samedi 13 juin 2020

Le boulevard Léopold II va-t-il changer de nom ? Catherine Moureaux y est favorable


DH

C'est Catherine Moureaux (PS), la bourgmestre de Molenbeek, qui propose ce changement de nom.
Alors que le débat sur la décolonialisation de l'espace public et des statues de Léopold II fait rage en Belgique, Catherine Moureaux a donné une interview au journal Le Soir dans laquelle elle indique avoir dans son viseur le Boulevard Léopold II. "Je souhaite que l’on organise une consultation populaire : oui ou non faut-il débaptiser le Boulevard Léopold II ?", annonce-t-elle. En raison de l'importance de cet axe, la consultation populaire aurait lieu à l'échelle de la Région bruxelloise. "Personnellement, j’ai choisi, je suis favorable au changement de nom, je ferai campagne dans ce sens en toute hypothèse" ajoute-t-elle.
"Il est clair que le racisme chez nous plonge ses racines notamment dans la période coloniale au Congo ". Mais c'est avant tout un signal qu'elle veut envoyer : " Les choses bougent, l’histoire s’accélère, en quelque sorte je veux apporter ma pierre à l’édifice en me prononçant ici pour ce changement de nom d’un boulevard central, au cœur de Bruxelles ".

A L'ISSUE DE LA SEANCE PLENIERE DU SENAT QUI A VALIDE VENDREDI LA CANDIDATURE DE L'ECOLO THIERRY DETIENNE COMME JUGE A LA COUR CONSTITUTIONNELLE, LES SENATEURS PS SE SONT REUNIS DANS LE GRAND ESCALIER DE LA HAUTE ASSEMBLEE LE POING LEVE.
La Libre Belgique

Ils souhaitaient de cette manière rendre hommage à l'Américain Georges Floyd et affirmer leur combat contre le racisme. "Nous nous opposons aux propos racistes tenus de plus en plus souvent au sein même de l'Assemblée...et en dehors", ont indiqué les sénateurs socialistes, en référence à la campagne menée par la N-VA et le Vlaams Belang à l'encontre de Zakia Khattabi, la précédente candidate de verts au poste de juge. "Le racisme n'est pas une opinion mais un délit. Il faut le rappeler sans cesse, le combattre toujours, le banaliser, jamais."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
 « SI L'HOMME NOIR EST EN COLERE CONTRE L'HOMME BLANC, L'HOMME BLANC LUI A SURTOUT PEUR DE L'HOMME NOIR. » James Baldwin

Catherine Moureaux (PS), la bourgmestre de Molenbeek, propose un changement de nom du boulevard qui traverse sa commune. C’est le second bourgmestre socialiste après Close  (Bruxelles) à se mettre à plat ventre devant le mouvement B.L.M. dans le dessein inavoué de capitaliser sur le vote de couleur sub saharien –qui monte et qui montera encore- dans les prochains scrutins. Il est intéressant de se demander si Ahmed Laaouej  (Koekelberg), Emir Kir (Saint Josse) et Rudi Vervoordt (président de la région) et tous les trois socialistes s’aligneront sur cette position. En attendant, on lira avec intérêt la carte blanche pleine de nuances  de Laurence D'Hondt qui esquisse un portrait assez rude de Georges  Floyd, héros et victime, malgré lui d’un véritable tsunami médiatique mondial. Faute d’applaudir, nous ne choisissons pas de nous taire !
MG


FACE AUX MOUVEMENTS ANTI-RACISTES, IL N'Y A QUE DEUX CHOIX: APPLAUDIR OU SE TAIRE (CARTE BLANCHE)
Le Vif
SERA-T-IL BIENTOT IMPOSSIBLE DE DEBATTRE DES CAUSES DEFENDUES PAR LES MOUVEMENTS ANTI-RACISTES, SANS TOMBER DANS LES INSULTES, LES ANATHEMES, LES CONDAMNATIONS SANS APPEL ?

Depuis la manifestation organisée par le mouvement BlackLivesMatter (les vies noires comptent) dimanche dernier, il semble qu'il n'y a plus que deux alternatives: -soit applaudir à la cause, déboulonner des statues, tagger sa rage, -soit garder le silence.
La solidarité avec les émeutes antiracistes aux Etats-Unis, déclenchées par la mort de George Floyd, un Afro-américain étouffé sous le genou d'un policier blanc est compréhensible. D'un côté à l'autre de l'Atlantique, il y a des résonances, même si beaucoup de différences aussi: le racisme y est un "virus" qu'il faut combattre d'urgence. Pourtant la lutte contre le racisme, portée par le mouvement BlackLivesMatter doit-elle nous faire abdiquer de toute raison, de toute réflexion pour se soumettre à la colère comme si elle était supérieure, plus légitime que tout débat ? Dans le documentaire "I am not your negro" consacré à l'auteur noir américain James Baldwin, ce dernier remarquait déjà: « si l'homme noir est en colère contre l'homme blanc, l'homme blanc lui a surtout peur de l'homme noir. »
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Pourtant ni la peur, ni la colère ne permettent de garder la tête froide et abdiquer de la raison n'aidera pas à faire avancer cette noble cause. Il m'a donc semblé utile de partager certaines informations qui ne sont pas nécessairement blanches/noires, mais grises, couleur de la nuance.
Du côté des "noirs/ victimes" d'abord: au coeur du cyclone, il y a un homme, George Floyd. Cet homme a fait plusieurs séjours en prison pour possession de drogues et vol avec violence. En 2007 il a forcé l'entrée d'une maison, menaçant avec son arme une femme enceinte (afro-américaine elle aussi), fouillant les lieux avec des complices. Il a été condamné à 5 ans de prison dans la "Harris County Jail", comme l'indique Associated Press du 27 mai. Au moment de son arrestation, il était sous drogues. Dire cela ne justifie évidemment pas sa mort. Mais le dire est nécessaire pour éviter d'ériger un homme au lourd passé criminel en icône. Avec une vidéo qui affiche plusieurs millions de vues, Candace Owens, une jeune femme afro-américaine a osé rompre la solidarité communautaire pour dire qu'elle ne soutenait pas George Floyd ! Pourquoi? Parce qu'il est, dit-elle, la figure même de la criminalité qui mine précisément sa communauté, l'enfonce dans l'échec et lui fait honte. Mais comme Georges Floyd est considéré comme une victime, ces informations sont gênantes. Donc il est plus simple de les taire.
Ensuite du côté "blancs/bourreaux": il est frappant de constater à quel point seuls les Blancs peuvent faire l'objet d'une légitime colère et être mis au banc des accusés. Pourtant, le tableau n'est pas blanc/noir, lui non plus. Lorsque des images d'un marché aux esclaves tenus en Libye ont été diffusées en 2017, quelqu'un a-t-il osé interpeller les autorités musulmanes sur le fait qu'elles n'ont jamais prononcé d'abolition officielle de l'esclavage ? Que cette pratique demeure tolérée en terre d'Islam? Quant aux Blancs qui subissent aujourd'hui des injures et violences à caractère raciste dans des quartiers en Europe où ils sont devenus minoritaires, le sujet est simplement tu. Ou lorsqu'il est abordé, les arguments sont: ce sont des cas isolés qui ne représentent rien. Ces insultes seraient-elles justifiées parce que leurs grands parents ont été des colonisateurs ?
La situation est complexe et explosive. Il est devenu risqué de se prononcer. D'ailleurs la grande majorité reste silencieuse comme sur le campus universitaire d'Evergreen aux Etats-Unis où en 2017, un véritable terrorisme s'est exercé par des étudiants de couleurs accompagnés de militants d'extrême gauche, contre des professeurs, accusés de perpétuer un racisme, alors qu'ils se déclaraient pourtant antiracistes convaincus! Ces professeurs n'osaient même plus lever les mains pour accompagner leurs paroles car il s'agissait là d'un geste déclaré "dominateur".
La situation sur ce campus qui était devenue folle, a heureusement pris fin. Mais si elle s'est arrêtée, c'est parce qu'un professeur, un seul a ...osé élever la voix contre ces excès !
Laurence dD'Hondt - Journaliste


GEORGES-LOUIS BOUCHEZ REAGIT A LA DEGRADATION D’UNE STATUE LEOPOLD II AUDERGHEM
Le président du MR a dénoncé les actes de vandalisme.

Un buste de Léopold II a été dégradé square du Souverain, sur le boulevard du Souverain au niveau de l’avenue Jules Génicot à Auderghem, selon une information diffusée vendredi matin par la RTBF et confirmée par le porte-parole de la police de la zone Marlow (Auderghem, Uccle et Watermael-Boitsfort).
La statue a été mise à terre et de la peinture rouge a été coulée dessus. Une photographie de Patrice Lumumba, une figure de l’indépendance du Congo belge et Premier ministre de la République démocratique du Congo en 1960, a été posée à sa place sur le socle.
Par la voix de son président, Georges-Louis Bouchez, le MR a condamné ces actes de vandalisme.
« Les actes de vandalisme à #Auderghem contre une statue de Léopold II sont inacceptables et ne font pas avancer le débat, » a déclaré Bouchez sur Twitter. « Le MR propose des plaques explicatives dans l’espace public à côté des monuments contestés. On n’efface pas son passé, on l’enseigne sans tabou.

LEOPOLD II, LE ROI QUI CREE UN MALAISE JUSQU’AU PALAIS
Albert Ier et Léopold III, déjà, avaient émis des réserves par rapport au Congo léopoldien. Aujourd’hui, la réflexion est en cours au Palais. Mais pas plus que les historiens ou le gouvernement, il n’a arrêté de conclusions définitives.

UNE COMMISSION "VERITE ET RECONCILIATION" ET DES EXCUSES SUR LE PASSE COLONIAL DE LA BELGIQUE ?
VRT
Le président de la Chambre, Patrick Dewael (Open VLD), a annoncé ce vendredi sur Twitter son intention de proposer la semaine prochaine la mise sur pied d’une commission parlementaire "vérité et réconciliation" sur le passé colonial de la Belgique, alors que plusieurs statues du roi Léopold II (photo) ont été vandalisées ces derniers jours dans diverses villes du pays. Le mouvement de protestation s’inscrit dans le prolongement des manifestations contre le racisme et les violences policières "Black Lives Matter", à la suite de l’homicide de l’Afro-Américain George Floyd à Minneapolis. Mais alors que la République démocratique du Congo célébrera le 30 juin le 60e anniversaire de son indépendance, des voix s’élèvent aussi pour réclamer que le gouvernement fédéral ou le roi Philippe présentent enfin des excuses au peuple congolais pour les abus et atrocités commis au cours de l’histoire coloniale belge.
Anne François, Belga
"Il est temps pour la Belgique de se réconcilier avec son passé colonial", estime le président de la Chambre. "Le Parlement est le forum approprié pour enquêter et débattre à ce sujet. Mercredi, je vais discuter avec les groupes (parlementaires) de la manière dont nous pouvons mettre en place une commission 'vérité et réconciliation' avec des experts", a indiqué Patrick Dewael. 
Jeudi, une proposition de résolution déposée par Ecolo-Groen "concernant le travail de mémoire à mener en vue de l'établissement des faits afin de permettre la reconnaissance de l'implication des diverses institutions belges dans la colonisation du Congo, du Rwanda et du Burundi" a été prise en considération à la Chambre, rappelle Ecolo dans un communiqué.
"Nous devons structurer le débat pour que cette indignation ne soit pas un feu de paille, mais débouche sur une vraie prise de conscience collective et des changements structurels", estime le député Simon Moutquin. "Nous devons tenir un discours de vérité envers l'ensemble de la population belge qui doit avoir conscience du passé dont elle est aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, la dépositaire."
DES EXCUSES ? QU'EN PENSENT LES PARTIS FLAMANDS ?
Invité jeudi soir dans l’émission télévisée "De afspraak" (VRT), le président du CD&V, Joachim Coens estimait qu’il est temps que le gouvernement fédéral ou la famille royale belge se réconcilie avec le passé colonial du pays et présente des excuses au peuple congolais. "Le 60e anniversaire de l’indépendance du Congo serait effectivement un beau moment pour le faire". D’après Joachim Coens, le souverain serait "la personne la plus appropriée pour reconnaitre que le passé colonial belge a été un problème, sous certaines facettes".
La N-VA affirme que son point de vue n’a pas changé par rapport à l’interview accordée l’an dernier à la VRT par son président Bart De Wever. Une demande de pardon historique pour les atrocités serait nécessaire "parce qu’énormément de gens ont été assassinés pour de l’argent. Il faut pouvoir oser exprimer un jugement collectif".
Qui doit exprimer des remords ? "Le roi Léopold II a déjà été condamné de son vivant. S’il faut demander un pardon historique, c’est au chef de l’Etat à le faire", estimait à l’époque Bart De Wever.
Open VLD estime que "la Belgique doit regarder son passé droit dans les yeux, y compris les pages noires de son histoire comme les exactions commises au Congo". Les libéraux flamands estiment qu’une enquête approfondie, un dialogue et un débat doivent être menés à ce sujet, "dans notre société et avec les Congolais". "Il faudra ensuite tirer des conclusions, par exemple sur le rôle de l’enseignement et des musées, sur la place des statues dans notre société, mais aussi sur une éventuelle demande de pardon aux Congolais", estime Open VLD.
Le parti d’extrême-droite Vlaams Belang trouve que des excuses seraient appropriées, mais elles ne peuvent être prononcées par le gouvernement. Ce dernier représente en effet la population, or ce n’est pas la population qui a colonisé le Congo, "et certainement pas la population flamande".
Le Vlaams Belang estime que "les crimes commis à grande échelle au Congo ont été horribles. Les ravages occasionnés ont coûté la vie à tant de gens. Les dégradations actuelles de statues de Léopold II n’enlèveront rien à ce passé". Le parti trouve plus judicieux d’ajouter quelques mots critiques au bas des statues pour mieux remettre le souverain dans son juste contexte historique.

BRUSSELSE RELLEN DRAGEN HANDTEKENING VAN BLACK BLOC
De Standaard
Beelden die zijn opgedoken van de rellen zondag in Brussel na de Black Lives Matter-betoging, wijzen op de aanwezigheid van Black Bloc. ‘We hebben de typische tactieken ook opgemerkt’, zegt de Brusselse politie.

ENSEIGNEMENT
Le colonialisme devra être enseigné dans les écoles secondaires

Le SP.A et son président Conner Rousseau estiment que le 60e anniversaire de l’indépendance du Congo serait le moment idéal pour exprimer des regrets publics. "A un moment où beaucoup de gens se rassembleront pour donner un signal positif contre le racisme, ce serait idéal. Que ce soit le gouvernement ou le Roi qui exprime ces excuses, cela revient au même", estime le parti socialiste flamand.
Les écologistes flamands trouvent aussi que la Belgique "doit prendre ses responsabilités" face à son passé au Congo. "Mais il n’y a jamais eu une condamnation officielle ou même un rapport officiel sur le rôle de la Belgique". Groen veut donc, via le parlement, demander à des scientifiques comment faire le procès de notre histoire. "Ensuite nous pourrons faire les démarches nécessaires, avec l‘ensemble de la société". "Des excuses peuvent en faire partie", mais ce n’est pas suffisant estiment les verts flamands. "Il faut aussi parler d’une politique de restitution, de la décolonisation de l’espace public et de l’enseignement sur l’histoire coloniale".
Enfin le Parti du travail de Belgique PVDA estime que les excuses seules ne suffisent pas. "Il faut reconnaitre les crimes de l’époque coloniale, les condamner et y lier des actions". Parmi ces actions, le parti cite notamment l’enlèvement des statues de Léopold II de l’espace public. "De plus, nous devons enfin prendre des mesures structurelles contre le racisme dans notre société. Comme des contrôles pour contrecarrer les discriminations sur les marchés de l’emploi et du logement".

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