dimanche 26 janvier 2020

Crachons sur les racistes


L'avocate Selma Benkhelifa dénonce la "vague de haine hallucinante à propos du naufrage de La Panne" et appelle à soutenir "nos compatriotes antiracistes en Flandre".
Une embarcation de fortune chavire dans la Manche. Des réfugiés nagent jusqu'à La Panne où ils demandent du secours. Six réfugiés sur treize. Les huit autres ont disparu.
Probablement ce sont-ils noyés...
Le Bourgmestre de La Panne Bram Degrieck déclare qu'un drame de cette ampleur ne s'est jamais produit dans sa commune.
Pourtant les réfugiés sont afghans et iraniens. La guerre et la dictature dans ces deux pays ne sont pas des faits nouveaux. Depuis des décennies, des gens fuient et viennent demander l'asile.
Il n'y a pas si longtemps, on faisait la différence entre les "vrais réfugiés" qui fuyaient la guerre et les "réfugiés économiques" qui ne fuyaient que la pauvreté. Et le citoyen lambda reconnaissait que les Afghans et les Iraniens étaient de "vrais réfugiés". Ils bénéficiaient de la sympathie des gens, qui ne pouvaient que reconnaître la légitimité de quitter leur pays.
Ces derniers jours, on a assisté à une vague de haine hallucinante à propos du naufrage de La Panne. Des gens se réjouissaient qu'il y ait des disparus, peut-être des morts.
Explosion de haine telle que le Parquet a décidé d'ouvrir une enquête pour violation de la loi de 1981 sur le racisme, fait rarissime.
Heureusement certains se sont distanciés de ces horreurs. Bram Degrieck, le Bourgmestre, s'est montré intransigeant vis-à-vis des "réactions marginales de ces ploucs de droite inspirés par des gredins politiques en cravate, avec du gel dans les cheveux, qui sèment la haine dans notre société et considèrent comme des animaux les gens qui parlent des langues compliquées". On comprend l'allusion au président du Vlaams belang.
Il a ajouté : "Je cracherais bien sur eux. Cela me démange. Mais je ne le ferai pas, sinon je serais juste comme eux." Un hashtag #spuwen (cracher) circule en Frandre. Soutenons nos compatriotes antiracistes en Flandre, crachons aussi sur les racistes. #cracher
Selma Benkhelifa, avocate, Progress Lawyers Network


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BETE IMMONDE JAMAIS N’A CESSE DE RAMPER

Sans doute la « bête immonde » n’a-t-elle jamais cessé de ramper,  tapie dans l’ombre de sa tanière. Elle a rugi très fort sous le Reich de douze ans pour hiverner ensuite jusqu’à nos jours. Et voici qu’à la faveur des réseaux sociaux elle surgit à nouveau sous la forme d’un avatar tout neuf inspiré par les propos rances de l’éternel café du commerce. Il existe en Flandre un parti qui fait désormais caisse de résonance en proclamant tout haut ce qui jusqu’ici se murmurait doucement autour de comptoirs de brasseries aussi troubles que celles de Munich où Adolphe Hitler eut ses premiers succès y réunissant ses premiers partisans. La bête immonde est sortie de l’ombre pour revivifier sa quête diabolique.
MG

LA BETE IMMONDE
On attribue souvent l'origine de l'expression « bête immonde » à une réplique de l'épilogue de la Résistible Ascension d'Arturo Ui (satire de l'ascension d'Adolf Hitler) écrite par Bertolt Brecht en 1941 :
« Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde. »
Mais le texte original de Brecht (en allemand : Der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch ; littéralement : « L'utérus est encore fertile d'où ça a rampé ») n'utilise pas cette métaphore. (Le nazisme, en l'espèce, est seulement désigné par le pronom neutre allemand das, « ça, cela ».) Celle-ci fut introduite par le traducteur américain Hoffman Reynold Hays dans la traduction de la pièce qu'il effectua en huit jours en 1941, alors que Brecht, immigré aux États-Unis, tentait, sans succès, de faire monter sa pièce à New York. La formule de Hays : The belly is still fertile from which the foul beast sprang a été calquée à l'identique dans la traduction française d'Armand Jacob en 1961.
Dès le 14 décembre 1930, Joseph Roth parle de « bête immonde » dans une chronique intitulée Lettre du Harz publiée dans le Frankfurter Zeitung :
« De la face énergique du dictateur welche au regard noblement tourné vers le nord et au menton qui fait songer à un casque d'acier renversé, à la figure d'un Adolf Hitler dont les grimaces ont devancé celle de ses électeurs et où chaque partisan peut constater, comme dans un miroir, que tout est déjà là : les Dinter et les Lauff, la bête immonde et son âme, le doré sur tranche et le filet de sang. »
Wikipedia

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