mercredi 10 juin 2020

Jamais dire jamais



Un édito de Francis Van de Woestyne. La Libre Belgique

Aurons-nous un jour, dans un mois, dans un an, avant 2024, date des prochaines élections législatives, un gouvernement fédéral ? Pas une équipe de transition - même si celle de Sophie Wilmès fait correctement son travail - mais un gouvernement capable de relever les défis économiques, sociaux, climatiques, sanitaires qui sont là, comme un mur infranchissable.
En réalité, personne, aujourd’hui, ne peut répondre à cette question. Si l’on s’en tient aux noms d’oiseaux que s’envoient tous les jours les présidents de partis, en particulier socialistes et libéraux, la réponse ne peut être que négative. Si l’on mesure le fossé qui sépare, par exemple, les programmes de la N-VA et du PS, il y a de quoi désespérer. Si l’on évalue la confiance, indispensable, qui devrait rapprocher les hommes et les femmes avant toute négociation, le pessimisme est de mise. Si l’on note les difficultés à trouver des leaders responsables, capables de placer l’intérêt général avant l’intérêt de leur parti, il n’y a plus qu’une chose à faire : pleurer.
Toutefois, il ne faut pas perdre espoir. Car l’espoir diminue déjà la peine. Mais avec qui, selon quelle formule, pour faire quoi ?
Il nous semble qu’au-delà des idées déjà testées, un gouvernement d’union nationale qui rassemblerait tous les partis, à l’exception des extrêmes, gauche et droite (PTB et Belang), serait la meilleure formule. L’ébauche progresse, même au PS. Aux yeux des socialistes francophones - réticents à une alliance avec la N-VA - l’intérêt de ce big bazar serait de diluer le poids des nationalistes flamands dans un attelage géant.
Après avoir rejeté catégoriquement l’idée même de négocier avec la N-VA, Paul Magnette, le président du PS, semble préparer ses ouailles à une telle éventualité. C’est courageux. L’audace, en la circonstance, n’est pas de renoncer mais de faire le pas vers ses adversaires, de dépasser ses divergences pour parvenir à un programme ambitieux, équilibré, au bénéfice de l’ensemble des Belges. Lesquels ne comprendraient pas que les petits jeux politiques d’avant Covid reprennent de plus belle.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN GOUVERNEMENT NATIONAL CERTES…MAIS SOUS LA DIRECTION DE QUI ?

Et surtout, avec quel programme ? « Face à des étapes cruciales, nous courons un grand risque : être inondés de mauvaises nouvelles, de chiffres d’experts, sans que le politique ne joue son rôle » (Béatrice Delvaux) et l’éditorialiste du Soir d’ajouter : « Le sociologue Gerald Bronner expliquait il y a quelques jours dans Le Soir  : « Un certain nombre de décisions relèvent uniquement du politique et non de l’ingénierie ou de la science, qui ne sont là que pour éclairer le mieux possible la décision politique. (…) Cela signifie qu’il faut faire des choix et que, toujours, le politique devra faire ses choix en état d’incertitude. Il est très important d’établir une hiérarchie, un ordonnancement rationnel des risques. C’est pour cela qu’on a besoin du politique et c’est pour cela qu’il sert de paratonnerre : ça lui retombe dessus. C’est sa malédiction. »
C’est bien cela qu’on vient de vivre avec le gouvernement Wilmès d’une part et le kern élargi à dix d’autre part : une équipe d’hommes et femmes politiques qui écoutent les experts, évaluent les risques (contamination, faillites, désarroi psychologique, trou dans la scolarité, etc.), les hiérarchisent et prennent des décisions. »
La Belgique a besoin d’un pilote ferme, une tête froide au caractère solide, expérimenté animé d’une vision claire et ayant un sens aigu du compromis.
On ne voit, à défaut d’un de Croo un peu fade, que Coen Geens capable de répondre à cette exigence surhumaine. Il est parfaitement bilingue et possède une carrure à la Dehaene/Martens/Eyskens, les seuls qui aient su piloter la Belgica par temps de tempête. Certes Sophie Wilmès n’a point démérité mais sera-telle capable d’imposer des arbitrages entre une NVA tenaillée par le Belang et un PS otage de le FGTB ptbéisée ?
Le plus grand péril que risque de devoir affronter ce gouvernement d’union nationale c’est l’angoisse de tous les partis traditionnels d’affronter le scrutin de 2024. Voilà qui ne peut être que favorable au PTB et au Belang qui risquent de s’installer dans l’opposition comme dans un fauteuil.
Jamais dans l’histoire du Royaume de Belgique la formation d’un gouvernement de plein exercice ne fut plus difficile.
Et quid de l’initiative royale ? On voit Philippe partout, au port d’Anvers, masqué dans les hôpitaux et au musée de la rue de la Régence. Partout sauf dans son cabinet pour y désigner et y recevoir un nouvel informateur/trice et un éventuel formateur/trice. Etrange  et assez inquiétant!
MG

DE BLOCK HUMILIEE, WILMES CONFORTEE, LES BELGES MEFIANTS: LES RESULTATS DE NOTRE SONDAGE SUR LA GESTION DE LA CRISE SANITAIRE

Nicolas De Decker
Journaliste au Vif
Un sondage exclusif Le Vif/L'Express-Knack-LN24 dévoile comment les Belges ont traversé la crise du coronavirus.
Dans notre sondage, la gestion de la crise par le fédéral est jugée plus insatisfaisante que satisfaisante
Notre sondage Le Vif/L'Express-Knack-LN24 dévoile comment les Belges ont traversé la crise du coronavirus. La majorité des sondés (50,9%) évalue globalement les mesures prises à partir du 14 mars comme "bien comme cela", et ceux qui les ont trouvées "trop sévères" ne sont que 13,9%, tandis qu'une forte minorité (35,1%) les a estimées "pas assez sévères".
PLUS D'INSATISFAITS QUE DE SATISFAITS
La commune est l'institution que les Belges auront préférée (42,4% s'en montrent satisfaits) dans la gestion de la crise. Ni le gouvernement fédéral (33% de satisfaits, 38% d'insatisfaits), ni le Bruxellois (25,7% de satisfaits, 39% d'insatisfaits), ni le Wallon (22,4% de satisfaits, 42,9% d'insatisfaits), ni, surtout, celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles (à peine 17,9% de satisfaits, contre 40% d'insatisfaits) ne sont parvenu à convaincre davantage qu'ils n'ont déçu. Seul l'exécutif tripartite flamand (N-VA-CD&V-Open VLD) récolte davantage d'opinions favorables (35,8%) que d'avis défavorables (30,2%).
L'IMPOPULARITE DE MAGGIE DE BLOCK
Les sondés ont également été questionnés sur le satisfaction envers différents chefs d'Etats. Maggie De Block en ressort particulièrement impopulaire. 61% de l'ensemble des sondés désapprouvent son action, et ce pourcentage monte à 80% des répondants francophones. 57,5% des sondés (et 73% des francophones) considèrent qu'un ou plusieurs ministres auraient "dû démissionner pour des erreurs commises durant la crise du coronavirus". Parmi eux, 67% citent spontanément Maggie De Block, loin devant Sophie Wilmès, que nomment seulement 9% de ceux qui ont estimé qu'un ministre aurait dû quitter son poste.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MAGGIE LA MAL AIMEE

La ci-devant très populaire Maggie De Block a basculé dans les oubliettes. Elle est en passe de devenir le bouc émissaire d’un gouvernement de bras cassés qui navigue à l’estime dans les bancs de sable de la mer du Nord et risque l’échouage à tout moment.
Elle n’a aucune chance de se retrouver dans un possible cabinet d’Union nationale. Sa carrière belge est terminée. On se demande qui lui succèdera à la santé et aux affaires sociales.
MG


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