dimanche 19 avril 2020

New Hampshire, Maryland, Texas: des manifestations demandant la levée des mesures de confinement face au coronavirus ont agité samedi plusieurs villes à travers les Etats-Unis, encouragées la veille par Donald Trump, accusé d'attiser les divisions.


La Libre Belgique

Ils étaient environ 400 à manifester, à pied ou depuis leur voiture, devant le Parlement de Concord, capitale du petit Etat du New Hampshire (1,3 million d'habitants), relativement épargné par l'épidémie avec 1.287 cas confirmés et 37 morts du coronavirus vendredi. Le gouverneur républicain Chris Sununu y a ordonné un confinement au moins jusqu'au 4 mai.
"Les chiffres mentent", ou "Rouvrez le N.H.", disaient certaines pancartes brandies par les manifestants, au milieu de drapeaux américains. Parmi eux figuraient des hommes en cagoules et armés, a constaté l'AFP.
"Les gens sont tout à fait prêts à faire ce qu'il faut", mais "les chiffres ne justifient pas les mesures de confinement draconiennes que nous avons dans le New Hampshire", a indiqué à l'AFP Skip Murphy, 63 ans, électeur de Donald Trump.
A Annapolis, capitale du Maryland, les manifestants restaient en voiture, et l'AFP en a vu environ 200 défiler devant le Parlement local. "La pauvreté tue aussi", disait une pancarte, "je n'obéirai pas à des décrets illégaux", disait une autre.
A Austin, capitale du Texas, Etat le plus peuplé après la Californie, ils étaient environ 250, armés de pancarte dénonçant notamment "l'effondrement économique" précipité par la mise à l'arrêt de toutes les activités non "essentielles", qui a fait exploser le nombre de chômeurs et fait perdre à beaucoup tout revenu.Owen Shroyer, présentateur du site proche de l'extrême droite Infowars, avait appelé ces derniers jours à y participer, avant de voir son compte Twitter suspendu vendredi.
Si ces rassemblements semblaient réunir beaucoup de partisans de Donald Trump, certains participants ont souligné que leurs motivations n'étaient pas politiques.
Dolores, une coiffeuse qui manifestait à Annapolis, a expliqué ne plus pouvoir travailler ni toucher aucune aide gouvernementale, car elle est employeuse et non employée.
"Il faut que je sauve mes affaires, je dois travailler pour vivre, sinon je vais mourir", a-t-elle dit à l'AFP.
"Cela n'a rien à voir avec Trump ou avec les gouverneurs démocrates ou républicains", a affirmé Skip Murphy à Concord. "C'est pour dire que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, et que le confinement doit s'arrêter là où il n'a pas de sens".
"Ne pas politiser l'émotion"
De telles manifestations se sont multipliées ces derniers jours à travers les Etats-Unis, pays le plus frappé par le coronavirus avec plus de 715.000 cas et 37.000 morts, alors que le chômage explose et que beaucoup de gens ont perdu leurs revenus, dans un pays au filet de protection sociale limité.
La plus importante à ce jour s'est déroulée mercredi à Lansing, capitale du Michigan, où quelque 3.000 personnes ont vilipendé les mesures de confinement de la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer.
Le président Trump, qui ne cache pas sa hâte de "rouvrir" l'économie du pays tout en laissant les gouverneurs de chaque Etat décider quand et comment lever les restrictions, a appelé vendredi à "libérer" du confinement trois Etats gérés par des gouverneurs démocrates - Michigan, Minnesota et Virginie.
Le gouverneur de l'Etat de New York, le plus touché par l'épidémie avec plus de 236.000 cas confirmés et un ordre de confinement en vigueur au moins jusqu'au 15 mai - malgré un nombre de morts journaliers en baisse - a reconnu samedi que certains Etats, moins affectés, pouvaient adopter des stratégies de relance de l'économie plus rapide que la sienne.
"Les chiffres dictent les stratégies", a indiqué le gouverneur Andrew Cuomo lors d'un point presse.
Mais il a implicitement critiqué l'attitude de Donald Trump et de certains responsables républicains qui critiquent le confinement prolongé par les gouverneurs démocrates.
Le confinement est "émotionnellement difficile, et économiquement désastreux", a-t-il souligné. Mais "comment la situation peut-elle empirer, et empirer rapidement? Si vous politisez toute cette émotion. Nous ne pouvons pas nous le permettre," a-t-il martelé.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TRUMP ANNONCE LA COULEUR

Aveuglés par Trump, les Républicains sont en train de perdre l’honneur de l’Amérique en jetant l’ostracisme sur tout ce qui est démocrate. Le message est clair analyse le Guardian : les gouverneurs démocratiques doivent se débrouiller seuls, Trump ne les aidera en rien . Les gouverneurs républicains sont forcés, quant à eux de s’inféoder à un président agissant en patron féodal de son parti et non pas en sa qualité de chef de la nation tout entière.
Il en résulte une véritable dénégation des intentions des pères  fondateurs, certains États de couleur républicaine suivent désormais servilement les directives fédérales au mépris flagrant des besoins locaux, tandis que d'autres, de conviction démocrate, sont demeurés sans secours alors qu'une crise nationale se profilait à l'horizon et que Washington ne faisait rien pour apporter une réponse nationale. Les gouverneurs démocrates ne peuvent en rien faire confiance au président républicain  pour protéger la vie de leurs citoyens, et les gouverneurs républicains en viennent à agir comme les laquais d'un président despote, pas du tout comme  les responsables des intérêts de leurs États. Globalement cette évolution perverse révèle que le fédéralisme est devenu la nouvelle victime d'un président qui n'a pas son pareil dans le mépris de tout ce qui fait vraiment la grandeur de l'Amérique. Trump entend relancer à tout prix la machine économique sans se soucier de la santé des Américaines et des Américains. Cette stratégie essentiellement électoraliste –on vote en novembre-est de nature à déclencher, si elle devait s’exacerber, une guerre civile de tous contre tous. Trump annonce la couleur, celle des chemises que portaient les partisans d’Hitler dans l’Allemagne d’avant guerre. Et voilà  que comble du comble, il  pointe un doigt accusateur en direction de la Chine. Jusqu’où cet histrion néronien osera-t-il aller ?
MG


DONALD TRUMP MET EN GARDE: "SI LA CHINE ETAIT SCIEMMENT RESPONSABLE, IL Y AURA DES CONSEQUENCES"

Le président américain, Donald Trump, a mis en garde samedi la Chine contre d'éventuelles "conséquences" si elle était "sciemment responsable" de la pandémie de coronavirus.
"Elle aurait pu être arrêtée en Chine avant qu'elle ne commence et elle ne l'a pas été", a déclaré M. Trump lors de sa conférence de presse quotidienne à la Maison Blanche.
"Et maintenant, le monde entier souffre à cause de cela", a-t-il ajouté.
A un journaliste lui demandant si la Chine devait subir les conséquences de l'épidémie apparue en décembre dans la ville chinoise de Wuhan et qui a fait plus de 157.000 morts dans le monde, M. Trump a répondu: "S'ils étaient sciemment responsables, certainement. Si c'était une erreur, une erreur est une erreur. Mais s'ils étaient sciemment responsables, oui, alors il devrait y avoir des conséquences", a-t-il souligné.
"Est-ce une erreur qui a échappé à tout contrôle ou a-t-elle été commise délibérément?" a interrogé M. Trump. "Il y a une grande différence entre les deux. Dans les deux cas, ils auraient dû nous le faire savoir", a-t-il dit. "Nous avons demandé à être impliqués plus tôt, et ils ne voulaient pas. Je pense qu'ils savaient que ce n'était pas bien et ils étaient gênés. Ils ont dit qu'ils faisaient une enquête", a poursuivi M. Trump.
"Alors voyons ce qui se passe avec leur enquête. Mais nous faisons aussi des investigations", a-t-il encore dit.
L'administration Trump a fait savoir qu'elle n'excluait pas que le nouveau coronavirus ait été propagé -- accidentellement -- à partir d'un laboratoire de recherche sur les chauves-souris à Wuhan.
M. Trump a également mis en doute les données officielles chinoises montrant que le pays n'avait subi que 0,33 décès pour 100.000 habitants. "Ce chiffre est impossible. C'est un chiffre impossible à atteindre", a-t-il dit.
Les Etats-Unis, selon un graphique présenté lors de la conférence de presse, ont enregistré 11,24 décès pour 100.000 personnes, contre 27,92 pour la France et 42,81 pour l'Espagne.
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FEDERALISM HAS BECOME ANOTHER CASUALTY OF TRUMP AND THE CORONAVIRUS
Andrew Gawthorpe Guardian.
Democratic governors can’t rely on the president to protect citizens and Republican governors must act as lackeys of a monarch



 The particular way that Donald Trump exercises power has contributed to the reaction of governors from both parties. 
Many American institutions and traditions have been challenged in the era of Donald Trump. The latest is federalism, the idea that power should be shared between the federal government and the states. The president’s response to the coronavirus epidemic has had a curious impact, overturning the historical preferences of both parties. Put simply, coronavirus has meant federalism for Democrats who have been abandoned in the face of the pandemic, and slavish devotion to federal authority for Republicans.
Federalism provides a logical way for the United States to respond to epidemics. States have the primary responsibility for their citizens’ health – about which they have the best information – but the federal government needs to take the lead in coordinating a national response. Supplies need to be sent where they are needed most, and measures like lockdowns have to be implemented and lifted in accordance with a national plan rather than haphazardly at the state level – because, as Andrew Cuomo has said, “state boundaries mean very little to the virus”.
Yet a vacuum of responsible leadership from the White House has meant that the system has not worked as intended. Rather than seeing it as his role to work with the states to develop a national plan, Trump instead spent months denying that a problem even existed and stating that he took “no responsibility” for fighting the virus. When the prospect of emerging as the hero who restarted the economy beckoned, he swung to the other extreme, claiming “total authority” to supersede decisions made by the states and suggesting that governors who wanted to lift lockdowns at their own pace rather than his direction were committing “mutiny”. On Friday, Trump went on a bizarre, all-caps Twitter rampage, calling on citizens to “LIBERATE” Minnesota, Michigan and Virginia from state quarantine measures.
Many Republican governors have responded by following the president’s lead. Even as the government’s top infectious diseases expert was pleading for a nationwide lockdown, governors like Florida’s Ron DeSantis chose to sacrifice the health of their constituents on the altar of their desire to please the president.
When DeSantis did eventually issue a stay-at-home order, he explicitly cited Trump’s changing “demeanor” as his reason for doing so. Other Republican governors took their cues from the federal government too, for instance by waiting for Trump to issue a national emergency declaration before they issued their own. Some Republican governors – such as Mike DeWine of Ohio and Larry Hogan of Maryland – acted earlier, but they represent states in which Trump’s popularity is much lower than average among Republican-governed states.
Democratic governors have been more in tune with the needs of their localities than the president’s shifting moods, issuing emergency declarations and lockdown orders sooner than their Republican counterparts. When their pleas for a more effective federal response were ignored, they turned to self-help instead. As it becomes clear that Trump is pushing for an irresponsible reopening of the economy, Democratic governors in the west and north-east have established working groups consisting of public health experts and economists to plot their own way forward.
Why did Republican governors stick with the president while Democratic governors went their own way? Much of the explanation can be found in the power of partisanship, and the nationalization of state politics. Trump’s grip on the Republican base is so absolute that the governors of red states value their relationship with him above almost any other. And so much of local politics is now filtered through a national lens that Republican governors must be seen to be toeing the president’s line even on local issues in order to please that base.
The particular way that Trump exercises power has also contributed to the reaction of governors from both parties. Trump has made clear that he will dole out federal largesse according to political loyalty, even preventing Colorado’s Democratic-led government from purchasing ventilators on the open market and later sending a hundred units “at the request” of the state’s Republican senator, who is facing a tough re-election battle. The message is clear: Democratic governors need to help themselves, because Trump sure won’t. And Republican governors need to stick close to a president who sees himself as his party’s feudal patron rather than the leader of the entire nation.
The result has been an inversion of what the Founders intended, with some states slavishly following federal dictate in flagrant disregard of local needs, and others hung out to dry as a national crisis looms and Washington does little to shepherd a national response. Democratic governors cannot rely on the president to protect the lives of their citizens, and Republican governors find themselves acting more as the lackeys of a monarch than representatives of the interests of their states. Taken together, these developments suggest that federalism has become another casualty of a president unprecedented in his disregard for everything which truly makes America great.
• Andrew Gawthorpe is a historian of the United States at Leiden University in the Netherlands

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