samedi 14 mars 2020

Les coulisses d‘une décision historique: Emmanuel Macron s’est invité rue de la Loi



Francis Van de Woestyne (La Libre)

Depuis quelques jours déjà, l’agenda de Sophie Wilmès est blanc. Nettoyé. Tout rendez-vous qui n’a pas trait au coronavirus a été annulé ou postposé. La Première ministre a fait passer le message auprès de ses collaborateurs. Elle veut être focus, à 100 %, sur le coronavirus.
Sa conviction est qu’il faut préparer des mesures progressives, coordonnées, cohérentes. Elle est en prise directe avec le monde scientifique, le Risk Management Group (RMG) mais aussi des gens de terrain qui lui font remonter des informations et leur perception de l’évolution du Covid-19. Inquiétant.
De Wever fait le malin
Lundi, lors d’un Conseil national de sécurité qui réunit, autour d’elle, les vice-Premiers ministres, les ministres concernés et les présidents des Régions et Communautés, une première batterie de mesures sont décidées. Mais à ce stade, il ne s’agit que de recommandations - interdiction des rassemblements à l’intérieur de plus de 1 000 personnes - que les gouverneurs sont chargés de faire appliquer par les bourgmestres. À Anvers, Bart De Wever fait le malin et les rejette. Pathétique. Inconscient. La gouverneure d’Anvers le remet à sa place.

L’épidémie progresse partout. L’Italie se ferme. Les scientifiques tirent le signal d’alarme. Mais à Bruxelles, au sein du Conseil des ministres, tout le monde n’est pas encore convaincu qu’il soit nécessaire de durcir les mesures. En Flandre en particulier. Mercredi soir, un nouveau Risk Management Group se réunit. La situation en Belgique s’aggrave. Dans la nuit, Trump décide d’interdire les vols en provenance de l’Europe. Emmanuel Macron annonce une déclaration pour jeudi. Le Danemark édicte des consignes d’une exceptionnelle sévérité.

Maggie De Block déboule au 16, rue de la Loi
Jeudi, à l’aube, Sophie Wilmès prend connaissance du rapport des scientifiques. Il n’y a plus une minute à perdre. Il faut passer au stade supérieur, la "phase fédérale" qui donne au gouvernement belge les pleins pouvoirs pour gérer l’épidémie. Dès potron-minet, Maggie De block déboule dans le bureau de Sophie Wilmès, suivie des vice-Premiers ministres. Un Conseil national de sécurité est convoqué pour la fin de la journée, à 18 heures. Dans l’après-midi, la Première ministre doit être entendue au Parlement. Sa réponse aux questions des élus est pesée, soupesée. Elle sait que chaque mot sera interprété.
Pendant ce temps-là, des bourgmestres et des gouverneurs s’agitent. À Knokke, Léopold Lippens interdit toutes les activités sur le sol de sa commune. Au sud du pays, certains gouverneurs sonnent le tocsin. Les cabinets ministériels sont assaillis de demandes. Les bourgmestres réclament des mesures claires. La réponse est la même : il faut attendre les décisions du Conseil national de sécurité. Ils sont cependant pris de vitesse par l’ensemble des recteurs francophones qui annoncent la suspension des cours. Un ministre commente : "C’est la course à celui qui ira le plus loin dans l’e-learning." Au nord du pays, le ministre de l’Enseignement, Ben Weyts (N-VA), affirme que les écoles flamandes resteront ouvertes. Cafouillage total.
Le Conseil national de sécurité, prévu à 18 heures, est reporté à 18 h 30. À l’entrée, certains vice-Premiers ne peuvent s’empêcher de lâcher leur petite phrase. Jan Jambon relaye l’avis de son parti : il n’est pas favorable à la fermeture des écoles. On sent venir la crise dans la crise.
La réunion se tient dans la salle habituelle du Conseil des ministres, perchée au dernier étage du bâtiment d’angle entre la rue Ducale et la rue de la Loi, à Bruxelles. La Première ministre expose les mesures envisagées par le Risk Management Group. La fermeture des écoles n’y figure pas en tant que telle. Les scientifiques présents répondent aux questions des ministres : quid des entraînements sportifs, que faire des hôtels qui ont des restaurants, des petits-déjeuners, de la nourriture pour animaux… ? La discussion est constructive. Le débat est correct. Le consensus se noue.
Reste, évidemment, la question des écoles. Prudemment, Sophie Wilmès tente d’ouvrir le débat. En femme hyperstructurée et organisée - c’est ainsi que ses collègues la décrivent - elle épuise les bons sujets, évacue subtilement celui des écoles. Elle fait du "touch and go". Le blocage que l’on sentait venir se confirme. Les ministres flamands, Jan Jambon mais aussi Alexandre De Croo, plaident pour le maintien de l’ouverture des écoles. Les francophones, même s’il y a des nuances, sont plutôt partisans de la fermeture radicale. Cela coince. La discussion tourne en rond. Les heures passent.
La Première ministre décide alors de réunir, séparément, les ministre-Présidents des entités fédérées : MM. Di Rupo, Jeholet, Jambon, Vervoort et Paasch. Les petits groupes permettent des discussions franches, des moments de respiration qui aident à rapprocher les points de vue. Sophie Wilmès cherche à créer une dynamique de groupe qui permettra de trouver des consignes globales. Car elle n’en démord pas : elle veut des mesures qui s’appliquent à toute la Belgique. Si chaque ministre-Président doit annoncer des mesures différentes en Flandre, à Bruxelles, en Wallonie et en Communauté germanophone, on sera ridicule. Pour détendre un peu l’atmosphère, des assiettes froides sont distribuées.
"Quoi qu’il en coûte…"
Vingt heures : Emmanuel Macron prend la parole en France. Une déclaration parfaitement maîtrisée de vingt-cinq minutes. Il énonce des mesures claires, radicales, nécessaires, dont la fermeture des écoles. Il insiste à trois reprises, "quoi qu’il en coûte"… Tous les téléphones des ministres en réunion s’éclairent de messages qui révèlent le dispositif français. Cela conforte les ministres francophones partisans d’une fermeture des écoles. L’argument est utilisé par l’un d’eux. Cela agace certains Flamands : ce n’est pas Macron qui doit décider ce que doit faire la Belgique, encore moins la Flandre.

La discussion commence à se structurer. Sophie Wilmès, expliquent des témoins de la scène, sans hausser le ton, fait preuve d’autorité et rappelle la situation gravissime dans laquelle le pays se trouve. Pour elle, il n’est absolument pas question de présenter des mesures différentes. Elio Di Rupo abonde dans son sens. "Une crise comme celle-là nécessite l’unité nationale. Essayons de trouver des solutions communes dans l’union." Les Flamands insistent : il faut prévoir une garderie pour les enfants des membres du corps médical qui doivent rester à leur poste, dans les hôpitaux, les maisons de repos, etc. Et pas question, insistent-ils, d’envoyer les enfants chez les grands-parents. Le consensus prend forme : les cours sont suspendus et des permanences seront ouvertes.
Il y a un pilote dans l’avion
Il est 22 heures. La RTBF diffuse des images assassines pour la Belgique. En France, un président rassurant ; chez nous, une salle de conférence avec six fauteuils vides.
22 h 10. La Première ministre a son accord entre le fédéral et toutes les entités fédérées. Jan Jambon ne saute pas de joie. Mais Bart De Wever et le ministre de l’Enseignement peuvent vivre avec la décision. Les mesures sont validées par les scientifiques.
22 h 25. Face aux journalistes, émue, Sophie Wilmès rassemble ses notes et se lance. Elle a, devant elle, des textes écrits qui détaillent les mesures mais aussi des notes éparses. Lorsqu’elle ouvre le chapitre "écoles", la tension est palpable avec son voisin de gauche, Jan Jambon. Elle dit : "Nous proposons." Se ravise et insiste : "Et c’est comme cela que cela se passera…" Jan Jambon garde la tête baissée. Elle a gagné : le fédéral a pris la main et pilote désormais les mesures qui s’imposeront sur tout le pays.
Vendredi matin. L’agenda de la Première ministre ne comporte toujours qu’un seul mot : coronavirus.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRAVO SOPHIE ! IL Y A ENFIN UNE PILOTE DANS L’AVION

Et chapeau Francis Van de Woestyne pour cette mise au point indispensable qui donne un éclairage cru des coulisses de la communication fédérale. Même Jean Luc Dehaene n’aurait pas mieux géré cette crise dans un contexte particulièrement  dramatique. Il faut du nerf et de l’intelligence pour gérer de la sorte une crise qui de l’extérieur avait toutes les apparences de la cacophonie et de l’incohérence dans un pays qui perd le Nord. A l’évidence Sophie Wilmès, première femme chef de gouvernement  par la grâce de Charles Michel, à conquis ses galons avec grâce, calme et de haute lutte. S’il est vrai que la prestation de Macron très « churchillenne »  ne manquait pas de panache, en revanche celle de Sophie Wilmès tient de l’exploit car elle a su rabaisser son caquet à l’imbuvable Bart De Wever qui, une fois de plus, s’est comporté en affreux Jojo dans cette crise dramatique.
MG


LES MESURES STRICTES FACE AU CORONAVIRUS ONT SUSCITE CHEZ LES BELGES UN VERITABLE ELAN DE SOLIDARITE
LA Libre Belgique

Les nouvelles mesures sans précédent ont créé chez les Belges un véritable élan de solidarité.
Écoles, restaurants et bars fermés : les mesures annoncées par la Première ministre, Sophie Wilmès, ce jeudi 13 mars sont conséquentes. Elles viennent s'ajouter à une série de dispositions déjà adoptées plus tôt dans la semaine.

Les nouvelles annonces ont suscité une vive anxiété mais un élan de solidarité a très vite pris le pas sur la peur. Sur plusieurs pages Facebook, les messages de soutien ont afflué. Les principales cibles de ces attentions ? Les personnes âgées. Celles-ci se retrouvent fortement isolées face à l'épidémie de coronavirus. Les Belges sont nombreux à se dire prêts à se mobiliser pour les seniors.
"Si des personnes âgées ou fragilisées ont besoin de faire leurs courses, je me porte volontaire", écrit une habitante de Schaerbeek sur une page réservée aux habitants de la commune bruxelloise. Elle n'est pas la seule à émettre ce type de proposition. À Braine-le-Château également, les citoyens s'inquiètent pour les plus âgés. Pour leur venir en aide, un document partagé a été créé. Les volontaires, ainsi que les personnes souhaitant un coup de main, sont invités à laisser leurs coordonnées. Les deux personnes peuvent ensuite prendre contact pour convenir du type d'appui qui peut être fourni.
Les seniors ne sont pas les seuls à faire l'objet d'un tel mouvement de solidarité. Suite à la suspension des cours, les enfants se retrouvent à la maison. Certains parents se voient toutefois dans l'incapacité de les garder. Ne sachant pas encore comment fonctionnera le service d'accueil dans les établissements scolaires, une Bruxelloise propose d'organiser des tournantes pour garder les bambins. "Cela permettra aux parents de continuer à travailler", écrit une maman à l'origine de l'initiative à Bruxelles.

Enfin, le secteur de l'Horeca et les commerces sont largement évoqués dans les messages de soutien des Belges. "Courage à tous nos petits restaurants, bars et cafés qui seront impactés", "Pensée à nos commerçants", "Mon soutien va à ces commerces qui seront lourdement touchés par les nouvelles mesures": les petits mots se multiplient sur les pages Facebook des différentes villes bruxelloises et wallonnes. Au-delà des pensées, plusieurs actions sont mises en place pour aider l'Horeca. À Namur, un groupe se dédie entièrement à la publication des menus des restaurants qui, obligés de fermer leurs portes à la clientèle, se transforment temporairement en traiteurs. D'autres villes invitent les citoyens à commander dans les restaurants, pour qu'ils puissent continuer à vivre. "Plutôt que de se précipiter dans les magasins et de les dévaliser, montrons notre soutien aux restaurateurs", peut-on lire. Certains vont même plus loin encore. "Réservez et payez un acompte au petit restaurant sympa que vous voulez voir redémarrer après la crise sanitaire", suggère une Wavrienne. "Dans 15 jours, on revient vider les comptoirs... comptez sur nous...", déclare également une Schaerbeekoise.


VA-T-ON VERS UNE CORONACOALITION? PS ET N-VA PARLENT DE GOUVERNEMENT D'URGENCE
Het Laatste Nieuws  (notre traduction)

 Aurons-nous une « coronacoalition » ? Il y a de fortes chances que les émissaires  royaux Patrick Dewael (Open Vld) et Sabine Laruelle (MR) se rendent au Palais avant lundi. Selon HLN (toujours parfaitement informée),  y aurait eu des discussions en cours  avec la N-VA et le PS pendant une journée entière, en vue de former un gouvernement d'urgence pour désamorcer la crise du Coronaco. Mais est-ce qu'il y a vraiment un accord ? Les yeux sont actuellement tournés vers le MR, qui veut à tout prix  maintenir Sophie Wilmès au 16.
Tout à coup, les choses semblent bouger pour la former une majorité fédérale. Selon plusieurs sources, Laruelle et Dewael travaillent à un projet de gouvernement avec le PS et la N-VA. Les deux partis mènent actuellement des discussions séparées avec Dewael et Laruelle pour former un gouvernement d'urgence, principalement pour faire face à une crise du coronavirus. CD&V et sp.a sont également impliqués dans les discussions, tout comme l’Open Vld et le MR. "Mais il est encore trop tôt pour tirer des conclusions " Néanmoins, une base aurait été établie pour que les socialistes francophones et les nationalistes flamands puissent collaborere.
 Le fait que Jan Jambon (N-VA) et Elio Di Rupo (PS), le ministre-président flamand et wallon, se réunissent régulièrement pour discuter des mesures possibles concernant le coronavirus se serait révélé utile. Cela signifierait que le PS serait quand même prêt à dépanner la suédoise de Sophie Wilmès.  
OUBLIONS LE BUDGET
Les très mauvais chiffres budgétaires ne suscitent pas non plus de divergences à l'heure actuelle. "Oubliez tout ce que j'ai dit sur le déficit et la nécessité de le réduire", a déclaré aujourd'hui à De Tijd Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque nationale. "Le gouvernement doit maintenant faire tout ce qui est en son pouvoir pour limiter les dégâts économiques, et ne pas parler du nombre de millions que cela va coûter". Aujourd'hui, le comité de suivi estime déjà le déficit public à 13,5 milliards d'euros à la fin de l'année, soit 2,77 % du PIB.
Les heures qui viennent apporteront plus de clarté, déclare une source proche des négociateurs. S'il y a effectivement une percée, Dewael et Laruelle pourraient déjà aller voir le roi samedi pour lui faire rapport et l’inviter à  envoyer un successeur sur le terrain. "Ils seraient mal inspirés  d'attendre jusqu'à lundi quand quelque chose semble  se construire enfin."
Un horizon d'un an serait envisagé pour réaliser  quelques priorités telles que la maitrise de la crise du Corona. "En parallèle, des négociations pourraient être entamées sur d'autres sujets".
WILMES PREMIER MINISTRE
Le nœud le plus difficile à trancher serait du côté du  MR. Le président Georges-Louis Bouchez insiste pour que Sophie Wilmès reste Premier ministre,  d'autres partis soulignent que le MR est déjà très bien doté, avec le commissaire Didier Reynders et le président européen Charles Michel.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CELA AURAIT-IL A L’AIR DE SE DEBLOQUER ?

Décidément, le « corona circus » fonctionne comme un accélérateur de particules. Ce qui semble certain c’est qu’il faudra laisser filer le budget au-delà des sacro saint 3% exigés par le pacte de stabilité. Il y a fort à parier qu’Emmanuel Macron plaidera la nécessité de sortir de cette impasse au niveau européen quand les States sont au-delà de 5% de déficit et qu’en Europe la moyenne tourne autour de 1 ou deux % ce qui donne une belle marge de manœuvre. Il y a de fortes chances  que le président français s’invitera très vite sur le parquet européen bruxellois, comme il l’a fait indirectement au plan national belge. Le volontarisme macronien risque de donner de meilleurs résultats sur l’échiquier européen que dans l’archipel français fortement  perturbé par le mouvement gilets jaunes. 
Nous vivons des années très perturbées et une transition difficile vers une manière de vivre plus sobre et plus solidaire.
Avec le « corona circus » c’est l’ancien monde qui s’effondre et c’est une ère nouvelle qui commence caractérisée par encore plus d’incertitude et une totale imprévisibilité.
MG

UN GOUVERNEMENT D'URGENCE PS-N-VA EST EN VUE, AFFIRMENT PLUSIEURS SOURCES
Frédéric Chardon Le Vif

 La Belgique va connaître dans les prochaines semaines une période difficile. Cours suspendus, commerces fermés, télétravail lorsque cela est possible, limitation des déplacements... La crise sanitaire inquiète la population, les entreprises craignent, à juste titre, les conséquences économiques des décisions adoptées par les autorités publiques 
Dans ce contexte, la pression sur les présidents de parti s'est accentuée : les lignes politiques pourraient bouger au fédéral afin de rendre à la Belgique un gouvernement de plein exercice. Très bien. Mais lequel ? Quel type de majorité mettre en place alors que tout semble improbable ? Restons prudents mais nos sources affirment que, pour une période très brève, le PS pourrait accepter de gouverner avec la N-VA. Il s'agirait de combattre le coronavirus mais également de prendre les premières mesures destinées à préserver, autant que possible, l'activité économique sur notre territoire. 
DES NEGOCIATIONS DEJA CE WEEK-END ?
Toujours selon ces bruits de couloir, les missionnaires royaux, Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open VLD), pourraient se rendre au Palais dès ce soir pour demander à être déchargés de leur mission. Ils laisseraient la place à un ou plusieurs formateurs (ou préformateurs) gouvernementaux qui débuteraient leur mission déjà ce week-end. 
Du côté flamand, un front composé de la N-VA, du CD&V, de l'Open VLD et du SP.A se constituerait et, du côté, francophone, on aurait au minimum une alliance constituée du PS et du MR. Ecolo, nous affirme-t-on, aurait refusé de monter dans une telle coalition (les verts francophones refusent depuis plusieurs mois de négocier avec les nationalistes flamands). 
CRITIQUES FORTES AU SEIN DU PS
Au sein du PS, la rumeur d'un accord imminent avec le parti de Bart De Wever fait grincer des dents. En effet, des élus estiment qu'il s'agirait d'un suicide politique pour les socialistes francophones. Paul Magnette, pour rappel, a insisté à de nombreuses reprises sur l'incompatibilité entre sa formation et la N-VA. Des dizaines de réunions entre les deux plus grands partis du pays ont été organisées mais avec très peu de résultats.
En outre, plusieurs sources socialistes déplorent que le PS envisage de s'associer avec la N-VA, même pour quelques semaines, alors qu'une majorité Vivaldi semblait se préciser. Pour rappel, des voix se sont élevées au sein du CD&V réclamant que les leaders de leur parti renoncent à leur exigence de gouverner avec la N-VA au fédéral. Il y avait là la possibilité de mettre en place une coalition sans les nationalistes flamands. 
Que se passera-t-il lorsque la crise du coronavirus sera passée, s'interroge un socialiste : "Soit le gouvernement d'urgence tombera et il faudra revoter avec tous les dangers que cela comporte pour la démocratie, ou alors aller aux côtés de la N-VA jusqu'au bout de la législature alors que tout nous sépare des nationalistes flamands !" 
LA MENACE DU PTB
La menace que fait peser le PTB sur le PS est également évoquée : depuis l'opposition, le parti marxiste se fera évidemment un plaisir de tirer à vue sur les socialistes et sur tous les compromis qu'ils devront accepter pour gérer le pays avec la N-VA.  "Ce schéma est court-termiste et naïf", juge une source PS. 
Le PS est divisé : les "anciens" du parti seraient prêts à monter aux affaires avec la N-VA tandis que les plus jeunes élus y seraient hostiles. "Paul Magnette hésite", nous affirme-t-on encore. 
Enfin, la question de la démocratie interne au PS est évoquée : adopter une telle ligne politique (une alliance "d'urgence" avec la N-VA) sans en discuter au préalable au bureau de parti (qui a lieu le lundi) pourrait mal passer.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHOIX CORNELIEN POUR PAUL MAGNETTE

Paul Magnette le sait mieux que personne : il n’a pas droit à l’erreur.
Agira-t-il en homme d’Etat responsable ou en bon notaire soucieux de l’avenir de son parti avant tout autre chose ?
Réponse ce week-end…
MG 


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