mardi 7 janvier 2020

Afrique centrale, Amazonie... L’Australie n’est pas la seule région du globe touchée par des incendies dévastateurs


Le Figaro
FOCUS - Si la communauté internationale apporte son soutien à l’Australie face aux feux de brousse qui ont déjà détruit 8 millions d’hectares, d’autres endroits de la planète sont également touchés par les catastrophes naturelles.
Par Yohan Blavignat

À l’été 2019, les gigantesques incendies en Amazonie ont focalisé l’attention de la communauté internationale, allant jusqu’à provoquer une crise diplomatique entre le Brésil et la France sur fond de G7 organisé à Biarritz autour sur cette thématique. Depuis, le regard des grandes puissances s’est détourné de la forêt amazonienne pour s’orienter vers l’Australie où plus de huit millions d’hectares sont partis en fumée depuis septembre.
Sur le terrain australien, les États-Unis et le Canada ont envoyé des renforts pour venir en aide aux milliers de pompiers australiens qui continuent de lutter contre 130 feux dans le seul État de Nouvelle-Galles du Sud. La Nouvelle-Zélande et d’autres pays du Pacifique ont également proposé leur aide. Dimanche 5 janvier, le président Emmanuel Macron a annoncé avoir proposé «une aide opérationnelle immédiate» à l’Australie. Au Royaume-Uni, la crise a fait réagir jusqu’à la famille royale. Meghan Markle et le prince Harry ont publié un message sur Instagram, affichant leur soutien aux victimes des incendies.
La crise des feux s’est même invitée dimanche à la cérémonie des Golden Globes à Los Angeles, quand Jennifer Aniston a lu un message de Russell Crowe, resté en Australie pour lutter contre une catastrophe due selon lui au «réchauffement climatique». «Nous devons agir sur la base de la science, engager une transition mondiale vers les énergies renouvelables et respecter notre planète pour ce qu’elle est, un endroit unique et fascinant», disait ce message.

AFRIQUE, AMAZONIE, EUROPE...
Incendies en Amazonie. 
Pourtant, l’Australie n’est pas la seule à être impactée par des incendies gigantesques. Selon le site Firms (Fire information for resource management system) de la Nasa, qui comptabilise les feux en temps réel grâce à des images satellites, l’Afrique centrale est également très impactée sur une large bande d’Est en Ouest, de la Guinée à l’Ouganda. L’Amazonie est également colorée de rouge, tout comme le nord de l’Amérique du Sud, Madagascar, le Cambodge ou encore la Thaïlande.
Mais si les feux en Amazonie sont attisés par la sécheresse et la politique du président brésilien Jair Bolsonaro, les incendies en Afrique sont davantage le fruit d’agriculteurs locaux qui pratiquent la technique du brûlis. Le feu permet ainsi de défricher une zone, ce qui explique notamment le nombre très important de départs de feux dans cette partie du globe. Mais ces incendies, qui ne touchent pas la forêt primaire du bassin du Congo, peuvent facilement échapper au contrôle des agriculteurs.
À l’été 2019, l’Amazonie, forêt primaire essentielle au maintien de la biodiversité et de l’équilibre climatique, a perdu 900.000 hectares dans les incendies. Quelque 70.000 départs de feux ont été recensés dans plusieurs États brésiliens en 2019. En une décennie, la forêt amazonienne a ainsi perdu près de 2,4 millions d’hectares, soit l’équivalent de 8,4 millions de terrains de football. L’équivalent de la superficie d’Hawaï ou de l’État américain du Connecticut, selon la Royal Statistical Society.
Depuis le début du mois d’août, la forêt amazonienne est ravagée par des incendies d’une ampleur inédite. Le Figaro Live fait le point sur la situation. 
L’Europe n’est pas en reste. Selon les données du système de surveillance atmosphérique Copernicus (CAMS), d’importants incendies ont ravagé la Sibérie et l’Arctique ces derniers mois. L’équivalent de la superficie de 100.000 terrains de football est partie en fumée. «La Yakoutie (zone russe située en Arctique, NDLR), en particulier, n’avait pas connu d’incendies aussi répandus depuis une vingtaine d’années», a expliqué le Dr Mark Parrington, de Copernicus, à Euronews. Aux États-Unis, le nombre d’incendies et la quantité de terres brûlées ont augmenté de manière constante depuis les années 1950, selon la Nasa, tandis que les mégafeux (plus de 40.000 hectares brûlés) n’apparaissent pas dans les données avant les années 1970.
Chaque année, tous les incendies de la planète sont responsables d’environ 25 à 35% des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. À elle seule, l’Afrique représente un tiers des émissions liées à ces incendies.
L’INDONESIE OUBLIEE
Le 1er week-end de janvier, une autre catastrophe naturelle est passée relativement inaperçue. Des inondations dantesques en Indonésie ont causé la mort d’au moins 60 personnes. Il s’agit des inondations les plus meurtrières depuis 2013 dans la région de Jakarta. Si les pluies torrentielles qui se sont abattues sur cette région revêtent un caractère exceptionnel, des urbanistes notaient que le développement urbain anarchique de la mégalopole a certainement aggravé la situation. Le gouvernement indonésien a d’ailleurs annoncé fin août que la capitale serait transférée sur l’île de Bornéo afin d’alléger la pression sur l’île de Java, la plus densément peuplée de l’archipel.
Notons également que l’Indonésie, qui brûle largement ses forêts primaires de Bornéo pour produire de l’huile de palme, a émis davantage de CO2 en 2019 que le triste record établi en 2015: 884 millions de tonnes de dioxyde de carbone.
Là encore, les puissances occidentales n’ont pas affiché publiquement leur soutien à Jakarta face à cette épreuve. Pas plus qu’aux pays africains en proie aux flammes, ou à l’Amazonie qui continue de brûler. Certes, les causes et les conséquences diffèrent d’un pays à l’autre mais quand le monde a les yeux rivés sur une catastrophe, d’autres sont, dans le même temps, oubliées à un autre endroit du planisphère.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«LES MEGAFEUX MONTRENT NOTRE RAPPORT COMPLETEMENT DETRAQUE A LA NATURE»

Que dire de plus que ne suggère ce titre affolant.
Bien sûr nous coulons des journées douces, ensoleillées et  agréables en ce début de janvier 2020 et nous sommes ravis. Les vacances d’hiver se terminent et on n’a pas le moindre flocon de neige. Gamin, je me souviens d’avoir descendu au nouvel an en luge les pentes enneigées du parc Josaphat et surtout du parc de Woluwe durcies par un gel tenace tandis que ma mère patinait sur les étangs gelés. « The times are achangin » chantait Bon Dylan. Mon petit fils de cinq ans n’a pas utilisé une seule fois la luge de son grand père dont les patins jadis polis par la glace sont désormais couverts de rouille.
Que les « climatsceptiques » aillent se rhabiller. Nous sommes comme la petite grenouille plongée dans une casserole d’eau qui se réchauffe doucement mais de manière continue. Ca va bouillir très bientôt.
MG  


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