jeudi 23 avril 2020

"Le bien-être des prochaines décennies dépendra des prochains mois", estime Bart De Wever



La Belgique doit préparer rapidement "un plan de sortie global" du confinement pour la reprise de l'économie, a répété le président de la N-VA, Bart De Wever, lundi matin dans l'émission De Ochtend (vrt). "Le bien-être des décennies à venir se décidera dans les prochains mois", a-t-il estimé en assurant par ailleurs être prêt à se rasseoir à la table des négociations en vue de former un gouvernement fédéral "qui ne serait pas basé sur le PS et Ecolo".
S'il ne tenait qu'au président des nationalistes flamands, la Belgique s'engagerait rapidement dans un plan global de sortie de crise, à l'image de ce qui se fait en Allemagne, en Autriche ou aux Pays-Bas. "Les pays intelligents sont en train de gagner l'avenir", a-t-il dit. "Rien n'est plus faux que l'opposition entre l'économie et la santé. (…) Bart De Wever s'est enfin dit prêt à se rasseoir à la table des négociations en vue de former un gouvernement fédéral, son parti n'étant pas favorable à une prolongation des pouvoirs spéciaux accordés à l'exécutif actuel. La situation doit être évaluée en juin. "Pour moi, les discussions pour un nouveau gouvernement fédéral peuvent débuter en juin, au plus tard en septembre. Mais il ne faut absolument pas un gouvernement dominé par le PS et Ecolo", a martelé le président de la N-VA. 
"Nous sommes prêts à des compromis mais à partir de notre logique et du programme que nous jugeons important", a-t-il conclu en appelant les autres présidents de partis flamands à ne pas se laisser embarquer dans un gouvernement dominé par le PS et Ecolo.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« NOUS SOMMES PRETS A DES COMPROMIS » BDW
MAGNETTE SERAIT PRET A RENOUER DES CONTACTS POUR FORMER UN GOUVERNEMENT
BDW est d’une habileté machiavélique sinon diabolique.  "Nous sommes prêts à des compromis mais à partir de notre logique et du programme que nous jugeons important", a-t-il conclu en appelant les autres présidents de partis flamands à ne pas se laisser embarquer dans un gouvernement dominé par le PS et Ecolo.
Très bien mais il reste qui comme partenaire  en dehors du PS en région francophone ? Un MR affaibli dirigé par un Bouchez prêt à tout pour rester au pouvoir ? 
Il est clair que Bart est en perte de vitesse et qu’il joue, non sans panache, sa dernière carte en misant sur l’appui des milieux d’affaires et de la classe moyenne flamande.
Et voici que Le Soir annonce que Paul Magnette « serait » prêt à renouer des contacts pour former un gouvernement de plein exercice. Objectif juin ou septembre. Au PS, on ne confirme pas, on n’infirme pas. 
Le déconfinement progressif auquel nous aurons droit à partir de vendredi écrit  David Coppi « accroîtra graduellement la pression en vue de la négociation d’un gouvernement de plein exercice. Dès lors que l’agenda deviendra, jour après jour, plus socio-économique et (un peu) moins sanitaire, la question se posera : faut-il rouvrir des négociations visant à mettre sur pied un gouvernement à même de gérer le passif budgétaire, d’entreprendre des politiques de relance, et de boucler la législature 2019-2024 ? »
 Claude Demelenne dans le Vif : « L’appel de la FGTB à négocier, avec le patronat, un Pacte social-économique-écologique d’après-guerre sanitaire (l’organisation syndicale se réfère au Pacte de reconstruction de 1944) va dans ce sens : difficile à imaginer sans le coaching d’un gouvernement fédéral à part entière, fort d’une majorité au Parlement. »
Georges-Louis Bouchez quant çà lui ne souhaite pas de négociations gouvernementales en juin. Les libéraux francophones prolongent leur long séjour au pouvoir. Une rente de situation grâce aux crises : pas moins de sept ministères, dont le Seize rue de la Loi, pour à peine plus d'un cinquième de l'électorat francophone: c'est fameux.  Le temps a passé et le MR est resté tout aussi surreprésenté. La crise sanitaire est arrivée et le MR a non seulement maintenu sa position, mais sa Première ministre Sophie Wilmès dispose désormais de pouvoirs spéciaux et de l'appui... des partis francophones d'opposition qui le conspuaient. Le MR a même obtenu le maintien... de tous ses ministres. Une prouesse ! commente Le Soir.
Réponse de Georges-Louis Bouchez, président du MR, au Soir: "Il n'est pas question de parler de négociations gouvernementales alors qu'on a encore aucune certitude sur la sortie de crise sanitaire. Nous n'entamerons pas le moindre processus de formation tant qu'il n'y a pas de stratégie stable de déconfinement.  Plus probablement, le président du MR opte pour d'éventuelles négociations en septembre... si tout va bien.
Le MR prend visiblement goût à cette situation prolongée où il prend ses responsabilités avec un nombre important de ministres. 
De Wever au Laatste Nieuws : "Sacrifier la richesse risque de coûter très cher en années de vie en bonne santé. Pas de prospérité robuste signifie pas de soins de santé performants. Nous devons nous efforcer de faire en sorte que la réaction à la crise ne soit pas pire que la crise elle-même à long terme".
De Wever qualifie de " plutôt déséquilibrée " la composition du groupe de travail autour de la stratégie de sortie, le "volet économique" de ce groupe de travail aurait pu être, selon lui,  un peu plus important.
Tout ceci constitue un signal évident que le landerneau politique voit poindre la fin du confinement. Est-ce à dire que la crise du corona virus se termine doucement ? Rien n’est moins sûr. Nous assistons, semble-t-il, à la fin du commencement. Il semble, en tout état de cause que la balle soit dans le camp de la FGTB comme le montre bien l’analyse de Claude Demelenne. Le syndicat socialiste plaide pour "un pacte social comme au sortir de la Seconde Guerre, quand les syndicats, les patrons et le gouvernement avaient négocié la reconstruction, la relance, la redistribution, et projeté la Belgique d'après " La FGTB ne se trompe pas lorsqu'elle prévoit "une phase de conflictualité sociale, une épreuve de force, pour obtenir notamment un refinancement de la Sécu et, globalement, un gouvernement de la solidarité"
Le plan de déconfinement va-t-il causer un choc politique Wallonie-Flandre? Se demande la Libre. Opposera-t-il une Flandre bosseuse et volontaire à une Belgique francophone frileuse ? Le clivage entre les partisans d’un déconfinement rapide destiné à préserver l’économie et les partisans d’un déconfinement lent - voire d’une absence de déconfinement – dépasse-il les codes habituels ? »
Il ne les dépasse pas mais comme l’illustre formidablement  Kroll, il les confirme. Se pourrait qu’il amorce  le commencement de la fin de la Belgique ?
MG

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