mardi 1 septembre 2020

Ce qui s'est passé dans les maisons de repos c'est un massacre de masse

Benoit Frydman, professeur de droit : "Ce qui s'est passé dans les maisons de repos c'est un massacre de masse"
Le Soir
Benoit Frydman, est juriste et philosophe à l'ULB. Il jette un œil très sévère sur la gestion de la crise du Covid 19 dans les maisons de repos. Il ose même une expression très forte : "massacre de masse". Il s'en explique. 
"Il faut des mots forts pour qu'on pour qu’on n’attende pas deux ans et demi que quelqu’un s’asseye sur un dossier, et qu’on aborde clairement ce qu’il s’est passé. Oui, je pense qu’on a laissé mourir des gens dans des conditions inhumaines. En masse, 4.800 personnes, c’est en masse. Chacun qualifiera, moi je suis scandalisé par ce qu’il s’est passé. Et bien entendu, je pense aux 4.800 familles. Je pense que les morts demandent justice.  Et je compte sur les médias. Ils sont là dans l’affaire Chovanec, c’est très bien. Soyez sur cette affaire. Ces familles ont le droit, les gens sont morts. Ils ont souffert. On dit de certains qu’ils sont morts dans leurs excréments. Certains ne sont pas morts du Covid, ils sont morts de soif.
Donc, c’est effectivement l’histoire d’un massacre de masse. Tout le monde se souvient de l’affaire du sang contaminé en France. On a jugé ça au criminel. Dans un pays où le pouvoir est dilué, les responsabilités sont diluées. Ce n’est jamais la faute de personne. Et le problème vient toujours du haut vers le bas. Les services publics eux-mêmes sont contaminés dans cette déresponsabilisation. D’ailleurs, les hôpitaux n’avaient pas de directive claires.  Mais on leur a quand même donné des conseils, même s’il y avait 55% de chambres qui restaient libres, il ne fallait quand même pas admettre les vieux des maisons de repos. La clarté doit être faite, et c’est très bien qu’il n’y ait pas de commission d’enquête. La justice va pouvoir faire son travail. Les politiques n’ont pas voulu d’une commission d’enquête, c’est parfait. Ce qu’il faut, c’est un juge d’instruction, voire plusieurs. Je pense que trois juges d’instruction pour aller voir à fond, vous imaginez l’ampleur du dossier, dans les trois régions." 
A propos des polémiques nées du poids des experts (dont Marc Van Ranst) dans les décisions à propos du Covid-19. 
"Les virologues doivent avoir une liberté d'expression complète. Le compromis est de l'ordre du politique. Mais la science ne fonctionne pas comme ça. Toute l'histoire moderne de la science est faite de polémiques et de controverses. On vit dans une démocratie, pas au pays des bisounours. Il est tout à fait normal qu'ils donnent leur avis. C'est le jeu de la démocratie. Quand des chefs d'entreprises tente de faire taire Marc Van Ranst en l'assignant en justice, c'est grave. Il doit être défendu. On tente d'en faire un bouc émissaire. Il ne faut pas en revenir au procès de Galilée et défendre la totale liberté d'expression des scientifiques."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CRI DU CŒUR D'UN RÉSIDENT D'UNE MAISON DE SOINS : "LA LIBERTÉ N'EST UN DROIT QUE POUR LES MOINS DE 80 ANS".

Je me suis  efforcé de traduire le cri de rage de Roger Lybaert-89 ans et toute sa tête- paru dans Knack qui végète avec son épouse dans un centre de soins résidentiel dans la province d'Anvers.
La liberté, dit-il,  est un droit conquis de haute lutte après de nombreuses guerres sanglantes et des combats incessants. Des gens ont donné leur vie pour elle. La liberté est notre plus grand bien. Ce qui se passe aujourd'hui avec la pandémie de covid19 et sous le couvert de notre bien-être mental et physique est une aberration qui vise à retirer les personnes âgées de plus de  quatre-vingts de la société des vivants. Il ne faut plus leur accorder la moindre attention. Ils sont devenus des produits, dépassés par la date de péremption juste bons à être à placés dans des maisons de retraite et de soins. S'ils tombent malades à cause du corona, qu’ils  meurent donc tranquillement. Et s'ils contractent une autre maladie, qu’ils aillent en gériatrie. Après tout, leur ticket de vie est dépassé depuis longtemps.
Le bien le plus précieux, la liberté, leur est retirée en catimini  par cette  même société qui l'a défendue autrefois  à l'époque des guerres. La liberté n'existe plus que pour les plus jeunes. Après tout, une fois que quelqu'un dépassé les quatre-vingts ans, il n'y a plus rien à lui proposer. 
La contribution des personnes de cet âge à la communauté est désormais chose négligeable.
Vous voulez savoir qui émet cette complainte ? Quelqu'un qui vit avec sa femme dans un centre d'hébergement, qui a survécu au corona il y a quelques mois. J'ai été très malade, je pensais que je n’y survivrais pas mais je m'en suis sorti.
22 de mes corésidents n'ont pas eu cette chance et sont décédés du virus. Ils ont disparu subrepticement  tandis que  nous étions cloîtrés ici pendant des mois. J'étais aux anges quand nous avons bénéficié d’un peu  de liberté cet été. J'ai pu me rendre au magasin avec ma belle-sœur et nos enfants ont été autorisés à nous rendre visite dans notre chambre.
Il n'a pas fallu plus d'une semaine pour que cette petite plage de liberté nous soit à nouveau retirée. Maintenant, je ne suis plus autorisé à quitter ma chambre. Les seules personnes que je sois autorisé à voir, de loin dans la cafétéria, sont celles assises dans ma bulle de cinq, alors que j'ai six enfants.
Mais j'ai déjà 89 ans. Alors, chers amis, mettez-moi de grâce dans un centre d'hébergement ou en gériatrie, en silence, sans bruit. Vous ne m'entendrez pas et ne me verrez plus.
Tais-toi et meurs en silence mon  gars.
Chacun en tirera ses conclusions.
MG

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