dimanche 19 juillet 2020

Le virologue Pierre Van Damme sans détour: "On n’ose pas le dire mais certains secteurs vont peut-être devoir fermer pendant un an"

La Libre Belgique

Le virologue Pierre Van Damme se montre préoccupé par l'évolution de la pandémie.

La seconde vague a-t-elle commencé ? Les experts sont divisés sur la question mais tous appellent à la prudence et à respecter les gestes barrières. Étions-nous prêts pour la première ? Le virologue Pierre Van Damme (UAntwerp) estime que non. L'expert a donné quatre conseils très concrets, rapportés par Het Laatste Nieuws. "Nous devons les mettre à l'œuvre maintenant pour renverser la vapeur".
D'abord, nommer un commissaire pour assurer l'unité du commandement. Un grand nombre d'experts et de fonctionnaires ont déjà plaidé en ce sens ces derniers jours. "Une personne dotée de tous les pouvoirs nécessaires qui relève directement du Premier ministre. En 2009, nous avions un commissaire à la grippe en la personne de Marc Van Ranst pour s'attaquer à la grippe mexicaine et en 2014, Erika Vlieghe était notre commissaire Ebola. Maintenant, nous avons besoin de la même chose", estime-t-il. Selon M. Van Damme, le commissaire peut être assisté par une équipe d'experts. Il y aurait alors une équipe qui peut débattre des mesures, mais en fin de compte, la décision serait soutenue par tout le monde.

Pierre Van Damme se dit également surpris lorsque qu'il entend ses collègues du GEES "dire qu'ils doivent parfois négocier pendant des heures avec des politiciens pour obtenir certaines mesures". "Vous ne pouvez pas négocier avec une maladie infectieuse", insiste-t-il.
Ensuite, il faut selon lui établir une stratégie de communication pour les jeunes et les communautés spécifiques. L'analyse des derniers chiffres relatifs aux nouvelles infections montre que les 18 à 30 ans sont les principaux moteurs de la deuxième vague. "Nous voyons maintenant que les jeunes sont les premiers à se rendre à nouveau à des fêtes et à jouir de la liberté retrouvée, explique Pierre Van Damme à Het Laatste Nieuws. Nous ne devons pas condamner cela, mais nous devons rendre ce groupe beaucoup plus conscient des risques."
Selon le vaccinologue de l'UAntwerp, il faut également "engager des médecins comme enquêteurs de contact". "Les généralistes sont en première ligne. Il ont une relation de confiance avec leurs patients. Ils peuvent effectuer un premier examen de contact et être mis en relation avec les responsables régionaux et avec l'Agence de soins et de santé", explique Monsieur Van Damme. Ces derniers pourraient alors recueillir toutes les informations nécessaires et les transmettre aux personnes qui prennent les décisions. 
Et enfin, il est souhaitable de "tempérer les attentes du public". Il est important pour Van Damme que le gouvernement soit honnête sur ce qui est encore à venir. Par exemple, les attentes concernant un vaccin sont beaucoup trop élevées.
Il demande également à certains secteurs de "comprendre qu’ils devront peut-être fermer pendant un an. Pourquoi n'osons-nous pas dire cela ? Certains secteurs ne pourront pas continuer pendant très longtemps et nous devons le dire honnêtement. Il ne faut pas leur donner de faux espoirs. Ce que nous devons voir, c'est comment nous pouvons les soutenir ou quelles alternatives ils peuvent, eux, proposer'.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« POURQUOI N'OSONS-NOUS PAS DIRE TOUT  CELA ?

Nous voici enfin en vacances, trait d’union entre l’avant Covid et l’après Covid. On nous fait doucement comprendre que le virus, lui refuse de prendre du congé et, pire, qu’il se prépare à une seconde offensive. Contrairement à Von Rundstedt en 1944, le corona a toute les chances de réussir sa percée. Mais tout cela n’est rien à côté du désastre économique et du bain de sang social qui nous attend à la rentrée des vacances. Une crise qui serait selon les spécialistes bien plus « virulente » que celle de 1929 qui nous amena le fascisme et la pire des guerres jamais subie par l’humanité. Profitons donc bien de nos vacances car le retour sera apocalyptique. La Belgique n’y survivra sans doute pas, du moins sur le plan politique, quant à l’Europe de von der Leyen/Michel, elle risque elle aussi de se démembrer à moins d’un sursaut. Vous avez dit sursaut ? Il ne peut venir que du seul vrai Européen de sa génération de chefs d’Etats : Emmanuel Macron. Mais ce dernier va être empêtré dans  une contestation sociale d’une ampleur inouïe dès la rentrée de septembre. Autrement dit seule Merkel peut sauver l’Europe de l’effondrement. Il y a encore quatre mois, personne n’aurait d’ailleurs imaginé Mme Merkel promouvoir un tel plan de relance, financé par l’émission d’une dette commune et faisant une part plus large aux subventions (500 milliards d’euros) qu’aux prêts (250 milliards d’euros). .« Fin mars, Merkel était encore sur une position très ferme, à peu près la même que celle des “frugaux” [Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark] qu’elle essaie désormais de faire bouger. 
Savourons donc, chers lecteurs, ce moment d’accalmie et les charmes de l’été avant le typhon. 
Les Belges ont choisi de redécouvrir leur Belgique cet été, les Bruxellois savourent une circulation automobile fluide en attendant la paralysie et l’immobilité totale que provoquera irrémédiablement le trente à l’heure imposé par les ayatollahs verts.
Et comme les mauvaises nouvelles volent en escadrille (Chirac) n’oublions surtout pas que : « les attentes concernant un vaccin sont beaucoup trop élevées. » et que « certains secteurs devront comprendre qu’ils devront peut-être fermer pendant un an. » 
Mais pourquoi donc  n'osons-nous pas dire tout cela ?
MG


COURSE AUX VACCINS: LA NOUVELLE GUERRE SECRETE
DÉCRYPTAGE - Dans cette rivalité entre les laboratoires, tous les coups sont permis.(Figaro)
Depuis plusieurs années, la santé et la biologie font partie des priorités industrielles de la Chine. 
Alors que le Covid-19 continue ses ravages planétaires, une nouvelle bataille s’est ouverte: la course aux vaccins. Désireux de prendre de l’avance, les Chinois ont commencé à tester cinq prototypes, alors qu’une centaine de laboratoires dans le monde planchent concurremment sur le sujet. Dans cette rivalité, tous les coups sont permis. Depuis plusieurs années, la santé et la biologie font partie des priorités industrielles de la Chine, qui est déjà devenue première productrice mondiale des principes actifs nécessaires aux médicaments.(…)
COMMENT ANGELA MERKEL S’EST CONVERTIE AU PLAN DE RELANCE POUR EVITER L’« EFFONDREMENT » DE L’EUROPE.
La chancelière allemande est en première ligne, lors du Conseil européen qui débute vendredi matin, pour défendre l’émission d’une dette commune au sein des Vingt-Sept, afin de lever 750 milliards d’euros pour soutenir les Etats les plus touchés par la pandémie.
Par Thomas Wieder et Cécile Boutelet Le Monde
Pour le jour de son anniversaire, Angela Merkel avait peut-être imaginé un agenda moins chargé. Vendredi 17 juillet, c’est à Bruxelles que la chancelière allemande devait fêter ses 66 ans, à l’occasion d’un sommet européen qui, pour elle, notamment, revêt une importance toute particulière. D’abord, parce que c’est son pays qui, depuis le 1er juillet et jusqu’au 31 décembre, occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE). Ensuite parce que c’est elle qui, avec le président français, Emmanuel Macron, a inspiré le plan de relance de 750 milliards d’euros que la Commission européenne souhaite faire adopter, si possible lors de ce sommet, par les vingt-sept membres de l’UE.
Les débats s’annoncent houleux, mais la chancelière a choisi son camp, après une conversion aussi fulgurante que profonde, quand on garde en tête sa prudente attitude lors du naufrage de la Grèce voici dix ans. A l’époque, il n’était pas question pour elle d’aider Athènes sans être sûr de réformer en profondeur un pays considéré comme « pécheur » sur le plan budgétaire. Des tergiversations qui avaient précipité la crise des dettes souveraines au sein de la zone euro.
Il y a encore quatre mois, personne n’aurait d’ailleurs imaginé Mme Merkel promouvoir un tel plan de relance, financé par l’émission d’une dette commune et faisant une part plus large aux subventions (500 milliards d’euros) qu’aux prêts (250 milliards d’euros). Au Conseil européen du 26 mars, c’est un non catégorique que la chancelière allemande avait opposé aux neuf pays, dont la France, l’Espagne, la Grèce et l’Italie, qui, la veille, avaient signé une lettre appelant à la mise en place d’« un instrument de dette commun » afin d’aider les pays touchés par la pandémie.
« Fin mars, Merkel était encore sur une position très ferme, à peu près la même que celle des “frugaux” [Pays-Bas, Suède, Autriche, Danemark] qu’elle essaie désormais de faire bouger. Dans la lettre, nous avions pourtant veillé à ne pas utiliser des termes susceptibles de braquer les Allemands, comme “coronabonds” ou plan Marshall »(…)

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