vendredi 13 mars 2020

Un édito de Francis Van de Woestyne.

La Libre

Le gouvernement belge a pris des mesures très sévères pour limiter la progression du coronavirus. Le traitement est radical. Mais il n’y a plus qu’une priorité : la santé.
Écoles, universités, cafés, bars, restaurants, discothèques seront fermés dès ce vendredi minuit et jusqu’au 3 avril prochain. Toutes les activités récréatives privées, sportives, culturelles, folkloriques, sont annulées.
Il était temps que des consignes strictes soient décidées et qu’elles s’appliquent de manière claire et précise à l’ensemble du territoire belge. Les autorités belges n’avaient plus le choix. Après les mesures floues suggérées il y a deux jours, les professionnels de la santé étaient revenus à la charge et avaient vivement conseillé aux autorités de passer à un stade supérieur afin d’éviter, à tout prix, un scénario à l’italienne, pays dans lequel les services de soins ont été débordés.
Les mesures sont d’une ampleur inédite parce que la Belgique, comme tous les autres pays touchés, fait face à un danger ultime, qui menace la planète entière. Nous vivons heureusement dans un État qui bénéficie d’un système de soins de santé très performant. Mais pour qu’elle soit efficace, la gestion de la crise imposait que l’on sorte de la cacophonie et que l’autorité soit confiée à un commandement unique.
La Belgique est donc passée à la phase "fédérale", les mesures décidées s’imposent désormais à tout le pays. Personne n’aurait compris qu’il en soit autrement. Il faut souligner le calme, le courage, la détermination de la Première ministre, Sophie Wilmès, qui assure remarquablement une tâche particulièrement difficile et délicate.
Ce plan radical, inédit est aussi indispensable si l’on veut sortir, au plus vite, de cette nuit dans laquelle ce virus a plongé le monde. Comme l’a souligné, jeudi soir, le président français, Emmanuel Macron, cette crise pourrait peut-être aussi développer, voire révéler, de nouvelles solidarités, une attention soutenue aux autres, aux plus fragiles d’entre nous. Cette crise nous poussera aussi, qui sait, à nous interroger sur notre mode de vie, de consommation.
Les semaines à venir seront dures à vivre. Mais une chose est sûre, ce virus sera vaincu. Grâce à la collaboration de tous.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OUF, IL ETAIT TEMPS MAIS QUE FAIT L’EUROPE ?

Sophie Wilmès et plus encore Emmanuel Macron sont passés en mode pédagogique avec rigueur et chaleur humaine. Il était temps. On mesurera le contraste avec la brutalité à front de taureau du locataire de la Maison blanche qui crache l’écume contre ses partenaires européens et réussit à casser la confiance des marchés, entrainant un krach boursier spectaculaire. 
Ce qui est sûr c’est que ce corona circus agit comme un puissant accélérateur de particules.
La récession pointait l’oreille et voici qu’elle se confirme brusquement ; le réchauffement climatique infléchissait un changement de mode de vie et voici que corona nous l’impose avec force, on envisageait mollement de « virtualiser » certains cours universitaires  et voici qu’ils seront tous dispensés en ligne sans exception ; 50.000 élèves suivent désormais  des cours a distance parmi les 400.000 élèves français aujourd’hui privés d’école à cause du coronavirus ; on estimait que la santé coûte cher, on comprend soudain qu’elle n’a pas de prix. On se préparait à vivre autrement et voilà qu’on y est contraint par nos gouvernements.  On regrettera seulement que l’Europe soit le grand absent de cette reprise en main spectaculaire par les pouvoirs publics. L’Europe de Charles Michel et Ursula von der Leyen brille par son absence quand elle devrait être à la manœuvre pour démontrer sa nécessité et surtout son utilité  en cas de crise globale et majeure. On a voulu des dirigeants de compromis et de consensus et on se retrouve avec des pantins se laissant porter par les événements sans chercher à avoir prise sur eux. C’est consternant.
MG


50.000 ELEVES SUIVENT DEJA DES COURS A DISTANCE

Les 400.000 élèves français aujourd’hui privés d’école à cause du coronavirus, du Haut-Rhin à la Corse, en passant par l’Oise, commencent peu à peu à suivre des cours à distance selon le Figaro. Via les espaces numériques de travail avant tout, très répandus depuis une dizaine d’années dans les collèges et les lycées, qu’ils soient publics ou privés. Mais Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, vante aussi la performance de la plate-forme publique d’enseignement à distance, le Cned. Une offre gratuite et «complémentaire» de celle proposée localement par les enseignants, précisait-il jeudi après-midi, en déplacement à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), siège du Cned, à deux pas du parc de loisirs du Futuroscope.



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