dimanche 2 août 2020

"On confond pandémie avec menace mortelle" (carte blanche)

Source : Le Vif
Carte blanche
Psychose : Etat de panique collective provoqué par un événement ou un fléau vécu comme une menace permanente (Petit Larousse illustré 2007).

Chaque année environ 110.000 personnes meurent en Belgique. Chaque mois, 9.100 morts. Chaque jour, 300 morts. Un peu plus en hiver ou un peu moins en été, le chiffre tourne autour de 300 morts par jour en moyenne.
En 2020, pendant quelques jours du 15 mars au 15 mai, il en est mort un peu plus. Le jour le plus noir, le 10 avril, il y eut 613 morts, soit 151 de plus que le jour le plus noir de 2018, le 7 mars 2018 par exemple. Si on regarde l'année 2020 dans son ensemble, il est probable qu'au lieu de 110.000 morts nous aurons entre 110.000 et 115.000 décès. Et comme chaque année, la majorité des morts de 2020 seront âgés de plus de 64 ans. Et comme chaque année, la plupart des morts seront pleurés et chaque famille où il y eut un mort devra faire son deuil.
Si on regarde ces faits pour ce qu'ils sont, il n'y a là rien, mais vraiment rien, qui puisse expliquer la psychose qui s'est abattue sur la Belgique, qui l'a submergée, paralysée, bouleversée. La vie a été éteinte, suffoquée par un vent de panique où chacun est devenu brutalement une menace mortelle pour son voisin, son prochain, son ami, son aimé et surtout son ainé. Menace dont il fallait se protéger en s'éloignant de tous, en s'enfermant, en évitant de respirer les miasmes mortifères que les humains répandaient autour d'eux. Car on nous a dit et redit jusqu'à satiété que la maladie était extrêmement contagieuse et extrêmement mortelle.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) était prête. Un document tout entier dédié à la pandémie dévastatrice tant attendue venait de sortir en septembre 2019 (1). Il prévoyait une répétition augmentée de la grippe espagnole. Les morts se compteraient par millions, de 100 à 400 millions de morts et plus, aucun pays, aucune personne ne serait épargnée. L'OMS nous enjoignait : abandonnez travail, famille, amis ; courez vous enfermer si vous voulez avoir une chance de survivre. Sacrifiez famille, carrière, travail. Eloignez-vous des autres, ne les touchez pas, couvrez votre haleine. Oubliez la vie si vous voulez avoir la vie sauve.
Les dirigeants, paralysés d'effroi, se sont remis aux experts, qui ont fait écho à l'OMS. Comme d'autres fois (2), on a confondu pandémie (maladie, quelle qu'elle soit et quelle que soit sa gravité, qui affecte plusieurs pays de plusieurs régions du monde) avec menace mortelle. En nommant l'une, on a convoqué l'autre. Si on relit maintenant les premiers paragraphes de ce texte, il est clair que le Covid-19 n'a pas beaucoup changé les chiffres de mortalité en Belgique, alors que la Belgique est la championne toutes catégories, et de loin, avec le plus de morts par million d'habitants (846), seule dépassée par San Marino (3).
Le Covid-19 n'aura pas non plus beaucoup changé les chiffres dans le monde, où il meurt chaque année, en gros, 57.000.000 d'humains. Le Covid-19 a tué jusqu'ici, en gros, 600.000 personnes. A peine 1% des morts d'une année quelconque !
Un autre élément mérite d'être souligné. La mortalité journalière attribuée à la maladie est assez stable depuis plusieurs semaines dans le monde (autour de 5.000 par jour), alors que le nombre de cas diagnostiqués par jour continue d'augmenter (3). La maladie semble donc de moins en moins mortelle. Cependant, lorsqu'on annonce des chiffres on omet de les expliquer. On nous signale le nombre de cas confirmés, mais on ne nous dit pas si ces gens sont malades ou s'ils se portent comme un charme. On entretient un climat d'anxiété, de peur, alors qu'en Belgique les hospitalisations et les décès continuent de diminuer, même si les cas confirmés augmentent. Et si les chiffres belges ne sont pas assez anxiogènes, on nous parle des Etats Unis où il y a beaucoup de morts (138.000), mais on ne fait pas remarquer qu'il y en a nettement moins par million d'habitants qu'en Belgique (415).
On mélange, et on entretient une confusion entre cas confirmés, maladie bénigne, malades hospitalisés, soins intensifs. En sachant que seule une minorité des patients hospitalisés (12%) a besoin de soins intensifs, et que la plupart des cas confirmés s'en sortiront sans mal. On nous menace d'une deuxième vague en taisant que cette deuxième vague, si elle survient un jour, sera probablement bien moins grave. L'âge des nouveaux cas est inférieur à l'âge de la première vague, il y aura donc moins de cas graves et moins de morts.

Voilà pour le premier plateau de la balance. Que trouve-t-on dans le deuxième plateau ?
Un million de chômeurs temporaires. Dont un nombre incertain le resteront longtemps. Avec des revenus tout d'un coup inadaptés à la façon de vivre et qu'il faut donc brutalement restreindre en sacrifiant ce qu'on peut et parfois ce qu'on ne devrait pas.
L'arrêt de l'éducation. On peut avoir l'opinion qu'on veut de l'éducation que nos écoles et universités sont censées offrir, et des effets de leur fréquentation. Que l'absence d'école puisse améliorer non seulement les cotes des examens, mais les résultats de l'éducation est fort improbable.
L'arrêt de la vie culturelle au sens large. Terrible nouvelle pour ceux qui en vivent. Non moins forte pour ceux qui s'en nourrissent.
L'enfermement carcéral et inhumain de la totalité des vieux vivant en maison de repos, ou plutôt survivant à peine, pendant des semaines sans fin, peut-être justement les dernières semaines de leur vie avec ou sans Covid-19 (car de toute façon environ un quart des pensionnaires des maisons de repos y meurent chaque année).
L'enfermement des enfants et adolescents en pleine étape de socialisation, enfermement qui pour certains, dont l'exiguïté de l'habitat est le lot, transforme leur habitation en prison.
La culpabilisation abusive et généralisée de la population rendue à tort responsable d'une épouvantable peste imaginaire muant les enfants fréquentant les grands-parents en assassins potentiels.
La disparition du sourire. La disparition de la confiance. La disparition des manifestations de l'empathie, de la solidarité, de l'amitié, de l'amour. La disparition de la communication autre que par l'ersatz sans substance des écrans. Qu'on peut apprécier, mais seulement (comme tout ersatz) faute de mieux.
La disparition de l'insouciance qui se nourrit de la confiance de nous savoir chez nous dans notre ville (ou village) et qui explique des magasins à moitié vides, le désespoir des commerçants, des entrepreneurs, des chômeurs.
Que tirer comme bilan ? Il est clair à mes yeux sans le moindre doute que les mesures prises pour combattre cette maladie sont complètement disproportionnées par rapport à la gravité réelle de la maladie. Que la façon de présenter cette maladie (certes nouvelle et à laquelle les médecins ne comprenaient pas grand-chose au début et pas beaucoup plus maintenant, 4) est déformante, anxiogène, exagérée, injustifiée.
On pourrait prétendre que si le Covid-19 n'est pas si grave c'est précisément grâce aux mesures prises qui ne seraient alors ni injustifiées, ni exagérées, ni inappropriées. La Suède, qui n'a pas confiné (ou des pays pauvres où le confinement est simplement impossible) devrait être alors la championne de la mortalité. Si l'on regarde par rapport à la population de chaque pays (par million d'habitants), la Suède est loin derrière la Belgique, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie, qui ont, eux, confiné. De fait, il n'y a pas de rapport clair entre un confinement plus ou moins strictement respecté et les conséquences de la pandémie d'après les chiffres de l'OMS à ce jour. Ni en Europe ni dans le monde (3).
Le coronavirus SARS-CoV-2 accusé de tous les maux de la terre n'aura rien à voir avec les pires conséquences de cette pandémie. Ce sont les mesures et décisions prises à l'encontre de cette maladie (mais qui en réalité étaient préparées pour une maladie vraiment mortelle, ce que celle-ci n'est pas) qui engendrent et engendreront les désastreuses conséquences dont nous tous serons les témoins.
Daniel Rodenstein - Médecin retraité


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LES MESURES PRISES POUR COMBATTRE CETTE MALADIE SONT COMPLETEMENT DISPROPORTIONNEES PAR RAPPORT A LA GRAVITE REELLE DE LA MALADIE. » Daniel Rodenstein

De toute évidence Daniel Rodenstein - médecin retraité est loin d’être le seul à tenir ce raisonnement qui interpelle. Il n'y aurait pas, selon lui, de « rapport clair entre un confinement plus ou moins strictement respecté et les conséquences de la pandémie d'après les chiffres de l'OMS à ce jour. Ni en Europe ni dans le monde » 
C’est une affirmation d’une gravité inouïe : « il n'y a là rien, mais vraiment rien, qui puisse expliquer la psychose qui s'est abattue sur la Belgique, qui l'a submergée, paralysée, bouleversée. La vie a été éteinte, suffoquée par un vent de panique où chacun est devenu brutalement une menace mortelle pour son voisin, son prochain, son ami, son aimé et surtout son ainé. »
« Le coronavirus SARS-CoV-2 accusé de tous les maux de la terre n'aura rien à voir avec les pires conséquences de cette pandémie. »
 « Ce sont les mesures et décisions prises à l'encontre de cette maladie (mais qui en réalité étaient préparées pour une maladie vraiment mortelle, ce que celle-ci n'est pas) qui engendrent et engendreront les désastreuses conséquences dont nous tous serons les témoins. »
Qu’un médecin affirme cela avec un tel applomb,  qu’il le proclame dans une carte blanche et que le Vif prenne le risque de publier ce point de vue est troublant. La panique, la psychose fut notamment déclenchée par le fait qu’en Italie, les hôpitaux furent d’emblée submergés par un afflux soudain de malades atteints du Covid et un manque de respirateurs, de lits et de personnel sanitaire pour faire face à cette situation d’urgence non maîtrisée. Il fallut trier les cas comme en temps de guerre et sacrifier certains patients au bénéfice de malades plus jeunes et moins atteints. On craignit une évolution similaire en France et chez nous. On décréta par conséquent pour la prévenir le confinement général pour aplatir-avec succès- les courbes statistiques. C’était, pensait-on de bonne guerre et la meilleure chose à faire. A-t-on surréagi au risque de déstabiliser dangereusement l’activité économique mondiale ?
Il est sans doute trop tôt pour répondre à cette question cruciale mais, ce qui est sûr c’est que, les conséquences de cette stratégie remise ici en question auront, in fine, miné la confiance générale dans nos systèmes démocratiques. Les synergies entre décideurs politiques et experts sanitaires, virologues et « pandémologues » ont généré la cacophonie et le trouble.
Constatons que les présidents autoritaires du Brésil et des Etats Unis ont fait pire encore en banalisant l’impact du Covid.
Quoi qu’il en soit, il va falloir, dans les mois et les années qui viennent, faire face aux conséquences de ces égarements de la raison et du bon sens. « Le coronavirus SARS-CoV-2 accusé de tous les maux de la terre n'aura rien à voir avec les pires conséquences de cette pandémie. Ce sont les mesures et décisions prises à l'encontre de cette maladie (mais qui en réalité étaient préparées pour une maladie vraiment mortelle, ce que celle-ci n'est pas) qui engendrent et engendreront les désastreuses conséquences dont nous tous serons les témoins. »
Voici venir le temps de la réflexion critique et de la prise de conscience des drames sanitaires  collectifs qui s’annoncent et qui, assurément en accompagneront d’autres : réchauffement climatique dramatique résultant de la pollution par l’emballement de l’activité économique, explosion démographique et immigration massive notamment à partir d’un Subsahara chaotique et surpeuplé, crise de confiance résultant des déficits de nos démocraties…
Ce qui est sûr, c’est que la crise sanitaire, ensuite économique et sociale, enfin le traumatisme psychologique  du Covid ont rendu l’humanité consciente des ses fragilités face aux périls de plus en plus nombreux qui la menacent.
MG



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