jeudi 30 janvier 2020

Discours du roi Philippe : "un pas de travers"



Marc Uyttendaele
Avocat, constitutionnaliste in Le Vif

Le constitutionnaliste Marc Uyttendaele estime que derrière une phrase anodine - "le moment est venu de laisser tomber les exclusives" - le roi est sorti de son rôle.
Une crise qui dure, une crise qui s'enlise est toujours pour le Roi, une épreuve de vérité. Il doit godiller entre deux écueils, le "pas assez" et le "trop". Il doit être capable de s'abstraire tout en ne versant jamais dans la passivité et dans l'immobilisme. Bref, plus les divergences s'approfondissent entre les partis politiques sur la manière de sortir de la crise, plus il est confronté à une mission délicate, sinon impossible.
Il doit veiller à ne pas fâcher, à ne pas devenir sujet de polémique et de controverses. Quand il a reçu le président du Vlaams Belang au lendemain des élections, rompant ainsi le cordon sanitaire, les francophones l'ont bien compris et ne lui en ont pas fait grief. Le Roi ne pouvait être soupçonné de complaisance à l'égard de l'extrême-droite flamande, mais ne pouvait, à l'entame des négociations, contrarier les autres partis politiques flamands qui attendaient de lui qu'il prenne cette initiative.
Par la suite, il a fait un sans-faute. Il existait un consensus large dans le monde politique pour que s'éternise la mission d'information confiée à Didier Reynders et à Johan Vande Lanotte. Leur rôle a été d'occuper la scène pendant l'interlude, soit ce moment où rien ne se passe entre la fin de quelque chose d'essentiel et le début de quelque chose d'important. Il fallait attendre que se forment les gouvernements des Région et Communautés, voire qu'entrent en fonction de nouveau président de partis. Il été assumé que la formation d'un gouvernement fédéral était une question subsidiaire, qui pouvait être reportée à plus tard et cela alors même que le gouvernement en affaires courantes était minoritaire et dépourvu de toute légitimité démocratique.
Nul ne reprochera au Roi la désignation de Rudy Demotte et Geert Bourgeois comme informateurs, pour qu'enfin soit explorée une piste qui aurait dû l'être quatre mois plus tôt. Un mois plus tard, les dés sont jetés : les nationalistes flamands et les socialistes francophones ne gouverneront pas ensemble.
La désignation consécutive du président du Parti socialiste était cohérente. La piste d'un gouvernement arc-en-ciel méritait d'être explorée avant qu'il ne soit constaté qu'elle n'offrait pas suffisamment de garantie de stabilité. Il était normal aussi de se tourner alors vers le CD&V et le MR - nonobstant l'inexpérience majeure de leurs présidents fraîchement désignés - afin d'examiner si une coalition qualifiée de Vivaldi avec toutes les familles politiques et sans la N-VA pouvait être envisagée. Renouveler leur mission le 13 janvier 2020 à la suite de simples propos de tribune du président de la N-VA - qui ne se lasse pas, ludique, de jouer au chat et à la souris - était déjà une erreur, mais qui était assurément plus imputable aux informateurs eux-mêmes qu'au chef de l'État.
Le train a cependant déraillé le 28 janvier 2020. Chacun s'attendait à ce que soit constaté l'échec total de la mission d'information confiée aux présidents du MR et du CD&V. Ceux-ci sont restés quatre heures en présence du chef de l'État, ce qui est inédit et révélait l'existence d'une crise dans la crise. À l'issue de ce long entretien, ils sont reconduits dans leur mission sans indication aucune ni sur la raison, ni sur les perspectives du rabiot de temps qui leur est ainsi consenti.
Ce 30 janvier 2020, lors des voeux aux corps constitués, le Roi s'autorise une phrase anodine en apparence, lourde de signification en réalité : "Le moment est venu de laisser tomber les exclusives". Le message est clair et ses destinataires peuvent aisément être identifiés. Le Roi demande, en réalité, aux socialistes francophones, voire aux écologistes d'accepter le principe d'une coalition avec la N-VA. Bref, il demande à des partis de gauche, attachés à l'existence de l'Etat et soucieux que soient prises des mesures de protection de la planète de s'allier avec une formation de droite dure, séparatiste et climatosceptique.
En demandant de "laisser tomber les exclusives", il demande à ces formations politiques de renoncer à l'essentiel des engagements qu'ils ont pris devant leurs électeurs et partant de renoncer à ce qu'est leur identité. En ce faisant, le Roi entre sur un terrain qui lui est interdit, à savoir préconiser une coalition plutôt qu'une autre.
Il s'approprie le discours d'une formation politique - le CD&V - qui, comme une antienne, appelle de ses voeux jusqu'à la déraison, et cela depuis le lendemain des élections, la N-VA et le PS à former ensemble un gouvernement. Le propos est donc "politique" et "engagé", ce qui, précisément, est interdit au Roi.
Le moment où ces mots sont prononcés accroît le malaise. La décision de prolonger la mission d'information des présidents du MR et du CD&V prise le mardi et le discours du Roi du jeudi apparaissent comme une séquence unique. Il est difficile de ne pas y voir une ultime tentative de faire vivre une alliance PS-N-VA, une formule qui a tout du cadavre à la sortie d'un crématorium. En droit constitutionnel, le discours du Roi est couvert par le chef du gouvernement qui en assume la responsabilité politique.
La Première ministre est donc responsable politiquement de ce pas de travers, mais étant à la tête d'un gouvernement démissionnaire et minoritaire, sa responsabilité est de pacotille. Le dérapage mal contrôlé de cette séquence est un signal d'alarme adressé à l'ensemble des responsables politiques du pays. Nul n'a rien à gagner à ce que l'image du Roi soit abîmée. Il faut le soustraire au plus vite à une trop grande solitude ou à des influences partisanes de mauvais aloi. Il est quasiment certain aujourd'hui qu'aucun gouvernement classique, de plein exercice ne pourra voir le jour.
Une deuxième option doit d'urgence être examinée : des partis disposant d'une majorité à la Chambre peuvent-ils constituer ensemble un gouvernement de transition avec un programme réduit et l'engagement de réfléchir aux conditions plus sereines dans lesquelles pourraient être organisées à bref délai de nouvelles élections. A défaut, il ne restera que la troisième option, celle que tous veulent éviter, mais qui est l'épine dorsale de toute démocrate : des élections anticipées immédiates, comme seule réponse au chaos. 




C OMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE SANS FAUTE DE MARC UYTTENDAELE

Irréfutable et magistral ! On ne saurait analyser les choses avec plus de rigueur et de pertinence. Non content de mettre Albert II échec et mat dans l’affaire Delphine,  notre flamboyant constitutionnaliste pointe la faute de lèse constitution chez son fils Philippe. 
Mettre deux rois en échec en moins qu’une semaine c’est carrément du grand art !
Bravo l’artiste.
MG

"Bart De Wever a tendu un piège aux informateurs"


Marie Rigot La Libre Belgique

Le Roi a choisi ce mardi 28 janvier de prolonger une nouvelle fois la mission de Georges-Louis Bouchez (MR) et de Joachim Coens (CD&V). Les deux informateurs disposent d'une semaine supplémentaire pour "vérifier certains éléments". Il s'agirait d'essayer à nouveau de réunir PS et N-VA. "C'est de l'acharnement", a dénoncé Nicolas Martin (PS) au micro de RTL. Pour le bourgmestre de Mons, l'attitude de la N-VA est actuellement insupportable pour les socialistes. "Nous avons eu de nombreuses réunions avec les nationalistes, a-t-il déclaré. Les bonnes intentions montrées par Bart De Wever lors de ses voeux sont une chose, mais tout est différent une fois qu'il s'installe à la table des négociations, il n'y a aucune ouverture de la N-VA".

Selon le socialiste, le discours du président nationaliste semblant faire de l'oeil au PS n'était pas sincère. "Il s'agissait plutôt d'un piège tendu aux informateurs royaux, argue-t-il. Le PS enterre-t-il donc totalement une coalition avec la N-VA ? Le socialiste semble ne pas totalement fermer la porte au parti de De Wever. "Le discours est clair: on n’ira pas avec la N-VA si elle ne fait pas d’efforts sur le plan social, a répété Nicolas Martin. On ne peut reprocher au PS et à Paul Magnette de ne pas avoir été clairs. On a dit qu'on voulait des avancées sur le plan social. On ne peut pas nous reprocher de ne pas vouloir mener une politique de droite".
Enfin, l'homme a dénoncé le discours tenu par Bouchez dans une interview à Wilfried. "L’unitarisme, c’est un retour en arrière et pire que ça, c’est la loi du plus fort. C’était la Wallonie qui en faisait les frais", a conclu le bourgmestre de Mons. Le président du MR a tout faux en adoptant une telle position. Il caresse l'opinion publique dans le sens du poil". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
INFORMATEUR OU FARCEUR EMPISTOUILLEUR ? 
. "L’unitarisme, c’est un retour en arrière et pire que ça, c’est la loi du plus fort. C’était la Wallonie qui en faisait les frais", a conclu le bourgmestre de Mons. Le président du MR a tout faux en adoptant une telle position. Il caresse l'opinion publique dans le sens du poil". 
Mais où donc veut-il en venir ? Il faut se sortir de cette stratégie de pourrissement".
On finira par retourner aux urnes et ce sera pire encore !
MG


GEERT BOURGEOIS SUR UNE COALITION FEDERALE: «LA N-VA EST PRETE A PRENDRE SES RESPONSABILITES»
La N-VA veut continuer à collaborer à la formation d’un gouvernement fédéral, a assuré mercredi l’ancien ministre-président flamand Geert Bourgeois dans l’émission De Ochtend sur Radio 1. Selon ce dernier, un retour aux urnes constitue « l’ultime option ».
Mardi, au terme d’une audience de quatre heures, le Roi a prolongé la mission des informateurs d’une semaine, Joachim Coens et George-Louis Bouchez qui doivent désormais rendre leur rapport final le 4 février prochain.
 « L’électeur a distribué les cartes et des formules sont possibles. Nous avons un mandat clair et nous sommes prêts à prendre nos responsabilités », a affirmé Geert Bourgeois en regrettant les propos critiques tenus par Paul Magnette.
 « La N-VA est un parti très responsable » qui fera tout pour réaliser, dans un gouvernement de coalition, la plus grande part possible de son programme, a encore indiqué M. Bourgeois.
« Les informateurs estiment que cela a du sens que leur mission soit prolongée. Laissons-les donc faire leur travail. Aujourd’hui, nous avons un mandat des électeurs : cherchons des solutions jusqu’au bout », a-t-il conclu.


BOURGEOIS: “N-VA WIL VERDER PRATEN ONDANKS ZWARE KRITIEK MAGNETTE”
.NIEUWE VERKIEZINGEN NOEMT BOURGEOIS “DE ULTIEME REMEDIE”.
HLN
N-VA-kopstuk Bourgeois zegt  dat zijn partij nog verder wil praten, ondanks de hevige kritiek van PS-voorzitter Paul Magnette op de Vlaams-nationalisten. “Dat was geen schot voor, maar wel ín de boeg. Ik betreur de uitspraken van Magnette”, zei Bourgeois in De Ochtend op Radio .


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUI A PEUR VIRGINIA WOOLF ?

Qui a le plus peur de l’autre Magnette ou De Wever ?
Ce psychodrame interminable se terminera –t-il jamais ?
Lequel des deux à le plus à perdre d’une alliance ? Sans doute l’un comme l’autre redoutent-il les prochaines élections. Il se pourrait bien que leur procrastination systématique ne les précipitent.
MG

mardi 28 janvier 2020

Manifestation de la FGTB : cette sécurité sociale en danger


Source : Caroline Lallemand
• Le Vif

Des milliers de personnes dans les rues pour sauver la Sécu. Dans le rouge, elle constitue un enjeu politique majeur de la crise actuelle.
Le constat est dressé : l'état financier de la sécurité sociale se dégrade. Le trou est en train de se creuser: 1,5 milliard en 2019 pour atteindre un déficit de 6,4 milliards d'euros à l'horizon 2024 à politique inchangée.
"Cela signifie que sans décisions politiques et sociales, nos pensions, nos remboursements de soins de santé, nos allocations sociales risquent d'être rabotés", souligne la FGTB qui appelle à manifester ce mardi dans les rues de Bruxelles. Le syndicat appelle à une réflexion sur le financement à long terme de la Sécu, qui vient de fêter ses 75 ans en décembre dernier.
Une sécurité sociale que le président de la FGTB, Robert Vertenueil estime "en danger" en Belgique pour cause de sous-financement progressif. Pour lui, elle est pourtant "le meilleur outil pour lutter contre la pauvreté en Belgique. Sans elle, le taux de pauvreté atteindrait chez nous les 40%, nous en sommes aujourd'hui avec elle à 15-16%, ce qui est déjà trop. C'est donc bien un outil efficace mais qui n'a pas aujourd'hui les moyens suffisants notamment pour arriver au bout de cette pauvreté. Elle est en danger oui, car la couverture sociale qu'elle offre à chacun est en train de diminuer, car on est en train de la priver de ses sources de financements ", alertait-il récemment sur les ondes de La Première.
Car la sécurité sociale coûte cher à l'Etat. Avec un coût de plus de 70 milliards d'euros pour les salariés, dont 51 supportés par les entreprises. Pour les travailleurs indépendants, il convient encore d'ajouter 7 milliards environ, selon les chiffres de l'Inasti, relayés par L'Echo.
A ce stade, explique le quotidien économique belge, les perspectives sont simples: si rien ne change, le trou budgétaire continuera à se creuser pour le Trésor. Les cotisations, qui représentent la majorité du financement, ne permettent plus de couvrir les dépenses qu'à moins de 60%, contre encore 75% dans les années 90. Ce qui pèse lourd pour l'État qui doit compenser. Le contexte économique morose n'arrange pas les choses. D'ici 2024, le déficit de la Sécu dépassera - sous l'effet du vieillissement et de la hausse des dépenses en soins de santé principalement - les 6 milliards faute de mesures structurelles, détaille L'Echo.
REGIONALISATION
Des réformes sont avancées, elles passent notamment par le taux d'emploi. "Le déséquilibre (dans le financement de la Sécu, NDLR) peut être rétabli si plus de personnes travaillent plus longtemps", évoquait la FEB dans une récente publication sur le sujet. Ce qui passera, entre autres, selon elle, par le relèvement de l'âge de la pension à 67 ans. La FEB plaide aussi pour abaisser les cotisations sociales patronales, déjà descendues à 25%, à 20%, afin de stimuler la demande de travail et de créer de l'emploi, des mesures prises par le gouvernement Michel.
La manifestation tombe le jour du rapport des informateurs au Roi et ce n'est pas un hasard. Si elle parvient à mobiliser très largement, le syndicat socialiste donnera un signal clair aux partis et au Palais. Car si certains partis embarquent dans la future coalition, et notamment la NVA, la question de la scission de la sécurité sociale pourrait arriver sur la table des négociations. Le parti nationaliste souhaite une régionalisation des soins de santé, ce que le CD&V espère aussi à l'horizon 2024. D'autres pistes sont évoquées : la dégressivité des allocations de chômage ou leur limitation dans le temps, ou encore l'activation des "non-actifs", les malades de longue durée ou les personnes qui ne sont pas sur le marché du travail. La FGTB évoque de son côté l'idée d'une "cotisation générale globale", vue comme une nouvelle cotisation spéciale de solidarité au profit de la Sécu.
Pour le PS, dans la bouche de Paul Magnette, les proposition de la N-VA sont "imbuvables" et entre autres, son souhait de privatiser les missions assumées actuellement par les mutuelles, ainsi que les 5,2 milliards d'économies proposées par le parti de Bart De Wever dans le secteur dans les prochaines années.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MOURIR POUR LA SECU ?

La scission possible de la sécu est à tout le moins le point le plus sensible des négociations fédérales. La NVA l’exige et le PS la refuse obstinément ce qui rend ces deux partis incompatibles, infréquentables ; profondément, radicalement et viscéralement antagonistes.  
Non il n’y aura pas de coalition NVA-PS c’est totalement hors de question.
C’est ne nœud du problème et la pierre d’achoppement.
En déclenchant la grève de ce jour, la FGTB intervient lourdement et brutalement dans la négociation. On ne peut pas dire qu’elle ait déversé une marée humaine dans les rues de Bruxelles. 10.000 grévistes sur la pavé bruxellois, c’est vraiment très peu !
Le Francophones sont-ils prêt à se mouiller voire à mourir pour leur sécu ? C’est ce que nous dirons les semaines qui viennent. 
Comme en France les syndicats socialistes tentent de peser sur le débat politique.
MG 

lundi 27 janvier 2020

Coronavirus: la situation est "grave", l'épidémie "s'accélère", avertit Xi Jinping


Le Vif

L'épidémie de pneumonie virale qui a fait 41 morts "s'accélère" et place la Chine dans "une situation grave", a reconnu samedi le président Xi Jinping, appelant à renforcer l'autorité du régime communiste.
Le nouveau coronavirus, apparu en décembre dans le centre du pays, a contaminé près de 1.300 personnes en Chine et s'est répandu dans plusieurs pays, y compris la France et les Etats-Unis.
La Chine peut "remporter la bataille" contre le nouveau coronavirus, a assuré le chef de l'Etat chinois, lors d'une réunion du comité permanent du Bureau politique du Parti communiste, l'instance de sept membres qui dirige le pays, selon l'agence de presse Chine nouvelle. "Face à la situation grave d'une épidémie qui s'accélère (...) il est nécessaire de renforcer la direction centralisée et unifiée du Comité central du Parti", a-t-il affirmé.
Dans de premières déclarations lundi dernier, il avait appelé à "enrayer" résolument l'épidémie. Ces propos avaient été suivis jeudi de la mise de facto en quarantaine de la ville de Wuhan, à l'épicentre de l'épidémie, et de sa région. Pas moins de 56 millions de Chinois sont depuis bouclés dans des zones dont ils n'ont pas le droit de sortir jusqu'à nouvel ordre.
ET EN EUROPE?
Il est "probable" que davantage de cas d'infection au coronavirus surviennent en Europe, a indiqué samedi le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) en réaction à la découverte de trois patients infectés en France.
"À ce stade, il est probable qu'il y aura plus de cas importés en Europe", prévient le Centre. Même s'il reste encore beaucoup de données inconnues sur ce coronavirus (nCoV 2019), les pays européens disposent des capacités nécessaires pour prévenir et contrôler une épidémie dès la détection des cas, estime-t-il.
D'après le CEPCM, les premiers cas confirmés en Europe ne sont "pas inattendus" compte tenu de l'évolution des derniers jours, avec plusieurs cas de la maladie signalés dans des pays hors de Chine. Vendredi, le ministère français de la Santé avait ainsi annoncé la découverte de trois personnes infectées. Aucun cas n'a été confirmé dans d'autres pays européens pour l'instant mais la vigilance est de mise. La commissaire européenne à la Santé, Stella Kyriakides, a prévu une réunion lundi avec les experts en santé des États membres afin de discuter des options de réaction et des besoins de préparation de chacun des pays. "Nous sommes prêts à agir et à faire plus si nécessaire", a-t-elle assuré sur Twitter.
Au Royaume-Uni, les services de santé recherchent environ 2.000 passagers aériens qui sont arrivés dans le pays depuis la Chine au cours des deux dernières semaines, et en particulier de la ville de Wuhan, l'épicentre du virus.
En dehors de la Chine, le virus est également apparu aux États-Unis, en Thaïlande, au Vietnam et à Singapour, entre autres. En Australie, trois nouveaux cas ont été confirmés samedi, tandis qu'au Japon on en compte trois pour le moment. En Belgique, le premier cas suspecté de la maladie s'est révélé négatif.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IRRUPTION DE L’IMPREVISIBLE 
 LA GRIPPE ESPAGNOLE DE 1918 A BIEN PLUS TUE QUE LA GRANDE GUERRE.

MAIS COMPARAISON N’EST PAS FORCEMENT RAISON !
Certes mais la situation chinoise semble dramatisée à l’extrême par le pouvoir qui a mis des millions de Chinois en quarantaine. Il faut se souvenir que des pandémies ont régulièrement décimé l’humanité. Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle catastrophe démographique ? Il n’est pas impossible qu’on redoute une catastrophe similaire en Chine au vu de l’ampleur des mesures prophylactiques dramatiques prise par le pouvoir communiste.   
La pandémie de grippe s'est répandue à travers le monde en trois vagues, la première au printemps 1918 peu mortelle puis deux autres bien plus virulentes en raison probablement de mutations du virus qui l'ont rendu plus agressif. Les scientifiques semblent redouter, comme la peste  une possible mutation du coronavirus.
La grippe espagnole avait pour caractéristique de frapper surtout des jeunes adultes. Sa cible privilégiée était les personnes de 20 à 40 ans. La gravité de l'épidémie s'explique aussi par la guerre : les mouvements de troupes ont facilité la propagation du virus, les blessures et privations ont diminué les défenses immunitaires.
IMPACT MONDIAL
Il n'existe pas de bilan chiffré précis de cette épidémie. Les calculs anciens faisaient état d'environ 21 millions de morts. Mais d'après des estimations plus récentes, environ un tiers de la population mondiale a été infectée et 50 millions de personnes au moins ont péri.
Les chercheurs Niall Johnson et Juergen Mueller ont même estimé en 2002 que le "bilan réel" de l'épidémie pourrait être de l'ordre de 100 millions de victimes.
Très peu de régions dans le monde ont échappé à la pandémie. L'Australie figure parmi les pays les moins touchés grâce à une politique stricte de mise en quarantaine. C’est précisément la mesure qu’on chisi e prendre les dirigeants chinois.
LA PESTE
La peste noire est la première pandémie à avoir été bien décrite par les chroniqueurs contemporains.
Elle a tué de 30 à 50 % des Européens en cinq ans (1347-1352) faisant environ vingt-cinq millions de victimes. Ses conséquences sur la civilisation européenne sont délétères et de longue durée, d'autant que cette première vague est considérée comme le début explosif et dévastateur de la deuxième pandémie de peste qui dura, de façon plus sporadique, jusqu'au début du XIXe siècle.
Le Moyen Âge fut traversé par de nombreuses épidémies, plus ou moins virulentes et localisées, et souvent mal identifiées (incluant grippe, variole et dysenteries) qui se déclenchèrent sporadiquement. 
Les historiens s’entendent pour estimer la proportion de victimes entre 30 et 50 % de la population européenne, soit entre 25 et 45 millions de personnes. Au niveau mondial, il faut ajouter les morts de l’empire byzantin, du monde musulman, du Moyen-Orient, de la Chine et de l’Inde. Selon les sources la peste noire a fait entre 75 et 200 millions de morts lors du XIVe siècle.
Face à la peste, et à l'angoisse de la peste, les populations réagissent par la panique, la  fuite, l'agressivité ou la projection. La fuite est générale pour ceux qui en ont la possibilité. 
Il faut sans doute s’attendre aujourd’hui face à la propagation rapide su coronavirus notamment via les transports aériens à des réactions irrationnelles exacerbées sur les réseaux sociaux. Il va falloir garder  son sang froid et consulter les meilleurs sources médicales pour se faire une opinion critique mais réaliste de la situation. Evitons toute forme de panique mais aussi de banalisation.  
Rappelons que « l'épidémie de pneumonie virale qui a fait 41 morts "s'accélère" et place la Chine dans "une situation grave", a reconnu samedi le président Xi Jinping ». Et surtout qu’il a appelé à « renforcer l'autorité du régime communiste. » Voilà qui est  plus très préoccupant. Le régime est menacé par un ralentissement économique susceptible d’induire en Chine des remous sociaux de type « gilets jaunes .» 
Pour tenter d’endiguer l’épidémie qui s’aggrave, le président chinois reprend la main et multiplie les mesures de contrôle à travers le pays.
Jugeant la situation grave, Xi Jinping sonne la mobilisation
Xi Jinping mise sur la centralisation pour affronter la crise la plus grave depuis son arrivée à la tête de l’Empire du milieu, en 2013. Cette dramatisation assumée, délibérément mise en scène et la création d’un comité visant à gérer la crise à l’échelle nationale marquent la reprise en main du dossier par l’«Empereur rouge», face à des provinces dépassées et à une opinion anxieuse.
Bousculé, le grand  timonier  reprend la barre, le regard impérieux. 
Il conviendra de suivre de très près cette spectaculaire et soudaune  irruption de l’imprévisible.
MG


CORONAVIRUS: "LE VIRUS DE LA PANIQUE EST SUPER CONTAGIEUX ET TRES DIFFICILE A TRAITER"
Le virus de la panique est super contagieux et très difficile à traiter". En tweetant ainsi, le virologue de KuLeuven, Marc Van Ranst tient à remettre quelque peu à sa place l'actuel embrasement lié à l'épidémie de coronavirus.

dimanche 26 janvier 2020

L'École du Changement



Première du film "L'Ecole du Changement" le 27 janvier 2020 à 19h30 à l'occasion de sa sortie en salle.

Evénement en présence de :
Anne Schiffmann et Chergui Kharroubi, réalisateurs ;
Julie Moens, directrice de l'Ecole Secondaire Plurielle Maritime de Molenbeek ;
Tanguy Pinxteren, directeur du Lycée Intégral Roger Lallemand à Saint-Gilles ;
Frédéric Delcor, Secrétaire Général du Ministère et coprésident du Pacte pour un enseignement d'excellence

Synopsis :

De plus en plus de voix s’élèvent pour penser l’école autrement. En septembre 2017, des professeurs passionnés ont réalisé leur rêve en ouvrant deux nouvelles écoles secondaires publiques à pédagogies actives, L’Ecole Secondaire Plurielle Maritime (et sa jumelle duKarreveld) à Molenbeek et le Lycée Intégral Roger Lallemand à Saint-Gilles. 
Deux écoles bruxelloises qui, chacune à leur manière, bousculentles codes de l’école traditionnelle.
 Deux écoles où les élèves sont acteurs de leur scolarité et où l’on fait le pari que l’autonomie, la citoyenneté, la bienveillance et la mixité sociale redonnent du sens à l’enseignement.
 Deux écoles où professeurs et élèves construisent ensemble un projet audacieux qui cultive le plaisir d’apprendre. 

L’école est un enjeu crucial pour la société. Et plusieurs constats nous interpellent. C’est un vrai projet de société de vouloir rendre l’école plus égalitaire.

Tickets en vente sur https://www.eventbrite.com/e/billets-cine-debat-l-ecole-du-changement-89229619193?aff=ebdssbdestsearch

Messieurs Bouchez et Magnette, aimer la Belgique, c'est aussi la comprendre !


Olivier Mouton 
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express 

Les politiques francophones aiment la Belgique, mais " oublient " de parler le néerlandais ou négligent la logique politique au Nord. Comment un relent du passé...
La déclaration d'amour de Georges-Louis Bouchez à la "Belgique unitaire" et son plaidoyer pour une refédéralisation de compétences, faite dans le dernier numéro de Wilfried, suscite comme attendu une avalanche de réactions. Il y a ceux, comme les jeunes libéraux ou la présidente de l'Open VLD, qui se félicitent de cet "idéal n'étant pas une position de négociation". Il y a les autres, comme la N-VA ou les socialistes francophones, qui tombent de leur chaise et dénoncent un retour "à la Belgique du 19e siècle". Ceux-là crient à un oubli coupable de l'évolution fédérale ayant permis de pacifier le pays. Et il y a enfin ceux, comme son co-informateur Joachim Coens (CD&V) qui se félicitent de voir le débat sur l'avenir du pays placé de la sorte à l'agenda.
En tout état de cause, cette interview accordée alors que Georges-Louis Bouchez était déjà informateur et président de parti fait bouger les lignes en vue de la fin de la mission royale, mardi 28 janvier. On verra dans quel sens.
Ceci dit, la position actuelle des présidents des deux premiers partis francophones à l'égard de la Belgique et de son avenir a de quoi laisser pantois. Tant au niveau de la forme que du contenu.
Georges-Louis Bouchez fuse de toutes parts comme la nouvelle génération sait le faire et se fait un nom à la vitesse grand V. Ce faisant, il use des méthodes des politiques les plus rusés, y compris Bart De Wever. Mais en plaidant pour la Belgique unitaire, il étonne et brise effectivement la ligne de son parti. Son prédécesseur, Charles Michel, avait fait le choix risqué de s'allier à la N-VA pour préserver le pays, en intégrant la dynamique flamande en matière économique ou sécuritaire (sans débat communautaire en tant que tel, c'est vrai). Des régionalistes comme Willy Borsus (version pragmatique) ou Jean-Luc Crucke (version affective) ont quant à eux plaidé pour une Belgique à quatre, en insistant sur la régionalisation.
En outre Georges-Louis Bouchez joue sur l'imaginaire belge, présente ses voeux pour 2020 avec un tee-shirt belge et des allusions à Tintin, mais sa connaissance du néerlandais reste lacunaire. Il fallait le voir échapper aux caméras de la télévision flamande dans les couloirs du Sénat après l'affaire Khattabi, ne répondant qu'en français, sans même un "geen kommentaar". C'est un paradoxe bien francophone : aimer le pays, mais ne pas parler sa première langue.
Faut-il rappeler l'effet désastreux du néerlandais pour le moins "comique" d'Elio Di Rupo lorsqu'il était Premier ministre ? L'homme avait certes des circonstances atténuantes (des acouphènes) expliquant sa difficulté d'apprentissage, mais quand même...
Son successeur, Paul Magnette, parle au contraire un néerlandais d'un très bon niveau. Il n'a aucune peine à débattre à la télévision du Nord ou à s'exprimer devant un public flamand. C'est un signal fort, mais... ce politologue réputé, grand analyste des évolutions européennes, a tendance à ignorer la dynamique flamande ou à la considérer selon son propre prisme, idéologique, marqué à gauche, effrayé à la perspective de voir Ecolo et le PTB grignoter encore des parts de marché au PS.
Bien sûr, il y a des arguments à dire que le vote N-VA ou Vlaams Belang ne signifie pas forcément un appétit séparatiste ou indique des volontés d'avancées sociales. Mais en niant délibérément les deux premiers partis flamands (le Vlaams Belang, c'est normal et fidèle au cordon sanitaire) lors des longs mois de recherche d'un compromis fédéral, le président du PS n'a pas forcément contribué à trouver une solution belge. Les quelques voix s'exprimant en faveur d'une réforme de l'Etat au sein du parti (le Bruxellois Charles Picqué très vite, le Montois Eric Thiébaut cette semaine) ont notamment reçu peu d'échos., y compris en interne
Tout cela indique peut-être que l'on pourrait évoluer prochainement vers une coalition Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). Ce serait enfin choisir et les francophones rendraient à la N-VA la monnaie de sa pièce de 2019. Mais si cela s'avérait, l'avenir de la Belgique risque bien, à terme, en 2024, de poursuivre sa course folle vers une séparation de plus en plus grande. Le dialogue N-VA / PS avec le MR comme intermédiaire semble, lui, bien compris.
La Belgique unitaire est bien loin.


COMMENTAITE DE DIVERCITY
BOUCHE A L’EMERI ?

" Ce que le président du MR met en exergue à son insu, c'est avant tout un débat plus profond et spirituel sur l'identité des francophones ", estime Simon Lefebvre dans le Vif.
Le débat "unitaire" n'est pas nouveau, d'autres partis politiques plaident depuis longtemps en faveur d'un retour à une Belgique unitaire et d'une re fédéralisation des compétences. L'organisation même de certains partis transcende d'ailleurs le clivage linguistique.
Toutefois: « Il est malhonnête de feindre de ne pas comprendre qu'une telle sortie puisse poser problème. »
La NVA doit maintenant « envisager » d’entrer au gouvernement avec un mouvement dont le Président évoque publiquement son idéal d'unitarisme et de re fédéralisation des compétences en Belgique. Une situation qui résonnerait comme un aveu de faiblesse des séparatistes flamands.
« La Flandre, de par l'importance du mouvement flamand qui s'y est développé, est aujourd'hui devenue une nation sans Etat propre mais perpétuellement à la recherche de son Etat. »
Cette soudaine «  nostalgie de la Belgique » d'antan s'affiche davantage du côté francophone.
A l'inverse de la Flandre, la Wallonie n'a jamais réussi à développer un "mouvement wallon" similaire, ni même une identité propre.
Jules Gheude est amusé par «  Le pied de nez de Georges-Louis Bouchez à la Flandre » Mais il rappelle également dans LE VIF à toutes fins utiles que « le Nord doit sa prospérité économique à une gestion basée sur l'entreprenariat privé, gestion à laquelle l'influente organisation patronale Voka veille scrupuleusement ; Voka qui vient d'ailleurs de se prononcer ouvertement en faveur de la régionalisation de l'emploi et de la sécurité sociale ! » Et Gheude de déplorer que « le redressement wallon ne s'est toujours pas opéré. »
« La vérité, c'est que, de 1988 à 2017, la ministre-présidence wallonne a été confiée, sans interruption, au PS. Une gestion marquée fortement à gauche et davantage soucieuse de la sauvegarde des droits acquis que de la promotion de l'initiative privée. »
 « Ce n'est pas un hasard si, en 2017, les Wallons ont totalisé 110 jours de grève, contre 39 pour la Flandre. C'est cet état des choses que la Flandre critique et qui l'amène à remettre en cause la solidarité financière. »
Georges-Louis Bouchez, ne semble toujours pas avoir compris que « la Flandre a réussi, au prix d'un long combat, à s'ériger en Nation, une évolution qui rend totalement impossible la survie de la Belgique. Car comme le précise fort bien un dicton africain : Il n'y a pas place pour deux sur la peau du léopard. »
Tout nous laisse donc  à penser que «  de nouvelles élections seront inévitables, elles ne feront que confirmer l'ingouvernabilité du pays. Et la conclusion s'imposera d'elle-même : un pays sans gouvernement est un pays qui n'existe plus »
L’inexpérience, l’impertinence gratuite de ce coquelet arrogant visiblement « bouché à l’émeri » va nous rapprocher brutalement d’élections anticipées redoutées par tous à l’exception du Belang et du PTB.
Bravo les  barons du MR d’avoir donné des ailes à ce coq de basse cour sans envergure !
MG

Crachons sur les racistes


L'avocate Selma Benkhelifa dénonce la "vague de haine hallucinante à propos du naufrage de La Panne" et appelle à soutenir "nos compatriotes antiracistes en Flandre".
Une embarcation de fortune chavire dans la Manche. Des réfugiés nagent jusqu'à La Panne où ils demandent du secours. Six réfugiés sur treize. Les huit autres ont disparu.
Probablement ce sont-ils noyés...
Le Bourgmestre de La Panne Bram Degrieck déclare qu'un drame de cette ampleur ne s'est jamais produit dans sa commune.
Pourtant les réfugiés sont afghans et iraniens. La guerre et la dictature dans ces deux pays ne sont pas des faits nouveaux. Depuis des décennies, des gens fuient et viennent demander l'asile.
Il n'y a pas si longtemps, on faisait la différence entre les "vrais réfugiés" qui fuyaient la guerre et les "réfugiés économiques" qui ne fuyaient que la pauvreté. Et le citoyen lambda reconnaissait que les Afghans et les Iraniens étaient de "vrais réfugiés". Ils bénéficiaient de la sympathie des gens, qui ne pouvaient que reconnaître la légitimité de quitter leur pays.
Ces derniers jours, on a assisté à une vague de haine hallucinante à propos du naufrage de La Panne. Des gens se réjouissaient qu'il y ait des disparus, peut-être des morts.
Explosion de haine telle que le Parquet a décidé d'ouvrir une enquête pour violation de la loi de 1981 sur le racisme, fait rarissime.
Heureusement certains se sont distanciés de ces horreurs. Bram Degrieck, le Bourgmestre, s'est montré intransigeant vis-à-vis des "réactions marginales de ces ploucs de droite inspirés par des gredins politiques en cravate, avec du gel dans les cheveux, qui sèment la haine dans notre société et considèrent comme des animaux les gens qui parlent des langues compliquées". On comprend l'allusion au président du Vlaams belang.
Il a ajouté : "Je cracherais bien sur eux. Cela me démange. Mais je ne le ferai pas, sinon je serais juste comme eux." Un hashtag #spuwen (cracher) circule en Frandre. Soutenons nos compatriotes antiracistes en Flandre, crachons aussi sur les racistes. #cracher
Selma Benkhelifa, avocate, Progress Lawyers Network


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BETE IMMONDE JAMAIS N’A CESSE DE RAMPER

Sans doute la « bête immonde » n’a-t-elle jamais cessé de ramper,  tapie dans l’ombre de sa tanière. Elle a rugi très fort sous le Reich de douze ans pour hiverner ensuite jusqu’à nos jours. Et voici qu’à la faveur des réseaux sociaux elle surgit à nouveau sous la forme d’un avatar tout neuf inspiré par les propos rances de l’éternel café du commerce. Il existe en Flandre un parti qui fait désormais caisse de résonance en proclamant tout haut ce qui jusqu’ici se murmurait doucement autour de comptoirs de brasseries aussi troubles que celles de Munich où Adolphe Hitler eut ses premiers succès y réunissant ses premiers partisans. La bête immonde est sortie de l’ombre pour revivifier sa quête diabolique.
MG

LA BETE IMMONDE
On attribue souvent l'origine de l'expression « bête immonde » à une réplique de l'épilogue de la Résistible Ascension d'Arturo Ui (satire de l'ascension d'Adolf Hitler) écrite par Bertolt Brecht en 1941 :
« Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde. »
Mais le texte original de Brecht (en allemand : Der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch ; littéralement : « L'utérus est encore fertile d'où ça a rampé ») n'utilise pas cette métaphore. (Le nazisme, en l'espèce, est seulement désigné par le pronom neutre allemand das, « ça, cela ».) Celle-ci fut introduite par le traducteur américain Hoffman Reynold Hays dans la traduction de la pièce qu'il effectua en huit jours en 1941, alors que Brecht, immigré aux États-Unis, tentait, sans succès, de faire monter sa pièce à New York. La formule de Hays : The belly is still fertile from which the foul beast sprang a été calquée à l'identique dans la traduction française d'Armand Jacob en 1961.
Dès le 14 décembre 1930, Joseph Roth parle de « bête immonde » dans une chronique intitulée Lettre du Harz publiée dans le Frankfurter Zeitung :
« De la face énergique du dictateur welche au regard noblement tourné vers le nord et au menton qui fait songer à un casque d'acier renversé, à la figure d'un Adolf Hitler dont les grimaces ont devancé celle de ses électeurs et où chaque partisan peut constater, comme dans un miroir, que tout est déjà là : les Dinter et les Lauff, la bête immonde et son âme, le doré sur tranche et le filet de sang. »
Wikipedia

vendredi 24 janvier 2020

Les réactions de la N-VA sont violentes à l'encontre de Georges-Louis Bouchez

Antonin Marsac La libre Belgique

Georges-Louis Bouchez, président du MR, a accordé une interview au magazine Wilfried alors qu'il est informateur. Dans cette interview, deux phrases ont particulièrement retenu l'attention, puisque le libéral déclare ceci: "Il faudrait remettre toutes les compétences au niveau fédéral. Moi, je suis pour un Etat unitaire". Cette sortie a été considérée par certains comme une attaque à l'encontre de la N-VA, puisque le parti nationaliste milite pour une réforme de l'Etat et un transfert de compétences vers les Régions.
Pour sa défense, Georges-Louis Bouchez a précisé que l'interview accordée au magazine n'était aucunement source de propositions politiques, mais juste un idéal "politico-philosophique" étalé sur huit pages.
En tout cas, la N-VA, mais pas seulement, a sauté sur l'occasion pour sanctionner le faux-pas de l'informateur libéral. "Dat noemen ze 'rater la chance de fermer sa g...'", a tweeté Sigfried Bracke, l'ancien président de la Chambre des représentants et membre du parti nationaliste.

Hendrik Vuye, ex-figure de la N-VA et aujourd'hui député indépendant, a lui aussi souligné que pour un "unitariste" comme se prétend l'être Georges-Louis Bouchez, en "vrai Belge", il devrait maîtriser la langue néerlandaise.
Bart De Wever a pour sa part dit que la vision du président du MR renvoyait à la Belgique du 19e siècle.



Het unitarisme dat @GLBouchez voorstelt werpt ons terug naar de 19de eeuw. Iedereen heeft recht op een eigen opinie, maar als informateur help je de zaken zo niet vooruit.

Georges-Louis Bouchez a, peut-être de bonne foi, fait part de sa vision sans arrière-pensée. Mais il s'avère que, pendant cette période, cela peut sembler une erreur politique. En tout cas, la N-VA a saisi la balle au bond. Reste à voir ce que cela va donner prochainement et qui en paiera le prix. Ou plutôt qui tirera bénéfice de cette polémique.
Le président du CD&V Joachim Coens, qui partage la mission d'informateur avec Georges-Louis Bouchez, a pour sa part nuancé le débat. Il a souligné que, par ses déclarations, Georges-Louis Bouchez prouve "que le prochain gouvernement devra en tout cas avoir un débat approfondi sur la façon de renouveler les institutions. Le thème est à l'ordre du jour".

François De Smet, nouveau président de Défi, participait lui aussi à l'interview croisée pour Wilfried. Il a réagi ce matin et a appelé le public à lire au-delà des petites phrases.
Du côté des politiques flamands issus d'autres partis que la N-VA, les réactions sont beaucoup plus nuancées et diplomates, comme le montrent les tweets de Gwendolyn Rutten (Open VLD), Bart Tommelein (Open VLD) ou Kristof Kalvo (Groen).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VERTIGINEUX! UNE GRAVE  ERREUR POLITIQUE

Cette déclaration intempestive est vraiment  d’une vertigineuse connerie. On en vient à se demander comment les barons  libéraux francophones ont pu se choisir pareil hystrion comme président de parti.
Cela participe de l’irruption de l’imprévisible dans la politique belge.
Madame Defraigne doit se ronger les sangs de n’avoir pas su s’imposer dans ce MR  qui, avec Bouchez se révèle nostalgique de la Belgique de papa. Il serait opportun , comme nous le disons depuis des mois, que se  crée au centre de la francophonie un nouveau mouvement, voire carrément un parti qui regroupe tous les partisans  d’un libéralisme social à la Louis Michel ou Guy Verhofstadt. Le plus cocasse, le plus paradoxal c’est que Louis Michel lui–même semble se renier par aveuglement pour le parcours sidérant de son fils Charles.
Bouchez entraînera la Belgique non pas vers l’unité qui le taraude mais au contraire , il risque de la précipitera  dans le chaos!
Ce homme est dangereux.
MG

mercredi 22 janvier 2020

"On doit tout remettre au niveau fédéral": une interview de Georges-Louis Bouchez risque de faire du bruit en Flandre


La Libre Belgique
Le président du MR et informateur royal, Georges-Louis Bouchez, a déclaré dans une interview accordée au magazine "Wilfried" être en faveur d'un retour à une Belgique unitaire, rapportent nos confrères du Laatste Nieuws et du Soir.
"Je suis unitariste. Moi, je suis pour un État unitaire. Je ne parle pas d'efficacité quand je vous dis ça, mais d'attachement sentimental", affirme notamment M. Bouchez, dans cette interview qui sera publiée jeudi mais qui remonte à décembre, alors que le nouveau président du MR avait déjà été nommé informateur avec Joachim Coens (CD&V).
"Des améliorations liées aux réformes de l'Etat ? Je n'en vois aucune en ce qui concerne les grandes compétences. Si jamais on devait procéder à une évaluation des six réformes de l'Etat, je peux déjà vous donner la conclusion. La conclusion, c'est qu'on doit tout remettre au niveau national. Si ça ne tenait qu'à moi - mais je ne suis pas tout seul - on remet tout à un niveau central. Et si véritablement on considère que ce pays n'est plus gérable, alors on peut le diviser", ajoute Georges-Louis Bouchez, selon des propos cités par Le Soir.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUI PARLE ? L’INFORMATEUR ? LE PRESIDENT DU MR ? UN EXTRATERRESTRE ?

"Je suis un unitariste. Plus que cela, je pense que nous devrions tout ramener au niveau fédéral. Je suis pour un État unitaire. »
Il fait de la chair à saucisse des réformes de l'État passées.  Commente De Standaard .
« Je peux déjà vous donner la conclusion de l'évaluation : tout doit revenir au niveau national. Nous devons mettre fin à cette folie". Voilà qui est absolument inouï ? Provocation ? Ignorance des réalités politiques belges ? Cet homme est dangereux pour lui-même, pour son parti et pour le pays. Curieux de voir comment le monde politique et la presse vont réagir à ce pavé dans le marigot fédéral.

BOUCHEZ: ‘IK WIL TERUG NAAR HET UNITAIRE BELGIË’
NET WANNEER VOOR ZIJN INFORMATEURSCHAP VOORUITGANG LONKT, PLEIT MR-VOORZITTER GEORGES-LOUIS BOUCHEZ VOOR DE AFSCHAFFING VAN HET FEDERALE BELGIË.
‘Ik ben een unitarist. Meer nog: ik denk dat we alles terug naar het federale niveau moeten brengen. Ik ben voor een eenheidsstaat.’ In het nieuwste nummer van het Franstalige magazine Wilfried, dat vandaag verschijnt, doet MR-voorzitter en federaal informateur Georges-Louis Bouchez een opvallende en politiek erg gevoelige bekentenis.
Hij maakt gehakt van de voorbije staatshervormingen. ‘Ik kan u de conclusie van de evaluatie daarvan al geven: alles moet opnieuw naar het nationale niveau. We moeten stoppen met deze waanzin.’ Het interview vond plaats halfweg december, toen Bouchez al informateur was.
NET OP ERG CRUCIAAL MOMENT
Zijn woorden komen naar buiten op een erg cruciaal moment. Met co-informateur Joachim Coens (CD&V) heeft Bouchez nog vijf dagen vooraleer ze koning Filip vordering in de federale regeringsvorming willen voorleggen. Nu duidelijk is dat paars-groen niet in zicht is - ook niet aangevuld met CD&V - wordt volop geprobeerd om N-VA en PS dichter tot elkaar te brengen.
Dat de PS openstaat voor institutionele gesprekken, is niet nieuw. Maar net als bij de vorige informatiepogingen voelt de partij druk vanuit de MR om de communautaire koelkast op slot te houden.
Dat de voorzitter van de partij voor een afschaffing van het federalisme pleit, is in dat licht bijzonder. In het interview geeft Bouchez wel aan dat hij er zeker van is dat er, ondanks zijn verzet, toch een volgende staatshervorming aankomt. ‘Ik ben geen vragende partij, maar wel realistisch.'

L’arbre étant coupé, regardons la forêt…



 Un édito de Dorian de Meeûs. La Libre Belgique extraits)

En crevant l’abcès, le PS joint la parole aux actes, comme il le fait également depuis 4 mois dans l’affaire Nethys. Ce vent frais fait du bien. Il atteste aussi la ferme et véritable volonté de Paul Magnette de remettre le train PS sur les rails de l’éthique.
François Mitterrand  : “On n’apprend rien par la parole, mais tout par l’exemple.” Espérons que les autres nouveaux présidents de parti fraîchement désignés suivront l’exemple. Car, malheureusement, même s’il s’avère particulièrement emblématique, le cas Emir Kir n’est pas unique. Parmi les élus et candidats de tous les mouvements politiques, l’on retrouve des femmes et des hommes qui surfent dangereusement sur le communautarisme. S’il est tout à fait légitime et même souhaitable que les listes électorales représentent au mieux la diversité des citoyens d’une commune ou d’une région, cela ne doit plus passer par une dangereuse chasse au vote ethnique. Le communautarisme ne sera jamais un moyen efficace de respecter la diversité ou les origines des électeurs.
Emir Kir, par sa popularité et sa visibilité médiatique, était l’arbre qui cache la forêt. L’arbre étant coupé, regardons la forêt…

DI RUPO SUR L’EXCLUSION DE KIR: «CE N’EST PAS UNE QUESTION DE COMMUNAUTARISME MAIS DE COMPORTEMENT»

 « Les valeurs constituent le fondement de notre parti et on ne transige pas avec ces valeurs. Le cordon sanitaire a l’égard de l’extrême-droite est fondamental », a rappelé Elio Di Rupo.
 « Quand on est membre du PS, on accepte les valeurs du parti. Nous ne pouvons pas vivre avec des questions de communauté à communauté. Le PS, c’est améliorer la condition de vie des citoyens. Nous ne faisons aucune différence entre l’origine des personnes, la race, les hommes ou les femmes ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« REMETTRE LE TRAIN PS SUR LES RAILS DE L’ETHIQUE. » (La libre)
" L'AFFAIRE KIR, C'EST LA POINTE D'UN IMMENSE ICEBERG ".( l'Echo)
LE PS OSERA-T-IL ENFIN  RESOLUMENT L'INTERCULTUREL ? 
« Les conséquences seront surtout lourdes pour le PS de Bruxelles, qui mettra des années à trouver de nouveaux visages aussi forts que Kir sur le plan électoral. Le PS à Bruxelles devra chercher de nouveaux visages. Et il devra aussi lancer toute une opération pour faire comprendre cela aux militants et aux électeurs ». (Dave Sinardet) « Ce n’est pas une question de communautarisme, c’est une question de comportement », a martelé Elio Di Rupo.
Il ya toutefois une autre voie que celle de la communautarisation à savoir celle de l’éthique et celle du dialogue interculturel franc et hardi.
Rappelons sans angélisme que la majorité de la population de ce pays n'est pas béatement multiculturelle ; pas plus qu'elle n'est franchement raciste au demeurant. Ce qui manque cruellement, c'est un sursaut éthique et un meilleur dialogue interculturel.
Mais comment organiser et instaurer ceci concrètement ?
- en renforçant le travail éducatif et surtout en renforçant les compétences éducationnelles des parents;
- en adoptant une approche plus contraignante en matière d'obligation scolaire;
- en mettant mettre en œuvre des mesures spécifiques en faveur des jeunes faiblement scolarisés candidats au décrochage scolaire et social
- en assurant une meilleure insertion des jeunes défavorisés dans le monde du travail;
- on conservera son identité culturelle et religieuse tout en souscrivant aux valeurs fondamentales de notre société;
- en organisant des cours de français efficaces pour les primo arrivants et pour les parents d’élèves issus de la diaspora par mariages et regroupement familiaux.
-en favorisant la multiplication de lieux qui soient de véritables incubateurs interculturels favorisant les interactions entre Bruxellois d’origines diverses.
La diversité est un fait. Il y a deux façons de l'aborder soit par la confrontation communautariste,  soit par le dialogue interculturel.
DiverCity depuis sa fondation opte résolument pour le dialogue interculturel.
 Il est piquant, voire cocasse de constater que la plus grande communauté culturelle du pays soit incapable d'organiser le dialogue biculturel avec les Wallons et les Bruxellois.
Se contenter de diagnostiquer le caractère multiculturel de la société et favoriser de la sorte le communautarisme  est une chose. En revanche pratiquer une politique volontariste arque-boutée  sur une dynamique interculturelle, véritable creuset de la diversité, est est une tout autre chose. Insistons-y. Le propre de toute démarche interculturelle volontariste, c'est de respecter d’abord et de  partager ensuite la culture de l'autre, d'aller à sa rencontre pour construire quelque chose de nouveau sans renoncer à sa propre identité. Cette démarche est inductrice de cohésion sociale, car elle vise à promouvoir et à garantir le fait que chaque citoyen vivant dans une commune, un quartier, qui occupe un «espace social» de la cité, y trouve sa place en tant que citoyen responsable et participe à sa vie en y apportant sa contribution et ses potentialités tout en y bénéficiant de ses solidarités. N’est ce pas là précisément ce que l’on est en droit d’attendre d’un parti socialiste soucieux du bien être des gens, quelle que soit leur origine ?
Mais rien ne se fera en ce sens  sans un véritable changement des mentalités. En effet, oser l'interculturel, c'est relever un défi majeur, car cette démarche ne va pas de soi au moment où les communautarismes gagnent du terrain. Pour réussir le pari de l'interculturalité, il faut promouvoir la mixité culturelle mais aussi sociale et lutter contre toutes les formes de ghettoïsation et de repli identitaire.
Bruxelles, comme l'Europe, sera interculturelle ou ne sera pas. C'est ce que ne cesse de répéter DiverCity depuis sa création, il y a dix ans  le magazine «Reflets» depuis une vingtaine d'années déjà. Notre objectif premier est de proposer des pistes qui favorisent une coexistence pacifique, induit de la cohésion sociale.
Opter pour l'interculturel, c'est préparer l'horizon européen au dialogue et à la paix quand nous assistons en réalité à la lutte entre les intégrismes de tous bords (aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche) - animés par ceux qui aspirent au conflit des civilisations - et d’autre part les partisans de l'ouverture, du pluralisme, de la diversité culturelle, ceux qui aspirent à une éthique politique et qui plaident pour le dialogue des cultures, des religions, des civilisations. Bref, un dialogue entre les humains dans leur totale et belle diversité.
Il s'agit de proposer aux instances politiques  des pistes nouvelles qui préparent un avenir qui ne soit pas le simple prolongement de la situation existante, complètement bloquée dans ses contradictions. Ne dit-on pas que gouverner, c'est prévoir?
MG





mardi 21 janvier 2020

Le FMI a dépisté des signes de l’approche d’une nouvelle Grande dépression


Natalia Seliverstova

Les inégalités et l’instabilité du secteur financier risquent de plonger l’économie mondiale dans une nouvelle Grande dépression, selon la directrice générale du FMI. Cet avertissement est basé sur les études de chercheurs du FMI qui ont comparé l’économie actuelle à la période des années folles ayant abouti à la crise boursière de 1929.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Gueorguieva voit dans les inégalités et l’instabilité du secteur financier le risque du retour d’une Grande dépression, rapporte le Guardian.
S'exprimant au Peterson Institute of International Economics à Washington, Mme Gueorguieva a déclaré qu’une nouvelle recherche du FMI, qui a consisté à comparer l'économie actuelle aux «années folles» ayant abouti au krach boursier de 1929, ont révélé qu'une tendance similaire était en cours. 
LE ROYAUME-UNI, UN EXEMPLE D’INEGALITES
Elle a signalé qu’alors que l'écart des inégalités entre les pays s'était résorbé au cours des deux dernières décennies, il avait augmenté au sein même des pays, citant en exemple le Royaume-Uni.
«Au Royaume-Uni, par exemple, les 10% les plus riches contrôlent désormais presque autant de richesse que les 50% les plus pauvres. Cette situation se retrouve dans la plupart des pays de l'OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques, ndlr], où les inégalités de revenus et de richesse ont atteint, ou sont proches, des records », a-t-elle indiqué.
UNE TENDANCE QUI RAPPELLE LE DEBUT DU XXE SIECLE
La cheffe du FMI a estimé que ces fortes inégalités empêchent la croissance économique et alimentent le populisme et l’instabilité politique.
«À certains égards, cette tendance troublante rappelle le début du XXe siècle, lorsque l’essor technologique et l'intégration ont conduit à l’âge doré, aux années folles et, finalement, au désastre financier», a-t-elle détaillé.

Mme Gueorguieva a averti que la situation s’aggravait actuellement suite à l'urgence climatique et au protectionnisme commercial accru. Il s’ensuit que ces 10 prochaines années seraient caractérisées par des troubles sociaux et la volatilité des marchés financiers.
LA GRANDE DEPRESSION
L’âge doré est une période de prospérité et de croissance aux États-Unis allant de la fin de la guerre de Sécession jusqu’au début du XX siècle. Les années folles désignent une période d’intense activité sociale, culturelle et artistique entre 1920 et 1929 qui a commencé après la fin de la Première Guerre mondiale. Cette période a abouti au krach boursier de 1929 qui a engendré la Grande dépression, l’une des plus graves crises économiques de l’Histoire.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE NOUVELLE DEPRESSION AVEC UN GOUVERNEMENT EN AFFAIRES COURANTES ?

Difficile d’imaginer la catastrophe que provoquerait une nouvelle crise économique majeure sans gouvernement de plein exercice. 
« Alors que l'écart des inégalités entre les pays s'était résorbé au cours des deux dernières décennies, il avait augmenté au sein même des pays, citant en exemple le Royaume-Uni. »
Il semble bien que le système capitaliste longtemps dopé par une cure de néo libéralisme soucieux de briser les reins à la sociale démocratie soit sur le point de subir une crise majeure.
On ne voit pas comment cette fois nos démocraties exsangues et lourdement endettées pourraient renflouer les banques comme elles le firent en 2008. Les efforts d’Emmanuel Macron de réformer la France dans le dessein d’assainir ses financesi se sont heurtés à la révolte des gilets jaunes- les malmenés du système- et à la grogne des salariés et des retraités bien encadrés par les syndicats.
MG

lundi 20 janvier 2020

Près de 500 horaires complets vacants dans les écoles de Wallonie-Bruxelles

Enseignement
Monique Baus 

En tête de la liste publiée par le nouveau réseau au "Moniteur" : 72 instituteurs primaires.
Étalée sur pas moins de 115 pages, la liste des emplois vacants et disponibles dans le réseau d’enseignement Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) est impressionnante ! Comme le veut la loi, elle vient d’être publiée au Moniteur après les opérations de réaffectation de cette année. L’enseignement fondamental et secondaire, les internats et les homes d’accueil sont concernés.
Les postes se partagent en quatre groupes. Les emplois vacants (emplois inoccupés à ce jour) à temps plein et partiel, et les emplois disponibles (leur titulaire doit être remplacé tout en restant nommé, aucune nomination statutaire définitive ne peut donc être envisagée) à temps plein ou non.
"WANTED" : EDUCATEURS, PROFS ET LOGOPEDES
On dit souvent que le manque d’attrait pour l’enseignement est lié à la difficulté de constituer un horaire complet. Ici, la colonne des emplois vacants à temps plein est bien fournie. Loin devant les autres, les instituteurs primaires sont les plus recherchés (pas moins de 72 horaires complets vacants !). Il y a du travail aussi pour les éducateurs (20 emplois vacants en internats et 35 ailleurs). C’est connu, les matières linguistiques peinent à trouver des enseignants (WBE cherche 16 instituteurs en immersion en anglais et néerlandais, 24 profs d’anglais et 37 maîtres et profs de néerlandais). Les cours généraux ne sont pas loin (30 profs de math, 19 profs de français, 23 maîtres et profs d’éducation physique et 10 profs d’éducation technologique sont attendus). Enfin, 24 horaires complets de logopèdes sont aussi vacants.
Les emplois vacants à horaires incomplets constituent la colonne la plus remplie. Elle reflète partiellement les profils précédents, mais un tas d’autres fonctions s’y ajoutent, dont un paquet dans les matières techniques. Entre une et vingt-sept heures de cours cherchent preneurs dans un même athénée, dans des domaines aussi divers qu’électricité, mécanique, peinture, bois, service en salle ou encore chinois, équitation, soins animaliers ou grimpeur-élagueur.
Histoire de mettre ce qui précède en perspective, on peut rappeler que le réseau WBE représente environ 15 % des élèves. On sait que la pénurie touche aussi les autres réseaux. C’est dire si ce problème reste préoccupant.
Infos : recrutement.enseignement@cfwb.be


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET SI ON SE DEMANDAIT POURQUOI PLUS PERSONNE NE VEUT FAIRE CE METIER ?

J’ai enseigné de 1969 à 2001 avec des interruptions pour assurer des directions d’école et j’ai adoré ces deux métiers mais sachant ce que je sais aujourd’hui, jamais je ne voudrais commencer une carrière dans l’enseignement. En revanche, si j’étais Finlandais je n’hésiterais pas à me lancer. Pourquoi ? La réponse est donnée dans La Libre par un enseignant qui désire conserver l’anonymat.
MG


Opinions
"MADAME LA DIRECTRICE, J’AI 50 ANS ET JE SUIS EN DECROCHAGE SCOLAIRE"
La Libre Belgique
Un témoignage d'un professeur qui préfère garde l'anonymat.

Je ne m’épanouis plus dans ce système d’enseignement, et je n’ai plus aucune ressource, aucun levier devant la réalité effarante à laquelle nous sommes confrontés. Je préfère déserter.


Madame la Directrice,
Mon absence à la journée pédagogique mercredi matin, mon demi-jour de congé, est injustifiée. Je n’ai jamais manqué aucune de mes obligations jusqu’à ce jour-ci mais au regard des règlements que vous me rappelez, je n’ai ni certificat médical, ni rendez-vous authentifié, ni excuse fallacieuse. Rien. Je n’ai rien.
À 8 h 30, je retrouve depuis des années la classe de 3e Cuisine et Salle durant 50 minutes avant leur journée de Techno Salle (trois sur huit inscrits avaient réussi les examens de Noël).
Ce lundi de rentrée, en janvier, sept étaient présents, dont deux avec leur cours complet, c’est-à-dire le livre et le cahier d’une maison d’édition. Des deux, un recommence l’année et vient en classe avec le cahier déjà complété de l’année antérieure. Pour "marquer" le coup, j’ai exceptionnellement exclu ceux qui n’avaient pas le matériel de base, certains depuis septembre. Le restant de la semaine, je les ai gardés en classe quoiqu’ils ne soient pas davantage en ordre.
Une semaine plus tard, tous étaient présents. De corps. Quatre dormaient, dont trois affalés sur leur table… de travail. Sur les quatre autres, un seul disposait du matériel requis. J’ai donné cours un quart d’heure, faute d’élèves en état de fonctionnement. Alors que je leur disais mon désarroi, ils ont ri. Dois-je me soumettre au photocopillage pour qu’ils aient un cours ? Quel canal utiliser pour leur faire comprendre qu’ils perdent leur temps de cette sorte ? Quel levier puis-je utiliser ? Rien. Je n’ai rien.
Dans cette classe de 1re Commune, deux filles en perdition ont cessé de saboter le cours de français aux 6 heures hebdomadaires ; dorénavant, elles se couchent sur leur banc dans le fond du local. Elles ont 13 ans… Le climat s’apaise peu à peu, les suiveurs ont renoncé à chambarder, les "faibles" peuvent profiter et évoluer. Enfin.
Quelle représentation mentale s’imprime dans l’esprit de ces parents auxquels leurs enfants content leur quotidien à l’école ? J’en ai rencontré plusieurs lors des réunions de 17 h à 21 h : ils ne sont ni sourds ni aveugles. Puis, il y a ceux qui ne sont pas venus chercher le bulletin…
Comment les intéresser à leur progéniture qui part en vrille ? Quel instrument utiliser pour attirer leur attention ? Rien. Je n’ai rien.
Je suis en décrochage scolaire et j’ai 50 ans. 24 ans d’enseignement. Un passé de sous-officier instructeur. Des valeurs que je ne retrouve plus. Rien. Je n’ai rien. Plus rien à faire dans ce système d’enseignement où je ne m’épanouis plus, bridé entre les chiffres du Pacte d’excellence qui réclament la performance et la réalité effarante à laquelle nous sommes confrontés.
Vous comprendrez que je réoriente ma vie professionnelle dans ces conditions que les jeunes, fringants, fuient. La vie est ailleurs, autrement.
Je vous présente mes excuses pour cette désertion mais je ne dispose plus des ressources suffisantes malgré un rapport d’inspection très favorable l’année dernière.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« POUR DES RAISONS EVIDENTES, L’AUTEUR PREFERE GARDER L’ANONYMAT. IL EST CEPENDANT CONNU DE LA REDACTION. »
C’est sans doute ce commentaire lapidaire de La Libre qui résume le mieux le drame des enseignants en Burn Out rongés par la honte. Non le Burn Out, maladie professionnelle chronique et extrêmement contagieuse,  ne touche pas le sujets les plus fainéants et les grand profiteurs du système. En vérité  il touche les meilleurs sujets, les plus acharnés, les plus perfectionnistes et les plus enthousiastes qui n’en peuvent plus de ce qu’ils vivent et que décrit tellement bien cet enseignant épuisé. Mais que les politiques prennent garde s’ils ne se décident pas à sauver notre enseignement autrement que par la mise en place d’un pacte d’excellence qui ne résout rien, c’est carrément notre avenir qu’ils hypothèquent. Qu’on se le dise !
MG



dimanche 19 janvier 2020

Salon de l'auto: la police interpelle 185 activistes d'Extinction Rebellion


Le Vif
La police a interpellé 185 activistes du mouvement Extinction Rebellion samedi au Salon de l'auto à Bruxelles. Les militants ont mené des dizaines d'actions dans différents stands de marques automobiles pour réclamer un "autre modèle de mobilité" face à l'urgence climatique. La Fédération belge de l'automobile et du cycle (Febiac) déplore ces actions.
Malgré l'important dispositif policier déployé au Salon de l'auto, les activistes d'Extinction Rebellion ont attiré tous les regards samedi après-midi. Certains ont grimpé sur une plate-forme de l'entrée principale afin de remplacer la publicité automobile par une bannière d'Extinction Rebellion sur laquelle on pouvait lire: "Stop aux émissions de CO2".
D'autres actions ont ensuite été organisées dans les palais de Brussels Expo. Des militants se sont notamment enchaînés au volant des voitures exposées et d'autres ont "tagué" des véhicules. Chez Peugeot, quelques modèles ont été aspergés de faux sang.
De fausses amendes ont par ailleurs été placées sur les pare-brises des voitures stationnées sur le parking C.
Puis, les activistes se sont allongés sur le sol en se faisant passer pour morts.
La police a systématiquement interpellé tous les militants.
La Febiac insiste sur les efforts entrepris par le secteur automobile
La Fédération belge de l'automobile et du cycle (Febiac) a déploré les actions menées samedi par les activistes du mouvement Extinction Rebellion au Salon de l'auto, à Bruxelles. "Les efforts du secteur automobile pour évoluer vers une mobilité à émissions faibles ou nulles n'ont jamais été aussi visibles, aussi tangibles et aussi accessibles aux consommateurs qu'au cours de l'actuel Salon de l'auto", a-t-elle fait valoir.
Samedi après-midi, des dizaines de militants d'Extinction Rebellion ont semé la pagaille sur plusieurs stands de marques automobiles pour réclamer "une autre mobilité" face à l'urgence climatique. La police a procédé à l'interpellation de 185 d'entre eux.
"Jamais par le passé, autant de véhicules hybrides et électriques n'ont été exposés et mis en vente dans le cadre du Salon de l'auto. Il s'agit là du résultat des investissements massifs et de l'innovation permanente poursuivie par le secteur automobile", a assuré la Febiac, selon qui le public montre un intérêt croissant pour ce type de véhicules.
D'après la Fédération, qui organise le Salon de l'auto, quelque 450.000 personnes ont arpenté les allées des palais du Heysel depuis l'ouverture.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY⅞
MOMENT DE VERITE ? CHANGEMENT DE PARADIGME ?

« le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. » (Alvin Toffler)
Soyons lucides : nous vivons un moment de métamorphose global de nos société hyper technologiques d’une ampleur comparable  à l’invention de l’écriture, à celle de l’imprimerie ou à la l’ère de la vapeur/ électricité/pétrole. Nous sommes dans l’ère de la l’information/comminication numérique annoncée par le couple Toffler : la troisième vague, le choc du futur…« Le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. »
Ceci est le combat de David ( les mutants de Extinction Rebellion) contre Goliath (Febiac et les lobbies automobiles). Il est clair que c’est David qui aura le dernier mot mais le géant Goliath et les millions de visiteurs de ce salon ne le savent pax encore. Leur réveil sera terrible. Comme il est difficile d’être lucide quand on conduit, comme moi,  sa bagnole depuis ses dix huit ans et qu’on a déjà crevé bien des chevaux vapeurs sur ce vaste champ de bataille. 
MG

ALVIN TOFFLER
Alvin Toffler (né le 4 octobre 1928 à New York et mort le 27 juin 2016 à Los Angeles) est l'un des futurologues les plus célèbres de son temps. Il était marié à Heidi Toffler, également écrivain et futurologue et qui participe étroitement à l'écriture de ses livres, dont beaucoup sont devenus des best-sellers mondiaux.
Ses livres, le Choc du futur (1970) et La Troisième Vague (1980), comptent parmi ceux qui ont le plus influencé notre époque. Vendus à plus de dix millions d'exemplaires dans de nombreux pays, ils ont contribué à modifier nos idées sur les grands changements de la fin du XXe siècle et à modeler notre vision de l'avenir.
Alvin Toffler et son épouse sont les premiers à imaginer les conséquences du changement de paradigme associé à l’avènement de l’ère de l’information dans tous les domaines des activités humaines. 
En 1970 dans Le Choc du futur, il écrit : « le choc du futur est le stress et la désorientation provoqués chez les individus auxquels on fait vivre trop de changements dans un trop petit intervalle de temps. » Ces changements qui nous dépassent sont de trois types :
• LA BRIEVETE DES CHOSES (transience) : nous jetons nos possessions pour en acquérir de nouvelles. La brièveté des endroits : nous quittons les endroits qui nous ont vu naître pour de nouveaux. La brièveté des gens : nous perdons le contact avec nos anciens amis et connaissance et nous avons du mal à créer un contact avec de nouveaux. La brièveté des organisations : les sociétés gouvernementales et les sociétés commerciales créent de nouvelles positions seulement pour mieux les reformer et les changer. La brièveté de l'information : les connaissances scientifiques et populaires ne sont pas figées et s'accroissent de façon rapide et permanente ;
• LA « NOUVEAUTE ». La nouveauté des sciences, qui progresse et qui changera peut-être l'espèce humaine ou la combinera avec des machines. La nouveauté des relations sociales, dans des structures familiales en remaniement permanent ;
• LA « DIVERSITE ». La diversité des choix, la diversité des sous-cultures et des spécialités, la diversité des modes de vie. Cette diversité permet aux individus de se trouver, de s'individualiser au sein d'une société dans laquelle ils ne se sont jamais reconnus.
Il y a trois vagues de développement de l'humanité selon Alvin et Heidi Toffler. En 1980, dans La Troisième Vague, il décrit trois types de sociétés et le concept de vagues. Chaque nouvelle vague pousse l'ancienne société et établit la nouvelle. La société de la 3e vague est la société dite post-industrielle (post années 1950) et est caractérisée par l'information, la technologie et la très grande diversité des sous-cultures.
En 2006, dans Revolutionary Wealth, les auteurs effectuent une analyse détaillée de notre société actuelle dans laquelle la clé de la prospérité est la connaissance et non plus l'argent. Ce livre a été traduit en français en 2007 sous le titre La Richesse révolutionnaire.


Emir Kir exclu du PS: "Une décision qui restaure l'honneur des socialistes"


Belga Dh, La Libre

La commission de vigilance du PS bruxellois a décidé l'exclusion du député-bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, a-t-on appris samedi à la Fédération du Parti Socialiste sur le coup d'une heure du matin. L'information a peu de temps après été confirmée par le président et les deux vice-présidents du Parti socialiste bruxellois dans un communiqué.
"Le PS bruxellois prend acte de la décision rendue par sa Commission de vigilance ce vendredi 17 janvier, d'exclure Emir Kir. Saisie d'une plainte introduite par un militant pour rupture du cordon sanitaire - accueil et rencontre avec deux maires du MHP, parti d'extrême droite - la Commission de vigilance a pris sa décision conformément aux statuts du Parti Socialiste", ont indiqué le président Ahmed Laaouej, et les vice-présidents Isabelle Emmery et Martin Casier. Selon ceux-ci, la Commission de vigilance du PS bruxellois a statué après avoir pris connaissance du rapport de deux rapporteurs chargés d'analyser le dossier, et après avoir procédé à plusieurs auditions des parties concernées par la procédure. 
"En conclusion de ses travaux, la Commission de vigilance fédérale a conclu que la rupture du cordon sanitaire avec un parti d'extrême droite était incompatible avec la qualité de membre du PS. Elle juge qu'il y a eu rupture du cordon sanitaire et qu'il y a eu un manquement de vigilance aux conséquences graves, de la part de ce mandataire expérimenté, dans la connaissance et dans l'enquête préalable et préparatoire portant sur les appartenances politiques des membres de la délégation de l'Association des Villes et des Communes de Turquie (TBB) qu'il a reçue le 04 décembre 2019 alors qu'elle était présente à Bruxelles du 2 au 5 décembre", souligne le communiqué. 
Il y est enfin précisé que conformément à l'article 79 § 2 des statuts du PS, la décision est susceptible d'appel dans un délai de 30 jours à dater de la notification, auprès de la Commission de vigilance nationale du PS. A défaut d'appel dans le délai prescrit, la décision devient définitive. 
La commission de vigilance qui s'est réunie durant plusieurs heures avait à prendre position sur plainte de Jeremie Tojerow, un militant saint-gillois du parti au sujet de la rencontre du député-bourgmestre de Saint-Josse-Ten Noode avec deux maires turcs d'extrême droite, aux côtés de quatre autres maires turcs en marge d'une réunion à laquelle ceux-ci avaient pris part au niveau européen en décembre. 
Jusqu'à présent, sans nier les avoir rencontrés, M. Kir a toujours démenti avoir invité ces bourgmestres d'extrême droite. Mardi dernier, après avoir été entendu par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS, il avait redit son "attachement aux valeurs du PS et rappelé avec force" sa "condamnation de l'extrême droite", reconnaissant "une erreur d'appréciation" de sa part.
"Une décision qui restaure l'honneur des socialistes"
Jeremie Tojerow, le militant socialiste à la base de la plainte à l'encontre d'Emir Kir, a tenu à saluer une "une décision difficile, mais qui restaure l'honneur des socialistes".
Sur son compte Facebook, il a estimé qu'"en prenant une sanction aussi ferme contre une personne qui occupe des fonctions politiques de premier plan, et a obtenu des scores électoraux importants", le PS bruxellois rappelait que "personne n'est au-dessus de ses principes et combats fondamentaux, simple militant ou mandataire important". "Elle rappelle aussi combien la logique "ethnico-nationaliste" est en contradiction avec les valeurs universelles du parti socialiste. L'extrême droite, le racisme, les libertés individuelles ne sont pas des concepts relatifs, à géométrie variable, ou de simples éléments de langage, mais bien les principes directeurs de notre action" a-t-il ajouté. 
M. Tojerow a par ailleurs tenu à s'adresser aux militants ou citoyens à qui certains ont voulu, selon lui faire croire que sa démarche participait à un lynchage raciste ou turcophobe. "Chacun(e) a le droit fondamental, qui est au coeur des valeurs du PS et de mon engagement politique de toujours, d'être attaché(e) à ses identités multiples, sa culture d'origine, au pays de ses parents, de pratiquer un peu, beaucoup ou pas du tout la confession religieuse héritée de ses parents. C'est pour assurer et garantir ce droit que nous avons besoin de la force d'une organisation collective et de mandataires capables de rassembler travailleur(se)s et citoyen(ne)s de toutes origines autour de valeurs et principes universels. Plus que jamais dans le contexte actuel, nous ne pouvons pas nous permettre des dirigeants qui invoquent les libertés individuelles et le droit des minorités selon le contexte national ou les groupes de la population concernés: ils sont, au mieux, les alliés objectifs des forces d'extrême droite et anti-lumières, et ne servent pas du tout les intérêts des groupes qu'ils prétendent défendre et représenter. Ils rendent impossible la défense de ces principes et le rassemblement le plus large autour d'eux", a-t-il expliqué.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
10 QUESTIONS SANS REPONSES

Cette affaire Kir soulève un certain nombre de questions dont la presse ne donne point jusqu’ici  de réponse :
1. Qui est Jérémy Tojerow, le militant socialiste de Saint Gilles qui a déposé la plainte contre Kir ? Quelles sont ses motivations ? On sait qu’il est docteur en droit de l’ULB, ancien président du cercle du Libre Examen, « cabinetard » du PS repéré par Elio Di Rupo.
2. Emir Kir a-t-il l’intention de faire appel de la décision ?
3. Pourquoi la soudaine démission de député bruxellois Oskara qui se veut solidaire de Kir et dont la réputation de communautariste engagé n’est plus à faire ?
4. Y aura-t-il d’autres démissions ?Si d’autres députés PS bruxellois devaient faire défection quid de la majorité du PS à la Région bruxelloise où il ne devance plus Ecolo que d’un siège.
5. La détermination du nouveau président du PS, (lui aussi issu de l’ULB où il enseigne en qualité de professeur ordinaire) de mettre au pas les brebis galeuses du PS  va-t-elle créer un séisme au sein du premier parti wallon ?
6. La décision de défénestrer Kir prise par le nouveau patron de la fédération socialiste bruxelloise Ahmed Laaouej a-t-elle fait l’unanimité au sein de l’ancienne fédération de Laurette Onkelinx et avant elle Philippe Moureau?
7. Quelle sera l’attitude des élus de la communauté turque ?
Allons-nous assister à la création d’un ou de plusieurs partis de type communautariste à Bruxelles ?
8. Le Parti Socialiste sortira-t-il renforcé (moralement oui mais politiquement ?) ou affaibli par le départ de Kir ?
9. Cette affaire majeure aura-t-elle un quelconque impact sur la formation d’un gouvernement fédéral ?
10. Ou sur la décision du PS de recourir à des nouvelles élections ?
MG

EMIN OZKARA DEMISSIONNE: UN ELU DE MOINS POUR LE PS AU PARLEMENT BRUXELLOIS
Emin Ozkara annonce sur sa page Facebook sa décision de siéger comme indépendant. Le groupe PS comptera donc 16 élus au lieu de 17, à peine 1 de plus qu’Ecolo.
par Véronique Lamquin

Pierre-Yves Thienpont
Quinze heures après l’exclusion d’Emir Kir, Emin Ozkara, député socialiste au Parlement bruxellois a annoncé sur Facebook sa décision de siéger comme indépendant. Tant comme député régional que comme conseiller communal à Schaerbeek. Nous n’avons pas réussi à joindre Emin Ozkara pour qu’il motive sa décision.
Pour rappel, le député fait, lui aussi l’objet d’une plainte devant la commission de vigilance de son parti. En avril dernier, juste avant les élections, il s’était désolidarisé de la position de son groupe lors d’un vote sur les règles de transparence. Un acte de « rébellion » politique qui faisait suite à des incidents, plus graves, l’ayant opposé, ainsi que des représentants de Cumuleo et Transparencia à certains élus de son groupe. Le ton était nettement monté et s’était fait menaçant envers plusieurs élus et collaborateurs socialistes.
Les accusant à son tour d’intimidation à son égard, Emin Ozkara avait déposé plainte pour intrusion et vandalisme de son bureau, la police judiciaire était descendue sur place. La rupture avec le PS était, pensait-on, consommée… Sauf qu’il était trop tard pour biffer son nom d’une liste électorale à qui il a apporté 4.385 voix et donc un siège. Au lendemain du scrutin, Caroline Désir avait déposé plainte devant la commission de viligance du PS. Un dossier dépassé, dans les urgences, par celui d’Emir Kir…
Si Emin Ozkara siège bel et bien comme indépendant dès ce lundi, le PS ne disposera plus que de 16 sièges, un seul de plus qu’Ecolo… Et ce alors que, suite à l’affaire Kir, d’aucuns s’interrogent sur l’attitude des trois autres élus de la communauté turque au Parlement