mercredi 26 février 2020

Les futurs professeurs devraient maîtriser le français... ou doubler


Le Vif
Sur le principe, tout le monde est d'accord: les futurs professeurs doivent maîtriser la langue française. Le décret qui régit la manière d'atteindre cet objectif fait cependant débat: écoles supérieures et syndicats étudiants proposent des réformes divergentes, écrit samedi Le Soir dans ses colonnes.
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Le décret impose aux futurs enseignants de réussir un test de maîtrise du français au tout début de leur cursus. En cas d'échec, leur programme de cours serait alourdi de cinq crédits supplémentaires visant à résorber leur retard, tout en reportant cinq autres crédits aux années suivantes. Une formule qui ne satisfait personne, avec ses allures d'examen d'entrée.
Les établissements supérieurs proposent dès lors que les étudiants passent un test durant le premier quadrimestre pour mesurer leur niveau. Au deuxième quadrimestre, tous les étudiants suivraient une formation relative à la maîtrise approfondie de la langue française et, en fin d'année, ils devraient réussir un "test simultané, identique et certificatif". Un échec signifierait l'obligation de recommencer sa première année, qu'importent les résultats obtenus dans les autres matières.
Pas question, réplique la Fédération des étudiants francophones, qui y voit un "filtre social", une "occasion de plus d'allonger les études" et une pratique "psychologiquement très violente". Chems Mabrouk, présidente de la FEF, rappelle en outre la pénurie de professeurs. "Rajouter une quatrième année dans le cursus risque de faire diminuer les inscriptions, à l'instar de ce qu'il s'est passé en soins infirmiers", souligne-t-elle.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENSEIGNANT, UN METIER EN PENURIE ?

C’est dramatique mais de moins en moins de jeunes sont attirés par le plus beau métier du monde. Au vrai, il ne l’est plus en Communauté française où les écoles doivent scolariser des élèves de moins en moins biens socialisés, on disait éduqués autrefois, singulièrement dans les grandes villes. Beaucoup quittent la profession enseignante après trois ou cinq ans car ils ne parviennent pas à s’imposer dans la jungle des classes. On constate une féminisation massive de la profession qui doit faire face à un public d’élèves issus de la diversité et souvent de confession musulmane qui ont pour les femmes un respect mitigé. Les institutrices se recrutent plus souvent dans les septièmes professionnelles que dans l’enseignement général. C’est dire que ce ne sont pas ou plus les meilleurs élèves qui choisissent les carrières enseignantes. Il s’en suit une chute du niveau général de la qualité de ces enseignant(e)s. Il s’agit d’un problème de société ou plus exactement de civilisation.
Il faut bien voir que si nos autorités régionales et communautaires ne prennent pas ce problème à bras le corps comme le firent les Finlandais nous vivrons bientôt dans une Belgique francophone  en voie de dé civilisation. C’est extrêmement préoccupant. 
L’instauration d’un examen mesurant la non maîtrise du français des candidats enseignants n’est pas susceptible de résoudre le problème. Elle ne saurait en effet que faire un constat de carence.  
La connaissance du français doit s’installer dès l’école maternelle surtout quand le français n’est pas parlé à la maison. On aurait tort de sous estimer l’influence négative de certaines mosquées où enseignent des imams importés qui volontiers dénigrent l’enseignement dispensé dans les écoles belges. C’est un argument qui doit inciter les autorités belges à accélérer la concrétisation de la création d’instituts de formation musulmane de Belgique en Belgique.
L’islam peut et doit s’enseigner en français et non pas en langue arabe. Le coran est formel, il s’agit d’une descente en arabe car destinée à l’époque de la révélation à un peuple de langue arabe.
On entend peu madame Désir la ministre de l’enseignement et moins encore son parti s’exprimer  sur ces questions qui sont pourtant  essentielles. La tonitruante Joëlle Milquet et Martine Schyns son successeur, enseignante de formation, semblaient déterminées à prendre le problème à bras le corps. On allait voir ce qu’on allait voir…Et on ne vit rien venir hormis un pacte qui n’a d’excellence que le nom.  C’est, disons le doucement, absolument dramatique.
MG

FREDERIC BEIGBEDER: «LE PASSE DEVANT SOI»
CHRONIQUE - Béatrice Kahn publie son premier roman. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup.
Figaro
Lycée Montaigne, Paris 6e, en face du jardin du Luxembourg, 1978. À 14 ans, Béatrice Kahn est la star de ma classe de 4e. Elle obtient 20/20 à toutes ses rédactions. La prof de français lit ses textes à haute voix et tous ses camarades sont admiratifs. Je me souviens d’une prose poétique influencée par Rimbaud et Vian. Je crois que toute la classe était amoureuse de Béatrice Kahn, les filles comme les garçons. Béatrice Kahn sentait le parfum Cacharel ou le baume du tigre.
C’était la première fille de 4e à avoir des seins. Dans mon souvenir, elle ressemble à Betty Boop. Dans les boums, elle était toujours dans la lune, parlait très peu. Son talent de plume augmentait son mystère. Nous étions tous convaincus que plus tard Béatrice serait un grand écrivain. Je l’ai complètement perdue de vue quand j’ai quitté Montaigne pour le lycée Louis-le-Grand. Beaucoup d’années ont passé, notre jeunesse est désormais loin derrière nous.
Toujours aussi éthérée, mystérieuse, inaccessible : elle n’a pas changé. Sa ¬dédicace est ¬discrète, de la même calligraphie ronde que sur ses ¬copies de 1978

FRANÇOIS CHENG, INVITE EXCEPTIONNEL DE «LA GRANDE LIBRAIRIE»
• Par   Mohammed Aïssaoui 
Mercredi, l’écrivain et poète, qui siège à l’Académie française, évoquera la foi à travers son livre sur Notre-Dame de Paris.
Sa parole est aussi calme que forte. François Cheng sera l’invité exceptionnel de l’émission «La Grande Librairie», mercredi 29 janvier, à 20h50, sur France 5. Une heure de grande écoute pour un écrivain qu’il faut absolument écouter. Il parlera de la foi, à travers sa dernière publication À Notre-Dame, une communion universelle (aux éditions Salvator), un livre né après que les flammes ont jailli des entrailles de Notre-Dame, le 15 avril 2019.
Le mercredi 17 avril, Cheng était intervenu dans l’émission littéraire. Il avait dit, à propos de Notre-Dame et de l’émotion que l’incident a suscité «C’est alors que les Français ont eu comme une révélation: c’est bien ce monument-là, et non un autre, qui incarne notre âme commune. Chargé de spiritualité et d’histoire, il est véritablement fait de pierres vivantes, autrement dit de notre chair et de notre sang, puisqu’un cœur n’a jamais cessé d’y battre.» Son intervention a eu un grand retentissement, et de nombreuses lettres avaient été envoyées à «La Grande Librairie».
Il impose ses silences
«“La Grande Librairie” vous propose de prendre de la hauteur et du temps pour réfléchir, avec un écrivain dont toute l’œuvre est une invitation à vivre mieux», souligne François Busnel, le fondateur de l’émission. En effet, l’écrivain, qui siège à l’Académie française, impose son rythme lent, ses silences, le temps de la réflexion, c’est sans doute pour cela qu’il séduit autant. Ses livres, tels que Cinq méditations sur la beauté ou De l’âme, ont figuré en tête des meilleures ventes.
. C’est l’un des rares auteurs qui peut se targuer de rencontrer un large public en leur proposant des poèmes.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PLUS QU’UNE LANGUE, LE FRANÇAIS EST UNE PATRIE LITTERAIRE

Béatrice Kahn, François Cheng et Albert Camus ont fait du français la patrie qu’ils habitent autant qu’elle les habite. Hannah Arendt a fait pareil pour l’allemand. Malraux croyait à raison que la liberté se conquiert. C’est encore plus vrai pour la langue et celle-ci n’est pas forcément maternelle. On est en droit d’attendre des enseignants, de tous les enseignants de Wallobrux, même de ceux qui n’enseignent pas le français qu’ils aient de cette langue une parfaite maîtrise quelle que soit leur origine. 
« La Fédération des étudiants francophones,  voit dans l’obligation de maîtriser le français un "filtre social", une "occasion de plus d'allonger les études" et une pratique "psychologiquement très violente". Elle se trompe, elle nous trompe et surtout elle trompe les candidats enseignants. C’est là pure démagogie dont les victimes seront les futures élèves de ces enseignants en herbe. 
MG

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