mardi 17 mars 2020

Les Belges confinés chez eux: "Cette situation durera encore deux mois, voire plus"

La Libre

À situation particulière, dispositions particulières. La Belgique a adopté des mesures drastiques pour affronter le coronavirus. Mais ces dernières pourraient ne pas être suffisantes pour faire face à la maladie qui a déjà causé la mort de dix personnes dans notre pays et contaminé plus de 1.200 Belges. Le problème réside surtout dans le non-respect par certains des règles imposées. "Trop de gens se moquent encore des règles de sécurité", a regretté Anne-Mieke Vandamme, épidémiologiste moléculaire de l'Université de Louvain, dans les colonnes de Het Laatste Nieuws. 

L'experte prône donc un durcissement des mesures de la part du gouvernement, "pour que les gens se rendent compte de la gravité de la situation". Selon l'épidémiologiste, si de nouvelles mesures ne sont pas adoptées, le pays se dirigera vers une "situation à l'italienne", où "il faudra choisir quelles vies nous sauverons".

Il est difficile à l'heure actuelle de présager de la période sur laquelle s'étendra cette crise sanitaire majeure. Pour Anne-Mieke Vandamme, cela dépendra du comportement de la population. "Nous allons être en plein dedans pendant encore deux mois, jusque fin mai, début juin", estime-t-elle. "Et ce, uniquement si nous faisons de notre mieux et respectons les mesures dès aujourd'hui". L'épidémiologiste prédit ainsi un pic du nombre de contaminations d'ici deux à trois semaines, mais ce n'est pas pour autant qu'il faudra par la suite se montrer moins vigilant. "Il faudra poursuivre nos efforts pendant encore au moins un mois, avertit-elle dans Het Laatste Nieuws. La crise ne prendra pas fin tant que tout le monde ne sera pas guéri. Si nous sortons à nouveau, un deuxième pic suivra". Anne-Mieke Vandamme met donc en garde les Belges: leurs actes peuvent être déterminants pour la suite des événements. Elle estime que la crise pourrait durer six mois de plus si les règles ne sont pas scrupuleusement respectées.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PESTE SOIT DU CORONAVIRUS

Comment parler d’autre chose ? Comment penser à autre chose ? Impossible ! Nous n’avons pas connu la guerre, l’enfer des  tranchées, l’odeur de la mort,  l’exode, l’occupation, l’horreur des camps. Nous avons entendu parler des ravages de la grippe espagnole, des hécatombes de la peste. En revanche nous connaîtrons les années corona.  Nous avons écouté distraitement autrefois à l’école des extraits du Decameron qui commence par une longue introduction dans laquelle Boccace décrit de manière saisissante les ravages effroyables de la peste noire qui a atteint Florence en 1348 et l'impact de l'épidémie sur toute la vie sociale de la cité.
« Combien de vaillants hommes, que de belles dames, combien de gracieux jouvenceaux, que non seulement n'importe qui, mais Galien, Hippocrate ou Esculape auraient jugés en parfaite santé, dînèrent le matin avec leurs parents, compagnons et amis, et le soir venu soupèrent en l'autre monde avec leurs trépassés. »
Alors que Florence est décimée, sept jeunes femmes (amies, parentes ou voisines) de la haute société florentine se trouvent par hasard réunies en l'église 
Évoquant la situation sanitaire, Pampinée lance l'idée de se retirer hors de la ville pour protéger à la fois leur santé et leur réputation. 
J’y pensais en regardant à la télé les images des Parisiennes et des Parisiens s’engouffrant par milliers  dans les gares ou saturant les autoroutes pour fuir les confinements de la capitale et rejoindre au plus vite leurs maisons de campagne. 
« Le lendemain, quittant Florence au point du jour, la brigade se réfugie dans une campagne idyllique à deux milles à peine ». Boccace dépeint le lieu comme un paradis terrestre : « Ce lieu était situé sur une montagnette, de tous côtés à l'écart de nos routes […] en haut de la colline s'élevait un palais […] il y avait de petits prés alentour, des jardins merveilleux, des puits aux eaux très fraîches. » La Nature est omniprésente dans le récit et occupe une place centrale pour les personnages ; il est fait mention d'« oiseaux chanteurs, épars sur les vertes ramures », d'« herbes mouillées de rosée », d'une « vaste plaine sur la rosée des herbes », ainsi que d'une « guirlande de laurier » dans « le délectable jardin. »
Chaque jour nouveau débute par un lever de soleil poétique et coloré : « L'aurore déjà de vermeille qu'elle était, à l'apparition du soleil, devenait orangée » ou encore « tout l'orient blanchissait » 
On voit en cette nature un univers protecteur où chacun peut trouver le repos de l'esprit. Cet univers paisible forme un contraste saisissant avec l'atmosphère infectieuse de la ville contaminée par les épidémies.
Pour se divertir, les personnages instaurent une règle selon laquelle chacun devra raconter quotidiennement une histoire illustrant le thème choisi par le roi ou la reine de la journée…
Mais puisque maintenant vous avez le temps, lisez donc dans votre confinement imposé ou relisez par plaisir et par goût ce chef d’œuvre que nous imposa autrefois notre prof de français. 
Boccace s’y concentre sur l'être humain, son comportement et ses capacités qui lui permettent de s'adapter aux aléas de la vie et d'en abattre les obstacles. C’est l'occasion pour lui de tracer une esquisse d'un idéal de vie.
Et si on en faisait autant nous les stressés de la vie moderne que le Corona Circus plonge dans le désarroi et la plus grande perplexité.
« À situation particulière, dispositions particulières »
Tropisme, ma librairie préférée, m’informe par mail qu’elle fermera ses portes elle aussi. Tant pis, ce sera le moment de me plonger dans tous ces livres que je me suis autrefois promis de lire et qui prennent la poussière sur mes étagère Billy de chez Ikea.
Mes filles, mes amis jamais ne m’ont autant téléphoné, ma boîte de mails explose. Passé le choc de la sidération: on commence,  on apprend tout doucement,  à vivre autrement.
MG

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