lundi 13 juillet 2020

Indépendance, racisme, richesse: la Flandre face à ses clichés

plus.lesoir.be

Fiesta en mode mineur en ce 11 juillet pour les six millions et demi d’habitants de la Flandre. À l’image des fêtes de Wallonie annulées en septembre ou du défilé du 21 juillet, le coronavirus obligera la population néerlandophone à se contenter des discours et de quelques événements symboliques.

L’occasion de se pencher à tête reposée sur l’image que la Flandre donne d’elle-même aux habitants du sud du pays. Le Soir a confronté deux sociologues, un politologue et un économiste aux clichés qui circulent et prennent de l’ampleur, notamment suite aux performances électorales de partis comme le Vlaams Belang et la N-VA.
Eric Corijn, sociologue à la VUB a tenu à souligner en préambule que ces stéréotypes et leur utilisation empêchent une analyse plus détaillée des différents courants en Flandre : « Ces clichés et ces mauvaises formulations (LA Flandre, LES Flamands) aident le nationalisme flamand à se maintenir comme seule voie. En plus ces stéréotypes sont eux-mêmes très communautaristes parce qu’ils n’examinent pas les différences intraflamandes. L’opinion des grandes villes comme Gand, Louvain, Malines ou Genk est par exemple totalement opposée aux idées de l’hégémonie de la NVA. »
Reste que nos spécialistes ne nient pas l’existence de ces clichés. Ils ne se sont pas fait prier pour les confirmer ou les démonter.
Les experts
Petra Meier est politologue à l’Université d’Anvers. De 2009 à 2016, elle a dirigé le Centre de recherche flamand sur les politiques d’égalités. En 2018, elle a fondé un réseau de recherche sur les questions du genre et de la sexualité. Elle est doyenne de la faculté des Sciences sociales de l’Université d’Anvers.
Stijn Baert est professeur d’économie à l’Université de Gand. Ses recherches portent principalement sur le marché du travail avec une focalisation sur la transition entre l’école et le travail. Il mène aussi des enquêtes sur la discrimination à l’embauche.
Mark Elchardus est professeur de sociologie à la VUB. Ses travaux portent sur la gestion du temps, la sociologie culturelle et le « vivre ensemble ». Longtemps proche du SP.A dont il est considéré comme l’un des grands idéologues, il est chroniqueur au quotidien De Morgen.
Eric Corijn est sociologue à la VUB.
Cliché nº1 : « Les Flamands sont de plus en plus racistes »
Le 26 mai, la presse francophone titrait sur le « dimanche noir » marqué par le retour du Vlaams Belang à l’avant-plan de la vie politique flamande. Depuis, les sondages s’enchaînent et confirment la remontée (jusqu’à près de 30 %) du parti d’extrême droite. À cela s’ajoute une ambiance de radicalisation des discours vers la droite de la droite. Dans une étude qui a beaucoup fait parler récemment en Flandre, Stijn Baert, économiste à l’Université de Gand, a prouvé qu’il était bien plus difficile pour une personne d’origine turque de décrocher un entretien d’embauche que pour une personne avec un nom à consonance flamande. « On voit même que la discrimination augmente ces dernières années », précise le chercheur. « Ce n’est pas nécessairement du racisme mais on doit bien constater qu’il est plus difficile pour un étranger de trouver du travail en Flandre qu’en Wallonie par exemple. Cela peut aussi s’expliquer par un niveau d’étude trop faible, ou une non-volonté de travailler. »
On ferait même carrément fausse route en pensant les Flamands plus racistes qu’avant, à en croire le sociologue de la VUB, Mark Elchardus : « On voit actuellement qu’il y a près de deux fois plus de Flamands qui évaluent la diversité positivement que ceux qui l’évaluent négativement. » Un chiffre en augmentation. « Le succès croissant du Vlaams Belang est indéniable », poursuit Elchardus. « Mais il ne peut être attribué à une augmentation du racisme. »
La droite dispose historiquement d’un vivier de voix plus important en Flandre : « Il faut bien comprendre que la droite conservatrice est d’une autre nature que la droite en Wallonie », détaille Eric Corijn (VUB). « En 1961, le CVP (ancêtre unitaire du CDH et du CD&V, NDLR) obtenait encore 55 % des voix en Flandre. C’est dans ce grand vivier que la droite nationaliste s’est développée. Une certaine vision organique de la société, comme une grande famille, avec une solidarité interclassiste, orientée vers l’entreprise et la famille, est encore la base de l’hégémonie idéologique en Flandre. La droite et l’extrême droite se forment dans ce vivier historique. Le racisme est le fait du Vlaams Belang et du choix de ce parti de faire de l’immigration et de l’islam son thème principal. »
Petra Meier, politologue à l’Université d’Anvers, rappelle enfin que le vote pour l’extrême droite se fait par vague depuis 1991 et que le « record » date pour l’instant de 2004 avec 24 % des voix. En 2019, le Belang n’est remonté « qu’à » 18 %. « Ce qui est indéniable, c’est qu’une partie de la Flandre ne cesse pas de voter pour l’extrême droite depuis trente ans », conclut la chercheuse.
Cliché nº2 : « Les Flamands veulent l’indépendance »
Il y a unanimité chez nos quatre experts : c’est faux. Sondages et analyses à l’appui, ils insistent : « toutes les données disponibles depuis trente ans démontrent que la majorité des Flamands ne souhaite pas la fin de la Belgique. » Il y aurait même plutôt une volonté de refédéraliser certaines compétences.
Pourtant, force est de constater que pratiquement un Flamand sur deux vote pour la N-VA et le Vlaams Belang, partis dont les statuts indiquent clairement qu’ils visent l’indépendance. « L’élite politique est en réalité bien plus radicale que la population », décrypte Petra Meier. « La Flandre est à ce niveau assez atypique par rapport à d’autres pays comparables comme la Suisse ou les Pays-Bas. Les partis qui veulent la fin de la Belgique augmentent dans les urnes mais pas le nombre des électeurs qui veulent l’indépendance ou se définissent en premier comme Flamand. Les gens ne votent par pour ces partis pour l’indépendance mais pour des raisons socio-économiques. Le Belang gagne aussi des électeurs grâce à son positionnement sur le respect de « la loi l’ordre », bien plus que sur la fin de la Belgique. »
La politologue explique ce comportement atypique de l’élite flamande, plus « indépendantiste » que la population, notamment par le succès de la N-VA ces dernières années : « Leur formule a bien fonctionné, donc les autres partis ont suivi. Et puis, en Belgique, il y a cette fameuse scission du paysage politique. Un parti flamand ne se présente que devant son électorat. Il peut tenir une opinion relativement radicale puisqu’il ne devra jamais se justifier et convaincre les francophones. »
Cliché nº3 : « Les Flamands sont riches et ne veulent plus partager avec les francophones »
Les chiffres sont clairs : les Flamands gagnent mieux leur vie que les Wallons. Ils sont aussi plus nombreux à travailler. « En soi, cela n’a rien à voir avec « les Flamands » », nuance le sociologue de la VUB, Eric Corijn. « C’est surtout que la structure économique de la Flandre est plus récente et donc plus intégrée au marché européen et mondial. Cette société plus libérale et droitière a plus facilement accepté la dérégulation et la flexibilité néolibérale. »
Cela ne veut toutefois pas dire que tout va bien. « Quand on compare la Flandre avec des pays du « top » comme la Suède ou les Pays-Bas, cela donne un tout autre tableau », assure l’économiste Stijn Baert (UGent). Il fait remarquer que la Flandre a un problème au niveau de son taux d’inactivité, surtout pour la population d’origine étrangère. Le plan de relance flamand post-Covid19 se focalisera d’ailleurs sur le fait d’« activer » cette population.
Stijn Baert relève aussi que la Flandre risque de devenir une « ancienne riche région » : « Les tests Pisa démontrent que la qualité de l’enseignement est en baisse. On a beaucoup misé sur les jobs, jobs, jobs, ces dernières années mais c’est surtout sur la formation et l’activation qu’il faudrait travailler aujourd’hui. »
Sur la question des transferts nord-sud, Eric Corijn et Petra Meier rappellent qu’une partie de la Flandre, celle plus à gauche, existe et est clairement pour la solidarité interpersonnelle. Il ne faut donc pas faire de généralité. Mark Elchardus (VUB) est plus tranché : « Les nationalistes flamands estiment qu’ils prennent du retard économique parce qu’ils doivent traîner la Belgique et la Wallonie comme un boulet. Avec les réformes de l’Etat, le sentiment de communauté belge a disparu et la solidarité devient difficile car elle est surtout ressentie comme un transfert d’une communauté à une autre. Je ne pense pas que lancer l’idée que chaque Wallon transfère 1.000 euros par personne par an vers la Flandre serait applaudi côté francophone. Cependant, les politiciens flamands comprennent qu’il ne s’agit pas seulement de solidarité, mais aussi d’un intérêt personnel bien compris et que presque personne ne souhaite une fin abrupte de ces transferts. »
Cliché nº4 : « Les Flamands détestent le PS »
Ce n’est pas faux selon nos experts, mais ils insistent tous sur « le PS » et pas « le socialisme ». « L’image du PS est totalement différente de celle du SP.A en Flandre », glisse Stijn Baert (UGent). « La plupart des Flamands jugent que le PS est un parti de pouvoir qui utilise l’argent des transferts pour appliquer des veilles recettes qui ne fonctionnent pas. Ils sont surtout très dérangés par cette vision d’un PS qui détient tous les leviers de l’Etat via l’administration. Cela n’empêche pas le succès du jeune président du SP.A, Conner Rousseau, mais il est bien plus au centre-gauche que Paul Magnette. »
Pour la politologue Petra Meier, ce rejet du PS s’explique aussi par le fait que la grille de lecture de la population flamande est dictée par la N-VA et le Vlaams Belang. « Ces partis mettent en avant le PS comme le mouton noir. Ce que les gens savent de Magnette, c’est ce que la N-VA en dit. Je suis persuadée que si on réalisait des grandes interviews de Magnette dans la presse flamande sans préciser qu’il est du PS, il n’aurait pas du tout cette image diabolisée. Il pourrait même être assez populaire. »
Et le sociologue Mark Elchardus de ressortir l’expression de Steve Stevaert (ex-superstar de la gauche flamande), remise au goût du jour par Conner Rousseau, à savoir que « les Flamands sont socialistes mais ils ne le savent pas encore » : « Ils confondent toutefois la pensée et l’esprit communautaire », précise notre expert. « Ce dernier est mieux pris en charge par les nationalistes en Flandre aujourd’hui que par les socialistes. » Elchardus rappelle d’ailleurs que le socialisme en Wallonie est, à l’échelle européenne et même mondiale, une exception.
Cliché nº5 : « Les Flamands sont conservateurs sur les questions éthiques »
On a parlé d’un « front flamand » récemment contre la loi IVG à la Chambre, qui a été dénoncé par le camp dit « progressiste ». Mark Elchardus est pourtant d’avis que la population flamande a un profil éthique similaire au reste de l’Europe du Nord-Ouest : « La Flandre est une société post-religieuse et laïque, avec un parti démocrate-chrétien qui ne sait plus vraiment à quoi il sert ».
Son collègue Eric Corijn est plus nuancé : « Bien que la sécularisation a fait son chemin et que l’Église est devenue marginale, au niveau de la sociale civile et des partis, cette influence continue à exister. N’oublions pas que 80 % des enfants flamands suivent l’enseignement catholique et que le secteur des soins reste en grande majorité entre les mains de ce pilier. C’est ce qui explique l’influence du conservatisme éthique, qui sans doute est plus présent encore dans les institutions et les partis que dans la population. » « On voit aussi dans les sondages que les francophones sont plus tolérants et ouverts », conclut la politologue Petra Meier. « Ils vont par exemple plus s’identifier à l’Europe que les Flamands qui ont plus peur du monde, de l’autre et sont moins ouverts. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FESTIVAL DE CLICHES

Ces trois articles contiennent un festival de clichés sur la Belgique actuelle. Ils valent la peine d’être lus et appréhendés, tandis que nos hommes et femmes politiques peinent à réunir une majorité fédérale susceptible d’installer enfin un gouvernement de plein exercice dans un royaume malaimé dont le budget dérape depuis des mois dans des proportions absolument affolantes. A défaut de trouver un accord de compromis, nous irons irrémédiablement aux élections anticipées avec une montée dramatique des partis extrémistes, populistes et anti démocratiques : le Belang en Flandre et le PTB en Wallonie et à Bruxelles. « Lassituation est désespérée mais ce n’est pas grave » conclut avec un cynisme inouï JM De Decker dans le magazine Knack tandis que Sophie Wimès se fait photographier en effectuant une descente de la Lesse en kayak.  A chacun sa vérité ; à chacun ses clichés, à chacun son délire.
MG

NOUS VOULONS QUE NOTRE IDENTITE BELGE SOIT RESPECTEE ET RENFORCEE
La Libre Belgique

Pourquoi les JT et de nombreux programmes ne sont-ils toujours pas sous-titrés dans les différentes langues nationales ? Impossible ? C'est absurde...
Une carte blanche signée par Hans Leenders, S.Vandevelde, Rudiger Wouters, Denis Bouwen, Dave Donin, Sonja Renders, Gabrielle Goblet, Isabelle Debroux, Jean-Marc Namotte, Olivier Dezeure. Certains signent comme membres de "Communauté belge"(1), d’autres le font entièrement à titre individuel.
Le gouvernement flamand estime nécessaire de distribuer des chèques de 180 euros aux personnes qui souhaitent organiser une fête dans leur quartier autour du 11 juillet, dans une région où, depuis de nombreuses années, l'accent est mis sur la fête flamande alors que la fête nationale (21 juillet) n’y reçoit que peu d'attention. Elle met également tout en œuvre pour promouvoir au maximum "l'identité flamande" par le biais de la chaîne publique VRT. Ou devrions-nous dire : pour la construire et l'imposer à tous et à toutes? Cela démontre que certains dans le monde politique au nord du pays font tout pour pousser cette identité. Tout cela est bien beau, mais qu'en est-il de notre identité belge, à laquelle nous adhérons fortement ?
L’association Communauté belge et de nombreux citoyens partageant les mêmes idées pensent qu'il est grand temps de privilégier un discours différent. Un discours qui met en évidence, encourage, renforce la solidarité entre tous les habitants de ce pays. Nous sommes opposés à une régionalisation qui divise inutilement les Belges et qui les monte les uns contre les autres. Une certaine culture des conflits tribaux, une envie maladive de tribalisme, l'emprisonnement dans sa propre communauté: notre pays n'en tire aucun profit, bien au contraire. On peut faire autrement! On doit faire autrement!
Comment agir autrement ? Donnons quelques exemples.
Nos chaînes publiques
Nos chaînes publiques ne devraient pas seulement parler d'une partie du pays. Elles devraient au moins autant souligner que nous vivons en Belgique et quels sont les nombreux aspects positifs de ce pays multilingue et diversifié. Si des décrets régionaux s'y opposent, ces décrets régionaux doivent être adaptés. Il est inacceptable que de nombreux téléspectateurs de la VRT, par exemple, subissent la propagande ou la publicité permanente d’ une "identité flamande" en dissimulant ou minimisant la Belgique, notre pays. De nombreux Belges néerlandophones ne le souhaitent pas et ne l'acceptent pas. Eux aussi sont des contribuables et cofinancent la chaîne publique néerlandophone. Il faut tenir compte de leurs sensibilités et de leur point de vue.
Des infos sur l'ensemble du pays
Nos chaînes publiques doivent (être prêtes à) donner des infos de manière beaucoup plus systématique sur l'ensemble de la Belgique, et pas seulement sur une partie du pays. Elles devraient beaucoup plus souvent réaliser des programmes et des émissions ensemble, et échanger des productions. Pourquoi les JT et de nombreux programmes ne sont-ils toujours pas sous-titrés dans les différentes langues nationales ? Impossible ? C'est absurde, avec tous les moyens technologiques actuels, c'est parfaitement possible. Tout commence par la volonté des conseils d'administration et des directions de faire les choses différemment.
Multilinguisme
À Bruxelles, on observe de plus en plus de signes d'une volonté croissante d'organiser un enseignement bilingue et multilingue. De nombreux politiciens bruxellois se battent pour cela depuis des années. La tendance est claire et positive. Nous souhaitons que cette approche soit développée et étendue à toute la Belgique. Une approche positive et la promotion du trilinguisme ou du quadrilinguisme (néerlandais, français, allemand, anglais) seront un énorme atout pour l'ensemble du pays et tous ses habitants. Elle réduira également les divisions inutiles dans certains esprits, augmentera la compréhension mutuelle et facilitera grandement les échanges et la coopération.
À nos yeux, les frontières linguistiques sont un héritage (dépassé) du vingtième siècle. Devons-nous continuer à faire un fétiche de ces frontières linguistiques ? Une certaine partie de notre classe politique ne peut-elle pas enfin sortir des tranchées communautaires ? Une frontière linguistique ne peut et ne doit pas être un Mur de Berlin. Si elle l'est, elle est pernicieuse et doit donc être rejetée.
Enseignement
Dans notre enseignement, l'échange et la coopération doivent donner le ton. Que nos écoles secondaires, collèges et universités collaborent beaucoup plus souvent. Permettons aux étudiants d'étudier dans les différentes langues nationales. Laissons-les faire un stage dans une autre langue. Qu’ils réfléchissent et développent ensemble des entreprises ou d'autres projets.
Il y a tant à faire pour que ce pays progresse réellement, d'Arlon à Ostende. La nouvelle approche moderne que nous préconisons peut devenir un exemple de vivre ensemble pour toute l'Europe !
N’oublions pas que les Belges, en dehors de leur langue maternelle, pensent de manière très similaire sur de nombreux sujets. Cela a été confirmé à maintes reprises par des recherches scientifiques sérieuses menées par nos universités, même si certains partis aiment à affirmer que les "Flamands" et les "Wallons" sont fondamentalement différents. Nous rejetons fondamentalement cette affirmation. Les études le contredisent.
Refédéralisation
De récents sondages d'opinion ont également montré que les Belges aspirent à une gouvernance plus efficace et à une refédéralisation, par exemple dans le secteur des soins de santé. Pour la santé publique, la crise de la coronavirus a été un énorme coup de semonce ! De nombreux experts médicaux et des personnes qui parlent en connaissance de cause soulignent que la santé est un secteur dans lequel nous n'avons pas besoin de nous séparer, mais plutôt de refédéraliser. Certains partis politiques souhaiteront voir les choses différemment, poussés par leur désir de régionaliser et de scinder notre pays.
Nous constatons que trop de partis politiques en Belgique ne prennent pas ou trop peu en compte le désir profond d'une proportion croissante de Belges d'inverser la fragmentation ou, au moins, de la réduire de manière significative. Dans une démocratie qui fonctionne bien, ce n’est pas normal du tout : les partis auraient dû inclure ce désir clairement dans leurs programmes. Trop de partis ferment les yeux et les oreilles. Déficit démocratique !
Plus de crampes communautaires
Dans de très nombreux domaines, nous devons, dans un nouvel esprit et sans guéguerres communautaires inutiles, aborder les choses au niveau national. Nos structures étatiques actuelles résultent trop souvent dans de tristes absurdités, des différences ridicules, l'inefficacité, le gaspillage de ressources (qui sont rares).
Il appartient aux responsables politiques de reconnaître (enfin) le souhait de nombreux Belges et d'adapter leurs programmes en conséquence. S'ils ne le font pas, à long terme, il n'y aura rien d'autre à faire que de s'associer au plus grand nombre possible de forces pour créer un mouvement ou un parti démocratique qui souhaite élaborer un modèle de société belge moderne, positif et constructif, capable de déplacer les balises et de valoriser le potentiel de tous ses habitants. Sans déraillements tribalistes.
(1) "Communauté belge" et "B-Plus" sont des groupes de pression qui rassemblent des Belges de tous horizons qui estiment que la division communautaire ne sert pas ce pays. Ils s'opposent à la volonté de certains de diviser les Belges francophones, néerlandophones et germanophones, et insistent sur une plus grande cohésion et une re-fédéralisation maximale. Des informations sur l'association "Communauté belge" sont disponibles à cette adresse: denis.bouwen@telenet.be


'DIT LAND ZIT NIET OP ZIJN TANDVLEES, HET GEHELE GEBIT IS ROT TOT OP HET BOT'

Jean-Marie Dedecker (LDD)
Voorzitter van LDD en lijstduwer op de N-VA-Kamerlijst in 2019 in Knack
'De toestand is hopeloos maar niet ernstig', schrijft Jean-Marie Dedecker over de oplopende rekening van de coronacrisis en de vastgelopen federale formatie.

Het gat in onze begroting groeit stilaan naar 10 procent van ons BBP, en vóór de coronacrisis was het begrotingstekort al elf maal groter dan de regering had beloofd bij haar aantreden in 2014. De jaarlijkse pensioenlast duwt ook al tegen de 50 miljard euro per jaar aan, maar toch blijven onze regeringen kwistig sinterklaas spelen, en ligt er nog geen relanceplan op de tekentafel om onze economische krimp van 8,8% te stuiten.
De traditionele 11.11.11%-partijen (Open VLD, CD&V en SP.A) hebben immers nog te veel last om met hun laatste stuiptrekkingen wanhopig een federale regering te vormen. Gelegenheidscoalities in het parlement doen ondertussen ook een flinke greep in de schatkist om hun achterban te plezieren. Er werd al voor zo'n twee miljard aan nieuwe uitgaven bij wet gestemd, zoals een termijnrekening van 400 miljoen euro voor mijnwerkers die al 30 jaar op pensioen zijn, een BTW-vermindering op zeepproducten t.b.v. 124.000 miljoen euro waar alleen multinationals als Unilever beter van worden, en naast de 400 miljoen van Maggie De Block voor de zorgsector ook nog 460.000 miljoen om de witte coronawoede te stillen.
Dit land zit niet op zijn tandvlees, het gehele gebit is rot tot op het bot.
Nochtans besteden slechts vier landen in de Europese Unie een groter percentage van hun BBP aan de gezondheidszorg dan ons land, en de sociale overheidsuitgaven (excl. werkloosheidsuitkeringen) waren tussen 2000 en 2015 al gestegen van 19% van ons bbp naar 24% . In wezen gaat het niet om bedragen maar om beleid. Het debat wordt nu emotioneel gevoerd en niet meer rationeel. Tegen die perceptie kan niemand op. De tijdelijke werkloosheidsvergoedingen en ouderschapsverloven slaan ook een gat in de bodem van de RVA, terwijl volgens Eurostat de werkloosheidsuitkeringen in België al 3,4% van het BBP bedragen en het EU-gemiddelde amper 1,4% is. Voor elk dossier van tijdelijke werkloosheid krijgen de vakbonden gemiddeld zo'n 16 euro van de overheid, een extra coronastakingsspaarpotje van 15 miljoen euro.
Dat Wallonië kwistiger is in het uitdelen van cadeaus dan Vlaanderen en dat het de vorming van een daadkrachtige relanceregering minder urgenter vindt, is verweven in de DNA van ons koninkrijkje. De tering wordt er nooit naar de nering gezet. Als Vlaanderen een coronahinderpremie uitkeert van 4.000 euro, dan doet Wallonië er een schep bovenop met 5.000 euro voor elke gesloten handelszaak. Terwijl de evenementensector hier op apegapen ligt, betaalt de Waalse overheid toch de gage uit aan elke artiest die moest optreden op een afgelast evenement in een gesubsidieerd cultuur- of Achturenhuis. Als toetje krijgt het orkest nog een compensatiecontract voor volgend jaar. Never waste a good crisis.
Hulpverslaving en spilzucht zijn drugs waar men in het Zuiden van het land niet wil van afkicken, want de rekening wordt toch door het Noorden betaalt met jaarlijkse miljardentransfers van 7 tot 11 miljard euro (al naar gelang de bron). Zelfs de gouverneur van de Nationale Bank, de MR-adept Pierre Wunsch moet dit tot scha en schande ootmoedig toegeven. Vlaanderen is de bancontact van Wallonië. Ondanks de luxe van een gratis pinautomaat is de armoede in Wallonië nog altijd tweemaal groter dan in Vlaanderen, en in Brussel zelfs driemaal. Volgens Statbel, het Europees bureau voor statistiek, scoort Vlaanderen zelfs het best van gans Europa qua armoedebeleid. Het aantal personen onder de armoededrempel is boven de taalgrens lager dan 10%. In Wallonië is het 22% en in het Brussels Gewest 33% , quasi het dubbele van het Europees gemiddelde dat op 17% ligt, één procent boven het Belgisch. Ondanks een vijftal Marshallplannen, een stroom aan Europese subsidies en Vlaams manna blijven de socialistische paradijzen, waar Magnette en Di Rupo de plak zwaaien, van Charleroi tot Mons, al driekwart eeuw lang gesubsidieerd verval.
Niettegenstaande dat de transfers van Noord naar Zuid driemaal hoger zijn dan die van West- naar Oost-Duitsland, en de subsidies 12 keer meer per persoon dan in Hongarije, heeft Wallonië nog een torenhoge staatsschuld. De Waalse overheidsuitgaven bedragen 70% van hun BBP, dit is nagenoeg communistisch zegt Wunsch. Van die heilsleer zien we nog de restanten in Venezuela en Noord-Korea, de heilstaten van de PVDA/PTB. De schuldenberg van Wallonië was voor de coronacrisis al opgelopen tot 21,7 miljard euro, dit was 140% van de inkomsten. Vandaag is het volledig uit de hand gelopen.
Volgens het Instituut van Nationale Rekeningen (INR) was de groei van de werkgelegenheid tot vóór de komst van Covid-19 voor 62% te danken aan Vlaanderen, 21% aan Wallonië en nauwelijks 7% aan Brussel. Wallonië wordt daarenboven ook nog kunstmatig beademd met het apparaat van overheidstewerkstelling, in wezen belastinggeld. Het aandeel van de tewerkstelling in de non-profitsector is er 43,2% (In Vlaanderen 33,7%) en dan wordt tewerkstelling bij (semi)overheidsbedrijven als de NMBS, Infrabel, Bpost en Proximus nog volop gerekend als tewerkstelling in de privésector. In feite werkt nagenoeg meer dan één op de twee werknemers in Wallonië bij de overheid, een bolwerk van PS-cliëntelisme.
Er gaat geen parlementaire week voorbij of de Vlamingen worden in het halfrond door linkse roeptoeters gestigmatiseerd als genetisch racistisch, terwijl het Waals Gewest met 32,1% de laagste werkzaamheidsgraad van gans Europa heeft voor niet EU-burgers. In Brussel wonen er meer nieuwkomers dan ketjes, maar van de niet- EU-burgers zijn er ook maar nauwelijks 41,9% aan de slag. De zwarte economie tiert er weliger dan de officiële. Het Belgisch gemiddelde van 45,4% in die statistiek wordt nog wat rechtgetrokken door de Vlaamse inbreng met 50,5%, al is dat ook nog 12% onder het Europees gemiddelde. Over de redenen dat de vrouwelijke werkzaamheidsgraad van niet- EU-onderdanen amper 31,1% is, durf ik hier niet uit te weiden, uit vrees om in deze gendergevoelige tijden van racisme en discriminatie beschuldigd te worden. Het zal de Brusselaars toch geen zorg wezen, het Vlaams infuus blijft stromen en het wanbeleid blijft welig tieren. Volgens de BECI, de Brusselse Kamer van Koophandel, dreigt zelfs 41 % van de ondernemers Brussel te verlaten wegens gebrek aan mobiliteit, de Lage Emissie-Zone, een doorgeschoten fiscaliteit, gebrek aan netheid en veiligheid...
Het staat buiten kijf dat Vlaanderen weerom de tol van de crisis zal betalen. We hoesten al het leeuwenaandeel van alle belastingen op, en met de nieuwe tsunami aan heffingen om het begrotingsgat dicht te rijden zal het riedeltje dat "de sterkste schouders de meeste lasten moeten dragen" weerom oorverdovend klinken. Links wil hier liever minder rijken dan minder armen. Vlaanderen houdt als een gulle schenker de collectivistische Waalse verzorgingsstaat op gang met het emotionele maar oneerlijke argument van de nationale solidariteit. Er kunnen hier zelfs geen democratisch verkozen regeringen meer gevormd worden, enkel kunstmatige samenraapsels uit nostalgisch machtsbehoud. De economische, sociale en ideologische standpunten te Noorden en te Zuiden van de taalgrens zijn dermate verschillend dat ze verhinderen om een antwoord te bieden aan de gigantische uitdagingen waarvoor ons land staat. Het cordon is de strop waaraan de uitgebluste traditionele partijen zichzelf hebben opgehangen.
Op onze bruiloften mogen we niet dansen van onze Nationale Veiligheidsraad, maar we walsen stilaan op de tonen van de dodenmars naar onze economische begrafenis. Laat ons dan maar liever scheiden, Waalse broeders. Dit land zit niet op het tandvlees, maar het gehele gebit is rot tot op het bot. Laat ons dan maar verkiezingen houden op 5 november en op 11 november de wapenstilstand tekenen. We verdelen de inboedel zoals Tsjechië en Slovakije, en gaan in vrede uit elkaar.
Eenzijdige niet wederkerige solidariteit noemde mijn grootvader profitariaat, en voortdurend bijten in de hand die je voedt was voor hem parasiteren. Een wijs man, mijn grootje.

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