lundi 9 mars 2020

Journée internationale des droits des femmes : des milliers de manifestants à Paris


La manifestation devait dénoncer à la fois la réforme des retraites et ses effets supposés négatifs pour les femmes, la répartition inéquitable du travail domestique ou encore les violences sexuelles.
Par Le Figaro avec AFP
  «Égalité des salaires, moins de paroles en l'air», «on se lève et on se casse»: des milliers de manifestants ont défilé dimanche 8 mars à Paris à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Derrière des banderoles proclamant, «#8 mars, marche des grandes gagnantes», et «on arrête toutes» (mot d'ordre d'une «grève féministe»), la manifestation s'est élancée de la place d'Italie, pour dénoncer à la fois la réforme des retraites et ses effets supposés négatifs pour les femmes, la répartition inéquitable du travail domestique ou encore les violences sexuelles. Le défilé parisien devait rejoindre la place de la République, via plusieurs étapes symboliques.

«ANNULER LA PUBLICATION DU LIVRE DE WOODY ALLEN EST UNE DECISION LACHE»
FIGAROVOX/CHRONIQUE - L’avocat et chroniqueur Gilles-William Goldnadel regrette que le groupe Hachette ait renoncé, sous la pression de quelques-uns de ses employés, de publier les mémoires du cinéaste. Accusé d’agression sexuelle par sa fille adoptive, ce dernier a toujours démenti les faits et n’a jamais été condamné.
Par Gilles William Goldnadelo
Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Chaque semaine, il décrypte l’actualité pour FigaroVox. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée est paru chez Plon.
RIEN N’Y FAIT. NOUS DESCENDONS CHAQUE SEMAINE D’UN DEGRE, L’ECHELLE DE L’INTOLERANTE SOTTISE.
Début mars, Roman Polanski, parce que César et convaincu de viol, était traîné dans la boue et les partisans de son oeuvre couverts de crachats et d’insultes par les défenseurs autoproclamés de la cause des femmes. Il paraît, selon Le Monde qui l’écrivait le 7 mars dans un article empli d’empathie, que «les militantes féministes seraient galvanisées».
Je laisse au quotidien vespéral la responsabilité de considérer que les militantes les plus radicales du néo-féminisme gauchiste qu’il cite («Osez le féminisme» ou «Nous Toutes» de Caroline de Haas) incarneraient globalement le mouvement féministe.
Quoi qu’il en soit, mon imagination est impuissante à décrire l’exultation de la radicalité néo-féministe lorsqu’elle a appris que le groupe Hachette avait décidé de ne pas publier les mémoires de Woody Allen, intitulées Apropos of nothing.
Cette décision est à la fois lâche et dégoûtante.
Le livre devait sortir aux États-Unis le 7 avril et en France le 29 aux éditions Stock (groupe Hachette livre) sous le titre Soit dit en passant et narrer «le récit exhaustif de sa vie, à la fois personnelle et professionnelle, et revenir sur sa carrière au cinéma, à la télévision, sur la scène des clubs ainsi que sur son travail d’écrivain».
À en croire Hachette, la décision d’annuler le livre a été difficile: «nous n’annulons pas de livre à la légère».
Je ne sais si cette décision a été difficile mais je suis sûr qu’elle est à la fois lâche et dégoutante.
Hachette a cédé à la suite de la protestation de certains membres du personnel d’Hachette qui seraient sortis de leurs bureaux à New York pour dénoncer la publication du livre du cinéaste, accusé d’avoir abusé sexuellement de sa fille adoptive Dylan Farrow en 1992.
Ce mouvement d’une partie du personnel a été précédé d’une protestation émise par le beau-fils d’Allen, le journaliste du New Yorker Ronan Farrow, frère de Dylan et fils de Mia, tous deux en guerre ouverte avec le cinéaste.
Ronan a été par ailleurs l’un des activistes les plus remarqués du mouvement électronique #MeToo.
Ainsi, il suffit que quelques membres du personnel ou quelques personnalités bien en cour médiatique vocifèrent, pour qu’aujourd’hui on prenne la décision «difficile» de ne plus publier un livre commandé et qui est mis sous la sellette non pour son contenu mais pour la personnalité de son auteur.
Nous descendons plus bas encore la pente de notre liberté de penser, d’écrire et d’être publié.
Et j’en viens à l’aspect littéralement dégoûtant d’une décision qui, effectivement, nous fait descendre plus bas encore la pente de notre liberté de penser, d’écrire et d’être publié chaque jour plus menacée.
La semaine dernière, je signais une chronique dans laquelle je jugeais sévèrement les contempteurs injurieux du réalisateur Roman Polanski et de ceux qui l’avaient primé pour son film, incapables de séparer l’artiste de l’homme.
Néanmoins, ceux-ci avaient comme dernière ligne de défense le fait que l’intéressé méritait justement l’opprobre au regard du fait que celui-ci avait non seulement fui la justice américaine mais avait fait l’objet d’une condamnation.
S’agissant de Woody Allen, le groupe Hachette et les néo- féministes qui applaudissent déjà cette décision ne pourront même pas se prévaloir de cette argutie judiciaire.
Allan Stewart Konigsberg, dit Woody Allen, non seulement n’a jamais été condamné mais n’est même pas poursuivi.
Et puisque nous en sommes là, puisque je suis contraint de m’improviser son avocat et plus largement celui de tous les hommes accusés sans preuve par des femmes que l’on devrait, à suivre Mlle Haenel dans le New York Times, forcément croire sur parole, je dois apporter quelques précisions supplémentaires.
La justice américaine a abandonné les poursuites contre Woody Allen en 1992.
La justice américaine a abandonné les poursuites contre Woody Allen en 1992. Un rapport médical datant du 17 mars 1993 disculperait le réalisateur. Établi par les soins de l’hôpital Yale-New Haven, celui-ci démentirait les propos de Dylan Farrow, qui accuse son père adoptif d’avoir abusé d’elle sexuellement à l’âge de sept ans. Dans ce rapport, les experts se questionnent par ailleurs sur les raisons qui ont poussé Dylan à accuser son père d’abus sexuels: «Nous pouvons conclure que Dylan n’a pas été agressée sexuellement, mais nous ne pouvons pas être définitifs sur les raisons de son accusation envers M. Allen: est-ce parce que c’est une enfant vulnérable qui a grandi dans une famille perturbée ou est-ce parce que Dylan a été influencée par sa mère? Nous pensons que c’est une combinaison de ces deux formulations.»
J’ignore tout de ce dossier complexe et névrotique mais on admettra que faire de Woody Allen, qui nie farouchement, un coupable à coup sûr est une infamie absolue.
Et de le considérer à présent comme indigne de publication, au regard de son oeuvre cinématographique immense et lumineuse, est l’équivalent médiatique de la dégradation d’un officier en place publique sous les clameurs de la foule déchainée.
Et puisque je fais lourdement allusion à l’affaire Dreyfus et puisque nous sommes tombés si bas, je voudrais mettre encore plus lourdement les pieds dans le plat.
Il fut un temps, que je ne regrette pas, où les intellectuels juifs de gauche jouissaient de privilèges qu’il m’arrivait de trouver exorbitants. J’ai écrit certaines lignes où je considère que Pierre Goldman n’aurait pas fait l’objet d’un acquittement au bénéfice du doute bien discutable s’il n’avait pas été ce qu’il était.
S’agissant précisément de Woody Allen, l’intello libéral new-yorkais, j’écrivais ironiquement: «il représente pour tous le modèle du juif populaire. Diasporique, angoissé, chétif, inoffensif, hypocondriaque, castré par sa maman, bref, le juif idéal…» (Les Martyrocrates, Plon, 2004). C’est loin tout ça …
Il y a quelques années, j’avais également protesté contre certains qui considéraient sans le moindre élément que les reproches faits à Polanski de se soustraire à la justice américaine fleuraient l’antisémitisme.
J’écris également que, contrairement à d’autres, je ne vois nulle trace d’antisémitisme dans les procès, fussent-ils mauvais, faits à Polanski ou à Allen.
Mais l’arbre juif cache une autre forêt plus dense et indicible.
Polanski ou Allen ne sont plus juifs. Ils sont blancs. Et mâles. Et vieux.
J’écrivais la semaine dernière combien était infernale la différence de traitement entre un Polanski diabolisé est un Ladj Ly béatifié, tous deux condamnés dans de sales affaires concernant les mauvais traitements faits aux femmes.
La conclusion s’impose: Polanski ou Allen ne sont plus juifs. Ils sont blancs. Et mâles. Et vieux.
Trois crimes désormais d’autant plus condamnables qu’ils demeureront secrets.
Nous en sommes là. Il y a quelques semaines, des militants d’extrême gauche brûlaient des livres. Aujourd’hui un éditeur capable de faire la pluie, le beau temps et les prix littéraires peut décider de ne plus les publier pour ne pas froisser le féminisme gauchisant. Et je mets chaque semaine en garde contre la fascisation multiforme de la gauche radicale. Féministe, antiraciste ou écologiste.
Nous en sommes là. Revenus au temps maudit des ragots et à l’odeur pourrie des fagots.
Foresti va pouvoir éternuer une seconde fois: le géant Woody, lui aussi est petit.

"MEUTE DE HYENES": LA CHRONIQUE DE BEIGBEDER SUR LES CESAR CREE UN TOLLE
M.R.
La 45e cérémonie des César ne cesse de faire parler d'elle. Le septième art a vu son monde se diviser, les uns soutenant l'indignation suscitée par la récompense de Roman Polanski, les autres apportant leur soutien au réalisateur de "J'accuse". Dernièrement, c'est Frederic Beigbeder qui a pris position avec un billet au vitriol qui n'a pas manqué de créer la polémique. L'écrivain français est revenu sur la sortie tonitruante de la salle d'Adèle Haenel après que Polanski ait reçu le prix de meilleur réalisateur et sur le refus de la maîtresse de cérémonie, Florence Foresti, de revenir sur scène. 


"Ma tête va être mise à prix après ça", prédit d'emblée Beigbeder. Mais cela n'empêche pas l'homme de continuer sur sa lancée. "La cérémonie des César a confirmé de façon particulièrement répugnante tout ce que je dénonce (...). Une soirée qui devrait être un hommage au cinéma est devenue un festival de stand-up pitoyable, a dénoncé l'écrivain. Une meute de hyènes en roue libre. Chacun y est allé de son sketch pas drôle, comme dans un spectacle du Club Med". 

Le Français s'est ensuite attaqué à la maîtresse de cérémonie. "Florence Foresti qui s'est fait connaître par des imitations costumées chez Ruquier se prend désormais pour une grande intellectuelle obligée de dispenser son opinion sur le bien et le mal", déplore-t-il.  Pour lui, Polanski a été la tête de turc de l'humoriste tout au long de la cérémonie. "Elle ne connaît rien, ni au cinéma ni au droit pénal, mais on lui confie le pouvoir et elle s'en sert avec une violence absolue", ajoute encore Beigbeder. 

Ce qui dérange profondément l'homme de lettres, c'est la façon dont Adèle Haenel et Florence Foresti "se sont improvisées juges", mettant de côté la décision du tribunal fédéral suisse ayant acté que "Polanski avait purgé sa peine". Si la maîtresse de cérémonie s'était dite "écoeurée" par la récompense attribuée au réalisateur,Beigbeder la juge quant à lui "écoeurante". "Elle reproduit l'injustice de l'affaire Dreyfus (...), elle reproduit la tragédie que raconte Polanski", conclut l'écrivain. 

La séquence, partagée sur les réseaux sociaux, a déjà suscité de vives réactions. Si quelques-uns ont félicité l'auteur pour son franc-parler, de nombreux internautes ont pointé du doigt les propos qu'ils ont jugés "à vomir".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LYNCHAGE ? AFFAIRE DREYFUS BIS ?
On entend tout et son contraire ! A chacun de faire son opinion en exerçant sans réserve son opinion critique. Et le cas échant faisons comme Ponce Pilate. Lavons nous en les main ce qui par les temps qui courent n’est pas le pire des conseils.  

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