mercredi 2 septembre 2020

Caroline Désir, ministre de l'Enseignement: "Je ne m'attends pas à une année facile"


Le Vif

A quelques jours d'une rentrée scolaire chamboulée par la pandémie de coronavirus, la ministre de l'Enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles, Caroline Désir (PS), ne s'attend pas à une année facile.
Le port du masque généralisé chez les ados et les adultes "c'est le prix à payer pour garantir le droit à l'éducation", affirme-t-elle dans le journal Le Soir et les titres de Sudpresse.
Alors que certains élèves n'ont plus mis les pieds à l'école depuis le 13 mars, la ministre ne craint pas les retards d'apprentissage. "Quelques mois perdus sont peu de chose à l'échelle d'une scolarité de 15 ans. Par contre, je ne pourrai plus tenir le même discours si l'année qui commence est à nouveau chaotique", indique-t-elle.
En cas d'absentéisme massif des enseignants, Mme Desir assure avoir pris des mesures pour lutter contre la pénurie. "Pour l'heure, l'immense majorité des professeurs est dans les starting-blocks.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GOUVERNER C’EST PREVOIR ; ENSEIGNER C’EST FONDER L’AVENIR

Madame la ministre a eu six mois pour organiser et mettre en place l’enseignement à distance, pour créer des plateformes au cas où :
A) « des professeurs devaient se retrouver en quarantaine mais asymptomatiques, nous pourrions les solliciter pour faire l'école à distance" Pourquoi, madame la Ministre, ce conditionnel timide et prudent. En bonne logique on peut s’attendre à une mise en quarantaine massive d’enseignants rentrant de destinations suspectes.
B) "même en code rouge pour les secondaires, les élèves fréquenteront l'école à mi-temps et feront de l'enseignement à distance pour l'autre mi-temps" 
Mais, à notre connaissance, aucune modalité pratique et concrète n’a été prévue pour organiser massivement l’enseignement à distance. Cela ne s’improvise pas ; cela se prépare de longue date. Et le temps, ce n’est pas ce qui vous a manqué, Madame la Ministre. L’enseignement à distance, les profs dans leur grande majorité n’en veulent pas et les syndicats encore moins.
Il faut donc espérer que les pouvoirs organisateurs des réseaux d’enseignement non communautaires auront su se montrer plus prévoyants, plus créatifs, plus audacieux.
On verra ça sur le terrain et au cas par cas. Il me revient qu’en collaboration avec l’Université de Mons, un collège a "invité" ses prof à se former (et pas un peu!) pendant les vacances. De quoi être à l'aise avec n'importe quel outil... et pouvoir passer du présentiel au distanciel en un clic si les circonstances devaient l’exiger. Ils auraient de surcroit mis au point des "remédiations" entre collègues ainsi que des procédures de coordination. Bravo et chapeau ! Ils auraient, de manière très concrète, finalisé notamment entre collègues romaniste la révision de tous les courants littéraires depuis le Moyen Age, soit une capsule de présentation pour chaque courant (captée sur Internet) avec à sa suite un exercice particulier (quizz, résumé, frise chronologique, tout cela en digital). Cette banque d'exercices soutiendrait largement un apprentissage LIVE. Idem pour toutes les matières…
Voilà exactement le genre d’initiative qu’on aimerait voir être prises par la Ministre qui en a le pouvoir mais apparemment pas vraiment la volonté. Dommage. 
Enfin l’intelligence collective d’une, voire de plusieurs équipes enseignantes est mise sur plateforme au service des apprenants, participe présent voix active plutôt que des enseignés, participe passé voix passive. Voilà qui est exaltant et franchement téméraire Rien de tel dans mon ancien PO ringard. 
Il reste peut-être à exprimer un souhait, à savoir que l’on envisage de solliciter pareillement l’intelligence collective  des apprenants et pas seulement celle des enseignants. C’est là mon rêve le plus cher. Je pense en effet que les élèves s’apprennent/s’enseignent mutuellement au moins autant de choses que ce qu’ils en glanent de la bouche de leurs professeurs. Il s’agit évidemment d’une intuition, ou disons d’une hypothèse qui demanderait à être vérifiée. Le chatting n’est pas qu’un bavardage futile, c’est du moins potentiellement, un puissant outil d’interaction, de dialogue.
Cela est surement vrai pour l’apprentissage et le perfectionnement de la langue ou disons plutôt, avec Ferdinand de Saussure de la parole. C’est là une tout autre manière d’affronter la complexité de l’art d’apprendre lequel n’est pas séparable de la volonté de comprendre et d’exercer son discernement, son esprit critique.
Gouverner c’est prévoir. Enseigner c’est fonder l’avenir C’est quoi cette ministre qui minaude et ne prévoit rien car elle ne regarde pas plus loin que l’horizon de la prochaine rentrée scolaire ; surtout de sa prochaine réélection ? Mais comment les Finlandais ont-ils fait pour repenser radicalement leur conception de l’école et leur enseignement ?
Mais ça comme dirait Kipling c’est une autre histoire.
MG


à la bonne heure
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Marc Guiot 1 sept. 2020 21:50 (il y a 2 heures)
Nous voici en route vers de nouvelles aventures. C'est peu dire que votre dernier message m'a interpellé. Je viens de compléter mon post de demain pour DiverCit

Fabienne Courtin
1 sept. 2020 23:17 (il y a 51 minutes)  
À moi
Bien sûr, je vous en prie. Mais il est plus juste de dire "entre autres
choses" car nous avons tous fait le job dans nos disciplines et
compétences.  Par exemple, rien qu'en français et entendu aujourd'hui,
il y a un parcours sur la lecture et la compréhension des consignes, un
autre sur la compréhension d'un texte... Le tout sera versé sur la
plate-forme numérique de l'école et enrichira les ressources à
disposition. Le travail, collégial, le mot est plein, sera vérifié par
la cellule montoise et les résultats de nos nvx outils commentés lors
d'une journée pédagogique fin septembre. Sans doute beaucoup de
questions encore. Il semblerait que beaucoup d'écoles soient intéressées
par le parcours d'apprentissage numérique mis au point par un collègue.
et chapeauté par Mons. Je vous disais rentrée sereine... ce n'était pas
que grâce au masques et au gel...
Bonne nuit,
Fabienne


Le travail collégial…Enfin l’intelligence collective d’une, voire de plusieurs équipes enseignantes est mise sur plateforme au service des apprenants, participe présent voix active plutôt que des enseignés, participe passé voix passive. Voilà qui est exaltant et franchement révolutionnaire. Je vous envie ; j’aurais aimé vivre cela. 
Rien de tel dans mon ancien PO ringard.
De quoi vous faire regretter un départ à la retraite. Nous en parlerons je l’espère de vive voix et en face à face.
Il reste peut-être à exprimer un souhait, à savoir que l’on envisage de solliciter pareillement l’intelligence collective  des apprenants et pas seulement des enseignants. C’est là mon rêve le plus cher. Je pense en effet que les élèves s’apprennent/s’enseignent mutuellement au moins autant de choses que ce qu’ils glanent de la parole de leurs professeurs. Il s’agit évidemment d’une intuition, ou disons d’une hypothèse qui demanderait à être vérifiée. Le chatting n’est pas qu’un bavardage futile, c’est du moins potentiellement, un puissant outil d’interaction, de dialogue.
Cela est surement vrai pour l’apprentissage et le perfectionnement de la langue ou disons plutôt, avec Ferdinand de Saussure de la parole. C’est là une tout autre manière d’affronter la complexité de l’art d’apprendre lequel n’est pas séparable de la volonté de comprendre et d’exercer son discernement, son esprit critique.
Mais ça comme dirait Kipling c’est une autre histoire.
Vous me direz si je m’égare…
En attendant, chère Fabienne, je vous souhaite la bonne nuit,
Marc




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