas des esprits au garde à vous. Mais il viendra peut-être des femmes musulmanes émancipées, ni putes, ni soumises. MG