jeudi 7 mai 2020

Alexandre Adler : « Le terme "corona" apparaît dans un rapport de la CIA dès 2005 »


LE 24 MARS 2020
Par Rebecca Fitoussi in Public Senat

En 2005, Alexandre Adler préfaçait pour les éditions Robert Laffont « Le nouveau rapport de la CIA – Comment sera le monde demain », résultat de deux ans de travail de plusieurs dizaines d’experts évaluant la situation de la planète sur les quinze années à venir (2005-2020). Cette crise du Covid-19, les experts l’avaient prédite avec une précision saisissante. Alexandre Adler revient sur ce rapport et se projette dans l’après-crise. Selon lui, cette épidémie sera un tournant pour l’avenir du monde et annonce de profondes transformations.
POURRIEZ-VOUS D’ABORD NOUS RECONTEXTUALISER LA PUBLICATION DE CE RAPPORT QUI ANNONÇAIT UNE EPIDEMIE MONDIALE ET LA FAÇON DONT VOUS AVEZ ETE AMENE A LE COMMENTER ?
Oui, je dois quelques explications à nos lecteurs sur ce rapport de la CIA qui me donne un peu le statut de prophète. [rires] Je rappelle d’abord que les rapports de la CIA étaient réguliers, ils avaient l’habitude d’y évoquer la situation géopolitique avec des questions comme « La Russie va-t-elle rester dans une semi-démocratie ou va-t-elle connaître un épisode autoritaire ? Ou d’autres questions comme « la Chine représente-t-elle une menace ?». Des questions pour lesquelles j’avais une certaine compétence. 
QUE PREDISAIT CE RAPPORT ? QUEL ETAIT LE SCENARIO ?
Je l’avais moi-même oublié, mais le terme « corona » apparaît dans ce texte écrit dès 2005. « Corona » est un terme codé qui était utilisé par les épidémiologistes en Amérique pour nommer ce qu’ils considéraient comme la pandémie ultime. De pandémie en pandémie, nous allions avoir une pandémie qui allait véritablement s’étendre à la Terre entière. Pourquoi ? Et bien parce que la mondialisation avait atteint un stade très avancé. La CIA mettait en garde, et j’étais plutôt d’accord. J’étais assez critique, non pas de la mondialisation que je considérais comme un phénomène inévitable et qui comporte de nombreux éléments très positifs, mais elle avait aussi des éléments négatifs. Par exemple, et c’était ce à quoi la CIA était déjà sensible, le fait que les Etats-Unis, pour des raisons de coûts de court terme, s’étaient complètement mis à la disposition de la Chine qui fabriquait pratiquement tous les produits pharmaceutiques dont l’Amérique avait besoin. Le pays avait quasiment tiré un trait sur son industrie pharmaceutique, qu’il faisait faire à l’étranger. La CIA disait dans ce rapport que ce n’était pas très sage. Dans mes commentaires à l’époque, j’abondais dans ce sens parce que je savais que la France avait la tentation de le faire aussi. Elle l’a d’ailleurs fait malheureusement. Il fallait maintenir un certain nombre de productions stratégiques et de stocks nécessaires sur place. 

Dans ce rapport, les précisions sur le virus, sur son mode de propagation, sont saisissantes… « apparition d'une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse », « voyageurs présentant peu ou pas de symptômes » qui « pourraient transporter le virus sur les autres continents ». Comment cela a-t-il été possible ?
Parce que c’était déjà arrivé. Cela nous ramène aux livres de Tom Clancy qui lui aussi écrivait à partir de l’expertise de la CIA. Il racontait de manière effrayante une épidémie d’Ebola. Et effectivement, à l’époque, Ebola n’était pas du tout maîtrisé. Entre temps, les Instituts Pasteur et leurs équivalents ont trouvé le vaccin pour Ebola, ce qui est presque un miracle. Nous n’avons plus d’Ebola, mais nous avons cette maladie qui est à la fois effrayante parce que nous n’avons pas encore trouvé le vaccin mais beaucoup moins dangereuse du point de vue de la mortalité.
Au moment de la sortie de ce rapport, quelles ont été les réactions internationales ? A-t-il été pris au sérieux par les autorités des différents pays ?
Il n’y a eu aucune réaction ! Aucune ! Parce que c’était un rapport parmi d’autres. Et certainement pas en France. On n’a rien fait de particulier et c’est vrai de tous les pays européens. C’était chacun pour soi et tout le monde était tout à fait insouciant. Il y avait un sentiment, comme toujours quand on avance, où on pense que cela n’arrive qu’aux autres.
Dans ce rapport, la suite envisagée fait froid dans le dos. Il évoque de nouveaux cas de coronavirus qui apparaitraient par vague, très régulièrement et qui finiraient par tuer des millions de personnes… Quel crédit peut-on accorder à cette théorie ?
Je pense que la CIA a voulu provoquer un choc émotionnel à ses lecteurs disant, si vous ne faites rien, ces drames viendront et ne viendront pas une fois mais à plusieurs reprises. C’est parfaitement possible, sauf que maintenant que nous avons connu cette période de pandémie mondiale avec la première conjoncture mondiale qui affecte la totalité de la Terre, cela peut changer la donne. C’est quand même renversant de penser que nous sommes tous, au même moment, au même endroit, arrêtés. Et là je pense aux mots de mon maître Louis Althusser qui avait lu cela chez Hegel, le philosophe allemand : « l’humanité avance toujours, mais toujours par sa négativité. » C’est-à-dire que c’est toujours par un phénomène négatif que des phénomènes par ailleurs massivement positifs arrivent, comme le fait que l’humanité est Une et que maintenant nous sommes tous dans le même bateau. Et bien pour y arriver, nous sommes passés par cette pandémie.
COMMENT TROUVEZ-VOUS L’ORGANISATION DU MONDE FACE A CETTE CRISE ? DE NOMBREUX ETATS ONT FERME LEURS FRONTIERES… LES ECONOMIES SE REFERMENT SUR ELLES-MEMES… L’HEURE EST-ELLE AU REPLI ? CETTE CRISE SONNE-T-ELLE LE GLAS DE LA MONDIALISATION ?
Pas du tout ! Les gens voient à quel point le repli, indispensable en ce moment pour prévenir l’épidémie, est grave pour les sociétés et pour les économies. Les gens sont certes préservés des pires fléaux, mais ils sont pauvres ! Ils sont appauvris comme nous le sommes aujourd’hui dans toute l’économie française par ces mesures de « containment » (ndlr : endiguement) qui sont nécessaires. Toutes les entreprises qui font faillite ou toutes celles qui ont des dettes épouvantables, le voient bien aujourd’hui. Donc on comprend comment le protectionnisme, les circuits courts, etc… Ce sont surtout les cerveaux courts, les circuits courts !
TOUTE LA CLASSE POLITIQUE FRANÇAISE, JUSQU’AU PLUS HAUT NIVEAU DE L’ETAT, NOUS ANNONCE UN APRES… DIFFERENT SUR LE PLAN IDEOLOGIQUE, ECONOMIQUE, SOCIAL… VOUS CROYEZ A UNE REVOLUTION ? UN TOURNANT ? CELA VOUS SEMBLE-T-IL POSSIBLE ?
Oui je le crois. Nous sommes sur une pente ascendante. Je le sens. Pendant la guerre, on a vu tant de Français et de braves gens qui sans mot d’ordre d’organisations de résistance, encore à peine développées, ont eu les bons gestes. Cacher des juifs, cacher des résistants, cacher le ravitaillement que les Allemands pillaient de façon éhontée… Tout cela, ce sont des gestes de survie de la société qui ont fait une autre société en 1945. Nous avons eu une société beaucoup plus fraternelle et beaucoup plus courageuse dans laquelle des gens jeunes ont remplacé des gens trop âgés et qui ont insufflé ce qu’on a appelé « Les Trente Glorieuses ». Ce genre de phénomène, nous l’avons déjà connu. Et dramatiquement, puisqu’il s’agissait là d’une tragédie sans précédent. Vous imaginez le choc qu’a été 1940, pour une France qui se pensait encore comme une grande puissance mondiale. Et du jour au lendemain, cette chute ! Puis cette remontée avec le Général de Gaulle. Il n’y a pas de De Gaulle en France aujourd’hui même si je trouve que notre Président Macron se débrouille avec beaucoup de courage et beaucoup de sang-froid dans une situation très difficile. Et d’ailleurs les sondages le prouvent. Les Français se disent : « heureusement qu’il est là quand même ! ». Un certain nombre de querelles sont en train de s’éteindre et elles ne reviendront plus. Cette période de profonde amertume que vous voyez à travers le monde est en train d’être dépassée.
QUELLES POURRAIENT ETRE LES CONSEQUENCES DE CETTE CRISE MONDIALE SUR LE PLAN POLITIQUE ET GEOPOLITIQUE ? IMAGINEZ-VOUS UNE MONTEE EN PUISSANCE DE LEADERS POPULISTES ? D’ETATS TOTALITAIRES ? VERS QUI, VERS QUOI LES PEUPLES AURONT-ILS ENVIE DE SE TOURNER ?
Ils vont se tourner vers des hommes politiques rationnels qui n’ont pas raconté n’importe quoi, qui n’ont pas sombré dans l’hystérie, qui ne sont pas roulés par terre devant le public. Ils vont se tourner vers des hommes politiques, qui tout en étant des gens raisonnables, sont aussi des gens qui savent faire preuve d’autorité. L’autorité, ce n’est pas la dictature et c’est exactement ce qu’on souhaite aujourd’hui. On a bien vu aux Etats-Unis comment Franklin Roosevelt - dont les réactions n’étaient pas toutes très bonnes et qui n’était pas un homme exemplaire - a maintenu les Etats-Unis dans une démocratie où les élections se sont tenues, où la liberté d’expression n’était pas étouffée alors qu’il a mené la guerre la plus importante de toute l’histoire américaine et qu’il l’a gagnée. Cet exemple qui est aussi celui de Winston Churchill en Grande-Bretagne, c’est la preuve que les démocraties sont capables dans des circonstances exceptionnelles de faire les sacrifices et de manifester une certaine forme d’autorité sans sacrifier les libertés fondamentales. Nous sommes dans un monde pluraliste, un monde qui n’est pas encore unifié par une démocratie unique et généralisée, mais qui va dans le bon sens, c’est évident !
VOUS NE VOYEZ PAS DANS CETTE CRISE DU COVD-19 UN RISQUE DE DESTABILISATION GEOPOLITIQUE ET CELUI D’UNE MULTIPLICATION DE CONFLITS ARMES ?
Non, au contraire, je vois l’inverse. Je vois par exemple que devant la difficulté que traverse le Moyen-Orient, nous avons une coopération, évidemment forcée et évidemment grommeleuse, mais qui naît aujourd’hui les Israéliens et les Palestiniens par exemple, parce qu’ils sont exactement dans le même bateau, que la maladie est la même. Il y a autant d’Israéliens qui voyagent aux Etats-Unis ou en Inde ou ailleurs qu’il y a de Palestiniens qui sont en contact avec des Libanais, et avec des Syriens ou des Iraniens, mais le résultat est le même, la maladie est dans tout Israël, et Israël est dans le confinement comme tout le monde, et ils sont en train de trouver une voie d’union nationale et un compromis.
A LA LUEUR DE CE QUE VOUS SAVEZ, DE CE QUE VOUS OBSERVEZ, ET POUR TERMINER CETTE INTERVIEW COMME ON L’A COMMENCEE, C’EST-A-DIRE SUR DE LA PROSPECTIVE : COMMENT IMAGINEZ-VOUS LE MONDE EN 2040 ?
Je pense que d’ici 2040, nous allons vers des transformations énormes. Hitler qui était très superstitieux croyait au Reich de mille ans, parce qu’un certain nombre de voyants lui avaient dit qu’après cette grande épreuve qu’est la guerre, il mènerait un monde millénaire et ce serait la grande époque de l’Allemagne. En fait l’Allemagne a explosé à la suite de ses folies et nous n’avons pas eu ce monde millénaire. Mais en même temps, ce qui est vrai, c’est qu’au lendemain de ces épreuves terribles auxquelles nous sommes confrontées, se préparait quelque chose d’autre. Et ce « quelque chose d’autre » est là maintenant. Nous sommes dans un monde qui va se libérer des hydrocarbures, qui va trouver des moyens de produire beaucoup plus proprement, qui a compris que la nature ne nous appartient pas… Bref ! Nous sommes dans un monde qui est en train de prendre connaissance d’un certain nombre de nos folies et notre grande folie, on la connaît depuis toujours, c’est la folie Prométhéenne : celle qui a donné le feu aux Hommes, c’est bien ! Même de nous donner l’atome, c’était pas mal ! Mais avec des dangers très grands ! Ces dangers, nous en sommes enfin conscients, c’est cela qui se passe à l’échelle mondiale.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« NOUS SOMMES DANS UN MONDE QUI EST EN TRAIN DE PRENDRE CONNAISSANCE D’UN CERTAIN NOMBRE DE NOS FOLIES »

« Nous sommes dans un monde qui va se libérer des hydrocarbures, qui va trouver des moyens de produire beaucoup plus proprement, qui a compris que la nature ne nous appartient pas… Bref ! Nous sommes dans un monde qui est en train de prendre connaissance d’un certain nombre de nos folies et notre grande folie, on la connaît depuis toujours, c’est la folie Prométhéenne : celle qui a donné le feu aux Hommes, c’est bien ! Même de nous donner l’atome, c’était pas mal ! Mais avec des dangers très grands ! Ces dangers, nous en sommes enfin conscients, c’est cela qui se passe à l’échelle mondiale »
Je ne suis pas certain de partager totalement ce bel optimisme mais cela fait du bien de lire quelque chose qui nous sorte de la déprime du confinement et du pessimisme de rigueur. Idem pour l’article relatif aux progrès des travaux sur le vaccin.
MG


UN POSSIBLE VACCIN SE FABRIQUE DEJA A GRANDE
 ECHELLE: "NOUS TRAVAILLONS JOUR ET NUIT"

Il tient peut-être le remède tant attendu. Dans un laboratoire du nord de Pékin, un homme en blouse blanche exhibe l'un des tout premiers vaccins expérimentaux contre le nouveau coronavirus.
Sinovac Biotech, l'un des quatre labos chinois autorisés à engager des essais cliniques, voit grand. Même si son vaccin n'a pas encore fait ses preuves, le groupe privé se dit prêt à produire 100 millions de doses par an pour combattre le virus, apparu en Chine fin 2019 avant de se répandre dans le monde entier.
Le pharmacien peut se montrer confiant. En 2009, il avait coiffé ses concurrents sur le poteau en devenant le premier au monde à mettre sur le marché un vaccin contre la grippe porcine H1N1.
Dans ses vastes installations de Changping, en grande banlieue de la capitale, des laborantins contrôlent la qualité du vaccin expérimental, à base de pathogènes inertes, déjà produit à des milliers d'exemplaires. Dans sa boîte blanche et orange, il porte même un nom: "Coronavac".
Même si le traitement est encore loin d'une homologation, le fabricant doit montrer qu'il est capable de le produire à grande échelle et soumettre des lots au contrôle des autorités. D'où le lancement de la production avant même la fin des essais cliniques.
Si plus d'une centaine de laboratoires mondiaux rivalisent pour être le premier à mettre au point un vaccin, moins d'une dizaine ont pour l'heure engagé des essais sur l'être humain, selon l'Ecole d'hygiène et de médecine tropicale de Londres.
C'est le cas de Sinovac, qui assure avoir obtenu des résultats encourageants chez le singe, avant d'administrer son sérum pour la première fois à 144 volontaires à la mi-avril dans le Jiangsu (est).
Mais le labo fondé en 2001 ne se prononcera pas sur la date à laquelle son injection d'un demi-millilitre pourra éventuellement être commercialisée.
"C'est la question que tout le monde se pose...", reconnaît Liu Peicheng, directeur de la marque.
D'après l'OMS, la fabrication d'un vaccin peut prendre entre 12 et 18 mois.
Sinovac, qui emploie un millier de salariés, espère obtenir fin juin de premiers résultats quant à la sécurité de son produit, dans le cadre des essais de phase 1 et 2, explique à l'AFP Meng Weining, directeur des affaires internationales.
Ces essais consistent simplement à vérifier que le vaccin n'est pas dangereux pour l'homme. Pour s'assurer qu'il est efficace, il faut engager un essai de phase 3 auprès de porteurs du virus.
Problème: désormais, "seulement quelques cas sont signalés en Chine chaque jour", souligne M. Meng. A moins d'une deuxième vague épidémique sur le sol chinois, le groupe va donc devoir tester des personnes positives à l'étranger.
"Nous sommes actuellement en contact avec plusieurs pays d'Europe et d'Asie", précise-t-il.
"Un essai de phase 3 comprend normalement plusieurs milliers de personnes. Ce n'est pas facile d'obtenir ces chiffres, dans aucun pays", prévoit-il.
Les trois-huit 
Le groupe n'en a pas moins engagé au sud de Pékin la construction d'un site de production d'une capacité de 100 millions de doses, qui doit pouvoir fonctionner avant la fin de l'année.
"Nous travaillons jour et nuit, nous faisons les trois-huit, ce qui signifie que nous ne perdons pas une minute", assure M. Meng.
Rapporté à la population mondiale, un éventuel vaccin Sinovac ne suffirait pas à protéger la planète. Mais M. Meng assure que son groupe, coté au Nasdaq, est prêt à "des collaborations" avec ses partenaires étrangers, auxquels il vend ses vaccins existants contre la grippe ou l'hépatite.
Etre la première à offrir un vaccin contre le Covid-19 serait une revanche pour la Chine, désireuse de faire oublier que la pandémie a pris naissance chez elle.
"Nous recevons beaucoup d'appui de la part du gouvernement chinois", témoigne M. Meng. "Pas tant d'argent que ça", mais des coopérations avec des instituts publics auprès desquels Sinovac s'approvisionne en souches virales.
Outre Sinovac, Pékin a approuvé l'essai clinique de trois autres vaccins expérimentaux: l'un lancé par l'Ecole militaire des sciences médicales et le groupe de biotechnologie CanSino; l'autre par l'Institut de produits biologiques et l'Institut de virologie de Wuhan, la ville où le coronavirus a fait son apparition; et un dernier par le groupe China Biotics, qui a engagé des essais mardi auprès de 32 volontaires.


WHERE DID COVID-19 COME FROM? WHAT WE KNOW ABOUT ITS ORIGINS
Scientists cast doubt on the Trump-backed theory that the coronavirus escaped from a Chinese lab
Peter Beaumont Guardian

Why are the origins of the pandemic so controversial?
How Covid-19 began has become increasingly contentious, with the US and other allies suggesting China has not been transparent about the origins of the outbreak.
Donald Trump, the US president, has given credence to the idea that intelligence exists suggesting the virus may have escaped from a lab in Wuhan, although the US intelligence community has pointedly declined to back this up. The scientific community says there is no current evidence for this claim.
This follows reports that the White House had been pressuring US intelligence community on the claim, recalling the Bush administration’s pressure to “stove pipe” the intelligence before the war in Iraq.
What’s the problem with the Chinese version?
A specific issue is that the official origin story doesn’t add up in terms of the initial epidemiology of the outbreak, not least the incidence of early cases with no apparent connection to the Wuhan seafood market, where Beijing says the outbreak began. If these people were not infected at the market, or via contacts who were infected at the market, critics ask, how do you explain these cases?
The Wuhan labs
Two laboratories in Wuhan studying bat coronaviruses have come under the spotlight. The Wuhan Institute of Virology (WIV) is a biosecurity level 4 facility – the highest for biocontainment – and the level 2 Wuhan Centre for Disease Control, which is located not far from the fish market, had collected bat coronavirus specimens.
Several theories have been promoted. The first, and wildest, is that scientists at WIV were engaged in experiments with bat coronavirus, involving so-called gene splicing, and the virus then escaped and infected humans. A second version is that sloppy biosecurity among lab staff and in procedures, perhaps in the collection or disposal of animal specimens, released a wild virus.
Is there any evidence the virus was engineered?
The scientific consensus rejecting the virus being engineered is almost unanimous. In a letter to Nature in March, a team in California led by microbiology professor Kristian Andersen said “the genetic data irrefutably shows that [Covid-19] is not derived from any previously used virus backbone” – in other words spliced sections of another known virus.
Far more likely, they suggested, was that the virus emerged naturally and became stronger through natural selection. “We propose two scenarios that can plausibly explain the origin of Sars-CoV-2: natural selection in an animal host before zoonotic [animal to human] transfer; and natural selection in humans following zoonotic transfer.”
Peter Ben Embarek, an expert at the World Health Organization in animal to human transmission of diseases, and other specialists also explained to the Guardian that if there had been any manipulation of the virus you would expect to see evidence in both the gene sequences and also distortion in the data of the family tree of mutations – a so-called “reticulation” effect.
In a statement to the Guardian, James Le Duc, the head of the Galveston National Laboratory in the US, the biggest active biocontainment facility on a US academic campus, also poured cold water on the suggestion.
“There is convincing evidence that the new virus was not the result of intentional genetic engineering and that it almost certainly originated from nature, given its high similarity to other known bat-associated coronaviruses,” he said.
What about an accidental escape of a wild sample because of poor lab safety practices?
The accidental release of a wild sample has been the focus of most attention, although the “evidence” offered is at best highly circumstantial.
The Washington Post has reported concerns in 2018 over security and management weakness from US embassy officials who visited the WIV several times, although the paper also conceded there was no conclusive proof the lab was the source of the outbreak.
Le Duc, however, paints a different picture of the WIV. “I have visited and toured the new BSL4 laboratory in Wuhan, prior to it starting operations in 2017- … It is of comparable quality and safety measures as any currently in operation in the US or Europe.”
He also described encounters with Shi Zhengli, the Chinese virologist at the WIV who has led research into bat coronaviruses, and discovered the link between bats and the Sars virus that caused disease worldwide in 2003, describing her as “fully engaged, very open and transparent about her work, and eager to collaborate”.
Maureen Miller, an epidemiologist who worked with Shi as part of a US-funded viral research programme, echoed Le Duc’s assessment. She said she believed the lab escape theory was an “absolute conspiracy theory” and referred to Shi as “brilliant”.

Problems with the timeline and map of the spread of the virus
While the experts who spoke to the Guardian made clear that understanding of the origins of the virus remained provisional, they added that the current state of knowledge of the initial spread also created problems for the lab escape theory.
When Peter Forster, a geneticist at Cambridge, compared sequences of the virus genome collected early in the Chines outbreak – and later globally – he identified three dominant strains.
Early in the outbreak, two strains appear to have been in circulation at roughly at the same time – strain A and strain B – with a C variant later developing from strain B.
But in a surprise finding, the version with the closest genetic similarity to bat coronavirus was not the one most prevalent early on in the central Chinese city of Wuhan but instead associated with a scattering of early cases in the southern Guangdong province.
Between 24 December 2019 and 17 January 2020, Forster explains, just three out of 23 cases in Wuhan were type A, while the rest were type B. In patients in Guangdong province, however, five out of nine were found to have type A of the virus.
“The very small numbers notwithstanding,” said Forster, “the early genome frequencies until 17 January do not favour Wuhan as an origin over other parts of China, for example five of nine Guangdong/Shenzhen patients who had A types.”
In other words, it still remains far from certain that Wuhan was even necessarily where the virus first emerged.
If there is no evidence of engineering and the origin is still so disputed, why are we still talking about the Wuhan labs theory?
The pandemic has exacerbated existing geopolitical struggles, prompting a disinformation war that has drawn in the US, China, Russia and others.
Journalists and scientists have been targeted by people with an apparent interest in pushing circumstantial evidence related to the virus’s origins, perhaps as part of this campaign and to distract from the fact that few governments have had a fault-free response.
What does this mean now?
The current state of knowledge about coronavirus and its origin suggest the most likely explanation remains the most prosaic. Like other coronaviruses before, it simply spread to humans via a natural event, the starting point for many in the scientific community including the World Health Organization.
Further testing in China in the months ahead may eventually establish the source of the outbreak. But for now it is too early.


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