lundi 31 août 2020

Erdogan s'en prend aux dirigeants grecs et français, "cupides et incompétents"


La Libre Belgique

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié dimanche de "cupides et incompétents" les dirigeants de la France et de la Grèce, dans un contexte de vives tensions entre Ankara, Athènes et Paris en Méditerranée orientale.

Ces déclarations virulentes interviennent alors que la Turquie célèbre dimanche le Jour de la victoire, une fête nationale marquant la mise en déroute des forces grecques par l'armée de Mustafa Kemal Atatürk, en 1922, lors de la guerre d'indépendance turque.
Un siècle plus tard, Ankara et Athènes, qui se disputent le partage des immenses ressources gazières en Méditerranée, font rouler les tambours de guerre, multipliant les manoeuvres navales sous les yeux d'une Europe préoccupée.
"Le peuple grec accepte-t-il ce qui risque de lui arriver à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ?", a lancé M. Erdogan lors d'une cérémonie de remises de diplômes à des officiers à Ankara.
"Le peuple français sait-il le prix qu'il devra payer à cause de ses dirigeants cupides et incompétents ?", a-t-il ajouté.
Ces propos du président turc reflètent la volatilité de la situation en Méditerranée après trois semaines d'une escalade déclenchée le 10 août par le déploiement d'un navire de recherche sismique turc dans des eaux revendiquées par Athènes.
Dans un signe de soutien à la Grèce, la France a renforcé la semaine dernière sa présence militaire en Méditerranée orientale. Paris a en outre dénoncé dimanche le "comportement escalatoire" d'Ankara.
"Lorsqu'il s'agit de combattre, nous n'hésitons pas à donner des martyrs (...) La question est la suivante: ceux qui s'érigent contre nous en Méditerranée et (au Proche-Orient) sont-ils prêts aux mêmes sacrifices ?", a déclaré M. Erdogan.
"A nos ennemis, nous disons +chiche !+", a-t-il poursuivi.
Ankara, qui se montre inflexible face aux menaces de sanctions européennes, a par ailleurs annoncé samedi de nouvelles manoeuvres militaires au nord de l'île de Chypre.
Et le vice-président turc Fuat Oktay a mis en garde le même jour contre toute extension des eaux territoriales grecques à 12 milles marins, contre six actuellement. Ce serait un "casus belli", a-t-il déclaré.
MORTE DANS UNE RELATIVE INDIFFERENCE APRES 238 JOURS DE GREVE DE LA FAIM…
La Libre Belgique
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Elle s’appelait Ebru Timtik. Elle avait 42 ans. Elle était avocate en Turquie. Elle ne pesait plus que 30 kg. Elle est morte vendredi à Istanbul après une grève de la faim de 238 jours qu’elle menait pour obtenir un procès équitable. Elle contestait sa condamnation à treize ans de prison, l’année dernière, pour "appartenance à une organisation terroriste".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DANGEREUX, VRAIMENT TRES DANGEREUX

Des incidents sérieux et lourds de conséquences avec les pays européens sont à envisager avec le plus grand sérieux en Méditerranée. Le « sultan »Erdogan, non content de flatter les courants musulmans en re islamisant Sainte Sophie  s’efforce désormais, pour faire diversion  de multiplier les tensions en Méditerranée 
La Turquie est dans les turbulences. L'économie du pays était déjà  très ébranlée, la pandémie du covid la menace désormais jusqu'à ses fondations. Le chômage atteint des sommets inégalés  et la dette extérieure augmente rapidement. La confiance des consommateurs dans le régime est au plus bas. Le président Recep Tayyip Erdogan ne voit qu’une  seule  chance de gagner les élections prévues en 2023 : la répression implacable des opposants à son régime et la fuite en avant sur l’échiquier international . Il entend bien renforcer l'union nationale en recherchant des ennemis extérieurs. Le pouvoir d'Erdogan s'effondre ; il n’hésitera pas à entraîner toute la région dans sa chute. Ce qui rend la situation périlleuse, c’est qu’Emmanuel Macron, lui aussi très contesté pour sa politique intérieure  et  sa mauvaise  gestion de la crise du covid est lui aussi très tenté de faire diversion sur l’échiquier international notamment en se rendant par deux fois à Beyrouth et en faisant de la musculation par l’envoi de vaisseaux  de guerre français dans les eaux territoriales greco turques. Dangereux ! Très dangereux ! On se souvient de l’impact de la guerre des Balkans il y a un peu plus d’un siècle. Certains y voient une des principales causes du premier conflit mondial.
MG






dimanche 30 août 2020

"Je ne m'attends pas à une année facile"


Caroline Désir, ministre de l'Enseignement: "Je ne m'attends pas à une année facile"
Le Vif

A quelques jours d'une rentrée scolaire chamboulée par la pandémie de coronavirus, la ministre de l'Enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir (PS), ne s'attend pas à une année facile.
Le port du masque généralisé chez les ados et les adultes "c'est le prix à payer pour garantir le droit à l'éducation", affirme-t-elle dans le journal Le Soir et les titres de Sudpresse.
Alors que certains élèves n'ont plus mis les pieds à l'école depuis le 13 mars, la ministre ne craint pas les retards d'apprentissage. "Quelques mois perdus sont peu de chose à l'échelle d'une scolarité de 15 ans. Par contre, je ne pourrai plus tenir le même discours si l'année qui commence est à nouveau chaotique", indique-t-elle.
En cas d'absentéisme massif des enseignants, Mme Desir assure avoir pris des mesures pour lutter contre la pénurie. "Pour l'heure, l'immense majorité des professeurs est dans les starting-blocks. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GOUVERNER C’EST PREVOIR

Madame la ministre a eu six mois pour organiser et mettre en place l’enseignement à distance, pour créer des plateformes au cas où…
A « Si d'aventure des professeurs devaient se retrouver en quarantaine mais asymptomatiques, nous pourrions les solliciter pour faire l'école à distance", Pourquoi ce conditionnel timide et prudent. En bonne logique on peut s’attendre à une mise en quarantaine massive d’enseignants rentrant de destinations suspectes.
B "même en code rouge pour les secondaires, les élèves fréquenteront l'école à mi-temps et feront de l'enseignement à distance pour l'autre mi-temps" 
Mais, à notre connaissance,  aucune modalité pratique et concrète n’a été prévue pour organiser l’enseignement à distance. Cela ne s’improvise pas ; cela se prépare de longue date. Et le temps, ce n’est pas ce qui vous a manqué Madame la Ministre. L’enseignement à distance, les profs dans leur grande majorité n’en veulent pas et les syndicats encore moins.
Il faut donc espérer que les pouvoirs organisateurs des réseaux d’enseignement non communautaire auront su se montrer plus prévoyants.
On verra ça mardi sur le terrain et au cas par cas.
MG


Rentrée scolaire : "Nous, les enseignants, devons être là, n’en déplaise aux hypocondriaques"
Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste. Dernier ouvrage paru : C'est le français qu'on assassine (Hugo et Cie, coll. Paradoxe, 2017)

La rentrée se fera-t-elle dans de bonnes conditions ? Faut-il la reporter ? Faut-il « aménager les programmes » ? Autant de questions soulevées avec la délicatesse des pachydermes par toutes les instances pédagogiques, ou prétendues telles.
Pour tirer à vue sur Blanquer et sur la rentrée, rien de mieux qu’une petite épidémie. Feignez dans un premier temps d’avoir pour souci exclusif la santé des élèves et des enseignants. Si bien peu des premiers sont à risque, ne peuvent-ils pas infecter les seconds, surtout dans ces classes surchargées qui sont le lot ordinaire des établissements français ? Les inciter à se laver régulièrement les mains soulève le problème des points d’eau (et de savon) auquel les municipalités et les diverses instances régionales ne se sont jamais confrontées. Quant à faire cours avec un masque sur le visage pendant 6 heures, c’est une douce illusion. « Quelle est l'efficacité des masques grand public portés toute la journée ? Comment empêcher les élèves de les enlever de temps en temps pour s'exprimer ou mieux respirer ? » se demande François Jarraud, l’inamovible pilier du Café pédagogique. Peut-être qu’en supprimant les élèves…
Le seul point que je critiquerais dans le Protocole mis en place par le Ministère est cette incertitude sur la « distanciation » entre le maître et ses élèves. Aura-t-on ou non le droit de s’exprimer sans masque si l’on se tient à plus d’un mètre (ou davantage ?) des élèves — étant entendu que l’on ne peut pas enseigner sereinement avec un masque, je l’ai expliqué en détail dès le mois de mai. Et les sites « de gauche » de recommander de mieux gérer l’expression des yeux ou la gestuelle — alors même qu’une grande majorité d’élèves sont des visuels, qui lisent sur le visage des enseignants les inflexions essentielles… Merveilleuse ressource pour nos pédagogues, qui inventent sur le champ des « ressources » théâtrales : si vous ne pouvez pas parler (et je suggère au lecteur non-enseignant d’imaginer ce que c’est que de parler fort dans un masque pendant des heures), mimez votre cours.
En fait de cours, disent nos discoureurs, ne faudrait-il pas commencer par « libérer la parole » ? Laisser des élèves saturés par les médias d’informations contradictoires et systématiquement alarmantes exprimer leurs hantises ? Voilà qui remplacera utilement le rattrapage absolument nécessaire après une interruption de plus de cinq mois…
L'OPTIMISTE DE MONSIEUR BLANQUER
En mai dernier, Jean-Michel Blanquer, indéfectible optimiste, pensait que l’institution scolaire avait perdu « entre 5 et 8% des élèves »… Il sait bien, le ministre, que les chiffres réels sont bien supérieurs. Et, pire, que ce sont majoritairement les élèves les plus fragiles qui ont le plus décroché. Les protocoles mis en place en mai-juin, sur l’application des quels les syndicats ont veillé attentivement (on a vu des responsables syndicaux mesurer la distance entre les tables, enregistré le minutage des désinfections de classe, et évalué le respect des protocoles dans les couloirs ou les cours de récréation, toutes sortes de soucis pédagogiques) n’ont guère aidé à une reprise sereine des enseignements. Les soucis exprimés par la plupart des syndicats aujourd’hui ne favorisent guère un début d’année apaisé.
Il est sidérant que des institutions qui se disent volontiers de gauche ne tiennent pas compte du fait que ce sont les élèves les plus démunis qui sont les premières victimes de la psychose prophylactique. Il faut « alléger les programmes », clame le SNES. Et les supprimer, peut-être ?
Les syndicalistes enseignants ont beau jeu d’affirmer que l’on étudie trop à l’école. Leurs enfants sont à l’abri — dans de « bons » établissements, et par ailleurs ils bénéficient à la maison de toutes les ressources techniques et humaines pour continuer la classe. Mais les pauvres, les vrais pauvres, qui n’ont pas forcément l’équipement pour travailler en « distanciel », qui vivent à douze dans 12m2, qui ne parlent pas français à la maison — si on en parlait un peu aussi ?
RÉVOLUTION GLOBALE ?
Reprendre l’école comme à l’ordinaire, avec quelques consignes toujours utiles sur les « gestes-barrières », est essentiel. Enseigner davantage qu’à l’ordinaire — parce qu’il faut bien rattraper ce qui n’a pas été fait, si on ne veut pas définitivement stigmatiser une génération entière d’élèves, est indispensable. Et enseigner pour de bon, pas planqué derrière un masque. Enseigner avec tous les moyens de la voix, des mimiques et du geste. Nous avons un devoir de présence, et un devoir d’action. Il est tout de même étrange que dans ce pays, des employés de supermarchés se rendent chaque jour au boulot, et que tant d’enseignants hésitent à le faire. Et après, les ex-hussards noirs de la République se demandent pourquoi leur popularité a fondu…
Il est de surcroît essentiel, dans leur intérêt, que les enseignants soient massivement présents. Si jamais le ministre s’apercevait que le « distanciel » lui permet d’économiser des dizaines de milliers de postes… Si jamais il désignait une commission d’évaluation de ce qui a été proposé aux élèves de mars à juin, et décidait de sélectionner quelques enseignants remarquables pour diffuser leurs cours — puisqu’aussi bien trop d’enseignants en chair et en os se font porter pâles… Ce serait une révolution globale, dont le corps enseignant dans son ensemble ferait les frais. Nous devons être là, comme d’habitude, n’en déplaise aux hypocondriaques. Bien sûr il y aura quelques infections — le virus ne va pas s’arrêter, il est parti pour des années. Bien sûr, on enseignera parfois avec une boule sur le ventre, en fonction de nos appréhensions. Mais nous le devons aux élèves, nous le devons à leurs parents — ou alors, nous devrons disparaître.


samedi 29 août 2020

Nos trafiquants ont du talent


"Ils sont très forts en marketing" : derrière les vidéos de dealers armés à Grenoble, l'hypothèse d'un coup de com'
Par Sébastien Grob
Marianne

Des policiers sont intervenus ce mercredi 26 août dans le quartier grenoblois du Mistral, à la suite de la diffusion de vidéos montrant des hommes armés sur les réseaux sociaux. Alors que l'implication d'un réseau de dealers ne fait guère de doutes, le but de la mise en scène est plus incertain.
Un arsenal étalé au grand jour. Une opération de police a été menée ce mercredi 26 août dans le quartier du Mistral, à Grenoble, après que des vidéos montrant des hommes armés de fusils d'assaut ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Les autorités défendent l'hypothèse d'une opération menée par un groupe de dealers, destinée à impressionner une bande rivale. Mais si la scène semble bien avoir été diffusée par des trafiquants, un des comptes à l'origine des vidéos affirme qu'il s'agirait seulement d'un "clip" tourné avec des fausses armes. Les dealers locaux n'en seraient dans ce cas pas à leur premier coup marketing sur les réseaux sociaux, souvent utilisés comme vitrine.
Les deux vidéos ont été largement relayées dans la soirée du lundi 24 août sur les réseaux sociaux. L'une d'entre elles montre plusieurs hommes armés d'un fusil d'assaut, dont certains sont cagoulés, semblant patrouiller aux abords d'un square pour enfants. Un autre individu est assis à une table surmontée d'un sac plastique, et vers laquelle s'avance un adolescent. Dans une autre séquence, plusieurs hommes sont installés autour d'une table croulant sous des bonbons, certains sur des motos. Tous portent des cagoules. La caméra s'approche de bocaux au contenu difficilement identifiable, mais dont il pourrait s'agir de produits stupéfiants. L'ensemble de la vidéo est sous-titré "Mistral capital (sic) du Stup".
COMPTE INSTAGRAM ET CARTE DE FIDÉLITÉ
Des policiers sont intervenus sur place le lendemain soir, à la demande expresse du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. "Sur mon instruction directe, une opération de police est en cours dans le Mistral, à Grenoble", a-t-il annoncé mercredi soir sur Twitter, ajoutant que "l’Etat s’imposera face à l’ensauvagement d’une minorité de la société". Présent sur place, le préfet de l'Isère, Lionel Beffre, a indiqué à des journalistes que l'opération "consist[ait] à aller dans l'espace public, à contrôler ceux qui s'y trouvent et qui seraient en infraction, éventuellement faire des interpellations (...) et des confiscations". Il a aussi précisé que ce type d'action avait lieu "régulièrement", "160 interpellations" ayant été réalisées "depuis le début de l'année" dans ce quartier en proie au trafic de drogue. L'intervention de ce mardi a donné lieu à la confiscation de deux scooters, selon France Bleu Isère. Mais aucune interpellation n'avait encore été effectuée ce jeudi après-midi, comme l'a indiqué à Marianne le procureur de Grenoble Éric Vaillant.
L'appartenance des protagonistes à un réseau de dealers, hypothèse privilégiée par les autorités, ne semble guère faire de doutes. Plusieurs d'entre eux portent un T-shirt estampillé "Mistral 38", appellation qui constitue la "quasi-marque [des trafiquants] du quartier Mistral" selon Éric Vaillant. Le procureur rappelle un épisode ayant eu lieu en janvier 2019 : des milliers de sachets étiquetés d'une feuille de cannabis et de l'inscription "Mistral 38", en provenance de Chine et destinés à conditionner de la drogue, avaient alors été saisis à l'aéroport de Lyon. Sur Instagram, un compte "Mistral 38" comptant plus de 15.000 abonnés sert ouvertement de vitrine à des produits stupéfiants. Des publications y invitent notamment le chaland à contacter un numéro WhatsApp "pour les commandes supérieures à 100€", précisant que ces "clients VIP" se verront remettre une carte de fidélité. La page renvoie aussi vers un des deux comptes ayant diffusé les vidéos d'hommes armés lundi sur Snapchat.
UNE TOMBOLA EN 2019
En revanche, le but de la mise en scène est plus incertain. Selon les autorités, la séquence aurait été diffusée afin d'intimider une bande rivale : "Notre hypothèse est que la vidéo a été tournée par les dealers pour impressionner le camp adverse", alors que le quartier est le théâtre d'une "guerre de territoire depuis quelques semaines", indique Éric Vaillant. Mais un message publié par le compte Snapchat lié à "Mistral 38" évoque de son côté le tournage d'un "clip". "D'un clip vidéo avec des armes factices on a fait la une des médias", s'amuse le message, qui enjoint à ses suiveurs de "rester bien brancher (sic)".
S'agirait-il alors avant tout d'un coup marketing ? Éric Vaillant n'y "croi[t] pas", sans tout à fait écarter ce scénario : "C'est possible, mais ils n'ont pas de vrai intérêt à faire de la publicité pour Mistral : tout le monde sait qu'on peut y acheter de la drogue. Et puis montrer des acheteurs encadrés par des hommes armés n'est pas la meilleure manière de mettre en confiance le client". Quant aux armes, le magistrat précise "[qu']on ne sait pas si elles sont réelles ou pas", mais que l'utilisation de fusils d'assaut dans ce quartier ne serait "pas surprenante du tout".
Si l'épisode s'avérait être une opération de communication, les dealers locaux n'en seraient pas à leur coup d'essai. "Ils sont très forts en marketing depuis des années", reconnaît Éric Vaillant. En 2017, une annonce de recrutement avait été diffusée sur Snapchat : intitulée "On recherche guetteur", elle précisait "le profil recherché, les horaires (...) et la rémunération", racontait le Dauphiné libéré. La publication était assortie du slogan "Mistral capitale du stup", aussi présent dans les récentes vidéos. Et en avril 2019, les trafiquants étaient allés jusqu'à organiser une tombola à l'intention de leur client. Le gros lot : "Une Playstation 4, avec deux manettes et deux jeux", indiquait alors France Bleu Isère. A quand les cours en école de commerce ?


BUURTBEWONERS BOOS NA ZOVEELSTE AANSLAG IN DEURNE: ‘WAAR ZIT BART DE WEVER NU MET ZIJN WAR ON DRUGS?’
De Standaard

Na het oplaaiende drugsgeweld de afgelopen dagen deed de Antwerpse politie extra controles in de omgeving van Deurne, maar dat hield de aanslagplegers blijkbaar niet tegen. Bij de buurtbewoners overheerst vooral boosheid. ‘Als wij dit al van ver zagen aankomen, waarom de politie dan niet?’


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GERARD DARMANIN DANS LE ROLE D’ ELIOTT NESS

Les banlieues française ainsi que les environs d’Anvers prennent des allures de faubourgs de Chicago des années folles. On y tourne en live et en plein jour un remake local en couleur de Scarface, une nouvelle série  des « incorruptibles » avec le petit Darmanin dans le rôle d’ Elliot Ness. Décidément la cinquième République, version Macron ne va vraiment pas bien et la métropole anversoise du flamboyant De Wever ne semble pas aller mieux tandis qu’à Molenbeek Catherine Moureaux se demande comment empêcher ses garnements de "caillasser" les voitures de pompiers et leurs occupants. 
Les analyses d’Alain Bauer n’inclinent pas à l’optimisme. Marine Le Pen  et Van Grieken du Belang se frottent les mains et attendent leur heure tapis dans l’ombre
Alain Bauer: «La société semble désemparée face à cette bouffée de violence» ;  «L’homicide devient un substitut à toute autre forme de discussion ou de négociation.» « D’abord, on a cru à un accident statistique lié aux attentats terroristes de 2015 et 2016. On se rend compte aujourd’hui que c’est une lame de fond. Elle se distingue par le maintien à un niveau élevé des meurtres et assassinats mais aussi et surtout par une augmentation massive des tentatives d’homicide. Or celles-ci, même si elles représentent des crimes ratés, n’en sont pas moins caractérisées par la ferme intention de tuer. Homicides et tentatives forment les deux faces d’une même pièce. Ils illustrent une même réalité criminelle et ne sauraient être dissociés. »
 « Le problème, c'est que nous avons abandonné l'intégration il y a très longtemps" "Je suis pour la définition d'un espace commun qui, pour moi, s'appelle laïcité, respectueux des différences et des confessions [...]." 
On ne saurait mieux analyser une situation qui se détériore et prend petit à petit les premières apparences d’une « dictature de la violence » (Yves Thréard) voire pire encore : la possibilité d’une  guerre civile en devenir.
MG

«ENSAUVAGEMENT» : LE GRAND RETOURNEMENT
Par Nicolas Celnik — Libération

Employé par Césaire en 1950 pour dénoncer le colonialisme, le terme a depuis été préempté par l’extrême droite avant d’arriver au gouvernement.
«Il faut stopper l’ensauvagement d’une certaine partie de la société.» La formule, décrochée par Gérald Darmanin le 24 juillet dans le Figaro, a valu au ministre de l’Intérieur des réprimandes jusque dans la majorité. «J’ai lu dans la presse que le mot que j’ai employé avait un lien avec "sauvage", donc avec immigration, donc avec ethnicisation. Je suis à 100 000 lieues de cela», s’est-il défendu, expliquant utiliser un vocable que tout le monde peut comprendre.
Les mots ont un sens, et celui-ci dépend souvent de qui se charge de les faire exister dans le débat public.
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L’ex-ministre de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement s’était ainsi attiré les foudres de la gauche lorsqu’il avait qualifié les mineurs multirécidivistes de «sauvageons» en 1998, formule reprise dix-huit ans plus tard par son successeur Bernard Cazeneuve. «Ensauvagement» a été préempté depuis une petite décennie par la droite dure, à la faveur de l’essai la France Orange mécanique (Ring, 2013) du journaliste Laurent Obertone, figure de la droite identitaire. Marine Le Pen avait immédiatement surfé sur le terme, qui a infusé parmi les cadres du RN : l’élu européen Jordan Bardella s’est ainsi invité dans Valeurs Actuelles pour appeler à «sortir du déni» face à «l’ensauvagement de la société». Et le mot de ricocher dans le vocabulaire de caciques de la droite «républicaine», de Laurent Wauquiez à Eric Ciotti, en passant par Bruno Retailleau.
La droite du gouvernement y a à son tour succombé, Darmanin le premier. Et s’il a rappelé que le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, avait aussi employé le terme en 2019, il a omis de préciser que c’était en citant Mona Ozouf qui assurait, dans Zadig : «L’ensauvagement des mots précède toujours l’ensauvagement des actes.» L’historienne y recommandait la lecture de LTI, la langue du IIIe Reich du philologue Victor Klemperer, un ouvrage paru en 1947 sur l’analyse de la novlangue nazie et la façon dont ses mots s’immiscent dans les esprits et déshumanisent les êtres. 

 «DENI D’ENSAUVAGEMENT»
Figaro - Ce ne sont pas les violences qui font scandale, mais le fait qu’on les nomme sans prendre les précautions langagières attendues.
Mathieu Bock-Côté Le Figaro

L’étrange querelle des dernières semaines autour du terme «ensauvagement» nous confirme encore une fois, s’il le fallait, à quel point le système médiatique travaille non pas à décrire la réalité de la société française mais à l’occulter. Les scènes les plus violentes se multiplient, les agressions s’additionnent et pourtant, les sociologues patentés le répètent en boucle: tout ne va pas si mal et ceux qui disent le contraire versent dans la «surenchère sécuritaire».
Mieux encore: tout va bien. Le vivre-ensemble est harmonieux, les agents des services publics peuvent travailler sans risque, les rodéos se font rares, un jeune homme qui se porte à la défense de jeunes femmes est un provocateur qui mérite d’être agressé et les mœurs sont de plus en plus douces, comme on a pu le voir avec les «jeunes» en «liesse» sur les Champs-Élysées lors des dernières compétitions sportives. Bref, la vie est belle en France plurielle! C’est le triomphe de la diversité Potemkine.


vendredi 28 août 2020

Face à la pandémie, « la désolation pédagogique n’est pas une fatalité »

Face à la pandémie, « la désolation pédagogique n’est pas une fatalité » dit Bruno Humbeeck
plus.lesoir.be
Le psychopédagogue Bruno Humbeeck (UMons) publie un livre consacré aux leçons de la pandémie. L’occasion, selon lui, de « réinventer l’école ».
Par Clara Van Reeth in Le Soir

Entretien
Chercheur prolixe, infatigable travailleur de terrain, il est l’homme qui murmurait à l’oreille des profs. Bruno Humbeeck publie, à l’occasion de cette rentrée hors du commun, un ouvrage sur les leçons que peut tirer l’école de cette pandémie. Il livre au Soir sa vision de l’école de demain : où la « prudence sanitaire » n’empêche pas « l’audace pédagogique », où les examens formels appartiennent au passé, où les cours de récré sont « amovibles » et les classes « flexibles ». Et où les liens sociaux sont tout aussi importants que les apprentissages.
VOTRE LIVRE COMMENCE PAR LA PHRASE : « JAMAIS L’ECOLE NE S’ETAIT ARRETEE DE CETTE MANIERE ». CET EPISODE INEDIT A-T-IL MODIFIE NOTRE REGARD SUR L’ECOLE ?
Une telle disparition de l’école sans annonce de retour, c’était en effet du jamais vu. Cela a modifié notre vision de l’école et surtout des enseignants. Les parents ont essayé de les remplacer et se sont rendu compte qu’il s’agissait d’un vrai métier, qui ne s’improvise pas. Cette crise nous a aussi rappelé le caractère indispensable de l’école : la réalité est difficile à concevoir sans elle, et sa disparition a créé une forme d’angoisse. Ces prises de consciences pourraient mener à des changements d’attitude. On a ainsi constaté une plus grande sollicitude générale vis-à-vis des profs dans les premiers moments du confinement. Malheureusement, l’être humain oublie vite et les vieux réflexes de critique envers l’école et les enseignants refont déjà surface.
VOUS CITEZ L’« EFFET LOUPE » DU CONFINEMENT SUR LES DIFFICULTES SOCIALES DE CERTAINS ELEVES : CERTAINS PROFS AURAIENT AINSI DECOUVERT LES INEGALITES SCOLAIRES CES SIX DERNIERS MOIS ?
Absolument, la prise de conscience a été très brutale pour certaines écoles. Notamment sur la fracture numérique ; on savait qu’elle existait, mais pas à ce point et avec de telles conséquences. De même, les profs savaient que les élèves n’étaient pas égaux face aux apprentissages, mais le confinement a aussi révélé de façon brutale les inégalités de conditions d’apprentissages (logement, accès à internet, situation familiale…). La société a réalisé que, bien que l’enseignement se soit généralisé et démocratisé, il n’en était pas pour autant égalitaire.
LA REPRISE PARTIELLE DE L’ECOLE EN FIN D’ANNEE A MONTRE, DITES-VOUS, LE « POUVOIR D’ATTRACTION QUE L’ECOLE EXERCE A GEOMETRIE EXTREMEMENT VARIABLE AUPRES DES FAMILLES » : CERTAINES S’Y SONT PRECIPITEES DES LA REOUVERTURE DES PORTES, D’AUTRES L’ONT FUIE…
C’est un reflet des inégalités et de la manière dont chacun vit l’école. En juin, beaucoup de reportages ont montré des enfants ravis de rentrer à l’école. Mais pour d’autres, notamment ceux victimes de harcèlement, le confinement a été vécu comme une libération absolue. Idem pour certaines familles, notamment moins favorisées, pour lesquelles l’école est parfois vécue comme très violente et qui ont été soulagées par son interruption. L’école n’est pas un lieu d’épanouissement et de socialisation pour tous. Il importe donc de mettre en place des dispositifs qui permettent de construire le vivre ensemble. On entend beaucoup, ces jours-ci, qu’il faut « remettre les matières en mouvement » : oui, on peut avancer, mais il ne faut rien précipiter et toujours tenir en compte du fait que l’école est aussi un lieu de construction des liens sociaux.
VOUS SALUEZ D’AILLEURS L’ANNULATION D’EVALUATIONS SOMMATIVES (LE CEB EN JUIN DERNIER ET LES EXAMENS DE NOËL A VENIR DANS LE RESEAU WBE) QU’A PERMIS CE COUP D’ARRET DANS LE RYTHME SCOLAIRE…
Tout à fait, c’est un pas dans la bonne direction. Attention, l’évaluation doit faire partie de l’apprentissage ; les élèves ont besoin que l’on diagnostique ce qu’ils savent, ce qu’ils sont en train d’apprendre, et ce qu’ils ne savent pas encore. Mais dans la forme, ces évaluations doivent être formatives et régulières, pas sommatives ; il faut en finir avec les examens, le CEB et les conseils de classe, qui ne sont plus des moments pédagogiques mais des moments de pure sanction.
VOTRE LIVRE DONNE PLUSIEURS EXEMPLES DE CHANGEMENTS CONCRETS ET POSITIFS POUR L’ECOLE DE DEMAIN. CETTE RENTREE NE SERA DONC PAS FORCEMENT MORNE ET ASEPTISEE ?
Certainement pas. L’école ne doit pas être un endroit où l’on est obligé de rester, mais où l’on veut aller. J’ai du mal à entendre que « la place d’un enseignant est en classe avec ses élèves ». Une classe, ce n’est pas un local, c’est avant tout un groupe d’élèves guidés par un prof, qui peut évoluer dans des configurations multiples. Pour cela, le bâti scolaire doit être repensé. Les bancs rangés en autobus en classe, ce n’est plus compatible avec les nouvelles manières d’enseigner. Il faut davantage aller vers des classes dites flexibles, qui permette à l’enseignant d’adopter différents types de pédagogies (« actives » ou traditionnelles, en mouvement ou plus statiques…) et ainsi tenter de s’adresser à tous types d’élèves. Idem pour les cours de récré : il est très important que tous les élèves s’y sentent bien. Elles doivent être amovibles. A fortiori durant cette période de pandémie. On a tous en tête l’image terrible de ces enfants assis dans des carrés dessinés au sol… Mais la désolation pédagogique n’est pas une fatalité. Face aux scénarios pandémiques et à l’incertitude, il ne faudra pas seulement de la prudence sanitaire mais aussi de l’audace pédagogique.
LES PRIORITES ANNONCEES DE LA MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT POUR CETTE RENTREE SONT LE DIAGNOSTIC DES APPRENTISSAGES, LA LUTTE CONTRE LE DECROCHAGE SCOLAIRE DES ELEVES EN DIFFICULTE ET LE RENFORCEMENT DE L’ENSEIGNEMENT A DISTANCE. QU’EN PENSEZ-VOUS ?
Il y a très peu à redire sur le système de communication de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a fait preuve de douceur et de beaucoup d’écoute. Et les trois éléments que vous citez sont en effet encourageants, à savoir la volonté d’une école qui ne soit pas uniquement accessible à tous mais réellement démocratique, la réduction de la fracture numérique et le souci de l’évaluation, qui est très clairement annoncée comme n’étant pas certificative.
Les leçons de la pandémie, réinventer l’école ?, Bruno Humbeeck, De Boeck, 139p. Disponible en librairie à partir du 1 er septembre ; 19 €.
Psychopédagogue et docteur en sciences de l’éducation, Bruno Humbeeck est chargé d’enseignement à l’Université de Mons et responsable du Centre de Ressource Éducative pour l’Action Sociale (CREAS). Il travaille sur des projets de recherche portant sur les relations école-famille et société au sein du Centre de Recherche en Inclusion Sociale (CeRIS). Expert de la résilience, il est l’auteur de publications sur l’estime de soi, la maltraitance, la toxicomanie et la prise en charge des personnes en rupture psychosociale.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
 « LA DESOLATION PEDAGOGIQUE N’EST PAS UNE FATALITE »

Ce qui plombe les performances de l’école en Communauté française c’est surtout la dévaluation dramatique du crédit et du prestige des enseignants, la concurrence effrénée entre réseaux et l’ingérence de la haute administration dans les stratégies pédagogiques.
« Réinventer l’école » est en effet une excellente idée mais elle s’est révélée jusqu’ici comme un coup d’épée dans l’eau. Notons cependant la multiplication de création de petites écoles à pédagogie dite alternative où se ruent les parents style bobos très soucieux du plein épanouissement de leurs rejetons.
Constatons que dans le diagnostic de Bruno Humbeeck : « prudence sanitaire » n’empêche pas « audace pédagogique »et observons que  pour lui les examens formels sont choses du passé ; les cours de récré « amovibles » et les classes « flexibles ». Surtout, les liens sociaux sont regardés par lui comme  aussi importants que les apprentissages scolaires.
Ce dernier point nous paraît absolument essentiel. Il suffit d’observer une fratrie de trois ou quatre bambins pour comprendre que le benjamin bénéficie des apprentissages des ainés pour progresser à la vitesse V prime. C’est le principe de base du cinq /huit mis au point par Célestin Freinet il y a près d’un siècle déjà. Si vous ne connaissez pas je vous recommande de regarder sur You Tube « l’école buissonnière » tournée en 1948 avec Bernard Blier dans le rôle de maître Célestin.
C’est bien vrai que le confinement a changé notre regard sur l’école.
Mais ce n’est pas nouveau.  Mon vieil ami, feu Pierre Vander Elst et docteur en pédagogie et ancien directeur de l’Ecole normale était persuadé depuis des décennies que l’école dans sa conception actuelle était complètement périmée. Il est mort du Covid a plus de nonante ans.
Le confinement obligatoire  a modifié notre vision des enseignants. On ne peut pas dire que la majorité d’entre eux se soient montrés proactifs pendant le confinement. Rares sont les équipes pédagogiques qui ont réussi à maintenir un contact avec leurs élèves via internet. Seule une toute petite minorité d’enseignants ont compris tout le bénéfice que l’on peut tirer de l’enseignement à distance. Celui-ci est accessible depuis longtemps aux enfants qui suivent l’école à domicile et il semble qu’il rencontre de plus en plus de succès, singulièrement auprès de bons élèves. Il exige une disponibilité et un engagement hardi des parents mais donne de beaux résultats et permet aux jeunes qui ont opté pour lui de gérer leurs loisirs à loisir : sport, musique, culture, nature et surtout lecture.  
« Les parents ont essayé de les remplacer et se sont rendu compte qu’il s’agissait d’un vrai métier, qui ne s’improvise pas. » J’ai pu constater que ma fille, mère de trois enfants, possédait un talent pédagogique inné et j’ai observés les progrès phénoménaux qu’elle a fait accomplir à ses trois garnements qu’elle met un point d’honneur à rendre autonomes selon la devise de Marie Montessori : « apprend moi à faire seul ». Même le cadet qui n’a pas  deux ans s’y conforme joyeusement.
« Cette crise nous a aussi rappelé le caractère indispensable de l’école : la réalité est difficile à concevoir sans elle, et sa disparition a créé une forme d’angoisse. » Soyons lucides : c’est surtout les copains qui ont manqué aux enfants confinés, pas tellement les enseignants. 
Ce qui ne fait aucun doute, c’est que le confinement forcé renforce encore les inégalités sociales et ceci ne concerne pas seulement la fracture numérique. Celle-ci peut être évitée par un investissement de la part des enseignants et surtout des pouvoirs publics. Mais force est de constater que  ceux –ci y sont très mal préparés par la formation initiale qui évite soigneusement d’aborder ce sujet. Je me fie ici au témoignage d’une jeune institutrice férue d’informatique qui a souhaité faire un master en sciences de l’éducation et n’y a rien appris quant à l’utilisation du numérique à l’école ; un comble. Et quid de la formation permanente des enseignants ? L’informatique en est l’évidence le parent pauvre pour ne pas dire le mal aimé. Et il semblerait, selon la même source, que ce soit pareil pour la formation permanente. J’ai interrogé quatre anciens élèves désormais diplômés universitaires :l’informatique n’a vraiment pas fait partie de leur quotidien scolaire. Hallucinant.
« Bien que l’enseignement se soit généralisé et démocratisé, il n’en était pas pour autant égalitaire. »
Il est évident que la priorité sera demain –mais c’était vrai autrefois- de rendre nos élèves autonomes et des les former en classe de telle manière qu’ils sachent utiliser internet comme une ressource fabuleuse d’information et non pas seulement comme un outil de bavardage/chatting et une console de jeu
Les inégalités existent, on ne saurait le nier. Les technologies informatiques ne sont elles pas le moyen le plus efficace pour les atténuer voire les inverser ?
Certes l’informatique ne résoudra pas tout.
« L’école n’est pas un lieu d’épanouissement et de socialisation pour tous. Il importe donc de mettre en place des dispositifs qui permettent de construire le vivre ensemble. » Précisons quand même que le « chatting » auquel se livrent les enfants et les ados peut être un outil d’apprentissage de la langue de l’école et un moyen de communiquer avec des correspondants néerlandophones ou anglais
Certes l’école est « un lieu de construction des liens sociaux. » mais la toile l’est également. J’attends d’un enseignant  engagé et efficace qu’il/elle s’efforce d’utiliser au maximum le potentiel de communication, d’information et d’apprentissage du smart phone, de la tablette et /ou du laptop. Pour ma part j’ai longuement enseigné l’anglais en usant et « abusant » des excellents programmes de la Open University et des quizz et drills pédagogiques de BBC World Service : Learning English. Vous pouvez, à n’importe quel âge y progresser tout seul en anglais « in a most dramatic way » ! Mais combien de prof ont-ils recours à cette mine d’or ou au site Wablieft destiné aux allochtones flamands ?
Tout autre chose « il faut en finir avec les examens, le CEB et les conseils de classe, qui ne sont plus des moments pédagogiques mais des moments de pure sanction. » Il vaut mieux en effet pratiquer une forme d’évaluation permanente comme le font déjà quelques rares enseignants.
« L’école ne doit pas être un endroit où l’on est obligé de rester, mais où l’on veut aller. » « Une classe, ce n’est pas un local, c’est avant tout un groupe d’élèves guidés par un prof, qui peut évoluer dans des configurations multiples. » 
 « Pour cela, le bâti scolaire doit être repensé. » Vite dit mais notre parc scolaire date du siècle dernier, sinon du 19ème siècle… 
 « Les bancs rangés en autobus en classe, ce n’est plus compatible avec les nouvelles manières d’enseigner. Il faut davantage aller vers des classes dites flexibles, qui permette à l’enseignant d’adopter différents types de pédagogies (« actives » ou traditionnelles, en mouvement ou plus statiques…) et ainsi tenter de s’adresser à tous types d’élèves. » Ce n’est pas faux mais il ne suffit pas de reconfigurer la position des bancs pour remettre l’école sur ses pieds il faut surtout et avant tout former les enseignants d’une tout autre manière. Il n’existe pas de meilleur investissement ni d’autre passe port pour l’avenir, si tant est qu’on en désire vraiment un.
 « Il ne faudra pas seulement de la prudence sanitaire mais aussi de l’audace pédagogique. »
« Il y a très peu à redire sur le système de communication de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui a fait preuve de douceur et de beaucoup d’écoute. Et les trois éléments que vous citez sont en effet encourageants, à savoir la volonté d’une école qui ne soit pas uniquement accessible à tous mais réellement démocratique, la réduction de la fracture numérique et le souci de l’évaluation, qui est très clairement annoncée comme n’étant pas certificative. »
Une communication douce ne saurait suffire. Je ne comprends vraiment pas que notre ministre n’ait pas cru bon de mobiliser ses meilleurs cerveaux informatiques pour plancher pendant ces six mois de chômage de l’école sur la création de plateformes informatiques destinées à faciliter la communication permanente entre l’institution scolaire et ses élèves éloignés de l’école. Soyons en sûr, il y aura d’autres crises, de nouvelles pandémies. Il faut s’y préparer.
« As said by Winston Churchill, never waste a good crisis »
MG


jeudi 27 août 2020

REPENSER LE MONDE DE L’APRES-CONFINEMENT


REPENSER LE MONDE DE L’APRES-CONFINEMENT
ON NE SAIT PAS TRES BIEN VERS OU ON VA, MAIS ON Y VA… »
Le Soir, entretien avec Louise Knops (extraits)
«Une partie de la population risque de basculer dans une forme de contestation plus dure» Cela paraît de plus en plus évident tandis que se rapproche la grande rentrée de septembre qui risque d’être chaude, voire apocalyptique. La crise sanitaire ne serait qu’un « tour de chauffe ». Une crise sanitaire inédite couplée à des mesures liberticides. une jeunesse révoltée face à l’inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Des tensions post-coloniales sur fond de Black Lives Matter.
Il est trop tôt pour savoir si le Covid a été une parenthèse, si ça sera une évolution ou une révolution. C’est en tout cas un basculement. 
On ne sait pas très bien vers où on va, mais on y va… »
LE COVID A-T-IL PERMIS DE RECONCILIER CITOYENS ET POLITIQUES ?
Beaucoup de citoyens ont aussi découvert les conséquences des politiques d’austérité dans le secteur public qui ont miné la capacité des hôpitaux à faire face, le manque de personnel, l’épuisement, l’équipement qui manque
La crise gouvernementale que connaît la Belgique amplifie encore ce sentiment de déconnexion et d’incapacité des représentants à agir dans cette crise.
La relation des citoyens et de l’Etat s’effiloche toujours plus au lieu de se renforcer. 
On voit déjà la perte d’adhésion par rapport aux règles sanitaires
 On constate une forme d’ébullition qui pourrait faire basculer une partie de la population dans des formes de contestations beaucoup plus dures. Le mouvement anti-masque n’est que la face immergée de l’iceberg.
COMMENT INTEGRER LE CITOYEN ?
Le mouvement Extinction Rebellion propose par exemple d’organiser des assemblées participatives qui penseraient des mesures parfois très dures mais que le citoyen aura vu naître et qu’il pourra donc peut-être plus facilement accepter.
Si on ne change rien, ça ne va pas se passer sans résistance ni sans larmes…
LES BAGARRES A LA MER DU NORD, C’EST UN PREMIER SIGNAL ?
Clairement. Il faut se demander pourquoi ça pète. 
On fait face à un clash intergénérationnel. Avec des jeunes qui se mobilisent à cause d’un sentiment d’injustice face à des actions qui n’ont pas été prises par les générations précédentes. Avoir 18 ans en 2020, c’est aussi ne pas avoir eu de rhéto. Des années d’études bousillées. Pas de fête. Rien.
DONC LE CLASH VA S’ACCENTUER ?
La problématique des pensions en filigrane. La solidarité est mise à mal. Encore une fois, cela met en LUMIERE L’IMPOSSIBILITE DE PENSER A LONG TERME. ON RENTRE DANS UNE PHASE DE GRANDES TURBULENCES. 
QUE FAIRE ?
Si on avait institutionnalisé la pratique de la démocratie participative, on retrouverait sans aucun doute des idées des citoyens dans les notes qui circulent au CNS. SANS INCLUSION, IL N’Y A PAS D’ADHESION, OU ALORS DE PLUS EN PLUS FAIBLE.
 « On se rend compte qu’il y a une organisation économique de la société qui mène a des épisodes comme celui qu’on est en train de vivre. Quelque chose ne va pas. Il ne semble pas tenable de continuer dans une économique totalement globalisée avec un idéal de modernisation. Bien sûr, certaines populations du monde ont tout à fait le droit de vouloir améliorer leur condition actuelle, mais il faut trouver un équilibre, sans tomber dans le repli protectionniste. »
CE QUI DOIT ETRE CREE
« Sur le très court terme, je pense qu’il faut une envie de retrouver l’humain
L’impasse au fédéral s’expliquerait, selon elle, par le fait qu’on demande aux acteurs du monde « d’avant » de penser le monde « d’après ».
DANS « LE MONDE D’APRES », LA BELGIQUE NE SEMBLE PAS PLUS DOUEE POUR FORMER UN GOUVERNEMENT QUE DANS CELUI D’AVANT LE COVID…
Il faudrait pourtant que différents partis sortent du déni et prennent la mesure du changement. Les idéaux du Vlaams Belang ou de la N-VA d’une grande Flandre indépendante ne sont par exemple pas tenables dans le monde dans lequel on vit. J’ai parfois l’impression qu’ils sont complètement à côté de la plaque.
ILS REPRESENTENT TOUT DE MEME PRESQUE LA MOITIE DES VOTES EN FLANDRE…
C’est compliqué. Je travaille à la VUB, une université flamande. On entend clairement : « Si on n’écoute pas la N-VA, est-ce qu’on ne va pas encore plus renforcer le Belang, et que fera-t-on alors ? » C’est effectivement une vraie question.
C’EST LA FIN DES PARTIS « TRADITIONNELS » ?
Les idéologies politiques évoluent au fur et à mesure que le monde se transforme. L’avènement des partis libéraux, socialistes et catholiques reflétait les clivages au sein de la société de l’époque. Aujourd’hui, on en est à se demander si le format du « parti » tout court est vraiment le meilleur acteur institutionnel. 
Ce blocage en Belgique est symptomatique du basculement qui s’opère partout. Le nœud du problème vient peut-être du fait qu’on demande aux acteurs du « monde d’avant » de former un gouvernement pour gérer le « monde d’après ». C’est un vrai problème démocratique.
Je crois qu’on a besoin d’une recomposition du paysage politique autour des questions identitaires et écologiques d’une manière qui n’existe pas encore aujourd’hui. On doit trouver un équilibre entre la reterritorialisation et l’ouverture aux coopérations à l’échelle mondiale.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BACK TO THE BASICS
« Si on ne change rien, ça ne va pas se passer sans résistance ni sans larmes… »

Le temps ne  serait-il pas venu de revenir à l’essentiel : cultiver, (ah la nature)  se cultiver  (ah la culture…) cultiver la simplicité (ah l’esSENStiel) et cela dès l’école préparatoire ensuite, pou stimuler « l’éveil » cours de philo en primaire, pas à raison d’ « une malheureuse heure » par semaine, mais bien davantage, pas « cours de rien » mais « cours de tout » c’est à dire de « civisme » et de  « civilisation » . C’est aussi essentiel que le français ou le calcul. Des séances régulières de « contact nature » : immersion régulière dans les bois, les champs, les  potagers collectifs comme activités d’éveil, et ceci même pour les petits citadins ; surtout pour les petits citadins…. Susciter les contacts avec des artisans locaux, des cultivateurs bio, des anciens (des grands-parents), des élus locaux…Bref procéder à  une  réforme radicale de l’éducation. Cela fait des décennies qu’on en parle et on accouche de quoi ? D’un pacte d’excellence qui n’est pas un pacte en réalité et qui n’apportera pas l’excellence.
Contre la montée des violences il n’est qu’un remède : la lutte contre l’ignorance barbare et cela s’appelle la priorité à l’éducation. Olivier Maingain l’a encore rappelé dans sa carte blanche d’hier.
« Si vous trouvez que l'éducation coûte cher, essayez donc l’ignorance » aurait déjà dit autrefois Abraham Lincoln.
Inversons la citation et essayons de mieux financer l’éducation pour combattre la violence barbare fille naturelle de l’ignorance.
Assurément, repenser le monde de l’après-confinement et régénérer la démocratie par un supplément de participation citoyenne, cela passe forcément par une réforme radicale de l’éducation tout court et forcément  aussi de l’éducation scolaire. 
MG


DICTATURE DE LA VIOLENCE

Yves Thréard. Le Figaro
Les soirs de match, Paris n’est pas une fête, mais un cauchemar. Que le PSG gagne ou perde, il se trouve toujours des hordes de sauvages pour hurler, casser, piller. Au petit matin, quand la capitale se réveille, elle offre le spectacle d’une ville en guerre. Les Champs-Élysées, traditionnel écrin des célébrations nationales, sont devenus l’avenue de la honte. Des magasins saccagés, des voitures brûlées, des chaussées défoncées. La haine et la bêtise ont parlé, visages d’une société balafrée.
Le respect de l’autorité, le civisme, le savoir-vivre sont des notions étrangères à de plus en plus d’individus acculturés, non intégrés. Sans foi ni loi, ils se recrutent partout, surtout en banlieue, vrais supporteurs ou pas, souvent mineurs, mais pas seulement.
Contre cette dictature de la violence, la police joue, bien sûr, un rôle central. Mais elle est vite débordée. Les renforts annoncés pour dimanche soir, à coups de tambour, par Gérald Darmanin n’ont rien empêché. L’impuissance publique est patente, les digues ne tiennent plus. Le mal est profond.
Paris n’a pas le monopole de la voyoucratie. Des gendarmes ont dû être envoyés à Palavas-les-Flots ces jours-ci, où la tension est vive après des bagarres entre commerçants et de bien curieux touristes. L’été a vu aussi la délinquance exploser dans les transports en commun. Pour un simple rappel au port du masque obligatoire, on s’y fait tabasser! Sans oublier la mode des rodéos sauvages. Toutes sensibilités confondues, les élus locaux appellent au secours.
La solution n’est pas seulement dans l’attribution de moyens supplémentaires. Elle doit émaner d’une volonté politique au sommet de l’État. Aujourd’hui, celle-ci se perçoit dans les paroles - un tweet est si facile! -, mais pas dans les actes. Il convient de resserrer les chaînes de commandement, souvent prises au dépourvu. Et, surtout, de reconsidérer l’échelle des peines prononcées contre les voyous de tout poil, ainsi que leur bonne et entière exécution.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
REPRESSION SANS PREVENTION NI EDUCATION N’EST QUE PEINE PERDUE

On attend des autorités publiques une action globale qui s’articule sur deux  axes, le premier éducatif et scolaire c'est-à-dire préventif, le second sécuritaire c'est-à-dire répressif. Les deux dynamiques sont indispensables si on veut éviter les dérives violentes qui tôt ou tard risquent de provoquer des troubles civils graves. On déplore un nème icident à Molenbeek avec jet de pierre sur la police et les pompiers. Il est temps que se terminent les plus longues vacances jamais enreggistrées par l’école « obligatoire. »
 En France, « les digues ne tiennent plus. Le mal est profond. »
A Bruxelles et Anvers la situation se dégrade également.
MG
BRANDWEER AANGEVALLEN TIJDENS BLUSSEN: “WERDEN WE HIER IN DE VAL GELOKT?”
BRUSSEL  Het Laatste Nieuws
Jongeren uit Molenbeek hebben de brandweer vannacht vanaf een dak bekogeld met glazen flessen. De brandweer kwam een brandende vuilniscontainer blussen. “De containers stonden op de weg. Werden we hier bewust in de val gelokt?”
De bewuste oproep kwam om 1.15 uur binnen bij de brandweer: in de Mahatma Gandhilaan stond een vuilniscontainer in brand. De politie was al ter plaatse. “De straat was ter plaatse gedeeltelijk versperd door die containers, waarvan er eentje in lichterlaaie stond”, zegt Walter Derieuw, de woordvoerder van de Brusselse brandweer. 
“Toen de autopomp de brand naderde, werd die plotseling bekogeld met glazen flessen, door personen die op het dak van een gebouw stonden”, zegt Derieuw. “Ook tijdens het blussen werden nog projectielen gegooid.” Ook de politieagenten die ter plaatse waren, werden ook geviseerd door de flessengooiers op het dak. 
ZINLOOS GEWELD
De brandweermensen raakten niet gewond. “Maar ze zijn wel onder de indruk. Ze kunnen de feiten niet plaatsen. We vragen ons af of de hulpdiensten opzettelijk ter plaatse werden gelokt om hen dan te kunnen aanvallen. We kunnen maar niet begrijpen dat hulpverleners, die ten dienste staan van de bevolking, het slachtoffer worden van zinloos geweld.”
Het dak van de bekogelde pompwagen heeft lichte blikschade. De brandweer legde klacht neer bij de politie.  Daar loopt intussen een onderzoek. “Onze agenten waren zelf ook doelwit”, zegt politiewoordvoerster Caroline Vervaet. “We bekijken de camerabeelden om de daders te identificeren.” Voorlopig is de identiteit van de flessengooiers nog niet bekend. “De flatgebouwen in die wijk zijn heel hoog. Het was dus moeilijk te zien hoeveel mensen er op het dak stonden, laat staan met hoeveel ze waren. We bekijken momenteel samen met de gemeente welke stappen we verder nog kunnen ondernemen in de wijk.”
Het is overigens niet voor het eerst dat de brandweer het gevoel krijgt dat jongeren bewust brand stichten om vervolgens hulpdiensten te bekogelen.  De vakbond VSOA klaagt al jaren over valse oproepen en brandstichtingen op straat om de hulpdiensten aan te vallen.

mercredi 26 août 2020

De l’impossibilité de former un gouvernement fédéral belge à l’impossible Belgique?


Le responsable politique, bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, en appelle à une prise de conscience et un sursaut des partis francophones dans des négociations fédérales qui, selon lui, ont montré jusqu’ici, que, hormis la N-VA, nul ne sait de quel pays il veut.

« La N-VA a gravé, dans la conscience politique flamande, la conviction que le gouvernement belge n’est plus qu’un gouvernement auxiliaire de celui de la Flandre », estime Olivier Maingain. - Belga.
Par Olivier Maingain, ancien président de Défi in Le Soir

Depuis les élections du 26 mai 2019, les partis politiques cherchent désespérément la formule d’une majorité gouvernementale au parlement fédéral.
Passons sur les revirements et propos changeants de la plupart des présidents de parti, du côté francophone certainement, quant à leurs préférences d’alliance, ou leur refus d’être associés à tel ou tel parti. Il y aurait beaucoup à en dire quant à leur manque de constance, qui doit donner le tournis à plus d’un électeur en droit d’exiger le respect des engagements pris au moment de la campagne électorale. De quoi faire réfléchir les citoyens s’ils étaient appelés à retourner aux urnes pour tenter de sortir de l’impasse. Mais il faudra alors avoir le courage de poser les vraies questions sur l’avenir du pays. Car il ne suffit pas de proclamer « l’intérêt de mon pays, plutôt que ceux de mon parti » pour être crédible et justifier un énième revirement.
En réalité, à l’exception, évidemment, du président de la NVA, aucun président invité aux préliminaires d’une négociation ne sait de quel pays il veut et sur quelles bases il faut soit le maintenir en l’état, soit envisager le « grand saut institutionnel » que certains dirigeants politiques préparent inconsciemment, car ils se gardent d’évaluer les conséquences de leur inaction. La mission Magnette/De Wever aura eu pour seul mérite, très relatif vu l’impréparation francophone, de révéler ce que les dirigeants francophones auraient dû pressentir depuis l’échec du gouvernement de Charles Michel, dû à la volonté cynique de la N-VA alors qu’elle le dominait d’une superbe que même le CD&V n’avait jamais connue au temps où on parlait de l’état CVP.
Dure réalité
La N-VA a gravé, dans la conscience politique flamande, la conviction que le gouvernement belge n’est plus qu’un gouvernement auxiliaire de celui de la Flandre et qu’il ne peut en aucun cas faire obstacle à la volonté de la Flandre majoritaire. C’est à cette dure réalité que Paul Magnette a été confronté. Faute d’avoir la maîtrise de la situation, il s’est résigné à assumer le duo royal avec Bart De Wever, croyant en limiter les inconvénients alors qu’il n’avait pas d’ambition francophone à affirmer en réponse au projet d’évanescence de l’Etat belge imposé par Bart De Wever.
Il est d’ailleurs paradoxal d’entendre le président du PS dire, dans le même temps, qu’il n’y avait quasiment d’accord sur rien avec la N-VA mais qu’il aurait néanmoins obtenu de grandes avancées sociales, sans davantage les détailler. A lire la seule source plus ou moins certaine, à savoir le site de la N-VA qui en dit plus que celui du PS quant au contenu de la note ayant servi de base de discussion, on est en droit de douter du prétendu équilibre entre avancées sociales et avancées institutionnelles. A supposer que ce soit vrai, cet échange serait un jeu de dupes puisque des mesures sociales, toujours révisables au gré des majorités successives, auraient eu comme contrepartie des évolutions institutionnelles durables et irréversibles. Ce qui est certain, c’est que le projet institutionnel exigé par la N-VA est substantiel et lourd de conséquences pour les francophones.
Il est évident que la Flandre nationaliste, celle qui serait satisfaite que la N-VA et le Vlaams Belang, forts d’une possible majorité assumée sans réserve par la première, la conduisent vers son « indépendance », entend imposer une nouvelle marche forcée vers une réforme de l’Etat à ses conditions. De son point de vue, elle aurait tort de ne pas tenter le coup comme condition d’un accord gouvernemental puisque les partis francophones n’ont aucune vision commune de ce qu’ils veulent pour l’Espace Wallonie-Bruxelles. En somme, l’histoire se répète, l’impréparation des partis francophones permet tous les coups de force des nationalistes du Nord et de leurs alliés, nombreux à coup sûr au CD&V et, dans une moindre mesure, dans d’autres partis flamands. La seule réponse serait-elle de gagner du temps, mais pour quel choix et donc pour quel pays en définitive : fédéralisme rénové, confédéralisme plus ou moins avoué ou séparatisme ?
« Complainte belgicaine »
Oui, nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître que les francophones sont au mieux conscients de la nécessité de préparer le rendez-vous institutionnel mais indigents quant à la façon de l’assumer, au pire dans le déni d’une réalité qui, pour certains, semble les dépasser au point qu’il ne leur reste plus qu’à pousser une sorte de complainte belgicaine qui résonne comme un aveu d’impuissance.
Que cela nous plaise ou non, la classe politique flamande, dans sa majorité, portée par l’assurance que la prospérité de la Flandre dépend davantage des leviers dont elle dispose que d’une Belgique devenue peu efficace à ses yeux – même si elle a sa part de responsabilité dans sa déglingue pour en avoir dominé l’appareil d’Etat –, n’entend pas suspendre et encore moins renoncer à sa marche en avant vers une souveraineté de plus en plus inéluctable. Cette souveraineté peut être assumée dans la Belgique pour autant qu’elle n’y fasse pas obstacle, hors d’elle si nécessaire. La Flandre s’affirme comme un Etat et s’en donne, à chaque réforme institutionnelle, les attributs et pouvoirs, ayant dépassé depuis longtemps le débat stérile entre région et communauté qui ne passionne que des francophones effarés. Cette évidence nous oblige, Wallons et Bruxellois, à prendre notre destin en main. La nécessité devrait nous en donner le courage, faute d’avoir eu, par lucidité en temps opportun, l’audace d’en faire une force.
Le moment n’est pas de se lancer, entre francophones, dans de vaines querelles entre les partisans du tout à la Région ou ceux de la Fédération réaffirmée. Car l’enjeu est avant tout économique et social, et donc financier. Quels sont les moyens et les capacités dont disposent les Wallons et Bruxellois pour assumer le redéploiement de leur espace commun, quelle qu’en soit la configuration institutionnelle ? Ne commettons pas l’erreur de nous épuiser dans des débats sur les structures, qui se confondent souvent avec la préoccupation du partage des influences partisanes.
Une gouvernance souple
Comme nous devrons gérer au mieux nos maigres moyens budgétaires pour assumer nos besoins essentiels, ceux qui contribueront à notre prospérité future, nous devons avoir pour seule ligne directrice, celle de l’efficacité des moyens alloués au regard des résultats à obtenir. Si ensemble, Wallons et Bruxellois, nous sommes plus forts par l’addition de nos capacités budgétaires et autres, donnons-nous les leviers politiques d’atteindre l’objectif. Si, séparément, nous pouvons assumer certains choix au plus près de la réalité locale ou régionale, laissons la décision au niveau de pouvoir le plus approprié.
L’important est d’avoir une gouvernance souple, exemplaire, simplifiée, en commençant par la diminution du nombre de mandataires, tous niveaux de pouvoir francophones confondus. Nous avons un devoir d’exigence par nous-mêmes et pour nous-mêmes, non pour plaire aux forces qui ont toujours dénigré Bruxelles et la Wallonie, mais pour donner le meilleur de nous-mêmes. A cet égard, la qualité de notre enseignement et de notre formation est une priorité absolue. Nous avons à construire le fédéralisme de l’efficacité francophone, seule voie pour ne pas tomber dans une forme de vassalisation que la Flandre ne nous demande pas mais qu’elle ne dédaignerait pas si nous y consentions. Mais nous en serions seuls responsables. Et l’intelligence que nous mettrons à construire une solidarité réussie entre la Wallonie et Bruxelles servira peut-être de référence dans nos relations avec la Flandre pour vérifier si une Belgique a encore une signification commune suffisante.
Mais, si la Flandre, malgré sa haute stature intellectuelle et culturelle, se laissait définitivement emporter par le nationalisme de l’égoïsme, la Wallonie et Bruxelles ne seraient à tout le moins pas prises au dépourvu. Et nous n’aurions pas à subir le fardeau d’une histoire qui ne serait pas la nôtre.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENFIN UN DISCOURS D’HOMME D’ETAT

Son propos frise l’insolence à l’endroit de ses homologues francophones qui en prennent pour leur grade. Franchement, ils ne l’ont pas volé.
Quel panache ce Maingain et surtout quelle lucidité.
On appelle ça le coup de pied de l’âne et ça fait mal dans les tibias. Voyons cela de plus près et méditons le propos par devers nous :

1 « La N-VA a gravé, dans la conscience politique flamande, la conviction que le gouvernement belge n’est plus qu’un gouvernement auxiliaire de celui de la Flandre »
2 « Il faudra alors avoir le courage de poser les vraies questions sur  l’avenir du pays. » 
3 « Faute d’avoir la maîtrise de la situation, Paul Magnette s’est résigné à assumer le duo royal avec Bart De Wever, croyant en limiter les inconvénients alors qu’il n’avait pas d’ambition francophone à affirmer en réponse au projet d’évanescence de l’Etat belge imposé par Bart De Wever. »
4 « Cet échange serait un jeu de dupes puisque des mesures sociales, toujours révisables au gré des majorités successives, auraient eu comme contrepartie des évolutions institutionnelles durables et irréversibles. 
5 « Le projet institutionnel exigé par la N-VA est substantiel et lourd de conséquences pour les francophones. »
6 La Flandre nationaliste, (N-VA et  Vlaams Belang forts d’une possible majorité la conduisent vers son « indépendance), entend imposer une nouvelle marche forcée vers une réforme de l’Etat à ses conditions. »
7 « Les partis francophones n’ont aucune vision commune de ce qu’ils veulent pour l’Espace Wallonie-Bruxelles. » 
8 L’impréparation des partis francophones permet tous les coups de force des nationalistes du Nord et de leurs alliés.
9 Les francophones  cherchent à « gagner du temps, mais pour quel choix et donc pour quel pays en définitive : fédéralisme rénové, confédéralisme plus ou moins avoué ou séparatisme ? »
10 Quels sont les moyens et les capacités dont disposent les Wallons et Bruxellois pour assumer le redéploiement de leur espace commun, quelle qu’en soit la configuration institutionnelle ?

CONCLUSION :
« Ensemble, Wallons et Bruxellois nous devons avoir pour seule ligne directrice, celle de l’efficacité des moyens alloués au regard des résultats à obtenir. » « Nous avons un devoir d’exigence par nous-mêmes et pour nous-mêmes, non pour plaire aux forces qui ont toujours dénigré Bruxelles et la Wallonie, mais pour donner le meilleur de nous-mêmes. A cet égard, la qualité de notre enseignement et de notre formation est une priorité absolue. »
Il serait bon de marquer ce dernier point d’une pierre blanche.
Il est urgent en effet qu’ « enseignement et de formation deviennent  une priorité absolue. » Constatons avec tristesse et colère que ce n’est pas le cas et que ce serait franchement nécessaire.
MG

mardi 25 août 2020

Formation fédérale


Formation fédérale: "Au coeur de l'été, un rendez-vous manqué, un de plus" (carte blanche)
Source : Le Vif

Marc Uyttendaele
Avocat, constitutionnaliste
Entre crise sanitaire et crise politique, l'État belge balbutie. Jamais sans doute, les citoyens n'ont autant dépendu des pouvoirs publics, du service public au sens le plus noble du terme qu'en ces temps de crise épidémiologique.
Les citoyens ont besoin d'un système performant de soins de santé. Ils ont besoin d'un soutien des pouvoirs publics à un moment où les répercussions économiques et sociales de la crise sanitaire font se faire virulentes. Si l'on fait un arrêt sur images, depuis le mois de mars, l'essentiel est acquis. Le système de santé a résisté, témoignant ainsi de la force du modèle belge de sécurité sociale.
Les pouvoirs publics ont tendu la main aux citoyens par les mécanismes de chômage économique et de droit-passerelle pour les indépendants. Les responsables des différents partis démocratiques ont, pour l'essentiel été capables de mettre entre parenthèse leurs différends pour regarder ensemble dans la même direction, pour affronter ensemble une épreuve traversée par tous les citoyens.
Sans doute y a-t-il eu des erreurs, des manquements, des fautes, des inconsciences. Le bilan en sera fait, le moment venu, mais jusqu'ici, l'essentiel a été préservé.
Au coeur de l'été, cependant, une certaine forme de normalité réapparaît avec le retour des vilains jeux politiques. A l'unisson, depuis les élections du 26 mai 2019, de nombreux responsables politiques, suivis en cela par une frange de l'opinion, exhortaient la N-VA et le PS, les premiers partis de chaque communauté, à s'unir pour constituer l'épine dorsale du futur gouvernement. Il s'agissait de marier l'eau et le feu, de concilier les inconciliables, de contraindre deux formations politiques à affronter leurs propres militants, sinon leurs électeurs afin d'enrayer le processus de putréfaction qui affecte la démocratie parlementaire belge.
Il s'agissait d'éviter de nouvelles élections qui s'imposaient dans les principes mais qui, aux yeux de beaucoup, auraient coïncidé avec la mort clinique d'une certaine idée de la Belgique. Étonnamment, les responsables de ces partis ont compris que la question n'était pas de savoir s'ils devaient gouverner ensemble, mais quand ils devraient le faire. Les crises sanitaire et économique les ont conduits à plonger les mains dans le cambouis, à se parler, à s'écouter et à s'entendre.
Ils ont ainsi mené cet inévitable débat entre la droite flamande et la gauche francophone sur les mesures qu'il convient de prendre dans l'urgence dans l'intérêt du plus grand nombre et sur ce que sera plus tard la configuration d'un pays irrémédiablement fracturé. L'inimaginable s'est donc produit et a été brisé par la réunion apparemment tout aussi inconciliable des libéraux et des écologistes, systématiquement divisés et hostiles, mais capables, cette fois, de s'entendre à la seule fin de mettre à mal une formule que certains d'entre eux, en particulier dans la mouvance libérale, avaient jadis appelée de leurs voeux.
Et voilà l'actuel président de l'Open VLD amené à constituer une coalition sans la N-VA, formule qu'il avait personnellement torpillée il y a un peu moins d'un an. Quel triste spectacle ! Le temps des voies sans issue est revenu. Non sans démagogie, libéraux et écologistes cultivent la nostalgie d'une Belgique unie et récusent toute réforme de l'État. Cette attitude-là n'est pas nouvelle et fait fi de la réalité sociologique et électorale qui fait que, toujours au nord du pays, les forces centrifuges s'accentuent.
Ne pas négocier une réforme de l'État aujourd'hui constitue pour les Francophones une fuite en avant qui les conduira à la subir plus tard et à accepter, le couteau sur la gorge, des concessions qui n'auraient pas dû être concédées dans le microclimat singulier qui fait suite à la crise du coronavirus. Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Depuis 2007, il est de plus en plus malaisé de constituer un gouvernement fédéral ressenti comme légitime au nord et au sud du pays. Depuis 2010, aucun gouvernement fédéral n'a pu s'appuyer - ce qui est pourtant conforme à l'esprit de la réforme de l'État - sur une majorité dans chacune des communautés.
Les divergences idéologiques entre le nord et le sud conduisent au mieux à dégager le plus petit commun dénominateur de ce qui peut encore réunir les deux parties du pays, soit au pire, et c'est souvent le cas, imposer aux Francophones ce qu'une majorité politique flamande et conservatrice appelle de ses voeux.
Le temps est donc venu d'ouvrir les yeux et de dessiner des institutions dans lesquelles les politiques menées dans chacune des composantes des pays soient en adéquation avec la volonté exprimée en leur sein par l'électorat. Il s'agit là tout simplement d'un impératif démocratique qui ne peut plus être rencontré dans l'état actuel de nos institutions. La sauvegarde de la démocratie exige donc de revoir de fond en comble la répartition des compétences entre l'autorité fédérale et les entités fédérées.
Lors de cette négociation, l'enjeu essentiel pour les Francophones ne sera pas de maintenir des compétences dans le giron de l'autorité fédérale, mais d'obtenir le financement le plus performant des politiques qui seront menées en Wallonie et à Bruxelles. Ce débat aurait pu être initié dans le cadre d'un gouvernement associant les premiers partis de chaque communauté. Il a été étouffé dans l'oeuf par des apprentis sorciers qui cultivent la nostalgie d'un monde qui n'existe plus tout en préparant un avenir fait de nouveaux conflits, de nouvelles impasses et sans doute de nouvelles humiliations pour les Francophones.
Sur un plan plus politique, rejeter la N-VA, au moment même où elle semblait prendre des distances avec ses oripeaux fascisants et excessivement droitiers, est une manière de la renvoyer à ses fondamentaux et à l'inciter, comme certains en son sein le souhaitent depuis toujours, à faire cause commune avec le pire du pire, le Vlaams Belang. Il est des moments dans la vie politique d'un pays où l'inattendu peut se produire, où l'acteur politique se mue en homme ou d'État, où le plaisir de l'instant s'efface devant l'intérêt de l'avenir. Ce moment a failli exister au coeur de l'été 2020, mais ce ne fut finalement qu'un rendez-vous manqué, un de plus.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MOMENT DE VERITE

L’admirable analyse et la remarquable synthèse que voilà. 
Mais comment enfin conclure ?
1 Il est urgent « d'enrayer le processus de putréfaction qui affecte la démocratie parlementaire belge. »
2 Le temps est donc venu « d'ouvrir les yeux et de dessiner des institutions dans lesquelles les politiques menées dans chacune des composantes des pays soient en adéquation avec la volonté exprimée en leur sein par l'électorat. »
3  « Il s'agit là tout simplement d'un impératif démocratique qui ne peut plus être rencontré dans l'état actuel de nos institutions. La sauvegarde de la démocratie exige donc de revoir de fond en comble la répartition des compétences entre l'autorité fédérale et les entités fédérées. »
4 « Lors de cette négociation, l'enjeu essentiel pour les Francophones ne sera pas de maintenir des compétences dans le giron de l'autorité fédérale, mais d'obtenir le financement le plus performant des politiques qui seront menées en Wallonie et à Bruxelles. » 
5 « Ce débat aurait pu être initié dans le cadre d'un gouvernement associant les premiers partis de chaque communauté. Il a été étouffé dans l'oeuf par des apprentis sorciers qui cultivent la nostalgie d'un monde qui n'existe plus tout en préparant un avenir fait de nouveaux conflits » Lisez les libéraux et en particulier le MR et son imprévisible président.  
6 « Sur un plan plus politique, rejeter la N-VA, au moment même où elle semblait prendre des distances avec ses oripeaux fascisants et excessivement droitiers, est une manière de la renvoyer à ses fondamentaux et à l'inciter, comme certains en son sein le souhaitent depuis toujours, à faire cause commune avec le pire du pire, le Vlaams Belang.  » Ceci est, à nos yeux un point absolument essentiel.
7 « Il est des moments dans la vie politique d'un pays où l'inattendu peut se produire, où l'acteur politique se mue en homme ou d'État, où le plaisir de l'instant s'efface devant l'intérêt de l'avenir. Ce moment a failli exister au coeur de l'été 2020, mais ce ne fut finalement qu'un rendez-vous manqué, un de plus. » 
Reste à savoir qui parle ici. Le premier constitutionnaliste belge en son nom personnel ou alors l’époux de Laurette Onkelinx, éminence grise du parti de Magnette/ Di Rupo.
Les deux peut-être. Quoi qu’il en soit on ne saurait être plus clair et ceci peut se lire comme une injonction solennelle à l’adresse du missionnaire VLD Egbert Lachaert, une invitation à renoncer à la piste Vivaldi ou connexe pour se focaliser sur une formule six partite c'est-à-dire à trop familles politiques : la socio-chrétienne, la socialiste, la libérale plus l’incontournable NVA. Quintette (ou sextet) des dissonances, comme chez Mozart ? Pas sûr du tout. Hommes et femmes d’Etat sortez de votre léthargie. MG




lundi 24 août 2020

La police ouvre une enquête après des menaces visant Marc Van Ranst


La police locale de Malines-Willebroek a ouvert une enquête dimanche soir après des menaces proférées à l'encontre de Marc Van Ranst à la gare de Malines.

Le virologue a photographié son agresseur tandis qu'il faisait le salut hitlérien et a posté la photo sur Twitter. Dimanche soir, Marc Van Ranst se trouvait à la gare de Malines lorsqu'un homme a proféré des menaces à son encontre. Le virologue a posté deux photographies de l'individu sur Twitter. "A la gare de Malines, un type s'est approché de moi car il allait 'me détruire parce que je suis un rat de gauche'. Il a fait le salut hitlérien. Pauvre homme", écrit M. Van Ranst sur le réseau social.
La police de Malines a ouvert une enquête après avoir vu le message du virologue. "Nous avons demandé les images des caméras de surveillance de la ville dans le quartier de la gare ainsi que celles de nos collègues de la police des chemins de fer", a précisé le porte-parole de la police locale. "Nous n'avons pas encore eu de contact avec M. Van Ranst, il n'a pas encore porté plainte et ce n'est pas nécessaire pour ce genre de faits. Nous le contacterons ultérieurement pour obtenir sa version des faits."
Le parquet d'Anvers a été informé, une nécessité lorsque des images de caméras de surveillance sont demandées et conservées lors d'une enquête. "Ce genre de comportement est dégoûtant et nous ne devrions jamais l'accepter!", a condamné, sur Twitter, le bourgmestre de Malines.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE SALUT HITLERIEN A LA COTE

Décidément le salut hitlérien a la cote en cette période étrange que traverse notre démocratie et pas que chez nous, du reste. La seule chose qui fédère encore nos politiciens belges est la peur panique de nouvelles élections.  Certes nous ne vivons pas encore à l’heure Trump, Poutine ou Erdogan mais le mépris du citoyen pour le personnel politique  et les valeurs démocratiques atteint petit à petit des proportions inquiétantes.
Lorsque des élections font peur à ce point, le spectre de Hitler ressurgit de l’inconscient collectif comme le djinn maléfique qui  sort de sa bouteille. Quand le soutien populaire fléchit, quand la méfiance et la rancœur prennent de telles proportions, la tentation autocratique n’est plus très loin.
Nos élites politiques tentent vainement de masquer leurs échecs. Les citoyens aspirent à autre chose et n’en peuvent plus du politiquement correct. De Tijd du 19 août commente : "La population est éreintée par des mesures de corona débilitante, par l'isolement social et  les incohérences de la politique sanitaire. Elle est lasse de tant d’incertitudes au sujet  de la de la survie du monde d’hier, celui des entreprises et des emplois.  Face à cette crise profonde, le personnel politiques n'offre aucune perspective rassurante... Chacun se rend-il compte à quel point l'explosion de la colère populaire, la montée des populismes et la prise de conscience de l'ingouvernabilité se rapprochent ? »Les symptômes morbides », chers à Gramsci se multiplient, les journaux et les réseaux sociaux charrient les reportages les plus variés sur des incidents innombrables qui se produisent partout en Europe. Ils  sont comme la chronique annoncée  d’une guerre civile qui couve sous la colère et les frustrations.
MG

148 PERSONNES INTERPELLEES A PARIS APRES LA DEFAITE DU PSG EN FINALE DE LA LIGUE DES CHAMPIONS
Figaro
Alors que le PSG a échoué dans sa conquête européenne en s'inclinant 1-0 face au Bayern Munich, des échauffourées ont éclaté entre supporters et policiers.
Les pompiers interviennent pour éteindre une voiture en feu, près des Champs-Élysées, dimanche soir. SAMEER AL-DOUMY / AFP
«Wala, on va tout casser». La situation était tendue, dimanche soir sur les Champs-Élysées, après le coup de sifflet final. Mouvements de foule, pétards, charges de CRS. « En colonne les gars, en colonne !», crie un CRS à ses hommes qui avancent devant lui, peu avant la fin du match, et remontent des Champs-Élysées pour bloquer une rue perpendiculaire, alors que des groupes commencent timidement à affluer.
Dès 22h30, 274 verbalisations avaient été dressées pour absence de port du masque, notamment dans un bar qui a été évacué à proximité des Champs-Élysées. Un peu plus tôt, le Ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait prévenu qu'une « verbalisation systématique » serait appliquée en cas de non-port du masque.
Pour contenir les éventuels débordements et tenter de maintenir les gestes barrières, à l'heure où les indicateurs de l'épidémie de Covid sont en hausse, la Préfecture de Police avait prévu un dispositif digne d'une Saint-Sylvestre : 3000 policiers, gendarmes et militaires et 300 pompiers étaient déployés. Les Champs-Élysées et la place de l'Étoile étaient réservés aux piétons à partir de 21 heures. Le port du masque était obligatoire autour de l'artère des Champs-Élysées et aux abords du parc des Princes depuis le dimanche matin. Des « points de prévention » avaient été mis en place et quelque 20.000 masques étaient mis gratuitement à disposition par l'Agence Régionale de Santé Île-de-France.
Des «débordements inadmissibles»
Aux alentours du Parc des Princes, où 5000 supporters ont suivi la finale, l'ambiance était assez électrique tout au long du match. En pleine deuxième mi-temps, quelques dizaines de personnes ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre et leurs véhicules, a constaté une journaliste de l'AFP dans l'enceinte. Vers 20h30, le périmètre de sécurité fond face à des groupes de jeunes qui enjambent les barrières. « On n'est pas assez nombreux, explique un homme en jaune. Les CRS non plus ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENCORE UN SYMPTOME MORBIDE

Encore un symptôme morbide. « L’ancien se meurt, le nouveau n’arrive pas à voir le jours dans l’entre deux surgi une diversité de symptômes morbides. » Ces derniers se multiplient et sont autant de mèches qui menacent de faire sauter le baril de poudre qui grossit à vie d’œil.
MG


dimanche 23 août 2020

Manifestation à Saint-Gilles après un incident entre la police et trois jeunes femmes


Manifestation à Saint-Gilles après un incident entre la police et trois jeunes femmes
La gestion policière d’un cas de harcèlement sexiste fait grand bruit et interpelle.

Entre 100 et 200 personnes, principalement des femmes, ont manifesté samedi en début de soirée à Saint-Gilles, en Région bruxelloise. Elles protestaient contre des violences policières présumées commises à l’encontre de trois jeunes femmes. Celles-ci demandaient l’aide des agents, après avoir été sexuellement intimidées par un homme. Mais une altercation entre la police et les jeunes femmes s’en est suivie. Finalement, elles ont été interpellées et ont reçu une amende.
Les manifestants ont scandé des slogans tels que «hystériques et légèrement vêtues», «habille-toi en cowboy», «mon corps, mon choix et tais-toi», «le virus, c’est Uneus» ou encore «police partout, justice nulle part». Les manifestants exigent la fermeture d’Uneus, le service de police de proximité de la zone de police de Bruxelles-Midi (Anderlecht, Saint-Gilles, Forest).
Les manifestants se sont rendus devant le commissariat de police et l’hôtel de ville de Saint-Gilles. Les organisateurs avaient demandé aux manifestants de s’habiller en tenue légère.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE FOSSE S’INSTALLE ET S’ELARGIT

Pas le moindre foulard et zéro nigab, hidjab et aucune  burka. dans la manifestations des « hystériques en tenue légère ». Rien que des femmes en mini jupes et tenues légères, toutes blanches, absulument toutes, jeunes  et masquées pour raison sanitaire. Des slogans minutieusement et malicieusement préparés, scandés avec discipline. Le fossé s’installe entre les joyeuses libertaires et les policiers saint-gillois pointés  du doigt en même temps que leur bourgmestre.
Nouvelles tensions locales avant un automne de tous les affrontements.
MG

samedi 22 août 2020

Le discours de Joe Biden, point d’orgue réussi d’une convention qui a « fait le job »


Nouvel Obs

Sobre, déterminé, Joe Biden n’a pas eu besoin de prononcer une seule fois le nom de son adversaire pour se définir comme l’« anti-Trump », au dernier soir d’une Convention démocrate virtuelle mais réussie.
Ne cherchez pas la petite phrase qui tue dans son discours de candidat, vous ne la trouverez pas. Joe n’est pas Barack, ni Bill. Il n’a jamais été un orateur-né.
Mais cette fois, il a plus que rempli son contrat. Les mots comptaient, bien sûr, mais c’était plus la manière dont il les a prononcés qui a retenu l’attention. L’impression d’un homme calme dans la tourmente, « l’un des moments les plus difficiles qu’ait jamais traversés l’Amérique ». Un homme qui, dans cette « tempête du siècle » où l’on a vu « trop de colère, trop de peur, trop de divisions », propose de « guérir, réformer, unir ». Il a ouvert et fini son discours sur un mot, prononcé à onze reprises durant son allocution : light. La « lumière » au bout du tunnel. Joe Biden est un optimiste. Cela lui a même souvent joué des tours.
Incompétent en chef
Il est un nom qu’il n’a pas cité une seule fois : Trump. Pas besoin. Barack Obama était passé par là, la veille, faire le boulot de dynamiteur.
Obama n’a pas juste démoli Trump. Il a aussi prononcé un fantastique discours
Tout juste Biden a-t-il rappelé l’effroyable bilan : « Cinq millions d’Américains infectés par le Covid-19. Plus de 170 000 Américains qui en sont morts – de loin, la pire performance de toutes les nations. Plus de 50 millions qui se sont inscrits au chômage cette année. Plus de 10 millions qui perdront leur couverture maladie cette année. Près d’une PME sur six qui a fermé ses portes. »
Avec un tel bilan, il n’était même pas nécessaire de nommer l’incompétent en chef. Biden a préféré projeter l’image d’un leader qui sera aux manettes dès le premier jour, qui « contrôlera ce virus qui a pris tant de vies » en imposant notamment « une obligation nationale de porter le masque », car le moment n’est « pas un moment partisan ».
« Il a cru Trump et l’a payé de sa vie » : après la mort de son père du Covid-19, une Américaine accuse
Il a aussi décliné ses priorités au service de l’« Amérique d’en bas » – protection des retraites de base, défense de l’assurance-maladie, création de jobs manufacturiers, etc. Classique et populiste, mais « Uncle Joe » – ou plutôt « Grandpa Joe », car il est plus âgé que 94 % d’Américains – donnait l’impression de parler des tripes, pas de lire son texte.
Convention n’est pas élection
Renversant, bouleversant ? Non. Rassurant, motivant ? Pour beaucoup d’Américains, oui. Et c’est un peu le bilan que l’on peut faire de cette convention démocrate virtuelle surréaliste. 
Kamala Harris, colistière de Joe Biden : la « very nasty » arme anti-Trump
On se demande vraiment, par contraste, à quoi ressemblera la convention républicaine de la semaine prochaine. Jouera-t-elle sur la peur ? Sera-t-elle entièrement centrée sur l’astre solaire dominant, Donald Trump ? Convention n’est pas élection, dit-on. Après une petite poussée de fièvre, les sondages reviennent vite à l’étiage. Mais cette fois ? « La pire pandémie en plus de 100 ans. La crise économique la plus grave depuis la Grande Dépression », a rappelé le candidat démocrate. Les règles usuelles ne s’appliquent plus.
Biden n’a pas simplement « fait le job », jeudi soir. Il s’est imposé à beaucoup comme une décision facile à prendre, même si le choix vient plus de la raison que du cœur. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« GIVE PEOPLE LIGHT AND THEY WILL FIND A WAY. »

Dans son superbe discours d’investiture à la charge suprême, Joe Biden a pris des accents de prédicateur protestant pour plaider la compassion, l'unité et le rétablissement de la "promesse de l'Amérique pour tous". 
"La meilleure façon de surmonter les douleurs, la perte et le chagrin est  de se fixer un cap », a-t-il déclaré sur un ton sobre en regardant l’Amérique droit dans les yeux comme savait le faire John Kennedy, cet autre grand démocrate dont le discours d’investiture résonna comme un coup de tonnerre. 
"Nous avons le choix entre plus de colère encore et encore moins d'espoir et plus de division ; un chemin d'ombre et de suspicion".
"Mais  nous pouvons choisir une autre voie et, saisir ensemble la chance de nous  guérir, l’opportunité de renaître, de nous unir en empruntant au contraire le chemin d'espoir et de lumière".
Joe Biden estime que le président Trump-il ne citera pas une seule fois son nom- a choisi la première voie, celle qui a plongé l'Amérique dans les ténèbres aussi a-t-il Il a présenté sa propre candidature comme une "bataille pour l'âme de la nation".
"Ce moment est le nôtre ; c'est notre mission", a-t-il déclaré. 
" Je veux  annoncer que la fin de ce chapitre de l'obscurité américaine a commencé ici ce soir, et que  l'amour, l'espoir et la lumière se sont unis dans la bataille pour la reconquête de l'âme de la nation".
Cette bataille , nous allons la gagner ensemble. 
Ella Baker, une géante du mouvement des droits civils, nous a légué cette sagesse : « Donnez la lumière aux gens et ils trouveront un chemin ».
Donner de la lumière aux gens. Ce sont des paroles fortes pour notre époque trouble. Le président actuel a longtemps plongé l'Amérique dans l'obscurité. Trop de colère. Trop de peur. Trop de division.
Je vous donne ma parole, ici et maintenant : si vous me confiez la présidence, j’en appellerai à ce qu’il y a de meilleur en nous et non plus au pire. Je serai du côté la lumière et non pas des ténèbres. 
Il est temps pour nous, le peuple, de nous rassembler.
Ne vous y trompez pas. Unis, nous le  pouvons le voulons : surmonter cette chape de ténèbres qui plombe l’Amérique. Nous choisirons l'espoir, pas la peur, les faits et non la fiction, l'équité avant tout et point les privilèges.
Je suis un ardent démocrate, fier de brandir la bannière de notre parti dans la bataille pour la Présidence. C'est donc avec un sentiment d'honneur et de franche humilité que j'accepte cette nomination à la présidence des États-Unis d'Amérique.
Certes, je suis  le  candidat des  démocrates, je serai toutefois le président des tous les Américains. Je travaillerai dur pour tous ceux qui m’ont soutenu mais aussi pour ceux qui ne m’auront pas choisi.
C'est cela, le job  d'un président : nous représenter tous, pas seulement notre base ou nos partisans. Ceci ne peut jamais être un moment partisan mais être toujours un moment américain.
Un moment qui en appelle à l'espoir, à la lumière et à l'amour. Espoir pour notre avenir, lumière pour éclairer notre chemin, amour pour chacune et pour chacun. 
L'Amérique n'est pas seulement un champ de bataille entre  des États rouges ou des États bleus.
America est tellement plus grande que cela.  Les Américains  velent tellement mieux que cela.
Il y a près d'un siècle, Franklin Roosevelt opposait un New Deal à une vague  de chômage, d'incertitude et de peur. 
Frappé par la maladie, terrassé par un virus, FDR a tout fait pour qu'il se rétablisse et qu'il l'emporte, convaicu que l'Amérique le pouvait aussi.
C'est précisément ce qu'il fit et nous le pouvons aussi. »
C’est un discours d’homme d’Etat, secondé par une candidate à la vice présidence métisse, comme <Obama et très déterminée. 
Notre sensibilité de démocrates européens nous dit qu’il vaincra sans peine l’actuel président. Mais il n’est pas impossible que les Américains, tellement imprévisibles, en décident autrement.
MG 


JOE BIDEN'S SPEECH AT THE DEMOCRATIC NATIONAL CONVENTION
« THIS CAMPAIGN ISN'T JUST ABOUT WINNING VOTES. » 

It's about winning the heart, and yes, the soul of America. 
Winning it for the generous among us, not the selfish. Winning it for the workers who keep this country going, not just the privileged few at the top. Winning it for those communities who have known the injustice of the "knee on the neck".  For all the young people who have known only an America of rising inequity and shrinking opportunity. 
They deserve to experience America's promise in full.
No generation ever knows what history will ask of it. All we can ever know is whether we'll be ready when that moment arrives.
And now history has delivered us to one of the most difficult moments America has ever faced.
Four historic crises. All at the same time. A perfect storm.
The worst pandemic in over 100 years. The worst economic crisis since the Great Depression.
The most compelling call for racial justice since the 60's. And the undeniable realities and accelerating threats of climate change.
So, the question for us is simple: Are we ready?
I believe we are. 
We must be. 
All elections are important. But we know in our bones this one is more consequential. 
America is at an inflection point. A time of real peril, but of extraordinary possibilities.
We can choose the path of becoming angrier, less hopeful, and more divided.
A path of shadow and suspicion.
Or we can choose a different path, and together, take this chance to heal, to be reborn, to unite. A path of hope and light.
This is a life-changing election that will determine America's future for a very long time.
Character is on the ballot. Compassion is on the ballot. Decency, science, democracy.
They are all on the ballot.
Who we are as a nation. What we stand for. And, most importantly, who we want to be.
That's all on the ballot. 
And the choice could not be clearer.
No rhetoric is needed.
Just judge this president on the facts.
5 million Americans infected with COVID-19.
More than 170,000 Americans have died.
By far the worst performance of any nation on Earth.
More than 50 million people have filed for unemployment this year.
More than 10 million people are going to lose their health insurance this year.
Nearly one in 6 small businesses have closed this year.
If this president is re-elected we know what will happen.
Cases and deaths will remain far too high. 
More mom and pop businesses will close their doors for good. 
Working families will struggle to get by, and yet, the wealthiest one percent will get tens of billions of dollars in new tax breaks.
And the assault on the Affordable Care Act will continue until its destroyed, taking insurance away from more than 20 million people – including more than 15 million people on Medicaid – and getting rid of the protections that President Obama and I passed for people who suffer from a pre-existing condition.
And speaking of President Obama, a man I was honored to serve alongside for 8 years as Vice President. Let me take this moment to say something we don't say nearly enough.
Thank you, Mr. President. You were a great president. A president our children could – and did – look up to.
No one will say that about the current occupant of the office. 
What we know about this president is if he's given four more years he will be what he's been the last four years.
A president who takes no responsibility, refuses to lead, blames others, cozies up to dictators, and fans the flames of hate and division.
He will wake up every day believing the job is all about him. Never about you.
Is that the America you want for you, your family, your children? 
I see a different America.
One that is generous and strong. 
Selfless and humble. 
It's an America we can rebuild together.
As president, the first step I will take will be to get control of the virus that's ruined so many lives. 
Because I understand something this president doesn't. 
We will never get our economy back on track, we will never get our kids safely back to school, we will never have our lives back, until we deal with this virus.
The tragedy of where we are today is it didn't have to be this bad. 
Just look around. 
It's not this bad in Canada. Or Europe. Or Japan. Or almost anywhere else in the world.
The President keeps telling us the virus is going to disappear. He keeps waiting for a miracle. Well, I have news for him, no miracle is coming.
We lead the world in confirmed cases. We lead the world in deaths.
Our economy is in tatters, with Black, Latino, Asian American, and Native American communities bearing the brunt of it.
And after all this time, the president still does not have a plan.
Well, I do. 
If I'm president on day one we'll implement the national strategy I've been laying out since March. 
We'll develop and deploy rapid tests with results available immediately.
We'll make the medical supplies and protective equipment our country needs. And we'll make them here in America. So we will never again be at the mercy of China and other foreign countries in order to protect our own people.
We'll make sure our schools have the resources they need to be open, safe, and effective. 
We'll put the politics aside and take the muzzle off our experts so the public gets the information they need and deserve. The honest, unvarnished truth. They can deal with that. 
We'll have a national mandate to wear a mask-not as a burden, but to protect each other.
It's a patriotic duty.
IN SHORT, I WILL DO WHAT WE SHOULD HAVE DONE FROM THE VERY BEGINNING. 
Our current president has failed in his most basic duty to this nation. 
He failed to protect us.
He failed to protect America.
And, my fellow Americans, that is unforgivable. 
As president, I will make you this promise: I will protect America. I will defend us from every attack. Seen. And unseen. Always. Without exception. Every time.
Look, I UNDERSTAND IT'S HARD TO HAVE HOPE RIGHT NOW. 
On this summer night, let me take a moment to speak to those of you who have lost the most.
I know how it feels to lose someone you love. I know that deep black hole that opens up in your chest. That you feel your whole being is sucked into it. I know how mean and cruel and unfair life can be sometimes. 
But I've learned two things. 
First, your loved ones may have left this Earth but they never leave your heart.  They will always be with you. 
And second, I found the best way through pain and loss and grief is to find purpose. 
As God's children each of us have a purpose in our lives. 
And WE HAVE A GREAT PURPOSE AS A NATION: TO OPEN THE DOORS OF OPPORTUNITY TO ALL AMERICANS. TO SAVE OUR DEMOCRACY. TO BE A LIGHT TO THE WORLD ONCE AGAIN.
To finally live up to and make real the words written in the sacred documents that founded this nation that all men and women are created equal. Endowed by their Creator with certain unalienable rights. Among them life, liberty, AND THE PURSUIT OF HAPPINESS.
You know, my Dad was an honorable, decent man.
He got knocked down a few times pretty hard, but always got up.
He worked hard and built a great middle-class life for our family.
He used to say, "Joey, I DON'T EXPECT THE GOVERNMENT TO SOLVE MY PROBLEMS, BUT I EXPECT IT TO UNDERSTAND THEM."
And then he would say: "Joey, a job is about a lot more than a paycheck. It's about your dignity. It's about respect. It's about your place in your community. It's about looking your kids in the eye and say, honey, it's going to be okay."
I've never forgotten those lessons. 
That's why my economic plan is all about jobs, dignity, respect, and community.  TOGETHER, WE CAN, AND WE WILL, REBUILD OUR ECONOMY. And when we do, we'll not only build it back, we'll build it back better.
WITH MODERN ROADS, BRIDGES, HIGHWAYS, BROADBAND, PORTS AND AIRPORTS AS A NEW FOUNDATION FOR ECONOMIC GROWTH. With pipes that transport clean water to every community. With 5 million new manufacturing and technology jobs so the future is made in America. 
With a health care system that lowers premiums, deductibles, and drug prices by building on the Affordable Care Act he's trying to rip away.
WITH AN EDUCATION SYSTEM THAT TRAINS OUR PEOPLE FOR THE BEST JOBS OF THE 21ST CENTURY, WHERE COST DOESN'T PREVENT YOUNG PEOPLE FROM GOING TO COLLEGE, AND STUDENT DEBT DOESN'T CRUSH THEM WHEN THEY GET OUT. 
With child care and elder care that make it possible for parents to go to work and for the elderly to stay in their homes with dignity. With an immigration system that powers our economy and reflects our values. With newly empowered labor unions. With equal pay for women. With rising wages you can raise a family on. Yes, we're going to do more than praise our essential workers. We're finally going to pay them.
WE CAN, AND WE WILL, DEAL WITH CLIMATE CHANGE. IT'S NOT ONLY A CRISIS, IT'S AN ENORMOUS OPPORTUNITY. An opportunity for America to lead the world in clean energy and create millions of new good-paying jobs in the process.
And we can pay for these investments by ending loopholes and the president's $1.3 trillion tax giveaway to the wealthiest 1 percent and the biggest, most profitable corporations, some of which pay no tax at all.
BECAUSE WE DON'T NEED A TAX CODE THAT REWARDS WEALTH MORE THAN IT REWARDS WORK. I'm not looking to punish anyone. Far from it. But it's long past time the wealthiest people and the biggest corporations in this country paid their fair share. 
For our seniors, Social Security is a sacred obligation, a sacred promise made. The current president is threatening to break that promise. He's proposing to eliminate the tax that pays for almost half of Social Security without any way of making up for that lost revenue.
I will not let it happen. IF I'M YOUR PRESIDENT, WE'RE GOING TO PROTECT SOCIAL SECURITY AND MEDICARE. YOU HAVE MY WORD.
One of the most powerful voices we hear in the country today is from our young people. They're speaking to the inequity and injustice that has grown up in America. Economic injustice. Racial injustice. Environmental injustice. 
I hear their voices and if you listen, you can hear them too. And whether it's the existential threat posed by climate change, the daily fear of being gunned down in school, or the inability to get started in their first job — IT WILL BE THE WORK OF THE NEXT PRESIDENT TO RESTORE THE PROMISE OF AMERICA TO EVERYONE. 
I won't have to do it alone. Because I WILL HAVE A GREAT VICE PRESIDENT AT MY SIDE. SENATOR KAMALA HARRIS. She is a powerful voice for this nation. Her story is the American story. She knows about all the obstacles thrown in the way of so many in our country. Women, Black women, Black Americans, South Asian Americans, immigrants, the left-out and left-behind.  
But she's overcome every obstacle she's ever faced. No one's been tougher on the big banks or the gun lobby. No one's been tougher in calling out this current administration for its extremism, its failure to follow the law, and its failure to simply tell the truth.
Kamala and I both draw strength from our families. For Kamala, it's Doug and their families.
For me, it's Jill and ours. 
No man deserves one great love in his life. But I've known two. After losing my first wife in a car accident, Jill came into my life and put our family back together. 
She's an educator. A mom. A military Mom. And an unstoppable force. If she puts her mind to it, just get out of the way. Because she's going to get it done. She was a great Second Lady and she will make a great First Lady for this nation, she loves this country so much. 
And I will have the strength that can only come from family. Hunter, Ashley and all our grandchildren, my brothers, my sister. They give me courage and lift me up. 
And while he is no longer with us, Beau inspires me every day. 
Beau served our nation in uniform. A decorated Iraq war veteran.
So I take very personally the profound responsibility of serving as Commander in Chief.
I WILL BE A PRESIDENT WHO WILL STAND WITH OUR ALLIES AND FRIENDS. I WILL MAKE IT CLEAR TO OUR ADVERSARIES THE DAYS OF COZYING UP TO DICTATORS ARE OVER. 
Under President Biden, America will not turn a blind eye to Russian bounties on the heads of American soldiers. Nor will I put up with foreign interference in our most sacred democratic exercise – voting.
I WILL STAND ALWAYS FOR OUR VALUES OF HUMAN RIGHTS AND DIGNITY. AND I WILL WORK IN COMMON PURPOSE FOR A MORE SECURE, PEACEFUL, AND PROSPEROUS WORLD.
History has thrust one more urgent task on us. Will we be the generation that finally wipes the stain of racism from our national character?
I believe we're up to it.
I believe we're ready.
Just a week ago yesterday was the third anniversary of the events in Charlottesville.
Remember seeing those neo-Nazis and Klansmen and white supremacists coming out of the fields with lighted torches?  Veins bulging? Spewing the same anti-Semitic bile heard across Europe in the '30s?
Remember the violent clash that ensued between those spreading hate and those with the courage to stand against it?  
Remember what the president said? 
There were quote, "very fine people on both sides."
It was a wake-up call for us as a country.
And for me, a call to action. At that moment, I knew I'd have to run. MY FATHER TAUGHT US THAT SILENCE WAS COMPLICITY. AND I COULD NOT REMAIN SILENT OR COMPLICIT.
At the time, I said we were in a battle for the soul of this nation. 
And we are.
One of the most important conversations I've had this entire campaign is with someone who is too young to vote.
I met with six-year old Gianna Floyd, a day before her Daddy George Floyd was laid to rest.
She is incredibly brave. 
I'll never forget.
When I leaned down to speak with her, she looked into my eyes and said "Daddy, changed the world."
Her words burrowed deep into my heart.
Maybe George Floyd's murder was the breaking point.
Maybe John Lewis' passing the inspiration.
However it has come to be, America is ready to in John's words, TO LAY DOWN "THE HEAVY BURDENS OF HATE AT LAST" AND TO DO THE HARD WORK OF ROOTING OUT OUR SYSTEMIC RACISM.
America's history tells us that it has been in our darkest moments that we've made our greatest progress. That we've found the light. And in this dark moment, I believe we are poised to make great progress again. That we can find the light once more.
I have always believed you can define America in one word: Possibilities. 
That in America, everyone, and I mean everyone, should be given the opportunity to go as far as their dreams and God-given ability will take them.
We can never lose that. In times as challenging as these, I believe there is only one way forward. As a united America. United in our pursuit of a more perfect Union. United in our dreams of a better future for us and for our children. United in our determination to make the coming years bright. 
Are we ready?
I believe we are. 
THIS IS A GREAT NATION. 
AND WE ARE A GOOD AND DECENT PEOPLE.
THIS IS THE UNITED STATES OF AMERICA. 
AND THERE HAS NEVER BEEN ANYTHING WE'VE BEEN UNABLE TO ACCOMPLISH WHEN WE'VE DONE IT TOGETHER.
The Irish poet Seamus Heaney once wrote:
"History says,
Don't hope on this side of the grave,
But then, once in a lifetime
The longed-for tidal wave
Of justice can rise up,
And hope and history rhyme"
THIS IS OUR MOMENT TO MAKE HOPE AND HISTORY RHYME. 
With passion and purpose, let us begin – you and I together, one nation, under God – united in our love for America and united in our love for each other. 
FOR LOVE IS MORE POWERFUL THAN HATE. 
HOPE IS MORE POWERFUL THAN FEAR. 
LIGHT IS MORE POWERFUL THAN DARK.  
THIS IS OUR MOMENT.
THIS IS OUR MISSION. 
May history be able to say that the end of this chapter of American darkness began here tonight as love and hope and light joined in the battle for the soul of the nation.
And THIS IS A BATTLE THAT WE, TOGETHER, WILL WIN. 
I promise you.
Thank you.
And may God bless you.
And may God protect our troops. 
First published on August 20, 2020 / 11:52 PM
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