mercredi 8 avril 2020

Bart De Wever: "Eviter que la catastrophe économique n'affecte toute une génération"


Olivier Mouton Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

La pression économique monte pour mettre en place rapidement une stratégie de déconfinement, singulièrement en Flandre.
C'est la réponse du berger d'Anvers à la bergère du Seize rue de la Loi. Dans un entretien à la VRT, ce lundi matin, Bart De Wever, président de la N-VA et bourgmestre de la métropole, insiste sur la nécessité de mettre rapidement en place une stratégie de déconfinement pour relancer la machine économique belge.
Dans sa déclaration vidéo aux Belges, ce week-end, la Première ministre Sophie Wilmès rappelait qu'un groupe de haut niveau, composé d'experts en matière de santé et d'économie, a été mis en place pour baliser ce chemin, mais ne donnait aucune perspective plus précise. Or, la pression monte pour connaître davantage les modalités de la sortie de crise, singulièrement en Flandre.
"La perte économique est un gigantesque coup de poing, souligne Bart De Wever. Si nous n'y prenons pas garde, tout une génération sera affectée par cette crise. Nous devons retourner au travail en toute sécuité, via notamment un testing massif, ou les conséquences de la crise risquent d'être plus graves que la crise elle-même."

Le politologue Carl Devos (université de Gand) ne dit pas autre chose dans sa chronique hebdomadaire pour le Morgen: "Chaque jour qui passe, l'autre crise apparaît davantage à l'image : la catastrophe socio-économique. Et elle est impressionnante : un déficit budgétaire de 30 milliards, le plus gros coup subis par l'économie belge ces cent dernières années (à l'exception des années de guerre). Les dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux sont divisés sur la gestion de cette crise-là. Il y a trop de monde autour de la table. On ne peut pas attendre d'une forte politique socio-économique à long terme." Or, insiste-t-il, il est urgent d'y penser.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Bart DeWever ne se remet pas de sa colère provoquée par le revirement de Paul Magnette. Ils étaient près de conclure une alliance NVA-PS et patatra, la base du parti de Paul Magnette a rué dans les brancards et a ramené Magnette tout penaud à Charleroi.
Le pays y a-t-il gagné ? Je ne le crois pas. Magnette et les ainés du PS s’étaient finalement ralliés à un compromis des Belges  qui aurait pu permettre au pays, moyennant des concessions de part et d’autre, de redémarrer pour au moins cinq ans. C’est raté et tout bénéfice, à moyen terme pour le Belang et le PTB, bravo les rebelles !
MG


CORONAVIRUS: LES CONSEILS DE DSK POUR SURMONTER LA CRISE ECONOMIQUE
L’ancien secrétaire général du Fonds monétaire international plaide pour l’allégement de la dette des pays à faible revenus, et pour l’usage des droits de tirage spéciaux du FMI.
Par Le Figaro avec AFP

Il est indispensable que le Fonds monétaire international (FMI) utilise ses droits de tirage spéciaux (DTS), sorte de monnaie créée par le FMI pour soutenir des États, afin d'atténuer les effets de la crise du Covid-19, estime son ancien secrétaire général Dominique Strauss-Khan (DSK). «Allègement des dettes des pays à bas revenus et émission massive de DTS sont aujourd'hui un passage obligé pour contribuer à éviter une catastrophe économique», estime le Français dans une longue tribune à paraître dans le prochain numéro de la revue française Politique Internationale.
Estimant qu'on «assiste à un coma organisé et à un délitement subi, mais sans doute durable, des chaînes d'approvisionnement» provoqués par l'épidémie et les mesures confinement, il souligne que l'action des grandes banques centrales (en plus de celle des gouvernements) pour éviter un affaissement de la demande «n'atteindra que par ricochet les économies émergentes» pour lesquelles il est particulièrement inquiet.
 «En revanche, il est possible d'utiliser un mécanisme qui a déjà fait preuve de son efficacité dans la crise financière mondiale: les Droits de tirage spéciaux du FMI. Rien n'empêche de les réactiver; rien, sauf l'allergie américaine à tout ce qui ressemble à une action multilatérale, allergie que la tiédeur des Européens n'aide pas à contrebalancer», juge l'ancien secrétaire général de 2007 à 2011, reconverti dans le conseil.
Qu'en sera-t-il lorsque, poussés par l'effondrement de leurs économies nationales, ils seront des millions [e migrants] à tenter de forcer le passage?
Dans les pays dépendant de leurs exportations de matières premières ou de la manne touristique, l'effondrement économique «risque de replonger des millions de personnes de la ‘classe moyenne émergente’ vers l'extrême pauvreté. Or, plus de pauvreté, c'est aussi plus de morts». DSK anticipe également un déferlement migratoire vers l'Europe. «Avant la crise actuelle, l'Europe avait déjà le plus grand mal à gérer l'afflux de quelques centaines de milliers de migrants se pressant à ses portes. Qu'en sera-t-il lorsque, poussés par l'effondrement de leurs économies nationales, ils seront des millions à tenter de forcer le passage»?
Plusieurs chefs d'État dont Emmanuel Macron appellent à mutualiser le risque à l'échelon européen, pour éviter l'effondrement économique. 
DANGERS POUR «LA DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE CACOCHYME»
Dans ce long article balayant largement les risques et les opportunités - économiques et politiques - causées par la crise du Covid, l'ancienne figure de la social-démocratie souligne comment la crise épidémique jette une lumière crue sur les failles de l'économie mondialisée, «la relativité de notre souveraineté», les risques pour les libertés publiques et individuelles et les dangers pour «la démocratie parlementaire cacochyme».
Économiste, ancien homme politique un temps pressenti pour être candidat de la gauche à la présidence de la République en 2012, il a été contraint à la démission de son poste du FMI après un retentissant scandale sexuel et plusieurs mises en causes qui ont mis un terme à ses ambitions politiques.


APRES LA CRISE, LE PS VEUT CHANGER EN PROFONDEUR NOTRE MODELE
Olivier Mouton
Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express

L'urgence reste sanitaire, mais Paul Magnette, président du PS, propose déjà un plan en quatre points pour préparer la relance. Avec un leitmotiv: plus rien ne doit être comme avant.
La crise du coronavirus est loin d'être finie dans notre pays. Mais le PS souligne déjà à quel point il sera important de ne pas manquer l'étape suivante, celle de la relance. "Aujourd'hui, l'urgence reste sanitaire avec les mesures de confinement et le soutien au personnel soignant, confirme son président, Paul Magnette. Mais nous pensons aussi qu'il convient de se projeter dès à présent dans le monde de l'après-coronavirus avec la nécessité de tirer les leçons de ce qui ne fonctionne pas, mais aussi de retenir le potentiel qui s'est révélé durant cette crise."
Lors d'une conférence de presse virtuelle, ce mardi après-midi, Paul Magnette a présenté un plan en quatre points: urgences, bien sûr, mais aussi, reprise, relance et redéploiement. "Notre modèle économique est en partie responsable de la façon dont cette propagation virale a eu lieu, a-t-il dit, en prenant le contrepied des récentes sorties de son homologue du MR, Georges-Louis Bouchez. Nous devons mener un travail d'introspection pour le revoir en profondeur. On ne peut pas dire à l'Etat de venir nous sauver et puis lui dire ensuite 'merci, au revoir'." La libéralisation et la mondialisation à outrance sont clairement dans le colimateur du président socialiste.
En ce qui concerne la reprise, le PS prône l'organisation massive de tests pour permettre un déconfinement dans risque. Et réclame une prime aux travailleurs mobilisés durant la crise, ainsi qu'une mobilisation de l'enveloppe bien-être. Objectif: doper rapidement le pouvoir d'achat.
Pour la relance, il s'agit de garantir le financement de la sécurité sociale et des services publics, avant de mettre en place un fonds d'investissements majeurs dans la transition pour changer de modèle.
En ce qui concerne le redéploiement, il convient de définir un nouveau cadre budgétaire, tout en orientant les nationalisations. "Les règles budgétaires et financières européennes dovient être changées, soutient Paul Magnette. C'est fondamental pour la Belgique parce qu'une partie du financement doit venir de là. Quant aux nationalisations, des demandes ont déjà été faites dans le secteur aéronautique, mais nous devrons aussi être proactifs. Cela peut prendre la forme de prises de participation."
L'initiative du PS s'inscrit dans le cadre politique particulier actuel. "Nous soutenons le gouvernement Wilmès de l'extérieur, dit Paul Magnette. Nous sommes dans l'opposition pour soutenir une équipe minoritaire. C'est une réalité qui existe dans la moitié des pays européens. Il est normal que nous faisions des propositions pour préparer la phase suivante."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AVRIL NE TE DECOUVRE PAS D’UN FIL…

Nous vivons dans un monde étrange où le confinement généralisé au cœur d’un printemps insensé, un mois d’avril à 22 degré, nous déconcerte comme jamais. Le prochain été sera-t-il encore plus caniculaire ?
La sphère politique semble complètement dépassée, déroutée, aliénée par  la crise sanitaire la plus dramatique du siècle.  Au Royaume Uni le premier ministre Boris Johnson est aux soins intensifs, imagine-t- Winston Churchill remplacé en plein effort de guerre ? Il semblerait qu’Angela Merkel aussi soit atteinte par le virus, on la dit en quarantaine. La presse française s’interroge sur qui remplacerait Macron si, lui aussi, devait être contaminé. Le spectre DSK ressurgit dans sa nouvelle dégaine de conseiller financier ex machina.
Mais tout cela n’est rien au vu du chamboulement qui s’opère dans nos crânes de citoyens confinés. Que va-t-il se passer ? Tout est possible et son contraire. Allons nous changer d’ère, sommes-nous prêt à bousculer le paradigme et le dogme néo libéral ?
Notre chère Belgique est dirigée par un gouvernement fantôme qui malgré le talent et la bonne volonté de Sophie Wilmès navigue dans un épais brouillard sans véritable assise parlementaire. Nos deux poids lourds politiques le Flamand De Wever et le Wallon Magnette s’évitent, s’observent et se profilent, chacun dans  sa nation, dans une attitude de matamore qui fourbit ses armes pour la prochaine campagne électorale.
Et surtout, l’Europe semble  vaciller, cette Europe en laquelle on a mis tellement d’espoir après les traumatismes de la terrible guerre. On finira par regretter le terne duo Juncker-Tusk que remplacent le couple assez improbable que forment Ursula, la fragile Allemande et notre Charles si tellement peu Téméraire. 
MG



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