mardi 2 juin 2020

Mort de George Floyd: Trump menace de déployer l’armée si les violences continuent


Des centaines de milliers d’Américians protestent contre les brutalités policières.
Le Soir

Le président américain Donald Trump a promis lundi de restaurer l’ordre dans une Amérique en proie à un déferlement de colère historique, menaçant de déployer l’armée pour faire cesser les violences.
À New York, plusieurs grands magasins de la célèbre 5e Avenue ont été pillés lundi soir, selon des journalistes de l’AFP sur place. Le couvre-feu, instauré dans la ville de 23h à 5h lundi, commencera dès 20h mardi, a annoncé le maire Bill de Blasio, tout en assurant que la métropole était « totalement sous contrôle, et pour l’essentiel calme et paisible ».
Donald Trump est confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat alors que des centaines de milliers d’Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19.
« Au plus profond de nous-mêmes, on en a assez », a expliqué à l’AFP Jessica Hubbert, une manifestante afro-américaine de Los Angeles.
COUVRE-FEU
Une semaine après l’homicide à Minneapolis de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc, New York, Los Angeles et des dizaines d’autres villes américaines ont renforcé leurs mesures sécuritaires, décrétant ou rallongeant un couvre-feu nocturne pour vider les rues.
Comment expliquer que des tensions raciales persistent aux Etats-Unis ?
Face aux troubles se surajoutant à la pandémie de coronavirus, Donald Trump avait annoncé plus tôt d’un ton martial le déploiement dans la capitale de « milliers de soldats lourdement armés » et policiers pour mettre un terme « aux émeutes » et « aux pillages ».
Il a jugé que les troubles de la veille à Washington étaient « une honte ».
Appelant les gouverneurs à agir vite et fort pour « dominer les rues » et briser la spirale des violences, il leur a lancé une mise en garde.
« Si une ville ou un État refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l’armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place », a-t-il lancé, dénonçant des actes de « terrorisme intérieur ».
« Il utilise l’armée américaine contre les Américains », a dénoncé sur Twitter Joe Biden, son adversaire à la présidentielle de novembre.
Le candidat démocrate doit se rendre mardi matin à Philadelphie pour s’exprimer sur les « troubles civils ».
Le visage couvert d’un masque, il s’est rendu lundi dans l’église d’une paroisse noire de son État du Delaware pour y rencontrer des responsables locaux. L’ancien vice-président de Barack Obama compte sur cet électorat pour remporter la Maison Blanche.
Tandis que Donald Trump s’exprimait dans les jardins de la Maison Blanche aux airs de camp retranché, la police dispersait avec du gaz lacrymogène des centaines de manifestants rassemblés à l’extérieur de l’enceinte.
L’objectif était de libérer le champ vers l’église Saint John, bâtiment emblématique tout proche qui a été dégradé dimanche soir. Le président s’y est rendu à pied, entouré de membres de son cabinet, pour s’y faire photographier, une bible en main.
De Boston à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, le mouvement de protestation s’est exprimé jusqu’ici de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes et des destructions.
Au coeur des slogans, « Black Lives Matter » (« La vie des Noirs compte ») et « I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), les derniers mots de M. Floyd gisant par terre, menotté et cou sous le genou d’un policier, dont les collègues restaient passifs.
M. Floyd est mort asphyxié en raison d’une « pression forte et prolongée » exercée sur son cou et sa cage thoracique, a affirmé lundi Ben Crump, l’avocat de la famille de la victime, en révélant les résultats d’une autopsie indépendante.
L’autopsie officielle, rendue publique dans la foulée, a également conclu à une pression létale au niveau du cou de l’Afro-Américain, ayant causé un arrêt du coeur.
Ni le renvoi de l’agent coupable de la bavure, Derek Chauvin, ni son arrestation postérieure n’ont calmé les esprits et les protestations ont touché au moins 140 villes américaines.
Face aux affrontements mêlant manifestants, casseurs et forces anti-émeute, les soldats de la Garde nationale ont été déployés dans plus d’une vingtaine de métropoles, dans un climat de tension inédit depuis les années 1960.
Pou disperser les protestataires, les forces de l’ordre ont utilisé gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc.
DEREK CHAUVIN INCULPE D’HOMICIDE INVOLONTAIRE
L’agent Derek Chauvin, qui a été inculpé d’homicide involontaire, doit comparaître le 8 juin devant un tribunal.
Pas de quoi espérer donc une baisse immédiate de la tension ambiante, d’autant que cette même semaine prochaine seront célébrées les obsèques de George Floyd, au Texas.
L’émotion a dépassé les frontières des États-Unis.
Des manifestations contre les brutalités policières et le racisme aux États-Unis ont aussi eu lieu ces derniers jours en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas, au Canada et en Nouvelle-Zélande.
Les rivaux des États-Unis dans le monde, Chine et Iran en tête, n’ont eux pas laissé passer l’occasion de critiquer Washington. Pékin a notamment dénoncé la « maladie chronique » du racisme aux États-Unis. Et Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong malmenée l’an dernier par une vague de contestation soutenue par la plupart des pays occidentaux, a accusé Washington d’avoir « deux poids, deux mesures » face aux manifestants.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DONALD FUCK ?

Donald Trump a atteint et largement dépassé son seuil d’incompétence.
Il est parfaitement capable, comme Hitler, d’entraîner son pays dans le chaos. S’il s’y prend aussi mal qu’avec la crise de covid 19 pour éteindre l’incendie racial qui s’étend d’état en état, une guerre civile n’est pas à exclure. Il n’en a cure et pourrait même en faire un thème électoral encore plus clivant que les relations avec la Chine. « Fire, pestilence and a country at war with itself: the Trump presidency is over » (Robert Reich Guardian)
Biden a de fortes chances de lui succéder. Question qui sera sa vice-présidente ? Ne serait-il pas bien inspiré de choisir Mrs. Obama ?
MG

'HE IS A DESTROYER': HOW THE GEORGE FLOYD PROTESTS LEFT DONALD TRUMP EXPOSED
Donald Trump
As cities reel under protest and violence, Black Lives Matter leaders say the president has failed his country
David Smith in Washington Guardian
“Americans watching this address tonight have seen the recent images of violence in our streets and the chaos in our communities. Many have witnessed this violence personally, some have even been its victims. I have a message for all of you: the crime and violence that today afflicts our nation will soon – and I mean very soon – come to an end.”
These were the words of Donald Trump, not in May 2020 but July 2016, as he accepted the Republican presidential nomination at the national convention in Cleveland. For many observers, there was a distinct echo of Richard Nixon’s 1968 acceptance speech – “We see cities enveloped in smoke and flame” – and a foreboding that history could take a newly dark and dangerous turn.
For three years, the first president elected without political or military experience rode his luck and skirted past disaster. In the fourth year, the fates demanded payback.
Not even Trump’s harshest critics can blame him for a virus believed to have come from a market in the Chinese city of Wuhan, nor for an attendant economic collapse, nor for four centuries of slavery, segregation, police brutality and racial injustice.
But they can, and do, point to how he made a bad situation so much worse. The story of Trump’s presidency was arguably always leading to this moment, with its toxic mix of weak moral leadership, racial divisiveness, crass and vulgar rhetoric and an erosion of norms, institutions and trust in traditional information sources. Taken together, these ingredients created a tinderbox poised to explode when crises came.
Trump, they say, was uniquely ill-qualified for this moment. He tried to wish away the threat of the coronavirus and failed to prepare, then paid no heed to how communities of colour bore the brunt of its health and economic consequences. As unrest now grips dozens of cities, he speaks an authoritarian language of “thugs”, “vicious dogs” and “when the looting starts, the shooting starts”.
The nation waits in vain for a speech that might heal wounds, find a common sense of purpose and acknowledge the generational trauma of African Americans. That would require deep reading, cultural sensitivity and human empathy – none of which are known to be among personal attributes of Trump, who defines himself in opposition to Barack Obama.
(…) what we’re looking for in this country is real leadership. He is incapable of providing that because that’s not who he is.”
“If it would take the destruction of the country for him to protect his position, he is willing to do that. He has shown that he is willing to kill every single thing in this country, including its people, if it protects him.
“He’s willing to kill democracy. He is willing to kill any sense of real respect or trust in his government. He is willing to kill America’s international and global relationships. He is a destroyer.”
(…)The president’s suggestion of moral equivalence between white nationalists and anti-fascist protesters in Charlottesville, Virginia in 2017 failed to loosen his grip on the Republican party. Perhaps it tightened. At the start of this re-election year, feeling emboldened by his acquittal in a Senate impeachment trial and a robust economy, Trump was confident of his re-election chances.
Now, with health, economic and social crises feeding off each other, polls show him trailing rival Joe Biden. But the situation remains volatile and unpredictable. The president has sought to scapegoat anti-fascist protesters, and there would be little surprise if he returned to Nixonian law-and-order rhetoric to rally Republicans and lay a trap for Democrats, portraying them as “soft on crime”.



(…)“When a leader can hear the demand and the concerns and work to solve the problem, that’s the power of democracy. President Trump is not interested in either. He’s not interested in leading or solving problems. Like a lot of things he does, he’s treating this as a game.
DeRay Mckesson, a leading voice in the Black Lives Matter movement, said: “Nobody’s a magician, so I don’t expect Biden to change everything on day one, but the demands should be for him to change as much of this by the end as humanly possible.
(…)Trump’s unconventional inaugural address in January 2017 is best remembered for a single phrase: “American carnage”. His entire presidency may be remembered for it too.


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