mercredi 6 mai 2020

Le mythique Hôtel Métropole à Bruxelles, achevé par le coronavirus


LeVifWeekend.be

La société anonyme Hôtel Métropole se voit contrainte d'envisager la cessation définitive de son activité hôtelière, la crise due au coronavirus s'ajoutant à la situation difficile vécue par l'hôtel cinq étoiles bruxellois depuis des années. Les 129 salariés de l'hôtel risquent de perdre leur emploi.
Les représentants du personnel ont été informés du projet de fermeture, au cours d'un conseil d'entreprise.
Depuis 2015, l'Hôtel Métropole, qui se présente "comme l'un des derniers grands hôtels bruxellois encore indépendant, détenu par des actionnaires familiaux" et comme "le seul hôtel 5 étoiles de Bruxelles à ne pas appartenir à une chaine internationale d'hôtels", a accumulé les déboires et cinq années de pertes nettes consécutives.
Après les attentats de Paris (2015) et de Bruxelles (2016), ce sont les travaux du piétonnier qui ont nui à ses activités. "L'année 2020 devait s'annoncer plus fructueuse avec la clôture des travaux liés au piétonnier mais cet espoir de redressement s'est effondré ces mois de mars et avril par suite de la pandémie du coronavirus et des mesures requises pour la gestion de celle-ci", déplore la direction dans un communiqué.
Face à "l'absence totale" d'activités hôtelières et à la contraction de loyers commerciaux issus de son activité immobilière, l'hôtel dit ne pas avoir d'autre choix que de fermer ses portes. "Après des années de pertes, les réserves sont aujourd'hui épuisées et ne permettent pas d'affronter une période de déconfinement totalement incertaine", ajoute la SA Hôtel Métropole.
La direction de l'hôtel entend dès à présent consulter son personnel "pour définir ensemble les solutions ou mesures qui pourraient être apportées ou prises". Elle dit comprendre l'émoi suscité et assure qu'elle "mettra tout en oeuvre pour apporter l'écoute et le soutien nécessaires au personnel pendant toute la durée de la procédure."
Les origines du célèbre hôtel de la place De Brouckère remontent à 1895.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C’EST COMME SI ON FERMAIT LES « DEUX MAGOTS »

L’esprit d’Europe, dit quelque part feu Georges Steiner, subsistera aussi longtemps qu’il y aura des cafés cosmopolites où on peut lire plusieurs quotidiens et des libraires intelligents. C’est que ce bon Steiner était né à Vienne où les cafés sont une institution culturelle de haut niveau et qu’il vécut longtemps à Paris à l’époque Hemingway où les libraires étaient rois et enfin à New York capitale du cosmopolitisme intelligent.
Les deux Magots à Saint Germain des Prés ont toujours été, à mes yeux le temple de la vie intellectuelle de la rive gauche. L’endroit est austère mais emblématique et le souvenir de Sartre ou Simone venant y écrire pour se chauffer sous l’occupation y plane encore. Aucun lieu, selon moi, ne ressemble plus à ce saint des saints de la littérature française que notre café du Métropole plus somptueux encore bien que moins prestigieux par sa clientèle moins assurément moins lettrée. Apprendre sa fermeture après celle de la Ultieme Hallucinatie  me provoque un pincement au coeur.
Déjà que je n’ai pas compris qu’on n’ait pas remonté la fontaine mythique de la place de Bouckère qui y trônait depuis l’époque où Bruxelles brusselait pour pouvoir y organiser les très vulgaires plaisirs d’hiver. Je ne conçois pas que le bourgmestre de Bruxelles ait laissé mourir, sans intervenir ce café emblématique de la capitale qu’il dirige. Je me souviens du tollé qu’avait provoqué la menace de la disparition du « petit coq », un lieu sans âme, il y a quelques années.
Le Métropole disparaît et tout le monde s’en fout, à commencer par les Bruxellois. Drôle d’époque que la nôtre.
MG   

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