mercredi 8 juillet 2020

MYSTÈRE MACRON


Il y a un mystère Macron : pourquoi choisit-il les membres de son personnel politique avec un instinct aussi sûr pour leur médiocrité ou leur capacité de nuisance ? Quand on énumère les noms d'Alexandre Benalla, de Nathalie Loiseau, de Benjamin Griveaux, d'Agnès Buzyn, de Franck Riester, de Sibeth Ndiaye, de Christophe Castaner (série en cours), cela ne peut être, de la part d'un homme intelligent, un pur effet du hasard. Il y a là-dedans quelque chose qui nous échappe. (Jacques Julliard,  Marianne)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CQFD  CE QUI FAIT DEBAT

A l’évidence, ni les magistrats ne trépignent de joie, ni les policiers ne voient d’un bon œil l’arrivée de Dupond Moretti et de Darmalin à leur tête. Macron, obsédé par sa réélection, aurait-il le mauvais œil? On aura donc une Roselyne pas vraiment rose, -ni très fraîche ni très de gôche-, à la culture, un Sarko bis à l’intérieur -sortez les Kärcher- et un super  braconnier dans les chasses gardées de la justice française. Ambiance et cotillons. Les gilets jaunes se frottent les mains.
Le casting de Castex est vraiment très sarkozien, à croire que Macron se prépare à siphonner la droite après avoir asséché la gauche.
Restera à surfer sur la vague verte, ce qui ne semble vouloir se faire que très timidement. Marine se tait sur toutes les chaînes ; le temps et Macron sont ses meilleurs alliés.
MG


"JE SUIS SUR QUE JE NE VEUX PAS FAIRE DE POLITIQUE" : DEPUIS 2018, ERIC DUPOND-MORETTI SEMBLE AVOIR CHANGE D'AVIS
Par Louis Nadau

"Non ! Que voulez-vous que j'aille faire là-bas ?", répondait le futur garde des Sceaux à "Marianne" lorsqu'on l'interrogeait, en avril 2018, sur une possible entrée au gouvernement.
Ne jamais dire : "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau." A la surprise générale, le ténor du barreau Eric Dupond-Moretti est entré au gouvernement ce lundi 6 juillet en tant que garde des Sceaux. Le même Dupond-Moretti assurait pourtant à Marianne, dans un entretien d'avril 2018, "être sûr" de ne pas vouloir faire de politique.
L'idée le faisait même rire : "Non ! Que voulez-vous que j'aille faire là-bas ?", répondait-il lorsqu'on lui demandait s'il avait des vues sur la Chancellerie. "Je suis sûr que je ne veux pas faire de politique. On m'a fait quelques propositions déjà…", expliquait-il, sans préciser l'identité de ses courtisans.
Toutefois, le futur ministre de la Justice ne cachait pas sa sympathie pour le président de la République : "J'aime bien ce Macron. Il est jeune. Il arrive de nulle part. Il a fracassé de vieux concepts et clivages qui méritaient de l'être." "Acquitator" ne cachait pas son enthousiasme : "Il a choisi un opposant politique comme Premier ministre, ça a beaucoup d'allure : si les gens intelligents peuvent se réunir, je trouve que c'est pas mal." Et quoi de mieux qu'entrer au gouvernement pour éprouver cette belle conviction ?


"J’ai l’impression de vivre un cauchemar éveillé" : des magistrats réagissent à la nomination de Dupond-Moretti à la Justice
Par Laurent Valdiguié

La nomination du célèbre avocat, connu pour ses critiques régulières à l'encontre des magistrats, interpelle la profession.
Mais quelle mouche a piqué Macron ? La demi-douzaine d’avocats et de magistrats consultés depuis 19h sont sans voix. Interloqués. Médusés. Sous le choc. Aucun magistrat en poste évidemment ne souhaite être cité pour réagir officiellement à la nomination dans le fauteuil du Garde des Sceaux du « bouffeur de juges » qu’est Eric Dupond-Moretti. « Sa vie durant, ce pénaliste a plaidé en disant qu’il ne pourrait lui même jamais être magistrat et le plus souvent en traitant de nuls de la pire espèce les juges d’instruction qui avaient mené l’enquête et les procureurs qui portaient l’accusation ! Alors forcément, pour tous les juges de ce pays, cette nomination ne pas va être facile à digérer », s’époumone un ancien bâtonnier. 
« Que Dupond soit le Badinter du nouveau monde, cela en dit long sur ce qu’est le nouveau monde », réagit un autre avocat. 
Est-ce via Bernard Tapie, qui l’admire, reçu récemment à l’Elysée, où via Nicolas Sarkozy, dont il est si proche ? « Ce sera injouable pour les magistrats d’être représentés par quelqu’un qui est à ce point en porte à faux avec eux, à leur antipodes », s’énerve un pénaliste parisien, persuadé « que Dupond démissionnera d’ici la fin de l’année. »
Il est incontrôlable, n’a jamais supporté la moindre parcelle d’autorité et il est surtout très susceptible. Des défauts a priori éliminatoires pour occuper son nouveau poste ! « On verra, il va être très surveillé, et il n’est pas dit qu’une fois passé de l’autre coté du miroir, il ne devienne pas demain le plus farouche défenseur… des magistrats », espère l’un d’eux.
"Le nommer à la Justice est une marque de mépris totale pour les juges."


GERALD DARMANIN A L’INTERIEUR, LE HOLD-UP D’UN SARKOZYSTE
Par Soazig Quéméner (Marianne )

Après la nomination de Jean Castex à Matignon, Gérald Darmanin, proche de l'ex-président, entre à l’Intérieur par la grande porte.
Il voulait « peser », il a été entendu. A 37 ans, Gérald Darmanin marche dans les pas de l’un de ses mentors, Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron lui offre Beauvau, son rêve. « Grand honneur pour le petit-fils d’immigré que je suis, d’être nommé ministre de l’Intérieur de notre beau pays », a tweeté lundi 6 juillet celui qui se décrit comme « sociologiquement de gauche et culturellement de droite », difficile de mieux coller au « et en même temps » présidentiel.
En à peine trois ans passés en Macronie, celui à qui son sens politique a valu le surnom de « Darmalin », est donc propulsé à l’un des postes les plus exposés de la République. 
Emmanuel Macron a opté, dans la perspective de la présidentielle 2022, pour ce ministre très politique, et cela malgré la reprise des investigations à son sujet, concernant une accusation de viol qui date de 2009. "Espérons que la décision de la cour d'appel de Paris ne vienne pas entraver son action au ministère de l'Intérieur", a souligné Yves Lefebvre, de l'Unité-SGP-FO.
Ami avec Nicolas Sarkozy, Darmanin est également, tout comme Jean Castex, un proche de Xavier Bertrand. 
La feuille de route de Darmanin est déjà écrite : restaurer l’autorité de l’Etat et pour commencer, l’autorité du ministre sur les forces de l’ordre après la désastreuse séquence Castaner. "Le malaise est grand dans les rangs de la police et nous le jugerons sur les actes", a mis en garde Fabien Vanhemelryck d'Alliance. Darmanin avait été pressenti pour reprendre un grand ministère des Affaires sociales et ouvrir les discussions sur la réforme des retraites. Sa mission pourrait être d’en cadrer les conséquences... dans la rue.


"C'EST UN CAUCHEMAR": ROSELYNE BACHELOT AFFIRMAIT NE PLUS JAMAIS VOULOIR ETRE MINISTRE, QU'EST-CE QUI L'A FAIT CHANGER D'AVIS?
La Libre Belgique

AqAprès une pause de huit ans, la femme politique a accepté lundi de devenir ministre de la Culture au sein du gouvernement de Jean Castex. Une proposition qu'elle n'a pas pu refuser, selon son propre aveu.
Roselyne Bachelot fait en tout cas partie des grandes surprises de ce nouveau gouvernement. Non seulement parce qu'elle avait l'air de s'épanouir en tant que chroniqueuse et éditorialiste mais, en plus, car elle avait déclaré à plusieurs reprises ne plus vouloir faire de politique.
"Jamais, jamais"
En mai dernier, alors qu'elle était sur son téléphone en plein milieu des "Grosses Têtes" sur les ondes de RTL, elle s'était fait taquiner par son équipe qui lui avait demandé si quelqu'un était en train de lui demander de devenir ministre. "Mon Dieu, non. Attendez, mais c'est un cauchemar", avait directement répondu Roselyne Bachelot à Laurent Ruquier.
En 2017, toujours devant Laurent Ruquier, elle affirmait encore ne "jamais jamais" revenir en politique. "Je respecte mes engagements", soulignait-elle.
Mais, comme l'affirme l'adage, il ne faut jamais dire jamais.
Après avoir occupé le poste de ministre de la Santé et des Sports, puis celui de ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, sous Sarkozy, Roselyne Bachelot a fait son grand retour à la Culture, un domaine qui lui tient particulièrement à coeur.
 "Je connais Jean Castex depuis longtemps. Il me demande si je souhaite rejoindre l'équipe gouvernementale. Je réponds d'abord non. Et il me dit que c'est pour être ministre de la Culture. Là je lui réponds, 'tu me fais craquer'."
"Je me dis qu'il y a une opportunité incroyable à saisir, dans les circonstances actuelles sur cette politique culturelle. Les gens ont besoin de choses fortes et la culture, c'est vraiment quelque chose qui peut nous réunir et qui peut donner du sens dans une société qui cherche sa route. Je me suis dit que je ne pouvais pas me défiler".


REMANIEMENT: MACRON DESARÇONNE LES MACRONISTES
Les députés reprochent au président d’avoir opéré un virage à droite, rompant ainsi avec l’engagement fondateur de sa campagne de 2017: le dépassement des clivages traditionnels.
Par François-Xavier Bourmaud et Mathilde Siraud
Figaro

Ils ont défilé devant les caméras et le crépitement des appareils photo, sous le regard circonspect des macronistes de la première heure. Pour le premier Conseil des ministres du gouvernement Castex, le virage à droite d’Emmanuel Macron s’est physiquement incarné sur les marches de l’Élysée.

D’abord Jean Castex, puis Gérald Darmanin, puis Bruno Le Maire, puis Jean-Michel Blanquer, puis Roselyne Bachelot, puis Sébastien Lecornu… En face, les ministres issus de la gauche faisaient pâle figure. D’ailleurs, Emmanuel Macron a réussi à «réunir quasiment tous les courants de la droite» dans le gouvernement, a estimé l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Camille Pascal.
Richard Ferrand absent
Du pain bénit pour Jean-Luc Mélenchon, chef de file des Insoumis, qui n’a pas manqué de qualifier le chef de l’État de «chef de la droite». Le patron du PS, Olivier Faure, lui a emboîté le pas en dénonçant «un gouvernement plus à droite que jamais». Forcément, chez Les Républicains, on a plutôt mal pris la chose. Toute la journée, les ténors de la droite se sont relayés pour réfuter l’idée qu’ils n’auraient pas renié ce gouvernement. Mais les réactions qui en disent le plus long sur la couleur politique du nouvel exécutif viennent de la macronie historique. À commencer par celle du groupe LREM à l’Assemblée nationale, qui a fraîchement accueilli le premier ministre. Lors de cette rencontre, mardi matin, une absence a été particulièrement remarquée, celle de Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, ancien socialiste et fidèle de la première heure. «On est beaucoup à être encore dans la digestion des annonces», confie un fidèle d’Emmanuel Macron.
On est beaucoup à être encore dans la digestion des annonces.
Un fidèle d’Emmanuel Macron
Beaucoup regrettent de ne pas avoir vu Emmanuel Macron suffisamment puiser dans le vivier de sa majorité pour son remaniement. Et, ce faisant, d’avoir rompu avec l’engagement fondateur de sa campagne de 2017: le dépassement des clivages traditionnels. C’est le groupe LREM à l’Assemblée qui était censé le porter. «Dans les institutions de la Ve République, il y a une logique qui part du parti, qui passe par le groupe majoritaire et qui aboutit au gouvernement. Emmanuel Macron est en train de casser ce continuum institutionnel, s’inquiète ainsi un macroniste historique. Le président a tendu au maximum de ce qu’il était possible de tendre le principe de l’attirail hétéroclite.»
Forcément, au sein du nouvel exécutif, on réfute tout déséquilibre dans le casting gouvernemental. Le nouveau porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, s’y est employé lors de son premier compte rendu du Conseil des ministres. Le jeune élu a ainsi rappelé la promesse originelle du macronisme, censée «permettre à des personnes issues d’horizons différents de travailler ensemble à un socle commun». Mais, autour du chef de l’État, certains redoutent une fronde à venir des députés macronistes. D’autant plus s’ils seront peu nombreux à être promus secrétaires d’État, lors de la seconde vague de nominations au gouvernement, attendue pour la semaine prochaine.
La bronca des féministes
Au-delà de la question de l’équilibre politique, Jean Castex, le nouveau premier ministre, devra aussi composer avec l’arrivée de fortes personnalités, comme Éric Dupond-Moretti à la Justice et Roselyne Bachelot à la Culture. Il devra aussi surveiller la bronca des féministes qui ont manifesté aux abords des lieux de pouvoir mardi pour dénoncer la nomination de Gérald Darmanin à l’Intérieur. L’ancien ministre des Comptes publics fait l’objet d’une plainte pour viol, qu’il réfute.
À l’issue de ce premier Conseil des ministres, la nouvelle équipe gouvernementale se retrouvera samedi matin pour un séminaire de travail. Pour tracer son «nouveau chemin», Emmanuel Macron a fixé «quatre grands axes», a annoncé Gabriel Attal, à savoir la «reconstruction du pays», le «patriotisme républicain», «davantage de libertés et d’associations dans notre pays», et enfin «l’Europe».
Le chef de l’État donne «600 jours» à son nouvel exécutif pour obtenir des résultats, soit le temps qui le sépare désormais de l’élection présidentielle de 2022. Emmanuel Macron s’en défend, mais il est possible qu’il y pense en remaniant.



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