jeudi 6 février 2020

Guy Verhofstadt et la Thuringe: "Not in my name"


Olivier Mouton
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

Pour la première fois en Allemagne, un président régional est élu avec le soutien de l'extrême droite. Notre ancien Premier ministre se distancie de ses collègues libéraux.
C'est un séisme en Allemagne et cela fait froid dans le dos venant de ce pays à l'histoire tumultueuse. Pour la première fois un président d'Etat régional allemand, la Thuringe, a été élu mercredi grâce aux voix de l'extrême droite, faisant tomber un tabou politique dans l'histoire d'après-guerre du pays.
A la surprise générale, c'est le candidat du petit parti libéral FDP, Thomas Kemmerich, qui a été désigné à une très courte majorité pour diriger cette région de l'ex-RDA, où la gauche radicale était pourtant arrivée en tête lors d'élection en octobre, devant l'extrême droite.
Après des mois de tractations, le ministre-président sortant Bodo Ramelow, de la gauche radicale Die Linke, pensait pouvoir se faire reconduire à la tête d'une coalition minoritaire de gauche. Sauf que le vote, à bulletin secret, a viré au cauchemar pour lui: il a finalement été devancé d'une voix par M. Kemmerich. Cet homme de 54 ans a bénéficié du soutien surprise des voix de tous les élus du parti anti-migrants et anti-élites Alternative pour l'Allemagne (AfD), et de celles de la plupart des membres du parti conservateur (CDU) de la chancelière Angela Merkel.
"C'est la première fois dans l'histoire de la République fédérale d'Allemagne, qu'un ministre-président d'Etat régional est élu avec les voix de l'AfD", a indiqué le politologue allemand Andre Brodocz.
Sur les réseaux sociaux, les réactions indignées se multiplient. Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre et ex-chef de file des libéraux européens, a dit son indignation en des termes clairs : "Not in my name !".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA SAINTE COLERE DE VERHOFSTADT

« C'est un séisme en Allemagne et cela fait froid dans le dos venant de ce pays à l'histoire tumultueuse. Pour la première fois un président d'Etat régional allemand, la Thuringe, a été élu mercredi grâce aux voix de l'extrême droite, faisant tomber un tabou politique dans l'histoire d'après-guerre du pays. »
Attention, ceci est tout sauf banal. C’est comme si la NVA et le Belang se coalisaient au sein d’un gouvernement flamand. Et attention, ceci ne se passe ni en Pologne, ni en Hongrie mais en Allemagne. L’AFD n’est pas un parti d’extrême droite comme les autres, c’est carrément une formation nazie. Danger. La sainte colère de Verhofstadt est justifiée.
MG 

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