vendredi 20 mars 2020

L'ampleur du danger du coronavirus sous-estimée ? "Il s'agit d'un virus qui va nous occuper encore longtemps"


AFP

La présidente de la Commission européenne a admis que les responsables politiques avaient tous "sous-estimé" l'ampleur du danger représenté par l'épidémie du nouveau coronavirus, dans une interview publiée mercredi par le quotidien allemand Bild.
"Je pense que nous tous, qui ne sommes pas experts, avons sous-estimé au départ le coronavirus", a déclaré Ursula von der Leyen au journal.
"Mais entre-temps il devenu clair qu'il s'agit d'un virus qui va nous occuper encore longtemps", a ajouté la présidente de l'exécutif européen.
"Nous avons compris que toutes ces mesures, qui il y a encore deux ou trois semaines paraissaient drastiques et draconiennes, devaient être prises à présent", a estimé Mme von der Leyen, en rappelant que l'Europe était "en ce moment l'épicentre de la crise".
Elle a néanmoins réfuté le terme de "guerre" contre le virus employé cette semaine par Emmanuel Macron.
"Personnellement, je n'utiliserais pas le terme de guerre mais je comprends la motivation du président français car le coronavirus est un adversaire inquiétant", a dit la présidente de la Commission.
Pour le ministre allemand de l'Economie, les Etats-Unis de Donald Trump ont pris eux encore plus à la légère le virus au départ qu'en Europe.
"C'est la raison pour laquelle nous « espérons beaucoup » que les Etats-Unis parviennent à contrôler la situation, aussi dans notre propre intérêt", a-t-il ajouté, soulignant que "personne ne peut souhaiter que cette économie tombe dans une récession incontrôlée".

CHARLES MICHEL: "AUCUN ETAT N'IMAGINE S'EN SORTIR SEUL"
LLB
"On ne peut pas reprocher tout et son contraire à l'UE" dans la gestion de la pandémie de Covid-19, assure jeudi dans Le Soir et 
De Standaard, Charles Michel (MR) président du Conseil européen. 
Il reconnaît que les Etats membres de l'UE ont été surpris par le caractère exceptionnel de cette crise, mais qu'ils comprennent 
tous qu'ils ne s'en sortiront pas seuls. "Ces deux dernières 
semaines, il y a eu une prise de conscience plus générale du fait 
que cette crise était exceptionnelle. Depuis, au plus haut niveau (...) en quelques jours, on a réussi à faire des progrès très substantiels dans l'harmonisation des mesures pour faire reculer cette menace, mais aussi dans la mobilisation pour la recherche et la question des frontières (extérieures et intérieures de l'UE, NDLR) qui, est toujours un sujet difficile".
"On ne peut pas reprocher à l'Europe tout et son contraire. Lui reprocher de ne pas prendre des décisions centralisées et immédiates et en même temps dire qu'elles seraient une perte de souveraineté pour les Etats", pointe-t-il.
Economiquement parlant, Charles Michel admet qu'"on a tous été collectivement, il y a quelques semaines, très, très surpris par ce à quoi nous étions confrontés".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VAINCRE NOS PEURS ! 
PEUR DE LA CONTAGION , PEUR DE L’AUTRE, DE SOI, PEUR DE  MANQUER DE PATES, DE PATATES ET DE PAPIER Q…

Il n’est pas temps d’ « espérer » (von der Leyen) ou d’ « imaginer » (Charles Miche) mais « d’agir » avec énergie et détermination comme le font Sophie Wilmès et Emmanuel Macron !
Quelle mollesse, on attendait franchement autre chose de Dame Europe. Quant à notre Charles Michel national, fils de Louis, son chevalier servant, on ne l’a même pas entendu ou à peine. Macron tient son rôle en bon successeur du général mais sans vareuse militaire et képi deux étoiles ; Sophie Wilmès est la révélation de cette crise corona.  Imaginons un instant  Jacques Delors à la barre de la Commission ou Jean Luc Dehaene ou Guy Verhofstadt…
Mais les vrais  héros de cette crise sont ailleurs, sur la brèche  au cœur du terrain. C’est peu de chose que de brailler sur son balcon pour leur hurler MERCI au personnel soignant !
 Mais avez-vous remarqué que dans cette crise majeure les voix les plus pertinentes et les plus fortes sont des voix de femmes ? « Il aura fallu ce virus, et surtout la dramatique crise économique qui s'en suit, pour comprendre qu'une société d'auto entrepreneurs n'est pas le paradis de l'autonomie mais le cauchemar de la précarité ; que la dérégulation généralisée amplifie les dépendances, les inégalités et, in fine, le chacun pour soi. » (Natacha Poliny)
« Soyons honnêtes, nous sommes des petites choses fragiles. De ridicules agrégats d’angoisse » (N.P.) Le moment est venu de vaincre nos angoisses : peur du confinement, de l’isolement, peur de manquer de pates, de patates et de papier Q, peur pour nos proches, peur de la contagion, peur d’une éventuelle hospitalisation dans des conditions difficiles voire dramatiques, peur du monde qui vient avec la proverbiale montée des périls qui soudain prennent une forme très concrète.  Peur d’un changement d’ère ?
MG


CORONAVIRUS : UNE "GUERRE", DE CONSTERNANTS OFFICIERS ET DE FRAGILES SOLDATS
Natacha Polony
Directrice de la rédaction de Marianne
"Nous sommes en guerre", a martelé Emmanuel Macron. On se gardera de suggérer qu'un tel excès de rhétorique est une faute de goût. Et on choisira plutôt de s'interroger : sommes-nous collectivement, au sommet de l'Etat comme ailleurs, à la hauteur des événements ?
Comme une suspension du temps. Une étrange sensation de flottement qui nous laisse sans prise sur le monde. « Nous sommes en guerre ». Soit. Il nous fallait sans doute ces accents martiaux pour prendre conscience de la nécessité d’enfin bloquer la contagion. Et tout cela semble à la fois absurde et tragique. Pour nous qui n’avons pas vécu la guerre, et qui ne connaissons de l’exode que les photos des longues colonnes de fuyards ou les images terribles de « Jeux interdits », pour nous qui n’avons jamais manqué de rien, jamais connu l’angoisse des tickets de rationnement, les morsures du froid et de la faim, deux ou trois semaines de confinement prennent des allures de cataclysme. C’est sans doute la première fois dans l’histoire qu’une guerre se fera tranquillement installé devant son écran d’ordinateur, avec pour principale crainte un engorgement de la bande passante. Les générations futures retiendront de nous que nous étions assez prompts à nous payer de mots. À nous approprier sans vergogne l’engagement admirable des soignants confrontés, eux, à l’urgence, à la détresse et parfois au manque de moyens.
« Nous sommes en guerre. » Emmanuel Macron a choisi de s’adresser aux citoyens ce lundi 16 mars pour marteler ces mots. Dix fois. On se gardera de suggérer que l’excès de rhétorique, en un moment à la fois exceptionnellement dramatique et sans commune mesure avec une véritable guerre, est une faute de goût. En revanche, il ne fut pas capable de prononcer le mot « confinement ». Ce qui est tout de même dommage puisque nombre de gens qui l’avaient écouté se sont demandé, après son allocution, quelles étaient les consignes précises. Il fallut attendre la prise de parole du ministre de l’Intérieur, à 22 heures, pour obtenir un peu de clarté. Doit-on comprendre qu’Emmanuel Macron, qui avait regardé de haut les Chinois et les Italiens, ne voulait pas admettre qu’il en était réduit à prendre les mêmes dispositions, avec simplement un peu de retard ? Il ne serait pas dit qu’il avait mal calibré son action. Quitte à fustiger l’inconséquence des Français...
UN FILM CATASTROPHE SCÉNARISÉ PAR ERIC ROHMER
Certes, on comprend que l’ironie est mal venue. Le sens critique, même, est de mauvais aloi. En temps de guerre, on ne rompt pas l’union nationale. On se mobilise. En restant chez soi à faire cuire les pâtes. Comme un film catastrophe hollywoodien scénarisé par Eric Rohmer.
C’est tout le paradoxe de la situation. Il a fallu dramatiser à outrance pour que certains prennent enfin conscience qu’on attendait d’eux un minimum d’efforts. L’incivisme est un mal français. Une sorte de trait national, qui fait le charme des « gaulois réfractaires », mais qui se révèle parfois parfaitement consternant. Et le spectacle, après l’allocution du président, de ces gens entassés à l’entrée des supermarchés pour « prendre leurs précautions » avant le confinement était totalement effarant. Y a-t-il une spécificité française de la connerie ? Ou alors, autre hypothèse, la communication entre citoyens et autorité souffrirait-elle de quelques ratés ?
Comment expliquer un tel décalage avec ce que nous voyons partout ailleurs dans le monde, des moyens radicaux de Hong Kong ou Taïwan aux rues désertes de Rome ? Ce n’est pas fracturer l’unité nationale que de considérer que la communication présidentielle a peut-être souffert d’un léger flou. Doux euphémisme, en comparaison des graves accusations d'Agnès Buzyn dans le Monde daté du mercredi 18 mars, expliquant qu'elle avait alerté en vain dès le mois de janvier, notamment sur le fait que les élections municipales ne pourraient pas se tenir dans de bonnes conditions. C'est le problème avec les ministres issus de la « société civile » : ils n'ont pas en tête les impératifs politiciens...
"CE VIRUS NE CONNAÎT PAS DE FRONTIÈRE." VRAIMENT ?
Il y eut d’abord cette période où tout était sous contrôle, le virus était chinois, et l’on était sommé de croire que la France, toutes frontières ouvertes, ne verrait pas arriver l’épidémie. De fait, et jusqu’à aujourd’hui, le mantra présidentiel a été cette phrase absurde : « Ce virus ne connaît pas de frontière. » Petit rappel, donc : ce virus est porté par des être humains qui, eux, s’arrêtent aux frontières, si tant est qu’on le leur demande. Il est admirable de vouloir, en toute circonstance, rester solidement ancré dans le camp du Bien, celui des gens ouverts et tolérants, mais en l’occurrence, quand tous les pays voisins ferment leurs frontières, il y a une raison : si l’on freine la circulation au sein même d’une ville, on peut aussi le faire entre nations, ce qui est visiblement plus rapide qu’aux portes de l’espace Schengen. Et si, comme semble le considérer le président, ceux qui adoptent de telles mesures sont d’affreux nationalistes, il faut alors admettre que notre premier partenaire, celui dont on nous explique qu’il est avec nous comme deux doigts de la main, est touché par ce virus « plus grave » que le coronavirus... L’Allemagne, quand il s’agit de préserver ses intérêts vitaux, n’a pas nos pudeurs... Mais surtout, il n’est pas nécessaire de fermer les frontières quand on choisit de contrôler efficacement ceux qui rentrent. C’est ce qu’ont fait la Corée ou Taïwan, avec des résultats plutôt convaincants. Contrôle de température systématique, détection à grande échelle et quarantaine.
Il y eut ensuite le moment des injonctions contradictoires : évitez la propagation, mais sortez voter. Et si vous êtes supporter de foot, promenez-vous en braillant à la porte des stades fermés sans qu’aucun policier ne vous rappelle à l’ordre. On peut comprendre le souci de ne pas affoler, de rester dans la juste mesure, mais il n’est rien de plus dangereux que de laisser braver les règles dans l’impunité. Mais après tout, Brigitte Macron elle-même, il y a encore dix jours, incitait les Français à aller au théâtre. Et le premier ministre, le samedi 14 mars, lançait tranquillement un mouvement de panique en fermant les magasins au moment même où il enjoignait les Français d'aller voter. Absurde.
"C'EST À LA FIN DE LA FOIRE QU'ON COMPTE LES BOUSES"
Il n'est pas question de faire la moindre leçon. Pas plus que sur les préceptes économiques aberrants qui nous ont conduits, à l'occasion de la propagation de ce virus, à une crise dont nous ne mesurons pas encore la gravité. Dans les campagnes, on conclut généralement que « c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses ». Il risque d'y en avoir un certain nombre. On se demandera dès lors comment on a pu en arriver là.
En attendant, ceux qui veulent continuer à croire en un progrès de l'Homme doivent avoir l'âme bien accrochée. Car le spectacle que nous offrons n'est pas reluisant. D'un côté, la bêtise satisfaite de ceux qui se foutent des recommandations et auront contribué à diffuser ce virus. De l'autre, l'égoïsme crétin de ceux qui se ruent dans les rayons des grandes surfaces, créant par leur panique les pénuries qu'ils redoutent. Prophétie autoréalisatrice. Mais dans un monde où la bourse ne fonctionne que sur ce principe des paniques créant les récessions, comment s'étonner...
Soyons honnêtes, nous sommes des petites choses fragiles. De ridicules agrégats d’angoisse. Ou bien, émettons une hypothèse : la béquille des outils informatiques qui nous forcent à maintenir une continuité de service comme si de rien n’était, tout en gérant des enfants, rend ce confinement plus pénible encore. Et s'en plaindre, quand des médecins soignent dans des conditions épuisantes, ou quand des indépendants se demandent comment ils vont s'en sortir financièrement, est tout simplement mal venu. Avions-nous besoin du président de la République pour nous expliquer que cette situation serait l'occasion de retrouver « le sens de l'essentiel » ? On est pris d'un doute... Pour que chaque citoyen puisse cultiver son bonheur et méditer sur l'essentiel, il faut qu'il ait l'impression que le pacte social est respecté. Que les conditions de l'épanouissement individuel sont garanties par le modèle social et politique découlant du choix collectif.
COMME EN JUIN 40, UNE GUERRE DE RETARD
Les grands serments, les « plus rien ne sera jamais comme avant », sont appréciables. Comment dit-on ? Il n'y a que les imbéciles... Comme en juin 40, une guerre de retard. Il aura fallu ce virus, et surtout la dramatique crise économique qui s'en suit, pour comprendre qu'une société d'auto entrepreneurs n'est pas le paradis de l'autonomie mais le cauchemar de la précarité ; que les réformes imposées au forceps pour « faire entrer la France dans la mondialisation » détricotent un système de protection dont le but est justement de prévoir l'imprévisible ; que la dérégulation généralisée amplifie les dépendances, les inégalités et, in fine, le chacun pour soi.
Pour l'heure, il faut inciter les Français à se serrer les coudes. Les rassurer tout en les mobilisant. Mais pour pouvoir miser sur l'intelligence et le civisme, il faut les avoir cultivés longtemps en amont, par le plus indispensable des outils : l'école républicaine. Et pour pouvoir s'appuyer sur un système de santé incarné par des personnels empreints d'abnégation, il faut avoir bâti, puis préservé, des services publics partout sur le territoire. Ce qui nécessite des rentrées d'argent. Donc le maintien d'un tissu industriel suffisant, là aussi partout sur le territoire... Mais les lecteurs de Marianne lisent ces réflexions depuis longtemps, et partagent ces convictions. Ils seront donc les premiers à applaudir un pouvoir qui mettrait réellement en œuvre ce programme, quand viendra le moment des actes, et non plus des discours.



 COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« COMME UN FILM CATASTROPHE HOLLYWOODIEN SCENARISE PAR ERIC ROHMER. »

Je ne me lasse pas de relire cet article de fond écrit d’une plume alerte trempée au picrate par la journaliste la plus douée  de sa génération. J’en profite pour donner un coup de chapeau à la presse qui multiplie les réflexions pertinentes et les reportages sur le sujet qui éclipse tous les autres. Mais revenons sur quelques phrases choc de ce papier incendiaire  qui donne au lecteur qui le découvre l’impression d’être presqu’aussi intelligent que la personne qui l’a rédigé.
« Comme une suspension du temps. Une étrange sensation de flottement qui nous laisse sans prise sur le monde. »
Oui, c’est précisément de cela qu’il s’agit on ne saurait mieux le dire en si peu de mots.
« C’est tout le paradoxe de la situation. Il a fallu dramatiser à outrance pour que certains prennent enfin conscience qu’on attendait d’eux un minimum d’efforts. L’incivisme est un mal français. Une sorte de trait national, qui fait le charme des « gaulois réfractaires », mais qui se révèle parfois parfaitement consternant. »
Qu’on se félicite, nous autres petits Belges, d’avoir désormais  à notre tête dans une conjoncture politique complètement surréelle une jeune femme de l’âge et de la trempe de Natacha Poliny qui a su nous dire en termes clairs, empathiques  et sans les accents martiaux du jeune président français qui joue les Clémenceau que le situation est franchement dramatique.
Oui, il faut le dire  et l’écrire les femmes se révèlent grand capitaines par temps d’orage. Quel dommage que les Américains ne l’aient pas compris en renvoyant d’abord Hilary Clinton, ensuite  Elizabeth Warren (l’anti Trump par excellence) à leurs casseroles.
Le monde sera sauvé par les femmes ou il se perdra. 
« Ceux qui veulent continuer à croire en un progrès de l'Homme doivent avoir l'âme bien accrochée. Car le spectacle que nous offrons n'est pas reluisant. D'un côté, la bêtise satisfaite de ceux qui se foutent des recommandations et auront contribué à diffuser ce virus. De l'autre, l'égoïsme crétin de ceux qui se ruent dans les rayons des grandes surfaces, créant par leur panique les pénuries qu'ils redoutent. Prophétie autoréalisatrice. Mais dans un monde où la bourse ne fonctionne que sur ce principe des paniques créant les récessions, comment s'étonner... »
Tout est dit en un paragraphe assassin qui fait de la charpie de ce  néo libéralisme qui nous tue à petit feu comme la grenouille dans une casserole d’eau à feu doux.
« Soyons honnêtes, nous sommes des petites choses fragiles. De ridicules agrégats d’angoisse »  C’est du Chanfort et cela nous cloue le bec.
« Avions-nous besoin du président de la République pour nous expliquer que cette situation serait l'occasion de retrouver « le sens de l'essentiel » ? On est pris d'un doute... Pour que chaque citoyen puisse cultiver son bonheur et méditer sur l'essentiel, il faut qu'il ait l'impression que le pacte social est respecté. Que les conditions de l'épanouissement individuel sont garanties par le modèle social et politique découlant du choix collectif. »
Et pan dans le mille ! En quatre phrases, deux ans de politique macronienne et de contestation gilets jaunes  vilipendée et réduite en confettis !
« Il aura fallu ce virus, et surtout la dramatique crise économique qui s'en suit, pour comprendre qu'une société d'autoentrepreneurs n'est pas le paradis de l'autonomie mais le cauchemar de la précarité ; que la dérégulation généralisée amplifie les dépendances, les inégalités et, in fine, le chacun pour soi. »
Et pan dans les gencives des premiers de cordée et vlan le gros pavé dans la théorie caduque du ruissellement.
« Mais pour pouvoir miser sur l'intelligence et le civisme, il faut les avoir cultivés longtemps en amont, par les plus indispensable des outils : l'école républicaine. Et pour pouvoir s'appuyer sur un système de santé incarné par des personnels empreints d'abnégation, il faut avoir bâti, puis préservé, des services publics partout sur le territoire.  »
Après le diagnostic à la serpe,  le remède de cheval : vive le service public : école républicaine et hôpital pour tous. Encore Natacha, encore, on en veut encore !
MG



HELDEN, GROOT EN KLEIN: “HARTVERWARMEND IS HET HOEVEEL MENSEN NU HET BESTE VAN ZICHZELF GEVEN”
 Zelfs mocht je hun namen inkorten tot initialen, dan nog kunnen ze hier niet op een dubbele pagina. Zo talrijk zijn ze, de helden groot en klein, soms in beeld maar veelal anoniem, die de strijd aangaan met het virus. De grote helden die zieke mensen verzorgen en gezonde mensen behoeden voor besmetting. De kleine helden die het land draaiende houden en ons veilig door de eerste turbulenties loodsen van wat straks een storm dreigt te worden.
Hartverwarmend is het hoeveel Belgen nu het beste van zichzelf geven, vakkundig en plichtsbewust, onvermoeibaar en onbaatzuchtig. Wees hen denkbaar en breng hun hulde. Geef hen vanop uw balkon een applausje, zoals in Italië, en vergeet vooral uzelf niet, als verantwoordelijke medemens. Want heldendom is zelden zo eenvoudig geweest als nu. In uw kot blijven volstaat. Meer dan burgerzin is er vandaag niet nodig om het verschil te maken tussen leven en dood.


Zij zorgen dat ons land blijft draaien: helden van vandaag zijn niet alleen dokters, verplegers en wetenschappers

Zelfs mocht je alle beroepen opsommen die vandaag een nuttige bijdrage leveren aan de bestrijding van het virus, dan nog kom je hier plaats tekort. Zo talrijk zijn ze, de functies waarin mensen elk apart hun kleine verschil maken dat opgeteld het gróte verschil maakt. Wie ze oplijst, die beroepen, dreigt er veel te vergeten. Te beginnen met de eerste lijn, de frontsoldaten. De artsen, de verplegers, de zorgkundigen in ziekenhuizen en woonzorgcentra, bij de mensen thuis en in hun eigen praktijk, aan het ziekbed en aan de telefoon. Inclusief al die gepensioneerde zestigers en zeventigers die nog één keer gehoor geven aan hun oude roeping. Virologen, pneumologen, cardiologen, psychologen. Moeders en opvangmoeders. Leerkrachten online. Rekkenvullers. Kassiersters. Inpakkers. Thuisbezorgers. Apothekers. Poetshulpen. Schoonmaakploegen. Vuilnisophalers. Spoeddiensten. Crisiscentra. Drukte. Hectiek. Op en over de limiet. Maar alles met een groot hart.
Het land gaat vandaag omzeggens op slot. Lockdown. We zijn aangewezen op blind vertrouwen. Bonne chance, madame Wilmès.
Dat is wat u ziet. Even belangrijk als het front is de backoffice. Directiekamers waarin mensen met verstand en empathie het hoofd koel houden en het hart warm. Managers en teamleiders die de schade voor hun bedrijf en voor het gezinsleven van hun medewerkers beperken. Vakbondsafgevaardigden die de mens doen primeren op de winst. En ja, ook politici, zij die dezer dagen onder vuur liggen en daar zelf ook schuld aan hebben, verstard als ze zijn in hun ideologietjes en verward in hun strategietjes.
Scepticisme is toegelaten, maar op zijn minst verdient de regering van premier Sophie Wilmès het voordeel van die twijfel. Politieke meesterbreinen doen vandaag verongelijkt, maar Wilmès boezemt veel mensen vertrouwen in, ook Vlamingen, en ze is goed omringd. Geens, De Croo, De Crem, De Block: er zijn coyotes die cynisch zullen grijnzen, maar ik kan veel kwartetten samenstellen die qua IQ en EQ en inzake politieke savoir-faire en nuchterheid lager scoren. Het land gaat vandaag omzeggens op slot. Lockdown. We zijn aangewezen op blind vertrouwen. Bonne chance, madame Wilmès. Courage.
Want laat er geen misverstand over bestaan: het ergste moet helaas nog komen. Tot dusver heeft onze solidariteit iets idyllisch. Vanmiddag zullen we in de eerste lentezon op ons terras nog snel die fles rosé ontkurken die we gisteren hebben buitgemaakt in de supermarkt. En zullen we na het derde glas besluiten dat het nog wel meevalt met die corona. Maar we weten beter. A hard rain’s gonna fall. Het virus zal pas na dit weekend in volle hevigheid toeslaan. Vandaag is iedereen nog zen, maar morgen zal er steeds vaker een wiel afdraaien en zullen her en der de stoppen doorslaan. De vermoeidheid zal toenemen, de prikkelbaarheid ook. Jengelende kinderen, hulpeloze bejaarden. Tijdelijke werkloosheid, oplopende facturen. De samenhorigheid van vandaag is mooi, maar wat we echt aankunnen, allemaal samen en elk apart, zal de volgende tijd zwaar op de proef worden gesteld.
Drie weken geleden kende niemand van ons iemand die besmet was. Vandaag kent iedereen er één, twee, vijf of tien. Morgen zullen dat er twintig zijn. Overmorgen vijftig. Eind volgende week zal iedereen iemand kennen die in het ziekenhuis voor zijn of haar leven vecht. En tegen begin april, de zondag waarop de Ronde had moeten doorgaan, Vlaanderens Mooiste, zal nagenoeg elke Vlaming iemand kennen die aan Covid-19 is overleden. Het virus is ongrijpbaar, maar tegelijk voorspelbaar als het om doden gaat. Vluchten kan niet meer.
We can be heroes / just for one day. Dat is wat wijlen David Bowie zong. Occasioneel heldendom is iedereen gegeven. Laten we onszelf sterkte inspreken voor wat komen gaat. En doen wat we kunnen, elke dag, en elk op zijn vierkante meter.
Jan Segers Het Laatste Nieuws

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