mercredi 22 janvier 2020

L’arbre étant coupé, regardons la forêt…



 Un édito de Dorian de Meeûs. La Libre Belgique extraits)

En crevant l’abcès, le PS joint la parole aux actes, comme il le fait également depuis 4 mois dans l’affaire Nethys. Ce vent frais fait du bien. Il atteste aussi la ferme et véritable volonté de Paul Magnette de remettre le train PS sur les rails de l’éthique.
François Mitterrand  : “On n’apprend rien par la parole, mais tout par l’exemple.” Espérons que les autres nouveaux présidents de parti fraîchement désignés suivront l’exemple. Car, malheureusement, même s’il s’avère particulièrement emblématique, le cas Emir Kir n’est pas unique. Parmi les élus et candidats de tous les mouvements politiques, l’on retrouve des femmes et des hommes qui surfent dangereusement sur le communautarisme. S’il est tout à fait légitime et même souhaitable que les listes électorales représentent au mieux la diversité des citoyens d’une commune ou d’une région, cela ne doit plus passer par une dangereuse chasse au vote ethnique. Le communautarisme ne sera jamais un moyen efficace de respecter la diversité ou les origines des électeurs.
Emir Kir, par sa popularité et sa visibilité médiatique, était l’arbre qui cache la forêt. L’arbre étant coupé, regardons la forêt…

DI RUPO SUR L’EXCLUSION DE KIR: «CE N’EST PAS UNE QUESTION DE COMMUNAUTARISME MAIS DE COMPORTEMENT»

 « Les valeurs constituent le fondement de notre parti et on ne transige pas avec ces valeurs. Le cordon sanitaire a l’égard de l’extrême-droite est fondamental », a rappelé Elio Di Rupo.
 « Quand on est membre du PS, on accepte les valeurs du parti. Nous ne pouvons pas vivre avec des questions de communauté à communauté. Le PS, c’est améliorer la condition de vie des citoyens. Nous ne faisons aucune différence entre l’origine des personnes, la race, les hommes ou les femmes ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« REMETTRE LE TRAIN PS SUR LES RAILS DE L’ETHIQUE. » (La libre)
" L'AFFAIRE KIR, C'EST LA POINTE D'UN IMMENSE ICEBERG ".( l'Echo)
LE PS OSERA-T-IL ENFIN  RESOLUMENT L'INTERCULTUREL ? 
« Les conséquences seront surtout lourdes pour le PS de Bruxelles, qui mettra des années à trouver de nouveaux visages aussi forts que Kir sur le plan électoral. Le PS à Bruxelles devra chercher de nouveaux visages. Et il devra aussi lancer toute une opération pour faire comprendre cela aux militants et aux électeurs ». (Dave Sinardet) « Ce n’est pas une question de communautarisme, c’est une question de comportement », a martelé Elio Di Rupo.
Il ya toutefois une autre voie que celle de la communautarisation à savoir celle de l’éthique et celle du dialogue interculturel franc et hardi.
Rappelons sans angélisme que la majorité de la population de ce pays n'est pas béatement multiculturelle ; pas plus qu'elle n'est franchement raciste au demeurant. Ce qui manque cruellement, c'est un sursaut éthique et un meilleur dialogue interculturel.
Mais comment organiser et instaurer ceci concrètement ?
- en renforçant le travail éducatif et surtout en renforçant les compétences éducationnelles des parents;
- en adoptant une approche plus contraignante en matière d'obligation scolaire;
- en mettant mettre en œuvre des mesures spécifiques en faveur des jeunes faiblement scolarisés candidats au décrochage scolaire et social
- en assurant une meilleure insertion des jeunes défavorisés dans le monde du travail;
- on conservera son identité culturelle et religieuse tout en souscrivant aux valeurs fondamentales de notre société;
- en organisant des cours de français efficaces pour les primo arrivants et pour les parents d’élèves issus de la diaspora par mariages et regroupement familiaux.
-en favorisant la multiplication de lieux qui soient de véritables incubateurs interculturels favorisant les interactions entre Bruxellois d’origines diverses.
La diversité est un fait. Il y a deux façons de l'aborder soit par la confrontation communautariste,  soit par le dialogue interculturel.
DiverCity depuis sa fondation opte résolument pour le dialogue interculturel.
 Il est piquant, voire cocasse de constater que la plus grande communauté culturelle du pays soit incapable d'organiser le dialogue biculturel avec les Wallons et les Bruxellois.
Se contenter de diagnostiquer le caractère multiculturel de la société et favoriser de la sorte le communautarisme  est une chose. En revanche pratiquer une politique volontariste arque-boutée  sur une dynamique interculturelle, véritable creuset de la diversité, est est une tout autre chose. Insistons-y. Le propre de toute démarche interculturelle volontariste, c'est de respecter d’abord et de  partager ensuite la culture de l'autre, d'aller à sa rencontre pour construire quelque chose de nouveau sans renoncer à sa propre identité. Cette démarche est inductrice de cohésion sociale, car elle vise à promouvoir et à garantir le fait que chaque citoyen vivant dans une commune, un quartier, qui occupe un «espace social» de la cité, y trouve sa place en tant que citoyen responsable et participe à sa vie en y apportant sa contribution et ses potentialités tout en y bénéficiant de ses solidarités. N’est ce pas là précisément ce que l’on est en droit d’attendre d’un parti socialiste soucieux du bien être des gens, quelle que soit leur origine ?
Mais rien ne se fera en ce sens  sans un véritable changement des mentalités. En effet, oser l'interculturel, c'est relever un défi majeur, car cette démarche ne va pas de soi au moment où les communautarismes gagnent du terrain. Pour réussir le pari de l'interculturalité, il faut promouvoir la mixité culturelle mais aussi sociale et lutter contre toutes les formes de ghettoïsation et de repli identitaire.
Bruxelles, comme l'Europe, sera interculturelle ou ne sera pas. C'est ce que ne cesse de répéter DiverCity depuis sa création, il y a dix ans  le magazine «Reflets» depuis une vingtaine d'années déjà. Notre objectif premier est de proposer des pistes qui favorisent une coexistence pacifique, induit de la cohésion sociale.
Opter pour l'interculturel, c'est préparer l'horizon européen au dialogue et à la paix quand nous assistons en réalité à la lutte entre les intégrismes de tous bords (aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche) - animés par ceux qui aspirent au conflit des civilisations - et d’autre part les partisans de l'ouverture, du pluralisme, de la diversité culturelle, ceux qui aspirent à une éthique politique et qui plaident pour le dialogue des cultures, des religions, des civilisations. Bref, un dialogue entre les humains dans leur totale et belle diversité.
Il s'agit de proposer aux instances politiques  des pistes nouvelles qui préparent un avenir qui ne soit pas le simple prolongement de la situation existante, complètement bloquée dans ses contradictions. Ne dit-on pas que gouverner, c'est prévoir?
MG





Aucun commentaire: